Taquin le Superbe, un alias du Baron de Charlus, des noms coquets que j'aime lire à voix haute quand je me replonge dans le temps perdu. Un goût d'automne dans les allées de mon jardin, depuis le mois de mai l'été sévit, l'estival a fait du mal et cette fraîcheur ce matin arrive et panse quelques branches meurtries aux troncs douloureux. Elle fait du bien, cette senteur de fragile champignonnière. Les pages défiles avec ses grandes phrases romantiques à pleurer. Une fin de saison comme une fin de siècle et les feuilles ont décidé de partir.
La terre a tout bu, la bûche aux aguets, les derniers petits insectes entament leur dernière danse, aucun désespoir ne se lit dans leurs ultimes tournoiements. Les fleurs de cerisiers est un lointain souvenir. La pluie est revenue, les allées du jardin ont mis leur eau de parfum. Les hirondelles sont parties depuis quelques dépressions, les corbeaux règnent sur les grosses branches busquées, plus personne dans les champs, joggeurs et promeneurs, même la herse s'est couchée. Je vais retourner lire quelques pages, juste après avoir écouter "The Meaning of Flowers" ses fines fragrances qui sentent bon l'automne ou la fin de quelquechose. La tièdeur persiste, les moucherons jouent les prolongations. Je me sens revigoré par ce changement de temps, je me prends crane pour le baron de Charlu de mon court lopin dessiné par ma fourche bêche et ma serfouette. Il est là sous ma semelle mon amour pour la terre. Si le corbeau noircit un houpier à quelques bois d'ici, le fier rouge-gorge est venu me taquiner superbement dans mon cerisier pluvieux, tout comme le cerf attend la nouvelle lune, il y a la certitude dans son regard vif, que l'hiver est au seuil. La lumière est sublime, tout comme l'écriture d'Agnès.
Agnes Obel 2026 "The Meaning of Flowers"






