mercredi 31 janvier 2018

Ensemble Economique 2017






A défaut de contempler la lune bleue, j'ai traversé le dédale de mon cerveau en plein paradoxe. Je me suis emmanché dans les tubes sonores expérimentaux de Brian Pyle sans voir que je partais à la vitesse d'un système nerveux éperonné à travers son architecture torturée, le liquide amniotique de ma tète.
Ni grise, ni rouge, ni bleue, pas de lune, juste la chape permanente de lait cendré qui postillonne, je me suis endormi avant l'éclaircie. Y'en a t-il eu ?

J'ai surement fait un voyage immergé crâne baissé pas piqué des mousquetons dans cette silhouette folle, le grand travail musical d'Ensemble Economique. Elle fut orange la lune, sur le ciel noir outremer de Denovali.


Ensemble Economique 2017 "In Silhouette" label : denovali



mardi 30 janvier 2018

Ignatus 2017



Transition de gris idéale, un gr-E parfait cuit à point. Fauteuil, pommier, chambre, solitude, précipice, Ignatus.. Tellement nous sommes dans une époque tant attendue, tellement anticipée avant, il faut voir comment ça se passe. Nous la voici, cette E-pok. Tellement on a voulu cette ère et de voir en fait ce qu'il en est.... L'E-spoir et l'E-coeurement, toute cette aigreur en l'E-coeur.

Pas tant que c'était mieux avant, quoique, on finit par s'y sentir bien dedans avec un peu de recul, des belles images percutent nos rétines mutées, ça dépend quoi et qu-E, mais les fléaux s'E-tendent et s'épanouissent. Tellement content de retrouver E-gnatus. Je me souviens du gazon tellement vert, il y a 20 ans..et puis le gris, tellement l'époque, et pourtant « L'air est différent » ….. à quoi sert de pleurer dans l'eau, ou de bouffer les miettes de déprime dans la barbe d'un Dieu, d'avoir un cœur de nouille dans un corps de bœuf....


Ce n'est pas un hasard, je feuillette les sublimes clichés de la « France abandonnée » de Sylvain MARGAINE et aussi un recueil sur les plantes des villes « Flore des friches urbaines » de MURATET, comme un espoir. En tapant « friche urbaine » sur un moteur chercheur, on tombe sur des E-mages fantastiques d'abandons comme une gueule de bois ou de béton, de constats gris d'une époque en friche. J'adore le nouvel album d'Ignatus (j'ai piqué ces images).

Va falloir trouver son chemin malgré toutes les tempêtes, grises, grise, gris gris, gr'E.. E-pok E-pok E-pok..comme un hoquet.

Ignatus 2017 « [e.pok] » label : ignatub






samedi 27 janvier 2018

Arthur H 2017



« Une inversion mélancolique », le gris colle au bulbe comme un acharnement, et pourtant cet opulent disque à la pochette cendrée vient tout balayer. Temps de chien, « Amour Chien Fou », Arthur H n'a de cesse de s'installer dans le meilleur. Bien longtemps que son monde à lui embellit quelques matinées de mon quotidien, spleen sensuel dedans, sans pour autant que le gris ne se fasse plus gris.

Il ouvre le bal d'une année qu'il va survoler à coup sûr, va falloir le détrôner ce chef d’œuvre d'écriture et de mise en son sublime.
J'ai un faible pour les doubles albums, rares par chez nous, celui là entre un gris clair et un gris foncé, va se poser sans hésitation parmi les plus beaux. J'aime aussi les collaborations, c'est avec Léonore Mercier qu'il a créé ce paisible voyage.

C'est un grand moment de musique, je prends d'un bloc abasourdi « Amour Chien Fou ».

Arthur H 2018 « Amour Chien Fou » label :


mercredi 24 janvier 2018

Johnny Hallyday ... l' IMPACT



 Une place chez Kif, un pro de l'la compile, pour ma triple à moi, influence 65/85 presque strictement.. des vinyles et des chansons à tomber je trouve. 

Un grand merci à lui ..ça se passe ICI



 


 

lundi 22 janvier 2018

Aaron Martin & Machinefabriek 2017



Ça tangue a n'en plus finir. La pluie rejoint la nappe des champs délavés, ma plaine comme la mangrove, marmelade chocolat.
Déluge sur le cerisier d'hiver en fleur, deux ou trois mouettes crient au dessus du muséum, c'est marée haute dans le bassin.
« Wings in the grass » l'averse en drone, « Arms turn slowly » comme le prunus subhirtella fleuri, « Leaves are swimming » je prends l'eau.

Cette deuxième collaboration entre Aaron Martin et Machinefabriek est un véritable bijou sonore. Paysagiste et architecte.... des cordes sur la machine.. « Close to dark ».

Aaron Martin & Machinefabriek 2017 « Seeker » label : dronarivm

vendredi 19 janvier 2018

Stefano Guzzetti



Vacarme de becs, étourdi par le bruit des étourneaux sansonnets grégaires qui dévorent en horde les graines mures des Sophora Japonica, je reste le cou cassé pour reluquer ces passereaux intra-muros à quelques semaines des nids. C'est un concert euphorique et hystérique, on dirait le déni des saisons et pourtant tout tend au gîte et déjà à peine la première lueur saisit, les becs courageux s'égosillent à souhait au jour pas né encore.

Tout tend au printemps, des signes, des indices, des preuves, je découvre les notes néoclassiques de Stefano Guzzetti, je suis un peu perdu au beau milieu de ses travaux, tout se mélange, son œuvre est une entité perdue.... « Waiting for Spring ».

Stefano Guzzetti 2016 « Waiting for spring » / « Leaf » label : p*dis / stella recordings


mardi 16 janvier 2018

Peter Broderick 2017



Peter Broderick s'est enrichi de mille talents, plusieurs cordes à son arc, ses disques sont devenus de belles épopées néoclassiques, guitare, piano, violon. Il a aussi appris à poser sa voix et de tout napper que quelque son électronique ambiant. Du coup, « All Together Again » est une œuvre complète, longue et contemplative à souhait.

Plein de couleurs sur sa palette, quelque soit la force des vents chacune de ses notes sont portées vers les lignes balayées. Le vent sait beaucoup de choses. Les insectes ne sont pas encore là, du coup il a décidé d'emmener avec lui la poussière dorée des ligneux sans fleur. Déjà les noisetiers se répandent. Les chatons se foutent pas mal de l'hiver le Corylus ouvre le bal.

La musique de Broderick est séminale, des couleurs fauves dans le gris qui tient à nous.
Un peu d'Eno (« Atlantic », « If i were a runway model ») en plus, des ondes de Kid A par moment (« Seeing things »), et beaucoup de l'écriture biologique de Peter Broderick, artiste incontournable du genre.

Peter Broderick 2017 « All Together Again » label : erased tapes



vendredi 12 janvier 2018

Neil Young 2017 suite






C'était y'a pas longtemps le « Hitchhiker », j'y étais, toute façon j'y suis toujours. Et ça dure et ça recommence, je ne m'en lasse pas, jamais blasé ou ennuyé, aucune raison d'aigreur ou de démission, deux nouvelles parutions et toujours du bon et du très bon, inédits, live ou nouveauté, forfait illimité.


Avec les Promise of Real du neuf, avec des anciens canassons ou pas du vieux aux alentours d'un plébiscite générale « On the Beach », 74 ça revient comme ça et ça flingue. En attendant les premières tiédeurs au mi-temps d'un hiver boueux, je savoure deux nouveautés, un viel inédit et un nouveau Neil Young & friends.

Neil Young & Promise of the Real 2017 "The Visitor"
Neil Young 2017/1974 "Homegrown"











mercredi 10 janvier 2018

Psychic Temple 2017



Tout était engagé pour être brûlé, la pochette, les couleurs, le nom du groupe, je m'attendais à quelques radiations frôlant le stooner psychédélique chanté par Jethro Tull. « IV » du Psychic Temple (Chris Schlarb) est en fait un doux voyage californien à travers le country-folk, avant-jazz et folk-soul. Easy cool, presque bucolique, la pensée paisible. Des paysages légèrement psychédéliques tout de même se posent sur la côte Ouest intemporelle. Ça plane en rêve sous un soleil moelleux, l'inconscient se trouble et on se laisse embarquer vers les contrées du Fleetwood 70's et du CSN voire du Fleet Foxes.

Psychique beaucoup plus que Psyché, un temple où l'on contemple les esprits zen flottant sur les collines à peine brûlantes de la Californie.

Psychic Temple 2017 « IV » label : joyful noise

lundi 8 janvier 2018

Bob Seger 2017



Je ne vois pas pourquoi Bob Seger ferait autre chose que du Bob Seger, surtout quand il s'agit comme ici de gros son bien lourd et mélodieux avec de belles balades piano comme il sait si bien envoyer.

Et je ne sais pas si c'est moi, mais je trouve celui-là un cran au dessus de ses dernières productions, batterie lourde et sèche, guitare en furie, orchestre philharmonique, et la voix qui tient le cap, l'allure, la puissance et le feutre.

Juste, il ne faut pas se fier à la pochette trompe l’œil. Ce n'est pas une énième compilation rare de ses débuts, « I Knew You When » est le nouveau gros gros disque de Bob Seger.

Bob Seger 2017 « I Knew You When » label : capitol

dimanche 7 janvier 2018




France.. Johnny.... Michel


jeudi 4 janvier 2018

Culpeper's Orchard 71




1969 les Beatles prennent l'eau. Ils laissent au passage un héritage colossale. Les seventies compteront une pléthore de groupes, d'innombrables formations sur les starting block.
A l'aube de cette décennie fleurie, Poivre a perdu son entité, un "p", et son grade, le Cul dans un verger à la place du Sergent et son club.

Le verger est forcément psychédélique, fauve et fécond, le Culpeper's Orchard est un groupe de rock prog folk danois emmené par un anglais Cy Nicklin, guitare et chant.

Moi ça me va plus que d'ordinaire, la transmission est là, et malgré toutes les senteurs dedans, ce premier opus reste unique et vachement bon. Les senteurs : Led Zep, Jethro Tull, King Crimson, Vanilla Sludge, Traffic, CSNY, Byrds, The Who... Beatles.


Danish rock prog, trois albums en deux ans, un dernier cinq ans après, puis plus rien. Tellement de groupes éphémères dans les 70's. Ephémère à tel point qu'il y a à cette époque là, quantité faramineuse de disques éponymes du même genre. Après Buckingham/Nicks, voici le cool pépère des Culpepers, un verger bouillant, fauve, un monde hippie beat hourrah où grouille un monde poétique et tellurique.


Culpeper's Orchard 1971 "Culpeper's Orchard" label : polydor.





mardi 2 janvier 2018

Buckingham / Nicks 73



Voilà le genre de petit truc pas dégueux que quand je tombe dessus je pousse un cris de guerre perso dans mon for intérieur, comme un gosse. Depuis le temps que j'attends cet opus là, la genèse d'une troisième période du Fleetwood. Bah le voici, il est là, et à défaut d'être tombé sur la version Deluxe Polydor, c'est la version japonaise qui s'est présentée à moi, les imports BigPink. S'il y a un coin du monde qui prend soin des opus de l'histoire des disques occidentaux et autres, c'est bien le Japon. Les importations sont là pour combler notre lacune générale à chérir des objets culturels rares.

Il y a quelques temps je vous parlais d'un des plus bel album de l'année 2017, l'éponyme Buckingham/McVie qui me renvoyait à ce premier couple artistique, Stevie à la place, 1973.
Que dire sur cette histoire merveilleuse, cette fusion qui va durer une décennie avec les autres, les anglais du Fleetwood, quelque soit l'aboutissement et la séparation finale. Il y a « Crystal » dedans qui sera réutilisé pour le groupe en 1975 et il y a surtout les deux voix, les rythmes et la guitare de Lindsey. Tout se dessine, tout se sent, « Stephanie »....

Une nouvelle année avec un petit bijou pour la commencer et une pochette mythique et sublime.

Buckingham Nicks 1973 « Buckingham Nicks » label : polydor