dimanche 8 février 2026

Pedro Abrunhosa 2026


 

Tout en silence les berges de Constância ne respirent plus, le Tage fait des siennes, si malingre sur tant d'étés. Toute la péninsule se déverse au seuil de l'Atlantique. De Burgos, le Douro gonfle sont débit, Porto se noie.

La pochette du taulier en dit long. Prémonition. C'est la Saudade, mâchouiller la mélancolie avant que le pire n'arrive et le ciel s'alourdit jusqu'à plus soif. Tout se déverse sur le carré ibérique et la poésie de Camões a les pieds dans l'eau. Almourol, Leiria, Ourem tous ont posé leurs châteaux sur de hautes bosses, c'est le vent qui les a giflé. L'eau encercle. Chaque petit coteau plissé ruisselle à grosse larmes.

Pedro dans sa cage thoracique et son timbre souverain a vu venir. Le verbe haut, l'hiver sous les eaux et les médias d'en haut s'en fichent.Le rapport dimension n'est pas le même partout, la solidarité pour désensabler Nazaré n'existe pas ici. La douleur s'exprime comme ça dans ce coin, des mains sur des épaules et un fado tristeza se dessine à l'unisson.

Abrunhosa offre en ce début d'année, son plus bel album, le plus pop avec des élans Post rock et ses belles balades à lui, le plus international, fort, puissant comme un fils d'une terre qui luttera jusqu'au bout, en silence, dans la force et la tendresse. « Devias vir salvar-me » comme un planant Sigur Ros des terres chaudes. Il sera mon hymne à ces déluges qui se succèdent, chaque petit creux de vallon, chaque pleine longeant les grands fleuves, chaque seuil immergé et tous les faussés remplis de sanglots. Força Portugal.

Pedra Abrunhosa 2026 « Inverbo » 


 

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Pedro Abrunhosa 2026

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