mercredi 22 avril 2026

La maison Tellier 2026

 


Frissons chaotiques, larmes heureuses, poils dressés et chants à l’unisson. Décidément « L’Usine à Chapeaux » bosse à me réconcilier avec le genre humain. Alexis HK, Matthieu Boogaerts et La Maison Tellier il y a quelques jours.

Le 03 avril, le jour de mes 57 est sorti le Manset 2026 donc. « La timidité des Arbres » aussi. Déjà ma place était prise. Manset, il en est question dans les paroles. La voix de Jean-Louis a résonné. Je m’évertue sans cesse à me flanquer d’une de ses chanson chaque jour. Lui qui chantait « Calexico », un groupe avec une trompette, comme les Delano. « Babel ». Tout coule de source, fait sens, tout est là. Je suis à flotter dans ce lit-là, depuis que mes émotions des belles chansons de par ici se portent sur des sincérités humaines et des paysages ordinaires à couper le souffle. Rien des émotions n’est laissé au hasard, la cohérence des cellules me travaillera jusqu’au bout. Panser les petites semaines.

« Atlas » a eu raison de moi, ce nouvel album ne déroge pas, ce groupe de faux-frères en sincère fraternité a assis définitivement son poids d’importance dans notre paysage musicale. Vital. Indispensable. Mes glandes lacrymales ont juté quand j’ai chanté. Quelques pintes plus tard, ils ont signé mon vinyle que je voulais ce jour-là, même s’il est sorti le jour de mes 57 comme le nouveau Manset. « Atlas », j’avais loupé toutes les scènes. Pas loin du grand parc, à l’Usine à Chapeaux, avec tous ces arbres qui se frôlent sans jamais s’embrancher, se gêner, juste s’appréhender, ou plutôt instinctivement se respecter simplement dans le grandiose et la dignité, je suis allé à la rencontre.

J’avais diffusé un billet en 2008, ils ne m’ont jamais quitté les frères Tellier, de la fugue en passant par l’avalanche. Ils ont une frangine dorénavant, Babeth en Tellier. Ils sont venus me cueillir juste à côté de chez moi, je suis rentré heureux, requinqué, je plane encore sous les houppiers et sur la canopée, avec eux, Jean-Louis et Manset.

La Maison Tellier 2026 « La Timidité des Arbres »


 





mardi 21 avril 2026

Penny Arcade 2026

 


Une féroce envie de balayer cette journée flanquée d'absurdité. Quitter les grandes voies et retrouver mes routes herbeuses toutes cabossées, petits îlots de graminées sur l'asphalte craquelé.

Un son chaud des temps reculés du grand Fleetwood ("Regrets"), j'ai tout laissé derrière, loin des grands disques révolutionnaires. J'ai marché un moment sur la départementale juste derrière chez moi. Il ne passe plus de voiture depuis quelques années ici. Ôtée du trafic, elle s'entortille plus haut dans la marée des colza. La douceur évidente de Penny Arcade est venue soigner. Marc Morvan habillé en Syd Barrett.

Tout a glissé mollement jusqu'à la nuit, quelques vérités se sont dessinées sur la tendresse des lumières, Penny Arcade n'a pas cessé de voltiger parmi les minuscules insectes fatigués.

Penny Arcade 2026 "Double Exposure"



jeudi 16 avril 2026

Joe Jackson 2026

 


 

Et bien, puisque nous sommes dans la pop rock joyeuse, j'embraye direct sur le dernier Joe Jackson. J'ai toujours zigzagué, dégustant son génie d'écriture sur quelques fulgurances, le son du piano, sa voix et les sursauts d'une chanson soudainement sublime. "Dave" de "Fool" 2019, exemple parfait.

Incroyable intro "Welcom to Burning-by-Sea" brûlot celte incendiaire.

Aucune précipitation pour moi ici, puis à l'écoute, toujours cette même interrogation, pourquoi je ne l'écoute pas si souvent que ça ? à force de chercher sans cesse des gris contemplatifs, j'en oublie le fauve de quelques palettes qui jutent. Je ne mettrai pas "Fabulous people" tous les matins, et c'est peut-être ce genre de refrain qui me fait souvent fuir. Et pourtant cet album respire l'épanouissement, la force facile d'une fidèle composition enlevée et relevée. "After all this time" le petit côté Santana. "Face" et ses petits pointes de jazz, le son est extraordinaire sur son énergie inébranlable. Pas de trève ici, les fans vont se régaler, moi je jubile.

Joe Jackson 2026 "Hope and Fury



 
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mardi 14 avril 2026

Salim Nourallah 2026

 


Une vieille connaissance, le Salim des frères Nourallah et de plus en plus des airs de Tom Petty, j'en veux pour preuve le tout premier morceau "Here for the tears". Pas mal d'albums au compteur et plein de petits bijous pop à tendance ensoleillée. Des pochettes de plus en plus travaillées. Joseph Arthur en plus mélodieux, Salim tente à peine quelques escrusions dans la douceur mélancolique "Buddha blind" avant de repartir aussi sec vers la grande lumière de petits pas dansants "Born with a broken heart". Quand même, sublime "Damage".

Les volets débordent de soleil, une grande journée se prépare, pas un poil de vent, derrière non plus. Café anecdotique, des idées de foulées joyeuses flanquées de belles chansons oxygénées.

Je croyais vous avoir parlé de Nourallah Brothers 2004, voire même de "Polaroid" son premier opus solo de la même année. Je ne trouve rien chez moi, bientôt 20 ans de billets, et de plus en plus le besoin d'aller fouiller pour trouver. Un jour je tomberai sur une de mes choniques d'un album que je ne connais pas. Très très bel album tout frais.

Salim Nourallah 2026 "NOURALLAH"


 

samedi 11 avril 2026

Gérard Manset 2026


Il y a déjà dans les crédits un message de remerciements pour des fidélités, Didier Batard, Serge Perathoner, Patrice Marzin... avec des dates comme un calendrier des astres.

C'est une grande question de grande fidélité. Artiste de haute tenue.

Prévision vernale le 24 du mois d'avril pour toute la planète, il est sorti le 3 en physique, le jour de mes 57 branches, je l'ai appris le 2. Je l'ai pris pour moi, j'ai embrassé ce cadeau imprévu.

Le lendemain du 2 donc, j'ai respecté ma voix d’adolescent recroquevillé, âme introvertueuse de vides moments à observer les autres, dans leur vide à eux tout en dégustant le mien. J'y suis allé comme un athée ravagé par l'idée d'aller dans une église sans elle. J'ai ouvert à nouveau ce pavé abyssale « Cupidon de la nuit » pour m'immerger, et tenter de comprendre un peu plus qu'aux premières lectures. J'y suis, j'y est, immergé comme à l'époque, c'est un rituel. Il y a 40 ans, j'avais dans le dos les vinyles empruntés dans mon sac US kaki pour mes cassettes vierges. Il fallait alors les rendre. J'ai tout respecté, j'y suis allé comme revient chaque année le rouge-gorge taquin, fier et solitaire.

J'aurai mon mausolée, et tant qu'il se gonfle j'irai, quelque soit le contenu, le son et la voix me suffisent. Je découvrirai quelques morceaux de plus du mystère singulier, en 2870 je comprendrais. Adoration, théosophie ou juste grande affection ? Le jour de mes 57, un Manset est venu dans les bacs. Je l'ai pris pour moi, juste parce que j'en suis depuis des décennies. J'y suis allé. Ça me ferait bien chier de mourir sans eux et vice versa.

Gérard Manset « Je ne veux pas » 2026


 

Pinhole 2024

 


Voilà une étiquette bien intrigante : quirky Dingle/ Cork music , du Dingle excentrique, de la Cork dingotte etc etc. Il s'agirait donc d'un folklore irlandais, genre country vert avec dedans un grain de folie. J'entends surtout de la profondeur avec une patine sonore qui tend vers l'expérimentation.. ah c'est la même chose ?

Bon peu importe, cette nouvelle belle surprise m'enchante et me prend par la main histoire d'aller sur les côtes herbeuses descendre quelques Guiness. Pas grand chose sur ce groupe, c'est un algorithme heureux, de lointaines ondes Portishead, plaisant, un joli moment de Pinhole.

Pinhole 2024 « Sweet Spot » 


 

vendredi 3 avril 2026

Alice George Perez 2025

 


Cette grande tige de crucifère est passée de l'autre côté du chemin. Juste après le paysage dégringole. La vue est plus jolie de ce côté-là, vers le Sud-Est. Un seul brin de colza a traversé. Qu'est ce qui lui a pris, s'extraire ainsi ? Les autres sont restés regroupés en rang. Non seulement on voit d'ici la belle vallée de la Voise se fondre sur Maintenon avec comme des dominos les belles longères alignées comme des arêtes de poisson, et en plus cette belle tige brassicacée ne sera pas fauchée comme les autres juste de l'autre côté du chemin face à la plaine. Certes, elle n'a pas descendu la pente, juste traversé la sente herbeuse pour voir mieux, pour contempler quand les autres du champs à perte de vue tendent le cou pour voir ce qu'elle pourrait bien observer ainsi de plus beau qu'ici sur l'étendue. Et « The Crow » fait vaciller la fleur jaune déjà bien mûre qui verra passer l'engin agricole de l'autre côté du chemin.

Une belle averse se dessine au fond avec sa charge de cobalt épais qui flotte, elle sait sûrement qu'il faudra résister plus que les autres amassées pour ne pas rompre sous la lourde giboulée. En attendant la vue est superbe, la belle vallée en bas, se vert tendre qui prend de la bouteille alors que les jaunes disparaissent comme le narcisse.

Je me suis arrêté sur le chemin de plateau, pour observer un moment cette tige verte et jaune de colza qui a traversé cette arête cheminée des petits coteaux de mon beau pays Eurélien. J'ai regardé en bas avec elle, et toutes les autres derrière qui ne voyaient pas comme nous deux s'en foutaient. Mille fleurs vers le soleil et cette autre-là à bientôt laisser ses graines dévalée vers le beau vallon encaissé.

Alice George Perez 2025 « A Song with the Title of Lunch Bells » 

 


La maison Tellier 2026

  Frissons chaotiques, larmes heureuses, poils dressés et chants à l’unisson. Décidément «  L’Usine à Chapeaux  » bosse à me réconcilier av...