La
dernière pompeuse virée country aux deux doigts en forme de "V"
du gars Ringo a éveillé en moi l'envie d'écouter un bel album d'un
autre bateur en balade solo. Quelque chose de plus sérieux,
travaillé, inspiré. Quelle taux d'influence de l'entité planétaire
sur l'oeuvre en escapade ? Beatles sur Starr, Radiohead sur Selway.
Les batteurs les moins aptes à poser sur les promontoirs des Lp de
cette envergure ? La preuve que non. D'autant plus que les chansons
ont été composées à la guitare ou sur un piano.
Depuis
"Familial"
il n'a cessé de sortir de belles choses. C'est sur son quatrième
album que je m'étale depuis quelques jours. En lisant un gros bilan
hors série sur le groupe, je me suis rapelé du grand plaisir à
l'écoute de "Familial"
en 2010. Sublime pochette, label de renom et grand étonnement quant
à la capacité pour un bateur de sortir de telles chansons.
"Strange
Dance"
est un petit bijou de pop d'émotion, sublime et vaporeuse. Les
couleurs déposées, la lumière installée, tout tend à la
sensibilité à des quartiers entiers de The Smile. Organique et
symphonique.. réveur.
Allez zouhh, on va pas se
laisser abattre par les matins grincheux, un pavé bien trempé pour
remettre les poils de la bête à l'heure. La pluie revient, va
falloir des protéines aux oreilles pour pulser le sonotone. Un
groupe que je n'ai pas suivi tant que ça et qui pourtant me botte la
hanche à chaque écoute. « Best laid plans »,
tout est là. Et ça embraye, vitesse de croisière, ça défile
gras, ça riffe sur la carrosserie, je suis accroché, je suis papy,
je fais ce que je veux.
Y'a le chromosome rock
psyché de power pop indé dans la caisse à vinyles et je frissonne
à la Frank Black. On est chez les british pourtant la décapotable
trace, les frissons ? C'est pas que ça, le son, le jeu, l'idée
d'un vieux rock crasseux tout propre, inaltérablement inébranlable.
Et pourtant ça branle dans l'air à poil.
Du pollen plein la
tronche, des moustiques plein les dents, galure vissé et barbichette
au vent, le poids des atrocités alentours me donne de la hauteur. La
plainte des demis avant d'épouser la plinthe nous sauce, j'ai sorti
mon côté animal de la boite à gants. La terre est craquelée, elle
a bouffé toute la flotte tombée. La musique s'écoute par les
racines et la brindille tangue. Sublime album opulent. Un peu comme
d'hab .. dans mes souvenirs.
Un retour en Belgique, il
y a toujours un petit groupe à dénicher par là-bas. Le temps est
au beau fixe depuis quelques semaines, il faut bien brumiser quelques
vagues à l'âme sous ce vent sec et poussiéreux. Pastorale est la
pop, calfeutrées les mélodies, une blanche matinée persiste, c'est
doux, on parle de Simon & Garfunkel par-ci, Everly Brother
par-là, moi je me balade vers les Minor Majority.
C'est quand même bien
emmitouflé de beauté, on ne se découvre pas au fil des chansons de
« Shelter », leur deuxième album.Le soleil y va de son
timide réveil, un peu la tronche en biais avec ce voile brumeux, et
déjà une belle trouée vert d'eau fait chanter toutes les plumes.
Pas loin, l'océan.
Frissons
chaotiques, larmes heureuses, poils dressés et chants à l’unisson.
Décidément « L’Usine à Chapeaux » bosse à me
réconcilier avec le genre humain. Alexis HK, Matthieu Boogaerts et
La Maison Tellier il y a quelques jours.
Le
03 avril, le jour de mes 57 est sorti le Manset 2026 donc. « La
timidité des Arbres »
aussi. Déjà ma place était prise. Manset, il en est question dans
les paroles. La voix de Jean-Louis a résonné. Je m’évertue sans
cesse à me flanquer d’une de ses chanson chaque jour. Lui qui
chantait « Calexico »,
un groupe avec une trompette, comme les Delano. « Babel ».
Tout coule de source, fait sens, tout est là. Je suis à flotter
dans ce lit-là, depuis que mes émotions des belles chansons de par
ici se portent sur des sincérités humaines et des paysages
ordinaires à couper le souffle. Rien des émotions n’est laissé
au hasard, la cohérence des cellules me travaillera jusqu’au bout.
Panser les petites semaines.
« Atlas »
a eu raison de moi, ce nouvel album ne déroge pas, ce groupe de faux-frères en sincère fraternité
a assis définitivement son poids d’importance dans notre paysage
musicale. Vital. Indispensable. Mes glandes lacrymales ont juté
quand j’ai chanté. Quelques pintes plus tard, ils ont signé mon
vinyle que je voulais ce jour-là, même s’il est sorti le jour de
mes 57 comme le nouveau Manset. « Atlas »,
j’avais loupé toutes les scènes. Pas loin du grand parc, à
l’Usine à Chapeaux, avec tous ces arbres qui se frôlent sans
jamais s’embrancher, se gêner, juste s’appréhender, ou plutôt
instinctivement se respecter simplement dans le grandiose et la
dignité, je suis allé à la rencontre.
J’avais
diffusé un billet en 2008, ils ne m’ont jamais quitté les frères
Tellier, de la fugue en passant par l’avalanche. Ils ont une
frangine dorénavant, Babeth en Tellier. Ils sont venus me cueillir
juste à côté de chez moi, je suis rentré heureux, requinqué, je
plane encore sous les houppiers et sur la canopée, avec eux,
Jean-Louis et Manset.
Une
féroce envie de balayer cette journée flanquée d'absurdité.
Quitter les grandes voies et retrouver mes routes herbeuses toutes
cabossées, petits îlots de graminées sur l'asphalte craquelé.
Un
son chaud des temps reculés du grand Fleetwood ("Regrets"),
j'ai tout laissé derrière, loin des grands disques
révolutionnaires. J'ai marché un moment sur la départementale
juste derrière chez moi. Il ne passe plus de voiture depuis quelques
années ici. Ôtée du trafic, elle s'entortille plus haut dans la
marée des colza. La douceur évidente de Penny Arcade est venue
soigner. Marc Morvan habillé en Syd Barrett.
Tout
a glissé mollement jusqu'à la nuit, quelques vérités se sont
dessinées sur la tendresse des lumières, Penny Arcade n'a pas cessé
de voltiger parmi les minuscules insectes fatigués.
Et
bien, puisque nous sommes dans la pop rock joyeuse, j'embraye direct
sur le dernier Joe Jackson. J'ai toujours zigzagué, dégustant son
génie d'écriture sur quelques fulgurances, le son du piano, sa voix
et les sursauts d'une chanson soudainement sublime. "Dave"
de "Fool"
2019, exemple parfait.
Incroyable
intro "Welcom
to Burning-by-Sea"
brûlot celte incendiaire.
Aucune
précipitation pour moi ici, puis à l'écoute, toujours cette même
interrogation, pourquoi je ne l'écoute pas si souvent que ça ? à
force de chercher sans cesse des gris contemplatifs, j'en oublie le
fauve de quelques palettes qui jutent. Je ne mettrai pas "Fabulous
people"
tous les matins, et c'est peut-être ce genre de refrain qui me fait
souvent fuir. Et pourtant cet album respire l'épanouissement, la
force facile d'une fidèle composition enlevée et relevée. "After
all this time"
le petit côté Santana. "Face"
et ses petits pointes de jazz, le son est extraordinaire sur son
énergie inébranlable. Pas de trève ici, les fans vont se régaler,
moi je jubile.
Une
vieille connaissance, le Salim des frères Nourallah et de plus en
plus des airs de Tom Petty, j'en veux pour preuve le tout premier
morceau "Here
for the tears".
Pas mal d'albums au compteur et plein de petits bijous pop à
tendance ensoleillée. Des pochettes de plus en plus travaillées.
Joseph Arthur en plus mélodieux, Salim tente à peine quelques
escrusions dans la douceur mélancolique "Buddha
blind"
avant de repartir aussi sec vers la grande lumière de petits pas
dansants "Born
with a broken heart".
Quand même, sublime "Damage".
Les
volets débordent de soleil, une grande journée se prépare, pas un
poil de vent, derrière non plus. Café anecdotique, des idées de
foulées joyeuses flanquées de belles chansons oxygénées.
Je
croyais vous avoir parlé de Nourallah Brothers 2004, voire même de
"Polaroid"
son premier opus solo de la même année. Je ne trouve rien chez moi,
bientôt 20 ans de billets, et de plus en plus le besoin d'aller
fouiller pour trouver. Un jour je tomberai sur une de mes choniques
d'un album que je ne connais pas. Très très bel album tout frais.
Il y a déjà dans les
crédits un message de remerciements pour des fidélités, Didier
Batard, Serge Perathoner, Patrice Marzin... avec des dates comme un
calendrier des astres.
C'est une grande question
de grande fidélité. Artiste de haute tenue.
Prévision vernale le 24
du mois d'avril pour toute la planète, il est sorti le 3 en
physique, le jour de mes 57 branches, je l'ai appris le 2. Je l'ai
pris pour moi, j'ai embrassé ce cadeau imprévu.
Le lendemain du 2 donc,
j'ai respecté ma voix d’adolescent recroquevillé, âme
introvertueuse de vides moments à observer les autres, dans
leur vide à eux tout en dégustant le mien. J'y suis allé comme un
athée ravagé par l'idée d'aller dans une église sans elle. J'ai
ouvert à nouveau ce pavé abyssale « Cupidon de la
nuit » pour m'immerger, et tenter de comprendre un peu
plus qu'aux premières lectures. J'y suis, j'y est, immergé
comme à l'époque, c'est un rituel. Il y a 40 ans, j'avais dans le
dos les vinyles empruntés dans mon sac US kaki pour mes cassettes
vierges. Il fallait alors les rendre. J'ai tout respecté, j'y suis
allé comme revient chaque année le rouge-gorge taquin, fier et
solitaire.
J'aurai mon mausolée, et
tant qu'il se gonfle j'irai, quelque soit le contenu, le son et la
voix me suffisent. Je découvrirai quelques morceaux de plus du
mystère singulier, en 2870 je comprendrais. Adoration, théosophie
ou juste grande affection ? Le jour de mes 57, un Manset est
venu dans les bacs. Je l'ai pris pour moi, juste parce que j'en suis
depuis des décennies. J'y suis allé. Ça me ferait bien chier de
mourir sans eux et vice versa.
Voilà une étiquette bien intrigante :
quirky Dingle/ Cork music , du Dingle excentrique, de la Cork
dingotte etc etc. Il s'agirait donc d'un folklore irlandais, genre
country vert avec dedans un grain de folie. J'entends surtout de la
profondeur avec une patine sonore qui tend vers l'expérimentation..
ah c'est la même chose ?
Bon peu importe, cette nouvelle belle
surprise m'enchante et me prend par la main histoire d'aller sur les
côtes herbeuses descendre quelques Guiness. Pas grand chose sur ce
groupe, c'est un algorithme heureux, de lointaines ondes Portishead,
plaisant, un joli moment de Pinhole.
Cette grande tige de
crucifère est passée de l'autre côté du chemin. Juste après le
paysage dégringole. La vue est plus jolie de ce côté-là, vers le
Sud-Est. Un seul brin de colza a traversé. Qu'est ce qui lui a pris,
s'extraire ainsi ? Les autres sont restés regroupés en rang. Non
seulement on voit d'ici la belle vallée de la Voise se fondre sur
Maintenon avec comme des dominos les belles longères alignées comme
des arêtes de poisson, et en plus cette belle tige brassicacée ne
sera pas fauchée comme les autres juste de l'autre côté du chemin
face à la plaine. Certes, elle n'a pas descendu la pente, juste
traversé la sente herbeuse pour voir mieux, pour contempler quand
les autres du champs à perte de vue tendent le cou pour voir ce
qu'elle pourrait bien observer ainsi de plus beau qu'ici sur
l'étendue. Et « The Crow » fait vaciller la fleur
jaune déjà bien mûre qui verra passer l'engin agricole de l'autre
côté du chemin.
Une belle averse se
dessine au fond avec sa charge de cobalt épais qui flotte, elle sait
sûrement qu'il faudra résister plus que les autres amassées pour
ne pas rompre sous la lourde giboulée. En attendant la vue est
superbe, la belle vallée en bas, se vert tendre qui prend de la
bouteille alors que les jaunes disparaissent comme le narcisse.
Je me suis arrêté sur
le chemin de plateau, pour observer un moment cette tige verte et
jaune de colza qui a traversé cette arête cheminée des petits
coteaux de mon beau pays Eurélien. J'ai regardé en bas avec elle,
et toutes les autres derrière qui ne voyaient pas comme nous deux
s'en foutaient. Mille fleurs vers le soleil et cette autre-là à
bientôt laisser ses graines dévalée vers le beau vallon encaissé.
Alice
George Perez 2025 « A Song with the Title of
Lunch Bells »
Ma came aussi "Quiet boys", ce genre
de petite chanson grisâtre mais belle comme un regard bouleversant
sur un visage mélancolique. Les paupières ont vécu, les pattes
d'oie comme de doux sourires abîmés, J'ai envie de bras, d'épaules
et je glisse comme la basse dès la première seconde. Surtout pas un
mot, juste le tangage des haleines qui se frôlent et des gestes
invisibles qui s’enlacent, du détachement, mais pas trop. Fusion
alcyonienne avec une âme ou un fantôme avant de repartir la moue
tricotée avec un autre parfum sur la joue.
Attention, je n'ai pas
dit que « Thursday » était l'album d'une
chanson, « Big fun » peut arriver juste après,
une fois éloigné avec ce parfum tenace au creux du cou. Sublime
découverte pop.
Des beaux souvenirs de
Elf Power avec des petits airs de Movietone. Nous, on a les
Liminanas. « Cut glass hammer » sublime. Trailer
Trash Tracy et Cat's Eyes il y a bien longtemps dans mes tablettes.
Memorials c'est tout ce
que j'aime, ma came, mon matos, floydien ou velvetien, rock psyché
bateau qui ondule, ma camelote, Ultra Orange en plus cosmique.
Je virevolte entre
« Wildy Remote » Nico et « I can't see a
rainbow » Broadcast. Ça fait beaucoup de formules tout ça,
y'a tellement de trucs dedans et tout ce que j'aime, larmes et
frissons avec aussi des envolées grondissantes et
rocailleuses à regarder la lune rouge s'emballer.
On reste dans mes cordes,
confortable et régressif, aucun risque, du balisé jusqu'à plus
soif. Et pourtant j'en reprends en cycle permanent. L'impression de
toujours avoir connu cette nouveauté, « All Clouds Bring
Not Rain » me tombe dessus comme la canicule
inévitable. Qu'est ce que j'aime avoir chaud sur de vaporeux
frissons, des fois c'est l'inverse. Un seul petit reproche..la pochette.
A quel moment Andrews
Finn s'est laissé glisser vers la beauté ? J'ai cru l'affaire
bouclée, avoir fait le tour sans imaginer le récupérer ainsi.
Plutôt pêchu à leur début, The Veils avait emballé mon
enthousiasmante, sans pour autant cocher l'indispensable. Le très
bon « The Runaway found » en 2004 avec tous
ces groupes en « The ». J'ai laissé les albums défiler.
Plus de 20 ans après, je reprends le fil et d'autres lumières
jaillissent. Aveuglantes de gris. Sublime et habité. A quel moment
tout a basculé ? Il faudra aller explorer les précédentes
mélancolies, à moins qu' « Asphodels »
ne soit unique.
Marion Rampal en 2024
avait eu raison de mes émotions de la même façon. J'ai pensé à
elle à l'écoute de Raphaële Germser, mais aussi aux airs pop
fantastiques de par ici avec les premiers Holden en Armelle (« Pays
bleu » ; « Comètes »).
C'est une question de
francophonie, le Québec m'a conseillé vivement cette artiste Belge,
frontières, océan, on s'en fout, ça tourbillonne sec, c'est beau
et ça réconforte.Sublime découverte, on
embrasse des peaux qui vieillissent avec des cœurs partout, cette
chanteuse entourée de plein de monde dépose un album divin et
attachant.Bonbon doux sensuel et
délicieux « Comètes » se laisse infuser
et prend le parfum d'entre mes murs capitonnés.Séduit dès la première écoute.
Planning chargé, pas une
minute pour noircir, azimut répandu, à bout de sifflet j'ai cherché
et suis tombé sur ce qu'il me fallait. Pas compliqué du ciboulot,
bande son pour accompagner la cadence encombrée, Miniseries m'a
piloté. Il s'agissait de ne pas me freiner aussi les belles mélodies
pop pastorales ont remorqué mon manque d'oxygène.
Il me fallait cet entrain
de court métrage d'une tranche à catalyser, second souffle. Et si
en plus il y a un duo à la Nancy-Lee à tomber alors je reste debout
et garde l'allure. « Swimming pool », le
ravitaillement.
Je découvre, c'est ultra
pop facile et pertinent.. «You're gold »,
« Offcumdens » et « Dandelion »
enchaînent avant la planant floydien « Open season ».
Pas grand chose sur Miniseries, même discogs est à la bourre. Il
sortent d'où ?? « Pilot » est un
album étonnement réconfortant.
Celtique irlandais
tarabiscoté, « Ships » m'a séduit tout de
suite sans que je puisse me l'expliquer plus que ça. Le retour de la
pluie sur le blé d'hiver qui redémarre ?
Superbe balade bancale,
je suis sorti. Ultra haute dimension introvertie confinée dans ma
tète les idées suroxygénées.
Obligé la pochette a
percuté, je m'en suis allé fouler les collines vertes, plus bas
déjà le colza et les genêts, plus pâles en jaune que celui des
ajoncs. J'ai marché en rang, j'ai dévalé en chant, sur des pas
réguliers et démilitarisés. Chaque idée sonore m'a embrassée,
l'Herman Johnston Molina en Yorkston du Daniel dunes à bouffer les oyats de Robert
Wyatt.
Un album "Long Walks in the Dark", c'est
l'histoire d'une découverte et tout s’enchaîne. Ses groupes,
Hollowblue en tète, son pseudo Stella Burns. J'ai exploré,
inévitablement je suis tombé sur « Stella Burns loves
you ». On pourrait croire à un album ordinaire, alors
pourquoi tous les matins et sur tous les beaux moments apaisés de la
visqueuse journée, je fredonne « Tiny Miss F »
sans cesse ? Un signe, la chanson habite et ensorcelle jusqu'à
rendre léger, étourdi pour quelques envolées d'étourneaux et des
vagues en noir pointillisme qui ondulent.
« Tiny Miss F »
à tomber amoureux au premier petit courant d'air, tous les matins
avant de plonger dans la meute. Et pas elle seulement.. rien d'un
album à une seule chanson locomotive.. « Swans »
la même obsession mais pour le soir.. « Ordinary man »
pour les belles envolées en plein jour avec sous le capot du 16
Horsepower.. « Russian eyes » … « The
big tide » Calexico.. Le son est délicieux, Gianluca Maria
Sorace et ce petit trémolo dans la voix.
C'est un grand album
d'envergure, de très belle envolée, sorti il y a 10 ans.. j'étais
où en 2016 quand ce bel opus des westerns de par ici est sorti ?
C'est pas faute de fouiller dans les bacs, une injustice parmi tant
d'autres.
« Long Walks in
the Dark» m'a plus qu'enchanté, le sens de la mélodie
des grands espaces. « Stella Burns Loves You »
m'a définitivement cueilli. Le disque se termine, allez, un dernier
petit coup de « Tiny Miss F ».
La fin d'une trilogie ?
Le bout d'une longue discographie comme un dénouement ? And
Also the Trees n'a jamais produit un album aussi beau. Apothéose ou
nouvelle étape ?
Il me le faut dans mes
quotidiens, je suis tombé dépendant de « Devil's door »,
jamais aussi loin avec eux, tellement d'écoutes en si peu de jours.
Je vais faire marche arrière maintenant que j'ai atteint la pulpe,
voir si j'ai négligé avant. C'est un chef-d’œuvre de
british-cold-pop. Chaque petit souffle réchauffe les sombres
guitares en nappes.
La mélancolie
superbement fringuée.
C'est somptueux comme un
paysage qui n'en fait pas des tonnes, nuageux juste ce qu'il faut
avec une saignée pâle de lumière à suffoquer.
Une petite fausseté
comme une fossette sur un visage buriné. L'accordéon de Trickster,
les cuivres de Crosshair, la flûte de I lit a light..
une noyade. Entre Nick Cave et Piano Magic, superbement.
1989, enfin une meuf dans
ma vie. Alors obligé, les albums dévorés cette année là
ressemblent à une Madeleine. C'est pas son prénom à celle qui va
alors m'accompagner, c'est juste mon cortex bandé comme une arbalète à chacune des écoutes de ces opus-là. Explication de mon
favoritisme pour ces albums de ces artistes ? surement. « Travel-Log »
et « Oh ! Mercy » sont mes chouchous
respectifs de JJ & Bob. J'ai consulté quelques articles d'alors
pour me rendre compte et triturer la crédibilité de mon affect. Lectures
confortant, quasi dithyrambiques. Quelles productions !! « Man
in the long black coat » dans un sublime western, comme
« No time ». « Everything is broken »
il a déjà était aussi emballé dans le rythme le Bob ? « New
Orleans» viens on se casse loin.. « Tijuana » ?
si tu veux.. « Hold on Baby ». Ouaih, je
tentais l'effet branleur, on fait c'qu'on peut. Je retente le truc de
temps en temps, j'ai plus de bide maintenant (du verbe bider hein) et il manque les cheveux
et la verdure de quelques sentiments en herbe. Quoi queue.
Et puis il y a ce Petty.
« Full Moon Fever » aurait pu être mon
préféré si « Wildflowers » ne lui avait
pas couper net la chique. Il n’empêche cet album est sublime et ce
visage repéré dans la foule était à moi, je l'avais et le tenais,
quelque chose planait, je prenais en éponge la moindre émotion.
Romantisme à sortir et errer juste pour être ensemble, presque
toujours en musique. Cassettes dans la caisse pour des ballades plus
lointaines, les séjours ailleurs, l'autoradio à graver
définitivement ces chansons d'une bande originale sentimentale.
Un changement de son pour
les trois, comme dans mon quotidien incertain, une nouvelle erre, des pochettes primaires et légères
comme ma tronche à l'époque, mes chouchous à moi de Bob JJ Tom,
Tom à une petite fleur près, celle que je tenais serrée dans mes
mains en 1989. J'étais paumé, j'avais enfin une paume.
Tiens,
aujourd’hui c'est sa première fête des grand-mères à ma lycéenne.
Trois albums dominicaux à transmettre, je mettrai un
point d'honneur à lui faire écouter sur mes cassettes d'origine,
comme en 1989. "Love is a long road" et ce visage dans la foule...
Ces trois-là, ce sont des sommets, leurs meilleurs ou
bien c'est moi ?
JJ Cale « Travel
Log » - Bob Dylan « Oh ! Mercy » - Tom Petty
« Full Moon Fever » 1989
Pas bredouille ce jour à
choper la plus belle des nouveautés. Elle est avec les Lost Boys
Lucy Kruger et elle envoie un brûlot rock introverti, arty, complet
et profondément ravageur.
Pas levé pour rien.
Tellement de jours à tomber sur des flasques. « Pale
Bloom » guide ma foulée et révèle la vraie couleur
des visages fantômes qui m'entourent. La beauté des paysages
contraste avec la laideur des gens, tout est si naturellement mis en
musique avec sa pincée de beau calme menaçant, le vrai visage des
êtres que je croise. Chaque âme mystérieuse croisée, chaque
inconnu dans la fibre déambule et même si la forêt est hiver, son
souffle chaud de pollen plein les yeux épaissit les sangs.
Le son, la prod,
l'interprétation, le brouillard a bien du mal à se lever. Il
camoufle encore les rides et les crevasses, si le soleil arrive, il
faudra qu'il n'y ait plus personne dehors. Façades illuminées et
visages aux fenêtres, affairés. Toutes ces vaines agitations
occises par le caduc. « Damp » la bande son d'un
réveil solennel aux floraisons blanches de timides et pâles
épine-noires.
Et tout se fige. L'élan
des tiges, l'eau des bouches, quelques palpitations, toutes les
boucles. Je m'abouche à son souffle, étouffé par le jeu des
respirations, émollient du cortex sous ses cordes au gré des crues
successives, je bois tout de Graindorge.
Je répète ici mon
faible pour les cordes ambiantes quand elles sont amignonnées par
des filles, Moss, Foon ou Hildur.
Trompe l’œil de
pochette à trompette, toutes les émotions sur son violon avec plein
de monde autour. Des timbres graves sur l'archet en ressac, un monde
tourbillonnant et je laisse l'impatience printanière mijoter dans la
tourbe et ses tourments.
Passer les écluses, se
cogner au batardeau, je respire profondément. Ouvrir les vannes,
naviguer dans l'air, exciter les turbines comme dans un rêve, je
suis pas pressé, tant qu'il y a de l'air pour souffler dans le
violon.
Alejandro se revisite. Il se la joue
Iguane sur la conquête de John et puis tout dégouline sur un blues
pluvieux. « Echo dancing » sous ses airs
cradocs a pris un bon petit coup de prod-rythm-program bien taillé
« Sacramento & polk », un peu comme quand JJ
Cale « Number 10 » est passé sur un autre
son. Sauf que Escovedo en Alejandro, c'est pas Cale en JJ.Il reprend.
Je suis passé près de
la beauté des petites herbes en fleur, embourbé à vouloir rentrer
chez moi pour me manger « Too many tears ».
Impossible d'avancer, toutes cette lourde mélasse amoureuse collée
à mes semelles, je patauge et patine dans cette marée brune.
Pourtant si je ne rentre pas avant le jour je risque de finir
enterrer noyé dans ce champs qui n'en finit pas de me bouffer les
péronés. Si seulement il ne pleuvait pas autant. Deux ou trois
buses dubitatives me scrutent, où sont les corbeaux et les lambeaux
de paysans dans le limon flasque.Je suis cinglé par la
pluie, et pas que, je ne suis que bouillasse miséreuse, mes pas
pèsent un camion, j'avance parpaing et déjà se dessine à quelques
averses de là mon clocher flou lessivé par la trombe et les tombes.
Qu'est ce qui m'a pris de sortir m'embourber.
« Castanuelas »
passé, tout s'est calmé, enfin arrivé, ou plutôt échoué comme
un vieux poiscaille rejeté à la flotte. Et voilà qu'il fait son
Nick Cave sur « Swallows of San Juan ». J'ai
repris de la braise sur « Sensitive boys », les
bûches ont fait le reste. Le jour et là, je m'effondre assoupi sur
un épais tapis poilu sous les riff secs de « MC Overload ».
Ma lourde carcasse se laisse tanguer mou par le coït virtuel de
« Inside this dance ».
Quel disque !!
quelle périple !! un bilan ? j'ai pris un jus de je ne sais pas quoi
cul-sec, « Wave » sur le front debout revigoré,
réarmé du buste, près à plonger à nouveau dans la patauge
boueuse des horizons inondés. Va falloir quand même, un moment
donné, que je rentre chez moi. C'est à qui ce tapis ?
Ça vous a plu ?
Vous en voulez encore ? Du folk printanier à la Asgeir ?
Il y en a pléthore, il faut trier. Et bien j'ai trié, j'aime
fouiller les paluches dans la chlorophylle et l'argile fraîche. Le
printemps météorologique est au seuil de mon parterre, le
calendrier on s'en fout, alors la guitare chante et la voix se fait
mielleuse, ou moelleuse avec cette petite mine tristounette des
paysages arrosés, cuits par l'hiver.
Où est Charlie ? Du
côté de Londres bien plus au sud de l'Islande. Les févriers bien
tassés ne sont pas les mêmes, pourtant la recette est là.
En attendant les
canicules « Permanent way » et le retour à
l'hiver « Lines », le dernier délicat « In
Light » est aérien, se cale sur le sentiment
réconfortant du regarnissage, l'impatience des étamines, juste
après son sublime « Frame ».
Charlie
Cunningham 2023/2025 « Frame » -
« In Light »
Des indices plus qu'il
n'en faut. Duo pâquerette et perce-neige sous mon cognassier blanc,
poudre de noisetier flottant sur les mares, cyprès aux nez, les
aulnes fécondent. Le ciel se charge de grandes nuées bien lourdes,
les océans sont encore froids. En vue la nichée, aux aguets les
crocus, premiers bourdonnements, hymne printanier qui flotte.
Mes plaines sont pleines
d'eau sous l'effervescence des oiseaux, tout se miroite à perte de
vu et le bourlingrin se baigne. Les grenouilles traversent la nuit,
les premiers petits cafés en plein jour... des indices plus qu'il
n'en faut et je me laisse porter par le courant.
Pochette traversée par
le fantôme de Richard Brautigan qui s'invite dans mes pensées. J'ai
décliné la sieste à tort et je bricole dans ma piteuse cabane qui
prend l'eau par le haut avec au cul mon Jeans le plus vécu. Hermann
Dune a dû louper un truc. Le lierre a déjà épousé la poutre
bienveillante et j'emmerde la mérule. Quelques secondes à divaguer
et déjà milles rêves ont grignoté mes doutes.
Tiens, je ne peux plus
m’asseoir sur mes genoux, je vais devoir remonter la rumeur et me
faire à l'idée. Le jour en duc décline, mon dos sur les lambourdes
déguste et je savoure le tout dernier Turner Cody. Je pars pécher
la truite dans les eaux froides au creux des noires forêts qui
dévalent d'arides pentes betteraves, je reviens et me pose sur
l'obsession « Out for Blood ».
Aucunement une mission de
parité, juste un autre hasard, après les deux complices suédois,
les filles de Seattle. Série Fargo oblige comme on écoute une BO de
Tarantino, j'ai laissé dérouler la compilation 5 volumes près pour
l’hameçonnage. Et j'ai mordu sur HEART illico entre autre, sous
le charge littéralement. Obligé, je pars en mission, ce disque est
une fraîcheur cliché dont j'avais besoin pour me dépatouiller de
cette merdasse d'agenda quotidien, aujourd'hui. « Crazy on
you » et son outrageuse générosité, voix, riff et
gimmick plein la chemise et les boots. Je suis allé m'ouvrir
quelques glutes pour fêter la belle humeur retrouvée avant
d'embarquer tout conno sur le Dreamboat avec les Wilson frangines. On sait exactement où l'on
est, et s'il n'y avait que moi, je prendrais mon baluchon pour
embarquer là-bas.
C'est alors qu'a resurgi
un vague souvenir de 33T que j'ai dû avoir quelque temps, ou loué
pour enregistrement. En cherchant plus encore, je suis évidemment
tombé sur « Alone » 1987. C'est donc ça cette
petite émotion nostalgique d'hyper tube planétaire FM de rock
féminin amerloque. J'en étais, je l'avais et j'en avais d'autres de
cet acabit-là, plein le rayonnage.
Immersion, rappel dans le
rétroviseur, et toujours ces clichés d'époque devenus attachants.
Sauf qu'autant le son « Bad Animals » a
très mal vieilli, autant celui de « Dreamboat Annie »
reste intemporel et inébranlable.
Le charme de la langue.
De toute façon, même l'anglais m'est étranger. C'est une
découverte assez belle et inattendue : Je farfouille du côté
Deutsche Grammophon pour trouver quelques néo-classiques qu'ils
hébergent depuis quelques années pour tenter un renouveau et je
tombe par hasard sur Benny Anderson et son double « Piano »2017.
Peu importe ces reprises, mais sa tète me dit quelque chose. De
retour aux pieds de mon arbre musical intérieur, je cherche et
trouve. Non seulement je vois de qui il s'agit, mais j'arrive
intrigué sur cette ocre pochette 1970.
Autant le groupe me fout
les miquettes, pareil aux biquettes des BB (sans les 2 A), autant ce
« Lycka » m'intrigue.
Totalement de la pop folk
début 70's comme les premiers Bee Gees (d'ailleurs aujourd'hui Benny
ressemble beaucoup à Barry). « Kära gamla sol »
me renverse et flirte presque avec un très jeune Bowie, voire Belle
& Sebastian. La belle époque. De la balade traditionnel d'époque
en duo avec Björn Ulvaeus avant le gros plan à quatre.
Je découvre donc un peu
l'histoire, j'écoute ce super opus avec cette pochette singulière à
la guitare peinte qui détourne et guide et je ne peux pas
m’empêcher, connaissant la suite, d'imaginer la pensée des deux
gars.. « On est pas bien là, décontractés du
chant...qu'est ce qu'ils sont allés s'emmerder après !!! »,
juste avant l'emménagement et la colloque pop. Une autre histoire.
Je vais fouiller plus
encore, en attendant « Lycka » est mon
petit bijou du jour.
Une blondeur de paille
telle « Livet gar sin gang » ; « Lilla
du, Lilla vän » comme un 45T des tous premiers BJH. Un
conseil, écouter cet opus sans le « Expanded Version »,
c'est un focal touchant sur le 33T d'époque, une curiosité, la
vision innocente des deux pures écritures avant les paillettes.
Tout en silence les
berges de Constância ne respirent plus, le Tage fait des siennes, si
malingre sur tant d'étés. Toute la péninsule se déverse au seuil
de l'Atlantique. De Burgos, le Douro gonfle sont débit, Porto se
noie.
La pochette du taulier en
dit long. Prémonition. C'est la Saudade, mâchouiller la mélancolie
avant que le pire n'arrive et le ciel s'alourdit jusqu'à plus soif.
Tout se déverse sur le carré ibérique et la poésie de Camões a
les pieds dans l'eau. Almourol, Leiria, Ourem tous ont posé leurs
châteaux sur de hautes bosses, c'est le vent qui les a giflé. L'eau
encercle. Chaque petit coteau plissé ruisselle à grosse larmes.
Pedro dans sa cage
thoracique et son timbre souverain a vu venir. Le verbe haut, l'hiver
sous les eaux et les médias d'en haut s'en fichent.Le rapport dimension
n'est pas le même partout, la solidarité pour désensabler Nazaré
n'existe pas ici. La douleur s'exprime comme ça dans ce coin, des
mains sur des épaules et un fado tristeza se dessine à l'unisson.
Abrunhosa offre en ce
début d'année, son plus bel album, le plus pop avec des élans Post
rock et ses belles balades à lui, le plus international, fort,
puissant comme un fils d'une terre qui luttera jusqu'au bout, en
silence, dans la force et la tendresse. « Devias vir
salvar-me » comme un planant Sigur Ros des terres chaudes.
Il sera mon hymne à ces déluges qui se succèdent, chaque petit
creux de vallon, chaque pleine longeant les grands fleuves, chaque
seuil immergé et tous les faussés remplis de sanglots. Força
Portugal.
Il y a quelques années,
sous la belle découverte de Nicolas Contant alias Casagrande,
j'allongeais l’impressionnante liste des Nico de par ici,
coupables d'albums attachants, précieux et familiers. Du côté de
Lyon, Nicolas Beige vient ajouter son nom au déroulé.
Je suis toujours à
l’affût de cette simple proximité de tranches sentimentales qui
chaleureusent, Bondu, Baer.. Comme Casagrande, il s'agit là
de son premier album. Un pote qui passe rendre un café.
S'isoler dans un coin
esseulé qui veut bien de nous, peindre et caresser quelques pensées,
laisser la mélancolie prendre les choses en main. S'embrunir la
peau, les idées couleur de pierre, l'âme tuffeau, mon petit coin
assis délavé par la mousson des petites campagnes d'hiver m'isole
plus encore. Rien, juste l'air de bois tendre avec que moi dedans et
des baux de belles chansons du quotidien. Des contemporains en
étiquettes avec des plus anciens et cette fraîcheur Michel Berger
dans l'interprétation.