lundi 20 janvier 2020

Patrick Siegfried Zimmer




« Memories I X » se déguste en huis clos. Peut importe le temps qu'il fait dehors. Cabot celui de la pochette. Le mien donne de la hauteur aux pressions. Soleil qui reprend du rose aux joues, à l'ombre la bruyère en fleur est encore gelée.
Les noisetiers pollinisent, les cyprès et les aulnes aussi, quelques semaines d'avance. Les chatons dansent, le vent pique un peu les pommettes. « Eternity » peut rendre heureux l'espace d'un instant, de l'autre côté de ma vitre un merle sautille sur l'herbe craquante, on dorait qu'il entend la musique.

Baladin from Germany, voix de tulle guitare nylon mélodies cristallines. Il est aussi Finn, c'est ma jolie découverte du jour, l'hiver est doux, les chatons des arbres dansent, le merle aussi.

Patrick Siegfried Zimmer 2018 « Memories I X » label : PSZ records

mercredi 15 janvier 2020

Vincent Delerm 2019



C'est aussi une bande originale de film..le sien. Tout mis en musique et en voix par lui. Et quelques reprises.
Ses tranches à lui nous collent à nous. Et pour un rien on s'en va mourir dans l'air du soir.
Il y a bien longtemps que Vincent chante notre cinéma à lui. C'est comme un disque de Souchon, on le prend pour croire vivoter et on est touché en plein sang. Humaines palpitations. Et puis qu'à cela ne tienne, nous vivons avec quelques airs anodins qui trainent et ne minent à rien, mais qui comptent tellement, dessinent et bâtissent nos os.
Je sais pas quoi trop dire en fait.. « Les orgueilleuses »... j'ai ressortis les premières balades fragiles et sensibles de Sheller.Des chansons passent en boucle.

"Panorama" pour moi à sa sortie a été étouffé par "âme fifties".. j'y peux rien, c'est comme ça... son film et sa BO viennent pousser Alain qui reste malgré tout à portée d'oreille .. Pour les tranches de vie c'est où ?? un repère qui manque, un détail que l'on cherche, une humeur dans les nuages, une voix familière de rare week end...un autre panorama . 



Vincent Delerm 2019 « Je ne sais pas si c'est tout le monde » / « Panorama »

dimanche 12 janvier 2020

Hildur Gudnadottir 2019



Cinq ans sans paysage d'elle. Le néo classique semble s’essouffler dans les bacs. Comme pour Max Richter et surtout Johann Johannsson, le nom d'Hildur Gudnadottir est devenu plus visible en bas d'une affiche de cinéma.
Je n'avais plus de nouvelle depuis l’extraordinaire tableau « Saman » en 2014. Son talent n'a pas bougé d'une corde, il est juste magnifiquement guidé par d'autres histoires de longs métrages ou de séries télé. "Trapped",« Chernobyl », et « Joker », chef d’œuvre total donc.
J'adore me créer mes images sur les musiques d'Hildur, aussi j'aurai pu être partagé si cette bande son ne m'avait pas projetée dans son monde à elle jusqu'à en oublier les scènes.. trajet apocalyptique d'un matin au casque, tout chargé de gris et alourdi de fatigue.

Tremplin pour un nouveau démarrage, mutation et revirement ?? les thèmes encordés d'Hildur viennent désormais ensorceler nos yeux.

Hildur Gudnadottir 2019 « Chernobyl » - « Joker »





jeudi 9 janvier 2020

The Stranglers 1986



Il y a sur certains albums des saveurs insolites, des affections qui font garder hors crédibilité la texture inexplicable d'un goût appuyé. Les années 80 pour moi, pas mal d'opus se détachent par une couleur, une humeur, une fantaisie à travers ce capharnaüm. Des entités bousculées, des nouveautés boudées, des sons qui zigzaguent, des écritures qui se faufilent à chiper ou pas. Imposture ou révélation. La décennie, ici et ailleurs a impacté par le dérangement, la renaissance ou l'intriguant. Virage, racolage, rempiler, remplir ou créer, opportunité, l'occasion pour bivouaquer, tout en gardant la fibre ou pas...."Under wraps" de Jethro Tull 84..impossible pour moi par exemple.
« Moonlight Shadow » .. « Loosing my religion », « In the army now », « Beds are burning », « Don't stop the dance », "I still standing" « You can call me all», « sledgehammer»... comment survivre, se fondre, muter, s'adapter, renaître ?

Comment avouer que « Dreamtime » est mon baptême étranglé, celui particulier que je préfère donc, pour le tube qui a drainé ma curiosité, pour la pochette, le son et le disque qui se détache d'une décennie chafouine et que je n’arrête pas d'approfondir maintenant.

J'entends d'ici les inébranlables.. « Always the sun ».. c'est du Stanglers ou bien ? « In the army now » du Status Quo, et « Let's dance » du Bowie... ??
Tout dépend de l'age que l'on avait, du son dans nos cellules, de l'oreille que les étoiles nous a donné pour s'adonner, des cellules que l’ouïe sensible nous a légué.

Moi, les Stranglers, c'est une grosse compile bourrée d'imparables chansons triées de 77 à 2017..et un album en entier.. « Dreatime ».

The Stranglers 1986 « Dreatime » label : epic

lundi 6 janvier 2020

Midnight Oil 1987



En survolant le plissé du Beira-alta, malgré l'hiver, j'ai vu une bande de feu balayer calmement une crête. Les flammes dansent, une fumée comme des nuages. Ce pays en a connu des ravages incendiaires.
2019 la terre brûle.... Mozambique, Californie, Amazonie, Sibérie..... Australie.

Nouvelle-Galles du Sud cramoisie, les gars chantent la fournaise, un des rares disques 80's que j'ai écouté en boucle. Classique, trop ? m'en lasse pas. La croûte incandescente.

Midnight Oil 1987 « Diesel and Dust » label : CBS

samedi 4 janvier 2020

Mike Oldfield 82



Je suis allé me suspendre dans le temps. J'ai rompu mon pacte celui de ne jamais participer à ça, j'ai anéanti ma phobie. Je suis allé voir quel temps il faisait au dessus des nuages.
Le spectacle fut merveilleux, je suis allé moi aussi polluer un peu là-haut, ma petite part du ravage. Une poignée d'êtres humains sous le soleil, juste au dessus de la fourmilière.
Une certitude flotte, on s'éloigne de la réalité. Calme et volupté. Une fuite. Une pause, un instant de lévitation loin des bataillons.
En dessous des agglomérats d'individus s'acharnent à menacer les équilibres, à ne pas ménager sa monture.
Combien d'yeux humanistes vers nous, pour des milliards de regards dans la boue ?

Les douces meringues des Monts Cantabriques ouvrent la péninsule. Plus aucun nuage. J'ai quitté la Loire des yeux, je contemple le Douro. Bientôt le beau Tage et la descente vers mes irmàos..
Pour planer et rendre musical cette dérive propulsée, j'ai mis « Five Miles Out » dans le casque. La bande-son du moment guidé par la pochette idéale, mon instant unique avant le retour à la croûte. Comment ça tient dans les airs un truc pareil ?
« Taurus II », « Orabidoo »,.. instrumentaux au son unique, celui de Mike Oldfield sur mon premier voyage en avion.

Mike Oldfield 1982 « Five Miles Out » label : virgin

mardi 24 décembre 2019

Nova 2019 "Autour du Monde"


Mon petit plaisir chaque année, en guise de bilan, c'est le coffret Nova. Tout ce que j'aime et que je n'ai pas est dedans, beau à pleurer. Une mine, une corne d'abondance zicale all over ze world .. surtout cette année. Cinq destinations ?? allez cinq compilations à mettre quand le gris nous mine, les transports restent au sol, ou quand festif il y a du monde à la maison. 
Ce soir c'est Nova. Un pur régal, comme d'habitude. C'est au pied du box-sapin.

Joli Noël à tous. 

Biz

https://www.nova.fr/nova-autour-du-monde-le-tour-du-monde-en-80-titres-de-radio-nova
https://www.facebook.com/LeGrandMix/ 


dimanche 22 décembre 2019

Adam Green 2019



La nuit la plus longue fait danser les chatons des noisetiers. L'hiver se pose, eux à peine sortis se balancent guettant un rayon tiède du soleil qui commence sa course dans l'autre sens.
Les immenses flaques des champs ondulent, les plaines en marmelades sont balayées comme jamais. Au chaud, un crooner revient comme j'aimais. Depuis « Friends of Mine » je n'avais pas ressenti autant de plaisir à l'écoute d'un album d'Adam Green.

Tout est bousculé dehors, les bûches réchauffent l'échine, ça croone en sourdine à l'américaine, quelques violons se moquent de la vitesse des nuages, « Engine of Paradise » danse confortablement.

Adam Green 2019 « Engine of Paradise » label : 30th century


vendredi 20 décembre 2019

Portishead 2008



Pas sûr que tous ils marchent pour des raisons écologiques. En île-de-France il y a de plus en plus d'Homos-à-pinces.
« Médiacrité » en 4G, la concentration humaine attise les indifférences et l'agressivité. Déshumanisation concentrée. Vivement la 5G que tout s'arrange.
Des wagons de miasmes, chenille humaine en caveau défilant avalant la nuit, on avance tranquillement dans un bruit sourd agonisant. « éloignez-vous de la bordure du cul » nous dit une voix off. Des train mort-dorés.
Tsunami de valoches, les fuselages traînent comme des chiens aux heures de pointes.
Bouchons à tire larigot mon bichon, partance en permanence, les pointeux englués..mais c'est qui ces besogneux dans cette fourmilière crasse.

Partir, se noyer, quitte à inonder l'heure de pointe, se connecter, vilipender, avancer, challenger, douce aigreur gratuite au teint désespéré, c'est qui tous ces cons qui bossent et qui prennent le train aux heures d'exode. Véroler la cambrousse.
Saturation, encombrement, espaces confinés, empoussièrement, épuisement narratif, handicapés du regard, figés du sourire, crispés des orifices, on s'acharne à ne pas se perdre de vue.

Effondrement sur-populaire, goulag du bonheur supposé, des hématomes sentimentaux sans cesse, sans qu'on puisse se toucher.

Plus on est de pires moins on est.
 

La BO d'une fin programmée. La chanson « il aurait fallu qu'on va faire quelques chose ». Tout flotte, les flammes, la flotte et la molécule plastique, les flottes. Des sourires fantômes, une haleine encore chaude.. lampadaire récalcitrant loin des creux métropolisés qui pompent toute la lumière, il résonnera encore longtemps après le « ..RIP ».. à perte de vue, bien après les effondrements.


J'ai l'impression d'écouter ça depuis que je connais la fragilité d'une composition, l'émotion des notes. Il existait avant. Elle résonne cette chanson là.. pour mille ans encore.


Portishead 2008 « Third » label : island



lundi 16 décembre 2019

Rolling Stones 69



Jamais compris pourquoi il s'était entiché d'une princesse. Mon pote avait le charisme d'un tronc et une soif de mangrove. Fallait pas être dans les parages à marée haute, deux cuites par jour. Pourtant un soir de pleine lune, la grande Duduche comme on l'appelait dans le quartier, tout en haut de son chien-assis en zinc surplombant la cour miteuse qui donnait sur l'avenue luxuriante s'était éprise du grand con juste en bas, notre vieil ami à nous, le verre à la main hululant des histoires de grand déglingué que tout le monde écoutait.
Ses airs d'aristo à elle se sont dissous à son haleine avinée, lui a ralenti sec le gorgeon et s'est accroché à ses jupons comme à une bouée de sauvetage.
Il a quitté sa loge du rez-de-chaussée pour la suivre dans la grande maison de campagne. Le seul truc qu'il a emmené avec lui, c'est son carton de vinyles des Stones.
Il n’empêche, ils se sont mariés mon vieux pote alcoolo et la duchesse louchant sur le prolo, depuis on l'appel Trou-duc, et les soirées n'ont pas changé, à la campagne.

Les Stones, il le sait mon Trou-duc que j'aime bien ces gars là, sans pour autant me rouler par terre, « Let it be » etc etc..juste pour qu'on se chiffonne à peine le bec histoire qu'on se chiffonne..à peine. Obligé à chaque fois que je vais le voir souffler ses bougies je suis stone. Son rituel à lui est de passer en boucle « Let it bleed » le jour de son anniversaire, quelque soient les invités. Sur un rondin de grume, un vrai gâteau, un truc hyper saccharosé superposé de 33tours, d'horloges, de jantes et de crème avec dessus 5 bougies à éteindre .. 5 quelque-soit son age..Faut rien dire, et faut pas le titiller avec Taylor ou Jones, il aime plus tout cet album, et il rabâche juste que dans « Gimme Shelter » y a toute l'histoire de la musique. Nous on est d'accord, obligés, je vais même finir par croire qu'il à raison....un sacré branleur ce trou-duc.
Du coup, ma crédibilité dans le ravin, j'écoute très souvent « Let it Bleed », « Gimme Shelter » est une bouée de sauvetage.

Rolling Stones 1969 "Let it Bleed" label : decca

jeudi 12 décembre 2019

Anne Sylvestre 1973




De ma campagne balayée à l'agitation des rues asphaltées, pour aller ramasser le morlingue quotidien je chante sous le gris clair et le crachin froid des airs qui me plaisent. Rue "Froidevaux", de Montparnasse à mon boulot, des murs à pleurer.
Anne est grande.
Anne Sylvestre 1973 “Anne Sylvestre” label : A Sylvestre

Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
On ne pleure plus, paraît-il
En un vol, tout, c'est facile
On ne dit plus rien

Lorsqu'on vous crache dessus
On reste serein, la colère
C'est mal vu
On est poli, poli
On tend son cul, merci merci

Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
On ne s'aime plus, paraît-il
On dit que l'amour est fragile
On est très moderne
On laisse sa liberté
Mais on fait les poches
Aussitôt le dos tourné
On est copain, copain
On ne se raconte rien, plus rien

Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
On connaît tout par le journal
Mais les mots, ça ne fait pas mal
On est toujours plus ému
Par ce qui est loin
Mais on oublie la détresse
De son voisin
On est bistrot, bistrot
On ne se connaît pas trop, pas trop

Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
On mélange les accidents
Les princesses et leurs prétendants
On ne dit plus rien
Lorsque des enfants ont faim
Mais on ouvre sa bourse
Pour sauver des chiens
On est toutou, toutou
On a bon cœur, c'est tout, c'est tout

Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
On ne pleure plus, paraît-il
On rigole, c'est plus facile
On n'écoute plus
Les poètes, les errants
On leur dit "Taisez-vous
Vous n'êtes pas marrants"
On est télé, télé
On est si fatigué de penser

Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
On va à la messe, au caté
Ou bien on bouffe du curé
Mais on chante en chœur
Il est né le divin enfant
On va tous ensemble au muguet
Quand il est blanc
On est païen, païen
Dieu reconnaîtra les siens, c'est bien

Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
Je cherche un mur pour pleurer ah ah !
On est toujours comme on n'est pas
Un jour c'est triste, un jour ça va
On essaye bien
Mais on n'a jamais le temps
On croit tenir la fleur
Et on meurt mécontent
On est paumé, paumé
Et si on pouvait s'aimer, s'aimer
Etre ensemble pour pleurer ah ah !
Avoir le temps de pleurer ah ah !


Un hommage.


mardi 10 décembre 2019

Alasdair Roberts 2019



Le temps se laisse couler, mes vieilles idées en bois sur fond gris frôlent des récifs de carotène calciné. Je suis parti errer ma carcasse à travers les ruelles de Santeuil. On est pas emmerdé par le trafic dans ces contrées beauceronnes. Une envie de folk, de danser avec le vent froid qui balaye. Assis sur un banc en pierre à Saint-Léger-des-Aubées, j'ai laissé tanguer mon vague à l'âme en fixant au loin la petite flèche timide de Moinville-la-Jeulin. Entre les deux, Voise qui fait naître la douce rivière qui passe en bas de chez moi m’intimide, et je suis rentré en voguant sur ce ruisseau, avec dans la tète les airs classiques d'acoustique médiéval d'Alasdair Roberts.

Je erre par chez moi, j'encaisse, je hume et flaire. Je dévore des yeux, j'entends Gaston Couté chanter ma campagne ancestrale en écoutant précisément le Barde écossais racontant des histoires et des terres.

Alasdair Roberts 2019 « The Fiery Margin » label : drag city



jeudi 5 décembre 2019

Yves Simon 1974



L'automne étale ses fumigènes des sentes en colère….. allez pleure pas Manu, les arbres se dessinent à peine, à poil à travers la brume. Tilleuls argentés postillonnés, tortillards boursouflés en têtards à demi-trognés.
De nébuleuses confusions un peu partout.
Ramures squelettiques.
Des rameaux de charmes épousent les graviers qui volent. La butte des petits cailloux est à l'abri des émondes. Un petit verre "Aux Temps des Cerises". Par chez moi l'osier se dessine près de la mère aux cailles. Pas mal de troncs. Pas âmes qui vivent, et je sais en secret que le brouillard mouille les cils des Saules en larme.

Des rendez-vous partout à défaut d'épancher nos tristesses et de saigner nos maux, le calme humain à perte de vue. Des mots. Respirons, chantons.

« Savez-vous ce que c'est qu'une vie pour rien?
Une vie où tous les rendez-vous se sont cassés la gueule sur des quiproquos, des erreurs de standartistes, des faux horaires de trains...
Vies impasses,
Joyeux gogos du cul de sac avec flics casqués qui barrent l'unique issue, entrées d'immeubles bouclés et des bourgeois aux fenêtres qui bouffent des biscuits.
Vous gueulez tout au fond de vos têtes des appels de vie,
JE VEUX ETRE, regardez-moi
J'EXISTE

Mais vous ne savez rien de tout cela parce que sur vos agendas il y a des noms, des épancheuses de mélancolie, et vous ne saurez jamais l'angoisse d'être différent.

Fumez un cigare de Cuba et dites vous bien que nos vies sont des cartes postales sans plus, cinq mots, Tout Va Bien Baisers Salut.

Si un jour il n'y avait plus de mots construits, que toutes les langues d'hommes pourrissent au fond des bouches, derrière des baillons d'oppression, il faudrait bien réinventer des langages de peau et des messages codés du regard.

Les yeux ne sont pas faits pour recevoir des arcs-en-ciel et des bouts de pellicule en Eastman-Color, il faut dès à présent leur apprendre à émettre de longues lettres de bienvenue.
Respirer, Chanter
Respirer... Chanter »

Yves Simon 1974 « Respirer, Chanter » label : RCA

Saez 2016 /2019



Whouahh..le pieds, la trêve au trafic, calme partout, le brouillard glacial semble avoir eu raison des folies quotidiennes. Allez pleure pas Manu, même l'automne a sorti ses gras fumigènes.
Si on se posait bordel. Relâche, entracte, pause, temps suspendu, détendu du chibre..merci qui ??

Saez 2019 « Le Manifeste 2016 / 2019»

mardi 3 décembre 2019

Colplay / Cohen / Colorado



 


J'ai la gâchette facile. L'écoute bateau sur le seuil. Cherchez l'intrus ? y'en a pas, j'aime tout, enfin surtout Neil Young. Un peu de soleil est revenu .. pas à moi, le gris n'en a pas fini.


Neil Young & Crazy Horse 2019 "Colorado"
Leonard Cohen 2019 "Thanks for the Dance"
Coldplay 2019 "Everyday Life"

vendredi 29 novembre 2019

Pierre Lapointe 2019





Vous voyez bien le boomerang de la chose. J'ai beau tenter la diversion, essayer de me détacher de l'hexagone. En vain. Une grande manie à y revenir, peut-être pas l'envie de lâcher la chanson dans la langue que je comprends. Il faut qu'on me parle ces derniers temps. Cette saison avec les wagons glauques d'inhumains pâles m'injecte tellement de mots.
J'ai beau REMer, McCartner, Simon Joyner, Neil Younger, Nick Caver, Swanser...ça revient, malgré moi. Une envie obsessionnelle de comprendre ce que me disent les notes.

Les chansons de par chez nous sont la plus belle des maisons. Le passé de nos murs se referme inlassablement, la dérive des continents, le lent naufrage des vieilles croûtes. Un bail que là-bas j'adore cette autre dimension des chansons d'ici. Un peu plus d'espace et de liberté. L'Atlantique bombe le torse. Albin de la Simone comme un fil conducteur se fout de l'océan. Voilà le fil, la main tendue, le lien qui fait nos terres se coller d'harmonies et de douces manies.
Nous avons tous une armée désarmée dans nos cages thoraciques.

J'avais un peu perdu Lapointe depuis « Tu es à moi » (c'est comment possible une telle chanson !!) ou « Je reviendrai »..puis « Paris Tristesse ».
Il revient comme un boomerang francophone qui ne me lâche plus. J'ai beau anglophoner, portugaiser, italienner .. les mots mélodieux me reviennent comme une alerte rouge de submersion des côtes atlantiques...

Ici pour déjouer l'ennui de nos comportements, les écritures délicates à l'état pur viennent épouser une interprétation sincère et limpide. C'est un grand album de chansons de par ici et d'ailleurs.
Juste pour vous dire d'aller jusqu'au bout de cet album.. il a quand même été question de placer "Vendredi 13", ce sommet chanté, à la fin du disque.. c'est en boucle et c'est magnifique.


Pierre Lapointe 2019 « Pour déjouer l'ennui » label : audiogram


mardi 26 novembre 2019

Souchon 2019



On se demande bien ce qu'on devient. Qu'est ce qu'on va bien faire avec le jour qui vient. Le suivant.
J'en sais foutre rien, en attendant des décennies d'âmes défilent dans les mêmes états, une armée de salopards et quelques adorables, de vieilles connaissances qui disent sans cesse de belles choses posées sur de jolies mélodies.
Elle vaut quoi la vie ??

Alain Souchon 2019 « Âme Fifties »

samedi 23 novembre 2019

REM monster



Quel album culmine dans les 90's ?? sans conteste « Monster » de REM, et le beau monstre orange revient trancher le gris de son bleu puissant, gonflé à bloc.

Il fallait bien venir bousculer « Everybody hurts » et « Losing my religion » dithyrambiques, même si « Bang and blame » y ressemble un peu quand même. Braquer, secouer la planète.
« New Adventures in Hi-Fi » sera la suite.
En attendant, nous sommes en 1994 et le monde frissonne sous le masque vorace du monstre d'REM. Un matin d'urgence, c'est sûr un jour, « I took your name » réveillera la planète, hurlé à travers un mégaphone céleste géant.

A part ça ?? « Let me in » est un sommet poignant, bien au delà de l'idée d'effleurer le fantôme de Kurt Cobain.
Les remixes sont excellents, les bonus importants et les lives intéressants. En coffret 6CD, boîtier 2CD ou vinyle original.. « Monster » de REM, le meilleur album 90's est de retour.

REM 1994 /2019 « Monster » label : warner