dimanche 30 décembre 2018

Biolay / Poupaud



Acteurs à la musique, et vice et versa, on pourrait croire à quelques dilutions, pas avec eux, et je vois cet objet comme une addition, une cumulation à travers la récréation de deux artistes importants, une addiction à la chanson.

C'est un objet particulier, en parallèle de plein de choses. Un doux moment à part, des reprises, Biolay et d'autres avec en binôme Melvil Poupaud, l'acteur, le musicien aussi et s'il fallait juste parler de cet album à quelqu'un je lui ferais écouter une des plus belles chansons que je connaisse « Souffrir par toi n'est pas souffrir ». Clerc/Roda-Gil, Biolay/Poupaud sur un double vinyle uniquement.

Le saphir tourne sur cet exercice de crooner pop aux chansons d'ici. Pas le début ni la fin d'une autre année, juste une cendre latence et quelques minutes qui s’arrêtent. Une pause dominicale d'entre fêtes, et j'irai bien faire des ronds dans l'eau comme un vieux con .. sur la Voise qui se repose vert bouteille au creux des Oseraies de ma vallée.

Benjamin Biolay / Melvil Poupaud 2018 « Songbook »

samedi 29 décembre 2018

Xavier Plumas 2018



Le bilan annuel à nouveau va sonner creux chez moi, j'ai eu pourtant certaines écoutes très appuyées ces derniers mois, et puis d'autres plus rares qui comptent fortement, qui se faufilent au beau milieu de ceux qui reviennent le plus souvent.
J'ai déjà parler de « La Belle inutile » et de son importance pour moi.

Disque bleu flanqué d'idées noires, tristesse et beauté mélancolique, dans ma tète Xavier Plumas sonne comme un blues hexagonal à l'image des fleuves qui l'encerclent, l'intimité des collines et le vaste des petites étendues d'une réserve de canton d'outre-percheron. Singularité foudroyante sans payer de mine, écouter « Mayerling » c'est se manger un songwriting qui prend sous son aile des herbiers et des bestiaires sans oublier la liste des sentiments les plus beaux.
En 1998, un panneau blanc indiqué Tue-Loup sur un paysage de campagne profonde, montrait la direction à prendre pour écouter chanter l'ordinaire.. des vanneaux à l'époque, un ramier ici.

« Mayerling » de Xavier Plumas est parmi les choses les plus belles que j'ai pu écoutées cette année.

Xavier Plumas 2018 « Mayerling » label : La Lézarde

dimanche 23 décembre 2018

Kate Bush Christmas





Santa machin … existe, existe pas, moi je sais plus trop.. ceci dit moi je crois en la Mère Noël, comment faire autrement. 



C'est son année, son tour de sortir tout à nouveau, un nouvel intégral certes, deux coffrets d'ailleurs, avec comme il se doit un paquet d' « inédits ».

Joyeux Noël à tous.



Kate Bush 2018 « Remastered I & II » 





jeudi 20 décembre 2018

Alex De La Pampa



Il y a des endroits qui ne trompent pas, quand on a faim et soif, il suffit d’y aller pour se nourrir, des pages avec la cohérence humble de transmettre ce qui est, de dévoiler la création avec ses mots, juste pour donner envie. Pas l’ombre d’une aigreur, de la passion, des explications et donc des démonstrations.
Impossible qu’il s’agisse là d’une histoire stérile, le blog d’Alex est une vitrine, la face visible de ses ébullitions enfouies, car il crée, joue et réalise.
Alex, voilà je suis très flatté d'innover et de tenter ma première "interview" . J'ai une réelle fierté quand je reçois un commentaire d'artiste que j'ai chroniqué, je m'auto-publie et du coup je me sens investi d'une mission devant les artistes musicaux, transmettre l'envie et la faim donc. Je traine la savate quant aux nouveautés modernes, aussi pour garder un minimum de crédibilité.. je viens très souvent chez vous, toi et Bastien pour me sustenter .. j’ai très souvent la dalle.



Merci mille fois pour ce privilège... C’est à toi : 




Alex, si on commençait par le contexte, une présentation, ta façon de travailler, ton job, le déclic artistique... (Technicien sonore ? Solfège ? Informatique ?)


Pour la présentation : j'ai 24 ans, je travaille dans la biologie. Pour la musique, je m'y suis intéressé au début de l'adolescence en tant qu'auditeur, vers 11-12 ans, avec du rock, soit du plus sombre, 90-2000, soit des gros classiques des années 60-70. Je tapais un peu de batterie, mon papa en a une, il m'a appris à jouer à l'oreille des trucs de base, je me mettais un disque, du rock à la rythmique simple et je jouais dessus, j'ai de bons souvenirs sur les Pixies par exemple. Et puis lorsque j'étais tout seul chez moi je passais un Stooges ou « House of The Jealous Lovers » de The Rapture à fond, et je tapais comme un bourrin en beuglant, c'était pas mal comme défouloir. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai considéré que je n'avais pas de talent particulier pour la musique (je sais où est le La sur une partoche, ça m'aide pour composer en MIDI mais je suis pas du tout musicien), ça me faisait peur de jouer d'un truc, j'avais l'impression d'arriver trop tard, et j'aime pas trop me mettre en avant. Et puis c'était trop cher de faire du sport et de la musique. Du coup j'avais décidé que ma place était plutôt à farfouiller dans les rayons des médiathèques, à essayer de me faire une culture. J'avais décidé de commencer par le rock et la pop, puis de me mettre à l'électro, au hip-hop, au jazz. Et justement, en élargissant un peu mes horizons, je tombe sur « 3 Feet High And Rising » de De la Soul, je découvre le sampling, et pile à la même époque un pote me montre Audacity -un logiciel d'édition sonore- un peu par hasard, et là je me dis qu'en utilisant les sons des disques que j'aime, je peux essayer de construire des petites symphonies pop. Le premier morceau que j'ai fait c'était un truc piano/basse/batterie tout en couper coller, à partir de la première note de piano de « Lost Message » de Air, qui est très puissante, avec un son irréel. Là j'avais plutôt 14-15 ans, début lycée, et je m'intéressais à des trucs un peu French Touch, avec notamment Etienne -oui celui du blog- et son petit frère, qui lui est un génie dans le sens où tu lui files un synthé il te sort une démo qui sonne pro en deux secondes, avec une vraie oreille de mélodiste et d'arrangeur (il joue de tout aussi). Si ça t'intéresse il a sorti des morceaux sous le nom de Chrominance (https://soundcloud.com/chrominance-music) et Blazer (https://soundcloud.com/blazerofficial). Ensuite je fais du couper coller sur Audacity jusqu'à ce que ça sonne un peu plus naturel, je décide de ne plus sampler d'autres gens mais de générer mes propres sons, et tout ça débouche sur un cadeau « déclic ». Pour mes 18 ans, Etienne et des potes m'offrent un clavier et le logiciel Ableton version « lite », et là tout devient plus facile : je peux jouer une ligne mélodique, une basse, programmer des arpèges, une rythmique, ajouter des filtres, de façon moins laborieuse qu'avec Audacity. C'est de ces premières sessions qu'est né le projet « Mona Lizza », c'était vraiment une découverte de cet outil, un truc que je faisais le soir après la fac, après les révisions, pour me vider la tête avant de me coucher, sans penser forcément à le partager, et puis j'ai posté ça pour faire partager ça à mes potes surtout.


Incontournable question..les réseaux, le streaming ..  seuls moyens d'expression maintenant ? Le support physique c'est pas envisageable, ni concevable ?

J'ai gravé du physique pour mes potes, enfin surtout Etienne et son frère en fait justement. Personnellement j'adore le côté physique, je suis un gros acheteur de Cds, de vinyles, avec un côté collectionneur. Et puis j'aime les gros artwork, le côté « objet d'art ». Par contre, je n'ai pas d'argent à mettre là-dedans et d'ambition de vente ou quoi que ce soit, franchement c'est très, très amateur ce que je fais et je ne suis pas sûr que ça mérite une sortie physique dans le sens où personne n'aurait envie de les acheter je pense. En tous cas, pour ça, le streaming c'est super, ça permet à des débutants de poster leurs œuvres sans frais, d'avoir un retour, c'est un super support, complémentaire du physique


Tu vis dans une région bouillonnante culturellement, les artistes vivent maintenant de leurs prestations scéniques.. tu en es où avec ça ? DJ quelque part ?? live dans des petites salles locales ??

C'est vrai que Nantes c'est super cool pour ça j'ai pu assister à des tas de super concerts ces dernières années. Pour le moment, j'ai fait des DJ Sets avec Etienne, mais on n'a pas passé de musique à nous, le but c'était de faire découvrir des styles musicaux, des époques et des lieux moins mis en valeur (synthpop yougoslave, italo-disco, funk ouest-africain...), les setlists sont dispos sur le blog d'ailleurs. J'ai bien aimé l'exercice, c'était une super opportunité, mais je me sens un peu escroc, pas trop à ma place, je suis pas encore à l'aise. Pourquoi pas en refaire dans le futur, j'aimerais bien déconstruire mes morceaux et les remonter ensemble en live comme les Daft sur Alive 2007, en jouant quelques parties de synthé en plus, mais il me faudrait du meilleur matos (mon ordi est nul et super vieux) et du temps pour répéter avant d'être assez à l'aise pour vaincre ma timidité.



En parlant de Nantes  et ses environs, je me souviens d'un label extra, il y a 10 / 20 ans, Collectif-Effervescence avec un catalogue extra dont Domotic ou Perceval music par exemple, ils ont marqués l'endroit et la scène.. tu connais ??

Je suis navré, pas du tout ! Je ne suis pas très connaisseur de la scène Nantaise en fait, j'ai des potes qui jouent dans des groupes très cool : Méga-Parade dont un a parlé sur le blog, mais ils ne sont plus sur Nantes, et W2G, pour qui on a ouvert avec un DJ Set également. J'ai découvert récemment le groupe Projet Marina, j'ai publié une chronique de leur album « Echos » de cette année, c'est une bombe, je me suis jeté sur le vinyle. En dehors de ça j'ai zéro connexions avec ce qui se fait à Nantes, et comme je te dis je connais peur l'histoire musicale de la ville.


A une époque je croisais Anthony Queyeux qui bossait chez Gibert.. lui c'est HYPO et j'adorais ces travaux, et sa collaboration avec Emmanuelle DeHericourt entre autre. Je me souviens de sa politique radicale quant aux groupes pop de surface, il haïssait Divine Comedy par exemple .. tu en penses quoi ??

  Je n'ai jamais réussi à être snob ou puriste même dans ma période où j'écoutais que des trucs obscurs de rock psychédélique 60's, j'ai toujours aimé ABBA, Balavoine, Supertramp, les Daft Punk. Les gros trucs me font pas peur et je pense qu'on peut trouver de la beauté dans toutes les échelles, du blockbuster produit par 200 personnes au disque bricolé dans une chambre, tant que c'est bien fait, avec un certain amour de la musique. Je pense aussi que c'est un bon état d'esprit d'avoir des idées tranchées à l'adolescence par exemple, pour éviter de devenir un gros con égoïste plus tard, mais qu'en vieillissant on ajoute des couches de nuances là-dessus, qui ne viennent pas émousser cette radicalité mais la précisent au contraire. C'est un peu pareil pour la musique, j'en suis arrivé à un point où je n'ai aucune limite, si j'aime un truc hyper bruitiste en électro, un free jazz alambiqué, un Phil Collins ou un Beyoncé, je vais le dire et je vais essayer de dire pourquoi je trouve que c'est bien, quelles sont les bonnes idées là-dedans, pourquoi c'est bien exécuté. Par contre j'ai horreur de certains trucs ultra commerciaux comme tout le monde : Vianney et son polo BCBG qui vend des caisses de merde parce qu'il présente bien pour le grand public, Bruno Mars qui fait de la soupe en pillant des idées partout sans créditer personne... Y'a plein d'exemple de trucs mainstream qui me dégoûtent, mais c'est du cas par cas pas un rejet général.
  Peut-être que ça sort du périmètre de la question, mais j'ai beaucoup de mal à trouver des gens qui soient au carrefour de la pop et de l'électro. J'adore des groupes comme Metronomy, dont le leader disait qu'il aimerait bien que plus de gens vénèrent autant à la fois les Zombies et Aphex Twin que lui, je me retrouve pas mal là-dedans. Parfois, des gens plus branchés pop ou rock vont avoir du mal à sortir des structures de la chanson, ou à apprécier certains rythmes ou sons, alors que des puristes de l'électro vont bloquer sur des morceaux à mi-chemin car pas assez techniques, trop amateur, pas assez carré. C'est une caricature évidemment, mais c'est quelque chose qui arrive de temps en temps, et ça manque un peu des groupes comme MGMT, Homeshake ou autres, qui fassent le pont entre songwriting et sound design pour dire ça grossièrement.


Les mouvement musicaux vont et viennent, j'ai l'impression que l'electro pure n'a plus ses bacs opulents d’il y a une ou deux décennies, Monika, Karaoke Kalk, 12K, Morr, How to kill the DJ ?, Brocoli, K7 !, Ninja Tune, Lex, Go Beat..... Elle a été très incorporée un peu partout, la source se tarit-elle??

C'est intéressant ce que tu dis, y'a de l'électronique partout, mais elle est pas autant en avant qu'il y a quelques temps. Comme tu dis, non seulement dans les bacs des magasins de musique, mais même avec le pendant mainstream, on a moins de DJ « stars », même si il a a des exceptions (Marshmello, DJ Snake) c'est moins people, personnifié et glamourisé qu'avant je trouvé (David Guetta, Skrillex). Je ne parle pas de ces artistes pour leur contenu hein, ils font un truc assez différent de ce que toi et moi en gros geeks de la musique on va apprécier, c'est un artisanat à part de faire de la grosse musique pour bouger les foules. Mais je trouve que ça dit quelque chose sur le paysage musical, on a switché du DJ vers la popstar et le rappeur en somme. Et ça c'est sans remonter à l'époque où les Chemical Brothers ou Fatboy Slim étaient énormes. Ca se ressent dans ce qui est présenté à la radio, dans les supermarchés, et fatalement même chez les disquaires plus indés les rayons « électroniques » rapetissent peut-être un peu. En tous cas je l'ai observé vers chez moi. Par contre, tu ouvres Bandcamp et tu as une quantité absolument infinie de superbes sorties, dans des milliards de directions artistiques différentes, de groupes à peine connus. Donc non, je ne pense pas que la source soit tarie, c'est juste plus dur à trouver, mais ça c'est le cas pour beaucoup de ce qu'on considère comme de la « bonne » musique.


En parlant de 12K et Morr, le Japon et l'Allemagne sont les épicentres ?

Y'a pas mal de truc anglais aussi... Ah je t'avoue que je ne sais pas trop là, j'ai pas de vision globale sur qui fait quoi où, j'ai pas assez de recul. Et puis en électro je picore, je n'arrive pas à tout suivre.

Je dois t'avouer que j'ai un peu lâché prise sur l'electro....  Mr Oizo, Le Tone, Octet, Professeur Inlassable, Nôze, Tom Vek, c'est bien ça ou ça commence à dater ?
Il y a un nom là-dedans qui me parle beaucoup : Mr Oizo. Ce type est un génie, il me bluffe quasiment tout le temps, en musique ou en ciné. Pour le coup c'est une super grosse influence dans ce que je peux bricoler. Donc encore super cool.


Les labels de références se sont à une époque assouplis pour ne pas se cloisonner, et aussi s'ouvrir pour durer je pense.. Warp a eu Gravenshurt, Peacefrog a signé Findlay Brown … Il y a un clavier sur « Anxiogene » .. tu envisages un jour d'intégrer d'autres instruments, de l'acoustique, même en boucle ou pas, une gratte nylon, un banjo samplé ou une  fond de flûte traversière ?

Alors c'est marrant ça parce qu'il y a pas mal de claviers joués justement, bon après ça reste des sons de synthé, mais je mélange pas mal le joué et le programmé, j'aime beaucoup les gros accords plaqués (ça c'est la French Touch), et les mélodies à un doigt, très amateur ça, façon new wave ou Baxter Dury (genre « La Loi de Murphy », un peu un hommage à LCD Soundsystem d'ailleurs, tout est joué à un ou deux doigts presque). Mais oui carrément, diversifié les sons c'est prévu. J'ai des trucs en cours avec des guitares folk, électriques, des basses, du piano solo, et tout ça est joué et pas samplé, et puis j'ai aussi joué au clavier des samples de cuivres, de cordes, de vents, d'orgue aussi... La suite va être plus pop, et ça va se ressentir dans les sons utilisés, donc yes, ça va venir ! Et puis j'ai fait un peu plus de travail sur des patches que j'ai créé moi-même plutôt que de juste bidouiller les réglages des sons du logiciel, ça sera plus bossé à l'avenir.


« Le Clown » semble plus travaillé sur les mélodies. Ce n'est pas une BO mais LA BO.. c'est quoi ce projet. « Le thème du Clown générique d'ouverture »  me renvoie à Eric Sera. Ta musique est très cinématographique.  Stephen King aurait pu te contacter pour « ça » ?

C'était voulu oui, c'est très cinématographique. « Steak » de Quentin Dupieux (Mr Oizo) est ma référence là-dessus. Ptet un peu de Morricone aussi, « Once Upon The Time In The West » même si c'est un peu cliché de dire qu'on adore cette BO, c'est vraiment mon cas, je me la mets souvent en
nocturne, tout seul, au casque. « Mona Lizza » c'était vraiment une découverte d'Ableton, et ça a donné un truc plus électronique, davantage dans les rythmes parce que c'étaient des morceaux que je bricolais 15 min par ci par là d'un soir à l'autre, et que j'étais dans cet esprit à l'époque aussi, avec des envies de beats qui tabassent et de bizarreries électro-pop. Du coup pour la suite, « Le Clown », je commence un peu mieux à prendre en main l'outil, à savoir ce que je veux faire, et je joue davantage de choses au clavier aussi, je programme moins. Et puis ça allait mieux avec le projet, c'est plus flippant si c'est un peu plus aérien, un peu moins chargé, ça laisse plus de place à l'imagination. Et enfin c'était une période pas toujours évidente d'un point de vue perso, et j'ai déchargé pas mal de choses dans ce disque, il y a beaucoup de rage et de mélancolie là-dedans, je l'entends du coup quand je m'y replonge, et ce projet aura toujours une signification particulière pour moi. Si j'avais eu le temps et le talent j'aurais bien dessiné tout un petit dessin animé autour de ce disque, avec cette histoire de Clown hanté qu'un père un peu loser offre à sa fille sans le vouloir. Et King est une grosse influence, j'ai lu beaucoup de choses de lui, l'ambiance de ses livres a dû  jouer sur les choix que j'ai fait sur ce disque oui.


Et une voix ?? tu veux pas récupérer Beth Gibbons sur tes plages ? Ou un chant à la James Blake ?

James Blake : bel exemple de crossover électro/pop ! Alors si c'est prévu, en fait c'est pour ça que je traine un peu à sortir des trucs, j'aimerais bien une voix. En fait j'ai un projet qui était sensé sortir début 2017, sur lequel je bute depuis, à cause des voix. J'ai pas une bonne voix, je chante pas hyper bien mais ça me suffirait je pense, avec du temps je peux obtenir ce que j'en veux. Du coup je me suis acheté un bon micro très récemment, parce que j'en ai marre de galérer à essayer d'améliorer des prises de voix au son pourri avec plein de bruit blanc derrière. Ca me débloque pas mal. Et du coup j'ai une tonne de morceaux beaucoup plus pop qui sont quasiment prêts, j'ai juste les voix à finir, mais j'ai bien 3 projets finis là depuis ces deux ans. Pour l'anecdote, « Blood In The Washing Machine » est une réponse directe à la frustration d'avoir tous ces morceaux bloqués depuis un moment, un petit assortiment de beats rageux pour évacuer tout ça. Les voix ça vient, et des trucs plus frontaux que la voix sous vocodeur de « Danse sur le Rythme » ou « Tout est sous Contrôle ».



Je cherche des questions à te poser , je fouille avec en fond le son Alex De la Pampa... Aphex Twin, Autechre, je vais pas être original mais ce sont tes influences premières ?

J'ai écouté beaucoup d'Aphex Twin en effet, j'admire sa virtuosité sur plein de styles différents, et sa capacité à faire de la pop avec des éléments super étranges, inhabituels, qui sortent l'auditeur de sa zone de confort. Autechre aussi, même s'ils sont plus insaisissables. Mr Oizo beaucoup, le premier Daft Punk, de la house bien brute, des groupes comme Kraftwerk, Suicide, Soft Cell, LFO, MGMT, Flaming Lips, Pet Shop Boys, Metronomy, qui font le pont comme je disais entre pop et électro, du post-punk, du hip-hop pas mal aussi, un peu de dub, de l'indus...


La pochette de Mona Lizza est sublime, c'est une vitrine importante la pochette nan ? c'est qui d'ailleurs ce portrait ? je suis sûr que tu est dans le tout do it yourself ?

Je ne sais même plus qui c'est, j'ai découpé des trucs dans des magazines pour faire un collage absurde, je trouvais que c'était un bon reflet de ma musique à l'époque, un truc très très amateur, beaucoup dans le couper-coller, un reflet du côté sampling/programmation, mais en même temps avec un côté imparfait/fait à la main, et un certain sens de l'humour comme chez Oizo ou dans l'électro des années 90-2000 que j'aimais beaucoup. D'ailleurs j'ai fait plusieurs illustrations dans ce style pour les « singles » issus de ce projet sur Youtube, par exemple « Danse Sur Le Rythme » c'est un poulet robotisé parce que c'est vraiment comme ça que sonne le morceau, y'a un synthé qui ressemble à un poulet et un beat un peu Moroder version coldwave, ça se prend pas au sérieux, j'aime bien rester fun. Le nom du projet est venu de la pochette d'ailleurs, avec cette pose un peu Joconde de mon affreux collage. J'ai fait un clip en stop motion aussi pour « Influenzza » sur cet album, il est sur Youtube, c'est cool mais beaucoup trop chronophage pour réitérer l'expérience souvent. Et oui les visuels c'est important, j'aime bien la photo de « Blood In The Washing Machine » aussi, une des inspirations de
ce disque est que j'ai failli me faire casser la gueule devant cette laverie creepy en revenant de chez Etienne où on faisait du son. Du coup j'y suis retourné un autre soir, j'ai attendu une éternité que le feu passe au rouge pour la lumière, et j'avais ma pochette.


J'aime assez le drone de « La mort de Pablo », ce disque à l'air plus complexe et profond..
Je suis un grand consommateur d'ambiant, electro, drone et surtout field recording, le son de la nature et des souffles, tu envisages de créer en pleine nature comme le peintre qui met son chevalet au milieu d'une clairière entouré de peupliers avec le vent dedans ?

« La mort de Pablo » je l'ai jouée entièrement au synthé, en une prise. Je l'ai un peu répétée avant, je savais comment je voulais qu'elle évolue et puis je me suis lancé. J'ai laissé volontairement un petit côté bordélique, ça sature un peu, ça cafouille un peu mais ça vit. Je suis content que tu l'aies aimé parce que j'ai vraiment failli l'enlever plusieurs fois du projet. J'ai enregistré pas mal de sons dans la nature, en ville, etc... d'ailleurs j'en ai calé sur « Vigipirate », c'est quelque chose que je vais faire plus à l'avenir également, ça évoque tout de suite des images et une densité au son, et j'aime ce côté là. Par contre emporter PC et synthé dans la nature, ça va être compliqué, en plus comme je t'ai dit mon ordi est pourri, c'est un trèèèès vieux portable plein à craquer qui tient à peine min sans batterie, mais ce serait cool dans l'absolu !



« Satholic Cult » me rappelle un peu le son mathématique et sportif syncopé de groupes comme Battles ou Electric Electric. Bande son pour l'effort ?? c'est un dilemme l'électro, musique cérébrale et/ou pour le corps ?

C'est intéressant ça, d'ailleurs c'est pas forcément exclusif ça peut être les deux en même temps. J'aime courir avec de la musique, soit avec tout un album pour bien rentrer dedans, soit en aléatoire et là parfois on a des surprises, des trucs planants, doux ou lents parfois pendant l'effort ça fonctionne super bien. Y'a un peu de ces groupes là dans ce morceau en effet, je pensais plutôt à un truc absurde à la Oizo ou Boyz Noise plutôt en le faisant. Un peu comme Oizo, utiliser cette grosse basse bien grasse qui aurait pu être dans un gros banger, mais en l'isolant de ce contexte de « tube » elle devient absurde et c'est cool. Ce côté gras de la basse, et puis la syncope, c'est parce que ce morceau a un sous-texte sexuel, donc bien vu le côté « pour le corps ».



Les machines dans la musique, Sheller et « Lesmachines absurdes » et la batterie Simmons de grand Phil Collins, une révolution un peu comme Dylan branche sa guitare.. tu en es où avec Phil Collins et Sheller ??

Je connais peu Sheller, mais je respecte ce qu'il fait. Collins j'aime beaucoup ses singles, moins sur la durée d'un album, mais un truc comme « In The Air Tonight » c'est un grand bond en avant qui ouvre une nouvelle direction dans la pop. Et c'est comme l'électricité, les synthés, les machines, la programmation, l'IA, l'autotune : ça ne remplace pas ce qui était là avant, ça complète, ça ouvre des portes ça n'en ferme pas. Peu importe l'outil, il y en aura toujours pour en faire des merveilles et d'autres des bouses, c'est comme ça.



J’ai tenté la House un jour, je pense à Front 42 que j’ai mis du temps à appréhender, mais qui m’a ouvert à plein de sons comme la Jungle, la Synth-pop, et je suis arrivé sur le Downtempo et l’Ambient qui me reste aujourd’hui. L’électro d’aujourd’hui tire sa substance des pionniers comme Pierre Henry, Moroder, et puis plus loin encore, Luigi Russolo et sa conception révolutionnaire de la musique bien loin du solfège académique (Manifeste futuriste 1913). C’est devenu une arborescence complexe le son des machines, Pierre Shapiro a fait un gros boulot pour qu’on puisse s’y retrouver (“Modulations : une histoire de la musique électronique” chez Allia), il y aussi Tsugi et Traxx (que j’ai délaissé aussi) qui tiennent le coup contrairement à pas mal d’autres magazines. Finalement, l’électro ça tient la cap inébranlablement ?

Oui, il y aura toujours une communauté forte de passionnés, avec des labels, des disquaires, des magazines, des sites/blogs... J'achète Tsugi de temps en temps c'est un bon magazine. C'est un regroupement de styles tellement variés, qui ont une histoire maintenant assez vieille, comme le hip-
hop ou le rock, que tout le monde peut s'y retrouver. Il y a pas mal de gros festivals électro indés qui marchent super bien dans la région, il faudra que je m'en fasse un d'ailleurs, mais on sent que c'est un monde vivant, et c'est cool.



Tu écoutes quoi en ce moment ?? mais nan je déconne, tes pages blog sont assez importantes et fulgurantes pour se rendre compte..mais tes disques de prédilection, le truc qui te colle au bulbe ?? ..

En ce moment genre cette semaine : Daho – Pop Satori, Devo - The Residents - Tyler The Creator – Wolf, Projet Marina – Echos, Space Afrika – Somewhere Decent To Live. Ce qui me reste en permanence collé au fond du crâne ? C'est compliqué je vais en oublier plein, mais Brian Eno, les Talking Heads, les Zombies, « Fun House » des Stooges, le Velvet et Lou Reed, les Beatles, Marvin Gaye, un producteur californien d'électro psychédélique qui s'appelle Ras G, Aphex Twin, Mr Oizo, toute la synthpop anglaise depuis le post-punk à maintenant, le label DFA, Tyler The Creator et Frank Ocean, Kanye West, Blood Orange, Gainsbourg, Coltrane, Miles Davis, Kraftwerk, Tellier, Damso, Katerine, beaucoup de psyché 60's (Silver Apples, The USA, Fifty Foot Hose), de l'afrobeat, du funk (P-Funk +++), Dr Dre, Snoop, Kendrick Lamar, de la sunshine pop / baroque pop à fond, Sinatra, les Four Seasons, Richard Hawley, Soft Cell, les Beach Boys, XTC, ABBA, Joy Division/New Order, Nine Inch Nails, Depeche Mode, Todd Rundgren, la nu-soul de J Dilla, D'Angelo, Badu, Christophe, Manset, Sly Stone, du vieux dub (Scientist, Lee Perry, Blackbeard...).. J'en oublie des caisses c'est affreux !






Tes projets ? La suite c'est quoi ?

Deux projets qui devraient sortir dans pas trop longtemps, pour lesquels il faut que je finisse les voix : un plutôt synthpop/électro-rock, très exubérant, dans la lignée de ce que j'écoutais ado (Gorillaz, Franz Ferdinand période « Tonight », The Klaxons...) entre pop et électro déglinguée (Metronomy, M83, un peu de Prince, George Clinton, de Ariel Pink, de Connan Mockasin / LA Priest)... Un plutôt quelque part entre Depeche Mode, James Blake, ambient et Biolay. Dans ces deux projets là, pas mal de voix du coup. Là en gros toutes les prods sont prêtes, j'ai juste à finir les textes et poser les voix. Et vu que ça fait un moment que je suis dessus, j'ai un peu trop de morceaux, certains partent dans d'autres directions intéressantes (psyché, électro-pop à la Jamie xx...), je vais sans doute publier certains de ces morceaux. On avait une idée de single Face A / Face B électro-rock avec Etienne, on a fini la face B et on a le texte de la A, faut qu'on finisse ça. Et sinon je travaille avec un.e artiste américain.e basé.e au Japon. En gros c'est une mixtape dans un genre assez mixte, entre de la pop indé, du rock indé, des influences trap et des voix très stylisées, avec pas mal d'effets. J'ai toutes les pistes de chaque instrument de ses démos et je fais le « producteur », j'enlève un peu ici, je rajoute là, une ligne de synthé ici, un beat là, j'ajoute des filtres, des effets, je compose des petits interludes... On fait du ping-pong par mail et ça avance bien, le résultat sera chouette. Et puis faut que je m'inscrives sur Bandcamp.

« Suzane » : https://www.youtube.com/watch?v=agWXyUPlBto

Si ça t'intéresse, je vais publier pour toi le premier morceau avec une voix lead que j'ai faite, plutôt chanté-parlé, ça s'appelle « Suzane », c'est une époque où j'écoutais beaucoup de jazz, de Damaged Bug (projet parallèle de John Dwyer de Thee Oh Sees, entre Eno et les Silver Apples), du Gainsbourg, l'album « Drones Personnels » de BabX, avec cette chanson « Suzanne Aux Yeux Noirs », très Bashung. C'est un peu un trip psyché entre cette chanson et « Variations sur Marilou ». Et c'est une chanson un peu à part, un genre de single isolé quoi, avec encore une construction linéaire, un peu un entre deux entre ma période électro et ce qui va venir, et qui sera plus pop, mais en moins carré car ça remonte quand même à 2016. C'était avant que j'aie un bon micro aussi, ça s'entend !

mardi 18 décembre 2018

Feu! Chatterton 2014



Comme j'aimerais tonner ainsi à pleine gorge « Où l'herbe est encore fraîche »...

Troisième acte pour deux albums, je passe donc au militantisme, à la revendication, au hurlement. Je me rabâche, je vais pas le répéter cent fois, les Feu ! sont là par chez nous, ils traînent dans le coin pas loin à nous offrir ce qui est à coup sûr la plus belle écriture de par ici depuis bien longtemps. Ils rodent, faut pas les louper surtout. Mots et notes sonnent comme une perfection. Plus j'écoute plus je m'enfonce, quoi d'autre que « Le Départ » pour vous en parler à nouveau.

Acte trois, c'est la scène pour moi, se laisser happer par ce jeu fou parfait, se laisser séduire par le phénomène et l'humanité charmante d'Arthur, la cohérence d'un groupe juste et généreux.
Vernouillet en Feu et tout déjà tape comme des tubes, biologiquement pour frémir avec la gorge, la plèvre, l'âme et le cœur.

Et puis il y a cette raison de plus pour fouiller encore, chercher un truc inconnu, un bonus quelque part, il faut voir comment ils ont pris à eux « Zelda » et « Les Frères de la Côte », comment ils aiment regarder les filles sur la plage... Lavilliers, Yves Simon, pas étonnant.

Beauté scandaleuse, tout est subtile sublime et puissant, tendre et ultime .. ils sont là, le grand collectif des Feu !
La scène, je la garde dans mes souvenirs, avec quelques titres épars, je n'ai trouvé que cet Ep de l'aube pour vous parler une troisième fois des Feu ! Chatterton.

Feu ! Chatterton 2014 « Feu ! Chatterton » label : la baleine



Les deux actes :


dimanche 16 décembre 2018

Calexico 98/2018



« Minas de cobre » à fond au fin creux de mon jardin. Son parfait, caisse de résonance 6 enceintes à cracher en haut volume cette fantastique épopée musicale Mexico-morriconienne.... Au plus profond de la nuit le grand Calexico chevauche le froid brumeux et fait danser les gouttelettes de buée des vitres de ma caisse à options.
Le voisinage a dû croire que je passait la nuit dans la bagnole, torché à la Tequila, écroulé au volant à rêver des grands espaces caniculaires à cactus.

Je n'y étais pas dans ma caisse à options, j'étais dans mon lit au chaud et le bruit de quelques marimbas et tambours transperçant le brouillard noire orangé d'une nuit d'automne agonisante est venu me tirer du sommeil. Je rêve me dis-je, je vais bientôt voir venir vers moi le fantôme du chevalier à Stetson. Assis sur le bord du sommier, dans cette purée de lumière noire, je tâte mon chevet pour prendre mes coltes et cherche du pied mes tiags.

Une fois dehors hagard, j'ai bien dû me rendre compte sous le hangar qu'il s'agissait là d'un nouveau bug des putains d'options de ma caisse qui commence à avoir du graillon dans les soupapes. Plus je m'approche d'elle, plus John et Joey jouent.. trompette, accordéon et violon dans une danse folle, quel beau spectacle mystérieux. C'est pas la première fois qu'elle me fait ça, c'est pourtant une bonne voiture, mécanique irréprochable.. déjà la serrure électronique du coffre s'ouvre en rafale, trois roues du tableau de bord sont en "alerte", pourtant la pression est nickel, vieillissement des électrodes il paraît.. je roule crever en permanence, ouverture centralisée qui s’essouffle, reconnaissance annale du frein à main, mon mano me fixe dans les yeux.

Il est vachement bon ce son, qu'est ce que j'aime Calexico, tout pour croire à un déclenchement surréaliste fantomatique si cela n'était pas déjà arrivé plusieurs fois. Assis devant mon volant, je profite un peu de « Minas de cobre » avant de couper, avant que les voisins sortent avec une winchester et balance la purée sur mes pare-chocs... je n'ai pas pris mes coltes. Il est bon le son, ce disque est tellement bien. Toutes ces options m'emmerdent, y'a tout ce qu'il faut sous le capot, c'est ballot. J'attends encore un peu, pas de cow-boy à cheval dans la brume épaisse, je vais retourner me coucher, il est 3h25 du mat, j'ai tellement envie d'une caisse, une vraie sans option à la con, un Gran Torino pour écouter un air Calexico sur un vieux poste.
Ouaih je sais, c'est fini ces bagnoles sans obsolescence sans vérole programmée, je dis ça.. dans la bagnole le Calexico culte qui jouait tout seul, c'est la version Deluxe avec bonus, l’extraordinaire « The Black Light ». Et puis y'a un putain de bon son dans ma bagnole à options.

Calexico 1998/2018 « The Black Light » label : « quatersticks/labels »



jeudi 13 décembre 2018

Songs: Ohia 2000





C'est pas compliqué, dans l'antre de ma sourdine, il y a les indéboulonnables. En dehors des choses écoutées en plein air sur des platanes, devant tout le monde, il y a quelques musiques qui battent comme au creux d'une artère, aorte ou jugulaire. Il n'est pas impossible même que les capillaires morflent un peu aussi.
Du récurent, du lent débit visqueux qui suce la tempe, il y a du Lo-fi quoiqu'il arrive, du slow core c'est mieux, je pense à des artistes comme Dan Matz des Windsor For the Derby, Callahan et Smog, Alan Sparhawk avec Mimi Parker, Arab Strap, Mark Linkous … et puis il y a Jason Molina, qu'il soit Magnolia Electric Co, ou Songs:Ohia.

« Being in love ».. Je ne me souviens pas exactement le jour où Jason est venu à mes oreilles, pas même si c'était avec cet album ou un autre. Peut-être cette musique là est dans les mitochondries de mes cellules ou le mésentère de mon buffet.Odeur de saleté à trop fondre et quand bien même les salissures, aigreur de sainteté..aux âmes etc.

Hymne, messe, incantation .. croquer de l'humus ou bouffer les stratocumulus à pleines dents.. je ne sais plus.



Songs:Ohia 2000/2018 « The Lioness » / « Love & Work : The Lioness Session »


lundi 10 décembre 2018

Wings 71 : Wild Life



Le Platane est de la famille des grands arbres et peut vivre très longtemps, de plusieurs décennies à quelques siècles.
Son vaste houppier à cime puissante permet d'abriter la quintessence inspirée, tout comme les jeunes spartiates de l'antiquité grecque venant prendre force et puissance.
On aime à élaguer cet arbre vaillant, pourtant cette cruelle mutilation n'a jamais empêché sa grande omniprésence, l'attachement que nos yeux lui portent et surtout de garder sans cesse son admirable silhouette d'arbre libre. Qu'il longe nos départementales ou nos grands alignements urbains, qu'il soit royal dans nos parcs ou remarquable sur nos places, il est le ligneux de nos paysages permanent.

Il est l’arbre des ombres précieuses dans les pays chauds, là où l'on peut se réfugier pour composer par exemple, tenter quelques airs soutenus ou aériens portés par les ailes inspirées tranquillement à l'abri du brouhaha médiatique se réclamant des scarabées, qui n'est pas un hôte ubiquiste des platanes soit dit en passant.

Les orientaux utilisent son bois pour les charpentes et l'ébénisterie. Il est propre aux meilleurs ouvrages et les fût en sont lisses et élevés.
Son bois est rude et solide, et permet à quelques branches ancestrales de longer le sol sans craquer, pouvant jusqu'à supporter quatre individus de poids moyens, poètes ou ménestrels. Le marcottage est possible.

Son pollen, le Platanus s'adonne au vent du mois d'avril, ainsi ce beau granuleux tricoplé se dépose généreusement et féconde joyeusement à la belle saison.

Des rêveries de lycéens, moi j'avais la cour de marronniers et plus tard celle des platanes, ceux qui prennent les meurtrissures facilement, les cœurs au canif, ces troncs montagneux qui s'érigent devant nous et qui forcent au respect. Il va falloir revenir aux arbres un jour quelque soit nos opinions .. se prendre de passion pour les sauvages d'époque, ou les ornementaux d'aujourd'hui.
Pierre Lieutaghi sur cet arbre :
« ….. je garde encore une reconnaissance émue envers ces pâles compagnons d'infortune auxquels il n'était laissé que des bras tors et chétifs pour calmer, à chaque printemps, leur désir fou de frondaisons ».

Il est à peine deux ans moins le quart après les Beatles.. les humeurs s’apaisent, un autre groupe naît, un disque oublié le « Wild Life », le ciel est clair, la branche du platane supporte toujours autant d'histoire, une ancienne, une autre à venir, Yoko et Linda entrent dans la danse officiellement, il y a une idée d'arbres et de clairière. John au creux Plastic du corps de Yoko adossée à un autre arbre remarquable.. écorce rugueuse de chêne ?? « Dear friend » .. ils se sont peut être croisés en pleine forêt, entre 70 et 71 sans que les réseaux paparasitent les images, ne puissent choper la moindre once de douceur bravache, à l'ombre de ces ligneux magnifiques.

Et les Wings s'envoleront.


Wings 1971 « Wild Life » label : apple





vendredi 7 décembre 2018

Ensemble O : Elpmas/Moondog




C'est un peu le même principe, l'idée folle comme pour Fauré de faire revivre Moondog. Si Gabriel avait ses poètes, l'Ensemble O propose un livre d'art pour revisiter « Elpmas » 1992.
Vaste challenge d'idées fertiles à travers le contemporain des cordes, des marimbas, tribal et classique.. écouter observer pour imaginer créer en pensant à des mariages de textures.

C'est un opéra intime néo classique, une muse qui conjugue et développe des contrastes comme des octaves, des lumières comme des silences, de l'impressionnisme neuf comme chaque note nouvelle qui donne le ton, le dialecte, le rythme et la nuance.


En 1992, Louis Thomas Hardin découvre la possibilité de produire sa musique à l'aide d'ordinateurs. Aidé par Andi Toma des Mouse on Mars, il va utiliser ce pont artistique pour créer "Elpmas", le palindrome de Sample. Il a alors 76 ans, et découvre cet outil sans pour autant renier sa politique artistique, on le surnome aussi The Bridge. Tribal, moderne et contemporain, l'Ensemble O prend à eux ce grand travail de fanfare vocale cosmique qui avait à l'époque superposé à l'aide des boucles 144 voix.C'est sans machines cette fois-ci, avec de vrais instruments.
« Cosmic Meditation » est une voile stratosphérique intime de 25 min, recroquevillée au fin fond d'une nef à orgue, hypnotique, final en apothéose.


Chacun peut prendre Moondog à lui,  cet architecte sonore tridimensionnel, se laisser prendre par l'imagination d'un tableau sous l'influence de son travail. Ensemble O en propose une version, toiles et sons, un bel et précieux objet.



Ensemble O 2018 "Elpmas" label : ici d'ailleurs

mercredi 5 décembre 2018

Baum


Le transition est toute trouvée, un Bambi à la tète fleurissante. Cette musique là est du Baum au chœur, Mellano est un virtuose et fore au fil des années son génie musical aussi beau et haut que sa discrétion.

Ici, il prend Fauré à lui et le dépose sur quelques poètes des mots. Théophile Gauthier par exemple. Aux cordes Anne Gouverneur et Maëva Le Berre. Au piano Silmon Dalmais, le frère de Camille qui est d'ailleurs au chant, tout comme Dominique A, Katerine, Daho, Sandra N Kaké, De La Simone, JP Nataf..... autant de tètes fauves fleurissantes de ce Bambi sur fond crème qui rendent pop la poésie classique. Ainsi, de ce grouillement merveilleux sur lequel tout vient se percuter, la mélodie et le chant se déposent sur les feuilles dorées tombées au sol.
"Requiem" m'a pétrifié juste avant de me retrouver au bord de l'eau. Quant à l'"Automne", j'attends l'hiver pour pleurer plus encore. Il n'est pas idée ici je pense de vulgariser quoique ce soit, juste exprimer l'exigence des notes sur des mots, des rhizomes qui font bourgeonner n'importe quelle cellule vivant au creux de nos humus.Le spleen n'est pas une chose à prendre à la légère.

Olivier Mellano, je l'ai vu en 2007 sur scène à l'espace Soutine de Lèves, la tournée "Sur nos forces motrices". Avec Robert Le Magnifique il est Psykick Lyrikah, et Mobiil avec Gaël Desbois. Mellanoisescape disperse un peu plus le génie de cet artiste là, en attendant il est Baum et Fauré nous chante au cœur.





Baum 2018 « Ici-bas / Les mélodies de Fauré » label :




Notre amour est chose légère
Comme les parfums que le vent
Prend aux cimes de la fougère
Pour qu’on les respire en rêvant.
Notre amour est chose légère!
Notre amour est chose charmante,
Comme les chansons du matin
Où nul regret ne se lamente,
Où vibre un espoir incertain.
Notre amour est chose charmante!
Notre amour est chose sacrée
Comme les mystères des bois
Où tressaille une âme ignorée,
Où les silences ont des voix.
Notre amour est chose sacrée!
Notre amour est chose infinie,
Comme les chemins des couchants
Où la mer, aux cieux réunie,
S’endort sous les soleils penchants.
Notre amour est chose éternelle
Comme tout ce qu’un dieu vainqueur
A touché du feu de son aile,
Comme tout ce qui vient du coeur,
Notre amour est chose éternelle!

Paul-Armand Silvestre / Gabriel Fauré

samedi 1 décembre 2018

Michael Jackson 91



Inutile de vous dire que j'en ai bouffé du Bambi, bagnole, chaine, megaboom, et que j'en bouffe encore et même plus que jamais, à toutes les sauces, du small pif à la pelle et avec toutes les arborescences possibles, ce qui ouvre sur un monde sans fond, du bon son et de l'histoire. Pour moi au départ MJ c'était un Billie zombie sous les pas duquel les dalles s'allument, et une fois le jour levé devient un petit gars qui se roule dans le foin avec les McCartney. Y'avait aussi quelques clips à l'époque qui happaient autant les yeux que les oeilles. "Black or White" ou les 18 minutes de "Bad". Pourquoi "Bad" ça passe moins ?? je sais pas, peut être à cause de Chabat ;D

Il aura fallu qu'il disparaisse pour que la chambre de ma grande devienne un mausolée. La fan absolue, Jermain, LaToya, Tito et Janet font parti de la famille. Impossible à consoler fin juin 2009 j'ai dû communier avec elle avec mes glandes lacrymales. 

Du coup, en ayant maintes fois tout revisité j'ai pu me faire une opinion, cibler comme il se doit sur la musique et que la musique. "Thriller" est chose faite sur la planète comme une compilation intemporelle, moi Michael c'est"History", "Bad" ou "Dangerous". Mes chansons préférées de Micky (oui, on l'appelle comme ça dans la famille), c'est "Money", "DS" "Earth song" et "Jam". Du coup je me dis "Dangerous" est meilleur que "Bad" avant le grand "History". Et puis "Dangerous" est aussi, juste après "St Peppers", une pochette mythique. Une légende de cover et ça compte pour un disque, un monde en ébullition qui gronde dedans et je vous assure que le double vinyl est à ce titre un objet merveilleux. 
Par le biais de cette pochette digne des plus grandes de l'histoire des disques, tout comme la carrière de Michael Jackson, voici par ma grande l'histoire illustrée de cette image mythique, ce grand album.
Le monde se Michael se déroule sur ce disque, à plat sur ce recto fantastique. Moi j'aime l'importance historique d'un tel objet, rien au hasard, même si je me remettrais bien un petit "Say Say Say".

Il serait dommage de ne pas le faire partager.... moi Michael, c'est "Dangerous".

Préambule:
Mark Ryden se rattache au courant surréaliste américain. Il a un monde à lui, plongé dans l’univers déjanté de Walt Disney. Il puise son inspiration dans ses souvenirs d'enfance et crée des paysages enchantés aux couleurs pastels, peuplés d'enfants aux allures de poupées perverses, d'animaux aussi mignons que mutilés, et de monstres comiques ou terrifiants. Mark Ryden s’est d’abord fait connaître en illustrant quelques pochettes de disques stars « One hot minute des Red hot chili pepper. » ou une représentation de Katy Perry 
Créateur "baroque", il s'inspire de l'histoire américaine (notamment du personnage de LINCOLN) et de l'univers de la BD, annonçant un renouveau dans l'art populaire américain. Le monde de Ryden met en scène des personnages énigmatiques adorables, des paysages intemporels. Son travail s'oriente autour d'enfants, aux yeux grands ouverts parfois mélancoliques. Nous nous demandons parfois si ces êtres sont morts ou vivants. En effet, l'image de la mort est souvent présente. Il utilise aussi des symboles ésotériques (compréhensibles uniquement par l’initié) qui font partie intégrante de son travail. De plus, ces œuvres exposent un monde de conte de fée, mis en scène et sublimés par des encadrements personnalisés baroques pour chaque tableau. Cet artiste est aussi, très influencé par l'imagerie indienne, de la culture et des symboles de ce pays.
Grand technicien, Ryden utilise de nombreuses techniques picturales, le dessin traditionnel, la gouache, l'aérographe et la peinture à l'huile. Mélangeant les thèmes de la culture pop avec des techniques évocatrices des vieux maîtres de l'illustration enfantine du 19eme siècle, Mark Ryden a créé un style singulier  le "Surréalisme Pop".
Entre le "Néo-classique Baroque", le "Surréalisme Pop" et le "New Kitsch" un mélange homogène qui a un pouvoir attractif sur le visiteur. Pour la petite anecdote, l’écrivain Stephen KING est un fervent admirateur et collectionneur des œuvres de Mark Ryden.

La collaboration avec Michael Jackson pour sa pochette Dangerous n’est pas étonnante, tous les deux ont cette folie de l’irréel et de l’imaginaire. Ces deux artistes ont un grand intérêt pour le monde de l’enfance (chanson Childhood de Michael Jackson) et celui de Disney (Michael était fan de Walt Disney). Michael est très préoccupé par la mort, de “l'Après” et les différentes mises en scène de celle-ci par Ryden sont assez délurées et remises en cause. 
 
I- Analyse visuelle globale de l’image

Premier coup d’œil:
Au premier abord, cette image est intrigante et éveille la curiosité. Il y a un abondement d’éléments visuels, plutôt très détaillés et de très petite taille. Cette pochette me fait penser à un vrai tableau, les couleurs sont un peu ternies et le doré nous donne l’impression d’ornements.
Le premier élément le plus visible est les yeux de Michael, regard imposant, reconnaissable entre tous qui nous observe. Le blanc de ses yeux ressort de l’image et semble régner sur tous les autres éléments. Au niveau des couleurs, le fond noir fait ressortir les éléments multicolores. Les couleurs qui dominent sont le blanc/beige, le turquoise et le doré.
Cette image donne envie de s'attarder sur l’observation de chaque élément. Elle donne envie de se plonger à l’intérieur et de comprendre la signification de ces dessins. Nous découvrons alors un vrai monde imaginaire et intrigant. 
 
Interprétations:
Tout d’abord, nous avons l’impression que Michael porte un masque ou bien qu’il est derrière un décor et qu’il observe ce monde étrange. Il y a trois mondes différents: le décor coloré au premier plan, Michael au deuxième plan et le monde industriel et sombre en arrière-plan.
On pourrait interpréter cela de plusieurs manières :
Michael reste en retrait et observe le monde réel qui débloque totalement. Il n’a jamais supportait la méchanceté et la cruauté. Nous voyons l’absurdité: le globe à l’envers (le monde à l’envers), le couple royal avec des têtes d’animaux (les dirigeants du monde sont des “bêtes”) ou encore le manège qui transforme les animaux en squelettes (le train de la vie qui nous transforme).
Nous pouvons aussi dire que c’est lui qui a créé un monde de toute part et qu’il est “derrière” tout cela. Plusieurs éléments concernent la vie de Michael. Il y a la polémique de Michael qui avait un singe de compagnie (Bubbles), le squelette d'éléphant man, les manèges avec Neverland… Nous pouvons penser que c’est de l'autodérision et qu’il assume totalement le fait de manipuler les médias et de lancer les rumeurs qu’il souhaite. A plusieurs reprises, les médias l’ont surnommé “Jako le fou” (wako jako) et nous pouvons penser qu’il joue de cette image. Il est important de savoir que Michael est un vrai enfant et qu’il aime jouer en permanence.
Enfin, nous pouvons dire que tout ce décor coloré est une vision du monde assez joviale mais détraquée et qu’en réalité, nous vivons dans un monde sombre, pollué, industriel et triste. (Cœur avec les machines, l’industrie)
Nous pouvons faire des interprétations à l’infini car cette image est gorgée de secrets. 
 
II- Analyse détaillée des éléments

Nous pouvons séparer cette image en quatre blocs. Elle semble assez symétrique dans le placement des éléments. Cette pochette regorgeant de détails et de subtilités graphiques, une analyse exhaustive semble inutile et chronophage. Notamment dans la mesure où l'idée de Michael semble être celle d'intégrer des symboles forts dans un univers où tout n'est pas que symbole.

Premier bloc 1:
Le premier élément représente un trône avec un roi à tête de chien à l'allure de Napoléon. Cette représentation est typiquement une référence au tableau d’Ingres, Napoléon Ier sur le trône Impérial, de 1806. Peut-être que Michael a voulu montrer que les dirigeants, ceux qui ont le pouvoir sont des vrais “chiens”, des bêtes et qu’ils se prennent pour des dieux (GOD -> DOG)

Sous le roi, à droite, nous voyons une statue de femme qui a la même pose que le tableau de Botticelli, La Naissance de Vénus.


Michael et Mark Ryden avait un grand intérêt pour l’art et les grands classiques. Il y a de nombreuses références artistiques dans ce dessin.
De chaque côté des blocs gauche et droit, nous avons un éléphant sur un ballon géant avec un clown sur son dos. Il y a des ornements, un fond rouge étoilé qui rappelle le chapiteau du cirque. Cela représente typiquement une figure de cirque. Michael adorait particulièrement ce monde là. Il allait voir beaucoup de représentations avec sa famille. 
Tout à fait à gauche, nous apercevons un singe avec des cymbales. Le mythe dit que le claquement des cymbales provoque la mort. Cela renvoi au livre de Stephen King, Le singe, auteur que Michael adorait.
En bas de l’image, nous voyons un manège style “train fantôme”. Michael adorait les parcs d’attractions et les manèges (il a d’ailleurs son propre parc à Neverland). Michael allait beaucoup à Disneyland et il affectionnait particulièrement l’attraction “Pirates des caraïbes” d'où l’image de pirate à l’entrée.
Deuxième bloc 2:
Le deuxième élément est constitué de la même manière que le premier. Il y a la représentation du cirque avec l'éléphant au sommet puis une figure royale mais cette fois-ci féminine. En effet, nous avons une représentation d’une reine avec une tête d’oiseau. C’est Elizabeth II qui est représentée ici. Elle a la même posture que sur le portrait officiel de 1953, de la reine photographiée par Cécil Beaton.

Nous voyons sous la reine un mécanisme étrange. Cela représente deux êtres, un homme et une femme nus, enfermés dans une bulle. Nous pouvons penser à Adam et Eve privés de liberté. Cette image est un élément typique de l’œuvre de Jérôme Bosch, Le Jardin des délices. (Entre 1494 et 1505)

A gauche, nous apercevons un visage d’enfant moitié blanc, moitié noir. Michael a sans doute voulu représenter la tolérance des différences culturelles et le refus du racisme. L’enfant représente la pureté et l’absence de préjugés sur les gens et les différences. La fameuse chanson Black or White de cet album, illustre bien ce dessin.
Tout en bas de cet élément, nous apercevons la sortie du manège train fantôme. Nous voyons alors une représentation de Michael jeune mais avec un costume d’adulte. Nous pouvons penser que malgré son âge adulte, il a su garder son âme d’enfant grâce à l’attraction. Nous pouvons également comprendre que Michael n’a pas eu d’enfance et n’a pas pu profiter des manèges et de l’amusement. (Childhood)
Au-dessus de la sortie du manège, un œil est représenté. Il y a plusieurs significations à cela. En effet, nous connaissons ce symbole comme un signe de la théorie Illuminati (Théorie du complot et domination du monde). Nous pouvons penser aussi à l’œil de Dieu qui possède la connaissance ultime “qui voit tout et qui sait tout”. 
 


Troisième bloc 3:
Le troisième élément est le plus visible. Au sommet, nous voyons une tête de singe couronnée par des anges. Michael en avait un de compagnie nommé Bubbles,  qui avait beaucoup fait parler.
Ensuite, nous avons un encart blanc géant avec les inscriptions: MICHAEL JACKSON qui forme comme un masque autour de ses yeux. Le regard a une expression fixe, dure et il semble être assez sûr de lui.
En dessous, nous voyons différentes races d’animaux (représentées à l’infini) qui rapellent à l’arche de Noé. Un paon est représenté au-dessus des autres animaux. Le paon est l’animal préféré de Michael Jackson car c’est pour lui un symbole d’amour.
Le chiffre 9 est inscrit sur le front de l'éléphant. En numérologie, le chiffre 9 signifie l’accomplissement, la finalité d’une action. Ici nous pouvons parler d’un album mythique, une consécration voire l’apogée de Michael Jackson.


Quatrième bloc 4:
Le quatrième et dernier élément montre en son cœur, une route sombre qui mène à un monde effrayant, pollué et industrialisé. Nous voyons des machines, des tuyaux, des usines, des fumées toxiques et un globe à l’envers. Cela montre que pour lui le monde ne tourne pas rond et que tout est sans dessus-dessous. Nous pensons à l‘absurdité de l’Homme et à ses créations modernes et destructrices de l'environnement. En regardant de plus près, sur la route sont dessinés, des objets mortels (bombes, fusées, pistolets, têtes de mort…)
Michael a surement voulu dire que la mondialisation et l’industrialisation conduit à la mort de l’être humain.
L’inscription DANGEROUS, titre de l’’album, est suspendue au-dessus de cette route. Cette appellation est peut être une indication pour nous avertir que, entrer dans ce monde est un daner. Cette inscription semble être tenue par des colonnes ornées de masques au style inca.
Nous apercevons deux gros éléments de chaque côté de la route. Le premier est une main qui porte un enfant. La main est celle de Michael car nous voyons les trois sparadraps qu’il portait souvent aux doigts. Il y a des tâches dans sa main qui représentent les cinq continents ou bien cela rappelle aussi sa maladie de la peau : le vitiligo (dépigmentation de la peau).
Nous pouvons aussi interpréter que Michael peut contrôler le monde, qu’il a un pouvoir dans le monde de la musique par son succès planétaire. L’enfant symbolise la pureté et le squelette, la mort. Nous pouvons apercevoir le nom de RYDEN entre les dents du squelette.
Le second élément est un vieil homme du nom de PT Barnum, directeur de spectacles et de cirques américains dans le années 1800. C’est lui qui a mis en scène et popularisé un phénomène nommé Tom Thumb (Tom Pouce), un nain enfant. C’est d’ailleurs cette vedette qui est représentée en costume de Général sur sa tête. 

III- Analyse des éléments écrits et audio

L'omniprésence des éléments graphiques laisse peu de place aux éléments écrits. Toutefois, leur place minime leur donne un sens et une signification forts. Michael sait jouer et manipuler le monde en utilisant des signes afin de semer un mystère absolu.
Le texte:
Nous apercevons quatre éléments de texte dans ce dessin.
Le plus visible est l'inscription MICHAEL JACKSON dans l’espace supérieur de l’image. Cela me fait penser à une inscription d’affiche lumineuse de spectacle ou de cabaret des années 50s, 60s. L’écriture est simple et visible. Les lettres sont dorées et cela donne un effet noble. Nous pouvons penser que Michael revient en cette année 1991, avec un album imposant, comme son nom l’indique en haut de l’affiche. Nous pouvons penser qu’il annonce une tournée spectaculaire.
Ensuite, nous avons en dessous, dans la partie sombre de l’image l'inscription DANGEROUS en lettres marron/bordeaux. Cette couleur rappelle le cuivre des usines du monde industriel et pollué. Ces lettres sont comme une indication ou une mise en garde de la dangerosité de ce lieu. L’écriture est plus simple que la précédente et donne un air plus strict. Nous comprenons que Dangerous est le nom de ce nouvel opus et c’est aussi la dernière chanson des quatorze titres de l’album.
Enfin, deux autres textes en petites lettres et en latin sont inscrits de chaque côté. (Entrée et sortie du manège)
La numérologie:
Michael avait pour chiffre fétiche le 7. Dans cette pochette d’album nous avons plusieurs signes du chiffre 7. Le 7 est la perfection, le sacré. Le 7 est très souvent cité dans la Bible. (Les 7 trompettes de la Mort, les 7 jours de la Création, les 7 pêchés capitaux…)
Tout d’abord, le mot MICHAEL est composé de 7 lettres et JACKSON aussi.
Il y a un 7 sur le chapeau du nain. (en bas de l’image)
Michael portait toujours trois sparadraps à une seule main comme nous le montre le dessin en bas de l’image. Cela laissait 7 doigts de libres. De plus, il y a un 7 inscrit sur le poignet de cette main.
Tous les animaux nous font penser à l’arche de Noé qui devait emmener 7 couples d’animaux différents.

Le chiffre 9 est aussi présent. C’est le symbole de l’idéal, du savoir et de l’utopie.
Il y a un 9 sur le front de l’éléphant.
DANGEROUS possède 9 lettres.

Le nombre 1998
Sur le costume de PT Barnum il y a la date de 1998 qui accompagnait la signature de Michael depuis les années 80. qu’il avait 40 ans en 1998. 


Audio:
La première chanson de cet album commence par Jam (Rassemblement) qui parle des problèmes du monde et de la misère que personne ne veut arranger. Nous pouvons dire que Michael a voulu introduire cet album avec une chanson qui raconte l’image de la pochette. Tous ces êtres rassemblés, le monde entier présent, il veut montrer qu’ensemble on peut arranger les misères du monde.
La dernière chanson Dangerous clôture l’album et dans cette chanson on entend des bruits de machines d’usines comme si l’on se trouvait dans le monde sombre et pollué de la pochette. Michael aurait pu mettre en scène l’illustration de la pochette avec chaque chanson de l’album. Nous avons l'impression de faire un voyage magique dans le monde de Michael Jackson.

Si on allait plus loin…
Yann Moix a écrit un livre sur Michael Jackson dans lequel il donne son interprétation vis-à-vis de l’artiste. (« Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson ») Dans le chapitre 8 L’impédophilie, Yann Moix explique que les adultes regardent les pochettes d’album furtivement “mais que les enfants eux, sont capables de disséquer, d’observer pendant des heures, y revenant sans cesse, cherchant toujours de nouveaux détails”. Nous savons que Michael était un grand enfant et cette initiative de dessin enfantin n’est pas anodine.


Pour finir...

J’ai pu faire une analyse non exhaustive de cette œuvre mais j’ai réussi à livrer mes émotions.
Michael a voulu annoncer, en cette année 1991, un retour triomphant avec cet album et cette pochette marquante. Nous pouvons penser que Mark transmet par ce dessin la densité musicale de l’album.
J’ai pu faire plusieurs interprétations et observations, lors de cette analyse, que je n’avais pas eue auparavant. J’ai pu voir la densité des références artistiques classiques.
En effet, Mark et Michael ont tous deux une grande culture artistique et connaissent les grands classiques de la peinture. C’est pour cela que nous voyons beaucoup de références d’œuvres dans cette image.
Nous avons aussi l’impression que la pochette traverse le temps. Nous voyons Adam et Eve (Création du Monde), des os de dinosaures, des statuts de l’époque romaine, Napoléon 1er (1800), PT Barnum (1800), la révolution industrielle (1800), Elizabeth II (1900)... Nous avons aussi toutes sortes d’éléments architecturaux d’époques: l’art déco avec des ornements floraux, des colonnes romaines, des caryatides, des masques Incas, des vitraux, des dorures... La chanson Remember the time illustre bien ce voyage dans le temps.
Ensuite, Michael avait une grande fascination pour la religion et était lui-même témoin de Jéhovah. Cette image est truffée de signes et de connotations religieux (Adam et Eve, les anges du paradis, l’Arche de Noé... Il a toutefois renoncé à cette religion car il fut rejeté de la communauté à cause de son œuvre Thriller et du clip vidéo qui met en scène des morts vivants.
Cette illustration d’album parle de sujets graves (la mort, la pollution du monde, la puissance des dirigeants…) et de sujets plus légers (les manèges, les animaux, les enfants…). Michael était un artiste engagé et il se préoccupait beaucoup de la condition des enfants dans le monde (Heal the world), de la protection de la planète (Earth song) ou encore celle des animaux.
Enfin, Michael savait qu’il était très connu et apprécié du public, c’est pourquoi nous voyons dans cette image, plusieurs représentations ou incarnations de lui-même. 
 Charlotte

Michael Jackson 1991 "Dangerous" label : epic