samedi 30 septembre 2017

Lavilliers 2017


 
Les décennies défilent et rien n'y fait, un parcours sans faute aucune celui de Lavilliers. Les albums apparaissent au fil du temps avec la fidélité d'un homme, de son talent que rien ne corrompt. Sûrement le social dégueulasse le fait avancer, les vies qui se salissent sous l’œil vitreux en bronze des gentilshommes de fortune. Prédateurs capitalistes.

Rien n'a jamais fléchi, droit dans ses tiags, jamais un seul coup de mou dans sa discographie, depuis 1968 Decca, jamais je n'ai faibli depuis que je suis entré dans son monde en 1986, « Voleur de feu » et son double « If ».
Travelling arrière « O Gringo », « Etat d'Urgence » et sa violence froide, « Solo » et « Clair Obscur » et tout le reste.. tout me va. « On n'est pas d'un pays, on est d'une ville ». Je suis fondu dans la mienne, il fait beau après une nuit de pluie, j'écoute Lavilliers 2017, toutes tripes et glandes lacrymales dehors.
Quelquefois l'espoir revient, avec le plaisir d'une guitare. Symphonique et groove, proximité ou exotisme, un grand cru, comme d'habitude. 21ème album et seulement le 3ème billet pour moi..pas impossible qu'il revienne un jour quelque part.

« 5 minutes au paradis... avant que le diable n’apprenne ta mort... »


Bernard Lavilliers 2017 «  5 Minutes au Paradis » label : barclay »

jeudi 28 septembre 2017

Sophie Hutchings



Ça commence comme un croquis de Keith Jarrett... et le temps s'étire sur le massif. Tout en caresse le gris des ombres bleuit sous les notes d'une impressionniste.
Sophie Hutchings sait parler des paysages, « Becalmed », « Night Sky », « Wide Asleep », « Drift » et « Yonder ».


Sophie Hutchings 2017 « Yonder » label : hobbledehoy

mardi 26 septembre 2017

Stephan Micus 2017/1986






Le sel infini du sable et de l'eau, ocre et cobalt, écume et nuages, des étendues où la lumière est religion.



Stephan Micus 1986 "Ocean"
Stephan Micus 2017 "Inland sea"
label : ECM









lundi 25 septembre 2017

Jason Van Wyk



Les cèdres saupoudrent nos caisses, les derniers arbres de mes collines à souffler sa poudre dorée, marchants de sable sous les yeux malins d'un Orion tiède.

Les cèdres empoussièrent nos nuits, tout va bientôt se taire, s'éteindre pour de longues semaines sans pollen. Attendre le corylus des rois, la noisette pour nos narines Verseaux.


Petite musique nocturne Eno néo-classique automnale d'un pianiste from Le Cap.


Jason Van Wyk 2017 « Opacity » label : home normal

jeudi 21 septembre 2017

The War on Drugs 2017



Le folk dans les chaussettes, je passe au grand son pop des groupes rock. Hallucinant la faculté de ces mecs à aligner des disques parfaits dans le genre, celui-là plus encore.
Un petit touché racoleur avec la possibilité d'embarquer quelques foules. 


Ils ont le sens assez ciselé de bâtir des superbes chansons pop d'envergure, power truc ou rock machin, ça fuse et flotte. Une précision et surtout The War on Drugs prend le temps de poser chaque morceau, histoire de faire durer le plaisir, 6 minutes voire 12, on s'installe là dans un crane qui plane au beau milieu d'un ciel écarlate à tel point que la dernière envie immédiate est de se poser, deralentir et de revenir au sol.
Une fois de plus, la voix Tom Petty ou Dylan ado chantant la pop atmosphérique se fond parfaitement dans les claviers planants, la basse infernale et les soli guitare vaporeux.

J'aime la fulgurance de « Holding on », de « Nothing to find » et de « In chains », des bolides que rien n'arrête. 
« Thinking of a place », le voici le petit quart d'heure à planer pop, tout près de « Pain » à la basse chaloupée.


Né de l'auberge Secretly Canadian, The War on Drugs est passé direct chez Atlantic, aucun rapport surement, mais la dimension ici explose, ramasse et dépasse, tonne. Ne pas se fier à la pochette intime, cette pop de Philadelphie est géostationnaire. J'aime bien les disques de The War on Drugs.

The War on Drugs 2017 « A Deeper Understanding » label : atlantic

lundi 18 septembre 2017

Iron & Wine 2017



Descendance, Neil Young en p'tit père qui carbure sec, Iron & Wine en digne descendance avec un album folk comme un grand retour au source. J'avais d'ailleurs perdu Sam Beam pour s'en être éloigné, pour avoir perdu la substance de son acoustique, « The Creek Dranke the Cradle » et « Our Endless Numbered Days » étaient pourtant si beaux.

Il n'y a rien qui se détache dans cet opus, il tient le cap tout le long de sa douce chevauchée poétique, c'est un Beam épique ce « Beast Epic ». Et cette fois-ci, la barbe est là, et la huppe.

Iron & Wine 2017 « Beast Epic » label : sub pop

samedi 16 septembre 2017

Neil Young 2017



Il faut croire que j'ai bien du mal à lâcher le chapitre folk. Il est sûrement le son récurent de mon quotidien, tu écoutes quoi toi comme musique ? Plein de trucs, mais ce que je préféré entendre c'est la musique folk....reste à définir ce genre, culture locale strictement acoustique d'un coin du monde quelque part où il fait bon chanter la nature ou les paysages ? Ouaih, c'est un peu ça.
Le folk est né pour chacun possédant une guitare sèche ou autre cordes à musique, sur les terres outre Atlantiques. Chacun certes, mais surtout les fermiers, les cow-boys. Et voilà, c'est avant tout une musique de blanc apportées par les migrant du vieux continent tous chargés de leurs traditions musicales. Sur ces terre presque vierges, le blues et le jazz brûlaient déjà les âmes du côté de la communauté noire. Le mélange des deux et c'est le rock'n'roll qui bouleverse l'histoire dans les 50's..le rock..etc etc. Et le folk dans son entité pure n'a plus cessé de se renouveler tout en se répétant... et vice et versa. Métissage musical.

Woody Guthrie, Pete Seeger, green village, beatniks et hippies, folk anglo-saxon, traditions, son de bois, songsters et folksinger...Laurel Canyon, Irlande et Appalaches..et tous les continents du monde. Toutes les époques, le folk n'a rien perdu de sa parure. Revival ?? pas sûr puisqu'il n'a jamais dépéri, même les décennies les plus synthétiques gardaient au chaud quelques folkeux acharnés tels Ben Chasny.....

Il y a des coins du monde où il fait bon balader ses boiseries musicales, Glitterhouse, Acuarella, Important records, Fonal, Kraak, Foxy Digitalis, Last Visible Dog (fermé en 2010), Root Strata, Time Lag, même certains label d'obédience électronique s'y sont mis, histoire de réchauffer un poil les âmes organiques, Warp (avec Gravenhurst), Kompakt (avec Nick Hoppner), Karaoké Kalk (avec Dakota Suite), Peacefrog (avec Findlay Brown), How to kill the dj (avec Jason Edwards) ou Asthmatic Kitty avec le tout jeune et nouveau Angelo De Augustine.

Quant à la barbe qui va avec, c'est une autre histoire, c'est selon, avec ou sans, Bonnie Prince Billy ou Bob Dylan, Devendra Banhart ou JJ Cale, Townes Van Zandt ou Fitzimmons, John Fahey ou In Gowan Ring, Iron & Wine ou Micah P.Hinson.... Neil Young 76. Des couples aussi, MV&EE, Angus & Julia Stone, Johnny and June Carter, Bob et Joan....

Troubadours, chantres, malandrins, ménestrels, bardes, trouvères.. de la musique boisée folklorique, une guitare de nylon qui chante la terre du coin là juste en bas de la marche en bois, il suffit juste de quitter mollement son rocking-chair pour fouler la poussière et les belles étoiles. La sève ? Peut être, celle des grand conifères ancestraux en tout cas, ceux qu'il faut abattre à la lune tombante pour que le bois sèche plus vite et que la résonance du coffre fasse frissonner.
Dans mon bout de jardin que je bichonne comme le cerf ses bois, je m’ébahis sans cesse au son du breuil et du rondin.
Neil Young 76, une résurrection émouvante, deux inédits formidables dont « Hawaii » qui passe inlassablement. 1976, un peu de barbe juste cette année là, pas loin de « Tonight's the night ».. Une seule nuit folk.


Neil Young 1975/2017 « Hitchhiker » label : reprise



 

mercredi 13 septembre 2017

Natalie Merchant 2017



Après les filles, la maman. C'est une vieille histoire de folkeuse avec au moins 10 000 maniaques amoureux de l’acoustique à faire travailler sec les glandes lacrymales.
Natalie est très peu sur les réseaux, je peux donc me l'imaginer rien que pour moi. Même le saxo de « She Devil » me rend tout chose.
L'acoustique est là, l'orchestre aussi, il en pleut des cordes, une once de jazz, du celtique, et surtout sa voix unique.

L'automne nous nargue, rien à battre y'a le nouveau Natalie Merchant sur la platine, des larmes diluviennes.
Les tempes aux rives salées de Natalie exaltent de parfums et des essences. J'ai la troublante envie d'embrasser chaque recoin de bout de parcelle de la peau de son visage en écoutant « Butterfly », son nouvel album.

Natalie Merchant 2017 « Butterfly » label : nonesuch

lundi 11 septembre 2017

Bedouine



On garde le cap, on ne change rien ou presque, une autre fille acoustique qui fait craquer tout amoureux de chanson parfaite à errer béa sur les sentiers folk peints de lumières. Une once d'électricité en plus, une légère onde tribale en moins, juste après This is the Kit, j'écoute fébrile l'album éponyme de Bedouine.

Là, ici, il y a un orchestre en plus et les dimensions s'envolent. Un label aussi, celui de Matthew E.White avec Spacebomb, un toit qui a déjà fait fondre les âmes avec Nathalie Prass, et Georgie. Pièce par pièce Spacebomb installe doucement sa marque de qualité, et c'est cette signature là qui m'a envoyée vers Bedouine.

Folk orchestral avec une basse et batterie sonnant Beck, une voix, une écriture imparable, un beau et délicat album.

Bedouine 2017 « Bedouine » label : spacebomb

vendredi 8 septembre 2017

This Is The Kit



Certes pas mal de filles ont déjà proposées de la sorte, dessins, architecture, structure et textures, racines Joni Mitchell en Siennes brûlées... mais une chose est sûre, This is the Kit sonne dans mon ciboulot comme un disque unique d'un presque ailleurs, pas loin d'une terre authentique, un monde à part, un univers bien à elle, Kate Stables de Bristol.

J'ai l'étiquette fatiguée je me suis laissé embarquer vers elle ne voyant qu'elle, facile, cohérente, tendrement talentueuse.

Il ne faut pas non plus se fier à la pochette, à moins que l'on aime la folie magnétique des pleines lunes. Ce sont bien ici de belles chansons mélodieuses acoustiques que la lumière primaire dévoile avec ses couleurs minérales tendrement toniques. Le noir trouble est à des lustres, guidant vers la lueur pastel chamanique. Matin, soir, on s'en fout, ce disque folk cuivré est unique.

This Is The Kit 2017 « Moonshine Freeze » label : rough trade

mercredi 6 septembre 2017

Mogwai 2017



Ce mythe 90's s'est dispersé et j'ai lâché sur les bandes-son, « The Revenant », « Atomic » voire le truc chelou sur un footballeur dont j'ai oublié le nom. « Mr Beast » il y a douze ans fut ma dernière aventure avec les écossais Mogwai.
Pourquoi de mon plein gré j'ai écouté celui-là ? Pour la pochette assurément. Et tout est revenu à moi, malgré le départ du guitariste John Cummings, le son, l'esprit, un rock d'esprit et d'imagination.

Ils ont beaucoup changé de label, la phase Chemikal Underground avec « Come on die Young » reste ma préférence. Dave Fridmann est aux manettes sonores de cet opus là, et Abbey Road les murs du son.

Quand Steven Wilson veut s'acquitter du rock-prog pour s'ouvrir au mainstream, Mogwai eux décolle du post-rock pour s'installer doucement sur un rock pur bien solide, même si du post il y en a encore, et du bon bien produit, comme j'aime.

Ça fuzz, ça plane, ça monte lentement très haut parfois, c'est du grand rock post-rock. Du vrai Mogwai. Et encore une fois, quelle pochette !

Mogwai 2017 « Every Country's Sun » label : rock action

mardi 5 septembre 2017

Nadja 2017



Le mastodonte sonore emmené par le gigantesque multi-instrumentiste Aidan Baker a canalisé sa puissance dans l'acoustique. « Stripped » est déroutant, tout se réveille en douceur dans la plus douce des horreurs, comme après la tempête quand la lumière sourde à nouveau et farfouille les terres cendrées. Une voix appelle aux derniers survivants et les fantômes d'une flûte et d'un accordéon flotte sur l'espoir comme une arche de braise. « Clinodactyl » est une merveille poétique planante.

Comment imaginer notre contagion ?
Lancinant, répétitif, beau comme un Angel of Light, un Mount Eerie, un Low ou un Ben Chasny, des cordes en boucle sur un drone boisé, c'est sûr il reste de la vie pas loin.

Voilà ce qu'on dit du groupe : ambient-drone-metal, combining ambient electronics & fragmentary vocals w/ snail-crawl, epic riffs & dirge-like percussion, stoner, doom.... il s'agit ici de quelques morceaux dark folk de Nadja revisité, dans un monde où l’électricité reste à refaire.

Nadja 2017 « Stripped »

https://leschroniquesdecharlu.blogspot.fr/2011/07/najda.html (erreur de jeunesse.. Nadja, pas Najda;D)





samedi 2 septembre 2017

Dream Machine



Voilà, le gars il rencontre une fille sublime, il tombe amoureux et elle devient sa muse pour un terrible album 70's qui vont créer ensemble, et qui sort maintenant, là en 2017.


Orgue guitare heavy rock comme à l'époque fulgurante du Deep Sabbath avec Manzarec au clavier, ou bien Hushpuppies produit par Burgalat avec la Juniore à la voix... cet album est un tour de magie fantastique pour changer d'époque, une illusion d'optique, une machine infernale à broyer les calendriers.
Tellement de couples rock, de The Kills à The Liminanas, en passant par The White Stripes....Doris et Matthew posent ici et bien avant si on veut du 70's jusqu'à plus soif, un glamour psychédélique rock sensationnel .. tiens un mot sans age qui colle bien au son, désuet et intemporel que ce « sensationnel », admiration, exceptionnel, remouds, fortes impressions, et quelle belle moustache.

Dream Machine fait son numéro, ça envoie le bois dans les rotules en titane, ça va jerker grave pour les hanches en plastique, déboussoler les âmes.
Doris c'est les claviers, Matthew la gratte avec un CV en béton, deux écritures, un disque bicéphale sensass.

Dream Machine 2017 « The Illusion » label : castle face