mardi 31 juillet 2018

Morcheeba 2018



Les floraisons passent, tout lutte et grille. Les feuilles en berne, le bois s’essouffle. Étouffant au nord, frais au sud, je n'ai pas vu la grande lune rousse soufflée en équilibre au bout du mont.
Le mercure se promène sur le globe comme bon lui semble. J'ai besoin de flotter sur un truc bateau.
C'est exactement ce qu'il me faut, du brûlé en pleine nuit, une voix fraîche et limpide sur des braises. J'ai toujours fondu sur le chant de Skye. Boire du plaisant, se blottir dans le familier, j'ai le cerveau reptilien « Free of Debris »..quel drôle de titre.

A part Biolay que je ne comprends pas trop ici, je laisse filer Morcheeba qui n'est plus qu'un duo, sur mon hamac rouillé.
Orange volcanique sur fond noir étoilé.

Morcheeba 2018 « Blaze Away » Label : fly agaric

vendredi 27 juillet 2018

Carlos Do Carmo 1972



Aux creux des mamelons du ribatejo, j'ai vu des nuées d'andorinhas. Tant chez nous les hirondelles s'éteignent, les places des églises sans ces vives flèches de sous les tuiles chantent beaucoup moins beau.
Aux creux des thermales de l'Agroal, j'ai déposé quelques angoisses dermiques dans cette source glacée de la Navao sortant des roches abruptes, avant d'arpenter les dos rouges coiffés sans fin d'eucalyptus. Coincé entre le grand castelo de Ourem et les templiers de Tomar, j'ai laissé les zig zag dodus au chant merveilleux de Carlos De Carmo.

Ce lisboète à la grande discographie, tel chez nous un Aznavour, fait chanter la guitarra portuguese avec un orchestre. Fado d'envergure, timbre traditional, où sont passées mes hirondelles.

Carlos Do Carmo 1972 « Por Morrer uma Andorinha »

dimanche 22 juillet 2018

David Grubbs & Taku Unani



On reste dans le tribal, avachi sur une constellation de sable chaud. Les notes posées sur du titane plaqué, la guitare de David Grubbs fait des siennes, sa thérapie habituelle, le job.

Il est associé à Taku Unani, guitariste électronicien, pour distiller ce jazz ambiant disséqué, brûlé, complètement dilaté. Deux guitares délicates pour une contemplation ankylosée au beau milieu d'un petit peuplement de créatures célestes abîmées.

David Grubbs & Taku Unani « Failed Celestial Creatures » label : empty edition

vendredi 20 juillet 2018

Alanis Obomsawin



La poussière me monte au cerveau, la vallée sèche ancestrale fouette la peau. Chant tribal et encore des fantômes qui virevoltent à la moindre gorge. C'est un troublant voyage à travers le temps, où que l'on soit autour de quelques braises gardant sous la voûte étoilée la chaleur du jour.
Pour quelques instants magique, ma tète abénaquise est devenue. 

Pour gonfler la chose de cette fantastique cinéaste, son dernier Lp 85 "Bush Lady". 

Alanis Obomsawin 2018 « Indian Songs » label : CBC Northern service

mardi 17 juillet 2018

Ian William Craig



L'eau imaginaire du ciel outre mer coule sur le jaune des murs de l'Alentejano. Le cerveau vacille, des voix d'un monde irréel semblent s'échapper de la vieille tour d'Estremoz, une messe caniculaire pour un petit miracle sonore.

Jaune et bleu plein les yeux, l'espace en boucle ondule sur les douces collines vacillantes de chaleur écrasante. Corps engourdi, la fraîcheur provient de « A Turn of Breath » de Ian William Craig. Ambiant à souhait, fantomatique, trouble et édénique.

Ian William Craig 2014 « A Turn of Breath » label : recital

mercredi 4 juillet 2018

Stephen Malkmus & the Jicks 2018



La bande son succulente des autoradios en partance, petit chef d’œuvre rock estival, Jicks et Stephen en boucle pour gicler vers le sud.Un super disque pour juillettiste.

Stephen Malkmus & the Jicks 2018 « Sparkle Hard » label : domino

dimanche 1 juillet 2018

Stuart A Staples 2018



Je n'avais pas spécialement envie de ça. Il m'est tombé dessus comme un ciel caniculaire qui se voile à travers d'une fenêtre entrouverte.
Du silence comme sur « Newtom Plum » de Bed, lumière blanche inattendue, un conte pour des étendues, quelques chose qui fait que tout s’arrête, mercure et trafic, éolienne et brouhaha.
Gracieux et engourdissant comme « When » de Gallo, un Mark Hollis distendu, un truc beau qui ralentit tout. Stuart A Staples vient de créer un tableau profondément délicieux.

Comme pour un film des grands espaces, juste ce qu'il faut de mots, équilibre paradisiaque.

Stuart A staples 2018 « Arrhythmia » label : city slang