lundi 18 novembre 2019

Tindersticks 2019


Tindersticks va finir par devenir définitif, le moment juste, biologiquement évident, le bout suffoquant du point de fuite de chacun de nos regards.
Effleurer tous les sens vers la plus délicatesse exactitude.

Irréfragables les cordes, « Les étrangers » de Léo Ferré, la marée philharmonique dans sa plus vive intimité.. et les arbres tombent sans arrêt, lentement et lourdement, comme une danse molle et lacrymale.
Orfèvre, horloger, chorégraphe des fragrances, saisons et tous les sentiments les plus nobles. Sensuelle fleur bleue.
Une grande ville dans le dos, comme un vague souvenir qui se brouille, l'essentiel au bout des souliers.
"No Treasure but Hope".. états d'âme adulés, la plus belle chose cette année, comme chaque année qu'un Tindersticks descend vers nous.

Tindersticks 2019 « No Treasure but Hope»label : lucky dog / City Slang


samedi 16 novembre 2019

Pomme



Je n'ai rien vu de l' « à peu près ». « Les Failles » sont pour moi.
Camillia Jordana, Barbara, Emilie Simon, Keren Ann... dans les esprits.

Une allée de Séquoias, d'où sortent ces mélodies pleureuses à la Betsh « Les Oiseaux ».
L'hiver et le grand froid.. j'ai beau me dire que c'est pas la première fois.. Des belles petites scènes à frissonner.

« Les Failles » de Pomme, un album à croquer.

Pomme 2019 « Les Failles » label : polydor



mardi 12 novembre 2019

Bon Entendeur 2019



J'ai un film dans ma besace que je ressasse, un acteur aussi, et puis une musique que j'ai voulu comme sonnerie de portable. Pourvu qu'on m'appelle sur un coup de tète, j'aime à exhiber ce sifflet lourd de légèreté. 
Faut taper un peu dans les décennies pour parler de ça avec les paupières bringuebalantes. Ce film, cet acteur, cette musique.. J'y pense très souvent.

« Les Bronzés font du ski », « Emmanuelle », mais pas que. « Coup de Tète » aussi. Pierre Bachelet s'est bien éclaté avec le grand écran. Et j'aime placer ce morceau là dans un blind test pour imaginer une voix fulgurante crier "c'est Pierrot".

Vintage. Recyclage. avant - arrière, "Aller - Retour".

Ouaih mais bon, quand c'est bon comme ça, faut laisser couler, voire dégouliner et se laisser prendre par d'hyper belles mélodies intemporelles de par ici.
J'ai découvert Claudine Longet via la compilation "Dirty Diamonds vol1" en 2003, ça sert à ça les boucles, les samples et les travelling arrière, les fouilles extraordinaires, l'envie d'archives et de mettre sur le zinc tempéré des trucs qu'on ne savait pas que ça existait mais que ça existe quand même. Isabelle Pierre.. bordel, Clara Luciani se doit de reprendre ça... Chédid, Nino, Mouloudji …... Les interludes Begbeider, PPDA et Niney sont des liants émouvants.

Quelle belle idée cet objet plein de cohérence musicale. Zouzou, Moulou, Jeanette en mode Professeur Inlassable, Moby ou Daft Punk... De toute façon moi, tu me mets Mouloudji dans le casque et j'embrasse ta mère en pleurant. Et si tu me fais entendre le sifflet de notre Joker à nous François Perrin qui erre dans les rues de Trincamp, je fonds de bonheur, de légèreté et d’arrogance quant à la dérision qu'il faut cirer au quotidien pour garder une once d'humanité, et d'humilité.
Allez Trincamp..

Vous écoutez Arnaud Bonet, Nicolas Boisseleau, Pierre Della Monica... merci pour cette bande son...à Bon Entendeur. 

Bon Entendeur 2019 "Aller - Retour" label : columbia / Sony Music  

 





lundi 11 novembre 2019

Angelo Branduardi 1980



Des tâches de rousseurs sur les trottoirs, les tilleuls de leurs feuilles maquillent l'asphalte d'éphélides, couleurs de trottoirs en automne. Sous les Tilias je marche et regarde ce teint pâle rougit de petites pommes. Je fredonne Branduardi. Couleurs d'automne, couleurs de trottoirs.

Angelo Branduardi 1980 « Va où le Vent te Mène »

En bonus, l'album italien, c'est toujours plus beaux Brandu dans sa langue . 


jeudi 7 novembre 2019

La Brinche



Murat et une betterave, je l'imaginais journaleux, lui m'imaginait peinturlureux à coup sûr. David est venu me voir. Pas une seconde dès la première passée le doute ne s'est installé. Son charisme, ma timidité et toujours des trucs à faire chialer, ou s'esclaffer. Un jambon persillé et du rosé devant "Calmos", un monde à refaire à coup de vinasse et un paquet de pistaches. Y'a un bled, « On est pas d'un pays, mais on est d'une ville », y'a une pompe à essence qui traîne entre nous, celle de Pépère Goulu, né à Auneau rue des crottes de chien, un vieux père avec sa dent pour sa soupe aux vermicelles, il regardait les voitures passer à Gallardon rue Guy Pouillé, juste en dessous de la Tour, et puis un tourbillon extraordinaire d'âmes à pleurer, galerie de tronches, de monstres et de gens si jolis.


Moi le maussade calfeutré, David le solaire des êtres humains. Seulement quand on se ballade dans la forêt près d'Ymeray pour aller voir la caravane à Tarzan, il ne reste que nos idées à la con, importantes, d'enfant qui errent dans des bois d'hiver, et des brouettes de trucs à des milliers d'arpents de la réalité, les godasses toutes crottées. Que dire de la Mère aux Cailles.
Il a des mots pour mon huile, j'ai du couteau pour son crayon, un jour c'est sûr on foutra... Il m'appelle souvent, Dubouquin, je l'appelle comme ça. Lui il m'appelle Dupinceau, et quand l'Hôtel de Ville me foutra la paix un jour, j'irai pisser dans les ruisseaux avec lui, entre deux tables d'auberges, l'amitié est dans le pré.


Dubouquin, il est écrivain, sept livres et le Prix de la Solidarité en 2013. Il pige pas mal de chose des âmes ordinaires, pigiste il est aussi, de par chez nous. Il est comme mon biographe.  Il est du coin, comme moi, pas loin. Voise et Eure se causent et se zyeutent jusqu'à Maintenon depuis belle lurette.
Il a fait renaître « La Guerre des Boutons » par chez nous, Armenonville. Martin cul nu dans la forêt, il est revenu tout habillé. Avant les livres, c'était dans le zinc qu'il chantait, textes, chant, guitare. Son groupe c'était la Brinche. Quelques personnages de ses chansons sont allés se balader dans ses bouquins, sur un trapèze. La grande période de cette musique accordéon, Tordues, Debout sur le zinc , les Ogres de Barback, La Rue Kétanou, Rue de la Muette, Les Blaireaux, Joyeux Urbains.... justement, dans la compilation « La nouvelle Guinche » en 2004, ils sont dedans avec tous ces autres là....

La Brinche, David, Greg, Jeff et Cat, c'est : « Au Hasard d'une Rue » en 2002 ; « Il faut se Méfier des Mots » 2004 ; La Brinche ...avec les Gens » 2006. Puis plus rien.
Il a remis ça avec son pote accordéoniste Greg, ils viennent de tourner un clip sur cette chanson enregistrée dans les débuts, en 1999 et en bonus en 2004, "Louise Ménager"..... Me taperais bien une petite cote à 1 euro avec eux.. à un cheveu près, j'y étais.


Oh, il aura fallu que je peigne ma Beauce à moi et que je veuille bien me montrer un jour de 2009 dans mon bled pour qu'une betterave sous « Le cours ordinaire des choses » nous lient gentillement. Je ne suis pas la cadence de sa liberté, mon réveil m'emmerde et la pointeuse me ronge les sangs.. un jour c'est sûr mon frérot, ma Fav'... on foutra.


http://www.davidramolet.fr/


La Brinche 2019 "Louise Ménager"  
 




mardi 5 novembre 2019

Giant Sand 2018/2019




Capter l'eau des cactées à défaut d'humer l'humus et des ligneux, ramper pour aller boire à pleine dent le cactus orangé, chercher l'aqueux coûte que goutte.
Du sable dans la gorge, de la poussière sur les gencives, les yeux brûlés par la surpopulation des succulents, je rampe et serpente entre les corps de l'eau. Comment j'aurai pu savoir, boire en mâchant juste ici où je devais griller sur place à coup sûr.
A défaut de ramer comme le galérien pour pas grand chose, je rampe des bras, je lève le cou et croque entre les épines en pensant à ce vieux Malbec dans mon verre cathédrale, juste avant que je parte pour le désert, épine-vinette mordorée transpercé de soleil à travers le cristal rond de mon ballon, si loin déjà. J'ai avalé du raisin, je bouffe du sable et me désaltère au xérophyte. Mes yeux convulsent, je voix la vallée de la pluie.

L'eau coule sur mes canines, me noie la glotte et me lave le menton, overdose de flotte fluo, l'extase allongé sur le sable géant. J'ai dû mâcher un fungi pas catholique sur ce figuier de Barbarie, ils dansent tous avec leurs yeux de reptiliens affamés .. « Desesperate man » on the sand. Mon acupuncteur est un fucking fakir, il m'a pris pour un branleur, il m'en a mis partout, je meurs de soif et je me roule dans ce pourpre irradié à épines. Les badigoinces ensanglantées, la langue charoïte, l'oeil médusé sur les Cactaceae, je bouffe tout, chacun sa gueule, même si je suis tout seul dans ce grand désert hallucinogène et troublant, Giant Sand est un groupe indispensable depuis que les déserts existent. Il revisite, reprend, c'est encore meilleur.... Je lâcherai jamais, je veux du « Body of Water » à fond, jusqu'à plus soif.

Giant Sand 2019 « Recounting the Ballads of Thin Line Men »
2018 « Returns of valley of rain »  label : fire records


jeudi 31 octobre 2019

Higelin "Halloween"








Trois billets pour "75". 
Mais avant « Amor Doloroso », son plus bel album, son écoute est devenu récurrente, cyclique depuis plus d’un an. Nicolas Comment vient de publier un livre magnifique sur Jacques, photos, souvenirs, rencontre période ce disque là, une très belle écriture, un livre touchant.
Pourquoi pas un deuxième billet sur cet opus 2006 dirigé par Burger et Mahut, son grand retour, des tonnes de chansons et de mots pour ne garder que ce disque et son bonus qui suivra « Coup de Foudre ». Du monde partout autour de lui , 8 ans de silence, Oléron, Hérouville, la vie autour sur la bande comme son cœur qui bat.
Peut-être aujourd’hui 31 octobre est-il plus judicieux d’écrire pour le champagne et le caviar, mais sans cesse je reviens à l’ « Amor Doloroso », puis à ces yeux hématomes de « 75 » qui me hantent. « Halloween », valse citrouille sublime sur une mélodie à pleurer. Et je rabâche « Ici c’est l’enfer », émouvante version au Bataclan en 2007. J’ai aussi du « Paradis Païen » dans le bulbe.. je ne m'en sors pas..bien fait pour moi. 
Pour diluer un peu ma répétition, je découvre ces derniers temps, le concert de  Mogador, triple vinyle ou double CD, la scène faramineuse, à la hauteur de Lou Reed "Rock'n'Roll Animal" dit Nicolas, en plus circassien.  Le dantesque live 81 qui fait mouche à chaque fois, dithyrambique, colossale, monstrueux, est restitué comme si on y était à chaque fois..  le flot Jacques éclabousse, l’énergie Higelin méduse.. je ne m’en sors pas dis-je. 
Les mots se bousculent sur chacune des ses œuvres qui s'étalent sur mon chevet, juste énumérer, lire et écouter sans cesse. Assez perdu de temps comme ça. Ce soir, Jacques brillera aux lanternes.. irradié à travers les porte du fauve, "La mort, la mort, la mort toujours recommencée".




 


Soit dit en passant, j'ai découvert Nicolas Comment avec "Nous étions Dieu", un album 2010 que je range parmi les plus beaux de par chez nous. "Rose Planète" n'a rien gâché du plaisir. Je découvre ses mots et ses photos, la rencontre définitive.
 


mardi 29 octobre 2019

Simon Joyner 2019



A la Porte de Vanves un bouquet de Ginkgo Biloba brille comme un phare solaire à l'orée de Paris. Prévenir du danger, récifs humains, âmes sensibles s'abstenir, attention naufrage.
Il fait à peine clair à cette heure à demi dévastée, la mousse revigorée s’enchante du retour des champignons.
Le jaune et le blanc du chèvrefeuille entortillé s'entiche du violet des bonbons du Callicarpa. Le vent les fait se toucher, l'un pollinise, l'autre montre ses fruits, aucun soucis pour la différence d'age, la danse est si jolie. Et déjà l’œuf albumine blanc pompe le pourpre betterave de la douce tubercule.
C'est un matin d'automne, je suis chez nous et ce beau crachin appelle à se vautrer, carcasse naufragée sous le ciel lourd et gras.
Des touffes de jaune brillent à l'horizon, des petits phares éclaboussent la purée, ce lavis d'encre de Chine, de l'or caresse la gorge et la joue droite de Simon.
Daniel est parti, Bob peut se rhabiller, Simon garde ses rêves.

Simon Joyner 2019 « Pocket Moon » label : grapefruit


 

dimanche 27 octobre 2019

Louis Jucker 2019



Le son et l'os, construction cellulaire sur de la moelle. Des morceaux de bois ayant vécu, du ligneux dominant, de la sève élaborant le temps. Empilement de sec, matrice résonante, syncope des cycles récurrents.
Louis Jucker est un musicien Suisses, bassiste, membre d'Autisti, The Fawn, Coilguns, Red Kunz... architecte et paysagiste sonore. « Krakeslottet » son nouvel album solo est un tableau hyperacousie capté à laide d'un enregistreur performant, le Zoom avalant sur les notes le son pointu d'un field recording lointain et envoûtant. Océan, église, l'espace est happé. La bande son des grands espaces, écrin acoustique et des vastes échos .
« Processus intime », « notes sur un carnet de voyage », fantasme musical, des points de fuite, une idée précise de restituer l’essence du son. Hypnotique, psalmodié, habité et chanté, c'est un moment d'écoute fantastique entre des murs automnales en huis clos sans plafond. Hummus records, quel autre nom ?

Louis Jucker « Krakeslottet » label : hummus records

mercredi 23 octobre 2019

Gérard Manset 76





Tiens, te voilà toi. Où étais-tu depuis les Saints de glaces ?
Une assiette d'eau de pluie et te revoilà, à te secouer les plumes dedans. Il aura fallu que le jour diminue pour qu'au son de mon balai à feuilles tu viennes me chanter ta fierté à nouveau.
Tout l'air trouble envahi de soleil métallique est nébulisé par la légère brouillasse sans vent aucun.
Le bois est rentré, tu te baignes au pied d'un stère qui va bientôt y passer. Plus le ciel se lève, plus la lumière se répand.
Moineaux, mésanges et même la pie noire, tous assistent à ton bain vigoureux et crâneur. Le froid est à nos portes.
Tous nous te regardons te sécher sur la faîtière, et ta gorge rouille se gonfle aux rayons nacrés du soleil. Ton œil vif guette les lames fines de mon balai à feuilles, des petites choses à manger du bec.
Tu m'a manqué p'tit con même si je sais que tu as dans tes plumes au collier vermillon, une certaine idée de l'hiver.

Je rentre, le soleil attaque le prunus et l'eau froide de l'air tombe sur les épaules, tu peux descendre du toit.. il y a plein à becqueter sous tout ce que mon balai a ôté. Je te connais, petit affamé.

Gérard Manset 1976 "Rien à Raconter" label : EMI

dimanche 20 octobre 2019

Etienne Daho 1996 / 2019



Quelque chose se passe dehors, l'inévitable pèse, l'éponge est jetée comme la lumière qui se tamise. « Mourir pour renaître ».
Quelques chose se passe, une menace, la dormance avant une nouvelle naissance. Les résurrections de chef d’œuvre ne sont pas du remâché, c'est un nouveau printemps qui revient, le même incendie, revenir à l'essence. L'essentiel doit se rappeler.

Un tsunami de gris trempé dans sa plus belle lenteur dégouline sur nos teints visqueux. Et pourtant les murs jades vibrent, une lumière vert d'eau en phare d'absinthe attire toutes les pupilles cendrées. Un turquoise luxuriant brave la brume, l'horizon s'allume, la chlorophylle repart de plus belle et va danser une dernière fois avec le carotène d'un bronzage sous les plus vives lumières salées.

Révolution sonore, florilège de mélodies, abondance des mots, dans la veine du paradis l' « Eden » à nouveau.
Exigence de tout, hyper travail, apothéose sonore, un objet d'art revient nous éclairer et nous guider dans cette purée anthracite qui se dessine. Plombé, ciel déglingué, le crachin tiède de l'automne, la nuit sans fin déboulent sur les fades ombres allongées.
Et puis « Soudain ». La lumière du cobalt clair, des profondeurs émeraudes, de l'ocre siliceux, du blanc écume que la lumière titane tétanise sur des fado étranges, une idée d’éden enfin, à nouveau. A la tienne Étienne.. « entrez entrez dans le jardin », l'eden est sur la terre, trouée, percée, éclaircie, topaze...il vient de revenir à travers la grasse brume des matins qui s'alourdissent.

Tout n'est que commencement.

Etienne Daho 1996/2019 « Eden » label : virgin


dimanche 13 octobre 2019

Iggy Pop 1995



« Ici c'est l'enfer » ??!!! ?? j'ai dit ça moi, hier soir ?? ça aussi ?? promis je vais déglinguer les murs de ma prison mentale...
Ah ouaih, j'ai balancé tout ça, moi docile comme un fossile .. « L'amour est mort » ?? c'était pour les alentours, je voudrais qu'ils soient tous comme nous, le monde serait plus joli, J'adore ton îlot trésor.
« Océan d'insomnies..visions scandaleuses ».. cherche pas, je suis très hexagonale en ce moment, j'ai bouffé du Higelin toute la journée avant la soirée.

Juste si on pouvait parler un peu moins fort, je broie du noir là, je vais moudre le café.. tu vois j'ai encore de l'humour!!!:D ....quoi il est déjà coulé ?? je veux bien merci... bisou ??
J'ai un casque de plomb sur la tronche, mon amour tu te souviens, « je t'aime telle » ..hein ?? j'ai pas arrêté de le dire ?? j'ai dansé sur Jacques, je t'ai embrassé partout et me suis endormi comme une merde !!!! Tout le monde était parti ?? personne !!!! .. ah merde.

Hummm l'occiput me pèse, prends-moi dans tes bras, enlève-moi ce truc hideux sur le crâne j'ai des paupières de clebs .. J'ai rien sur la tète ?? tu es sûr ?? « Outta my head » ..
Comment tu sais que c'est mon disque préféré de l'Iggy.. pour la pochette ??..ah d'accord.. t'as raison je le mérite. Il est « Free » et moi je suis frit ??.. ahhh ahhha marrant ... aïe, baisse un peu le volume... c'est vrai qu'il est bon ce disque... « I wanna live.. » ouaih je vais me recoucher, j'en tiens une bonne. Tu viens ?? « Innocent world ».. tout comme moi... allez viens..je t’appartiens.. Bon tant pis, je pars tout seul en prince au padoc, nan pas paddock, padoc, putain le casque... ici c'est l'enfer.

Iggy Pop 1995 « Naughty Little Doogie » label : virgin


vendredi 11 octobre 2019

Jacques Bertin 2019







Allez, encore un, et pas des moindres, un de ceux qui vibrent dans mes cellules depuis belle lurette, auprès de Corringe, Léveillée, Escudero, Ferrat, Ferré...
Des 5, Vasca, Elbaz, Brua, Juvin, il ne reste que lui, il n'en reste pas des masses, de ces grands hommes dans la marge, ce beau poète chanteur qui constate et nous chante ce qui est.

"Il faut vivre au désert" dit-il, de plus en plus je crois aussi, tout comme à travers la fenêtre de Thiéfaine. Les maisons tombent, il faut astiquer reluire et bichonner l'économie globale tout en regardant les milliers de bagnoles qui rayent notre au dessus du matin au soir. Nous avons peur nous autres du ciel qui  puisse tomber sur nos tètes. Pluie de kérosène grillé sur nos paupières connes.
Le monde voyage et les bistrots ferment. Posons-nous.

Plus de zinc, comme celui de Dédé, et ce n'est pas un cliché, juste une idée définitive, à jamais ou plutôt pour toujours. Dos-d'âne, chicanes et ronds-points à n'en plus finir, quand on freine et redémarre ça pollue.. cirques vicieux infernaux, et la masse qui s'exprime est un appel aux abymes. Déjà maison du monde dans sa plus belle pornographie exhibe depuis quelques jours ses boules rouges, blanches, pailletées et quelques décorations de Noël, plus aucun respect pour le orange citrouille dont tout le monde se fout, comme moi.

"Je voudrais d’éternelles chutes de feuilles 
 L’amour en un sanglot un sourire léger"....

Je frissonne sous ce grand peuplier aux feuilles émotives, sous ce bel arbre avant qu'elles ne tombent, ses feuilles tremblantes, j'écoute le nouveau Bertin, une nouvelle collection de poignantes chansons. Respirations profondes, larmes d'ivresses, "Tant que le Tremble tremblera, le monde existera".



Jacques Bertin 2019 "Ce qui reste, ce qui vient" label : velen

lundi 7 octobre 2019

Samir Barris



Il semblerait que je sois enfermé de l'intérieur. Le tracé hexagonal me contente. C'est une passade récurrente et déjà l'envie de passer la frontière me réveille. Juste après Lallemant et une virée complète chez Thiéfaine pour le week end, j'ai tenté quelques internationalités.
Il aura fallu une valse sur le fil pour m'accaparer à nouveau la langue. Et puis qu'à cela ne tienne, la brèche libre francophone de l'hexagone est là, on aurait pu le croire du Québec comme Lapointe Pierre, Samir Barris est de Bruxelles et déjà on tangue sur l'été passé.
« Fin d'été », il est temps de choper le temps, le magnifique automnale de cet album post estival. Le cèdre pollinise sur les maïs encore debout, et le raisin déjà est dans les cuves.

Septembre est passé, il traîne sa douceur, il se traîne jusqu'au temps d'un chagrin que la poésie fait sourire sur un charmant climat.

A entendre partout des épreuves sonores douloureuses pour le bulbe rachidien, d'Amir à Mae en passant par Mika, Samir ex Melon Galia est là pour nous enchanter. Les mêmes couleurs que les paysages d'Ivan Tirtiaux, des ondes De La Simone, d'Anselme, sur des mots à lui ou mal armés, voire de Verlaine ou de Ronsard.. tout ce qui est beau à écouter, cet album est une petite merveille. 

Je vais vers l'hiver à reculons, j'avance et je regarde la fin de l'été qui traîne encore.

Samir Barris 2019 « Fin d'été » label : team 4 action

jeudi 3 octobre 2019

Bastien Lallemant 2019





L'aube longue traine sa rosée sur tes doigts allongés. Tu m'as englobiné, ça va dégouliner sur les globes. D'où je suis ici bas, on devine l'au delà, on a beau voyager sans cesse, ailleurs c'est pareil qu'ici, quand c'est avec toi.
Ralentissons, il n'est pas très long le chemin. Laisse dégouliner, asperge moi sous l'aube blonde avant qu'il ne fasse trop sec. Prends ton temps, j'aime trop ton tempo, ralentis ton souffle je n'entends plus tes veines qui accélèrent.
Je suis déjà sur l'horizon ovale, et à peine je glisse sur l'eau d'ici, ta mer d'huile.
Je t'en supplie laisse couler tes maléfices sur mon aube longue qui m'en finit plus, je danse avec toi sur ton rituel détrempé, de l'autre côté de la clairière, l'ondée nouvelle avale les premières lueurs.
Un jour je ne te ferai plus danser.


Bastien Lallemant 2019 "Danser les Filles" label : Zamora productions




Fantastique élégance sur un super groupe, Jp Nataf, Seb Martel, Babx et Fabrice Moreau emmenés par Bastien Lallemant. C'est un auteur que je bichonne auprès de Belin, c'est une intimité acoustique délicieuse pour écouter les mots, même le lambris Grévin en façade aspire au savoureux.

 

mardi 1 octobre 2019

Thomas Fersen 2019


Je suis gêné de le dire, pour moi, la virée Ginger fut un accident. Il aurait bien fallu tôt ou tard que ça s’arrête. A l'époque, j'étais encore au paradis avec les loups-Garous. 
C'est à nouveau gris de pochette, les lapins qui cavalent soudainement sous les plombs champêtres oublient leurs ronds de carotte. La lune est si pleine à nouveau, comme au dessus de la chandelle et des moucherons, de Hyacinthe, Germaine, Félix ou Sandra, que les zombies peuvent venir à l'assaut de tout ce qu'il nous reste. 

De daim ou de diable, nous sommes affamés de belles histoires, de jolies mots épousés par nos existences ternes ou folles. 
Ce soir, sous les accords de banjo de "C'est Tout ce qu'il me Reste", une purée de carotte est venue tenir compagnie à ma saumonette. Je sais pas pourquoi, j'aime manger ce truc si bon avec des carottes en purée. Toute la journée j'ai attendu la nuit, avec l'envie de ne rien faire tout battu par un bourdon tenace mais pas teigneux. Les chansons défilent et laissent filer la soirée sous une lumière jolie qui ne la ramène pas. Le vrai problème .. on verra au prochain crépuscule. Campanule, Lupin, Corête et Clématite, tout tombe en décrépitude. Même la nuit arrive plus tôt, peu importe.. envie de ne rien faire et de l'attendre quand même.
Je sens le grand grand retour de Thomas Fersen.

J'ai juste envie de ne rien faire
D'autre que d'attendre la nuit
Quand il fait cette chaleur d'enfer
Il fait tellement lourd aujourd'hui

Je suis seul avec le bourdon
Qui s'ballade comme une grosse dondon
Avec son manteau de lapin
De la campanule au lupin


Thomas Fersen 2019 "C'est Tout ce qu'il me Reste" label : éditions bucéphales




dimanche 29 septembre 2019

Eicher / Lo /Arno 2019


Sans pour autant se vautrer dans la grisaille, dans le gris nous voici. Un ciel de plomb ce dimanche, avec des gris talentueux, venteux, resplendissants et nuancés, des choses qui nous parlent. 
Mon hamac se balance avec sa peau de serpillière détrempée, au loin les chasseurs balancent du plomb sur nos plaines pesticidées, la plombémie terrestre des campagnes préoccupe beaucoup moins que le toit fondu de Notre Dame. 

Du plomb, ils en ont dans leurs ailes ces trois là. Stephan, Frédéric et Arno. 
Il fait gris, je me colle aux pochettes d'alors, nouveau triptyque, trois nouveautés magnifiques. Et puis ça tombe bien, Eicher est aussi chez Lo pour un beau duo, il y a Medeiros aussi et cet esprit Beaupain, Jacno qui règne sur "Hallelujah!". Arno fidèle à sa force... 
Aussi, "Homeless Songs" reste un petit chez d’œuvre, l'apothéose de Stephan Eicher.

Stephan Eicher 2019 "Homeless Songs" label : electric unicorn music
Frédéric Lo 2019 "Hallelujah!" label : water music
Arno 2019 "Santeboutique" label : naïve



jeudi 26 septembre 2019

Rachid Taha



L'automne.
Le carotène va manger le vert sous des gris célestes flamboyants.
Les cèdres ont passé un pacte avec Orion, ils soufflent leur poussière safranée sur nos fronts, bien longtemps après les pins et les cyprès.

Soufre sombre zébré de cendre, regard de braise, raz el hanout en fard sur nos regards cimentés. Ce soir ma petite chatte ocre poivrée auprès de toi je me couche.

Rachid Taha 2019 « Je suis Africain » label : naïve

samedi 21 septembre 2019

Fabien Martin 2019



C'est l'automne à quelques poignées d'heures près, et déjà le beau jaune d'un rose mordoré est monté sur les stands. Il a beau se rendre timide soudain et bas le soleil, il brûle encore, avec des flamboyants souffles pop. Mais c'est bientôt l’automne quand même, faut pas pousser, Fabien Martin c'est aussi la belle mélancolie et je fonds sur les premiers « Nuages » qui arrivent. Le Littoral était magnifique avec son ciel de traine, sa croisière qui s'emmerde, « aMour(s) » arrive et c'est l'automne.

Pop certes donc, mais surtout de merveilleuses chansons de par ici, chatoyantes et chagrines. De l'amour avec un grand « aiMe » et l'armée de questions qui va avec, nuages, canicule, mordoré et grisaille, intimité et envergure.... des voix d'enfants et des regards qui mûrissent, « aMour(s) » est un concept hyper touchant, du sourire au poignant, sur les sentiments qui nous animent.

Dès la première seconde, explosion d'oxygène avec un gimmick vocal à la Polnareff , « Nina Myers », fantastique danse amoureuse juste avant de croquer la pomme rose, il n'en faut pas moins pour décrocher la lune ou marcher sur Venus. Je gravite toujours autour de ma conquête spéciale à moi et j'aime ce qu'il se dit ici sur mes yeux d'astronaute tapé. Et puis finalement dans la grande vie amoureuse, les intermèdes viennent lier comme le silence du son, le blanc du lin.. tant qu'on est dans les bras l'un de l'autre. Je cherche déjà sur mes cordes les beaux accords de « Nuages » en attendant à nouveau ses bras, cette belle mélodie à déposer sur son étincelle, comme mon tout dernier regard sur son cul. J'aime l'idée que ce n'est plus comme avant, même avec la belle et grosse boite à chaussure de photos que l'on traîne avec le fil, des soirées d'automne à regarder toutes ces étincelles permanentes.

Comme une belle « FantaisieLittéraire » avec des airs de chansons pop sous des parfums de torride automne. Fabien Martin est indispensable par chez nous.


Fabien Martin 2019 « aMour(s) » label : littoral records



mardi 17 septembre 2019

Scorpions 72



C'était mieux avant, avant de lire un excellent papier sur le Krautrock. Avant d'essayer de comprendre et d'en découdre avec cette tiquette là. Oh bien flou quand même le truc de la chose. Avant j'avais Can ou Neu ! comme point de mire. Je les croyais épicentres du mouvement, avec en gravitation les Kraft Popol Ash Ra Faust... mais voilà..
Pourquoi j'écoute le premier album de Scorpion en boucle ?? parce qu'il est (selon Gonzaï donc) dans la liste idéale des Krauts comme il se doit d'écouter dans l’histoire ici du rock d'outre-Rhin. C'est vachement bon le début des Scorpions, Zep Sabbath de là bas ??

Scorpions pour moi, j'ai découvert en 1984 .. (bah ouaih, c'est comme ça, y'a des ondes qui passent même sur des îles isolées.. comme bientôt la 5G). Je n'étais pas bien mauvais en géographie à l'époque, ni très bon non plus, ceci dit il m'a fallu bien des décennies pour les assimiler comme Germains.. en même temps il paraît que les Bee Gees étaient Australiens ?? oui mais la langue des frères Gibbs....
Alors voilà, ce groupe formidable, se place dans le Kraut car, selon les bristishs qui se gaussaient des groupes de ce coin d’Europe qui marchaient et qui chantaient en anglais, étaient des Kraut, des Choucroutes rock, des mecs à part, des pas comme le rock tout court... à part ça, je n'entrave plus que dalle au mouvement en dehors de ce zoom géographique d'alors un peu concon.

Ils étaient barbus à l'époque, le chanteur sans casquette, et ils couraient tous sur la colline comme des Charlots féroces en déserteurs. Des tronches de Supertramp, voire BJH qui pour des anglais, ont eut leurs plus grands succès en Allemagne.

« Lonesome Crow » est superbe, Kraut ou pas, c'est du rock Prog lyrique comme j'aime, le morceau éponyme dantesque, cosmique et vaporeux, divin, hippie et terrestre à la fois.

Bon les p'tits gars, c'est quoi le Kraut ?? plus je lis, plus je divague.. je suis en 1972, déjà Klaus mène la barque, et je découvre un groupe que je n'aurais sûrement pas écouter sans un grand papier sur un mouvement certains et qui a laissé sur moi le doute, le trouble, l'incertitude mais aussi le plaisir définitif à l'écoute de ce brûlot initial tout en ne sachant jamais la substance de ce son de quelque part que quelques uns ont défini ainsi.
Un paquet de disques à écouter, sur les starting block, « Lonesome Crow ».

Scorpions 1972 « Lonesome Crow » label : brain / metronome

vendredi 13 septembre 2019

Debout Sur le Zinc / Boris Vian





Là pour le coup, je me suis abstenu pour la pochette, superbe soit dit en passant. Mais il faut à tout prix que je me débarrasse de cet épidermique embarras. Boris Vian quand j'étais ado m'a retourné le cerveau avec ses mots. On a dit rien sur le physique et pourtant, et je ne suis pas le seul apparemment, cet artiste a un sosie depuis quelques années, le micron-minuscule prédateur social est venu lui voler le visage. Depuis je retourne mes bouquins des romans que j'aime avec dedans Chloé et Colin.. "J'irai cracher sur vos tombes", "Et on tuera tous les affreux"..... Pas grave, ça c'est fait, il me reste les mots, et puis parlons debout.

Sur le zinc astiqué pour faire reluire l’œuvre, pour brouiller les moues et les faciès, faire briller le miroir et sourire les visages je vois un groupe de 6 musiciens de rock-jazz manouche-slam-blues experts dans la chanson... eux sur scène depuis des mois revigorent le Boris, comme pour faire oublier une autre tête. Et dire que gamin, j'adorais « Le Déserteur », avec celui de Renaud en plus, et en bonus le Balavoine « J'ai pas voulu faire Mon service militaire J'voulais pas obéir à tous ces gens-là Et puis, l'uniforme qu'ils m'ont proposé N'était pas coupé pour moi C'est tout J'voulais garder mon blouson M'ont foutu en prison ».. mais ça c'est une autre histoire..

Là aujourd'hui sort un beau disque, vendredi 13 novembre,  je suis dans la rue de Panam de bon matin, il y a des piétons partout et des vélos à la pelle, l'avenue chante un air de soleil blond, c'est chouette les gens à bicyclette. Je marche avec dans mon casque les airs fantasques de poésie moderne de Boris Vian chantés par DSLZ. Quelque chose d'heureux allège mon pas, j'entre dans le 13ème, pas loin d'ici la rue Watt. Les rames de métro sont à l'arrêt, je danse parmi la marais de biclous, des idées de liberté et de fleurs sauvages. On ne se refait pas, l'anticonformisme m'a toujours embrassé.
La force de Boris Vian n'a jamais été autant d'actualité, quel autre groupe pour le chanter ? Tellement repris, mais ici DSLZ a composé 5 musiques originales. Ils l'ont recueilli et bu cette formidable poésie pour la remettre sur les rails neufs des lendemains pleins d'espoir, et même si j'ai des doutes sur nos surlendemains, du Vian sur le Zinc, ça fait un bien fou.
J'ai vu aussi la force du groupe sur les planches, c'était le 12 novembre 2016 à Rambouillet.. quel autre groupe vous dis-je ?

Notre petite monnaie se fait la mâle, de nos poches vers les gros coffres, y'a du soleil sur nos campagnes, j'ai dans mon crane le bel air de "La valse jaune"..obligé, avec un petit sourire anodin ou presque je repense à notre cher résident de la république, Mathurin la fleur .. on avait dit pas le physique.. mais bon, dédicace, une petite chanson pour lui.


Debout Sur le Zinc 2019 "Chante Vian" label : Jacques Canetti
 

lundi 9 septembre 2019

Vanessa Wagner 2019



Parce qu'il s'agit encore d'une pluie d'été malgré bon sang ce foutu réveil qui sonne depuis quelques semaines en pleine nuit. Puisque l'odeur dehors de cette nuit sous la fine pluie radine charrie tous les parfums d'une saison bien tapée, d'un été qui a battu les plaines, corrigé nos doux dômes ocres asséchés..et puisque la foule infernale s'est replacée là où elle doit se retrouver, je replonge dans l'épure, le silence qui tourbillonne entre les notes.

Ce matin encore, le vent plein ouest, j'ai mangé ma plaine. Pas âme qui vive, seuls péniblement les tracteurs enfouis sous la poussière des herses grappillaient les sillons, les nuages de terre avides comme des incendies.
(Inland) de Vanessa Wagner, comme pour prolonger mon matin. Ces quelques gouttes de pluie comme une eau de parfum.

Vanessa Wagner 2019 « (Inland) » lanel : infiné

jeudi 5 septembre 2019

Roseaux II



Il est tombé le disque le plus beau. Depuis quand cherche t-on la beauté ? L'intégralité des émotions, de l'exactitude sur de l'acoustique à perte de vue, comment chose aussi belle est-elle encore possible ?
J'ai d'abord cru à un collectif reprenant les beaux standards du globe, en fait c'est un trio sur des écritures originales (à deux exceptions près) et quelques voix sublimes, tellement belles qu'on croirait les chansons écrites pour elles.
Tant de choses dedans, tellement de quelque part, une recherche de pureté et quoi d'autre sur le moment pour se détourner de la grande pâmoison ? "ROSEAIIX" est la respiration du ciel à la seule condition que la plante de nos guiboles soit collée à la croûte. Va s'imposer comme une chose naturelle sur cette rentrée ce bel opus bleu trouble.. Tout étaler et voir ce qu'il reste des jouissances alanguies, de la gravité des rythmes, du sérieux des sourires, de la totalité... Va falloir le hurler sur tous les toits, vers toutes les souffrances et les joies, le mettre bien fort pour étouffer le bruit alentour, pour que le sang respire, les cœurs bouent, les peaux se croisent et les regards nous transpercent. Quatre ans de travail, rien au hasard. Absolument rien.
Filles ou garçons, cordes ou cuivres, soul ou jazz, n'importe quel continent, tout est beau à se tordre.
Sans jamais chavirer, tout tangue à cœur rompre jusqu'à la dernière note... "Waves of sorrow" comme le dernier souffle d'un piano ankylosé de désir, quand tout a commencé sur la flûte séminale de Claudio "Cacau" Queiroz. Bien loin l'envie de mentir ici, j'ai pleuré dès la première chanson, ce "Kaät" lacrymal, joie suffocante. Habituellement mes larmes sont réservées au cinéma, sauf ici, pour une fois.
Les fautifs : Émile Omar, Clément Petit, Alex Finkin.. artistes évidemment, mais aussi producteur, réalisateur, directeur..
La lumière : Renaud Letang
La distribution : Blick Bassy, Ben L'Oncle Soul, Anna Majidson, Olle Nyman, Mélissa Laveaux, Aloe Blacc
Les paysages :  blues, balades, baroque, bastringue, samba, reggae, folk, bossa-nova, swing, cordes, classiques, choral...
Le temps qu'il fait : nostalgique, torrentueux, parfumé, boisé, tempéré, doux, et ravageur...
Va falloir le dire partout, ce joli Roseau.
Roseaux  2019 “II” label : tôt au tard




lundi 2 septembre 2019

H-Burns 2019



Les grands folkeux de l'Americana chantent aussi au creux de nos collines. Rien à envier.
Un bout de temps que celui-là nous ouvre les espaces et traînent ses savates dans nos campagnes façon Damien Rice, Mark Oliver Everett, Elvis Perkins, Grandaddy (« Crazy ones »), Damien Jurado, The Walkabouts, Sparklehorse (« Saturday »)...


Il est de par ici, tout comme Maarten ou Perio, son Colorado est vert fleuri gorgé de frais ruisseaux généreux. « Midlife » est une bouffée d'air des grands plateaux avec des mélodies resplendissantes.

Il a débuté en 2006, le label Boxson en 2008 m'a fait découvrir H-Burns. 9 disques plus tard, H-Burns sort ici son meilleur.

H-Burns 2019 « Midlife » label : vietnam / Because