vendredi 22 juin 2018

Moustaki 69



J'ai le doux souvenir de mon grand-père amenant au lit le plateau du petit déjeuner pour ma grand-mère qui aimait traîner ses rêves sur le traversin. Peut-être restait-elle un peu plus longtemps au lit juste pour avoir le plaisir de cette attention là. Elle a bien trimé dans sa vie la Micheline amoureuse d'un cheminot.
Sur le plateau, toujours le même bol de café chaud avec les deux tartines de pain grillées et beurrées. Pas de la baguette, mais du pain, tronçonné toujours de la même épaisseur.
Je reviens souvent au cour ordinaire des choses qui comme le chante Murat, peut incendier le quotidien. A la fureur des ambitions qui accélère les vies pour pas grand chose, je préfère cette infinie tendresse comme on fleurirait le temps qui passe à sa vitesse normale.

Solennelle, l'heure est la même, l'attention inébranlable, l'amour je la devine encrée.

A quelle vitesse vivre  C'est un titre de magazine que j'ai entraperçu au coin d'un kiosque pendant mes virées errantes du midi. Sont forts ses journalistes, ils te balancent des principes ravageurs et modernes pour te remettre en question ou te faire flipper ton casse-dalle de midi. A quelle vitesse ?? le comportement vital et nos actes vont bientôt être flashés sur la voie publique. Des points sur notre carte d'identité ?? le débit des vies, le dépôt des veines, les échelles biologiques sont violées.

La douceur d'une seconde dégustée, du même pas que mon grand-père qui, un plateau à la main entre les trains qui passent en bas de son jardin à la même heure et les voitures toujours les mêmes qui défilent de l'autre côté vers la rue, s'en allait dire sa tendresse quotidienne.



George Moustaki 1969 « George Mostaki » label : polydor

dimanche 17 juin 2018

Wladimir Anselme 2018



C'est une rechute, impossible de faire cure des chansons de par ici. J'ai replongé de la plus belle des façons avec le retour de Wladimir Anselme qui se débarrasse ici du syndrome du deuxième album.
« Les Heures Courtes » en 2011 est un souvenir artistique merveilleux, de la chanson comme j'aime avec de grands textes. Je bois ses mélodies riches et mélancoliques. Son écriture me laisse bienheureux, comme un passage nuageux qui embellit la grisaille.
« L'esclandre » vient de paraître, c'est un petit régal, pas sûr une fois de plus qu'il en face une sur notre territoire et ailleurs. Je le pose bien au chaud sur ma platine dérisoire, il est court, il tourne en boucle, mes idées rondes sont réconfortées par les chansons amicales douces et ardentes de Wladimir Anselme.

Wladimir Anselme 2018 « L'esclandre » label : le furieux


jeudi 14 juin 2018

Daniel Blumberg



Des étoiles sont tombées dans mon café. Des étoiles du matin, délavé, cramé par une nuit sans lucidité. Ma raison congénitale s'est faite la malle le temps d'un laps d'exotisme. Je fut ailleurs pour quelques moments. Ces chansons me rappellent tellement ma docilité hachurée.

Sur mon grand café sans sucre, « Minus » est venu saupoudrer de la poussière d'étoile. On dirait la mer qui scintille.
Lui, on dirait Father John Misty qui chiale, ou Jason Molina avec une voix fluette.

Je n'ai pas cherché à savoir qui était ce Daniel Blumberg, curriculum ou pedigree je m'en fout, il a plongé dans mon aube. Il est venu adoucir les forceps de mon cageot, les bras métalliques irréels grâce auxquels là je suis à demi debout.

C'est un album céleste et vénéneux, ça couine et pigne dans le larsen osseux, plein de cordes, c'est pas de la douleur, c'est la énième courbature à vouloir y retourner, chaque jour.
Les soirs me rendent dingue. J'aime pas le matin, pourvu qu'il y ait un gars dans ma tasse à me faire lever le naseau pour choper la dernière étoile qui lutte.

Daniel Blumberg 2018 « Minus » label : mute

lundi 11 juin 2018

Sr Chinarro 2018 - 2006/2008/2011



Allez ouste poussez vous, ce petit truc est pour moi. Aux aguets près à jouer d'la béquille dans les roustons, je me suis chipé en bousculant, un petit coffret pas dégueux. Telle la langue du caméléon chopant à la vitesse de la lumière le petit volatile fébrile et léger passant par là au flash furtif d'une éclaircie éphémère, j'ai attrapé Sr Chinarro series 3CD.

Pas un pas deux, mais trois albums pour même pas le prix d'un. Une période un peu délaissée pour moi, puisque je suis grand fan de Sr Chinarro depuis le dramatique et bouleversant « La Primera Opera Envasada al Vacio » en 2001 (et tout ce qu'il y a avant), aussi profond et puissant qu'un slow core de Low ou Arab Strap, et que je me suis légèrement arrêté à « El Ventricuolo de si Mismo » en 2003. Il y a eu pourtant un beau retour avec « Enhorabuena a los Cuatro » en 2013 et puis plus rien.

Depuis, quand je vois ce nom là, je vote sans hésitation aucune, Sr Chinarro, là bas, en Espagne, c'est toujours LE président. Un peu comme pourrait l'être Pedro Abrunhosa au Portugal.
Une fois de plus, le grand label madrilène acuarela discos m'a présenté ce groupe mythique, comme l'a été Migala dans un autre domaine, ou Nacho Vegas … cette maison de disques là est une aubaine, une corne d'abondance.



Sr Chinarro, c'est un collectif tournant autour d'une voix Callahan/Stapples... Antonio Luque. Ballades rocks, les frontières sont toujours aussi imperméables. Pas une pas deux, pas trois, mais quatre, puisqu'en plus de ces productions 2006/2008/2011 très peu répandues, Sr Chinarro viennent de sortir un 16 ième album « Asuncion ».

El presidente est toujours là Sr Chinarro.

Sr Chinarro 2018 « Asuncion »
2006 « El Mundo Segun » / 2008 « Ronroneando » / 2011 « Presidente »
label : mushroompillow






samedi 9 juin 2018

The Married Monk 2018



Promis j’arrête, l'hexagone va finir par s’essouffler, en plus qu'il a fallu que je cause à un corporate fnac parce que je ne trouvais pas Married Monk sur les promontoires. Normal il n'y était pas. C'est quand même une sortie assez bandante pour ne pas communiquer l'érection avec un gars engagé pour gonfler normalement ses tissus spongieux des oreilles d'un tel objet. Bon, il a fallu que je le dévie de Shaka Ponk alors qu'il rechargeait les vitrines de Marc Lavoine.
Je n'ai absolument rien contre Lavoine ni Ponk, mais moi, là je veux Monk des Married qui ont quand même balancé MOCKY, Belgian Kick, The JIM SIDE...... eh c 'est pas de la petite bière ces trucs quand même.
J'ai donc fouillé dans les intervalles bien organisés à la lettre M de l'épicier culturel du coin. Y'en a qui font pas leur job ici bas ?? ah là là, le monde est moche, mon banquier non plus il connaît pas The Married Monk, ou alors je veux bien un don pour sauver l'ISF.
J'ai trouvé, je l'ai chopé, bien caché dans ses pantoufles à pompons roses de barbapapa pop à la voix sucrée et aux mélodies pop.

Promis j’arrête l'hexagone. Ils chantent en anglais, du coup la transition outre manche & Atlantique est toute proposée ici... embarquons et laissons ces artistes flottant flotter à qui mieux mieux. Vaille que vaille, moi je prends un kiff sérieux à écouter ce tarabiscoté « Headgearalienpoo ».

Ah, en passant, je sais c'est con, mais j'en ai mis un des deux disques proposés en bas, sur le promontoire de l'épicier artistique du coin, bien visible. Ça avait de la gueule ce rose bonbon au milieu des toutes ces tronches grisâtres. Me souviens même plus de l'autre que j'ai caché...

The Married Monk 2018 « Headgearalienpoo » label : ici d'ailleurs




mercredi 6 juin 2018

JL Murat 2003




Ma trombine sombrait sur ses reliefs crémeux, toute ma respiration s'écrasait sur son torse nu. Rien d'autre pour inspirer que son haleine de narcisse. L'étuve de sa bouche irradiait mes pupilles.
Là, rayonnante comme un phare à mes paupières épaves, je m'affaissait sur elle réclamant et râlant, v'là l'amour bon sang, je m'emporte. Sa poitrine couverte de la rosée des cyprès, s'est laissée envahir par la cymbalaire nacrée. J'ai dû mourir au creux de ses interstices,  mon mou moiré se mettait aux anges.

Le contentement de la lady je l'ai bu un jour, quelque part. Je lui ai chipé quelques brins de rhubarbe des mortes fontaines, ma coupe à ses lèvres je crois qu'elle n'a pas eu besoin de moi, elle n'a rien vu de mon absence.


Jean-Louis MURAT 2003 « Lilith » label : labels

A écouter tout l'hexagone ces derniers temps, je crois que c'est là le plus grand disque de par ici, le plus bel album, le monument qui règne sur mes opus. A l'écoute de « Lilith », c'est l'âme qu'on nous arrache.




lundi 4 juin 2018

Marie Modiano 2018



« Où est le vent lointain
qui berce les herbes folles ».

Les fossés dansent et les friches chevelues tanguent, toutes ces herbes embellissent nos paysages d'un duvet de fétuques, bromes, bosses et ravines de poacées.
Marie Modiano aussi, embellit notre paysage artistiques depuis pas mal de saisons, livres, disques, c'est une chance d'écouter ses belles chansons de par ici. Sa voix est Gréco/Balibar, « Pauvre Chanson » un trompe l’œil, riches et fraîches elles le sont toutes, pop, jazz, cuivrées, orchestrées, littéraires et chaleureuses.
Il serait fâcheux de passer à côté d'une telle œuvre, absolument discrète, comme c'est coutume par chez nous, cette triste manie de camoufler sans cesse les beaux disques.

Marie Modiano 2018 « Pauvre Chanson » label : nest & sound/PVP