mercredi 29 novembre 2017

Morrissey 17



Malgré l'affection générale que je porte aux expressions de Morrissey, je me suis à nouveau figé sur une chanson d'un album, son dernier. Tout comme « Signs » des The Magnetic North par exemple, je passe en boucle depuis quelques jours « Spent the Day in Bed ».

Pourtant l'album est un ravageur produit hyper produit avec tout ce qu'il faut dedans pour que cette production appuyée n’entache en rien l'art du Smith.
Il y a sa patine, sa voix, qui me rappelle celle de Beautiful South que j'ai découvert il y a longtemps perso bien avant celle de Morrissey.
Dès l'intro « My love, I'd do anything for you » m'a plaqué par sa fureur, guitares sévères et orchestre grave.. tout s'est alors enchaîné logiquement. Mais voilà, j'ai stoppé net comme le coyote sur cette chanson là. 
Il faut voir comment on nous parle, la force forceptienne qu'il faut le matin pour s'extraire et se jeter dans l'absurde gourbi qui nous traîne par les tibias....Abstentionniste du quotidien, recul, hauteur, no boss, no bus, no rain..no train.... bref, je fais une fixette sur cette 5ème plage du nouveau Morrissey peut être inégal, mais très bon jusqu'à la moitié..pour le reste, l'autre moitié, je vais attendre de m'extraire du cageot, du hamac, du padoc, du canap voire de la british balancelle pour apprécier la suite. Pillows like pillars.

Et puis le clavier Supertramp à l'intro de cette chanson là me fait fondre.

Morrissey 2017 « Low in high School » label : BMG

lundi 27 novembre 2017

Murat 17



J'ai rêvé la nuit dernière qu'un cousin jaune avait muté avec un moustique rouge. Les fines pattes du Tipula maxima venaient juste de s'acquérir d'une immense trompe à sucer le sang de tous, à son échelle, c'est-à-dire pas loin d'un ou deux centimètres de pompe à sang. Entre mes murs violacés de cobalt, je faisait don de mes globules sous le son trouble de Muragostang qui distillait dans mes veines un remède aux attaques sanguinaires des longues seringues. J'étais nu dans la crevasse à me débattre comme l'insecte vampire.
C'est pas que j'aime pas les piqûres, juste le moustique pour moi est un fléau.. hématophage, il ne sert à rien dans la chaîne bio, sauf donner à becqueter au oiseaux ce qui est déjà beaucoup finalement. Bref, la canicule d'octobre a donné de faux espoirs aux insectes volants, y'en a même qui se bandent un membre de ouf pour saigner les terriens. Hier encore, le mercure de novembre marquait un franc 14°c tout près de ma Voise du Val de Loire et de mon fitou chambré à boire.

Risque artistique, Daho 17 ou Sheller Albion, il y aura dorénavant Murat N89. Contrairement à « Blitz », il va falloir que je fasse abstraction de la pochette. Et pourtant, jaune et rouge avec du noir et du blanc, on peut le ranger tout près de la pochette « Lilith » avec en couve un de ses autoportraits. « Le dragon a cent visages » en 2003. « Travaux sur la N89 » est pour moi l'album idéal pour mettre en son ses 100 autoportraits bariolés d'alors, beaucoup plus que les 23 chansons définitivement sublimes de « Lilih ». Cohérence décalée, un monstre de liberté, un nouvel album de JL Murat atypique ou pas.La forme bouleversée, moi non plus je n'aime pas le travail.

Il est question d'une mise en danger artistique ces jours-ci, tellement rare par ici, dragon, cent visages, tipula moustique suceur, cerveau dispersé en réveil revigorant, je suis déjà bien attaqué par le désordre rassurant de la N89 en branle, je sais pas où je vais, dans quel rêve tarabiscoté. Cette artère qui traverse tous les axes principaux Nord/Sud dont parle le plus, Murat n'a jamais roulé dans le même sens que les autres.

« Morituri » est une pépite, pourtant commercialement moyen, absence de tournée imposée, on en démordra pas avec les grands artistes irréversibles de par chez nous, pas maudits mais presque, ça fait parti du jeu, on les aimes comme ça, juste nous, moi et mon envie de les voir tout le temps et le plus possible chanter et œuvrer quoiqu'il arrive. Et tout ce qui arrive d'eux est bien. L 'expérimental « Muragostang » est un double live merveilleux. C'est pas pour me persuader ou flinguer mon porte à faux, j'ai beaucoup aimer N89 de JL Murat. Le danger ultime et rassurant de quelques artistes de par chez nous, une nuit avec des mutants , la tète en friche, le cortex en travaux, sur la route avec Murat N89.


JL Murat 2017 « Travaux sur la N89 » label : pias le label







samedi 25 novembre 2017

Daho 17



Assez exceptionnel pour ne pas en parler, n'importe quel prétexte, tout sauf passer à côté. Quelque chose me disait qu'il faudrait en découdre, et que de toute façon, quoiqu'il arrive ça resterait un nouveau Daho.
Le cerveau claudicant, la première écoute fut si troublante que je me suis rué à bras le corps sur cet album, rentrant dedans physiquement, écoutant sans cesse du matin au soir pour en démordre, comprendre et déguster la moindre once d'éclair. Surtout n'en perdre aucune miette, une telle chose arrivant par chez nous est trop rare pour ne pas le brandir.


C'est un risque artistique, ou plutôt nan, une continuité logique sous d'autres azurs, ou plutôt si de l'audace sur un travail faramineux et une certaine vision assumée d'un monde au cortex musical unique.. enfin nan derrière y'a la montagne Daho, enfin si malgré l'Eden de Satori sous des ciels brûlants d'une année qui va s'achever sous les facette kaléidoscopiques des tangages indéniablement talentueux d'Etienne qui pourrait dormir tranquille sur toutes ses invitations depuis quelques décades et qui remet tout à plat ou presque. Cet album marquera.


Des scintillements, sublimement coloré, électrique et dandy, contagieux et courageux, risqué, ou plutôt nan .. enfin si.. Daho mais risqué, mais Daho...mais Daho.
Va falloir le placer un peu partout sur la planète ce brûlot pop de par chez nous, pas si visible que ça sur les stand depuis une semaine ce « Blitz » de dingue je trouve. Je m'associe avec mon Mister T pour vous dire que ce nouveau Daho bourré de références, en posologie excessive occupant toute ma semaine, est un véritable chef d’œuvre à tous les niveaux. Entre Brando et Barrett, le véritable monde sombrement lumineux d'Etienne Daho.

Impossible de laisser passer un truc comme ça.

Etienne Daho 2017 « Blitz »

mardi 21 novembre 2017

Baxter Dury 2017



Les albums de Baxter Dury au fil des ans s'installent systématiquement dans les sommets pop rock. Malgré la gravité des ondes, le contexte amoureusement dramatique de l'artiste, comme s'il fallait monter la dune du Pilat à quatre pattes, « Prince of Tears » les surclasse tous. LE disque du genre de l'année de toute la carrière du célibataire anglais.. et vive le Cokney.

La basse est géniale, la voix fidèle, l'accent..le tempo...toutes les chansons tubesques, la classe.

Baxter Dury 2017 « Prince of Tears » label : pias lelabel

vendredi 17 novembre 2017

Barclay James Harvest 70/76




 





Le hasard fait bien les choses, sans aucune autre raison, je rebondis sur les acronymes pour parler des BJH, groupe anglais né en 1967 et qui a marqué mes 15 ans .



Faudrait pas non plus sans cesse crier au génie, il est des choses artistiques nécessaires au ronronnement du quotidien, au confort des sons fidèles qui soignent, et comme disait Murat, « le cours ordinaire des choses me va comme un incendie ».
C'est pourtant un grand bouleversement dans ma discographie lorsque la même année les Dü balançaient leur grabuge Zen, moi je prenais religieusement le « Live Tapes » des Barclay James Harvest exposé comme ça, dans les rayons reculés d'un hypermarché révolu le plus proche de mon bled d'enfance, Rallye. J'avais d'autres disques à écouter, je ne m'attendais pas à cette brèche, c'est celui-là à la pochette fantastique.

Planant, un son de guitare, deux voix et deux écriures complémentaires comme Supertramp, et une colossale discographie s'ouvrait à moi. Il aura fallu des années avant de tout me procurer, bibli, achats, et le premier Lp juste après ce live, trouvé à la « Pie qui chante », le disquaire pointu de Chartres à l'époque : « Octoberon ».
Rock romantique, psyché prog de baladin anglais errant à travers les collines vertes des îles britanniques. Le clavier sur « Rock'n'roll star » et les accords qui embrayent, les premiers accords de « The world goes on », le barré lyrique du clavier fou Wolstenholme, le final poignant « Suicide »....



Bien longtemps plus tard en approfondissant leurs opus (avec juste une mobylette pour remplacer internet), je suis tombé sur une K7 audio de chez Fame, le premier Lp des BJH 1970. Méconnaissables, un peu comme le blues trempé « This Was » des Jethro Tull, et les deux premiers albums rocks psychés des Supertramp. Je défi quiconque sur la jig folklo rock « Talking sometime on » de trouver direct BJH. « Mother dear » à pleurer, complètement de pas d'ici, d'une autre ère , un truc qui n'a pas exister des lustres. Au début, comme les Beatles, impossible de savoir qui chante, Lees, John voire Wolly. « When the wold as spoken » avec son intro cathédrale et son décollage jazz pop psyché à l'orchestre de fond « Medle » ou Sgt Pepper, à la limite du juste pour la voix.
« The iron maiden » comme parler d'un tel morceau sans se perdre, sans avouer n'importe quelle faiblesse irréversible.
« Dark now my sky ».. épopée prog de la même puissance folle que « Atom Heart Mother », ou « Try Again ».
Le mellotron à la Crimson est un peu partout. Contrairement à Supertramp , la formation initiale du groupe n'a pas changé (départ de Wolly en 77).




Le premier album de Supertramp est pour moi le coin poétique rock le plus reculé de ma discographie, un mythe très perso. Juste après, il y a le premier album de Barclay James Harvest. Improbable, méconnaissable, la substance et la genèse, une folie pure, unique.

Un papillon par pochette, celui d' "Octoberon" occupe toute la couverture, des ailes de nacre, une dentelle fabriquée avec les pièces de la monnaie du pape, la graine lunaire.. celui de « Their First Album» est découpé en vitrail.

Juste avant quelques 45T superbes « Early morning », juste après les classiques arrivent, « Mocking bird » « She said » « Medicine man »... « Child of the universe ». Pour les mélomanes je conseille (une nouvelle fois) ce coffret définitif 5CD « Taking Some Time On » the parlophone harvest years (1968-73), et "Octoberon" qui sort ces jours-ci en double réedition.


Barclay James Harvest 1970 « their first album »
Barclay James Harvest 1976 « Octoberon » label:harvest









mardi 14 novembre 2017

FKJ CFM JFDR PVT DBFC BNQT OMNI ........ 2017





J'aime ..j'aime pas.. moi un truc qui me débecquete c'est les acronymes. Dans tous les discours officiels, les réunions, les bavardages professionnels y'a des raccourcis d'initiales. Incompréhensible, codé, un langage de secte administrative, histoire d'aller plus vite ou de se la péter.. ou plutôt de s'enfermer dans un groupuscule élitiste de qq employés du même monde qui ont l'impression d'avoir inventé un langage. BDM.. euhh bordel de merde on ne comprend rien à ces cerveaux automatisés en bugg permanents.

Bon, vu comme ça, ça reste pour moi une participation difficile à une énième réunion pour rien, une matinée entière, mais les initiales strictes débordent sur la musique. 2017 le record et un paquet de nom de groupe qu'il va falloir se sortir grave les doigts pour s'en souvenir. Ou alors c'est pour brouiller les moteurs de recherches  histoire de décourager les élans illicites et curieux.

Dans l'histoire ça reste anecdotique et quasiment ponctuel, AC/DC ou REM ( rapid eye movement), FFF pour faire plus sport... tant que c'est pas une tendance.
Moi même il m'est arrivé de participer par fainéantise, BJH pour Barclay James Harvest mais c'est plus de l'intimité ;D, tout comme les Chris Robinson Brotherhood qui se font maintenant appeler CRB, Anthony est devenu ANOHNI, le management est par chez nous MGMT, HK vient de sortir un album et LDC du Soundsystem ça veut dire Liquid Crystal Display.. bref, jusque là, on s'en sortait sans trop de maux de crâne. Il paraît même que AIR serait en fait l'acronyme de Amour Imagination Rêve !! Même le grand chauve des Smashing vient de se coller un WPC (William Patrick Corgan … quelle horreur ce disque, cette voix).
2017, c'est la cascade, l’hémorragie, ça défile comme une mode, ça schlingue et je m'y pers...2017, que des LPs...c'est parti :


FKJ 2017 « French Kiwi Juice » label : roche music
CFM 2017 « Dichotomy Desaturated » label : in the red recording
JFDR 2017 « Brazil » label : white sun recherches
PVT 2017 « New Spirit » label : felte
DBFC 2017 « Jenks » label : difference
BNQT 2017 « Volume 1 » label : dualtone
OMNI 2017 « Multi-Task » label : trouble in mind
EMA 2017 « Exil in the Matter Ring » label : city slang
PNL 2017 « Dans la Légende » label : QLF
MHD 2017 « mhd » label : artside/capitol
BNRS 2017 « Sugar High » label : yokanta

et pour les plus connu en 2017 :
Alt-J
NLF3
IAM
LCD Soundsystem
ANOHNI
MGMT
The XX ….

Quant à savoir ce qu'il y a dans ces disques … ah si, j'aime beaucoup les errances Lo-Fi psyché de CFM « Dichotomy ». Sinon je suis tombé sur quelques prise de tète JFDR, guidé par la belle pochette, et des trucs franchement très moyens. C'est comme ça, une pluie d'acronymes et je bloque, comme un briefing sur la musique. Y'a surement des trucs bien, mais je mélange tout, de la soupe de lettres.. y'a t'il quelqu'un pour me guider ??









dimanche 12 novembre 2017

R.E.M. 92



C'est un peu la fête à la musique ce week end, le groupe portant le plus bel acronyme de l'histoire musicale nous ramène 25 ans en arrière en célébrant la pièce artistique majeur « Automatic for the People ».

« Green » en 1979 donne une nouvelle teinte au groupe d'Athens, le ukulélé apparaît et va exploser planétairement sur « Losing my religion » deux ans plus tard, 1991, « Out of Time ». C'est la transition, dorénavant REM passe à la postérité permanente.
Ils refusent la tournée du succès, ils entrent de suite en studio, et juste un an après l'incroyable succès, « Automatic for the People » est dans les bacs, permanent, constant, magnifique encore plus que son précédent un poil hétérogène. Aucunement ébranlé par un succès tardif (en Europe surtout.. ils jouent quand même depuis 1980), le groupe emmené par le génial Michael Stipe, propose ce qui sera le sommet d'une carrière qui mettra fin en 2011.

Au studio Scott Lies est à la prod, et John Paul Jones arrange les cordes. D'un sérieux époustouflant les chansons défilent plongeant la sensibilité dans une suffocation lacrymale, un contentement des sens, un sentiment de perfection incarné par le charisme magnétique de Stipe, un autre génie de la chanson, sans oublier Bill Berry, Peter Buck et Mike Mills. 1992, R.E.M. décide de reprendre la route, la tournée pour les deux albums, la musique aura dès lors une couleur de plus. Le bonus du coffret disponible depuis avant-hier offre un concert inédit, la captation du retour sur scène de R.E.M. au 50 watt club.... quel son, quelle prestation, quel objet.

La tète tourne quand on étale toute la discographie du groupe devant soi, tout est indispensable, le monstre « Monster » avec cette hymne grunge « Let me in » ; le monument « Up » ; le plus écouté chez moi « Around the Sun » ; le « Reveal » que j'ai négligé à sa sortie et qui me colle à la platine de plus en plus; la transition « Green », l'explosion « Out of Time » ; la constance folle de « Murmur » à « Documents » et la fulgurance efficace des deux derniers « Collaspe into now », et « Accelerate ».
Là il s'agit de Automatic célébré avec un son sublime, un rajeunissement dans ses plus beaux habits...photos, poster, démos, concert, et un inédits en duo avec Natalie Merchant.

Rare sont les artistes qui font coïncider la qualité de ce niveau là avec le commercial de cette envergure ci. R.E.M. c'est de la pop aux allures faussement rock, des racines de country modernes engloutie par du celtique et beaucoup de mélancolie. Tellement de chansons en accords mineurs.

Je persiste et signe R.E.M. est le plus grand groupe pop rock outre-Atlantique. Ma chaîne est en pâmoison.

R.E.M. 1992/2017 « Automatic for the People » label : warner


jeudi 9 novembre 2017

Simon Joyner 2017



Simon Joyner au physique Townes Van Zandt et à la fragilité récurrente vient de se fendre d'un massif en bois brut, rêveur et Dylanien. Mais pas que.

Après presque une heure de ballades folk rock comme si Damien Jurado voire Jason Molina, était incarné par Daniel Johnston, juste comme ça, pour nous amollir la crânerie, voire nous écorcher la moelle, Simon nous dévoile son rêve habité. Avec les mots de Woodie Guthrie sous des prétextes Velvetiens, Lou Reed est venu hanter ses songes, juste après la légèreté de « I'll fly away ».Comme si on y était.

80 minutes, un double album, 12 promenades et un rêve de 20 minutes sur une seule face, vu comme ça, on pense à un bilan administratif, une cote pour une mission accomplie, un graphique..
« Step into the Earthquake », c'est juste une montagne en bois massif, un malaise amer, un mal de terre contemporain, de la sciure à perte de vue, l'érosion qui dégouline dans la mer.

« Daylight » m'a tué.

Simon Joyner 2017 « Step into the Earthquake » label : shrimper / ba da bing


lundi 6 novembre 2017

Pearls Before Swine



M'ont salis la tète avec leur truc punk machin d'un Dü qu'on ne devrait pas prétendre sans provenir d'un au delà irréel qui flotte et remue l'humus des gus dans la marge sans négliger ses gencives voire ses rotules.
M'ont bien abîmés le casque, j'ai dû souder à la gazinière et au couteau l'armature qui avait lâchée. J'ai emmené ma puce chez le médecin qui m'a envoyé direct chez un exorciste pour soigner son otite purulente.. j'ai manquer de tuer mon garagiste et de fister un clodo avec son clebs... à deux doigts de la chute libre … 


Aussi, comme un son lustral pour me laver de toutes les saloperies de traîtrises que des proches virtuels que j’apprécie énormément m'ont infligés, je me suis mis des disques perso. Comme si y'avait pas assez de vilaines choses dans notre quotidien anthracite pour qu'on soit en plus obliger de se soigner des amis... je suis déçu, le monde est moche, je suis fatigué...


Perso, les BJH 70's ont passé tout le week end à me laver, à me panser l'âme. Mais je les connais trop, c'est pas comme si j'avais vu une nouvelle lueur pour éponger mes larmes .. nan, la thérapie contre les gens pas beaux, je l'ai trouvé avec un album faramineux, un opus enfoui, l'exactitude folk, acoustique, pop psyché comme j'aime. Du chaud, du proche, du terrier musical. La lumière est revenue avec l'espoir qu'on s'aime tous un jour, errant à poil, la nouille dans la chlorophylle et les dents jaunies par la patte à modeler kaki.


Sortie en même temps que Sergent Pepper, un mythe est né autour de ce disque invisible.. Dylan aurait en studio collaboré ici avec les Beatles.
C'est quand même plus beau que les ferrailleurs à la banane brosse multicolore.. acoustique rêveur, accords hippies, acid folk mais juste ce qu'il faut pour partir pas très haut mais juste à la hauteur qu'il faut pour décoller un peu et planer juste au dessus de la canopée pas plus.. il est toujours question de frôler la chlorophylle avec ce qu'on peut.

C'est pas un album que l'on voit dans les références, pas un truc qui excite les journaleux, c'est un disque caché, enfoui, un truc qui ressemble à Crescent avec les espaces de Mickey Newbury, les fleurs de Love, la virginité de Dylan, la folie de Lennon sur « Uncle John », une once de Doors et de Boduf Song, le regard Barrett, la texture Incredible String avec la peau Fairport Convention et des petites lueurs Velvet qui lorgnent sur le quasi chamanique, le transcendantal.. j'ai trouvé mon pansement cérébral avec cet album unique 100% poésie...et je chiale interminablement sur « Surealist Waltz ».
C'est pas joli joli le truc que j'ai subi, Pearls comme un analgésique.


Pearls Before Swine 1967 « One Nation Underground » label : ESP



samedi 4 novembre 2017

Hüsker Dü ..... The Residents





« Te souviens-tu » des Dü ? Carrière fulgurante, séparés alors qu’ils touchaient du doigt la reconnaissance ? Il est question ces jours-ci du culte d’un album !!! Mon œil. Bon faut voir, car pour se souvenir faut déjà avoir écouté ce truc avant. 1984, c’est déjà un peu l’hallali du punk comme le disco, la résistance des vieilles fibres, les guiboles s’ankylosent.




Carrière fulgurante pour ne pas dire éphémère. Fulgurant comme un incendie, tout a brulé et un paquet de gamins se sont posés sur les braises pour sucer et souffer, les flammes n’ont jamais vraiment reprise, que de la fumée…. même REM en cette année 84 venait juste de lâché le style pour une autre carrière faramineuse.


Bon l’étiquette punk dur, mais les mecs du Minesota y rajoutent du hardcore, ça part mal pour moi, et pourtant j’écoute de tout, presque, je suis même fan de rap avec MC Solar. J'ai même chroniqué "Pets Sound" et "Holland" un jour c'est pour dire. Je prends le truc à l’envers. Vidé de tout préjugé, je charge et écoute. Au début, la pochette est magnifique, l’idée d’un double album m’emballe et je me dis qu’il est impossible qu’un disque soit mauvais avec ce format là, j’ai une brouette de doubles albums dantesques que je chéris comme la peau d'mon scrotum . Et puis le chanteur est aussi batteur, Don Henley, Phill Collins, ouraff les références de ouf mais j'aime bien le principe. Et puis il faut bien dire que l’un de mes branleurs préférés sur la toile s'est fendu les poils en 4 pour proposer en mode petit' bit (128) un truc qui m’en mérite pas tant. Oui, car naïf j’ai chargé dans le disque dur, j’ai mis les batteries au max, et j’ai balancé le truc dans le casque juste un peu après que le jour se soit levé. Et là je me souviens qu’on m’avait déjà bien niqué en mode branlico bien mûr avec les Ramones.


La première chanson aïe, pourtant la basse au début part bien, un petit son Stranglers.. , vas-y mets la 2 elle est mieux, ah nan c'est pareil, on dirait même que c'est la même.. ou la 4 ou la 6 ou la 10 ouh la la… c’est un album concept ou bien ?? Il faut que ça aille très vite il parait, quelques heures pour enregistrer, l’urgence ou le manque de thune, ok, quelques minutes pour écouter. De toutes les façons mon casque endolori  je n’avais pas le choix, un punk à yorkshire m’a demandé de la caillasse, j'ai cru tout de suite à une réincarnation, qu'il entendait la même chose que ce j'écoutais, le gars aux vieilles rotules à peine couvertes par un jeans ravagé venait de mettre en image comme un clip graveleux tourné dans une casse ma séance découverte …. j'aurai pu lui mettre le casque on aurait fait un bout de la journée ensemble à shooter dans les boites de conserve.. mais bon son bichon maltais audacieux commencer à montrer ses dents.
Alors connement je lui ai demandé s'il connaissais Bob Mould et là il a lâché son pitt  en me disant comme quoi le Bob avec son physique rangé à la papa etc etc..et qu'avec une moumoutte il pourrait jouer avec Supertramp ... c’est un truc de tarlouze…. Bref.. j’ai stoppé après la 6ème chanson, j'ai stoppé la poisse. Peut être c’est mieux après ??




Fauchés en plein succès, dur. J’ai encore dans la tète la passion contagieuse d’un pote ex-punk qui début 2000’s, m’a balancé quelques opus inconnus pour moi alors, que j’écoute encore alors que j’avais un peu pitié de lui tellement il s’emballait comme un jeune puceau accompagnant sa meuf au concert de Bruel et qui sait qui va bouyave juste après, ou mon collègue de 25 piges qui va voir grease et dirty dancing sur scène et qui m'en parle en frétillant d'la queue. 
De cet ancien chanteur punk devenu PDG au sein d'une grande boite de télécommunication, il me reste Oingo Boingo (excellent "Nothing to Fear"), les géantissime WIRE (indétrônable et je suis d’accord avec lui) et surtout The Residents, ma grande découverte d'alors. 




1980, en plein boom punk, les 4yeux balancent leur foutraque fou avec de supers belles mélodies. Le beau et le bizarre, le punk dans toute son originalité, il faut aller vite, c’est urgent, c’est d’époque.. si Dü a enregistré en un temps records (bâclé ??), les Residents eux ont balancé ce qui aurait dü être un double. 40 chansons, mais 1 minute chacune. Du coup ça tient sur une galette et j’imagine le double Lp s’ils avaient ôté de leur ciboulot le timing imposé. Pourquoi The Residents plutôt qu’un autre ?? peut être parce que là, ça sent pas l’arnaque, que les mecs ils se cachent, se dissimulent pour mieux mettre en avant l’écriture transcendée par le mystère des collaborations et des idées. Camouflés, déguisés, entourloupés. C’est bruitiste, organique, électro, fanfare foutraque, pop rock et barge dissonant, gratteux en délirium tremens.. 
Je ressorts qq Residents et range le Dü (trois écoutes quand même), mon déguisement de vieux branleur me boudine un peu le boul ..mais qui s’en souviens en dehors de quelques briscards qui ne veulent pas lâcher prise ? 




 "Ni rien ni l'autre" ..me répond ma puce qui fait ses treize ans aujourd'hui quand je lui ai demandé laquelle des chansons elle préférait. Vraiment il faut que j’arrête, je vais finir par faire du mal à mon entourage, à nuire, elle est repartie dans sa chambre..l'a pas l'air en forme..j'ai pas le droit de faire ça..... 
J'me casse, Il faut que j'aille chercher un retro au ferrailleur du village d'à côté, l'a pas intérêt à me foutre du Dü en fond, ou j'le fout dans sa broyeuse et monte le son sur "Indecision time" avant de me tirer sous les riffs trempés du dernier Wire qui gronde dans ma bagnole.


« Zen Arcade » sourcilière.. mon œil. Vive les Residents les punks les vrais. 
Merde c'est con, une aussi belle pochette pour un double.. Bon, allez tiens, beau joueur, s'il faut en prendre une ça sera "Never talking to you" :D

Hüsker Dü 1984 "Zen Arcade" label : SST
The Residents 1980 "Commercial Album" label : ralph







jeudi 2 novembre 2017

Esmerine 2017



« If Only a Sweet Surrender to the Nights to Came be True ». Je n'aurais jamais imaginé monter jusqu'à lui, toucher des larmes la même hauteur artistique.
C'était en 2003, Esmerine était alors pour leur apparition sur le label Resonnant, au beau milieu de quelques pointures d'alors : Emery Reel, Port Royal, Olvïs, Do Make Say Thing, le pilier du label Stafraenn Hakon qui vient de sortir un nouvel album, Library Tapes... bref, la naissance pour quatre artistes qui sont aussi des membres de Godspeed, Silver Mt Zion, Set Fire to Flames, Saltland.... Constellation donc chez qui ils sont venus naturellement en 2011 avec « La Lechuza ».

Un rêve absolu quand on aime le mariage du néo-classique et du post-rock. Des paysages grisants avec un hymne biologique dans la tète.

Le ciel fatigué est tombé sur la canopée, il ne reste que cet alignement de troncs blancs des bouleaux crayeux. Marimba et violoncelle. Esmerine est une entité récurrente qui ne m'a jamais lâchée depuis que ces quatre là se rencontrent tous les deux ans et se détachent d'autres collectifs pour des albums au son unique, aussi beau celui-ci que « If Only a Sweet Surrender to the Nights to Came be True » du début d'Esmerine.

Musique de chambre sans mur.


Esmerine 2017 « Mechanics of Deminion » label : constellation

En bonus, une vidéo, une rencontre Esmerine, Lhasa et Arvo Pärt.