dimanche 20 octobre 2019

Etienne Daho 1996 / 2019



Quelque chose se passe dehors, l'inévitable pèse, l'éponge est jetée comme la lumière qui se tamise. « Mourir pour renaître ».
Quelques chose se passe, une menace, la dormance avant une nouvelle naissance. Les résurrections de chef d’œuvre ne sont pas du remâché, c'est un nouveau printemps qui revient, le même incendie, revenir à l'essence. L'essentiel doit se rappeler.

Un tsunami de gris trempé dans sa plus belle lenteur dégouline sur nos teints visqueux. Et pourtant les murs jades vibrent, une lumière vert d'eau en phare d'absinthe attire toutes les pupilles cendrées. Un turquoise luxuriant brave la brume, l'horizon s'allume, la chlorophylle repart de plus belle et va danser une dernière fois avec le carotène d'un bronzage sous les plus vives lumières salées.

Révolution sonore, florilège de mélodies, abondance des mots, dans la veine du paradis l' « Eden » à nouveau.
Exigence de tout, hyper travail, apothéose sonore, un objet d'art revient nous éclairer et nous guider dans cette purée anthracite qui se dessine. Plombé, ciel déglingué, le crachin tiède de l'automne, la nuit sans fin déboulent sur les fades ombres allongées.
Et puis « Soudain ». La lumière du cobalt clair, des profondeurs émeraudes, de l'ocre siliceux, du blanc écume que la lumière titane tétanise sur des fado étranges, une idée d’éden enfin, à nouveau. A la tienne Étienne.. « entrez entrez dans le jardin », l'eden est sur la terre, trouée, percée, éclaircie, topaze...il vient de revenir à travers la grasse brume des matins qui s'alourdissent.

Tout n'est que commencement.

Etienne Daho 1996/2019 « Eden » label : virgin


dimanche 13 octobre 2019

Iggy Pop 1995



« Ici c'est l'enfer » ??!!! ?? j'ai dit ça moi, hier soir ?? ça aussi ?? promis je vais déglinguer les murs de ma prison mentale...
Ah ouaih, j'ai balancé tout ça, moi docile comme un fossile .. « L'amour est mort » ?? c'était pour les alentours, je voudrais qu'ils soient tous comme nous, le monde serait plus joli, J'adore ton îlot trésor.
« Océan d'insomnies..visions scandaleuses ».. cherche pas, je suis très hexagonale en ce moment, j'ai bouffé du Higelin toute la journée avant la soirée.

Juste si on pouvait parler un peu moins fort, je broie du noir là, je vais moudre le café.. tu vois j'ai encore de l'humour!!!:D ....quoi il est déjà coulé ?? je veux bien merci... bisou ??
J'ai un casque de plomb sur la tronche, mon amour tu te souviens, « je t'aime telle » ..hein ?? j'ai pas arrêté de le dire ?? j'ai dansé sur Jacques, je t'ai embrassé partout et me suis endormi comme une merde !!!! Tout le monde était parti ?? personne !!!! .. ah merde.

Hummm l'occiput me pèse, prends-moi dans tes bras, enlève-moi ce truc hideux sur le crâne j'ai des paupières de clebs .. J'ai rien sur la tète ?? tu es sûr ?? « Outta my head » ..
Comment tu sais que c'est mon disque préféré de l'Iggy.. pour la pochette ??..ah d'accord.. t'as raison je le mérite. Il est « Free » et moi je suis frit ??.. ahhh ahhha marrant ... aïe, baisse un peu le volume... c'est vrai qu'il est bon ce disque... « I wanna live.. » ouaih je vais me recoucher, j'en tiens une bonne. Tu viens ?? « Innocent world ».. tout comme moi... allez viens..je t’appartiens.. Bon tant pis, je pars tout seul en prince au padoc, nan pas paddock, padoc, putain le casque... ici c'est l'enfer.

Iggy Pop 1995 « Naughty Little Doogie » label : virgin


vendredi 11 octobre 2019

Jacques Bertin 2019







Allez, encore un, et pas des moindres, un de ceux qui vibrent dans mes cellules depuis belle lurette, auprès de Corringe, Léveillée, Escudero, Ferrat, Ferré...
Des 5, Vasca, Elbaz, Brua, Juvin, il ne reste que lui, il n'en reste pas des masses, de ces grands hommes dans la marge, ce beau poète chanteur qui constate et nous chante ce qui est.

"Il faut vivre au désert" dit-il, de plus en plus je crois aussi, tout comme à travers la fenêtre de Thiéfaine. Les maisons tombent, il faut astiquer reluire et bichonner l'économie globale tout en regardant les milliers de bagnoles qui rayent notre au dessus du matin au soir. Nous avons peur nous autres du ciel qui  puisse tomber sur nos tètes. Pluie de kérosène grillé sur nos paupières connes.
Le monde voyage et les bistrots ferment. Posons-nous.

Plus de zinc, comme celui de Dédé, et ce n'est pas un cliché, juste une idée définitive, à jamais ou plutôt pour toujours. Dos-d'âne, chicanes et ronds-points à n'en plus finir, quand on freine et redémarre ça pollue.. cirques vicieux infernaux, et la masse qui s'exprime est un appel aux abymes. Déjà maison du monde dans sa plus belle pornographie exhibe depuis quelques jours ses boules rouges, blanches, pailletées et quelques décorations de Noël, plus aucun respect pour le orange citrouille dont tout le monde se fout, comme moi.

"Je voudrais d’éternelles chutes de feuilles 
 L’amour en un sanglot un sourire léger"....

Je frissonne sous ce grand peuplier aux feuilles émotives, sous ce bel arbre avant qu'elles ne tombent, ses feuilles tremblantes, j'écoute le nouveau Bertin, une nouvelle collection de poignantes chansons. Respirations profondes, larmes d'ivresses, "Tant que le Tremble tremblera, le monde existera".



Jacques Bertin 2019 "Ce qui reste, ce qui vient" label : velen

lundi 7 octobre 2019

Samir Barris



Il semblerait que je sois enfermé de l'intérieur. Le tracé hexagonal me contente. C'est une passade récurrente et déjà l'envie de passer la frontière me réveille. Juste après Lallemant et une virée complète chez Thiéfaine pour le week end, j'ai tenté quelques internationalités.
Il aura fallu une valse sur le fil pour m'accaparer à nouveau la langue. Et puis qu'à cela ne tienne, la brèche libre francophone de l'hexagone est là, on aurait pu le croire du Québec comme Lapointe Pierre, Samir Barris est de Bruxelles et déjà on tangue sur l'été passé.
« Fin d'été », il est temps de choper le temps, le magnifique automnale de cet album post estival. Le cèdre pollinise sur les maïs encore debout, et le raisin déjà est dans les cuves.

Septembre est passé, il traîne sa douceur, il se traîne jusqu'au temps d'un chagrin que la poésie fait sourire sur un charmant climat.

A entendre partout des épreuves sonores douloureuses pour le bulbe rachidien, d'Amir à Mae en passant par Mika, Samir ex Melon Galia est là pour nous enchanter. Les mêmes couleurs que les paysages d'Ivan Tirtiaux, des ondes De La Simone, d'Anselme, sur des mots à lui ou mal armés, voire de Verlaine ou de Ronsard.. tout ce qui est beau à écouter, cet album est une petite merveille. 

Je vais vers l'hiver à reculons, j'avance et je regarde la fin de l'été qui traîne encore.

Samir Barris 2019 « Fin d'été » label : team 4 action

jeudi 3 octobre 2019

Bastien Lallemant 2019





L'aube longue traine sa rosée sur tes doigts allongés. Tu m'as englobiné, ça va dégouliner sur les globes. D'où je suis ici bas, on devine l'au delà, on a beau voyager sans cesse, ailleurs c'est pareil qu'ici, quand c'est avec toi.
Ralentissons, il n'est pas très long le chemin. Laisse dégouliner, asperge moi sous l'aube blonde avant qu'il ne fasse trop sec. Prends ton temps, j'aime trop ton tempo, ralentis ton souffle je n'entends plus tes veines qui accélèrent.
Je suis déjà sur l'horizon ovale, et à peine je glisse sur l'eau d'ici, ta mer d'huile.
Je t'en supplie laisse couler tes maléfices sur mon aube longue qui m'en finit plus, je danse avec toi sur ton rituel détrempé, de l'autre côté de la clairière, l'ondée nouvelle avale les premières lueurs.
Un jour je ne te ferai plus danser.


Bastien Lallemant 2019 "Danser les Filles" label : Zamora productions




Fantastique élégance sur un super groupe, Jp Nataf, Seb Martel, Babx et Fabrice Moreau emmenés par Bastien Lallemant. C'est un auteur que je bichonne auprès de Belin, c'est une intimité acoustique délicieuse pour écouter les mots, même le lambris Grévin en façade aspire au savoureux.

 

mardi 1 octobre 2019

Thomas Fersen 2019


Je suis gêné de le dire, pour moi, la virée Ginger fut un accident. Il aurait bien fallu tôt ou tard que ça s’arrête. A l'époque, j'étais encore au paradis avec les loups-Garous. 
C'est à nouveau gris de pochette, les lapins qui cavalent soudainement sous les plombs champêtres oublient leurs ronds de carotte. La lune est si pleine à nouveau, comme au dessus de la chandelle et des moucherons, de Hyacinthe, Germaine, Félix ou Sandra, que les zombies peuvent venir à l'assaut de tout ce qu'il nous reste. 

De daim ou de diable, nous sommes affamés de belles histoires, de jolies mots épousés par nos existences ternes ou folles. 
Ce soir, sous les accords de banjo de "C'est Tout ce qu'il me Reste", une purée de carotte est venue tenir compagnie à ma saumonette. Je sais pas pourquoi, j'aime manger ce truc si bon avec des carottes en purée. Toute la journée j'ai attendu la nuit, avec l'envie de ne rien faire tout battu par un bourdon tenace mais pas teigneux. Les chansons défilent et laissent filer la soirée sous une lumière jolie qui ne la ramène pas. Le vrai problème .. on verra au prochain crépuscule. Campanule, Lupin, Corête et Clématite, tout tombe en décrépitude. Même la nuit arrive plus tôt, peu importe.. envie de ne rien faire et de l'attendre quand même.
Je sens le grand grand retour de Thomas Fersen.

J'ai juste envie de ne rien faire
D'autre que d'attendre la nuit
Quand il fait cette chaleur d'enfer
Il fait tellement lourd aujourd'hui

Je suis seul avec le bourdon
Qui s'ballade comme une grosse dondon
Avec son manteau de lapin
De la campanule au lupin


Thomas Fersen 2019 "C'est Tout ce qu'il me Reste" label : éditions bucéphales




dimanche 29 septembre 2019

Eicher / Lo /Arno 2019


Sans pour autant se vautrer dans la grisaille, dans le gris nous voici. Un ciel de plomb ce dimanche, avec des gris talentueux, venteux, resplendissants et nuancés, des choses qui nous parlent. 
Mon hamac se balance avec sa peau de serpillière détrempée, au loin les chasseurs balancent du plomb sur nos plaines pesticidées, la plombémie terrestre des campagnes préoccupe beaucoup moins que le toit fondu de Notre Dame. 

Du plomb, ils en ont dans leurs ailes ces trois là. Stephan, Frédéric et Arno. 
Il fait gris, je me colle aux pochettes d'alors, nouveau triptyque, trois nouveautés magnifiques. Et puis ça tombe bien, Eicher est aussi chez Lo pour un beau duo, il y a Medeiros aussi et cet esprit Beaupain, Jacno qui règne sur "Hallelujah!". Arno fidèle à sa force... 
Aussi, "Homeless Songs" reste un petit chez d’œuvre, l'apothéose de Stephan Eicher.

Stephan Eicher 2019 "Homeless Songs" label : electric unicorn music
Frédéric Lo 2019 "Hallelujah!" label : water music
Arno 2019 "Santeboutique" label : naïve



jeudi 26 septembre 2019

Rachid Taha



L'automne.
Le carotène va manger le vert sous des gris célestes flamboyants.
Les cèdres ont passé un pacte avec Orion, ils soufflent leur poussière safranée sur nos fronts, bien longtemps après les pins et les cyprès.

Soufre sombre zébré de cendre, regard de braise, raz el hanout en fard sur nos regards cimentés. Ce soir ma petite chatte ocre poivrée auprès de toi je me couche.

Rachid Taha 2019 « Je suis Africain » label : naïve

samedi 21 septembre 2019

Fabien Martin 2019



C'est l'automne à quelques poignées d'heures près, et déjà le beau jaune d'un rose mordoré est monté sur les stands. Il a beau se rendre timide soudain et bas le soleil, il brûle encore, avec des flamboyants souffles pop. Mais c'est bientôt l’automne quand même, faut pas pousser, Fabien Martin c'est aussi la belle mélancolie et je fonds sur les premiers « Nuages » qui arrivent. Le Littoral était magnifique avec son ciel de traine, sa croisière qui s'emmerde, « aMour(s) » arrive et c'est l'automne.

Pop certes donc, mais surtout de merveilleuses chansons de par ici, chatoyantes et chagrines. De l'amour avec un grand « aiMe » et l'armée de questions qui va avec, nuages, canicule, mordoré et grisaille, intimité et envergure.... des voix d'enfants et des regards qui mûrissent, « aMour(s) » est un concept hyper touchant, du sourire au poignant, sur les sentiments qui nous animent.

Dès la première seconde, explosion d'oxygène avec un gimmick vocal à la Polnareff , « Nina Myers », fantastique danse amoureuse juste avant de croquer la pomme rose, il n'en faut pas moins pour décrocher la lune ou marcher sur Venus. Je gravite toujours autour de ma conquête spéciale à moi et j'aime ce qu'il se dit ici sur mes yeux d'astronaute tapé. Et puis finalement dans la grande vie amoureuse, les intermèdes viennent lier comme le silence du son, le blanc du lin.. tant qu'on est dans les bras l'un de l'autre. Je cherche déjà sur mes cordes les beaux accords de « Nuages » en attendant à nouveau ses bras, cette belle mélodie à déposer sur son étincelle, comme mon tout dernier regard sur son cul. J'aime l'idée que ce n'est plus comme avant, même avec la belle et grosse boite à chaussure de photos que l'on traîne avec le fil, des soirées d'automne à regarder toutes ces étincelles permanentes.

Comme une belle « FantaisieLittéraire » avec des airs de chansons pop sous des parfums de torride automne. Fabien Martin est indispensable par chez nous.


Fabien Martin 2019 « aMour(s) » label : littoral records



mardi 17 septembre 2019

Scorpions 72



C'était mieux avant, avant de lire un excellent papier sur le Krautrock. Avant d'essayer de comprendre et d'en découdre avec cette tiquette là. Oh bien flou quand même le truc de la chose. Avant j'avais Can ou Neu ! comme point de mire. Je les croyais épicentres du mouvement, avec en gravitation les Kraft Popol Ash Ra Faust... mais voilà..
Pourquoi j'écoute le premier album de Scorpion en boucle ?? parce qu'il est (selon Gonzaï donc) dans la liste idéale des Krauts comme il se doit d'écouter dans l’histoire ici du rock d'outre-Rhin. C'est vachement bon le début des Scorpions, Zep Sabbath de là bas ??

Scorpions pour moi, j'ai découvert en 1984 .. (bah ouaih, c'est comme ça, y'a des ondes qui passent même sur des îles isolées.. comme bientôt la 5G). Je n'étais pas bien mauvais en géographie à l'époque, ni très bon non plus, ceci dit il m'a fallu bien des décennies pour les assimiler comme Germains.. en même temps il paraît que les Bee Gees étaient Australiens ?? oui mais la langue des frères Gibbs....
Alors voilà, ce groupe formidable, se place dans le Kraut car, selon les bristishs qui se gaussaient des groupes de ce coin d’Europe qui marchaient et qui chantaient en anglais, étaient des Kraut, des Choucroutes rock, des mecs à part, des pas comme le rock tout court... à part ça, je n'entrave plus que dalle au mouvement en dehors de ce zoom géographique d'alors un peu concon.

Ils étaient barbus à l'époque, le chanteur sans casquette, et ils couraient tous sur la colline comme des Charlots féroces en déserteurs. Des tronches de Supertramp, voire BJH qui pour des anglais, ont eut leurs plus grands succès en Allemagne.

« Lonesome Crow » est superbe, Kraut ou pas, c'est du rock Prog lyrique comme j'aime, le morceau éponyme dantesque, cosmique et vaporeux, divin, hippie et terrestre à la fois.

Bon les p'tits gars, c'est quoi le Kraut ?? plus je lis, plus je divague.. je suis en 1972, déjà Klaus mène la barque, et je découvre un groupe que je n'aurais sûrement pas écouter sans un grand papier sur un mouvement certains et qui a laissé sur moi le doute, le trouble, l'incertitude mais aussi le plaisir définitif à l'écoute de ce brûlot initial tout en ne sachant jamais la substance de ce son de quelque part que quelques uns ont défini ainsi.
Un paquet de disques à écouter, sur les starting block, « Lonesome Crow ».

Scorpions 1972 « Lonesome Crow » label : brain / metronome

vendredi 13 septembre 2019

Debout Sur le Zinc / Boris Vian





Là pour le coup, je me suis abstenu pour la pochette, superbe soit dit en passant. Mais il faut à tout prix que je me débarrasse de cet épidermique embarras. Boris Vian quand j'étais ado m'a retourné le cerveau avec ses mots. On a dit rien sur le physique et pourtant, et je ne suis pas le seul apparemment, cet artiste a un sosie depuis quelques années, le micron-minuscule prédateur social est venu lui voler le visage. Depuis je retourne mes bouquins des romans que j'aime avec dedans Chloé et Colin.. "J'irai cracher sur vos tombes", "Et on tuera tous les affreux"..... Pas grave, ça c'est fait, il me reste les mots, et puis parlons debout.

Sur le zinc astiqué pour faire reluire l’œuvre, pour brouiller les moues et les faciès, faire briller le miroir et sourire les visages je vois un groupe de 6 musiciens de rock-jazz manouche-slam-blues experts dans la chanson... eux sur scène depuis des mois revigorent le Boris, comme pour faire oublier une autre tête. Et dire que gamin, j'adorais « Le Déserteur », avec celui de Renaud en plus, et en bonus le Balavoine « J'ai pas voulu faire Mon service militaire J'voulais pas obéir à tous ces gens-là Et puis, l'uniforme qu'ils m'ont proposé N'était pas coupé pour moi C'est tout J'voulais garder mon blouson M'ont foutu en prison ».. mais ça c'est une autre histoire..

Là aujourd'hui sort un beau disque, vendredi 13 novembre,  je suis dans la rue de Panam de bon matin, il y a des piétons partout et des vélos à la pelle, l'avenue chante un air de soleil blond, c'est chouette les gens à bicyclette. Je marche avec dans mon casque les airs fantasques de poésie moderne de Boris Vian chantés par DSLZ. Quelque chose d'heureux allège mon pas, j'entre dans le 13ème, pas loin d'ici la rue Watt. Les rames de métro sont à l'arrêt, je danse parmi la marais de biclous, des idées de liberté et de fleurs sauvages. On ne se refait pas, l'anticonformisme m'a toujours embrassé.
La force de Boris Vian n'a jamais été autant d'actualité, quel autre groupe pour le chanter ? Tellement repris, mais ici DSLZ a composé 5 musiques originales. Ils l'ont recueilli et bu cette formidable poésie pour la remettre sur les rails neufs des lendemains pleins d'espoir, et même si j'ai des doutes sur nos surlendemains, du Vian sur le Zinc, ça fait un bien fou.
J'ai vu aussi la force du groupe sur les planches, c'était le 12 novembre 2016 à Rambouillet.. quel autre groupe vous dis-je ?

Notre petite monnaie se fait la mâle, de nos poches vers les gros coffres, y'a du soleil sur nos campagnes, j'ai dans mon crane le bel air de "La valse jaune"..obligé, avec un petit sourire anodin ou presque je repense à notre cher résident de la république, Mathurin la fleur .. on avait dit pas le physique.. mais bon, dédicace, une petite chanson pour lui.


Debout Sur le Zinc 2019 "Chante Vian" label : Jacques Canetti
 

lundi 9 septembre 2019

Vanessa Wagner 2019



Parce qu'il s'agit encore d'une pluie d'été malgré bon sang ce foutu réveil qui sonne depuis quelques semaines en pleine nuit. Puisque l'odeur dehors de cette nuit sous la fine pluie radine charrie tous les parfums d'une saison bien tapée, d'un été qui a battu les plaines, corrigé nos doux dômes ocres asséchés..et puisque la foule infernale s'est replacée là où elle doit se retrouver, je replonge dans l'épure, le silence qui tourbillonne entre les notes.

Ce matin encore, le vent plein ouest, j'ai mangé ma plaine. Pas âme qui vive, seuls péniblement les tracteurs enfouis sous la poussière des herses grappillaient les sillons, les nuages de terre avides comme des incendies.
(Inland) de Vanessa Wagner, comme pour prolonger mon matin. Ces quelques gouttes de pluie comme une eau de parfum.

Vanessa Wagner 2019 « (Inland) » lanel : infiné

jeudi 5 septembre 2019

Roseaux II



Il est tombé le disque le plus beau. Depuis quand cherche t-on la beauté ? L'intégralité des émotions, de l'exactitude sur de l'acoustique à perte de vue, comment chose aussi belle est-elle encore possible ?
J'ai d'abord cru à un collectif reprenant les beaux standards du globe, en fait c'est un trio sur des écritures originales (à deux exceptions près) et quelques voix sublimes, tellement belles qu'on croirait les chansons écrites pour elles.
Tant de choses dedans, tellement de quelque part, une recherche de pureté et quoi d'autre sur le moment pour se détourner de la grande pâmoison ? "ROSEAIIX" est la respiration du ciel à la seule condition que la plante de nos guiboles soit collée à la croûte. Va s'imposer comme une chose naturelle sur cette rentrée ce bel opus bleu trouble.. Tout étaler et voir ce qu'il reste des jouissances alanguies, de la gravité des rythmes, du sérieux des sourires, de la totalité... Va falloir le hurler sur tous les toits, vers toutes les souffrances et les joies, le mettre bien fort pour étouffer le bruit alentour, pour que le sang respire, les cœurs bouent, les peaux se croisent et les regards nous transpercent. Quatre ans de travail, rien au hasard. Absolument rien.
Filles ou garçons, cordes ou cuivres, soul ou jazz, n'importe quel continent, tout est beau à se tordre.
Sans jamais chavirer, tout tangue à cœur rompre jusqu'à la dernière note... "Waves of sorrow" comme le dernier souffle d'un piano ankylosé de désir, quand tout a commencé sur la flûte séminale de Claudio "Cacau" Queiroz. Bien loin l'envie de mentir ici, j'ai pleuré dès la première chanson, ce "Kaät" lacrymal, joie suffocante. Habituellement mes larmes sont réservées au cinéma, sauf ici, pour une fois.
Les fautifs : Émile Omar, Clément Petit, Alex Finkin.. artistes évidemment, mais aussi producteur, réalisateur, directeur..
La lumière : Renaud Letang
La distribution : Blick Bassy, Ben L'Oncle Soul, Anna Majidson, Olle Nyman, Mélissa Laveaux, Aloe Blacc
Les paysages :  blues, balades, baroque, bastringue, samba, reggae, folk, bossa-nova, swing, cordes, classiques, choral...
Le temps qu'il fait : nostalgique, torrentueux, parfumé, boisé, tempéré, doux, et ravageur...
Va falloir le dire partout, ce joli Roseau.
Roseaux  2019 “II” label : tôt au tard




lundi 2 septembre 2019

H-Burns 2019



Les grands folkeux de l'Americana chantent aussi au creux de nos collines. Rien à envier.
Un bout de temps que celui-là nous ouvre les espaces et traînent ses savates dans nos campagnes façon Damien Rice, Mark Oliver Everett, Elvis Perkins, Grandaddy (« Crazy ones »), Damien Jurado, The Walkabouts, Sparklehorse (« Saturday »)...


Il est de par ici, tout comme Maarten ou Perio, son Colorado est vert fleuri gorgé de frais ruisseaux généreux. « Midlife » est une bouffée d'air des grands plateaux avec des mélodies resplendissantes.

Il a débuté en 2006, le label Boxson en 2008 m'a fait découvrir H-Burns. 9 disques plus tard, H-Burns sort ici son meilleur.

H-Burns 2019 « Midlife » label : vietnam / Because



vendredi 30 août 2019

Death and Vanilla 2019







Pram, Movietone, Broadcast chantaient leur pop cosmique sur les terres britanniques... en Suède, c'est Death And Vanilla qui nous enchante.
"Eye bath" un sommet planant qui trace la route à perte de vue, tout autour, une basse qui danse et une guitare élégiaque qui flirte avec les voix vaporeuses.



Death And Vanilla 2019 "Are you a Dreamer ?" label : Fire




 



mardi 27 août 2019

Black Midi



Le truc qui m'intrigue, c'est la petite touche rose collée au vert de Hooker, profond demi-tendre presque bouteille en haut à gauche sur la pochette, juste au dessus des ferrailles conglomérées, vivantes et encore dégoulinantes. Pour trouver mes mots, je l'ai d'ailleurs placée sous mes yeux, en écoutant « Ducter ».

Les esgourdes concassées par le jeu sec et Lo-Fi des gamins, je cherche à travers la taule des visages pour qu'ils voient le plaisir suffoquant que je prends à l'écoute de « Schlagenheim », la transe inhabituelle. Rictus syncopés des mâchoires, soubresauts des paupières comme des averses de grêles nacrées sur fond de ciel qui pisse un sang émeraude au goût d'acier.
Une pression inhabituelle sur la boite crânienne avec une impression de méthode parfaite et de grande ouverture, l'écriture est naturellement juteuse, la clameur percute sur une intelligence rock hors norme. C'est un souffle, il faut caler sa respiration dessus, « Of Schlagenheim » est époustouflant, « Western » merveilleux, « Speedway » infernal, « bmbmbm » démoniaque.....

Black Midi me renvoie vers un vieux groupe, les 90 Day Men et leur sublime « To Everybody », avec une énergie RATM et la finesse d'un « Vrooom » King Crimson. Mais en dehors de ces courts et légers flashs de références, Black Midi se lève irréversiblement sur un paysage unique, sur des verts vallons qui grondent et tremblent juste à cet endroit là. Et le petit côté rose bonbon arty au fond, ça m’étonne pas, ce sont des petits branleurs made in London, quelques chose de beaucoup, plus classe, féminin et délicieux que les 90 Day Men.

Black Midi 2019 « Schlagenheim » label : rough trade

mardi 20 août 2019

Vimala Pons & Tsirihaka Harrivel



Si dans ma tète, j'organise ma musique en artistes et beaucoup en labels, en cinéma je me guide avec les acteurs et surtout les réalisateurs. Blier, Klapisch, Chabrol, Dupontel, Becker parmi mes préférés. Tout gravite autour de ces cerveaux qui nous dessinent des vies.
Par exemple, tous les films de Bruno Podalydès me saisissent, me touchent profondément. « Adieu Berthe » « Bancs Publics » certes, mais surtout ce petit joyau « Comme un Avion ».
Pourquoi je vous parle de cinéma comme ça … je viens de découvrir « Bécassine », une fois de plus je suis sous le charme (et ne comprends en rien la polémique imbécile). Dedans, comme dans « Comme un Avion », il y a une actrice que j'aime beaucoup, Vimala Pons, folle ici, émerveillée ailleurs, toujours elle accapare l'écran, libre en ensorcelante. J'aime encore plus quand le réalisateur est fidèle à quelques acteurs.


C'est une belle surprise de la voir apparaître dans le monde de la musique, et surtout sur un label que j'affectionne beaucoup. Intersection des arts, coïncidence pour moi, Bécassine et Victoire Chose.

« Victoire Chose » est un duo, Tsirihaka Harrivel et Vimala Pons. Ils viennent de créer un album théâtral, cinématographique, foutraque, ambiant, planant, electro pop expérimental absolument excitant. Sombre et fou. (« Rome Yamaha » par exemple, troublant comme les duos Dominique A / Breut).

Le label, c'est Teenage Menopause / Murailles Music, fantastique catalogue qui me renvoie aux Nantais Collectif-effervescence / Murailles média d'alors, chez qui je collectionnais par correspondance toutes les sorties possibles. Il y a parmi leurs nouveautés, le « Elpmas »Moondog de l'Ensemble O dont je vous ai parlé il y a quelques mois.


«Victoire Chose » est une troublante introspection organique musicale provenant de la pièce de théâtre contemporaine « Grande », unique, comme l'album. Cosmique, nocturne, cuivrée et synthétique, la maîtrise de jeu de chaque morceau est époustouflante, tout comme les idées belles et barrées qu'ils veulent nous dire avec leurs corps imaginés. Tous les instruments sont joués par eux deux, artistes complets, avec en plus Olivier Demeaux du collectif, arrangeur et musicien ici.

Une aventure troublante fascinante à ne pas manquer. Et si des films à la musique, Vimala Pons irait me tirer vers le théâtre...



Vimala Pons & Tsirihaka Harrivel 2019 "Victoire Chose
label : murailles music / teenage menopause






samedi 17 août 2019

Maxime Le Forestier 2019



Eh les gens, il n'en reste pas des milles et des cents des artistes comme lui, de ces temps-là. « Date limite », cette chanson courte aurait pu s'étaler sur dix minutes comme la « Supplique.. » de Brassens, cela ne m'aurait pas déplu plus que ça. Mon insouciance à moi ? je lutte dur quinqua pour la bichonner, pour ne pas qu'elle me file entre les doigts. Espoir en naufrage, utopie dans mes Nastases d'autrefois, la démission comme drapeau. Peine perdue.
Ça dégueule de partout, ça vomit à tous va, ça déborde, tout repart à la hausse, le jaune des ronds-points est tombé comme tombe le colza, on se la pète sur nos deux pattes, partout le bipède sent l'obsolète.
Maxime Le forestier nous offre un très bel album, touchant, poignant, révolte douce, sa voix et son visage comme dans un film de famille projeté sur un mur blanc. Attention à la date limite.

Maxime Le Forestier 2019 « Paraître ou ne pas être » label : polydor