Un loupé. Tellement
parti avec lui et Lo dans le manoir de poésie, pourquoi je n'ai pas
lever plus la tète ? Réviser les lacunes 2025 et partir dans
le Calvados en laissant cette demi-heure délicieuse faire son petit
effet sur l'humeur de mes murs.
Pas vigilant sur ce
coup-là, j'ai laissé les marées défiler sans prendre l'attention
d'imaginer que les choses du manoir n'était pas un accident.
Je me fais de plus en
plus à son chant petit pot d'or et son accent de mélancolie
anglaise.
Jeu de mot facile avec
Boos, 6ème excitation de masse qui menace, éberlué les bras
tombés, un mauvais rêve trop fort, fake IA ou le réchauffement
climatique ? Ou alors c'est l'amour qui rend nœud. Boo à Bel
y'a pas des kilomètres. Pas lui, pas maintenant, pas après tout ce
qu'il a fait...
Récréation, moment de
faiblesse, menaces.. y'a un truc, expliquez-moi ça.
Et bien moi je l'aime
bien cet album. Je tombe sur un papier partagé et lis la discorde,
le débat, la déception des puristes, l’enthousiasme de quelques
médias à propos du 18ème album de Dylan. Pas le souvenir d'avoir
écouter cet opus, c'est l'occasion.
Et bien moi je l'aime
beaucoup ce « Street-Legal », il a le son
d'une autre artère, « 461, Boulevard Ocean »,
voire « Slowhand » etc, chœurs inclus, et
c'est peut-être pour ça la mou des amoureux. C'est d'ailleurs la
période où ils se payent « Sign language »,
sublime petite ballade folk à deux voix. Clapton divise aussi en
cette fin 70's. S'ajoute à cela un petit air malicieux de Willy
DeVille. « Changing of the Guard » a lancé
l’engin sans qu'il puisse s’arrêter, ni perdre de la vitesse.
Le contexte est
sympathique, l'album aussi, ceux d'avant étaient si haut. Je vais
aller fouiller les bacs histoire de choper l'outsider qui bataille
contre la punk attitude. Bob Legal ? J'ai connu pire.
Bob Dylan
1978 « Street-Legal »
mercredi 7 janvier 2026
Je n'avais pas osé
parler de cet étrange Simon. Higelin 75, Cohen ou Blakstar de Bowie.
J'y voyais en « Seven Psalms » l'effet
moribond d'un ultime album annoncé. Il est d'autant plus un petit
miracle, éclaboussé de lumière, peu importe laquelle. La pochette,
le nacre, et dehors ma belle campagne pareil avec sa pleine lune et
l'albe beauté régressive de toute cette neige qui a tout recouvert.
Je suis sorti pour aller
me perdre. Ma balade sur les chemins épais de poudre a piqué mes
pensées des sept psaumes de Paul Simon, la pochette avant tout.
Puis les accords et les émotions. Le ciel salpêtre. Les branches
sont lourdes, tout est calme, les grosses gouttes de neige fondue
font des bruits sourds sur la ouate, celle que je préfère. J'ai
écouté cet album maintes fois à sa sortie, clouant mon bec. Il
m'est revenu alors que je ne voyais pas le temps passer à errer
entre ces grand peupliers de sucre glace de cet hiver qui ressemble
aux miens quand j'étais minot et que tout le monde sortait dans le
village pour rendre grâce au gras flocons que la pleine lune
figeait.
Poudre d'amande, braises
et caféine avec le dernier Paul Simon au retour, avec dans la tète,
cette poudre de lait pastellisé par le bas soleil. Symphonie folk
enneigée.
Pas envie de lutter ce
soir. Juste baisser les bras et être là où personne ne sait où je
suis. Non, pas là où l'on ne m'attend pas, mais juste ce coin
absent au creux duquel je me poserai naturellement, sans guerroyer
pour y être, guidé par un vent hasardeux m'éloignant du mauvais,
aiguillage heureux sans aucune information pour les autres.
La paix royale, une pause
lustrale sans être d'accord avec moi-même, même si c'est le temps d'un album. Se foutre des
détonations, s'en battre des hauts verbes, des gestes abstraits, fouler l'herbe et la
mâchouiller. Foule amnésique, indifférente plutôt, inexistante vu
d'ici. Un endroit sans vue d'ailleurs, vis-à-vis à perte de vue,
« Hush-A-Bye » en berceuse, sinon la bande son de
ce coin perdu inconnu des bataillons. La prairie des chiens, une
trouée à peine lumineuse, la flûte du fakir, des yeux d'anges sur tous les cœurs en
tronc, je vais me poser là où même moi je ne sais pas où je suis,
me frotter le dos sur la première charmille en ronronnant sans rugir
et laisser Duke Pearson en Zoro venir me sauver du tumulte.
La séduction d'un album
de Marc Morvan & Ben Jarry, en plus pop country, moins chambre,
quoique, Mads pose trouble dans son antre cosy de doux pointillisme,
totalement inconnu, comme son ex-groupe Kiss Kiss Kiss. C'était en
2022, et aussi cette année, Mads Koch a sorti un autre bijou pop à
la Ronsexmith / Shack en ajoutant quelques dimensions et la moiteur
d'un Minor Majority / Spain.
C'est du easy, oh eh du
bateau qui tangue mou, son duo avec Pernille Rosendahl est plus
qu'agréable. Je préfère album d'alors pour l'entrée en matière
et la troublante intimité, l'après midi passée à fouiller les
étagères et les algorithmes fut douce et délicieuse. De saison, au bord d'un lac. Belle et douce année à tous.
Une douzaine de kir
rouge-sang à pisser sur ma rocaille, j'étais heureux à l'idée de
faire mieux pousser ce vieux Cassissier pour boucler la boucle. C'est
l'hibiscus haut comme moi à ma droite qui m'a réveillé la salive
épaisse et la raie tendue. Quel rêve de fruits rouge et de commerce
de proximité !! la boucle, l’ellipse dans mes pensées, la
consommation comme une constellation, le retour de Noël, des gerbes
et des étoiles, où s’arrête qui ?
Savate, une chaussette
sur deux, café, frigo, c'est à qui ce Skir fruits rouges qui drague
mon pot de Saint-doux ?? Dehors la guigne a caramélisé ma
pelouse, ça sent la confiote de griottes putrides, même les frelons
ont fuis ce sucre terreux. On en est où dans les saisons ?
Tiède décembre. Le Prunus zyeute le Corylus, le
cognassier est en fleure, pas le cassissier.
Mes croquis à l'encre de
chine brun-rouge ont séché sur la vielle table. Des feuilles
écrasées, elles sont toutes maquillées, j'aime ce sang de plume
comme une larme de rouge-gorge à la finesse de son bec. Je vais me
resservir un kir-cassis pour me dandiner jusqu'au soir empourpré par
le coucher pénible et ankylosé de l'astre fauve en dormance. Rouge,
rouge la confiture, sur l'étagère, mes trois jarres de guignolet
serties par un bouchon hyper sucré dorment. La cerise généreuse a
donné son hémoglobine au kirsh. C'est à qui ce Skir Low Mouskouri pinlin pinpin pin ?
De la magie pourpre cette
nuit ? Pas impossible, plus que probable, j'ai pissé au pied de
mon cassissier pour que ça pousse plus vite, après que les Kirs
rouge ont eu raison de mes songes carmins. Bizarre ce Sumac aux
pépins de steak qui me toise à ma gauche, cette grappe de fruit
gamin m'a toujours fait penser à de la viande hachée. Merde..la
solution pour les écolos..un arbre à bidoche, genre le
Steack-hachier. Café, confiote, confiant je range tout, je me pose
et écoute un disque d'époque. Ce long slowcore de berceuse natale
tarabiscotée flagelle mon idiosyncrasie. Son stuc fantomatique a
habillé mon cerveau à peine réveillé. Entre deux je somnole, le
dernier endormi embrasse le premier réveillé, sommeil éclair à la
framboise. Des paquets emballés rouge se sont lentement déposés
sous le conifère en plastique, oui je suis écolo. Il reste du Kir
cassis, la nuit où les guirlandes restent dans la prise. J'ai envie
de pisser, mon cassissier n'a plus de feuille, l’hibiscus non plus,
les racines vont se régaler. Il reste aussi des Skir aux frits
rouges dans le frigo, épais lait fade sur un lit de marmelade en
attendant l'épiphanie. Des lumières rouges partout, mes croquis
tâchés à l'encre cramoisie se gondolent, les premiers bruits à
l'étage, la ginjinha a bouffé tout le chocolat. C'est rouge
partout, j'ai rêvé ou c'est mes yeux ?