jeudi 23 mai 2019

Mac Demarco 2019



Pas con ce téléphone. Il m'a littéralement banni quand je lui ai mis mon majeur dans l'orifice du verso. Je suis pas complètement con non plus, j'ai voulu communiquer et tester un peu sa sensibilité épidermique avec un autre doigt, l'auriculaire ne me tentait pas.
L'index, là oui, il démarre au quart de tour..l'est pas con mon phone. Il s'est ouvert et m'a tout donné. Je n'en demandais pas autant, à part pour l’œil nos doigts s'emmerdent. Bon, je savais qu'il allait répondre au doigt et pas à mon œil, et j'ai ouvert grand mes oreilles. J'ai succombé une fois de plus grâce à mon index droit bien ajusté au verso de mon téléphone, à la nonchalance de Demarco.
Il a mis le doigt là où il faut, sur l'envie de me laisser vivre, de me faire du bien, de faire le chien... ça passe, coule et défile comme jamais. Comme une compression sur une artère hémorragique anxiogène qui freine la journée guimauve mais qui n'en finit pas de gicler.

Pas con ce train. Je suis dedans a tâter du doigt mon téléphone et mon casque fait « Choo choo ». Il est bondé, tous les regards baissés sur un téléphone et moi, le doigt dessous, je le quitte des yeux, plus d'écran, les phalanges en berne je me laisse prendre par la nonchalance de Demarco une fois de plus, Lo-Fi minimal mené d'un doigt de maître en la matière. Plus d'un album par an, moi je suis et j'aime bien les bavards.

Mac Demarco 2019 «  Here comes the Cowboy » label : mac's records

mardi 21 mai 2019

Prince 1999



Pas bien loin d'où je bosse, je trainais ma carcasse au mitan de la journée, comme pas mal de midis. Butte-aux-cailles, un coin piéton pas bien loin où les voitures passent à gros bouillon, je tombe sur lui, ce mur silencieux fantastique. Du coup je me dis ça serait pas mal d'aller chercher l'"Ultimate Rave" fraichement restauré. 
C'était au siècle dernier "Rave un2 the joy fantastic", moi je suis paf de "The Greatest Romance Ever Sold"..mais bon, le disque, les bonus, le DVD, une tuerie ... du coup, je l'ai ramené pour ma soirée. Une tuerie.

Prince 1999/2019 "Rave Un2 the Joy Fantastic" label : NPG








samedi 18 mai 2019

Cochemea



Ravines, friches et ravins, prairies, champs et chemins, j'ai dû bouffer trop de Cigüe.
à moins qu'il ne s'agisse de l'Ivraie.
C'est d'époque, à mâcher les herbes folles qui tanguent les étendues depuis quelques jours, j'ai attrapé la chaleur de la tète, la faim de l'affamé, la brûlure des idées.

Cochemea souffle les poussières du Poa, j'ai dansé toute la nuit, allongé, sans rien dire à personne, pas même la rousseur de la lune.
C'est la brulure du cerfeuil des fous, les dents qui claquent sur le bois gentil, la tète into the wild... ce disque intemporel m'a mis la transe, du 70's soul jazz comme si j'y étais, la tète me tourne et je fixe le ciel où ondulent des fantômes cuivrés, des sons chamaniques, un passé culturel noir de monde, lui, Cochemea Gastelum est une légende au saxophone volcanique, c'est son deuxième projet solo, tous les esprits délirent, et moi ivre de cette découverte, je finis de mâchouiller mon cerfeuil des fous à plûmes. On verra bien si au bout de "All my Relations" j'arriverais à me lever.

Cochemea "All my Relations" label : daptone 

mercredi 15 mai 2019

Ivan Tirtiaux



Je n'aime que ça. Des chansons sur les saisons, les cailloux, les fous, les rameaux, les feuilles sur des branches, des petits airs à tomber à se sentir vivant, des petites tranches de tout le monde.
Oh évidemment les références vont fuser, Higelin, Anselme, Jesenska, Simon, Tachan, un peuple de rosiers, Brassens et Martin, des ruades, De LaSimone... Ivan Tirtiaux joue ses chansons avec le pinceau d'un peintre.

C'est le temps des herbiers, des feuilles sur du papier, chacune de ses chansons à garder sur une feuille pour raconter à jamais, l'histoire des poètes de par chez nous. Le mois d’août dans le jardin du grand-père, je m'en souviens encore moi aussi, dans les plus tendres détails.
« Réveil » ?... jamais nous ne verrons grands les arbres que nous plantons. Nous n'avons pas planté ceux que nous arrachons. Pourtant dans les feuilles et les écorces nous vivons.

Des vents de cordes plein la tète, plein de musiciens derrière, c'est son deuxième album et je ne m'en lasse pas.

Ivan Tirtiaux 2019 « L'Oasis » label : le furieux

samedi 11 mai 2019

Jay-Jay Johanson



Rudoyé par une météo de cendre aveuglante, lessivé par des heures de saucée au grain permanent, je vais vite me réfugier chez Jay-Jay Johanson avec qui j'aime bien vivre cette météo. Gimmick, electro pop, crooner, mélodies, bossa triste et ballade dandy. C'est bien lui une nouvelle fois. Et quand la pluie tiède revient sans répit, Jay-Jay n'est pas loin.

C'est même bien pire que ça, juste à l’abri du rideau d'eau, je déguste ses nouvelles chansons magnifiques, et comme pour parler au ciel gris qui n'en finit plus de descendre, il me vient une mélancolique envie de fumer. Que sorte de ma bouche les mêmes nuages infligés. Bien sûr c'est pas bien, me faites pas dire ce que jamais je n'avais l'intention d'avouer, c'est pas bien. Mais là, avouez, juste à attendre l'éclaircie sous l'appentis et le bruit des clapotis, quelques taffes n'auraient pas été un luxe ni une quelconque angoisse hypocondriaque. J'ai dépassé l'année sans fumée, oh je n'étais pourtant qu'un piètre fumaillon... et là, l'envie d'aspirer à plein poumon les nuages qui plombent, avec « Kings Cross » dans le crane.... Sont souvent grises ses pochettes, ça lui va tellement bien, c'est tellement beau l'intimité mélancolique qu'il chante à chaque opus. Une tige qui crépite comme les doux scratch de son électro discret, l'hyperhygiénisme qui nous envahit m'emmerde d'une force.

C'est une aubaine ce temps, quand JJ Johanson sort un autre album superbe, feutré et envoûté.

Jay Jay Johanson 2019 « Kings Cross » label : kuroneko media / art29music

vendredi 10 mai 2019

Caboose






Ligne de fuite à travers le feutre, tangentes qui se croisent filent entre les doigts, qui m'a filé ce disque ?
J'allume mon truc et le machin démarre, endiablé, riff de poussière. Dandy Horsepower à la Rudd P.Hinson.
Il est là dans mon suppo du train à couiner son blues de vieille godasse sur mon ciel plombé à moi. Ça vient d'où ?? c'est à qui ?? qu'est ce que ça fout là ?? Il est arrivé tout seul, me souviens de rien, c'est pas moi, c'est le diable au croisement fatigué de ma quotidienne brute et de ma vie de chien en rut.
Je sais pas si vu d'où vous êtes, avec l'autre ligne de fuite, vous déglinguez pareil votre rocking-chair mou sous prétexte qu'il lâche un peu le rythme de cette vieille grôle qui tape du pied... en tout cas et ceci dit, y'a un disque dans mes écouteurs croisant le fer du chemin roulant qui m'emmène de mon plein gré, que je sais pas du tout ce qu'il fout là, et qui me l'a filé. Diabolique, flippant, d'autant plus que je suis mouché comme un bleu, que ça s'écoute à jouir et se laisse bander comme un bison malté.
Peu importe ce qu'il fout là ce disque.. pas trouvé grand chose d'eux sur la toile, alors imaginez sur le net... Je prends et je garde.. c'est Caboose avec « Hinterland Blues » qui claque la face comme il faut.


Caboose 2019 « Hinterland Blues »


mercredi 8 mai 2019

La Poison



Ouaih, alors oui, avec le recul je me suis dit que Aldous pour la grisaille c'était quasi top, un peu trop, moi la grisaille, c'est ma came, même quand il fait soleil. Ouaih mais j'ai plombé Le Toine, et ça, ça méritait un petit coup de gingembre de ma part.
Spécial Tonio donc en ce jour d'armes posées, de déluge, de cordes du ciel « faut-il y grimper ou s'y pendre »... de pluie raide comme un garde à vous, pour me rattraper voici pour lui et pour vous tous une bombe. « Lyrisme, explosion, solaire ».. alors un petit poison. Pas très « Bigger than life » quand même, mais vers l'autre hémisphère de « Designer », le soleil canadair asperge de ses rayons vert irradié.
La poison, c'est un trio de dingo, un genre Shaka Mitsouko musclé et hyper synthétique qui klaxonne des 80's syncopés, uppercut décapant, euphorie et soleil fluo de scène volcanique. C'est un couple à l'origine ; Moon et David. Elle c'est la voix diablement ensorcelante, lui est le batteur fou Lars Sonik (Maximum Kouette...). Le troisième et guitariste, c'est Daniel « Fugu Shima » (Mano Solo, Mano Negra, Saez, Roussel...). Parisiens, début en 2016, planches qui brûlent, La poison, pour le Toine, allez zouhh, il pleut de chien, écoute-moi ça, tu vas devenir un « Super hero ».
….ça brûle et c'est dans les bacs.


La Poison 2019 « La Poison » label : hyp


lundi 6 mai 2019

Aldous Harding 2019



« Je me connais quand même un peu » ….. comme le dit Dominique A dans ma chanson préférée de « La Fragilité », si elle avait été là, devant moi, « J'aurai baissé les yeux ». Peu importe le vent, l'Autan, la Bise ou la Balaguère, je me tiens fébrile devant le souffle d'Aldous et peu importe la houle je me la coule doucement.
De Feist à Joni Mitchell, de Stina Nordenstam à Mus, voire d'Anna Ternheim à Keren Ann, je noie toute ma pauvre faiblesse d'âme au fond de « Designer ». J'ai une vague idée de moi..à la recherche sans cesse du trésaill.... frisonn.... frémissement. Le Très frimissement d'Aldous Harding.

« C'était un matin comme un autre
Je n'étais à rien préparé...... »
Le vent m'a fait lever les yeux...

Aldous Harding 2019 « Designer » label : 4AD

samedi 4 mai 2019

Mes Souliers sont Rouges



Z'ont déboulé en flèche mes grands. La madeleine a tapé leurs oreilles. De l'étage ils sont venus me crier .. « un nouveau Tri Ann » ?? Oui, il faut dire que tout petits qu'ils étaient, moi je passais en boucle les disques des bretons quand j'aménageais leurs chambres. Tous les airs de baladins, malandrins, ménestrels au goût de sel et de terre ont défilé des après-midi entières.
Ils sont descendus le sourire nostalgique. Depuis quand nous n'avons pas mis un Tri Ann sur la platine ? Cette compile que je leur mettais lorsqu'en voiture nous approchions Nantes, pour quelques jours sur la côte. Des vacances en famille.
C'est pas Tri Ann les grands, c'est un truc extraordinaire qui raconte pareil des belles histoires de Curé, de boissons, de mer farouche et de belles filles du coin. J'ai du y retourner moi aussi à l'époque où je peignais leur nouvelle chambre de notre nouvelle maison.. il y a plus ou moins deux petites décennies.
Ils sont descendus et nous avons dansé, dansé à s'en estourdir la teuté. Toute la journée on a tangué, la pluie de neige fondue d'un mai glacial n'y a rien fait, nous avons fait ce qu'il nous plaisait, de Cherbourg à Argentan, avant de s'écrouler harassé comme des marins au retour d'une semaine de pleine mer, fouettés, salés et heureux.

C'est un groupe Normand de folk alternatif. Normand nom de Dieu, ne dites rien aux Tri Ann les grands, z'aiment pas trop tout ce qui est à droite du Mont Saint Michel. Nenni, pas de querelle, le disque est enregistré en Bretagne. Toutes ces campagnes sont belles, celles qui longent les côtes celtiques.. ici ou là bas, là, et cousins irlandais, cajuns, québécois, partout où les planches brûlent, la boisson coule à flot et les cœurs battent en chœur. Il est question de patrimoine culturel qui tremble, de l'histoire qui gorge chacune des chansons de « Ce qui nous lie ». Nostalgie, et je me retrouve il y a quelques décennies à ces heures perdues dans Argentan, quand je lâchais le Paris-Granville pour monter sur Caen, trois ou quatre heures à attendre la correspondance.. je connais par cœur tous les recoins de cette discrète ville normande.... comme en partance pour une ou plusieurs semaines de pèche, même si juste un diplôme j'ai ramené. Des heures entières à Argentan, de tout temps... j'y suis à nouveau, entre deux danses et trois jigs.

Faut dire qu'il fait un temps de chien sur les clochettes d'un muguet à l'odeur de pneus brûlés. Une occasion de danser de Cherbourg à Avranche en passant par le monde entier, par chez moi, tant qu'il y a la mer à quelques idées de là. Alors, venez les enfants, débouler et dansons... même sur le bout du banc.

Culture populaire, émotion des chorales, de l'accordéon, poésie météorologique, éveil des anciens, souvenirs de chacun, il fait un temps de chien, la cheminée s'est réveillée, et mes souliers son rouges.
Gullivan, producteur, fondateur et musicien avec le fidèle Deny Lefrançois, ont embarqué avec un accordéoniste Simon Leterrier de Cherbourg, Jacky Beaucé de la Manche et Eflamm Labeyrie de Nantes .. ils font virevolter tout « Ce qui nous lie ».

Mes Souliers sont Rouges "Ce qui nous lie" 2019 label : antal production

jeudi 2 mai 2019

Robert Forster 2019



Toujours au top le Robert. Excellent chacun de ses disques. Il suffit d'un petit truc perso en plus pour que ça devienne génial, que ça claque plus encore. Là pour le coup, j'ai l’obsession du son de la rythmique sur sa voix, le bruit sec et suave qui tient la veine en haleine.
Premières notes et le ton est posé, et je me laisse avoir une nouvelle fois. Un vieux mec qui envoie posé sur son sofa usé et grisé par les séances infernales de l'horizontal.

Je me réveille rassasié de sommeil, robuste déo-arabica, la pluie fine de mai me rassure un peu. C'est pour dire. Bercé par le cendré crachin tiédasse du dessus des cyprès, je traîne la savate sous la patate pop de Robert. Chemise de ouf, slim pour un sexa requinqué, grolle in the canap poivre et sel. C'est tellement bon ce disque qu'on a pas envie que ça se lève.. « The morning » is a friend.

Robert Forster 2019 « Inferno » label : tapete

mercredi 1 mai 2019

JL Murat live



A contre sens de la tendance, je suis de moins en moins concert. Sûrement à cause de la tendance. Pourtant comment j'ai aimé tout ce que j'ai vu.
Bergheaud ou Ané, lequel je suis le plus allé voir ? Deux artistes de scène. Il n'y a que les « Sur nos Forces Motrices » pour tenter de revivre celle de Domninique A. Et je collectionne tous les morceaux live de JL Murat depuis 1993 au Transbordeur publié en 1995. « Live in Dolores », « Pias Nites » et Clermont et puis le fantastique « Muragostang » qu'il faudra un jour que je développe ..longuement. Et puis les bonus, les face B, les ajouts, les quelques pièces qu'il propose souvent. Pourtant je considère un live que dans son entité enregistrée, double intégral. Et puis à l'écoute « Innamorato » m'emballe, je raccroche les morceaux avec plein d'autres, celles du Lièvre (« 16h00... ») ... et surtout je rattache le tout au fantastique parfum d'Acacias, colossale faux-live.
Tout aligné d'un bout à l'autre, Murat live est une scène que je me monte régulièrement entre mes murs, empirique, à la seule condition que les fenêtres soient ouvertes quitte à dévisser les gonds. « Il neige », la chanson préférée de ma puce de 14 ans, de Murat que mes grands de 22 et 24 ans adorent... Em, Cm, Am... rien d'autre qu'un ciel ankylosé et qui rage à la Crazy Horse. Tiens, Murat, je le répète, le Neil Young de notre hexagone..... comme au « Jour du Jaguar ».

Autant en faire quelque chose... plutôt que rien … bonus de feu qui me rend dingue, live, avec le son brut et clair de « Are you Passionate ». Je retourne dans les champs de ma vallée pour voir s'il neige.

JL Murat 2019 « Innamorato » label : pias / scarlett

lundi 29 avril 2019

Lambchop 2019



L'effarement s'est dissipé avec cet album là. Impossible de comprendre sur le précédent, cette fioriture, ces effets sur une des plus belles voix de la pop moderne, cette voix là imparable, tellement suffisante à elle seule, à crooner toutes les plus belles ambiances, « Is a Woman » est encore dans mes veines....imparable sur les chansons piano de Lambchop..... la voix.

Et puis là, sur la deuxième écoute de ce subtile et magnifique « This.. » plus rien, étonnement dissipé, je me laisse à nouveau ensorceler. Wagner une fois de plus.
Accroc soudainement.
Bon, il faudra quand même penser un de ces jours à arrêter ce filtre électro vocal trouble et noyé, malgré tout. Mais pour l'instant, ici sur ce nouvel album de Lambchop, tout passe et repasse inlassablement. La même danse.

Lambchop 2019 « This (Is What I Wanted to Tell You) » label : merge

vendredi 26 avril 2019

Séverin 2019



L'aimant du tarmac. Zincs cloués au sol, plus rien en l'air, qu'hirondelles et alouettes. Impossible d'obtenir la moindre explication des scientifiques, le moindre discours du puceau en règne. Aussi, c'est ainsi, ce matin le globe se lève sans plus aucune carlingue en l'air.
Qui est où, qui est in, ici et là, avec quoi et comment revenir sur ses pas, rebrousser les nuages, crier au bercail ? C'est comment qu'on rentre ?
Elle est là-bas, lui ici, nous sommes quelques part, tout est annulé sur les panneaux, plus aucune rayure sur la voûte.
Va falloir remplir nos gourdes du kérosène en stock pour aller chercher untel à tel endroit, ou sézigue à l'autre bout du Dantzig. Revenir par ses propres moyens, sans ciel ni air, sans conviction ni convection, à la rame, à l'arrache et la mort dans l'âme. Rame.
Va falloir parler à des gens, comment et grâce à qui... devenir un migrant ou rester là, ici, quelque part où l'on est.
Rentrer à pieds, prendre son temps, courir plus pour avancer moins. À moins que l'on erre et marche, flâne et plane.. Rentrer à temps, prendre son pied, coudre un zeppelin, même laid quitte à flamber.

Se trouver au bord du vide en haut de l'escalier d'embarquement. Attendre le Boeing qui va venir en roulant doucement sans jamais pouvoir décoller d'un centimètre vous a t-on dit, l'algeco lourd de l'hyper gravité, puisque depuis ce matin, aucune carlingue ne quitte le sol du tarmac aimant, rien ne décolle, l’abstention des vols, dorénavant, l'abstention à partir de maintenant.

Séverin 2019 «Transatlantique » label : neon napoleon

mardi 23 avril 2019

Baptiste W.Hamon



Transition discutable, quoique. J'écoute « Soleil, Soleil Bleu » et je me dis qu'à chercher Cherchell, Julien le tempéré aurait pu traverser l'Atlantique et folker sur le sec comme Baptiste.
Puis cette ondulation grave dans la voix, comme Orso Jesenska.

« Les hommes en ont assez des ombres qu'on leur donne... bon sang, ça sert à quoi l'immensité.... »

« Bloody Mary » et je pars vers la naissance d'Yves Simon avec sa mélancolie fragile comme l'oiseau. B.W. Hamon sort un immense disque sérieux d'envergure. De l'intimité éparpillée. J'ai l'impression à la première écoute, de l'avoir déjà dans la peau ce disque, pourtant c'est tellement particulier.

Je suis ces jours-ci posé sur l'hexagone, séminaire récurent. Si ma transition n'est pas clair, il y a la couleur des lettres, la grandeur de l'écriture, la jaune du ciel et la bleu du soleil. Traverser l'Atlantique, passer de Miossec à Will Oldham. L'iode ou la poussière, ou les deux, tous les ingrédients valsent et se valent.

Baptiste W.Hamon 2019 « Soleil, Soleil Bleu » label : BMG right


dimanche 21 avril 2019

Julien Baer 99



Penché sur le sable d'une dune, le Jaunay dans le dos qui coule, la Vie pas très très loin, je mate ce minuscule galet qui me cligne de l’œil. C'est pourtant pas l'été. La nuque me brûle et le soleil ricoche sur ce petit caillou rond et « J'aime imaginer ». « Cherchell » et son coucher de soleil m'éclabousse le cerveau.
Piste deux je fonds, Julien Baer a sorti des disques que je glisse toujours dans mes préférences. Intime compagnon.
Une idée passe, la grande plage s'enflamme et l'horizon feu entame l'alu des flots.
10 ans sans un album de lui. Alors je repasse tout, depuis le début, « Cherchell », un autre port, ailleurs quelque part.

Julien Baer 1999 « Cherchell » label : polydor

jeudi 11 avril 2019

Weyes Blood 2019







Bouffé de la tronche par tant de beauté, à vouloir en connaitre plus sur cet album d'un autre monde, et cette artiste troublante, j'ai cherché et suis tombé dans ma recherche sur un billet que j'ai posté en 2015. Ca alors, pauvre cerveau de quinqua en burn-out, c'est-à-dire essayant de garder la cadence sans laisser paraitre le moindre coup de barre.
Ceci dit, en même temps, cette magie là, élégiaque et délétère ne m'a pas totalement laissée indifférent à la première écoute. Pas absolument dans l'ignorance, mais alors quand ?

"Titanic Rising" est un petit miracle, Mimi Parker des Low chantant du The Czars "The Ugly People - VS- the Beautiful People".
Quelle propulsion vers le beau, quelle élévation ses chansons de basse noyée, de synthés planants longeant sa voix grave et nébuleuse. Poésie de nappe Perce-Neige et Pervenches; presque désuet tellement la couleur floue est belle. Une crooneuse de pop crânant les plus beaux disques du genre attire à elle toutes les sensibilités. Bizarrement j'entends parler de trou noir ces derniers temps, de la montée des eaux, dans toutes les chambres...... "Andromeda" ferait presque sangloter, peut-être et sûrement l'effet mellotron.


Weyes Blood 2019 "Titanic Rising" label : sub pop


mardi 9 avril 2019

Lee Harvey Osmond



Quel disque !!! dans tous mes sens. Déjà le pseudo envoie. Il a bien fait. Tom Wilson, ça peut laisser à désirer, ou prêter la confusion.
Alors, pour moi, c'est la découverte, et je ne m'en lasse pas. Cet album est vraiment superbe, parfait, mon parfait.
Et puis, en plus, ce qui n'enlève ni rajoute à l'affaire, « Mohawk » amène une lumière, me pique de nostalgie, JJ Cale nous manque terriblement, à sa façon.. « Forty Light Years ».

Pour plein de raisons, ce nouvel album de Lee délie toutes les forces de frottement. Il happe toute ma journée molle et confortable, douce et accaparée.. comme une incantation des grands espaces, une prière aux épopées musicales, des petites ou grandes histoires à chanter. Tribal et chlorophyllien, caniculaire après une averse, cramoisie et ferreux.. « Mohawk ».

Lee Harvey Osmond 2018 « Mohawk » label : latent recordings


lundi 8 avril 2019

Aidan Moffat & RM Hbbert - Malcolm Middleton





Juste parce que je préfère le crépuscule à l'aurore, j'ai une petite faiblesse pour Aidan Moffat.
Vivement qu'Arab Strap revienne raconter nos journées. L'écosse dans toute sa profondeur.

Aidan Moffat & RM Hubbert 2018 « Here Lies the Body » label : rockact

Malcolm Middleton 2018 « Bananas » label : triassik tusk »

vendredi 5 avril 2019

Les Innocents 2019



C'est tellement facile de faire une chanson belle et heureuse.. il paraît. Quelques accords simples, un air primesautier à batifoler, des mots qui gambadent et un chant qui racole l'estival, même si dehors le muguet n'est encore qu'une idée.
Les rosiers en bourgeon, les matins sont froids et je tombe sous la cascade sans crier grave. Je prends l'eau fraîche sur le visage et ce bouquet fleuri parce que devant nous, l'été arrive inéluctablement.
La belle légèreté est chez Les Innocents une fois de plus. Mais pas que.
Ça à l'air vachement facile d'écrire une chanson belle et jolie, devenir amnésique des tracas, quelques part sur une île pleine de cascades. Faudrait demander à McCartney si c'est compliqué.
Ça paraît idiot comme ça, un herbier, un bouquet, des chansons sur fond bleu cobalt, comme une belle journée d'été sans nuage, ni vent, sans anicroche aucune. Qui ne voudrait pas s'adorer savourer dans les cascades ?

Les Innocents 2019 « 6 1/2 » label : sony

mardi 2 avril 2019

Methyl Ethel 2019



Troublant, toxique et dansant. Synthétique, chimique et contagieux.
Tragique et aérien.

A chaque intro dubitatif, pourtant chaque chanson m'a mis la main dessus, gardant l'haleine, de plus en plus convaincu et plus encore sur le sommet « Trip the mains » puis « Scream whole ». Envoûtant "Post-blue".

Dandy, arty, sombre et festif. Voix androgyne, basse sublime, efficacité incontestable. J'ai lu quelque part la comparaison avec MGMT/Tame Impala.. je comprends tout à fait. Happer et conquis, « Triage » tourne et tourne encore.
Enivrant.

Methyl Ethel 2019 « Triage » label : dot dash / remote control

dimanche 31 mars 2019

J.S. Ondara



Entourloupe de date, s'arracher des 70's avec un album « intemporel ». Entourloupe visuel, la pochette, et je m'attendais à du bayou d'époque, du blues Johnsson, Muddy à un carrefour. J'étais passé à côté, dans les rayon nouveautés.
C'était sans compter Pap's, l'ange gardien musical de mon casque quotidien. Dénicheur, trieur et défricheur, averti des grands disques qui font frisonner la peau, il a subtilement placé cette galette sublime dans notre boite. Mouche il a fait. Du temps j'ai mis à l'écouter. Une fois dans le crâne j'ai pamoisé mes pensés. Des minutes entières suspendues.
J'écoute cet album comme une obsession, un conte outre atlantique avec une voix qui se balade facile. Dans le contexte, j'ai entendu John Father Misty percutant Terry Calier, puis J.S m'a embarqué ailleurs, chez lui, avec sa patine, son histoire et ses sentiments.

Une pile inachevée d'albums 70's entassés devant moi, un qui passe et qui happe tout, J.S Ondara. Station allongée, je m'assois. La pierre, le ciel, l'herbe, plus rien avec la même lumière. Il est kényan et raconte son Amérique à lui. Merci Pap's pour ce cadeau.

J.S Ondara 2019 « Tales of America »label : verve forecast

vendredi 29 mars 2019

Jethro Tull 1970



Me voilà englué dans les 70's, de fil en aiguille, rangé au même endroit, l'important du son qui a bâti cette décennie, je suis allé vers « Benefit ». Quel bonheur ces chansons quittant le blues originel du groupe, je me vautre par terre éberlué par cette myriade étoilée sur fond vert de cardamines hirsutes. Miniatures petites gousses bandant au ciel, fleurs minuscules.. au loin, pas loin, dans la maison, la flûte de Ian résonne sur ce fond sombre d'un disque attachant.
Le fils a dévasté l'étagère Jethro Tull, il tente, en bloc, quelques uns restent dont « Benefit », bizarre je ne lui ai pas conseillé celui-là, c'est pourtant un de mes préféré, inconsciemment vouloir me le garder pour moi tout seul, pour ma station allongée béat dans la cardamine blanche, le flan bichonné par le jeune et généreux soleil de printemps.

Anderson/Barre/Cornick/Evan .. la dream team. « To cry you a song ».. je vais la bouffer la cardamine, et le mouron blanc qui lutte à l'échelle juste à côté. C'est le troisième album, on est dans le jus, et j'aime beaucoup cette trilogie pré-Aqualung. Pour ceux qui aime bien Jethro Tull, il y a l'album original, pour les dingos il y a la réédition triple de 2013 assurée par Steve Wilson, avec ce qu'il faut de bonus (dont le 45T « Sweet dream / 17 »). Un beau livret avec explications track by track par Ian himself... sa chanson préférée à lui, c'est « Nothing to say ».. eh, c'est pas de l'info de ouf ça ?? moi c'est « Sossity, you're a woman ».

Groupe unique, son inimitable, voix ultra familière, psyché sombre de rock champêtre à sniffer l'humus asséché, folk médiéval enfiévré et binouzes à volonté.. oui je sais pas plus de deux litres par jour et pas tous les jours, des fois c'est trois litres.

Qui va mettre le deuxième CD, j'ai la flemme et j'ai pas eu le temps de compter toutes les belles cardamines hirsutes qui me chatouillent le visage et les guibolles.

Jethro Tull 1970 « Benefit » label : chrysalis



mercredi 27 mars 2019

Bob Seger 1975



Piocher un disque comme celui-ci dans les bacs, c'est la bonne journée bouclée avec la démarche de branleur loser sur le chemin du retour, tel le minot ayant raflé tous les calots des potos sur une seule partie alors qu'il lui restait une seule grosse bille au fond de la poche.
Combien de fois ai-je rabâché le plus beau live de l'histoire de la musique rock. Cette fois-ci, ce disque là, c'est juste celui qui est sorti avant la grosse tournée Bob Seger and the Silver Bullet Band 1975.
« Beautiful Loser » est un album rare, une tuerie blues-rock-soul avec la plus belle voix du monde. Mais nan je l'ai jamais dit. Le « Nutbush City Limits » Seger, c'est sur ce disque là, il a écrit tout le reste, c'est la belle époque, c'est Bob Seger 1975 qui trône classieux.
Un faible pour « Black Night » méconnu, le reste c'est du domaine du classique. « Travelin'man »... Bob Seger les enfants. « Sailing nights »... « Fine memory ».. pour les belles découvertes.

Coïncidence, je viens de finir « Porcelain » le bouquin de Moby.. lui ce sont les cassettes audio de Bob Seger qu'il passait en boucle, accroc lui aussi.
Perpétuel danse d'arguments... Boss, Cougar ?? moi c'est Bob.
C'est cadeau, c'est pour moi.. si si j'insiste.. et du coup, profitez en pour écouter le Live Bullet 75..le plus beau concert de l’histoire.

Un jour, y'a pas longtemps, j'ai chopé ce disque dans les bacs, le Bob 75, le beau Loser, je devais vraiment avoir une drôle de tète de crâneur avec cette galette sous le bras.. la soirée sous le saphir fut égoïstement ardente.

Bob Seger 1975 « Beautiful Loser » label : capitol


lundi 25 mars 2019

Julien Clerc 1971



Une jolie mélodie me taquine. Une envie de belle chanson avec les beaux jours, et ce recul que j'ai vu de là où je suis, vu que la saison, malgré le vent du nord qui griffe un peu la peau du cou, bien loin de la fureur d'un vent mauvais, permet le jardin pendant quelques minutes de la journée. D'ici donc, assis et reposé je reluque. Je la vois. Je l'ai vu mille fois dans cette véranda. 

Le prunus peut bien neiger et le cerisier hurler ses premières pétales, rien n'y fait, je ne vois qu'elle. Je suis dans le jardin, face à la véranda, je me pavane. Elle a au fond des yeux ombres, soleil, ondulations, reflets, cet air feint de ne pas me voir. Rien à faire, je sais que c'est elle. Elle aurait pu s'appeler Adelita et faire bégayer les fées, venir m'étrangler avec ses petits bras... je suis devant la véranda, je flâne, je mate et me régale.

Juste un air passe et me prend, c'est un grand monde que Roda/Clerc. Et puis surtout sur chaque album quelques autres chansons moins connues, et pourtant... « Et Surtout ».


Julien Cerc 1971 « Julien Clerc » label:EMI

jeudi 21 mars 2019

Keren Ann 2019



Oooh..les beaux jours.
S'en-bleuir sur fond blanc...
Qui plus est... qu'à cela ne tienne.. et quand bien même... s'embuer pour un instant.

Keren va mettre tout le monde d'accord. Planer au dessus de toutes. Les plus belles n'ont qu'à bien se tenir. Jadis, naguère et pas plus tard qu'auparavant, allant même jusqu'à toiser du bleu, du blanc et même des débuts de Françoise Hardy bien plus haut, toutes celles qui se réclament en réclame, de presque tout, en ayant beau fouiller et farfouiller vaille que vaille outre mesure, je n'ai jamais autant été chose. Longer un long fleuve doux, comme on nage la nuit.

« Bleue » marquera l'histoire de par ici.

Keren Ann 2019 « Bleue » label : polydor

mercredi 20 mars 2019

La Santa Cecilia





Oh j'étais bien triste ce soir là quand elle est venue me sucer la gorge, faut se les gaufrer ces longues semaines de cendre à taffer comme un âne, enlisé dans la marmelade de nos éphémérides. Son chant à elle est venu sécher la boue sans que je puisse récupérer toutes mes fringues et mes grôles au fond de la tourbe des jours.
Oh, ça tombe comme ça, une langue sur la sienne, des strings et des vents, violons accordéons comme de l'amour enguirlandé, la morosité du cerveau via quelques larmes d'accords orchestrés tombent dans le turgescence des sangs.
"Pa'que trabajar" ??? hein, je vous le dis moi... quelle absurdité ce cirque.. dans quelques décennies, il n'y aura plus de travail, plus d'emploi pour personne, va bien falloir trouver un moyen de nous filer de la caillasse, tant de bipèdes sur la croûte asséchée et plus un job pour quiconque. On pourra danser tous ensemble.
Me faut du chaud bordel, faut que j'aille au charbon, une pilule, un bout de gingembre dans le derche, un petit morceau torride de La Santa Cecilia... Shakira peut aller se rhabiller.


La Santa Cecilia 2016 "Buenaventura" label : universal


















dimanche 17 mars 2019

Musique pour Statues Menhirs



Le vent m'a mené ici. Berchère-La-Maingot. Des heures à arpenter les quelques rues. C'est un beau village de par chez moi posé sur un socle d’argile. Des pavillons fouettés par le recul. De grandes fermes, dont celle-ci bâtie de terre brûlée, comme une forteresse de briques à l'abri de toutes les bourrasques. Combien de briquettes pour ce corps de ferme comme un pouvoir ? Combien de chantignoles rouges cuites dans le four de Saint-Piat qui ne cuit plus, là, à quelques enjambées d'ici, un peu plus bas au creux de la vallée de l'Eure où je suis né.
Quelques bois se dessinent sur les douces collines qui mènent au canal Louis XIV. Je regarde perché sur ce plateau si de l'autre côté de la vallée je vois ma flèche. Il n'y a que les deux pointes de Chartres qui touchent le gris à peine, juste à ma droite.
Le vent se repend comme sur un littoral. Le ciel est pareil. Pourtant la mer est bien loin d'ici, de ces vastes plaines usées. Un drone ce vent, un son lancinant, quelque chose comme une musique ondulante qui s'étale. Pas vu l'ombre d'un être humain depuis quelques nuées. Les crucifères alentours guettent, une seule fleur de brassicacée fait sa merdeuse devant moi. Le colza s'impatiente et elle déjà danse. Les produits ont été déversés, les galettes du littoral vont bientôt s'échouer. Le même gris dans le ciel. Blé d'hiver frissonnant, colza à l'attaque, pour le moment c'est marée basse ici.

Le petit cimetière de Berchère-La-Maingot semble bien occupé, des corbeaux surveillent les silex. Le bec au vent, la plume lissée par le souffle du son des étendues. Les conifères de la colline d'en face offre le meilleur vert bouteille de la région.
Le vent m'a amené jusqu'ici. Il y avait des hommes à un moment donné dans ce beau village reculé, il y a encore des bulbes de boue séchée sur la rue Octave. Je n'ai pas vu les heures passer, juste ces grands peupliers tanguer comme une haie de genets craquants sur un littoral. Bien loin d'ici.

Musique pour Statues -Menhirs 2008 label : arbouse recordings


extrait de l'album "Black Sea" Fennesz 2008


mercredi 13 mars 2019

Dimoné & Kursed



Une chanson au bord du monde. De beaux habits sur un charisme bien écrit. De Rodolphe Burger à Dick Rivers, tout est magnifique.
« C'est Nickel », pépite Moriconnienne, façon Sammy Decoster, en plus rock.

Dimoné aime collaborer. Carte Noire. Jean-Christophe Sirven. Cette fois-ci, localement, tel un derby entre rock et chanson du même patelin, il a convoqué Kursed, des Montpelliérains comme lui. Et je me souviens de Murat s'alliant à Delano Orchestra d'une même contrée.
Dimoné c'est le cuir, Kursed le temps qu'il fait. Météo volcanique soudaine sur une peau burinée.

La basse de « La grande allée », il « Faudra s'y tenir ».

50 ans il paraît. Dimoné, pas les Kursed. Une nouvelle amorce ?? Pour moi aussi 50 dans quelques jours. Propulsion fantastique, ça donne de l'espoir, accords bruts, suaves et rugueux, secs et fins. Ils ronronnent et hurlent.
« Mon Amorce » est un grand disque de rock-chansons de par ici, tel Ultra Orange ou Hushpuppies, mais avec les mots d'ici, sa langue tourne dans sa bouche.
50 piges et voilà « La Fuite » qui m’éjecte à 100 à l'heure. 50 parce que tu crois que ça me fait peur ? Bah du coup presque plus, « L'amorce », une fin volcanique. Y'a encore plein de trucs à faire, à amorcer.

Dimoné & Kursed 2019 « Mon Amorce » label : estampe

lundi 11 mars 2019

John Garcia 2019



Déluge de guitares en fonte, belle lurette que je n'avais pas chopé une telle fièvre. RATM, voire Keziah Jones en « African Space Craft », John Garcia fout son troisième album sur Napalm records.
La basse tape les tempes, la batterie gère le feu, c'est un blues rock métallisé pour les branleurs, ça bande et c'est en or.

John Garcia 2019 « John Garcia and the Band of Gold » label : napalm records

samedi 9 mars 2019

Murat 98 "L'excursion au Mont d'Or"



Jeu participatif : La Dizaine Des Blogueurs (27/02-10.03.2019)

6/  La chanson associée à un voyage inoubliable


Les arènes de Bozouls, les terres plissées à des lustres de mes plaines pleines d'espace.
Là bas, des façades grises, et des toits en ardoises... j'ai parcouru la Dordogne et ses beaux villages, juste avant de m'effondrer sur un cru du Cahors. Le long du Lot j'ai longé l'eau de St Geniez d'Olt à Ste Eulalie du même courant, des cours carrées en arcades sur la place du village, et l'Aubrac tout en haut, le Cantal plus haut encore, pour redescendre...
Bourboule, Mont d'Or, Chamablanc.. et Murat-Le-Quaire.

Je suis un grand voyageur mou, presque immobile, je tourne sans cesse autour de l'épicentre Murat, l'Auvergne comme un bout du monde, comme un grand Duc qui plane au dessus de ces terres et qui voit tout, des siennes, des leurs. Je longe l'Aveyron, je pars au pied du rocher du Roc du Sanglier vers  la roche de Vendeix l’œil fixé sur le Sancy avec à la cime, la croix de granit usée par les vents.
Je me souviens de tout. Des montagnes. De pas grand monde autour. Le Milan noir me guide, Murat en plein air... j'y suis.
J'y suis tombé amoureux, j'y suis allé sous ses ondes musicales, j'y retournerai, dès demain.

Un paquet de titres de Murat me transporte là bas. Ses accords m'accompagnent, me montrent la moindre colline, dessinent chaque petit cours d'eau .. « Le jour se lève sur Chamablanc », « Neige et pluie au Sancy » « Le berger de Chamablanc », « Dordogne » … « L'excursion au Mont d'Or »

Voyage inoubliable. 



Murat 1998 « Live in Dolores / Murat en plein air » label : virgin


vendredi 8 mars 2019

Hildur Gudnadottir 2009 "Unveiled"



Jeu participatif : La Dizaine Des Blogueurs (27/02-10.03.2019)

5/  La chanson qui met des frissons dans le dos

Je suis né violoncelle. Ou peut-être contrebasse. A me morfondre.
Aussi mon échine dérouille sous les doigts d'Hildur. Classique, ambiant, expérimental.
Entre ses bras, au creux de son corps, à genoux.
Ma nuque tendue sous l'emprise de sa main gauche.
L'échine sous influence au beau milieu de plein d'arbres et de mon dos sous son autre main, la droite. Des griffes de tarentule qui parcourent mes vertèbres, mes disques, des arpèges musclés tout au long de ma colonne. 

Des frissons d'ostéo le long des dominos de ma solive. 

Je suis entre des bras, recroquevillé... des frissons.... 

Hildur Gudnadottir 2009 « Without Sinking » label : touch