vendredi 26 juin 2020

Rodolphe Burger 2020



Une classe musicale intersidérée, des choses se sont passées depuis des semaines, il n'est pas impossible ici de toucher le sommet.
Le cours ordinaire des choses semble vouloir reprendre sa vitesse de croisière, le calendrier des sorties s'ouvre à nouveau, tout s'accélère, aujourd'hui est une date cochée, certes Biolay, mais surtout Burger.
Dans l'idée et l'impatience d'aller vers les « Environs », j'ai revisité ces derniers jours quelques opus de la Dernière Bande, son auberge artistique. J'ai revu quelques Kat Onoma histoire d'appréhender l'approche et de mieux atterrir juste ici.. aussi « Far From the Pictures ». « Good », « No Sports » en plus et tellement de collaborations.

« Environs » tombe, et je suis le cul collé au sol, le crâne cloué au tronc, il pleut un peu, l'air suffoquant est à l'orage, et si la foudre tombe ce sera sur cet arbre là. Je dévisage les hauteurs de ses altitudes, l'élégance de ses attitudes, la beauté est partout en haut en bas, à l'Est et vers l'Ouest, dans tous les sens et les points cardinaux. Sa façon de voir les choses et de nous les faire entendre comme il les voit me convient à la perfection.

Il y a aussi des invités et des reprises.. « Fuzzy » de Grant Lee Buffalo, quoiqu'il arrive cette chanson me fait fondre. « La danse anglaise » avec Bertrand Belin, une évidence, une rencontre naturelle.. Sarah Murcia, Julia Dorner, Philippe Poirier .. et Christophe qui traîne par là, pour l'Onoma.

C'est un climax d'une haute fidélité. On est au sommet.. au Col du Bonhomme.


Rodolphe Burger 2020 « Environs » label : dernière bande

jeudi 25 juin 2020

Woods 2020



Avec encore ce « Love is love » qui tourne dans la tète, je m'installe aux manettes du nouvel opus des Woods sans trop d'inquiétude. Je n'attends pas de surprise non plus, je veux bouffer du Woods, croquer l'écorce de leur pop promeneuse, de ballades folk en balade. J'y suis.
Le précédent avait sonné comme un hymne pop hippie fantastique aux mélodies ravageuses, « Strange to Explain » me redépose sur terre sans pour autant quitter des pensées le paysage ondoyant et chimérique des p'tits gars de Brooklyn.

Woods 2020 « Strange to Explain » label : woodist


mardi 23 juin 2020

Perfume Genius 2020



Tous les chemins sont à prendre pour aller vers ce disque là. La moindre émotion, le plus délicat son, une once de lumière qui se pointe sous le soleil qui plombe, tout s'ouvre pour se rendre vers ce moment déconcertant là.
La voix ... Conor Oberst , Jamie Stewart, Jonathan Meiburg ... et Mark Hollis surtout. De belles ondes lointaines des Aphrodite's Child qui planent, avec en plus la sensibilité prodigieuse d'une épopée pop sans retenue pour les sensibilités. Ce conte musical fait résonance aux fragilités de convection.
Après les heures de plomb solaire, si l'air reste encore lourd de mercure et que le vent tombe, il faudra poser dans l'air «Set My Heart On Fire Immediately» et laisser vaciller le hamac.

« Moonbend », « Whole life »... « One more try ».. « Jason ».. des étoiles en plus.

Perfume Genius 2020 « Set My Heart On Fire Immediately » label : matador



vendredi 19 juin 2020

Naïm Amor 2007



J'ai commencé avec Howe Gelb, nan, avec Calexico..euh.. pour dire les choses vraies en fait, j'ai beaucoup écouté « Amor Belhom Duo » comme une petite perfection jazz pop de par chez nous qui sentait bon le chien, la pluie et la sarabande avec en plus les étendues à perte de vue de quelques part, loin ou pas. Toutes les arborescences viennent de quelque part.
De fil en aiguille, j'ai exploré et tout pris de cet arbre là, sous la dimension sonore Morriconienne.
Et vient se poser l'acoustique sanguin de Naïm Amor, une pause fantastique au beau milieu d'une trêve crépusculaire.
Le ciel est prodigieux, les guitares de grands espaces flottent avec une voix d'eau de cactus .. Je m'affale cramoisie sous les rayons agrumes, sieste en plein western contemplatif.
Des grands espaces en huis clos, j'ai bouffé ses Soundtracks, ses collaborations, son blé grillé, les étendues en pâles ondulations sous des bruits de grillons. Soleil pamplemousse échouant sur l'ocre pâle des champs presque cuits, « Sanguine » en boucle est une pause délicieuse.
Quelques regards en biais, des verres de blanc bien frais, des airs de guitares qui tanguent avec un accordéon.
Des disques précieux. Celui-là comme quelques autres de Naïm.

Naïm Amor 2007 « Sanguine » label : atmosphériques

lundi 15 juin 2020

Michael J.Sheehy



Y'avait bien Jurado qui traînait sa caisse dans mon monde à l'époque.. Jason Molina aussi, puis en 2001 je suis tombé, à force de fouiller Beggars Banquet, sur « Ill Gotten Gains » . Pas compliqué d'imaginer que je l'ai ajouté sous mon aile. Il avait la lumière folk portée par une voix Chris Isaak en plus amicale, humble.

Louchant pareil sur le label Glitterhouse, la lumière s'est un poil assombrie quand je suis tombé sur le résonnant folk à tomber « Ghost on the Motorway ». Comment imaginer à l'époque qu'il était de l'autre côté de l'Atlantique, made in England. Les autoroutes sont toutes les mêmes, aussi ce Gospel Blues Country des fantômes de bord de route a ébranlé mon rocking-chair du vieux continent. « Crawling, back to the church ».. comme l'onde de Tom Waits planant au dessus de Londres. C'est bon quand on ne sait plus où l'on est, Bonnie « Prince » Billy ou Nick Drake. La tectonique des plaques.

Le danse folle des ciels acoustiques tous chargés d'électricité devait poser Michael.J Sheehy comme un nouveau disciple, un autre partenaire de route. De mes chemins.
« Company man » restez tranquille, ça va bien se passer, je trésaille et frémis, le vent s'est arrêté. La lumière tombe, « Ghost on the motorway », la chanson, juste avant le noir vient poser le sérieux d'un lendemain incertain. Des cordes sèches, un chant flottant....

J'ai ressorti mon vieux CD de 2007 à la couleur terre de Sienne brûlée, un petit chef d’œuvre oublié, y'en a tellement. Et puis un nouvel album pour Michael J Sheehy, à pré-commander et déjà à écouter en stream, des chansons à bouffer de l'écorce, « Distance is the soul of Beauty », à ne pas manquer tout en revisitant.


Michael J.Sheehy 2001 « Ill Gotten Gains » label : beggarts banquet
2007 « Ghost on the Motorway » label : Glitterhouse
2020 "Distance is the Soul of Beauty" label : autoproduit


dimanche 14 juin 2020

Sylvain Chauveau 2000



Cheval Blanc, le livre noir du capitalisme.. transition parfaite, le tout début néo-classique noyé de silence de la carrière du pianiste Sylvain Chauveau.

Sylvain Chauveau 2000 « Le Livre Noir du Capitalisme » label : noise museum

 

vendredi 12 juin 2020

Cheval Blanc 2020



Le ciel s'assombrit, on va se prendre quoi sur la gueule ?? combien vont-ils nous faire payer ce qu'on a jamais voulu, déjà des menaces. Ils parlent de guerre, nous sommes la chair à canon, le capitalisme broie et se fait les crocs.
A la moindre promotion, la démocratie dégringole.

Danse hystérique autour de la patte à tartiner bradée, en attendant les arbres nous regardent et rient jaune, combien d'entre eux vont partir avec nous ? La lignine n'est pas un muscle, les racines des jambes..ils se laissent abattre le sourie narquois au bout des branches.
« Attention.. danger : exploitation forestière».. exploitation est le mot qu'ils emploient pour dire ravage, dévastation, Verdun sur un lopin. Soit ils nous haïssent soit ils sont illettrés.

Un goût sourd d’effondrement en bruit de fond.. comme on devine le bruit blanc des canicules, « produire sans en mourir »..
Le basalte des flans de montagne ressemble à un tas sec d'excréments des villes saturées. Du charbon pour les pauvres âmes. La terre sans l'homme a une odeur sensuelle de misanthropie.

Cheval Blanc, je découvre Jérome Suzat-Plessis, ex-bassiste de No One is Innocent. « Comment vivre ? » attaque mes pensées de plein fouet, la musique toute chargée d'émotions écorchées. Les utopies percutent le fondamental perdu sur fond gris de foule abjecte. Une jolie tranche de sombre folk minimaliste.

Cheval Blanc 2019 « Comment Vivre ? » label : La Souterraine

mardi 9 juin 2020

Sandro Perri 2019



Eh bien voilà, je cherchais l'autre jour en me répandant sur « Futur Games », un groupe ou un artiste qui avait le même son 70's doux, planant, électriquement décontracté comme ce bel opus des Fleetwood Mac II de 1971.
Sandro Perri est un canadien fidèle à l'auberge Constellation sous les tuiles de laquelle il a sorti l'an passé son quatrième album. Il était un membre de Polmo Polpo et de Great Lake Swimmers.

La pochette est comme le ciel ces dernières semaines, profitons de cet air qui flotte avant que ne reviennent les hauts avions dégueulasses.

Sandro Perri 2019 « Soft Landing » label : constellation

dimanche 7 juin 2020

Baxter Dury 2020



Un glamour cockney classieux, une nuit crade à la Gainsbarre, un son excitant avec le gris sensuel qui va avec, des petites symphonies de gourbi opulent et une basse à bouffer des afters. Des rythmiques à prendre des shots, une gueule de bois en costard.
Des caisses, des valises, le diable sur le palais, une fragrance de sueur sur le col, « je suis dégueulasse et alors »..
Le quotidien en intraveineuse, le spectacle affligeant des cupides qui déambulent, le vivant mourra dans les villes avec les chiens. 

Hyper-classe etc.

Baxter Dury 2020 « The Night Chancers » label : PIAS Heavenly

mercredi 3 juin 2020

The Inspector Cluzo




Un temps lourd et orageux dégouline sur Mont-de-Marsan. Les ligneux craquent, le vent fort camoufle le bruit des troncs, l'électricité plane déjà. Des airs westerns tout chargés de poussières dévalent les collines. The Inspector Cluzo est une aubaine à l'oreille pour contempler la danse folle des graminées. Ça sent la grosse bière, le whisky bien foncé, malt et froment, l'odeur d'une terre qui palpite de l'épiderme, condamné à boire, 1km, 100 km.. 1000, c'est pareil, ça suffit largement, tout est une question d'échelle et déjà trois traits de kérosène dans le ciel bleu.
Mon rocking-chair fait la moue, on s'était pris d'amour tous les deux, il me fait la gueule..j'ai beau lui laisser l'inspecteur Cluzo en boucle tout près de son bois avec une vieille chemise imbibée des chaleurs, il ne balance plus pareil. Faut bien replonger dans la foule il paraît.

« Brother in Ideals », voix à clouer le bec, guitare opulente, percu insolente, le bois chante et déjà le ciel se couvre. Qu'à cela ne tienne « We People of the Soil » est là, on rebranche tout. L'horizon se charge, ça gronde, plus un temps à mettre un hamac sous un arbre, ni d'errer dans les champs.. rien à foutre, que la foudre tombe sur moi, nous sentons tous l'humus, on a beau vouloir voler à tout prix, la semelle de nos godasses sentiront toujours la terre.

The Inspector Cluzo 2018 « We the People of the Soil » / 2020 « Brother in Deals »
label : fuck the bass plaer

mardi 2 juin 2020

Tindersticks 2003



« My oblivion ».. « Running wild ».. le genre de truc à vouloir rester confiné.
De toute façon ça tape dur dehors, un mercure à se réfugier derrière les persiennes, histoire d'attendre que la lune vienne nous embaumer la nuit.
« Sweet memory »..à peine une once envie de sortir...

Tindersticks 2003 « Waiting for the moon » label : beggars banquet

samedi 30 mai 2020

Michelle Gurevich 2020



Arrogante météo, il faut la voir se pavaner à nous cuire le cuir. Faudrait pas pousser trop la poussière non plus, les racines au bain-marie et déjà les feuilles font la gueule.
Ô le ciel, jamais il n'a était aussi pur le jour, les étoiles la nuit sont insolentes, la danse des insectes est aveuglante comme le chant des oiseaux qui semblent revivre. Des nuages de Syrphes dansent avec les bourres végétales des peupliers. L'insecte retourne aux couleurs, la bourre tombe et enneige les chemins. Et les avions restent au sol.

C'est chaloupé tout ça, les champs ondulent sous la chaleur, le vent est un tantinet crâneur lui aussi. Qu'à cela ne tienne, l'énergie dilatée, on va mettre un peu d'humidité larmoyante dans l'aride printanier (« Art of life »), un peu d’extase dans cet air habité (« Feel more »), un peu d'exotisme sur cette nouvelle liberté (« For old time's sake », « Here's the part »)....
De l'émotion sur cette nature temporairement revigorée... « Love from a distance » (chanson que Dominique A aurait pu composer). « Life is coming back to me » comme du Lhasa d'un autre continent... « Feel more » et se dessine les voyages musicaux de The Walkabout.
Que dire de « Kiss ».... un « Let's dance » sexuel et triste, voire un Ferry, un clavier revival et une basse salope..il faut dire que la nuit est tombée et que tous les parfums alentours deviennent aphrodisiaques.

Michelle Gurevich écrit et produit, elle joue du melodica, du synthé et des guitares, évidemment c'est elle la voix et ça.. ça compte un max... écoutez ce disque. Russo-canadienne, slow-core en Lo-Fi atmosphérique passant par toutes les émotions.. quitte à voir tomber quelques larmes sur ces croûte hyper sèche d'un printemps bien cuit.

Michelle Gurevich 2020 « Ecstasy in the Shadow of Ecstasy » label : autoproduit


jeudi 28 mai 2020

Luke Haines & Peter Buck



Peter Buck depuis le confinement de Michael Stipe multiplie les projets et les collaborations. C'est ainsi que REM vient percuter The Auteurs, puisque la voix et les textes de « Beat Poetry for Survivalists » sont tenus par Luke Haines.
On aurait pu rêver cette association si elle n'était pas arrivée par surprise.
Tous les deux s'amusent des mots et des sons pour dire l'état dégueulasse du globe et franchement, à travers mon dégoût à moi, j'imaginais bien un album dans cet acidulé psychédélisme là.

Quelle beauté cette flûte en désaccord sur cette discrète tabla indienne, transcendée par les accords électriques de Peter, sous la voix familièrement habitée de Luke.
Et puis surtout, deux mondes que j'affectionne particulièrement se rencontrent. Rem/Auteurs... Peter et Luke. Amerloque/British.. comme Fleetwood Mac III ..moi je dis rien.

Luke Haines & Peter Buck 2020 «  Beat Poetry for Survivalists » label : Omnivore

lundi 25 mai 2020

Fleetwood Mac 1974



À la demande générale, et sur demande particulière de quelques vieux branleurs, un Fleetwood Mac, le dernier avant l'arrivée du couple américain. Il ne sont plus que quatre, période creuse, Bob Welch résiste, disque noir, improbable, terriblement isolé, méconnu et pas trop dans les vitrines, un peu comme s'il avait fallu que ça change et vite.
« Heroes are hard to find » c'est pas faux, sauf depuis quelque peu. Y'en a plein les hôpitaux.

Fleetwood Mac 1974 « Heroes are hard to find » label : reprise


samedi 23 mai 2020

Fleetwood Mac 1971



Des petits jeux réveillent, montrez des albums à impacts sur les réseaux.. et des disques ressortis de ceux qui n'ont jamais vraiment été rangés. Et j'ai cherché chez moi si celui-ci n'avait pas été déjà chroniqué un jour. Et bah nan, et pourtant..

A l'écoute on pourrait se demander comment le gros impact est arrivé. Et bien moi même je me demande bien comment je vais m'y prendre pour poser cet opus sur un piédestal solide, inébranlable, d'un son que j'ai retrouvé chez pas mal de nouveautés ces dernières années, simple, Lo-Fi, pur, naturel, perdu et osmotique. 

C'est un baume, un concept, un idée merveilleuse de son qui injecte un bien être et une nostalgie d'une époque que j'affectionne particulièrement.
Des morceaux longs, des plus courts.. vous voyez je sais pas quoi dire. Pourtant à chaque écoute je fonds et me laisse emporter comme un bleu.

C'est avant la tempête Stevie/Lindsey, et juste à peine après la tornade Green.
Bob Welch pose ses cordes, Christine McVie s'impose enfin et magnifiquement, Danny Kirwan discrètement omniprésent.. et les deux piliers Mick Fleetwood et John McVie.
« Future Games » est la plus belle des transitions historiques musicales que je connaisse... et puis l'écoute de « Sands of time » .. c'est un moment aérien à part, une molle cavalcade auprès de n'importe quel étang long d'un soleil ondulant au zénith de l’insouciance.

Ce n'est que le cinquième album du méga ultra groupe Fleetwood Mac.. chaque écoute est une partance, un petit bonheur sans nom.

Fleetwood Mac 1971 « Future Games » label ; reprise






lundi 18 mai 2020

Françoiz Breut



Serge et Jane.. c'est un beau tourbillon les muses, les couples, le déclic des duos ..« derrière chaque grand homme se cache une femme » Melody Nelson resplendit …
et puis tant d'autres « Si tu disais », comment dire comment cette chanson est à pleurer. Comment j'ai aimé me perdre dans ces deux là pareil, « Les hauts quartiers de peine ». Et puis « Portsmouth » que A a proposé sur un ep 1998 d'Acuarela discos « L'attirance » ressorti l'année précédente en vinyle..un objet précieux. « Portsmouth » ici repris par Françoiz, et le son des doigts sur les cordes graves... Quelle chanson, quels accords, quelle partance..

« Je ne veux pas quitter ».. « Le verre pilé ».. Les femmes sont là superbes, « Il n'y a pas d'hommes dans les coulisses »..... « La nuit repose ».
C'est un album majestueux, totalement oublié, Sacha Toorop, Tiersen qui traînent et ce son avec les accords de A, la grande voix de Françoiz. Après « La colère » que je garde pour moi.. cet autre chef d’œuvre... ces presque ultimes miettes d'un couple fécond qui danse sur un clavier valsant. Une symphonie de poche d'ultra dimension.

Françoiz Breut 2000 « Vingt à trente mille jours » label : Labels

vendredi 15 mai 2020

Riké 2020



Les dires disent qu'il y a 8000 ans, la première épidémie est venue chambouler l'être humain en pleine révolution, ou plutôt évolution. Ils commençaient à cultiver, à domestiquer.. les bœufs parqués ont transmis la fièvre pesteuse.
Néolithique, nouvelle pierre, mutation, nomades qui se posent, nos vies intra-muros n'ont rien apportée de plus. Toujours des maladies émergentes, des âmes putrides, l'impacte colossale qui concerne les pays riches. Un énorme poil épais sur la savonnette du libéralisme.
Nous sommes des hôtes potentiels, accueillants, hospitaliers, nous les premiers prédateurs planétaires croulant sous des milliards de normes censées nous épargner, nous croulons donc sous nos erreurs permanentes. Moustiques planétaires ou salives des gens qui causent.

Le désordre dans nos ciboulots, une envie de braises, du crépitement sous les étoiles et puis du feu sous les cordes, des chants pour s'accrocher sur des portées, des hirondelles comme des notes dessus... et puis..

« Une guitare et des chansons
Sans prétention
Juste une invitation
A quelques minutes d'évasion...
AU COIN DE MON FEU
Supspendre le temps sera notre jeu .. »

Riké des Sinsé s'est fendu d'un opus acoustique à déguster au coin d'un feu, été, hiver, brasero ou feu de camp.. la chaleur des cœurs. Merci mon Yien pour cette soirée « Au gré du vent ».

Riké 2020 « Au coin du feu » label : Sony atv / patouche


mardi 12 mai 2020

JL Murat 2003



Qui aurait pu imaginer une telle pissette à la vue de ses mains sèches et fripées, elle a fait son show dans le couloir du wagon corail épaissement drapé de ces vieux rideaux vert d'eau , avant de poser son vieux cul pincé sur la molle banquette usée, juste en face de ma tablette dépliée. Pas un mot, aucune politesse, elle a cogné de son genou pintade ma rotule mal placée. Les traits tirés, le ciel asphyxié, des ordres et des cloches marquaient son visage exsangue. Elle traînait avec elle la sécheresse de ses paupières en berne. Elle était habillée de noir et de résilles cendrées que j'eus le loisir de découvrir bien après.. moi je n'étais pas habillé en marinier.

Elle n'a pas mis une demi marée pour m'asperger la tronche, me baptiser la poire à plein bouillon, à peine le temps d'apercevoir son entrefesson. Une fable, la fontaine et le septique. Je m'étais lamentablement trompé sur elle, ce n'étais pas une contrefaçon. Les tempes et la moustache détrempées j'étais un naufragé, son rescapé. Elle me tenais de ses jets, minimum quatre. J'ai lapé son mucilage, mousseux au bord des lèvres, son écume meringuée et pof. Blanc en neige palpitant, les glaciers s'écroulent dans la mer, elle fut tel mon réchauffement climatique pour un instant, artères dilatées, respiration coupée, langue invaginée prisonnière des tensions, je ne voyais plus que dalle.
L'écluse, la giboulée, l'averse vous dis-je, elle m'a karcherisé la tronche, décapée la face, gommé l'épiderme. J'ai bu la tasse, suffoqué. J'ai cru mourir, moi pauvre chalutier, je vais finir par rouiller.

Je suis dans un autre monde, trois pintes sur le cœur, nature à demi morte, cyanosé devant cette corbeille de six prunes. Jamais je n'aurais dû être si près, dans l'axe, j'avais les poumons remplis de son eau cellulaire comme ravagés par les pollens de cyprès. Depuis, à chaque ondée chaude d'un été haletant, je pense à elle.
Écroulé dans un fossé je patinais. Le peau lavée sous la mousson lustrale j'ai bu son âme. Elle est devenue ma nymphe explosive. Quand je lui ai demandé son nom, elle m'a dit Denise. Je l'imaginais plutôt en Tina, « Love Explosion ». Je l'ai pris comme telle. De toute façon je prenais l'eau, je tapais les murs et passais sous les arcades, j'étais comme un gondolier bêta dérivant sur une artère trop pleine. Si la terre est basse, les ponts sont pas si hauts. La montée des eaux, c'est bien connu. Je ne l'ai jamais revue, pour moi elle voulait qu'on l'appelle Denise.. dans son plus beau contentement.
Quelle drôle d'idée.

JL Murat 2003 « Lilith » label : Labels

dimanche 10 mai 2020

Jane Birkin 90



Impossible de trouver une explication, le chemin qui m'a mené vers cet ultime cadeau de Serge à Jane.
Une envie douce d'écouter « Amours des feintes », l'opus le plus douloureux, le moins exposé, obsédant. L'encre sur la pochette de elle, c'est lui, et puis tout aussi, sauf que c'est elle.
Un instant unique, un disque à part, l'objet physique est sans issue, dépliant carton molletonné... je sais pas pourquoi j'aime quelquefois écouter ce disque perdu. Un arrière goût des chants de Maldoror... never more.

Jane Birkin 1990 « Amours des Feintes » label : Philips

samedi 9 mai 2020

Dick Annegarn 74



Paris la grise, les grandes villes sont vides, plus on en met dedans plus elles se dévident. De la cendre dans le ciel, les ruelles du matin en odeur de mégots mouillés. Les capitales décapitées, la mienne est dans mes souvenirs, très loin derrière, c'était y'a pas si longtemps. Partir à la guerre sans arme, les gens ne s'aiment pas depuis un bail, les masques et les regards seront là pour nous dire la méfiance et la haine, retourner au combat, bouffer du charbon, pourtant la planète tourne toujours à la même vitesse.
Dans les lointains confins on ne parle que du trafic impatient, les dispositifs tapent du pied, le calme semble saouler, le paisible leur est pénible, la pollution atmosphérique manque, vivement respirer de la merde bientôt.

En attendant, dans les prairies, rocailles et ravines, les géraniums sauvages se succèdent. Le Mollet est tombé, place à celui des marais et du sanguin.
« Sacré Géranium ».

Ça sent la terre, la danse des damoiselles, loin des engins. On est bien dans nos jardins. Laissons les sauvages se passer la main, bâton de merde en relais, se transmettre le début de la fin.. les cultivars Géranium des étalages devant celle des Pyrénées peuvent bien aller se rhabiller. Pas besoin de vin pour être soul.. qu'à cela ne tienne, juste deux verres de Fronton devant ce rose bonbon pâle loin des engins crétins.

Dick Annegarn 1974 « Dick Annegarn » label : polydor


vendredi 8 mai 2020

Damien Jurado 2020



La ouate dodue pure du ciel passe lentement, écume ondulée au dessus du hamac, par d'erreur possible, pas de kérosène à l'horizon, toute la mousse sous le soleil doré ne peut venir que de la croûte évaporée des poètes écorchés.
Casque du crétacé bien encré sur le crâne, isolé plus encore de ce qu'ils nous disent.. pas d'erreur les nuages qui passent, c'est rien d'autre dans le ciel que cette vapeur d'eau Jurado.


Damien Jurado 2020 « What's New, Tomboy? » label : loose

dimanche 3 mai 2020

Elton John 72



Vu le biopic, j’adore les biopics. Des histoires comme celle là, des destins, le génie parmi nous, des gens pas ordinaire, du super. Et puis cette chanson « Daniel ».. comment dire ….

Nous sommes en 1972, juste avant la foulée sur les briques jaunes , et après le « Honky Château ». Lequel d'Elton ?? l'embarras du choix, pour « Daniel » aujourd'hui c'est celui-là, tirez pas sur le pianiste.
Et puis, c'est une belle transition de baladin d'avec Ron, tu m'étonnes John.

Elton John 1972 « Don't Shoot Me I'm Only The Piano Player » label : DJM

vendredi 1 mai 2020

Ron Sexsmith 2020



Le plus Paulo des p'tits gars qui ont le génie de la ballade dans la peau et dans la voix... si si, « Spring of the following year »..c'est quoi alors ??!!

Je me souviens encore de l'année 1995, oui d'accord, la naissance de ma grande, mais aussi ce disque éponyme doux, soyeux de baladin relax tendre avec des idées végétales et enchanteresses. 2001 « Blue Boy »..et que dire de « Cobblestone Runaway » l'année suivante...
La discographie s'étend, s'allonge, c'est du précieux sans pour autant ébranler les ondes et les médias.

« Lo and behold » et on danse en chialant sur le banjo et le bandonéon.

Dehors c'est le retour de la flotte, il y a un bail que les cloches sont passées, depuis les clochettes sont trempées et les syndicats muets. Depuis trois jours les bois sont des boit-sans-soif, je choperai la première éclaircie pour tondre ma pelouse bottes kakis boa rose ou pas. En attendant « Hermitage » souffle un baume au cœur. « Small minded world » quelle merveille édulcorée, sirupeuse, harmonieuse .. comme un McCartney.

Ron Sexsmith 2020 « Hermitage » label : cooking vinyl

 

mercredi 29 avril 2020

Sylvain Chauveau 2020



L'air du matin est musqué, le grain Canabaceae du charme-houblon n'est pas encore dans l'air, pourtant j'ai la bouche amère, et déjà la douce meringue éphémère fond sur cet or qui crépite. Allongé je guette à nouveau les avions par hasard, y'en a pas, qu'est ce qu'il se passe en bas ?

Étendu par pur hasard, je vois les petites feuilles pourpres de mon cotinus balayer le pur azur. J'apprends à doser mes gestes, millimétrer mes mouvements en écoutant le bruit sourd de cette page que je tourne, de cette brise perdue dans le feuillage. Je murmure ma lecture pour toucher les mots sous le son loin du concert des oiseaux, et la fragrance de lilas en raffut dans mon cerveau. Je suis au plus creux de mon isolement, je prends des mélopées sous une canopée, la petite mienne. Mon jardin, c'est pas la Patagonie, il en fait des caisses, pourtant je lui dit que le monde tente une agonie, que j'y suis pour rien, je laisse décanter et qu'il a raison de s'en battre les branches.
Je vais de temps en temps voir ma bicyclette, elle sait elle qu'une vie sans machine n'est pas envisagée. Des rayons comme des notes, des boucles comme la jante qui tourne, lancinant moteur des pensées qui s’effondrent dans le doute.
J'ai touché le silence en écoutant la couleur de ma page, les notes blanches de Sylvain Chauveau, une fois de plus. L'apesanteur des âmes, réalité voilée.

Sylvain Chauveau 2020 « Life Without Machine » label : Flau

lundi 27 avril 2020

Bertrand Betsch 2020



C'est la fin des haricots qu'ils nous disent. J'ai beau tout couper, laisser allumer la veille sur les JT, on entend quand même le brouhaha des résignés.
Ce soir je m'en fout, « ventre affamé n'a pas d'oreille »..ça sent la dalle, j'ouvre une boite de fayots et je me dis qu'elle va pas faire long feu. Pour sûr s'en est fini pour eux.
Toute la journée j'ai écouté Bertrand Betsch, son nouvel album plus virtuel que jamais. C'est la première fois qu'il m'est impossible d'avoir accès à une nouveauté d'un artiste récurent, de ceux qui m'attirent encore vers les bacs et le physique de la chose. Je m'approche de ma box, wifi, bluetooth, spoti .. c'est parti.
L'impression aérienne pour l'avoir écouté de cette façon, de l'avoir rêvé, il flotte je le garde pour moi, existe t-il vraiment ? Plus des masses d’insouciance, ni de connivence.. Des monticules d'échappées dans le confiné, « La Traversée » plane. Tellement cet album me rappelle « Colère », celle disparue des résignés angoissés. La mélancolie, c'est comme un doux petit chant dans le ventre.
Y'avait « Remué » et comment certains vivent, ces jours-ci il y a « La vie remue ».

Dérobées, embardées, échappées à la nage, des relèves, du bonheur, Bertrand Betsch sans cesse remue, ouvre des miroirs.
C'est une grande soupe à la grimace cette traversée, le hamac a tangué sur la mélancolie des boules de neiges qui me tombent sur la gueule, et la pochette blanche et noire du nouveau Betsch.
Chaque jour est une relève, à chaque aurore sa fatigue, aujourd'hui le soleil au zénith, la peau salée d'une encordée au dessous d'une canicule printanière intemporelle, accords mineurs ou désaccords majeurs, même si l'on pleure on aura eu du bonheur.

On voudrait vivre ce qu'on a déjà vécu. Revivre. Le béton des métropoles, le fade du néon en se bouffant les armes à grosse gorgée. Revivre ce que l'on a mal vécu, y'aura toujours des haricots, tant que c'est pas la fin.

Son plus bel album depuis sa colère. . 

Bertrand Betsch 2020  "La traversée" label :


jeudi 23 avril 2020

Brigitte Fontaine 1968



Stagner n'a rien pour me déplaire, laisser les ronces s'entortiller et griffer l'âme. « Il y a des années on l'on a envie de ne rien faire », un peu celle-là. L'anesthésie des dispositifs n'est pas chose facile, faut les voir se ruer, vouloir s'abîmer dans le jus vers le n'importe quoi, le vital en aquaplaning, le principal est d'en être persuadé. Végéter pour mieux laisser pousser sous le son Vannier. Enfin ils nous disent de contempler, même si faut pas s'leurrer, cher on va le payer.

« Brigitte est folle », pas tant que ça, elle a quelque chose de beau dans le genre humain, pur et important, c'est un phénomène de la vie. Elle est unique, il était une fois mais pas deux. Les textes sont puissants, espiègles et géniaux, de la belle poésie, ce n'est pas un album de variété, elle est dans un autre registre de liberté comme Barbara. 1968, elle s'est branle un peu, c'est au studio Davout avec Jean Claude Vannier qui flirte alors avec « Que je t'aime », « Madame », « Tous les bateaux, tous les oiseaux » et surtout « L'histoire de Melody Nelson ». La rencontre avec Serge n'a pas eu lieux sûrement impressionné par les mots de Brigitte, seul le son Vannier de Melody est là, sur le premier Lp de Brigitte.

Balayer d'un album quelques heures de lourdeurs, chasser une possible morosité, jouissive « Blanche Neige », adorable « Eternelle », belle « ..inadaptée », taquine « Comme Rimbaud ».. sublime apothéose avec son comparse Higelin « Cet enfant que je t'avais fait ». Érotiques Birkin/Gainsbourg, poétiques Fontaine/Higelin.

Brigitte Fontaine 1968 « Brigitte Fontaine est Folle » label : Saravah

mercredi 22 avril 2020

Gérard Palaprat 1971



Bientôt la fin du monde .. alors on prend sa valise et on va tous là haut sur la montagne.. on laisse tout d'inutile sur la commode, dans les placards et le pantalon à rayures aussi .. devenir un fool on the hill..avant la fin, on va tous là haut sur la montagne ...mais pas à plus de 1km.

Gérard Palaprat 1971 « Fais-moi un Signe » 
« Pour la fin du monde.. » 45T label : disc'AZ


lundi 20 avril 2020

Arlt & Thomas Bonvalet



Tiens donc, une journée qui flotte, quelques centaines de pas, des cliques, du grignotage, un petit ancas au cas où.. d'une fenêtre à l'autre. J'ai bien deux bières au frigo, mais faut rationner, un film, puis deux, un clique, le fond du jardin, retour sur le canapé, de la fenêtre à la porte-fenêtre une dizaine de fois.. tiens, la musique, je vais fouiller.....
Arlt, Thomas Bonvalet.. je connais , j'aime bien, c'est parti.......
Orso Jesenska, Belin, et des voix de filles comme j'aime, Julie Doiron, Laura Veirs, Armelle Pioline, un petit air acide pas pour me déplaire, une onde Saravah qui me va. Je me pose, je laisse partir, je me relève, j'attaque en binouze la première.. mon rocking-chair démarre doucement, le pil rythme weird boisé et bricolé qu'il me faut. La douceur psychédélique hyper poétique me berce.
Toute une journée pour rien débouche sur ce petit bijou qui du coup la rattrape en plein vol, la réchappe de justesse. Je le remets ce disque, j'en ai une deuxième au frais.

Je me pose, j'écoute ce trio fou sous le ciel chaud sans le soleil enculé, les prunus finissent de neiger, les lilas parfument toute la campagne, le gazon me chatouille les doigts de mes bras qui pendent du hamac au ... au loin, à quelques pas d'ici, au creux de la marre des oseraies de mon village, les rainettes et les crapauds chantent et oscillent.. Thomas Bonvalet c'est L'Ocelle Marre, ARLT c'est Eloïse Decazes et Sing Sing.. J'ai trouvé mon disque pour la journée.

Arlt 2014 « Arlt & Thomas Bonvalet » label : almost music

samedi 18 avril 2020

Christophe



.. Etc....

Christophe 2019 « Etc »

mercredi 15 avril 2020

Birds On A Wire



Sur la place du bourg une petite marelle sans personne.
À travers les persiennes on voit la craie blanche et bleue sur l'asphalte esseulée sans semelle, du ciel par terre.
Sur la place du centre en plein soleil tout est tranquille, tout le monde assoupi. Le violon calcaire, des langues folles volatiles, les chants du monde qui planent, la bonté du brave homme, un disque merveilleux et tant d'absences.
…..Brel, Cohen, Fauré, Buarque, Gilberto Gil..et même Pink Floyd.

Dom La Nena, Rosemary Standley.. petite merveille intemporelle.

Birds On A Wire 2020 « Ramages » label : PIAS