mardi 24 décembre 2019

Nova 2019 "Autour du Monde"


Mon petit plaisir chaque année, en guise de bilan, c'est le coffret Nova. Tout ce que j'aime et que je n'ai pas est dedans, beau à pleurer. Une mine, une corne d'abondance zicale all over ze world .. surtout cette année. Cinq destinations ?? allez cinq compilations à mettre quand le gris nous mine, les transports restent au sol, ou quand festif il y a du monde à la maison. 
Ce soir c'est Nova. Un pur régal, comme d'habitude. C'est au pied du box-sapin.

Joli Noël à tous. 

Biz

https://www.nova.fr/nova-autour-du-monde-le-tour-du-monde-en-80-titres-de-radio-nova
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dimanche 22 décembre 2019

Adam Green 2019



La nuit la plus longue fait danser les chatons des noisetiers. L'hiver se pose, eux à peine sortis se balancent guettant un rayon tiède du soleil qui commence sa course dans l'autre sens.
Les immenses flaques des champs ondulent, les plaines en marmelades sont balayées comme jamais. Au chaud, un crooner revient comme j'aimais. Depuis « Friends of Mine » je n'avais pas ressenti autant de plaisir à l'écoute d'un album d'Adam Green.

Tout est bousculé dehors, les bûches réchauffent l'échine, ça croone en sourdine à l'américaine, quelques violons se moquent de la vitesse des nuages, « Engine of Paradise » danse confortablement.

Adam Green 2019 « Engine of Paradise » label : 30th century


vendredi 20 décembre 2019

Portishead 2008



Pas sûr que tous ils marchent pour des raisons écologiques. En île-de-France il y a de plus en plus d'Homos-à-pinces.
« Médiacrité » en 4G, la concentration humaine attise les indifférences et l'agressivité. Déshumanisation concentrée. Vivement la 5G que tout s'arrange.
Des wagons de miasmes, chenille humaine en caveau défilant avalant la nuit, on avance tranquillement dans un bruit sourd agonisant. « éloignez-vous de la bordure du cul » nous dit une voix off. Des train mort-dorés.
Tsunami de valoches, les fuselages traînent comme des chiens aux heures de pointes.
Bouchons à tire larigot mon bichon, partance en permanence, les pointeux englués..mais c'est qui ces besogneux dans cette fourmilière crasse.

Partir, se noyer, quitte à inonder l'heure de pointe, se connecter, vilipender, avancer, challenger, douce aigreur gratuite au teint désespéré, c'est qui tous ces cons qui bossent et qui prennent le train aux heures d'exode. Véroler la cambrousse.
Saturation, encombrement, espaces confinés, empoussièrement, épuisement narratif, handicapés du regard, figés du sourire, crispés des orifices, on s'acharne à ne pas se perdre de vue.

Effondrement sur-populaire, goulag du bonheur supposé, des hématomes sentimentaux sans cesse, sans qu'on puisse se toucher.

Plus on est de pires moins on est.
 

La BO d'une fin programmée. La chanson « il aurait fallu qu'on va faire quelques chose ». Tout flotte, les flammes, la flotte et la molécule plastique, les flottes. Des sourires fantômes, une haleine encore chaude.. lampadaire récalcitrant loin des creux métropolisés qui pompent toute la lumière, il résonnera encore longtemps après le « ..RIP ».. à perte de vue, bien après les effondrements.


J'ai l'impression d'écouter ça depuis que je connais la fragilité d'une composition, l'émotion des notes. Il existait avant. Elle résonne cette chanson là.. pour mille ans encore.


Portishead 2008 « Third » label : island



lundi 16 décembre 2019

Rolling Stones 69



Jamais compris pourquoi il s'était entiché d'une princesse. Mon pote avait le charisme d'un tronc et une soif de mangrove. Fallait pas être dans les parages à marée haute, deux cuites par jour. Pourtant un soir de pleine lune, la grande Duduche comme on l'appelait dans le quartier, tout en haut de son chien-assis en zinc surplombant la cour miteuse qui donnait sur l'avenue luxuriante s'était éprise du grand con juste en bas, notre vieil ami à nous, le verre à la main hululant des histoires de grand déglingué que tout le monde écoutait.
Ses airs d'aristo à elle se sont dissous à son haleine avinée, lui a ralenti sec le gorgeon et s'est accroché à ses jupons comme à une bouée de sauvetage.
Il a quitté sa loge du rez-de-chaussée pour la suivre dans la grande maison de campagne. Le seul truc qu'il a emmené avec lui, c'est son carton de vinyles des Stones.
Il n’empêche, ils se sont mariés mon vieux pote alcoolo et la duchesse louchant sur le prolo, depuis on l'appel Trou-duc, et les soirées n'ont pas changé, à la campagne.

Les Stones, il le sait mon Trou-duc que j'aime bien ces gars là, sans pour autant me rouler par terre, « Let it be » etc etc..juste pour qu'on se chiffonne à peine le bec histoire qu'on se chiffonne..à peine. Obligé à chaque fois que je vais le voir souffler ses bougies je suis stone. Son rituel à lui est de passer en boucle « Let it bleed » le jour de son anniversaire, quelque soient les invités. Sur un rondin de grume, un vrai gâteau, un truc hyper saccharosé superposé de 33tours, d'horloges, de jantes et de crème avec dessus 5 bougies à éteindre .. 5 quelque-soit son age..Faut rien dire, et faut pas le titiller avec Taylor ou Jones, il aime plus tout cet album, et il rabâche juste que dans « Gimme Shelter » y a toute l'histoire de la musique. Nous on est d'accord, obligés, je vais même finir par croire qu'il à raison....un sacré branleur ce trou-duc.
Du coup, ma crédibilité dans le ravin, j'écoute très souvent « Let it Bleed », « Gimme Shelter » est une bouée de sauvetage.

Rolling Stones 1969 "Let it Bleed" label : decca

jeudi 12 décembre 2019

Anne Sylvestre 1973




De ma campagne balayée à l'agitation des rues asphaltées, pour aller ramasser le morlingue quotidien je chante sous le gris clair et le crachin froid des airs qui me plaisent. Rue "Froidevaux", de Montparnasse à mon boulot, des murs à pleurer.
Anne est grande.
Anne Sylvestre 1973 “Anne Sylvestre” label : A Sylvestre

Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
On ne pleure plus, paraît-il
En un vol, tout, c'est facile
On ne dit plus rien

Lorsqu'on vous crache dessus
On reste serein, la colère
C'est mal vu
On est poli, poli
On tend son cul, merci merci

Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
On ne s'aime plus, paraît-il
On dit que l'amour est fragile
On est très moderne
On laisse sa liberté
Mais on fait les poches
Aussitôt le dos tourné
On est copain, copain
On ne se raconte rien, plus rien

Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
On connaît tout par le journal
Mais les mots, ça ne fait pas mal
On est toujours plus ému
Par ce qui est loin
Mais on oublie la détresse
De son voisin
On est bistrot, bistrot
On ne se connaît pas trop, pas trop

Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
On mélange les accidents
Les princesses et leurs prétendants
On ne dit plus rien
Lorsque des enfants ont faim
Mais on ouvre sa bourse
Pour sauver des chiens
On est toutou, toutou
On a bon cœur, c'est tout, c'est tout

Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
On ne pleure plus, paraît-il
On rigole, c'est plus facile
On n'écoute plus
Les poètes, les errants
On leur dit "Taisez-vous
Vous n'êtes pas marrants"
On est télé, télé
On est si fatigué de penser

Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
On va à la messe, au caté
Ou bien on bouffe du curé
Mais on chante en chœur
Il est né le divin enfant
On va tous ensemble au muguet
Quand il est blanc
On est païen, païen
Dieu reconnaîtra les siens, c'est bien

Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
On est toujours comme on n'est pas
Un jour c'est triste, un jour ça va
On essaye bien
Mais on n'a jamais le temps
On croit tenir la fleur
Et on meurt mécontent
On est paumé, paumé
Et si on pouvait s'aimer, s'aimer
Etre ensemble pour pleurer ah ah !
Avoir le temps de pleurer ah ah !


Un hommage.


mardi 10 décembre 2019

Alasdair Roberts 2019



Le temps se laisse couler, mes vieilles idées en bois sur fond gris frôlent des récifs de carotène calciné. Je suis parti errer ma carcasse à travers les ruelles de Santeuil. On est pas emmerdé par le trafic dans ces contrées beauceronnes. Une envie de folk, de danser avec le vent froid qui balaye. Assis sur un banc en pierre à Saint-Léger-des-Aubées, j'ai laissé tanguer mon vague à l'âme en fixant au loin la petite flèche timide de Moinville-la-Jeulin. Entre les deux, Voise qui fait naître la douce rivière qui passe en bas de chez moi m’intimide, et je suis rentré en voguant sur ce ruisseau, avec dans la tète les airs classiques d'acoustique médiéval d'Alasdair Roberts.

Je erre par chez moi, j'encaisse, je hume et flaire. Je dévore des yeux, j'entends Gaston Couté chanter ma campagne ancestrale en écoutant précisément le Barde écossais racontant des histoires et des terres.

Alasdair Roberts 2019 « The Fiery Margin » label : drag city



jeudi 5 décembre 2019

Yves Simon 1974



L'automne étale ses fumigènes des sentes en colère….. allez pleure pas Manu, les arbres se dessinent à peine, à poil à travers la brume. Tilleuls argentés postillonnés, tortillards boursouflés en têtards à demi-trognés.
De nébuleuses confusions un peu partout.
Ramures squelettiques.
Des rameaux de charmes épousent les graviers qui volent. La butte des petits cailloux est à l'abri des émondes. Un petit verre "Aux Temps des Cerises". Par chez moi l'osier se dessine près de la mère aux cailles. Pas mal de troncs. Pas âmes qui vivent, et je sais en secret que le brouillard mouille les cils des Saules en larme.

Des rendez-vous partout à défaut d'épancher nos tristesses et de saigner nos maux, le calme humain à perte de vue. Des mots. Respirons, chantons.

« Savez-vous ce que c'est qu'une vie pour rien?
Une vie où tous les rendez-vous se sont cassés la gueule sur des quiproquos, des erreurs de standartistes, des faux horaires de trains...
Vies impasses,
Joyeux gogos du cul de sac avec flics casqués qui barrent l'unique issue, entrées d'immeubles bouclés et des bourgeois aux fenêtres qui bouffent des biscuits.
Vous gueulez tout au fond de vos têtes des appels de vie,
JE VEUX ETRE, regardez-moi
J'EXISTE

Mais vous ne savez rien de tout cela parce que sur vos agendas il y a des noms, des épancheuses de mélancolie, et vous ne saurez jamais l'angoisse d'être différent.

Fumez un cigare de Cuba et dites vous bien que nos vies sont des cartes postales sans plus, cinq mots, Tout Va Bien Baisers Salut.

Si un jour il n'y avait plus de mots construits, que toutes les langues d'hommes pourrissent au fond des bouches, derrière des baillons d'oppression, il faudrait bien réinventer des langages de peau et des messages codés du regard.

Les yeux ne sont pas faits pour recevoir des arcs-en-ciel et des bouts de pellicule en Eastman-Color, il faut dès à présent leur apprendre à émettre de longues lettres de bienvenue.
Respirer, Chanter
Respirer... Chanter »

Yves Simon 1974 « Respirer, Chanter » label : RCA

Saez 2016 /2019



Whouahh..le pieds, la trêve au trafic, calme partout, le brouillard glacial semble avoir eu raison des folies quotidiennes. Allez pleure pas Manu, même l'automne a sorti ses gras fumigènes.
Si on se posait bordel. Relâche, entracte, pause, temps suspendu, détendu du chibre..merci qui ??

Saez 2019 « Le Manifeste 2016 / 2019»

mardi 3 décembre 2019

Colplay / Cohen / Colorado



 


J'ai la gâchette facile. L'écoute bateau sur le seuil. Cherchez l'intrus ? y'en a pas, j'aime tout, enfin surtout Neil Young. Un peu de soleil est revenu .. pas à moi, le gris n'en a pas fini.


Neil Young & Crazy Horse 2019 "Colorado"
Leonard Cohen 2019 "Thanks for the Dance"
Coldplay 2019 "Everyday Life"

vendredi 29 novembre 2019

Pierre Lapointe 2019





Vous voyez bien le boomerang de la chose. J'ai beau tenter la diversion, essayer de me détacher de l'hexagone. En vain. Une grande manie à y revenir, peut-être pas l'envie de lâcher la chanson dans la langue que je comprends. Il faut qu'on me parle ces derniers temps. Cette saison avec les wagons glauques d'inhumains pâles m'injecte tellement de mots.
J'ai beau REMer, McCartner, Simon Joyner, Neil Younger, Nick Caver, Swanser...ça revient, malgré moi. Une envie obsessionnelle de comprendre ce que me disent les notes.

Les chansons de par chez nous sont la plus belle des maisons. Le passé de nos murs se referme inlassablement, la dérive des continents, le lent naufrage des vieilles croûtes. Un bail que là-bas j'adore cette autre dimension des chansons d'ici. Un peu plus d'espace et de liberté. L'Atlantique bombe le torse. Albin de la Simone comme un fil conducteur se fout de l'océan. Voilà le fil, la main tendue, le lien qui fait nos terres se coller d'harmonies et de douces manies.
Nous avons tous une armée désarmée dans nos cages thoraciques.

J'avais un peu perdu Lapointe depuis « Tu es à moi » (c'est comment possible une telle chanson !!) ou « Je reviendrai »..puis « Paris Tristesse ».
Il revient comme un boomerang francophone qui ne me lâche plus. J'ai beau anglophoner, portugaiser, italienner .. les mots mélodieux me reviennent comme une alerte rouge de submersion des côtes atlantiques...

Ici pour déjouer l'ennui de nos comportements, les écritures délicates à l'état pur viennent épouser une interprétation sincère et limpide. C'est un grand album de chansons de par ici et d'ailleurs.
Juste pour vous dire d'aller jusqu'au bout de cet album.. il a quand même été question de placer "Vendredi 13", ce sommet chanté, à la fin du disque.. c'est en boucle et c'est magnifique.


Pierre Lapointe 2019 « Pour déjouer l'ennui » label : audiogram


mardi 26 novembre 2019

Souchon 2019



On se demande bien ce qu'on devient. Qu'est ce qu'on va bien faire avec le jour qui vient. Le suivant.
J'en sais foutre rien, en attendant des décennies d'âmes défilent dans les mêmes états, une armée de salopards et quelques adorables, de vieilles connaissances qui disent sans cesse de belles choses posées sur de jolies mélodies.
Elle vaut quoi la vie ??

Alain Souchon 2019 « Âme Fifties »

samedi 23 novembre 2019

REM monster



Quel album culmine dans les 90's ?? sans conteste « Monster » de REM, et le beau monstre orange revient trancher le gris de son bleu puissant, gonflé à bloc.

Il fallait bien venir bousculer « Everybody hurts » et « Losing my religion » dithyrambiques, même si « Bang and blame » y ressemble un peu quand même. Braquer, secouer la planète.
« New Adventures in Hi-Fi » sera la suite.
En attendant, nous sommes en 1994 et le monde frissonne sous le masque vorace du monstre d'REM. Un matin d'urgence, c'est sûr un jour, « I took your name » réveillera la planète, hurlé à travers un mégaphone céleste géant.

A part ça ?? « Let me in » est un sommet poignant, bien au delà de l'idée d'effleurer le fantôme de Kurt Cobain.
Les remixes sont excellents, les bonus importants et les lives intéressants. En coffret 6CD, boîtier 2CD ou vinyle original.. « Monster » de REM, le meilleur album 90's est de retour.

REM 1994 /2019 « Monster » label : warner

 


lundi 18 novembre 2019

Tindersticks 2019


Tindersticks va finir par devenir définitif, le moment juste, biologiquement évident, le bout suffoquant du point de fuite de chacun de nos regards.
Effleurer tous les sens vers la plus délicatesse exactitude.

Irréfragables les cordes, « Les étrangers » de Léo Ferré, la marée philharmonique dans sa plus vive intimité.. et les arbres tombent sans arrêt, lentement et lourdement, comme une danse molle et lacrymale.
Orfèvre, horloger, chorégraphe des fragrances, saisons et tous les sentiments les plus nobles. Sensuelle fleur bleue.
Une grande ville dans le dos, comme un vague souvenir qui se brouille, l'essentiel au bout des souliers.
"No Treasure but Hope".. états d'âme adulés, la plus belle chose cette année, comme chaque année qu'un Tindersticks descend vers nous.

Tindersticks 2019 « No Treasure but Hope»label : lucky dog / City Slang


samedi 16 novembre 2019

Pomme



Je n'ai rien vu de l' « à peu près ». « Les Failles » sont pour moi.
Camillia Jordana, Barbara, Emilie Simon, Keren Ann... dans les esprits.

Une allée de Séquoias, d'où sortent ces mélodies pleureuses à la Betsh « Les Oiseaux ».
L'hiver et le grand froid.. j'ai beau me dire que c'est pas la première fois.. Des belles petites scènes à frissonner.

« Les Failles » de Pomme, un album à croquer.

Pomme 2019 « Les Failles » label : polydor



mardi 12 novembre 2019

Bon Entendeur 2019



J'ai un film dans ma besace que je ressasse, un acteur aussi, et puis une musique que j'ai voulu comme sonnerie de portable. Pourvu qu'on m'appelle sur un coup de tète, j'aime à exhiber ce sifflet lourd de légèreté. 
Faut taper un peu dans les décennies pour parler de ça avec les paupières bringuebalantes. Ce film, cet acteur, cette musique.. J'y pense très souvent.

« Les Bronzés font du ski », « Emmanuelle », mais pas que. « Coup de Tète » aussi. Pierre Bachelet s'est bien éclaté avec le grand écran. Et j'aime placer ce morceau là dans un blind test pour imaginer une voix fulgurante crier "c'est Pierrot".

Vintage. Recyclage. avant - arrière, "Aller - Retour".

Ouaih mais bon, quand c'est bon comme ça, faut laisser couler, voire dégouliner et se laisser prendre par d'hyper belles mélodies intemporelles de par ici.
J'ai découvert Claudine Longet via la compilation "Dirty Diamonds vol1" en 2003, ça sert à ça les boucles, les samples et les travelling arrière, les fouilles extraordinaires, l'envie d'archives et de mettre sur le zinc tempéré des trucs qu'on ne savait pas que ça existait mais que ça existe quand même. Isabelle Pierre.. bordel, Clara Luciani se doit de reprendre ça... Chédid, Nino, Mouloudji …... Les interludes Begbeider, PPDA et Niney sont des liants émouvants.

Quelle belle idée cet objet plein de cohérence musicale. Zouzou, Moulou, Jeanette en mode Professeur Inlassable, Moby ou Daft Punk... De toute façon moi, tu me mets Mouloudji dans le casque et j'embrasse ta mère en pleurant. Et si tu me fais entendre le sifflet de notre Joker à nous François Perrin qui erre dans les rues de Trincamp, je fonds de bonheur, de légèreté et d’arrogance quant à la dérision qu'il faut cirer au quotidien pour garder une once d'humanité, et d'humilité.
Allez Trincamp..

Vous écoutez Arnaud Bonet, Nicolas Boisseleau, Pierre Della Monica... merci pour cette bande son...à Bon Entendeur. 

Bon Entendeur 2019 "Aller - Retour" label : columbia / Sony Music  

 





lundi 11 novembre 2019

Angelo Branduardi 1980



Des tâches de rousseurs sur les trottoirs, les tilleuls de leurs feuilles maquillent l'asphalte d'éphélides, couleurs de trottoirs en automne. Sous les Tilias je marche et regarde ce teint pâle rougit de petites pommes. Je fredonne Branduardi. Couleurs d'automne, couleurs de trottoirs.

Angelo Branduardi 1980 « Va où le Vent te Mène »

En bonus, l'album italien, c'est toujours plus beaux Brandu dans sa langue . 


jeudi 7 novembre 2019

La Brinche



Murat et une betterave, je l'imaginais journaleux, lui m'imaginait peinturlureux à coup sûr. David est venu me voir. Pas une seconde dès la première passée le doute ne s'est installé. Son charisme, ma timidité et toujours des trucs à faire chialer, ou s'esclaffer. Un jambon persillé et du rosé devant "Calmos", un monde à refaire à coup de vinasse et un paquet de pistaches. Y'a un bled, « On est pas d'un pays, mais on est d'une ville », y'a une pompe à essence qui traîne entre nous, celle de Pépère Goulu, né à Auneau rue des crottes de chien, un vieux père avec sa dent pour sa soupe aux vermicelles, il regardait les voitures passer à Gallardon rue Guy Pouillé, juste en dessous de la Tour, et puis un tourbillon extraordinaire d'âmes à pleurer, galerie de tronches, de monstres et de gens si jolis.


Moi le maussade calfeutré, David le solaire des êtres humains. Seulement quand on se ballade dans la forêt près d'Ymeray pour aller voir la caravane à Tarzan, il ne reste que nos idées à la con, importantes, d'enfant qui errent dans des bois d'hiver, et des brouettes de trucs à des milliers d'arpents de la réalité, les godasses toutes crottées. Que dire de la Mère aux Cailles.
Il a des mots pour mon huile, j'ai du couteau pour son crayon, un jour c'est sûr on foutra... Il m'appelle souvent, Dubouquin, je l'appelle comme ça. Lui il m'appelle Dupinceau, et quand l'Hôtel de Ville me foutra la paix un jour, j'irai pisser dans les ruisseaux avec lui, entre deux tables d'auberges, l'amitié est dans le pré.


Dubouquin, il est écrivain, sept livres et le Prix de la Solidarité en 2013. Il pige pas mal de chose des âmes ordinaires, pigiste il est aussi, de par chez nous. Il est comme mon biographe.  Il est du coin, comme moi, pas loin. Voise et Eure se causent et se zyeutent jusqu'à Maintenon depuis belle lurette.
Il a fait renaître « La Guerre des Boutons » par chez nous, Armenonville. Martin cul nu dans la forêt, il est revenu tout habillé. Avant les livres, c'était dans le zinc qu'il chantait, textes, chant, guitare. Son groupe c'était la Brinche. Quelques personnages de ses chansons sont allés se balader dans ses bouquins, sur un trapèze. La grande période de cette musique accordéon, Tordues, Debout sur le zinc , les Ogres de Barback, La Rue Kétanou, Rue de la Muette, Les Blaireaux, Joyeux Urbains.... justement, dans la compilation « La nouvelle Guinche » en 2004, ils sont dedans avec tous ces autres là....

La Brinche, David, Greg, Jeff et Cat, c'est : « Au Hasard d'une Rue » en 2002 ; « Il faut se Méfier des Mots » 2004 ; La Brinche ...avec les Gens » 2006. Puis plus rien.
Il a remis ça avec son pote accordéoniste Greg, ils viennent de tourner un clip sur cette chanson enregistrée dans les débuts, en 1999 et en bonus en 2004, "Louise Ménager"..... Me taperais bien une petite cote à 1 euro avec eux.. à un cheveu près, j'y étais.


Oh, il aura fallu que je peigne ma Beauce à moi et que je veuille bien me montrer un jour de 2009 dans mon bled pour qu'une betterave sous « Le cours ordinaire des choses » nous lient gentillement. Je ne suis pas la cadence de sa liberté, mon réveil m'emmerde et la pointeuse me ronge les sangs.. un jour c'est sûr mon frérot, ma Fav'... on foutra.


http://www.davidramolet.fr/


La Brinche 2019 "Louise Ménager"  
 




mardi 5 novembre 2019

Giant Sand 2018/2019




Capter l'eau des cactées à défaut d'humer l'humus et des ligneux, ramper pour aller boire à pleine dent le cactus orangé, chercher l'aqueux coûte que goutte.
Du sable dans la gorge, de la poussière sur les gencives, les yeux brûlés par la surpopulation des succulents, je rampe et serpente entre les corps de l'eau. Comment j'aurai pu savoir, boire en mâchant juste ici où je devais griller sur place à coup sûr.
A défaut de ramer comme le galérien pour pas grand chose, je rampe des bras, je lève le cou et croque entre les épines en pensant à ce vieux Malbec dans mon verre cathédrale, juste avant que je parte pour le désert, épine-vinette mordorée transpercé de soleil à travers le cristal rond de mon ballon, si loin déjà. J'ai avalé du raisin, je bouffe du sable et me désaltère au xérophyte. Mes yeux convulsent, je voix la vallée de la pluie.

L'eau coule sur mes canines, me noie la glotte et me lave le menton, overdose de flotte fluo, l'extase allongé sur le sable géant. J'ai dû mâcher un fungi pas catholique sur ce figuier de Barbarie, ils dansent tous avec leurs yeux de reptiliens affamés .. « Desesperate man » on the sand. Mon acupuncteur est un fucking fakir, il m'a pris pour un branleur, il m'en a mis partout, je meurs de soif et je me roule dans ce pourpre irradié à épines. Les badigoinces ensanglantées, la langue charoïte, l'oeil médusé sur les Cactaceae, je bouffe tout, chacun sa gueule, même si je suis tout seul dans ce grand désert hallucinogène et troublant, Giant Sand est un groupe indispensable depuis que les déserts existent. Il revisite, reprend, c'est encore meilleur.... Je lâcherai jamais, je veux du « Body of Water » à fond, jusqu'à plus soif.

Giant Sand 2019 « Recounting the Ballads of Thin Line Men »
2018 « Returns of valley of rain »  label : fire records


jeudi 31 octobre 2019

Higelin "Halloween"








Trois billets pour "75". 
Mais avant « Amor Doloroso », son plus bel album, son écoute est devenu récurrente, cyclique depuis plus d’un an. Nicolas Comment vient de publier un livre magnifique sur Jacques, photos, souvenirs, rencontre période ce disque là, une très belle écriture, un livre touchant.
Pourquoi pas un deuxième billet sur cet opus 2006 dirigé par Burger et Mahut, son grand retour, des tonnes de chansons et de mots pour ne garder que ce disque et son bonus qui suivra « Coup de Foudre ». Du monde partout autour de lui , 8 ans de silence, Oléron, Hérouville, la vie autour sur la bande comme son cœur qui bat.
Peut-être aujourd’hui 31 octobre est-il plus judicieux d’écrire pour le champagne et le caviar, mais sans cesse je reviens à l’ « Amor Doloroso », puis à ces yeux hématomes de « 75 » qui me hantent. « Halloween », valse citrouille sublime sur une mélodie à pleurer. Et je rabâche « Ici c’est l’enfer », émouvante version au Bataclan en 2007. J’ai aussi du « Paradis Païen » dans le bulbe.. je ne m'en sors pas..bien fait pour moi. 
Pour diluer un peu ma répétition, je découvre ces derniers temps, le concert de  Mogador, triple vinyle ou double CD, la scène faramineuse, à la hauteur de Lou Reed "Rock'n'Roll Animal" dit Nicolas, en plus circassien.  Le dantesque live 81 qui fait mouche à chaque fois, dithyrambique, colossale, monstrueux, est restitué comme si on y était à chaque fois..  le flot Jacques éclabousse, l’énergie Higelin méduse.. je ne m’en sors pas dis-je. 
Les mots se bousculent sur chacune des ses œuvres qui s'étalent sur mon chevet, juste énumérer, lire et écouter sans cesse. Assez perdu de temps comme ça. Ce soir, Jacques brillera aux lanternes.. irradié à travers les porte du fauve, "La mort, la mort, la mort toujours recommencée".




 


Soit dit en passant, j'ai découvert Nicolas Comment avec "Nous étions Dieu", un album 2010 que je range parmi les plus beaux de par chez nous. "Rose Planète" n'a rien gâché du plaisir. Je découvre ses mots et ses photos, la rencontre définitive.
 


mardi 29 octobre 2019

Simon Joyner 2019



A la Porte de Vanves un bouquet de Ginkgo Biloba brille comme un phare solaire à l'orée de Paris. Prévenir du danger, récifs humains, âmes sensibles s'abstenir, attention naufrage.
Il fait à peine clair à cette heure à demi dévastée, la mousse revigorée s’enchante du retour des champignons.
Le jaune et le blanc du chèvrefeuille entortillé s'entiche du violet des bonbons du Callicarpa. Le vent les fait se toucher, l'un pollinise, l'autre montre ses fruits, aucun soucis pour la différence d'age, la danse est si jolie. Et déjà l’œuf albumine blanc pompe le pourpre betterave de la douce tubercule.
C'est un matin d'automne, je suis chez nous et ce beau crachin appelle à se vautrer, carcasse naufragée sous le ciel lourd et gras.
Des touffes de jaune brillent à l'horizon, des petits phares éclaboussent la purée, ce lavis d'encre de Chine, de l'or caresse la gorge et la joue droite de Simon.
Daniel est parti, Bob peut se rhabiller, Simon garde ses rêves.

Simon Joyner 2019 « Pocket Moon » label : grapefruit


 

dimanche 27 octobre 2019

Louis Jucker 2019



Le son et l'os, construction cellulaire sur de la moelle. Des morceaux de bois ayant vécu, du ligneux dominant, de la sève élaborant le temps. Empilement de sec, matrice résonante, syncope des cycles récurrents.
Louis Jucker est un musicien Suisses, bassiste, membre d'Autisti, The Fawn, Coilguns, Red Kunz... architecte et paysagiste sonore. « Krakeslottet » son nouvel album solo est un tableau hyperacousie capté à laide d'un enregistreur performant, le Zoom avalant sur les notes le son pointu d'un field recording lointain et envoûtant. Océan, église, l'espace est happé. La bande son des grands espaces, écrin acoustique et des vastes échos .
« Processus intime », « notes sur un carnet de voyage », fantasme musical, des points de fuite, une idée précise de restituer l’essence du son. Hypnotique, psalmodié, habité et chanté, c'est un moment d'écoute fantastique entre des murs automnales en huis clos sans plafond. Hummus records, quel autre nom ?

Louis Jucker « Krakeslottet » label : hummus records

mercredi 23 octobre 2019

Gérard Manset 76





Tiens, te voilà toi. Où étais-tu depuis les Saints de glaces ?
Une assiette d'eau de pluie et te revoilà, à te secouer les plumes dedans. Il aura fallu que le jour diminue pour qu'au son de mon balai à feuilles tu viennes me chanter ta fierté à nouveau.
Tout l'air trouble envahi de soleil métallique est nébulisé par la légère brouillasse sans vent aucun.
Le bois est rentré, tu te baignes au pied d'un stère qui va bientôt y passer. Plus le ciel se lève, plus la lumière se répand.
Moineaux, mésanges et même la pie noire, tous assistent à ton bain vigoureux et crâneur. Le froid est à nos portes.
Tous nous te regardons te sécher sur la faîtière, et ta gorge rouille se gonfle aux rayons nacrés du soleil. Ton œil vif guette les lames fines de mon balai à feuilles, des petites choses à manger du bec.
Tu m'a manqué p'tit con même si je sais que tu as dans tes plumes au collier vermillon, une certaine idée de l'hiver.

Je rentre, le soleil attaque le prunus et l'eau froide de l'air tombe sur les épaules, tu peux descendre du toit.. il y a plein à becqueter sous tout ce que mon balai a ôté. Je te connais, petit affamé.

Gérard Manset 1976 "Rien à Raconter" label : EMI

dimanche 20 octobre 2019

Etienne Daho 1996 / 2019



Quelque chose se passe dehors, l'inévitable pèse, l'éponge est jetée comme la lumière qui se tamise. « Mourir pour renaître ».
Quelques chose se passe, une menace, la dormance avant une nouvelle naissance. Les résurrections de chef d’œuvre ne sont pas du remâché, c'est un nouveau printemps qui revient, le même incendie, revenir à l'essence. L'essentiel doit se rappeler.

Un tsunami de gris trempé dans sa plus belle lenteur dégouline sur nos teints visqueux. Et pourtant les murs jades vibrent, une lumière vert d'eau en phare d'absinthe attire toutes les pupilles cendrées. Un turquoise luxuriant brave la brume, l'horizon s'allume, la chlorophylle repart de plus belle et va danser une dernière fois avec le carotène d'un bronzage sous les plus vives lumières salées.

Révolution sonore, florilège de mélodies, abondance des mots, dans la veine du paradis l' « Eden » à nouveau.
Exigence de tout, hyper travail, apothéose sonore, un objet d'art revient nous éclairer et nous guider dans cette purée anthracite qui se dessine. Plombé, ciel déglingué, le crachin tiède de l'automne, la nuit sans fin déboulent sur les fades ombres allongées.
Et puis « Soudain ». La lumière du cobalt clair, des profondeurs émeraudes, de l'ocre siliceux, du blanc écume que la lumière titane tétanise sur des fado étranges, une idée d’éden enfin, à nouveau. A la tienne Étienne.. « entrez entrez dans le jardin », l'eden est sur la terre, trouée, percée, éclaircie, topaze...il vient de revenir à travers la grasse brume des matins qui s'alourdissent.

Tout n'est que commencement.

Etienne Daho 1996/2019 « Eden » label : virgin


dimanche 13 octobre 2019

Iggy Pop 1995



« Ici c'est l'enfer » ??!!! ?? j'ai dit ça moi, hier soir ?? ça aussi ?? promis je vais déglinguer les murs de ma prison mentale...
Ah ouaih, j'ai balancé tout ça, moi docile comme un fossile .. « L'amour est mort » ?? c'était pour les alentours, je voudrais qu'ils soient tous comme nous, le monde serait plus joli, J'adore ton îlot trésor.
« Océan d'insomnies..visions scandaleuses ».. cherche pas, je suis très hexagonale en ce moment, j'ai bouffé du Higelin toute la journée avant la soirée.

Juste si on pouvait parler un peu moins fort, je broie du noir là, je vais moudre le café.. tu vois j'ai encore de l'humour!!!:D ....quoi il est déjà coulé ?? je veux bien merci... bisou ??
J'ai un casque de plomb sur la tronche, mon amour tu te souviens, « je t'aime telle » ..hein ?? j'ai pas arrêté de le dire ?? j'ai dansé sur Jacques, je t'ai embrassé partout et me suis endormi comme une merde !!!! Tout le monde était parti ?? personne !!!! .. ah merde.

Hummm l'occiput me pèse, prends-moi dans tes bras, enlève-moi ce truc hideux sur le crâne j'ai des paupières de clebs .. J'ai rien sur la tète ?? tu es sûr ?? « Outta my head » ..
Comment tu sais que c'est mon disque préféré de l'Iggy.. pour la pochette ??..ah d'accord.. t'as raison je le mérite. Il est « Free » et moi je suis frit ??.. ahhh ahhha marrant ... aïe, baisse un peu le volume... c'est vrai qu'il est bon ce disque... « I wanna live.. » ouaih je vais me recoucher, j'en tiens une bonne. Tu viens ?? « Innocent world ».. tout comme moi... allez viens..je t’appartiens.. Bon tant pis, je pars tout seul en prince au padoc, nan pas paddock, padoc, putain le casque... ici c'est l'enfer.

Iggy Pop 1995 « Naughty Little Doogie » label : virgin


vendredi 11 octobre 2019

Jacques Bertin 2019







Allez, encore un, et pas des moindres, un de ceux qui vibrent dans mes cellules depuis belle lurette, auprès de Corringe, Léveillée, Escudero, Ferrat, Ferré...
Des 5, Vasca, Elbaz, Brua, Juvin, il ne reste que lui, il n'en reste pas des masses, de ces grands hommes dans la marge, ce beau poète chanteur qui constate et nous chante ce qui est.

"Il faut vivre au désert" dit-il, de plus en plus je crois aussi, tout comme à travers la fenêtre de Thiéfaine. Les maisons tombent, il faut astiquer reluire et bichonner l'économie globale tout en regardant les milliers de bagnoles qui rayent notre au dessus du matin au soir. Nous avons peur nous autres du ciel qui  puisse tomber sur nos tètes. Pluie de kérosène grillé sur nos paupières connes.
Le monde voyage et les bistrots ferment. Posons-nous.

Plus de zinc, comme celui de Dédé, et ce n'est pas un cliché, juste une idée définitive, à jamais ou plutôt pour toujours. Dos-d'âne, chicanes et ronds-points à n'en plus finir, quand on freine et redémarre ça pollue.. cirques vicieux infernaux, et la masse qui s'exprime est un appel aux abymes. Déjà maison du monde dans sa plus belle pornographie exhibe depuis quelques jours ses boules rouges, blanches, pailletées et quelques décorations de Noël, plus aucun respect pour le orange citrouille dont tout le monde se fout, comme moi.

"Je voudrais d’éternelles chutes de feuilles 
 L’amour en un sanglot un sourire léger"....

Je frissonne sous ce grand peuplier aux feuilles émotives, sous ce bel arbre avant qu'elles ne tombent, ses feuilles tremblantes, j'écoute le nouveau Bertin, une nouvelle collection de poignantes chansons. Respirations profondes, larmes d'ivresses, "Tant que le Tremble tremblera, le monde existera".



Jacques Bertin 2019 "Ce qui reste, ce qui vient" label : velen

lundi 7 octobre 2019

Samir Barris



Il semblerait que je sois enfermé de l'intérieur. Le tracé hexagonal me contente. C'est une passade récurrente et déjà l'envie de passer la frontière me réveille. Juste après Lallemant et une virée complète chez Thiéfaine pour le week end, j'ai tenté quelques internationalités.
Il aura fallu une valse sur le fil pour m'accaparer à nouveau la langue. Et puis qu'à cela ne tienne, la brèche libre francophone de l'hexagone est là, on aurait pu le croire du Québec comme Lapointe Pierre, Samir Barris est de Bruxelles et déjà on tangue sur l'été passé.
« Fin d'été », il est temps de choper le temps, le magnifique automnale de cet album post estival. Le cèdre pollinise sur les maïs encore debout, et le raisin déjà est dans les cuves.

Septembre est passé, il traîne sa douceur, il se traîne jusqu'au temps d'un chagrin que la poésie fait sourire sur un charmant climat.

A entendre partout des épreuves sonores douloureuses pour le bulbe rachidien, d'Amir à Mae en passant par Mika, Samir ex Melon Galia est là pour nous enchanter. Les mêmes couleurs que les paysages d'Ivan Tirtiaux, des ondes De La Simone, d'Anselme, sur des mots à lui ou mal armés, voire de Verlaine ou de Ronsard.. tout ce qui est beau à écouter, cet album est une petite merveille. 

Je vais vers l'hiver à reculons, j'avance et je regarde la fin de l'été qui traîne encore.

Samir Barris 2019 « Fin d'été » label : team 4 action

jeudi 3 octobre 2019

Bastien Lallemant 2019





L'aube longue traine sa rosée sur tes doigts allongés. Tu m'as englobiné, ça va dégouliner sur les globes. D'où je suis ici bas, on devine l'au delà, on a beau voyager sans cesse, ailleurs c'est pareil qu'ici, quand c'est avec toi.
Ralentissons, il n'est pas très long le chemin. Laisse dégouliner, asperge moi sous l'aube blonde avant qu'il ne fasse trop sec. Prends ton temps, j'aime trop ton tempo, ralentis ton souffle je n'entends plus tes veines qui accélèrent.
Je suis déjà sur l'horizon ovale, et à peine je glisse sur l'eau d'ici, ta mer d'huile.
Je t'en supplie laisse couler tes maléfices sur mon aube longue qui m'en finit plus, je danse avec toi sur ton rituel détrempé, de l'autre côté de la clairière, l'ondée nouvelle avale les premières lueurs.
Un jour je ne te ferai plus danser.


Bastien Lallemant 2019 "Danser les Filles" label : Zamora productions




Fantastique élégance sur un super groupe, Jp Nataf, Seb Martel, Babx et Fabrice Moreau emmenés par Bastien Lallemant. C'est un auteur que je bichonne auprès de Belin, c'est une intimité acoustique délicieuse pour écouter les mots, même le lambris Grévin en façade aspire au savoureux.