vendredi 5 juillet 2019

Karen O & Danger Mouse



Je ne sais plus de quel fluide je me suis vidé le plus quand j'ai vu les rêveries de Karen O. Combien d'eau j'ai perdu. Avant de comprendre et de réécouter, il aura fallu que toutes mes cellules se remplissent à nouveau. Nous sommes constitué à 65% de flotte, combien de temps il ne m’est resté que de la matière sèche, je ne peux pas dire.
Une fois l'eau du dedans revenue, tissus spongieux revigorés, les noyaux de cellules à nouveau immergés, j'ai pu reprendre l'album en entier, croyant le dégât des eaux terminé. C'était sans compter sur « Ministry ».
Karen O & Danger Mouse, c'est un mariage heureux. Elle a dû fondre sur « Rome » et Noriah. Lui colorise le son fidèlement, luxuriant et paradisiaque.
A eux deux, ils auraient pu signer un nom de groupe en « The Black Danger O » ou « Black Karen Mouse ». Il ne reste de noir que la pochette sur une sombre pop édénique.
Gonflé et humecté à bloc, je retourne à « Reveries ».

Karen O & Danger Mouse 2019 « Lux Prima » label : lux prima LLC

mercredi 3 juillet 2019

The Black Keys 2019





Dupe embarqué, j'ai dû me faire avoir. 
Groupe en "Black", les Pumas m'ont bien attaqués les muscles et du psyché des Black Moutain je passe au clés.
J'ai dû être happé bêtement tellement à la première écoute j'ai passé une petite heure très sympa presque emballée avec du gros son comme j'aime. Et puis j'adore les belles mélodies pop qui enveloppe quelques sensations. "Shine a little light" et je pars direct.
Un peu trop misé sur le gros son me suis dis-je à la deuxième écoute ?? ZZ Top quelque fois, blues rock pour bobo avec du rosé pamplemousse, voire pire le Spritz.. me suis laissé prendre et c'est passé sans voir le temps passer. Avec quelques lourdeurs mais bon, c'est moi qui dis ça...


Autant comme le son de Danger Mouse, j'adore celui de Auerbach, je pars au quart de tour. Disque Blues Rock orageux et ravageur de l'été ?? on verra à l'automne. En tout cas là, avec ce troisième groupe en "Black", je me suis laissé aller à...


The Black Keys 2019 "Let's Rock" label : nonesuch





mardi 2 juillet 2019

Black Mountain 2019



Aucune raison que ça s’arrête, le mercure fait grise mine, le son tonnerre baisse d'un cran, un autre « Black » pour fondre mon casque enlisé.
Le soleil baisse la garde, qu'à cela ne tienne, mes esgourdes jusqu'à la garde vont brûler encore, les glandes sudoripares au maximum, ventilé ou pas, ça fuse, tantôt Bowie « FD'72 », tantôt Barett Floyd « Pretty little lazzies », heavy prog et stooner, les membranes des enceintes sorties des eaux ont flagellé mon buffet, la corniche rocheuse est en danger... bien loin du tranquille sable blanc et du palmier qui tangue, les restes d'une cathédrale calcinée débarque sur nos côtes.

J'adore beaucoup ce groupe, j'écoute souvent leur album éponyme de 2004, j'aime ce label aussi, et « Jerk with a Bomb ».. c'est pas moi qui le dit.

Black Mountain 2019 "Destroyer" label : jagjaguwar

samedi 29 juin 2019

The Black Pumas



J'ai des frissons plante à tète, de la rotule à la clavicule, le mercure est infernal, la température un fake ou pas, les journalistes des ânes hystériques, j'ai des frissons partout, d'où c'est la canicule ?? Demandez à mes clavicules, mes rotules.. le vent chaud se lève, les couguars sont en mini-jupe, l'eau cristalline en pâture est partout proposée, les terrasses sont nébulisées en attendant Paris-Sur-Mer et sous le sable le bitume, les rivières sont prises d'assaut, les vagues chapardées à grandes foules, les glaciers suent à grosses gouttes et les glaciers aussi. Ça chauffe grave, sur la peau et sur toutes les lèvres, les écrans dans leur totalité, écran total, fallait s'y attendre, c'est l'été et à quelques jours des moissons on récolte toujours ce que l'on sème, on paye et ils payeront cash nos aberrations, goutte que goutte...

Slip en surfusion, dégâts des eaux des reins, aisselles liquides, la raie en cascade, l'entre-cuisse à marée haute, même pas chaud, j'ai le casque bien vissé sur le crâne, j'écoute un disque nouveau, dès la première note j'ai des frissons partout, je suis ventilé, la respiration profonde j'ai l'âme climatisée.... et pourtant, c'est volcanique, incandescent, comme le mercure. Et bien non, pas moi, l'épiderme échinulé, le calbard frissonnant, la chair de poule m'envahit. Poils hérissés sur l'avant-bras, le cagnard n'a qu'à bien se tenir, le chaud fabrique du froid, mon cuir recouvert d'émotion par le volume sonore augmenté se gausse bien des thermomètres en rut.

« Black Pumas » dans les oreilles, "Fire" en boucle, il peut bien faire 55°C.

The Black Pumas 2019 « Black Puma » label : ATO music


jeudi 27 juin 2019

Mike McGear 74



Moi je voulais pas à la base, j'étais peinard dans mes pénates et j'écoutais quelques nouveautés revivals jusqu'à tomber sur ce brûlot rock psyché fraîchement sorti avec dedans le rejeton de John Lennon, celui qu'il a eu avec Yoko.
Jusque là, nickel, je la jouais tranquille et même easy, je l'ai pourtant annoncé dès le début ..et vlan, déferlement de trucs cheloux, Baby Face, Beatles, Llamas, du rosé à plein bouillon, Beach Boys, Ringo, Mike Love, transmissions, et McCartney comme s'il y était pour quelques chose. Le monde est cruel, de la vanne à foison. J'ai même reçu des menaces d'un pélican sous prétexte que ma caisse sans clim avec une cassette à fond à moitié fondue était mal garée.

Je voulais pas à la base, j'étais rilax à écouter des vieux disques et des nouveaux aussi, des trucs que j'aime bien, mon sang n'a fait qu'un tour. Claypool Lennon, c'est ma came certes, on a beau faire des efforts pour le bon sens des poils des potes alentours et voilà, ça dégringole en rafale.

Paul un fils, une descendance géniale à la Sean ?? Linda, Yoko ?? nenni, qu'à cela ne tienne, à l'insu de mon plein gré.. faut pas me chercher moi. Le fils de Paul chante, oui, mais il a aussi un frérot qui a chanté et pas que. « Chaos and Creation in the Backyard » vous vous souvenez de la pochette ?? le mec assis au fond de la cour en noir et blanc, histoire de mettre en image un de ses plus bel album sorti en 2005, bah le photographe, c'était Mike McGear, le petit frère. Et toc en 1974, il enregistre son deuxième album, avec comme producteur le frangin, Paul et comme musicos, les Wings. Éponyme l'album est totalement troublant. Mike restera par la suite dans la photographie. À l'écoute, ça sonne très très...... un peu comme la voix de Sean face à celle de son père... Très Wings, très Linda, très Paulo coincé entre « Band on the Run » et « Venus and Mars », une pause familiale... à croire que la touche géniale à travers les chansons proviennent …. nan j'ai rien dit. « McGear » vient d'être réédité avec bonus etc etc. Un petit bijou.

J'vous avez prévenu … merde... le truc flippant.. c'est le frangin en question, Michael McCartney, là maintenant comme avant, il a un peu la tronche d'un BB nan ???

Mike McGear 1974 « McGear » label : warner bros




mercredi 26 juin 2019

The Claypool Lennon Delirium 2019



Vais la jouer un peu easy, mais bon, ça pète aux yeux violemment et je prends mon pied ardemment, on dirait du Scarabée en pleine crise prog à la Crimsom Vroom.

Je suis toujours autant attiré par la folie musicale du duo sur ce deuxième album tonitruant, la voix madeleine, la basse phénoménale, le psychédélisme propre et fabuleux. Ils s'en battent des tendances et des tiquettes, ils s'éclatent, ils sont libres et continuent de conter leurs fantastiques fables pop rock Magical Mystery South of Reality.

The Claypool Lennon Delirium 2019 « South of Reality » label : ATO records


mardi 25 juin 2019

Jamie Cullum 2019



Chanter le mercure qui se dilate, dehors les mêmes Celsius qu'à l'intérieur de nos organismes, à moins que Jamie ne pousse un peu plus haut le curseur de l'étuve tout en maîtrisant la clim.
Nos cellules vont fondre, se fondre dans l'espace, s'éparpiller, le soleil au plus haut exactement avant de redescendre à son rythme, hurle et souffle à son rythme.

Jamie Cullum 2019 « Taller » label ; islands

mercredi 19 juin 2019

Jontavious Willis



Je boulotte flemmard des olives sous mon cerisier aux lourdes branches. Les guignes me tombent sur la gueule, du coup je lutte et crache mes noyaux. L'ingratitude du merle qu'on bichonne des années, il est là, juste au dessus du hamac et entaille le bigarreau. Le matin son petit déj c'est pas d'effort, déchiqueter la cerise tombée au sol, et là, à l'heure de l'apéro, il nargue et dévalise juste au dessus de moi.

Un sacré paquet de noyaux au sol. Pas sur que l’Olivier fasse le fier devant le Cerisier, pas le bon climat.... pourtant une petite tapenade à la place du clafoutis qui m'emmerde grave depuis quelques jours, ce s'rait pas un luxe. Cette manie de laisser les noyaux dedans le flan.. est-ce que je laisse ceux de l'olive noire moi dans ma tapenade qui sent bon l'ail, le câpre et l'anchois …. rien à battre, je vais semer comme un dingue, il y aura un olivier ici dans quelques décennies. Le merle a bien compris, c'est la guerre. Je me retranche au fond de mon filet tendu, je vais sulfater.

Jontavious pas loin, bien fort au fond de la casbah se demande si le blues existe encore. Je tangue sous la pluie de noyaux à cracher les miens, Willis ébranle en douceur ma houle, Olea versus Prunus, je crois bien que le blues vit encore. Rafales de bastos qui fusent comme ses accords, c'est western chez moi.
Impossible de faire fuir mes merles, ils se gaussent et se gavent, de toute façon je m'en bats la pulpe, Jontavious est trop bon et les guignes écarlates ça se partage avec les bons becs orangés assoiffés de guignolet. De toute façon les branches sont bien trop hautes pour moi et il me reste une forêt d'oliviers à semer.
J'abdique, je suis sous mon cerisier et je grignote quelques olives noires en éjectant mollement le noyau sur ma pelouse qui ne ressemble pas trop à une pelouse, pâquerettes, trèfles et tendres mousses... mais bon, me lèverai pas tant que l'olivier ne prendra pas... ah si, faut que j'aille remettre le disque.

Jontavious Willis 2019 « Spetacular Class » label : king of blue music

lundi 17 juin 2019

Nick Waterhouse 2019



Benny pour faire danser le soleil, quelle efficacité, il est là et danse, mais pour bétonner ce retour fracassant, histoire d'assurer la chauffe, Nick arrive sur la platine avec son travail suranné lui aussi. Si Benny se dandine sur ses terres néerlandaises, Benny lui rend hommage au R'n'B soul jazz blues là où tout a pris racine jadis. Ce chanteur producteur et musicien américain aux lunettes Buddy propose son quatrième album qui porte tout simplement son nom.

Si Benny semble vouloir s’inspirer d'une époque, Nick lui s'y est téléporté littéralement, comme à son habitude.
Cette cuvée 2019 est contagieuse, démoniaque, jouissive, torride à faire dégouliner la brillantine. Le soleil n'est pas près de se faire la malle.

Nick Waterhouse 2019 « Nick Waterhouse » label : innovative leisure

En bonus, un petit rappel gomina du même acabit, même principe et vieilles chroniques.

 

vendredi 14 juin 2019

Benny Sings





Quelques chose me dit que le cobalt est revenu nous toiser enfin. Ma main au feu dehors il fait beau... de toute façon, c'est pas bien difficile, Benny Sings.


Benny Sings 2018 "City Pop" label : stones throw

mercredi 12 juin 2019

Coldplay 1999



Tout ça pour ça.. quelle prémonition, le globe s'emballe, l'histoire du groupe à toute vitesse, « we live in beautiful world », ah ouaih et qu'en est-il aujourd'hui... Juste avant le nouveau siècle, à côté de Doves, Elbow et quelques autres british en herbe, le « Parachutes » annonçait la couleur. Ça va aller très vite vous allez voir et « Don't panic » m'a enchanté, l'album m'avait bien plu, je le réécoute de temps en temps, tout ça pour ça. Quatre garçons dans le vent qui va souffler bien plus fort, changement climatique... l'a un joli timbre quand même le saligot.

Doves terminé, pas de stade pour Elbow, comment tenir debout sur une planète qui tourne à toute vitesse ??
C'est bourré de hits, brit pop ?? en tout cas, quelque soit la suite, « Parachutes » n'a pas pris une ride.
Le printemps se coiffe d'une tète de chien, le temps est chagrin, je plonge dans mes vieux disques quand il fait pas beau. La planète ne tourne pas bien rond, tout s'accélère, « Trouble » « Sparks » c'était vachement bien... « Spies » plus encore. 

Coldplay 1999 "Parachutes" label : parlophone





lundi 10 juin 2019

Richard Youngs 2019



Richard, ça va ???

Depuis 30 ans, Richard Youngs possède une discographie faramineuse sur une multitude de labels, dont Jagjaguwar ou VHF par exemple. Impossible la synthèse sur ce fou musicien expérimental qui joue quelquefois avec sa voix. Sans cesse les voix sont brouillées, les directions libres, ce nouvel opus du britannique embrasse la même sensibilité que son "Sapphie" 98.

Aussi émouvant qu'une chanson trouble de Daniel Johnston, aussi mystique qu'une ballade de David Tibet, triste comme un Jason Molina ravagé par la schizophrénie, nu comme Lazarus, bancal comme U.N.P.O.C, claudiquant comme Supreme VagabondCraftsman... Fragile.
C'est une complainte vocale qui résonne, réfléchit et rebondit, l'écho du vide des murs en lambeaux. Que des murs en dehors, plus rien d'autre. Décrépitude. Si seulement il y avait des plafonds.

Inexactitude de la perfection, « Dissident » est tellement beau au réveil.

Richard Youngs 2019 « Dissident » label : Glass Modern

jeudi 6 juin 2019

Richard Hawley 2019


Bon sang, là tout au fond, le sombre s'en va avec le soleil. Il ne reste que les pommettes cumulées qui se pâment sous le charme et l'énergie déposée.
Il faut bien avouer qu'avec toutes ces graminées qui vacillent presque partout, et même dans les villes, les odeurs s'étuvent et ensorcellent. Les bords de route sont à se vautrer, les friches bandent à foison et les herbes se fichent de nos mauvaises habitudes.

Lui, Richard déambule sur les graminées. Sûr le pas sur le Poa. Il avance comme si tout lui appartenait, Dactyle, Agrostis ou Vulpin, tout ou rien, il avance, comme un vieil ami marchant sur les talus, c'est de plus en plus beau Richard comme la nuit qui n'en finit pas de s'allonger sans sombrer. Je reste avec toi mon compagnon à fouler les herbes folles, avant que l'herbe-à-chien s'arrête de danser.


Les gens, il conviendrait de ne les connaître que disponibles
A certaines heures pâles de la nuit
Près d´une machine à sous, avec des problèmes d´hommes simplement
Des problèmes de mélancolie
Alors, on boit un verre, en regardant loin derrière la glace du comptoir
Et l´on se dit qu´il est bien tard...
Richard, ça va?

Nous avons eu nos nuits comme ça moi et moi
Accoudés à ce bar devant la bière allemande
Quand je nous y revois des fois je me demande
Si les copains de ces temps-là vivaient parfois
  
Richard, ça va?

Si les copains cassaient leur âme à tant presser
Le citron de la nuit dans les brumes pernod
Si les filles prenaient le temps de dire un mot
A cette nuit qui les tenait qui les berçait
Richard, ça va?

A cette nuit comme une sœur de charité
Longue robe traînant sur leurs pas de bravade
Caressant de l´ourlet les pâles camarades
Qui venaient pour causer de rien ou d´amitié
Nous avons eu nos nuits...

Richard eh! Richard!
  

Richard Hawley 2019 "Further" label : BMG



dimanche 2 juin 2019

Eric Clapton 83







Puisque nous sommes aux environs de l'année 82 avec un disque mitigé d'artiste à l'histoire multiple et qui en impose depuis des années, décrié par les critiques, défoncé par l'opinion, voici l'opus 83 de Clapton "Money and Cigarettes" que j'ai aussi en cassette audio et en remastérisé. Oui je sais c'est un truc pas indispensable, juste charmant pour quelques nostalgiques, mais voilà, j'ai que ça sous la main, il fait très chaud et j'ai pas envie de bouger pour aller chercher un autre disque sous les combles.
Quelle drôle de période, la loose pour les piliers, il faut dire qu'ici Clapton vient d’arrêter la bibine et que du coup il a la gratte qui s'dilate sur la table à repasser, les cheveux boursoufflés, le p'tit costard...le ton est donné, l'album sera mou. Il ne lui reste plus que les clopes, et le morlingue amassé. Le précédent fut un flop, le prochain sera la rencontre avec Phil Collins, dure période pour le guitare héro. 

Oui mais voilà, je le trouve attendrissant moi ce disque, puis j'ai pas envie d'aller en chercher un autre. Trop chaud pour des gros solos, "Pretty Girl" me convient tout à fait. Et puis j'aime bien les disques bredouilles, les pièces discographiques paumées dont personne ne parle. Après "Mirage", "Money and Cigarettes".. pour les nostalgiques des disques particuliers noyés dans les 80's ravageurs pour ces artistes là.


Eric Clapton 1983 "Money and Cigarettes" label : warner bros



mardi 28 mai 2019

Fleetwood Mac 1982



Jamais une pochette n'aura autant parlé. Au verso y'a Mick et John le regard dubitatif un peu débités, comme pour dire « eh Tusk ouaih d'accord un chef d’œuvre total sous toutes les formes, un truc de dingue que même nous on a aimé.. mais les ventes c'est pas ça, pas de place en haut des charts pour le disque de l'histoire qui a bouffé une quantité record de morlingue.. et la coke, les hôtels de luxe, c'est qui qui va les payer ?? »

Mike est accusé de dilapider, c'est lui qui gère la vie du groupe. Les très fortes personnalités sont affublées chacune d'un avocat, en 1981, tout le monde part dans son coin. Presque un an de silence radio pour tout le monde. « The Visitor » Mick, « Law and Order » Lindsey et « Bella Donna » Stevie, les trois projets soli sortent la même année. Stevie Nicks « the reigning queen of rock n roll » monte et dépasse la notoriété du groupe fatigué qui devient très hétérogène... pourtant, « Mirage » qui sort en 1982 paraît d'une cohérence totale. Tout le monde se retrouve au château d'Hérouville, comme si de rien n'était. Vous avez tort de ne pas aimer cet album... il est au beau mitan de deux monstres historiques et opposés de la discographie du groupe "Tusk" et "Tango..", comme pour reprendre un souffle, une respiration.

N’empêche les gars derrière, les deux british fondateurs font la gueule, bien sapés, à attendre que les problèmes se tassent, que Lindsey arrête de mater Christine qui lui tient le paquet (en couple et en rupture avec Dennis Wilson..ça va John??) tout en dansant avec son plus bel amour Stevie, qui s'accroche, comme pour le garder en lâchant une petite merveille qui date des sessions 1973 Lindsey/Stevie, « That 's Alright ». Moi cette chanson que je viens d'écouter 83 fois pour ce billet là, me rend heureux, joyeux de trouver tout le monde beau. La version alternative en bonus est à pleurer.
Lindsey se dépatouille et danse avec les Fleetwoodesses. Pourtant on lui demande de se recadrer, de la faire collectif, après l’exubérance de Tusk, le budget est illimité, les jeux recentrés, la pop conventionnelle, le château grand ouvert. Pourtant les mecs derrière ils font la gueule et je sais pas pourquoi vous n'aimez pas ce disque. Stevie se détache doucement de la danse, c'est elle sur « Mirage » qui tire son épingle du jeu.

Je finis à la longue, depuis 2016 par préférer les outlakes et toutes les early versions. « Empire sate » décortiqué, le génie de Lindsey qui fera son Orbison sur « Oh Diane ».. et puis les inédits fantastiques « If you were my love », « Put a candle in the window », « Cool water » « Goodbye angel »le ravageur « Smile at you » de Stevie, sans compter le troublant « Make me a mask » de Lindsey présent sur la quadruple compile « 25 years The Chain »....

Jamais une pochette n'aura autant parlé, moi à sa sortie, et bien longtemps après, je me suis payé la cassette, avec dedans la petite jacket sans les deux derrière qui font la gueule. J'adore ce disque.

Fleetwood Mac 1982 « Mirage »




dimanche 26 mai 2019

Les Ogres de Barback 2019



C'est toujours un peu l'angoisse quand les gens vont aux urnes, juste avant ils ont vomi anonymes sur les réseaux. Y'a un tas de papiers sur les miettes de ma table, une tonne de feuilles pour abstentionnistes, combien d'arbres sur nos tables avec dessus des tronches de cons sur des miettes de quignons rassis. Y'a les mêmes papelards sur celles propres des bureaux de vote, moi je voulais pas tous ces formats A4 comme des pubs de promotions d'hypermarché dans ma boite aux lettres. On aura une drôle de tète dans 2000 ans.

Tiens, je sais, à mon age je devrais pas frissonner sur quelques utopies, rires aux larmes sur des chimères perdues, mais hier soir, je suis allé voir les Ogres sur scène, La Lanterne pas loin de chez moi, avec mon amoureuse, nous on aime bien cette grande famille de zinc, Ogres de Léo aux hurlements raides... On s'est même dit qu'on les écoutait moins depuis quelques années, plus assez.. qu'il faudrait pas qu'on devienne des vieux cons, même si mon amoureuse elle joue de l'accordéon. Fanfare du Bénin à perdre son âme, cabrette à faire chialer, une famille qui prend une salle à elle.
« La Nombrillite aïgue ».. ouaih mais ça sert à rien de dire des trucs comme ça, les urnes ont le cul grand ouvert.
J'ai le cœur un peu grisâtre « qu'en a gros sur la frimousse », tellement de haine qui remplace la peine, demain un autre matin immonde, j'ai ressorti mes vieux Ogres, je suis allé voté noyé parmi tous ces papiers, j'y crois pas une seule seconde....tiens, je vais appeler ma reume de ouf, c'est sa fête aujourd'hui, on va parler jardin et ciel crachin.

Les Ogres de Barback 2019 « Amours grises & colères rouges » label :

jeudi 23 mai 2019

Mac Demarco 2019



Pas con ce téléphone. Il m'a littéralement banni quand je lui ai mis mon majeur dans l'orifice du verso. Je suis pas complètement con non plus, j'ai voulu communiquer et tester un peu sa sensibilité épidermique avec un autre doigt, l'auriculaire ne me tentait pas.
L'index, là oui, il démarre au quart de tour..l'est pas con mon phone. Il s'est ouvert et m'a tout donné. Je n'en demandais pas autant, à part pour l’œil nos doigts s'emmerdent. Bon, je savais qu'il allait répondre au doigt et pas à mon œil, et j'ai ouvert grand mes oreilles. J'ai succombé une fois de plus grâce à mon index droit bien ajusté au verso de mon téléphone, à la nonchalance de Demarco.
Il a mis le doigt là où il faut, sur l'envie de me laisser vivre, de me faire du bien, de faire le chien... ça passe, coule et défile comme jamais. Comme une compression sur une artère hémorragique anxiogène qui freine la journée guimauve mais qui n'en finit pas de gicler.

Pas con ce train. Je suis dedans a tâter du doigt mon téléphone et mon casque fait « Choo choo ». Il est bondé, tous les regards baissés sur un téléphone et moi, le doigt dessous, je le quitte des yeux, plus d'écran, les phalanges en berne je me laisse prendre par la nonchalance de Demarco une fois de plus, Lo-Fi minimal mené d'un doigt de maître en la matière. Plus d'un album par an, moi je suis et j'aime bien les bavards.

Mac Demarco 2019 «  Here comes the Cowboy » label : mac's records

mardi 21 mai 2019

Prince 1999



Pas bien loin d'où je bosse, je trainais ma carcasse au mitan de la journée, comme pas mal de midis. Butte-aux-cailles, un coin piéton pas bien loin où les voitures passent à gros bouillon, je tombe sur lui, ce mur silencieux fantastique. Du coup je me dis ça serait pas mal d'aller chercher l'"Ultimate Rave" fraichement restauré. 
C'était au siècle dernier "Rave un2 the joy fantastic", moi je suis paf de "The Greatest Romance Ever Sold"..mais bon, le disque, les bonus, le DVD, une tuerie ... du coup, je l'ai ramené pour ma soirée. Une tuerie.

Prince 1999/2019 "Rave Un2 the Joy Fantastic" label : NPG








samedi 18 mai 2019

Cochemea



Ravines, friches et ravins, prairies, champs et chemins, j'ai dû bouffer trop de Cigüe.
à moins qu'il ne s'agisse de l'Ivraie.
C'est d'époque, à mâcher les herbes folles qui tanguent les étendues depuis quelques jours, j'ai attrapé la chaleur de la tète, la faim de l'affamé, la brûlure des idées.

Cochemea souffle les poussières du Poa, j'ai dansé toute la nuit, allongé, sans rien dire à personne, pas même la rousseur de la lune.
C'est la brulure du cerfeuil des fous, les dents qui claquent sur le bois gentil, la tète into the wild... ce disque intemporel m'a mis la transe, du 70's soul jazz comme si j'y étais, la tète me tourne et je fixe le ciel où ondulent des fantômes cuivrés, des sons chamaniques, un passé culturel noir de monde, lui, Cochemea Gastelum est une légende au saxophone volcanique, c'est son deuxième projet solo, tous les esprits délirent, et moi ivre de cette découverte, je finis de mâchouiller mon cerfeuil des fous à plûmes. On verra bien si au bout de "All my Relations" j'arriverais à me lever.

Cochemea "All my Relations" label : daptone 

mercredi 15 mai 2019

Ivan Tirtiaux



Je n'aime que ça. Des chansons sur les saisons, les cailloux, les fous, les rameaux, les feuilles sur des branches, des petits airs à tomber à se sentir vivant, des petites tranches de tout le monde.
Oh évidemment les références vont fuser, Higelin, Anselme, Jesenska, Simon, Tachan, un peuple de rosiers, Brassens et Martin, des ruades, De LaSimone... Ivan Tirtiaux joue ses chansons avec le pinceau d'un peintre.

C'est le temps des herbiers, des feuilles sur du papier, chacune de ses chansons à garder sur une feuille pour raconter à jamais, l'histoire des poètes de par chez nous. Le mois d’août dans le jardin du grand-père, je m'en souviens encore moi aussi, dans les plus tendres détails.
« Réveil » ?... jamais nous ne verrons grands les arbres que nous plantons. Nous n'avons pas planté ceux que nous arrachons. Pourtant dans les feuilles et les écorces nous vivons.

Des vents de cordes plein la tète, plein de musiciens derrière, c'est son deuxième album et je ne m'en lasse pas.

Ivan Tirtiaux 2019 « L'Oasis » label : le furieux

samedi 11 mai 2019

Jay-Jay Johanson



Rudoyé par une météo de cendre aveuglante, lessivé par des heures de saucée au grain permanent, je vais vite me réfugier chez Jay-Jay Johanson avec qui j'aime bien vivre cette météo. Gimmick, electro pop, crooner, mélodies, bossa triste et ballade dandy. C'est bien lui une nouvelle fois. Et quand la pluie tiède revient sans répit, Jay-Jay n'est pas loin.

C'est même bien pire que ça, juste à l’abri du rideau d'eau, je déguste ses nouvelles chansons magnifiques, et comme pour parler au ciel gris qui n'en finit plus de descendre, il me vient une mélancolique envie de fumer. Que sorte de ma bouche les mêmes nuages infligés. Bien sûr c'est pas bien, me faites pas dire ce que jamais je n'avais l'intention d'avouer, c'est pas bien. Mais là, avouez, juste à attendre l'éclaircie sous l'appentis et le bruit des clapotis, quelques taffes n'auraient pas été un luxe ni une quelconque angoisse hypocondriaque. J'ai dépassé l'année sans fumée, oh je n'étais pourtant qu'un piètre fumaillon... et là, l'envie d'aspirer à plein poumon les nuages qui plombent, avec « Kings Cross » dans le crane.... Sont souvent grises ses pochettes, ça lui va tellement bien, c'est tellement beau l'intimité mélancolique qu'il chante à chaque opus. Une tige qui crépite comme les doux scratch de son électro discret, l'hyperhygiénisme qui nous envahit m'emmerde d'une force.

C'est une aubaine ce temps, quand JJ Johanson sort un autre album superbe, feutré et envoûté.

Jay Jay Johanson 2019 « Kings Cross » label : kuroneko media / art29music

vendredi 10 mai 2019

Caboose






Ligne de fuite à travers le feutre, tangentes qui se croisent filent entre les doigts, qui m'a filé ce disque ?
J'allume mon truc et le machin démarre, endiablé, riff de poussière. Dandy Horsepower à la Rudd P.Hinson.
Il est là dans mon suppo du train à couiner son blues de vieille godasse sur mon ciel plombé à moi. Ça vient d'où ?? c'est à qui ?? qu'est ce que ça fout là ?? Il est arrivé tout seul, me souviens de rien, c'est pas moi, c'est le diable au croisement fatigué de ma quotidienne brute et de ma vie de chien en rut.
Je sais pas si vu d'où vous êtes, avec l'autre ligne de fuite, vous déglinguez pareil votre rocking-chair mou sous prétexte qu'il lâche un peu le rythme de cette vieille grôle qui tape du pied... en tout cas et ceci dit, y'a un disque dans mes écouteurs croisant le fer du chemin roulant qui m'emmène de mon plein gré, que je sais pas du tout ce qu'il fout là, et qui me l'a filé. Diabolique, flippant, d'autant plus que je suis mouché comme un bleu, que ça s'écoute à jouir et se laisse bander comme un bison malté.
Peu importe ce qu'il fout là ce disque.. pas trouvé grand chose d'eux sur la toile, alors imaginez sur le net... Je prends et je garde.. c'est Caboose avec « Hinterland Blues » qui claque la face comme il faut.


Caboose 2019 « Hinterland Blues »


mercredi 8 mai 2019

La Poison



Ouaih, alors oui, avec le recul je me suis dit que Aldous pour la grisaille c'était quasi top, un peu trop, moi la grisaille, c'est ma came, même quand il fait soleil. Ouaih mais j'ai plombé Le Toine, et ça, ça méritait un petit coup de gingembre de ma part.
Spécial Tonio donc en ce jour d'armes posées, de déluge, de cordes du ciel « faut-il y grimper ou s'y pendre »... de pluie raide comme un garde à vous, pour me rattraper voici pour lui et pour vous tous une bombe. « Lyrisme, explosion, solaire ».. alors un petit poison. Pas très « Bigger than life » quand même, mais vers l'autre hémisphère de « Designer », le soleil canadair asperge de ses rayons vert irradié.
La poison, c'est un trio de dingo, un genre Shaka Mitsouko musclé et hyper synthétique qui klaxonne des 80's syncopés, uppercut décapant, euphorie et soleil fluo de scène volcanique. C'est un couple à l'origine ; Moon et David. Elle c'est la voix diablement ensorcelante, lui est le batteur fou Lars Sonik (Maximum Kouette...). Le troisième et guitariste, c'est Daniel « Fugu Shima » (Mano Solo, Mano Negra, Saez, Roussel...). Parisiens, début en 2016, planches qui brûlent, La poison, pour le Toine, allez zouhh, il pleut de chien, écoute-moi ça, tu vas devenir un « Super hero ».
….ça brûle et c'est dans les bacs.


La Poison 2019 « La Poison » label : hyp


lundi 6 mai 2019

Aldous Harding 2019



« Je me connais quand même un peu » ….. comme le dit Dominique A dans ma chanson préférée de « La Fragilité », si elle avait été là, devant moi, « J'aurai baissé les yeux ». Peu importe le vent, l'Autan, la Bise ou la Balaguère, je me tiens fébrile devant le souffle d'Aldous et peu importe la houle je me la coule doucement.
De Feist à Joni Mitchell, de Stina Nordenstam à Mus, voire d'Anna Ternheim à Keren Ann, je noie toute ma pauvre faiblesse d'âme au fond de « Designer ». J'ai une vague idée de moi..à la recherche sans cesse du trésaill.... frisonn.... frémissement. Le Très frimissement d'Aldous Harding.

« C'était un matin comme un autre
Je n'étais à rien préparé...... »
Le vent m'a fait lever les yeux...

Aldous Harding 2019 « Designer » label : 4AD

samedi 4 mai 2019

Mes Souliers sont Rouges



Z'ont déboulé en flèche mes grands. La madeleine a tapé leurs oreilles. De l'étage ils sont venus me crier .. « un nouveau Tri Ann » ?? Oui, il faut dire que tout petits qu'ils étaient, moi je passais en boucle les disques des bretons quand j'aménageais leurs chambres. Tous les airs de baladins, malandrins, ménestrels au goût de sel et de terre ont défilé des après-midi entières.
Ils sont descendus le sourire nostalgique. Depuis quand nous n'avons pas mis un Tri Ann sur la platine ? Cette compile que je leur mettais lorsqu'en voiture nous approchions Nantes, pour quelques jours sur la côte. Des vacances en famille.
C'est pas Tri Ann les grands, c'est un truc extraordinaire qui raconte pareil des belles histoires de Curé, de boissons, de mer farouche et de belles filles du coin. J'ai du y retourner moi aussi à l'époque où je peignais leur nouvelle chambre de notre nouvelle maison.. il y a plus ou moins deux petites décennies.
Ils sont descendus et nous avons dansé, dansé à s'en estourdir la teuté. Toute la journée on a tangué, la pluie de neige fondue d'un mai glacial n'y a rien fait, nous avons fait ce qu'il nous plaisait, de Cherbourg à Argentan, avant de s'écrouler harassé comme des marins au retour d'une semaine de pleine mer, fouettés, salés et heureux.

C'est un groupe Normand de folk alternatif. Normand nom de Dieu, ne dites rien aux Tri Ann les grands, z'aiment pas trop tout ce qui est à droite du Mont Saint Michel. Nenni, pas de querelle, le disque est enregistré en Bretagne. Toutes ces campagnes sont belles, celles qui longent les côtes celtiques.. ici ou là bas, là, et cousins irlandais, cajuns, québécois, partout où les planches brûlent, la boisson coule à flot et les cœurs battent en chœur. Il est question de patrimoine culturel qui tremble, de l'histoire qui gorge chacune des chansons de « Ce qui nous lie ». Nostalgie, et je me retrouve il y a quelques décennies à ces heures perdues dans Argentan, quand je lâchais le Paris-Granville pour monter sur Caen, trois ou quatre heures à attendre la correspondance.. je connais par cœur tous les recoins de cette discrète ville normande.... comme en partance pour une ou plusieurs semaines de pèche, même si juste un diplôme j'ai ramené. Des heures entières à Argentan, de tout temps... j'y suis à nouveau, entre deux danses et trois jigs.

Faut dire qu'il fait un temps de chien sur les clochettes d'un muguet à l'odeur de pneus brûlés. Une occasion de danser de Cherbourg à Avranche en passant par le monde entier, par chez moi, tant qu'il y a la mer à quelques idées de là. Alors, venez les enfants, débouler et dansons... même sur le bout du banc.

Culture populaire, émotion des chorales, de l'accordéon, poésie météorologique, éveil des anciens, souvenirs de chacun, il fait un temps de chien, la cheminée s'est réveillée, et mes souliers son rouges.
Gullivan, producteur, fondateur et musicien avec le fidèle Deny Lefrançois, ont embarqué avec un accordéoniste Simon Leterrier de Cherbourg, Jacky Beaucé de la Manche et Eflamm Labeyrie de Nantes .. ils font virevolter tout « Ce qui nous lie ».

Mes Souliers sont Rouges "Ce qui nous lie" 2019 label : antal production

jeudi 2 mai 2019

Robert Forster 2019



Toujours au top le Robert. Excellent chacun de ses disques. Il suffit d'un petit truc perso en plus pour que ça devienne génial, que ça claque plus encore. Là pour le coup, j'ai l’obsession du son de la rythmique sur sa voix, le bruit sec et suave qui tient la veine en haleine.
Premières notes et le ton est posé, et je me laisse avoir une nouvelle fois. Un vieux mec qui envoie posé sur son sofa usé et grisé par les séances infernales de l'horizontal.

Je me réveille rassasié de sommeil, robuste déo-arabica, la pluie fine de mai me rassure un peu. C'est pour dire. Bercé par le cendré crachin tiédasse du dessus des cyprès, je traîne la savate sous la patate pop de Robert. Chemise de ouf, slim pour un sexa requinqué, grolle in the canap poivre et sel. C'est tellement bon ce disque qu'on a pas envie que ça se lève.. « The morning » is a friend.

Robert Forster 2019 « Inferno » label : tapete

mercredi 1 mai 2019

JL Murat live



A contre sens de la tendance, je suis de moins en moins concert. Sûrement à cause de la tendance. Pourtant comment j'ai aimé tout ce que j'ai vu.
Bergheaud ou Ané, lequel je suis le plus allé voir ? Deux artistes de scène. Il n'y a que les « Sur nos Forces Motrices » pour tenter de revivre celle de Domninique A. Et je collectionne tous les morceaux live de JL Murat depuis 1993 au Transbordeur publié en 1995. « Live in Dolores », « Pias Nites » et Clermont et puis le fantastique « Muragostang » qu'il faudra un jour que je développe ..longuement. Et puis les bonus, les face B, les ajouts, les quelques pièces qu'il propose souvent. Pourtant je considère un live que dans son entité enregistrée, double intégral. Et puis à l'écoute « Innamorato » m'emballe, je raccroche les morceaux avec plein d'autres, celles du Lièvre (« 16h00... ») ... et surtout je rattache le tout au fantastique parfum d'Acacias, colossale faux-live.
Tout aligné d'un bout à l'autre, Murat live est une scène que je me monte régulièrement entre mes murs, empirique, à la seule condition que les fenêtres soient ouvertes quitte à dévisser les gonds. « Il neige », la chanson préférée de ma puce de 14 ans, de Murat que mes grands de 22 et 24 ans adorent... Em, Cm, Am... rien d'autre qu'un ciel ankylosé et qui rage à la Crazy Horse. Tiens, Murat, je le répète, le Neil Young de notre hexagone..... comme au « Jour du Jaguar ».

Autant en faire quelque chose... plutôt que rien … bonus de feu qui me rend dingue, live, avec le son brut et clair de « Are you Passionate ». Je retourne dans les champs de ma vallée pour voir s'il neige.

JL Murat 2019 « Innamorato » label : pias / scarlett

lundi 29 avril 2019

Lambchop 2019



L'effarement s'est dissipé avec cet album là. Impossible de comprendre sur le précédent, cette fioriture, ces effets sur une des plus belles voix de la pop moderne, cette voix là imparable, tellement suffisante à elle seule, à crooner toutes les plus belles ambiances, « Is a Woman » est encore dans mes veines....imparable sur les chansons piano de Lambchop..... la voix.

Et puis là, sur la deuxième écoute de ce subtile et magnifique « This.. » plus rien, étonnement dissipé, je me laisse à nouveau ensorceler. Wagner une fois de plus.
Accroc soudainement.
Bon, il faudra quand même penser un de ces jours à arrêter ce filtre électro vocal trouble et noyé, malgré tout. Mais pour l'instant, ici sur ce nouvel album de Lambchop, tout passe et repasse inlassablement. La même danse.

Lambchop 2019 « This (Is What I Wanted to Tell You) » label : merge

vendredi 26 avril 2019

Séverin 2019



L'aimant du tarmac. Zincs cloués au sol, plus rien en l'air, qu'hirondelles et alouettes. Impossible d'obtenir la moindre explication des scientifiques, le moindre discours du puceau en règne. Aussi, c'est ainsi, ce matin le globe se lève sans plus aucune carlingue en l'air.
Qui est où, qui est in, ici et là, avec quoi et comment revenir sur ses pas, rebrousser les nuages, crier au bercail ? C'est comment qu'on rentre ?
Elle est là-bas, lui ici, nous sommes quelques part, tout est annulé sur les panneaux, plus aucune rayure sur la voûte.
Va falloir remplir nos gourdes du kérosène en stock pour aller chercher untel à tel endroit, ou sézigue à l'autre bout du Dantzig. Revenir par ses propres moyens, sans ciel ni air, sans conviction ni convection, à la rame, à l'arrache et la mort dans l'âme. Rame.
Va falloir parler à des gens, comment et grâce à qui... devenir un migrant ou rester là, ici, quelque part où l'on est.
Rentrer à pieds, prendre son temps, courir plus pour avancer moins. À moins que l'on erre et marche, flâne et plane.. Rentrer à temps, prendre son pied, coudre un zeppelin, même laid quitte à flamber.

Se trouver au bord du vide en haut de l'escalier d'embarquement. Attendre le Boeing qui va venir en roulant doucement sans jamais pouvoir décoller d'un centimètre vous a t-on dit, l'algeco lourd de l'hyper gravité, puisque depuis ce matin, aucune carlingue ne quitte le sol du tarmac aimant, rien ne décolle, l’abstention des vols, dorénavant, l'abstention à partir de maintenant.

Séverin 2019 «Transatlantique » label : neon napoleon

mardi 23 avril 2019

Baptiste W.Hamon



Transition discutable, quoique. J'écoute « Soleil, Soleil Bleu » et je me dis qu'à chercher Cherchell, Julien le tempéré aurait pu traverser l'Atlantique et folker sur le sec comme Baptiste.
Puis cette ondulation grave dans la voix, comme Orso Jesenska.

« Les hommes en ont assez des ombres qu'on leur donne... bon sang, ça sert à quoi l'immensité.... »

« Bloody Mary » et je pars vers la naissance d'Yves Simon avec sa mélancolie fragile comme l'oiseau. B.W. Hamon sort un immense disque sérieux d'envergure. De l'intimité éparpillée. J'ai l'impression à la première écoute, de l'avoir déjà dans la peau ce disque, pourtant c'est tellement particulier.

Je suis ces jours-ci posé sur l'hexagone, séminaire récurent. Si ma transition n'est pas clair, il y a la couleur des lettres, la grandeur de l'écriture, la jaune du ciel et la bleu du soleil. Traverser l'Atlantique, passer de Miossec à Will Oldham. L'iode ou la poussière, ou les deux, tous les ingrédients valsent et se valent.

Baptiste W.Hamon 2019 « Soleil, Soleil Bleu » label : BMG right


dimanche 21 avril 2019

Julien Baer 99



Penché sur le sable d'une dune, le Jaunay dans le dos qui coule, la Vie pas très très loin, je mate ce minuscule galet qui me cligne de l’œil. C'est pourtant pas l'été. La nuque me brûle et le soleil ricoche sur ce petit caillou rond et « J'aime imaginer ». « Cherchell » et son coucher de soleil m'éclabousse le cerveau.
Piste deux je fonds, Julien Baer a sorti des disques que je glisse toujours dans mes préférences. Intime compagnon.
Une idée passe, la grande plage s'enflamme et l'horizon feu entame l'alu des flots.
10 ans sans un album de lui. Alors je repasse tout, depuis le début, « Cherchell », un autre port, ailleurs quelque part.

Julien Baer 1999 « Cherchell » label : polydor