mercredi 19 septembre 2018

Jonathan Jeremiah



Bon, j'abdique, je laisse le soleil entrer, j'arrête les disques mélancoliques, Terry Callier dans le ciel, Jeremiah dans les oreilles, on va onduler au tempo de ce british soul qui chante les années 70 outre Atlantique.
Violons, timbre chaud, chœurs anciens, basse Vannier, mélodies matinales, une certaine idée des légèretés chaleureuses nous projettent à travers cette joliesse moite. J'ai l'impression de déguster un "Chamonix", nonnette orangée d'orange amer hyper sucrée. C'est un biscuit vintage qui existe encore, j'en ai avalé des tonnes gamin, je les ai gardé parcimonieusement comme des madeleines, comme ce son 70's qui ne me lâche jamais. Au dessus l'alu qu'on ôte, comme la cellophane d'un disque de Scott Walker, et ce goût d'orange glacée comme le début d'une belle journée.
Le corps, le soleil, "Good Day" est une lumineuse ballade des étés indiens, même si les feuilles commencent à craquer sous nos pas, nos épaules et nos cranes sont choyés par cette chaleureuse moiteur.


Jonathan Jeremiah 2018 "Good Day" label :





mardi 18 septembre 2018

Nicholas Merz



Eh, il a plu, j'vous jure, tout à l'heure, j’étais là debout dans la poussière Eurélienne à humer tous les pollens déposés lourdement depuis des mois, ceux que j'ai remis en suspension dans l'air à ratisser mes coupes de conifères impassibles. 

Une nouvelle douce mélancolie, une autre découverte, celle d'un country rock façon Callahan, accords sombres et timbre grave avec en arrière fond la soif tranquille des grands espaces intimes.
Une recette qui me convient tout à fait, avec en plus quelques petites idées sonores et instrumentales sympathiques.
Des jolies plages de claviers viennent taquiner les arpèges électriques ou boisés, comme pour ajouter des touches de verdure dans cet ocre vallon.
« Domestic Dispute » et Ennio Calexico se pointe. Jolie découverte.

Nicholas Merz 2018 « The Limits of Men » label : Aagoo

samedi 15 septembre 2018

The Innocence Mission 2018



C'était prévu, le soleil fut au rendez-vous. Radieux, timide au saut du lit, grand généreux et même un peu allumeur juste au moment où il nous faisait signe avant le déclin.
C'est peut être l'envie qu'il pleuve. Aujourd'hui, je n'ai fait que papoter avec mes arbustes. Manucure, coiffure, rafraîchissement, un seau d'eau à trinquer avec ma viorne.

Nous avons parlé de la pluie comme d'un souvenir, au fond Karen Peris et sa voix d'ondée fine nous observait. Les feuilles ont frémi, la poussière gospel a tournoyé autour de nos peaux. La pop automnale, comme une abstinence d'eau pour le végétal est restée accrochée à mes membranes.

Ils chantaient « Umbrealla » en 91, je les ai adopté avec « Befriended » en 2003, ils sont toujours là, fragiles comme une canicule écorchée.

The Inncence Mission 2018 « Sun on the Square » label : badman recording


jeudi 13 septembre 2018

Steady Holiday





Une seule journée de soleil vous manque et tout l'été est dépeuplé. Voilà, je vais garder la main sur la pop automnale. C'est la faute à ce jeudi gris à peine mouillé.
Une découverte, son sirupeux, voix angélique comme Isobell Campbell, et là pour le coup, le ciel est bien crasseux, ça m'étonnerait qu'on voit le soleil avant que la nuit ne lui barre la voûte. Pourtant ce disque est chaloupé, presque sensuel. Bon, ça va pas faire tourner le globe dans l'autre sens, mais là, tranquille, la tète dans l'eau, « Nobody's Watching » se laisser déguster. On glisse vers des matins ensoleillés, mais pour l'instant le ciel est cendré, crachin, hyper tempéré avec même une ondée de funky. 

Émoustillé par cette doctoresse Dre, je déguste « Nobody's Watching » même si je sais bien au fond, qu'ils ne vont réussir à lui remettre la tète.

On est pas bien là, à attendre émoustillé la prochaine journée d'été ?

Steady Holiday 2018 « Nobody's Watching » label : barsuk

mercredi 12 septembre 2018

Jonathan Bree




Le petit fils de Fantomas vient de se fendre d'un bel album organique et mélancolique. Sa magique pop moderne me renvoie vers le désespoir crooné de Get Well Soon. L'orchestre bleu pétrole fluo ruisselle sur des lueurs urbaines, intimes, arty et noctambules.
On pourrait flipper à croiser sa tronche de collant à moumoutte, pourtant la beauté scintillante de sa moue tristounette fait mollement danser sur la basse d'un hôtel particulier et tournoyer dans une brume chagrine et synthétique.
J'avais cinq ans, je flippais ma race devant le rire grave de Fantomas... l'était peut-être sympa ce grand schtroumpf chauve.


Jonathan Bree, c'est The Brunettes, c'est en Nouvelle-Zélande. Une précieuse découverte.

Jonathan Bree 2018 « Sleepwalking » label : lil'chief



dimanche 9 septembre 2018

Paul McCartney 2018



J'avais mis en scène, presque tout y était, le génie des mélodies, des airs imparables, la pochette bariolée... j'me disais, ils vont comprendre, m'accompagner dans l’événement, ce nouveau rendez-vous astronomique.. rien, bredouille... et j'ai morflé.
J'avais placé le truc comme une annonce, jusqu'à même, une fois de plus faire une légère allusion à Kokomo des BB, et puis surtout, en gros à clignoter LIVERPOOL, les petits gars de The Coral étaient là comme la première partie de l'éternel, l'embouchure vers l'immortel....

Personne, rien.. alors ravagé par l'émerveillement d'une pièce époustouflante, je me suis noyé dedans, boudant tout mon entourage, j'ai gardé mes fripes et ma pochette en carton et je me suis couché là sur le quai de la station Egypt.
Tant pis pour les autres, je me le garde tout seul ce disque éblouissant. J'ai dansé comme un fou joyeux, j'ai pleuré comme un gosse et j'ai dansé en pleurant, et vice et versa. Tout le monde s'écartait avec des petits rictus de honte quand on est témoin d'une danse comme ça aux heures de pointes, quand il faut aller turbiner pour pas grand chose.

Je le savais, prévisible sa régularité, quoiqu'il arrive mais je n'imaginais pas ce niveau là à un temps où l'on pourrait juste entretenir le bouzin, huiler les rotules pour pas que ça pète, tranquille. « New », sombre et un poil inégale ne laissait pas présager une telle beauté à suivre, mirobolant Paulo beau comme un « Ram », rebondissant, excitant, ardant, enflammé, majeur, responsable, intact, sans cesse amplifier de fraîcheur, la sienne, il n'y en a pas d'autre (« Despite repeated warings »..quand même... « Hunt you down/naked/C-link »..putain...). Très sincèrement un autre palier vient d'être atteint. Le son est extraordinaire plus que jamais, j'en ai encore la tète de poule et la chair folle, le disque est généreux, lapalissade sur la beauté des mélodies.. une énième compilation de McCartney....


Sur le quai de l' « Egypt Station » les gens passaient. C'est normal aujourd’hui les pleurs dansés, les clochards de rives ivres des grisailles que les passant emportent, dévoilant des murs éclatés s'ouvrant sur le reste des horizons, le passant est fait pour passer, le céleste se pâmer. Ma déréliction n'avait de saveur que la plénitude de ma solitude que je remplissais de jaune et de bleu ciel, d'échos et de fraternité imaginaire. Des mains virtuelles, dans celles des autres pas plus réelles, « Hand in hand » à tournoyer sur ce gris quai à attendre un regard, une main qui se tend.......j'étais au bout d'ma vie..

Et voilà....C'est bien là mon Tonio que je connais. Le mec sur qui on peut toujours compter. Il s'est penché sur moi, m'a tendu la main comme un soleil, quelques pièces virtuelles pour mon casse-croûte spirituel. « Viens mon gars, parlons de Macca, eh ma favorite, intime-moi encore de ce cerveau big bang »..m'a t-il dit. Je me suis relevé et nous sommes partis tous les deux à la recherche d'une prairie ensoleillée, et quand bien même fusse t-elle plombée d'une voûte anthracite menaçante, la chorale religieuse de « Opening Station » aurait eut raison immédiatement de ce toit sans espoir, « Egypt Station » et le ciel se fend.


« I don't know » par exemple... c'est tout Paulo, dès le début un air grave, une intro sérieuse et grave qui débouche sur un piano solennel pour finalement chanter magnifiquement un air à flâner, mélancolique, heureux, avec une petite virée dans le joyeux le temps de quelques notes furtives, comme pour dire, quoiqu'il arrive les p'tits gars.......... y'a Paulo.
« Nothing for free ».. ce mec est définitif... la lumière pour qui veut bien stopper sa carcasse un moment à la station Egypt.

« Ah oui au fait Tonio.. faut quand même que je te dise à propos du truc bien là ..tu sais les Coral avec cette virée chez les BB.... mais oui et t'as vu, personne n'a rien vu.. bordel Liverpool quand même..ou alors c'est parce qu'ils sont dans le groupe du psg... y'a un truc, nan je suis pas très foot en dehors des coupes du monde:D ... et tu sais que la pochette du disque, bah y'a un élestique rouge ou vert qui tient le dépliant.. moi j'ai pris vert...bon alors..dis-moi, le nouveau Paulo mon Tonio.... »
Paul McCartney 2018 « Egypt Station » label : mpl/capitol


jeudi 6 septembre 2018

The Coral 2018



Allez vous balader n'importe où avec ce disque dans les oreilles, villes ou champs peu importe, les accords heureux et les belles notes qui se suivent ça les connaît les The Coral, sont pas de Liverpool pour rien.
Un nouvel album ?, oui, un de plus, oui mais nan. Rarement le tout n'a été aussi entier.

L'Atlantique d'un seul coup ne leur pose aucun problème.. santiags ray-ban et casquettes sur couleurs bariolées, manque que la plage californienne. Ils n'iront pas jusqu'à se galvauder benêts à chanter la beauté des pâtés de sables Kokomo, mais le son et les vocales en chorales sentent le CSN et la vague. Il faut écouter le sublime « Eyes of the Moon » pour se souvenir de leur texture originelle, l'obédience fantastique de la patine Coral. Et là, je sombre et repars illico vers d'eux celle que je préfère.. « Rebeca You ».
Rien à jeter sur le nouveau, tout est entrain et attirance. Tous les coins de chemin, les lignes courbes de n'importe quel horizon entêté de reliefs ou affublé d'une mer violette aux postillons laineux, à l'arrêt, en chute libre ou à pleine vitesse.. allez vous balader avec « Move Through the Dawn » dans les oreilles...du rose à l'âme comme un printemps à l'orée du orange à venir.

The Coral 2018 « Move Through the Dawn » label : ignition

mardi 4 septembre 2018

Bruce Springsteen 1982



Eh bin voilà, c'est pas malin, merci les potes :D
Les 10 chansons les meilleures qu'il a demandé le Pax... ou plutôt nos préférées à nous. Un challenge sérieusement ludique de Pax ça ne se refuse pas. Alors voilà tous les albums du boss sont étalés devant mon air ahuri, quand je dis tout, c'est 73/84, le petit coffret rouge que j'ai chipé d'occas il y a 5 ans histoire de travailler ma moue musicale.
C'est où qu'il est ce super morceau là, quel disque renferme cet autre morceau fantastique qui m'a fait changer d'avis sur cet artiste pilier majeur et historique, faut tout réécouter.... oui car je suis piètre boss, un novice pour ainsi dire, je préfère de loin Bob Seger, voire Mellemcamp et ma curiosité ne date pas de si longtemps, même Antoine De Caune dans les 90's n'avait pas réussi à me décider..
Je n'avais pas prévu non plus de resté bloqué un fois de plus sur 82, comme chaque fois que je l'aborde, empêtré dans la grisaille du Nebraska avec tous les fantômes Young Dylan Prince Billy dans la brume. Oui la voix de Springsteen est unique, autre que ces trois là.

Maître Dev Tonio a des lacunes sur cet état là, qu'à cela ne tienne, je vais en mettre du Nebraska ;D. De toute façon elles sont là, mes chansons préférées de BS, comme des envies d' « Into the Wild » dans la pampa, solo, avec la botanique et le ciel lourd, le vent, l'absence de bipède et les grands espaces.
Trois fois qu'il passe ce disque depuis mon envie de bosser pour Pax. Ça la fout mal, pas moyen de couper pour mettre un autre, mes 10 chansons préférées du Boss sont ici....... à moins que......

L'idée du tricheur m'est venue quelques heures après moult écoutes... Nebraska sera ma Face A.. et voilà donc, la B, un horizon sans voûte plombée... Une fois de plus, il faudra que je replonge dans sa discographie, quel plaisir d'écouter certains trucs, et ce« Asbury Park NJ » vers qui je ne vais pas assez souvent.. tellement de belles chansons dont ces 10 là.


  1. Point black
  2. Jungleland
  3. Adam raised a cain
  4. New York City serenade
  5. The E Street Shuffle
  6. Racing the street
  7. Lost in the flood
  8. Drive all night
  9. The river
  10. For you

Et pour prolonger la gruge, un 45T en bonus, juste histoire de penser au succès du gars qui pourrait bien avoir quelques impacts énergétiques contagieux sur l'envie de reprendre THE BOSS.

1.Glory day
2.Hungry Heart

Bruce Springsteen 1982 « Nebraska »




dimanche 2 septembre 2018

Razen



Lignes de fuite pour un son en partance. L'été et ses airs entêtés, le ressac cornemuselé expérimental de Razen est venu me chanter l'après-midi chaud d'une fin de saison qui crâne. La chaleur des drones époustouflés gronde, les fantômes des traditions flottent apocalyptiquement nus. Le ciel brûle et pourtant les feuilles sont roussies déjà, peupliers jaunes, vendanges précoces, « Endrhymes » et tout vacille.
C'est la faute à (K-RAA-K)3 et la 86ème pièce de leur catalogue irradié. C'est un label que j'ai longtemps suivi, un grand retour pour moi, les croyant disparus je n'avais pas visité cette auberge depuis des années, j'ai fouillé et j'ai trouvé, je suis tombé sur le son d'un soleil énorme qui a l'intention de ne rien lâcher. Moi non plus, Razen me crame les artères, danse bretonne au fin fond des désert ravagés. « Sleeper » et une petite galette irréelle....

Razen 2016 « End rhymes » label : K-RAA-K

mercredi 29 août 2018

Orange Can






Petit flottement d'inspiration, comme dans les bacs pisseux du moment, gorgés de vinyles immobiles, à attendre que tout le monde rentre. Rentrée ceci, rentrée cela et tu es dans quelle classe ? c'était bien tes vacances ? t'as écouté le dernier untel qui va sortir bientôt ? t'es pas tellement bronzé, t'as eu mauvais temps ? 
Qu'à cela ne tienne, de derrière mes fagots, sans pour autant me fagoter d'émotions aigri-douces impatientes, histoire de chasser la lassitude, je me suis laissé avoir une nouvelle fois par le hasard de l'étagère, pic et pic et collé grave je prends celui-là au hasard.


Peut-être un poil influencé par la pochette atypique dans son format, carton court sans débordement avec livret et concept original, j'ai pris Orange Can 2001. Il faudra la prochaine fois penser à Colin-Maillard pour la neutralité.



Orange Can, rien que le nom renvoie à plein de choses. Pourquoi à sa sortie, j'ai pensé à "Animals", le son des grattes ? le cool 70's qui s'essouffle ? l'idée progressive d'une musique qui ondule au fil d'un paysage plombé par la neige, avec un ciel orange évolutif. Tout me semblait cohérent, le nom, la texture et le son. J'ai dû rester plusieurs écoutes avachi dans la ouate tellurique ainsi à déguster ce disque rare et attachant.
Là, maintenant, avec le recul, l'écoute est un tout petit peu moins animale, mais associée fortement à cet autre groupe britannique fantastique The Beta Band, même s'il m'en reste encore l'envie de bêler ou de grouiner dans l'écho à l'écoute de "Mornin'Son".

A coup sûr, ce disque que je retrouve avec un plaisir intact, ne s'est pas éternisé dans les bacs. C'est un groupe anglais tenu par les deux frères Aslett, ils ont sorti 3 albums entre 2000 et 2007 et basta. Celui-ci est la pièce centrale. "Down where she lays" quand même, un petit chef d'œuvre du genre, ça sent pas le Floyd 77 à plein nez ?? ce prog là est très minimal, ce qui ajoute à l'originalité, rock étouffé et moelleux, ça doit être la neige en blanc menacée par l'œuf du jaune. Et cette petite "Lou" là, belle et éphémère, elle vient d'où celle-là ?? ça serait bien qu'elle soit là la Lou.


Devant la torpeur annuelle d'une effervescence unanime à venir, je suis aller chiper un peu au hasard un vieux disque souvenir, histoire de m'immerger dans un instant de belle écoute musicale d'un jour de l'année 2001. Les moteurs de recherche deviennent fou avec ce groupe, et c'est un autre atout. Pas grand chose sur eux, bredouille, j'ai vu un vinyl à 65 sur amatruc et un cd à 3 sur pricemachin..

je me remets ce petit rock prog orangé british neigeux, juste parce que j'adore ce disque.





Orange Can 2003 "Home burns" label : regal






lundi 27 août 2018

The Necks 2018



La menace des jours qui raccourcissent. On lutte à regarder les dernières minutes du soleil couchant sur les arbres frappés. Le corps des branches embrasées au dessus de nos tètes prolongent le jour.

« Townsville ; Silverwater ; Open ; Vertigo »... morceaux uniques de modern-jazz à ouvrir tous les espaces, « Body » pour ce soir, Buck/Swanton/Abrahams jouent la nuit qui s'étale, la violence des jours démissionnaires.

The Necks 2018 « Body » label : fish of milk



jeudi 23 août 2018

Charles Trenet 1955 / Nat King Cole1946





C’est con, désaxer ainsi des axes, embrayer et rayer de la carte l’Atlantique, arpenter la Route Nationale 7 sous un soleil radieux au son joyeux d’un Trenet comme il se doit, et d'un coup d'un seul se sentir happé par un autre mythique,  trainer sur la route 66 sans avoir pour autant quitté des yeux la ligne blanche des grands classiques.
Les ondes se brouillent, du graillon dans la tuyauterie, l'autoradio aussi fait des bonds et des soubresauts, impact des dos d'âne et Trenet se change en Nat King Cole. Ma belle deux-pattes Dyane vermillon se gonfle les flans pour une plastique Ford Torino orange. Bordel, qui de l'une d'entre elles? Mother Road sur la Route des Vacances et vice versa.
Le soleil est devenu aride, 7 en 66, 55 en 46, Charles et Nathaniel sur la même route passant de Moulins à Albuquerque, tout se mélange, Roanne, Chicago, Santa Monica ou Menton, dans quel sens je suis, départ ou arrivée, le temps s’arrête, je suis en partance vers quelque part. N'importe où, où les petites membranes des portières crachent au fil des paysages des chansons légères qui chantent des traversées.

Nat King Cole 1946 "Route 66"
Charles Trenet 1955 "Route Nationale 7"






 

lundi 20 août 2018

Barney Wilen 1972


Puisque nous sommes en plein "Souffle Continu", il est impossible que je ne m'attarde sur cette bande-son faramineuse d'un voyage qui aura duré deux ans, débouchant sur une épopée musicale afro-jazz de Barney Wilen, avec une vague idée de Fela Kuti percutant Miles Davis.
1972 et il est entouré de pointures, dont Simon Boissezon à la basse (pour ce qui est de mes connaissances). C'est un album de grands esprits, une collaboration avec Caroline De Bendenn, un travail d'équipe, un délire tribal, un brassage musical, d'instantanées sonores freak sur plusieurs étapes d'un périple allant du Maroc à Dakar en passant par l'Algérie, le Mali et le Niger.
C'est une pièce historique dans le catalogue volcanique de Saravah, il est produit par Barouh en 72, c'est une réédition 2018 très prisée, tirée à 1000 exemplaires qui n'est pas restée longtemps dans les bacs, surtout le vinyle qui restitue le travail dans son intégralité.
Il faut aller voir le catalogue de Souffle Continu pour réaliser l'impact des émotions libres toutes dimensions confondues. "Moshi" en est peut-être l’apogée. 

Barney Wilen 1972 "Moshi" label : Saravah/Souffle Continu



jeudi 16 août 2018

Areski 1970



Au levé du jour, un beau matin, le ciel électrique a aspergé la terre asséchée, comme on se parfume la peau pour un rendez-vous bleu. Tout n'était que senteur, brouillard azoté, exhalaison infernale qui ravageaient les sinus et brouillaient les idées. Je suis retourné la chercher pour qu'elle sente ces épices de peptone et de graminées grillées, je voulais qu'elle regarde toute la poussière blanche des moissons se fondre dans la glaise et prendre un peu de rose aux joues.

Elle avait toujours le visage peint en blanc quand je rentrais sous le zinc qui abritait nos soirées. "C'est gai ça" lui disais-je avec l'accent portugais, ça la faisait rire, laissant ainsi fuir une larme qui creusait dans le talque de ses pommettes une voix d'espoir jusqu'à la commissure de sa bouche. Normalement je la démaquillais délicatement effaçant du coup le méandre de sa joue et je voyais apparaitre le grain de sienne brûlée en sillon que ces ancêtres lui avait offert.
Accroché à elle je l'amenais devant cette étendue de chaume délavée pour qu'elle sente l'ocre des plaines et le parfum des pailles hérissées. Tout me rendait fou à son bras, son front de chaux, cette danse parfumée comme une libération, et même la pluie lustrale en onde habitée, eau de parfum céleste irradiant ses tempes battantes.
Les rues rincées respiraient le zinc des toits, à chaque tournant des voix chantaient et le brouhaha au fil des cordes ondulait en mélodies tièdes de cury et de cyprine. Une buée cuivrée montait du bitume de la départementale mousseuse remplissant nos paupières. Au bord du carrefour du village à peine naissant, une bouffée de bière épaisse est venue foutre ma culpabilité. Je n'avais Dieu que pour elle, nous nous sommes assis sur le vieux banc vert bouteille que les pigeons affectionnent plus que tout et nous avons parlé de liberté, du ciel nacré et des vieux disques d'Areski, dont celui avec lequel nous avions pris l'habitude de passer des soirées entières à écouter minutieusement, pour chasser la grisaille et les esprits mauvais qui la ravageaient depuis sa plus pâle enfance.

Toute la pluie l'avait démaquillée à ma place. Tout semblait chanter sa couleur de peau comme avant. Elle grelotait assise près de moi. Nous avons tant parlé, un flot de rien et de pensées indispensables.

Je vis à ses côtés, sans cesse elle me dit qu'elle a froid. Beaucoup pensent la même chose d'elle, le chaleureux n'est pas son fort, et quand bien même.... Pourtant dès que je la prends dans mes bras, elle est presque bouillante, elle bat en sourdine et me tient chaud à son tour. Doucement elle s'assoupit, se réchauffe à mon contact, comme s'il fallait que quelqu'un lui souffle sa propre chaleur, lui ôte d'un doute, la reflète et la révèle. La froideur qui l’entoure ravage sa fleur de peau, la vide de toute énergie, juste dans mes bras, en silence, elle reprend doucement un peu du sang de la terre sous son masque blanc qui dégouline.
J'ai une chance folle de lui dire sa force. Clochard le visage bleui par l'indifférence, je voudrais encore qu'elle me garde pour ne pas qu'elle ait froid.

J'ai pris le flacon de talque dans son petit sac en raphia, et du coin de ma chemise bleu-ciel, j'ai pris le temps doux et lent de recouvrir son visage de cette teinte laiteuse qui la rassure, laissant juste ses paupières fermées se changer en deux coques de noix. Elle ne pleurait plus, pas de rimmel en brou qui coule, comme le poix triste de mes veines ankylosées. Nous sommes rentrés nous poser sur le lit une place et j'ai remis au hasard des fontaines Areski, le "..Beau Matin".Et  Nous avons tant parlé.

Areski 1970 "Un Beau Matin" label : saravah/souffle continu





lundi 13 août 2018

Ben Howard 2018







En voici une autre, parfaite pop moderne qui accroche toutes les attentions. Dès le début l'écoute est très attentive. Pas d'orchestre cette fois-ci, une voix "neutre" comme Rhys, des idées d'arrangements subtiles avec un tout petit peu de machine en plus.


Comme une idée de minimum, ses chansons se dilatent, engourdissement étalé  qui sied au ciel caniculaire ou aux plaine tempérées soignant ses brûlures d'un été de plomb. C'est une chaume arrosée avec tous les parfums qui exhalent, et quelquefois un élans sonore vient battre la terre asséchée, bourrasque éphémère pour un léger décollage avec la poussière.


Atmosphérique, bucolique, légèrement torturé,  le troisième album du britannique Ben Howard sera à coup sûr un des plus beau cette année.



Ben Howard 2018 "Noonday Dream" label : island records



 

jeudi 9 août 2018

Rhys Gruff 2018





Je connais le passé de ce gars là. Rien pour me déplaire, mais pas plus que ça, pas qui puisse expliquer l'engouement à l'écoute de ce nouvel album. Malgré son CV artistique, je suis resté à flotter superficiellement jusqu'à ce "Babelsberg" aérien et lumineux. 

Peut-être et surement il faut à ma pop à moi, un air de rien d'une certaine envergure pour déclencher une telle bouffée d'oxygène. Un cœur en édition limité dans l'écriture, un orchestre comme omniprésent sur ce disque. Il commence comme un hommage à Lee Hazlewood, le grand-père d'Adam Green qui aurait aussi Cohen comme oncle éloigné. Puis après, c'est pop moderne en corne d'abondance, fragrances lyriques d'airs à chanter quelque part et n'importe quand. C'est fait pour moi, je suis cuit, à toute heure "Limited edition heart" m'accompagne comme une ombre. Comment ne pas résister et fouler l'air heureux avec en plus, et c'est rien de le dire, en solo guitare, un petit son BJH 70's de derrière les fagots.

Ce n'est pas le disque d'une chanson, "Babelsberg" est total, accrocheur et séduisant d'un bout à l'autre.


Rhys Gruff 2018 "Babelsberg" label : rough trade



lundi 6 août 2018

Arthur Buck / Edwards Hacke / Sylvian Czukay








Une autre trilogie.


Ces temps-ci sortent trois duos improbables. Sur le papier ces rencontres artistiques annoncent la même force. A l'écoute, les effets sont différents.


Dans l'ordre croissant de mes préférences, je commence par Arthur Buck. On ne présente plus Joseph Arthur d'Akron avec son physique Lennon/Gallagher et sa discographie de boulimique qui se calme. Sa voix est ici. Il s'est accolé au guitariste de REM Peter Buck au chômage pour un album de pop rock un peu musclé, bruyant qui restera dans mes souvenirs comme une anecdote à moins que les écoutes suivantes fassent mouche.


David Eugene Edwards (Wovenhand et surtout 16Horsepower), l'habité du Colorado est venu créer avec l'illuminé Alexander Hacke (Einsturzende Neubauten), un album trouble, transcendant, profond et chamanique.Je l'ai prise comme une BO de canicule qui trouble toute sensation et détourne les ressentiments.


Quant à David Sylvian, orphelin de son label Samadhisound, il sort chez Grönland la réédition des deux opus de 1988/1989 composés avec le cofondateur de Can, Holger Czukay. On s'enfonce alors dans l'imaginaire, l'ambiant et la beauté des plages interminables et irréelles. J'ai dû perdre des brouettes de réalité à travers ce labyrinthe de tons cérébraux.


Six artistes majeurs incontournables d'actualité pour trois duos. Un tryptique parfait comme un shaker, histoire de voir le boulot des rencontres, l'effet des associations, l'impact musical des collaborations.
Similitudes des pochettes, y'a que Holger qui n'a pas de lunettes et qui n'est plus depuis peu, billet à thème, mes écoutes vont souvent par trois. 
Du Can, un poil, du Sylvian, une once, du REM à peine, du Edwards à fond, 16H beaucoup moins, Neubauten pas entendu, de l'Arthur carrément..... à s'y perdre. 

Mark Lanegan/Duke Garwood, Ty Segall/White Fence et Ali Shaheed Muhammad/Adrian Younge sera surement ma prochaine trilogie de duos... réitérés, tellement les binômes forts semblent la petite tendance du moment. 




Arthur Buck 2018 "Arthur Buck" label : new west records
David Eugene Edwards & Alexander Hacke 2018 "Risha"
label : glitterhouse
David Sylvian & Holger Czukay 2018 
"Plight + Premonition 88/ Flux + Mutability89" label : Grônland










jeudi 2 août 2018

Tachan Vasca Béranger






Cette matinée ressemble à un rond-point. A peine quelques minutes sont passées et je me retrouve ici, au même endroit avec la même humeur, les mêmes idées.
Bougon pourquoi, un mauvais réveil, ronchonchon climatique, pourtant je n’ai rien senti d’anicroche pour grommeler ainsi en silence.
L’heure des braves a sonné, le petit ballon de 10h45 comme disait mon grand-père. Le brunch comme c’est plus correct de dire maintenant dans la haute. A une poignée de minutes du méridien, un Cheverny qu’un franc soleil transperce, éclaire la pièce de son jaune cristallin avec des petites lueurs tilleul sur la nappe de coton blanc. Humeur de silex, j’aime au palais sentir cette nuance de pierre siliceuse des pays de Loire, ce même goût que j’avais gamin quand je suçais des cailloux. Je ne sais pas quelle manie j’avais à prendre pour bonbons ces petits silex bruns concassés qui rependaient les cours de nos maisons beauceronnes. Ils ont un goût lointain et frais ces petits silex, tout comme ce « Vieux Clos » 2013, un goût de sol qu’il faut aller chercher au fond de la gorge et dans mes souvenirs.
Envie d’écouter des fortes tronches, quelques gueulards sans hurler pour autant et de boire ce vin de caractère au parfum unique, tourner encore un peu sur ce giratoire interminable avant de prendre une direction. Gamin, j’écoutais ça aussi, ces chanteurs dénigrés, ces poètes cabochards pas répandus, j'écoutais ça, surtout un, moins l’autre et un peu plus tard le troisième. Tachan, c’était comme un ami fidèle, une voix familière qui me réconfortait. Béranger est venu juste après et Vasca du fin fond des contrées de chez moi au hasard d’un coffre à 30cm, quelques part au fin fond d’un grenier d’un corps de ferme beauceron.

Tachan le casanier vit encore à Avignon, né en 39 à Moulins il a été serveur, puis a rencontré Brel au Québec, passionné de lettres et de musique classique, il a sorti 18 albums depuis 1965. Humour noir, timide en pétard, il a une collection phénoménale de chansons terriblement humaines.
Béranger et Vasca ont fini leurs jours dans le Gard, 17 albums depuis 71 pour François l'ouvrier militant, 26 depuis 64 pour Jean poète parisien ébloui par Ferré Ferrat et Brassens. 

La matinée reprend des couleurs, je me ressers un ballon de Cheverny, j'ai le goût madeleine du silex au palais, le goût des petits cailloux bruns qui gamin me niquaient les dents.

Henri Tachan 1974 "Henri Tachan"
François Béranger 1979 "Joue pas avec mes nerfs"
Jean Vasca 1967 "La Fine Fleur"









mardi 31 juillet 2018

Morcheeba 2018



Les floraisons passent, tout lutte et grille. Les feuilles en berne, le bois s’essouffle. Étouffant au nord, frais au sud, je n'ai pas vu la grande lune rousse soufflée en équilibre au bout du mont.
Le mercure se promène sur le globe comme bon lui semble. J'ai besoin de flotter sur un truc bateau.
C'est exactement ce qu'il me faut, du brûlé en pleine nuit, une voix fraîche et limpide sur des braises. J'ai toujours fondu sur le chant de Skye. Boire du plaisant, se blottir dans le familier, j'ai le cerveau reptilien « Free of Debris »..quel drôle de titre.

A part Biolay que je ne comprends pas trop ici, je laisse filer Morcheeba qui n'est plus qu'un duo, sur mon hamac rouillé.
Orange volcanique sur fond noir étoilé.

Morcheeba 2018 « Blaze Away » Label : fly agaric

vendredi 27 juillet 2018

Carlos Do Carmo 1972



Aux creux des mamelons du ribatejo, j'ai vu des nuées d'andorinhas. Tant chez nous les hirondelles s'éteignent, les places des églises sans ces vives flèches de sous les tuiles chantent beaucoup moins beau.
Aux creux des thermales de l'Agroal, j'ai déposé quelques angoisses dermiques dans cette source glacée de la Navao sortant des roches abruptes, avant d'arpenter les dos rouges coiffés sans fin d'eucalyptus. Coincé entre le grand castelo de Ourem et les templiers de Tomar, j'ai laissé les zig zag dodus au chant merveilleux de Carlos De Carmo.

Ce lisboète à la grande discographie, tel chez nous un Aznavour, fait chanter la guitarra portuguese avec un orchestre. Fado d'envergure, timbre traditional, où sont passées mes hirondelles.

Carlos Do Carmo 1972 « Por Morrer uma Andorinha »

dimanche 22 juillet 2018

David Grubbs & Taku Unani



On reste dans le tribal, avachi sur une constellation de sable chaud. Les notes posées sur du titane plaqué, la guitare de David Grubbs fait des siennes, sa thérapie habituelle, le job.

Il est associé à Taku Unani, guitariste électronicien, pour distiller ce jazz ambiant disséqué, brûlé, complètement dilaté. Deux guitares délicates pour une contemplation ankylosée au beau milieu d'un petit peuplement de créatures célestes abîmées.

David Grubbs & Taku Unani « Failed Celestial Creatures » label : empty edition

vendredi 20 juillet 2018

Alanis Obomsawin



La poussière me monte au cerveau, la vallée sèche ancestrale fouette la peau. Chant tribal et encore des fantômes qui virevoltent à la moindre gorge. C'est un troublant voyage à travers le temps, où que l'on soit autour de quelques braises gardant sous la voûte étoilée la chaleur du jour.
Pour quelques instants magique, ma tète abénaquise est devenue. 

Pour gonfler la chose de cette fantastique cinéaste, son dernier Lp 85 "Bush Lady". 

Alanis Obomsawin 2018 « Indian Songs » label : CBC Northern service

mardi 17 juillet 2018

Ian William Craig



L'eau imaginaire du ciel outre mer coule sur le jaune des murs de l'Alentejano. Le cerveau vacille, des voix d'un monde irréel semblent s'échapper de la vieille tour d'Estremoz, une messe caniculaire pour un petit miracle sonore.

Jaune et bleu plein les yeux, l'espace en boucle ondule sur les douces collines vacillantes de chaleur écrasante. Corps engourdi, la fraîcheur provient de « A Turn of Breath » de Ian William Craig. Ambiant à souhait, fantomatique, trouble et édénique.

Ian William Craig 2014 « A Turn of Breath » label : recital

mercredi 4 juillet 2018

Stephen Malkmus & the Jicks 2018



La bande son succulente des autoradios en partance, petit chef d’œuvre rock estival, Jicks et Stephen en boucle pour gicler vers le sud.Un super disque pour juillettiste.

Stephen Malkmus & the Jicks 2018 « Sparkle Hard » label : domino

dimanche 1 juillet 2018

Stuart A Staples 2018



Je n'avais pas spécialement envie de ça. Il m'est tombé dessus comme un ciel caniculaire qui se voile à travers d'une fenêtre entrouverte.
Du silence comme sur « Newtom Plum » de Bed, lumière blanche inattendue, un conte pour des étendues, quelques chose qui fait que tout s’arrête, mercure et trafic, éolienne et brouhaha.
Gracieux et engourdissant comme « When » de Gallo, un Mark Hollis distendu, un truc beau qui ralentit tout. Stuart A Staples vient de créer un tableau profondément délicieux.

Comme pour un film des grands espaces, juste ce qu'il faut de mots, équilibre paradisiaque.

Stuart A staples 2018 « Arrhythmia » label : city slang
 
 

vendredi 29 juin 2018

Albert Hammond Jr 2018



Ni plus ni moins, il me fallait ça pour me rendre là où je devais aller sans me prendre la tète. Un air qui me fait regarder un platane des villes avec une certaine béatitude même si je me demande comment ils font ces arbres pour pousser majestueusement au beau milieu du macadam sur lequel la pluie ruisselle.

« Set to Attack » en tète me colle aux pas. Des remugles des Strokes dont on ne pense plus, et un petit savoir faire qui se bonifie au fil des années, un air Beatles Harrisson histoire d'arpenter léger les alignements des boulevards pleins de bagnoles et de klaxons qu'on entend plus. 
Mais au fait, c'est qui ce Francis ?

Albert Hammond Jr 2018 « Francis Trouble » label : red bull

mercredi 27 juin 2018

Alex Bevan 1971



Une petite virée dans le passé pour chanter cette petite chaleur qui nous dilate les poumons.
Du BJH des débuts, du Gene Clark, du Mickey Newbury, y'en a dedans, comme cette chanson merveilleuse de Waters « Grandchester Meadows ».

1971 ah les beaux jours, premier album d'Alex Bevan, inconnu pour moi avant cette écoute, rare, poésie folk pour étendue champêtre ondulant sous la chaleur des moissons qui entame leur bal poussiéreux.

Alex Bevan 1971 « No Truth to Sell » label : big tree records