vendredi 23 juin 2017

Timber Timbre 2017




Le temps qu’il fait vient toujours déposer un contexte d’influence sur mes écoutes, aussi, j’aurais bien aimé vous parler d’un petit bijou de pop sombre tout fraîchement sorti. Mais dehors il fait beau, le ciel et le mercure chantent des acoustiques.
Il fait soleil à éclabousser chaque note et j’aurais pu attendre la nuit tombée pour m’étendre sur « Sincerely, Future Pollution ». Mais même les étoiles entre les burlats trop mûres me déconcentrent. Pourtant cette nouvelle collection de chansons parfaites des canadiens à succès est une des plus belles que j’ai pu écouter cette année.

Au loin, le chant des rainettes qui copulent me détourne de cette noire pochette urbaine au son grave. J’aperçois encore la petite touffe de mouron rouge qui égaille une pierre de rocaille, pas envie de m’en faire, du mouron, dommage, c’est un grand disque ce nouveau Timber Timbre, et je me souviens des albums précédents un peu plus lumineux. Pas de vent, la menthe poivrée exhale tout ce qu’elle peut et mes pensées anticycloniques m éloignent de ce chef d’œuvre.


Des jours que la canicule se repend et m’interdit de vous parler d’un disque sublime qui attend le prochain crachin gris pour embellir ma morosité. Cold pop atmosphérique à synthé, les guitares froides dansent la mélancolie, Kirk, Trottier et Charbonneau montent et franchissent les paliers des objets incontournables.
Dommage, il est 22h45, il fait 26°C, les ombres ne font plus qu’une et j’aurais bien aimé vous parler du nouveau Timber Timbre.

 
Timber Timbre 2017 “Sincerely, Future Pollution” label : city slang

mardi 20 juin 2017

Lindsey Buckingham / Christine McVie



Rescapés d'une autre vie ?

Il y a presque 25 ans, sur une des plus belles pochettes du moment, Lindsey & Nicks s'affichaient presque nus pour leur premier album. Lui dodu chevelu, elle mince et pulpeuse, presque 25 ans après, Stevie est occupée pas ses 24 carats, et sur la pochette 2017, deux sexa comme des jeunots qui font gaffe à leurs corps, Lindsey & Christine. Rescapés d'une vie faramineuse ??

Peu importe le contexte cette fois-ci, les autres vies ont passé, le Tango est consommé, les Carats sont encore sur la platine, c'est un super bon kiff gratos de retrouver des chansons nouvelles du Fleetwood Mac .. ah oui, un petit détail, John McVie est à la basse et Mick Fleetwood à la batterie. Et puis les vies sont passées, cet album sans titre est un bonus, un cadeau de haute tenue, avec dedans des chansons pop rock à la sauce Buckingham / McVie.

Alors la pochette est moyenne, mais bon, sont sexa, pas ensembles, on est pas dans les 70's, la nudité peut s’abstenir, toute façon les chansons sont absolument délicieuses, quand on aime le Fleetwood, oups, Lindsey & Christine. Le son est béton, Lindsey sait y faire, l'écriture enlevée, joyeuse, des excellentes ballades estivales à fredonner toute la journée. Eh, « In my World », y'a les gimmicks gutturaux de « Big Love » ou c'est mes yeux ?? Oui mais là c'est Christine. Peut-on lâcher sur ce morceau là, qu'il est typiquement Fleetwood ou Lindsey ?? On s'en fout, un nouveau Fleet... euh .. duo provenant du groupe anglo-americain vient de paraître, et je me relève la nuit pour écouter un de ces airs que j'ai égaré dans un rêve pop paradoxal.

« Too far gone », l'a toujours été rock la Perfect, « Carnival Begin » et l'album se termine sur la plus belle chanson, grave et rock, l'a toujours été un peu plus rock la McVie...
« Lay Down for Free », « Love is here to stay », c'est pas une rumeur, Lindsey est un très grand guitariste, on prétend qu'il n'est pas un héro, après Green et Dirwan pas facile, pourtant.

Bon, je parle beaucoup de Fleetwood Mac en ce moment, alors on va dire que dans les bacs, l'unique album Lindsey Buckingham / Christine McVie vient de sortir et qu'il colle aux oreilles sans prendre la tète, easy super bon, en pleine bourre, du pur jus, et ça reste toujours anglo-américain.

La saga continue.

Lindsey Buckingham / Christine McVie 2017 label : atlantic






lundi 19 juin 2017

The Mountain Goats 2017




Une multitude de pop moderne ainsi sonne comme The Mountain Goats : de Postal Service à The Clean en passant par Shack, Cane 141…..

Pourtant à chaque fois, ce groupe californien me procure un peu de plaisir en plus, une affection particulière, une touche de reviens-y. Je me remets « Ghosts » encore un peu, il est passé à une vitesse.

La recette est bien ficelée, elle est simple, une collection de chansons pop presque parfaites, une légèreté pas piquée des hameçons, des airs heureux comme des pinsons, harmonies, fraîcheur, cuivres (façon « Vers les Lueurs »), une à peine perceptible touche jazz qui séduit en arrière bouche, une voix avec laquelle on s'est déjà familiarisée, une sincérité enthousiasmante qu'ils ont bien du mal à dissimuler.
 
Bref, le disque pop moderne presque parfait.

 

 
The Mountain Goats 2017 « Goths » label : merge
 

jeudi 15 juin 2017

Kevin Mac & Mark







C'est pas beau ça, c'est pas un joli triptyque estival comme un festival à soi à se bouffer de la pop rock jusqu'à plus soif ? C'est un colloque avec des petits jeunots ou qui font genre, et qui commencent sérieusement à avoir de la bouteille à force qu'on parle d'eux de plus en plus. La trilogie des branlicots qui toisent avec leur disques insolents à tomber. Ils balancent la sauce easy avec du matos de haut niveau. Branleur et branlicots, oui car sur les trois il y a un pas tout jeune, mais qui vient se placer tranquille dans ce trinôme tellement il fait pas son age le Mark, le vieux de la veille.

Impossible pour moi de les départager, un tiercé dans le désordre, tantôt Morby, tantôt Mulcahy, quelques fois Demarco, un peu plus sombre et recroquevillé pour Mulcahy, plus suave et acoustique pour Demarco, quant à Morby, l'ex-Woods envoie facile un petit rock très sonore, très chiadé, des saynètes solides impeccables et rondouillardes... ah bah si, je dois avoir un faible pour Morby..mais peut-être demain Mulcahy sur le poteau viendra coiffer les deux autres avec sa touche de songwriter déglingué et buriné.


Je les ai découvert en même temps ces trois nouveautés 2017 qui vont lourdement alourdir l'étagère des bons disques cette année.

Ils n'ont aucune étiquette, leurs voix sont assez proches, Morby 29 ans 4 albums depuis 2013, Demarco 27 ans 6 albums depuis 2012, Mulcahy tout se brouille depuis 1997 et son gros CV.. pas d'étiquette sauf peut être le tout petit côté Morrisson de « The Fiddler » pour Mulcahy, ou le coté Reed de « Dry your eyes » pour Morby..ouaih bof, même pas, bon j'ai rien dit.

Un peu le Morby quand même ma préférence.. bon peu importe, on verra dans quelques mois la résistance aux écoutes..

Je viens de passer une journée avec trois nouveautés tellement de ce jour dans ma tète que je me demande bien si c'est pas mon cerveau qui a sublimé ce moment de rencontres ou si c'est le hasard vachement bien foutu de trois apparitions réservées le même jour qui du coup ont ensoleillées ce grand soleil estival alors qu'il n'a pas encore atteint son zénith.
Impossible de dissocier quoique ce soit, j'ai quand même l'impression que DeMarco n'est pas dans les premiers, mais bon, quelques degrés en plus et ses virées rocking-chair pop vont prendre le dessus sur les deux autres à coup sûr.

Allez, trois albums 2017, trois artistes incontournables pour une journée découverte, mon séminaire solo à bouffer Kevin, Mac et Mark sous un soleil de plomb. 


Kevin Morby 2017 « City Music » label : dead oceans
Mark Mulcahy 2017 « The Possum in the Driveway » label : mezzotint
Mac Demarco 2017 « This Old Dog » label : captured tracks


mercredi 14 juin 2017

Christoph Berg




La Berce commune, la petite Centaurée Jacée, le Panic Pied-de-Poule, l'Herbe-à-Robert, Lamiers et Agrostis, Pâquerettes et petites Pervenches, Séneçon ou Folle Avoine, Houlque et Pâturin.. ma faucheuse à hélice reste rangée. Comment avec ces mots de Poaceae magnifiques, ces bouilles de petites fleurs sauvages, comment leur faucher les pieds. Ma pelouse n'a plus rien de ce ras là, le Ray Gras me saoule, on n'est pas à Wimbledon merde... J'ai laissé en friche un bout de lopin sur lequel j'adore me laisser choir et me faire lécher la truffe par la Canche bleue qui tangue.

 

Si vous aviez vu ces Trèfles danser avec la Vulpie-Queue-de-Rat au son des cordes de Berg !!!

 

Ivre des ivraies, je suis allongé les yeux aux ras des pâquerettes et quitte à bouffer le chiendent-des-chiens, je converse en silence avec les herbes sauvages, sous les doux violons de Christoph Berg.

 

Si Orla et Cyril chantaient les branches de l'arbre, Christoph Berg me souffle les cordes champêtres des herbes de juin qui dansent comme des folles. Toujours l’excellence chez Sonic Pieces
 


Christoph Berg 2017 « Conversations » label : sonic pieces



lundi 12 juin 2017

Crescent 2017




Un autre retour inattendu, beaucoup moins répandu celui-ci, un groupe anglais important rayonnant dans le sombre slow-core Lo-Fi artisanal et cabossé, c'est Crescent.

A l'écoute de ce 7ème album, on ne peut pas dire qu'ils pètent le feu, et pourtant, ce nébuleux son volubile, le cerveau dilaté par la canicule des acoustiques en pleine fatigue est la patine particulière de Crescent, celle qui embaume le cerveau. C'est pour cela que j'ai toujours suivi ce groupe anesthésiant. Un petit naufrage des pensées, la flemme des articulations, respiration ralentie, les yeux lymphatique. Je crois même que Matt Jones a du forcer sur la dose, c'est contagieux, je plane à donf.
 

Je croyais l'entité splitée, les membres éparpillés, 10 ans sans album, la pochette est toujours aussi belle et simple, le son est le même engourdissant, les instruments délétères et la voix comme un Barrett endormi. Crescent est de retour, Flying Saucer Attack, Movietone pour les arborescences, une intimité champêtre bouleversante pour les chansons.. poètes artisans pour l’esprit.

 

Crescent 2017 « Resin Pockets » label : domino/geographic
 

jeudi 8 juin 2017

Roger Waters 2017



Je croyais l'affaire bouclée, le retour impossible à force de se prendre le mur sans cesse comme un bug de jeu vidéo à rebondir dessus sans cesse.
Il y a des nouveautés annoncées des mois à l'avance, des articles qui tombent des semaines avant que l'objet sorte, et il y a des albums qui déboulent comme ça, des artistes oubliés comme si la chose était bouclée. C'est ainsi que j'ai vécu la sortie du nouveau Roger Waters, ¼ de siècle après « Amused to Death ». C'est pas la pochette qui m'a percutée la rétine, fade et plate comme « Radio Kaos ». Non, c'est le promontoire que souvent j'évite, la tronche du gars avec son nom dessus.
Pourtant, avec le temps, tout s'est dilué, y'a bien le Gilmour qui est resté comme par amitié, près à tout lui tolérer, comme une vieille collaboration par dépit à vouloir garder quelque chose du groupe, et j'ai joué le jeu.


Le Roger, j'avais mon cerveau pas bien non plus quand j'ai exploré le cul de l’auto stoppeuse juste après le mur, le « Final cut » et le « Radio kaos ». Du coup , après coup, j'ai glissé un peu sur « Amused to Death », ampoulé, 1992 je n'y croyais plus. J'avais pris un peu part au Roger à cause de son putain de mur animal qui tient pas debout, et des gosses qui font de la viande hachée sous le regard vicieux des professeurs tyranniques. On est peu de chose quand on est pas bien.

Du coup, le Waters dans les bacs ces jours-ci, je m'en suis battu grave en le voyant, pensant à une nouvelle compilation ou un énième concert au pied du mur de briques qui n'en finit pas de tomber. Un réflexe de clébard qui salive en mode Pavlov, j'ai écouté comme un âne perplexe mais avec un fond d’excitation comme quand ado j'allais dès la première heure chercher le vinyl à peine sorti dans les bacs. J'avais tiré un trait sur Roger, vraiment, et peu importait un retour tonitruant, stade ou intimité, tortures cérébrales ou pop dévidée à la Coldplay.. J'ai écouté. Je suis resté accaparé.



Remugles, senteurs, voix, gimmicks un peu à reluquer du côté de « Animals » (« Bird in a Gale »), « Smell the Roses » comme un écho et plus encore.. moi « Picture That » j'attendais dès l'inro qu'il dise.. welcome to the machine.. mais pas grave.. ça fait 25 ans, il aurait pu faire ça tous les ans, on se serait lassé, et là c'est pas souvent que Waters balance du bon bouillon .. mais d'ailleurs il a fait quoi tout ce quart de siècle à se prendre le mur en ressac comme un bourrin ??
Bon, le nouveau Waters est là, je l'écoute depuis hier soir et je suis comme un gamin qui n'en a rien à foutre mais pour qui ça compte un peu quand même. Et comme il est très bon, il compte beaucoup plus du coup.
J'aime les albums concept, ça ne veut plus dire grand chose maintenant, ou alors faut écouter celui là aujourd'hui pour comprendre le principe du fil conducteur d'un album homogène qui nous emmène là où le mec a voulu nous attirer cheminant les méandre et les dédales de son cerveau idéaliste et musical.
Il est grand ce disque, un retour en force tranquille, gratos, rien à prouver puisque tout était bouclé, il est puisant et beau, réfléchi.. la surprise est de taille, vous saviez vous que Waters resurgissait ? Quoi ?? . on s'en foutait, on est d'accord... Bon, à l'origine pour savourer l'effet de surprise, il faut aimer Roger Waters, cette part du Floyd tellement controversée, tellement problématique. Y'a plus de problème, ce disque est une aubaine... je redeviens un gamin floydien.


A l'époque de « The Final Cut », je me disais chouette, on est des enfants d'un groupe divorcé, on va avoir deux fois plus de disques..on a eu du Gilmour, du Waters quelques années.. tout s'est noyé dans plus rien.. 2015 et l'arnaque du siècle avec « Endless River », 2016 Gilmour (remix sncf etc etc), 2017 Waters.
Du « Déjà Vu » ? on s'en fout, c'est du convaincu. D'emblée, là, alors que je croyais l'affaire bouclée, le Waters me rappelle au groupe et son souffle anti-capitaliste me plaît bien.. quel Pink Floyd ce Roger.


Roger Waters 2017 « Is this the Life we Really Want ? » label : columbia




mardi 6 juin 2017

Nicolas Jules 2017



Il m'a mis dans sa poche direct, il est venu dans ma famille illico, dès la première note, dès les premiers mots avec le son de sa voix. Il est venu directement se placer sur mes étagères entre Dominique A, Pierre Bondu, Bastien Lallemant, Wladimir Anselme, Guidoni.... J'ai plongé immédiatement dans ses « Eaux noires », sa nonchalance percutante m'a entraînée dans sa chute.


J'avais pourtant bien essayé en 2010/13, mais j'ai pas le souvenir d'avoir plongé ainsi dans les émotions du « Crève-silence » qui résonne comme un chef d’œuvre. Ma poche était trouée. Il va falloir que j'y retourne, que je crève à nouveau le « Shaker », et « La nuit était douce comme la queue rousse du diable au sortir du bain » qui dorment dans mes bacs, que j'aille grignoter les racines, la genèse de tout ce qui a pu amener à ce disque nouveau qui ne me quitte plus.


Tout est parfait quand nous y ajoutons le son, la production, le jeu et la danse des mots. Nicolas Jules est un poète sonore au timbre et à la guitare solennelle, absolument tout pour me plaire, des chansons à tomber en dansant et je m'en veux de porter toutes ces lacunes sur cet artiste qui a fait naître sa discographie en 1998.

C'est dit, le silence est crevé, on ne m'y reprendra plus, Nicolas Jules, sa carrière et le plus beau disque de par ici cette année.

Nicolas Jules 2017 « Crève-silence » label : l'autre distribution

dimanche 4 juin 2017

Cyril Secq / Orla Wren



Une guitare sèche pour chanter les branches de l'arbre, quel autre instrument ?
Des cordes de nylon, un coffre en bois, le dessin de la vie des bras d'un arbre et ses enfants pas loin à percer le sol dans le vert en fuite.
Je suis chez moi attaqué par un moment inespéré d'oisiveté, je végète autour d'une petite chaleur et tourne autour de mon cercis en me disant que de toute façon je ne vais pas beaucoup m'en éloigner avant la tombée du jour. 


Les arbres communiquent entre eux, ni gestes, ni son, que signaux magnétiques, des parfums et des senteurs lâchées comme une haleine. Cyril dessine les arbres, Orla souffle leur parfum, la danse du houppier.

Cyril Secq est le guitariste néo-classique d'Astrïd, Orla Wren un paysagiste drone du nord de l'Angleterre... le duo est une messe aux arborescences végétales.

Cyril Secq & Orla Wren 2016 « Branches » label : dronarivm

jeudi 1 juin 2017

Thurston Moore 2017



Des choses encore à proposer pour un futur éventuel au vu du matériel déposé par Thurston Moore ces 35 dernières années ? On s'en fout, des choses pour le présent c'est déjà pas mal, surtout que ce « Rock'n'Roll Consciuousness » est un nouveau travail éclatant de facilité du guitariste légendaire, un rock abrasif planant sur des horizons dévastés mais solaire. 


Que dire à mon niveau de connaissance du mur du son new yorkais, éviter les fadaises ou avouer que je n'ai toujours pas tout découvert de ce monde là, dans sa profondeur et surtout dans sa genèse, j'ai des lacunes quant aux paysages de « Daydream Nation », et « Nurse » est l'album que j'écoute le plus de l'entité. Peut-être finalement j'aime plus les carrières soli de Kim, Lee et Thuston..


Ah si, on peut dire qu'à la batterie c'est Steve Shelley le fidèle, et à la basse la bloody Debbie Googe, que j'ai une petite préférence pour « Aphrodite » avec le son plus appuyé et ravageur de la batterie que « Exalted » en gamelle étouffée, mais c'est un détail pour moi.... Il fait très chaud dehors et dans ma tète et ça rafraîchit cet opus tout fraîchement proposé dans les bacs, un grand disque rock qui éblouit la boucle de mes écoutes ces derniers jours.


Éternel éphèbe de la gratte en ébulition, la nouvelle pulsion de Thurston Moore.

Thurston Moore 2017 « Rock'n'Roll Consciuouness » label : fiction uk / caroline international

lundi 29 mai 2017

Ron Sexsmith 2017



Mine que rien, la discographie de Ron Sexsmith commence à devenir conséquente. Ron a de la bouteille, il sort un énième et son treizième album, c'est toujours pareil et c'est ça qu'c'est bien. Il est fidèle à ses ballades saccharosée d'un McCartney baby face en balade. C'est un joyeux baladin qui chantonne au gré frais de son cerveau enchanté. 

Il va quand même falloir un jour que Ron Sexsmith soit considéré au cime de la chanson pop comme il se doit.

Ron Sexsmith 2017 « The Last Rider » label : cooking vinyl

jeudi 25 mai 2017

Tara Jane O'Neil 2017



Dans la famille folk à frissons, je demande la grande sœur d'Aldous. Tara Jane O'Neil est pour moi avant tout une histoire de label. Quatersticks et son catalogue from Chicago, « Perigrine » en 2000, « In the Sun Lines » en 2001.. 2004 ..2006..et une fois de plus je c'es moi qui lâche prise.


A l'époque je la connaissais un peu plus acidulée, un folk une once plus expérimental. Ici, logiquement déboulée chez Gnomonsong, son écriture s'est ralentie, son jeu endolori, balades hippies irradiées de soleil mou et, assise sur la table du soir à gratter boisé, elle s'est laissée aller à dérouler une collection de chansons acoustiques au gré d'une soirée en bœuf envoûté.

Et du coup, je me souviens aussi du label Gnomonsong avec son catalogue .. Vetiver, Jana Hunter, Rio en medio, Papercuts... d'un label à un autre, d'une artiste à une autre, toute une famille de cordes sèches chantent à l'unisson un printemps qui prends du mercure dans la cafetière. 


Tara Jane O'Neil 2017 «  S/t » label : gnomonsong

mardi 23 mai 2017

Aldous Harding




C'est la façon d'interpréter ses jolies chansons qui m'a séduit immédiatement. Un petit grain de folie qui une fois de plus vient tanguer parmi les herbes folles des talus et ravines. C'est la saison, agrostide ou fromental grignotent nos chaussées. Des franges de talus comme des marées, des dentelles de brins dansants, comme la délicatesse barge d'Aldous Harding.

Et puis sa voix, son écriture, le minois qu'on imagine habité par la beauté pure de ses chansons, des idées sonores de cuivres graves qui viennent contrebalancer la finesse de son chant, sans compter le mellotron lointain sur "Swell does the skull"... tout ceci pour me retrouver à la deuxième écoute de « Party », pétri d'émotions.


Je n'ai écouté plus bel album depuis le premier Agnès Obel, c'est son deuxième et déjà il sonne comme une incontournable pièce discographique. Un petit grain Kate Bush sur « Horizon », presque aussi beau que « Army dreamer » ou « Oh England my lionheart », tantôt Lou Doillon sur « Imiganing my man », Joanna Newsom sur « Party », lips profil Pj Harvey... le printemps hésite entre tiédeur crépusculaire et doux frimât matinal, j'ai tranché, il sera Aldous.


Aldous Harding 2017 « Party » label : 4AD


dimanche 21 mai 2017

The Black Angels 2017



Tous les superlatifs et épithètes iront de bon train, rien à redire, tout y sera et y est déjà, tout comme le graphisme de la pochette adéquat, du studio au cosmos de toute façon c'est le genre de nouveauté que j'écoute sans rechigner, surtout provenant des anges noirs révoltés avec la charrette d'étiquettes accolées.
C'est parti : psyché, cosmique, électrique, fulgurant, volcanique, incandescent et glacial, incisif, vaporeux, réverbérations et dissonances, road-rock, groupe en « The » et groupe en « Black », sombre, vintage, fuzz, acide, écho, canyon, Velvet-13th floor, indie-rock, céleste et ténébreux, saturé, irradié, épileptique et Sabbathien, gros grave et puissant.. une bombe.

… des codes, une évidence discographique, à nouveau un traumatisme Trump.


The Black Angels 2017 « Death Song » label : partisan records

jeudi 18 mai 2017

Woods 2017



Bingo, je tiens là MA chanson de l'année, ou plutôt MES 2, toute saison confondue, à moins que l'on puisse tous les partager ??

Un vent chaud est venu foutre le bordel dans mes cheveux qui se font la malle depuis quelques années, un hymne pour un globe anodin, pas n'importe lequel pour nous, puisque nous sommes dessus à tourner pareil, sur cette boule bleuie par les fonds océaniques avec de l'amour tout autour .. arrrf ça devient gênant là. Allez, « Love is Love », serrons nous dans les bras sur cet agrume cobalt.

Il s'agit en fait de deux hymnes terriblement ravageurs pour les airs dans la tète qui ne veulent plus en sortir, deux chansons sur un même album. Car il y a aussi « Bleeding blue » avec cette petite trompette répétitive qui souffle des idées belles à pleurer et me projettent sur la colline de Penny Lane. Plus hippie que psyché, cette pop promenade est une virée dansante charriant des tonnes d'espoir géostationnaire. Une fois de plus Woods fait tourner la planète.


Il faut quand même dire que ce groupe possède 15 pièces discographiques depuis 2005, et que la mèche blonde d'une Amérique qui s'écroule a failli stopper cet élan artistique. Mais la résistance se met en branle et les trompettes n'en finissent plus de résonner dans les crânes nuageux. A tout prix dire quelques chose, s'exprimer, rester debout, et comme un thème ou un concept, les p'tits gars de Brooklyn reviennent avec un album au format Ep, mais qui sonne Lp tellement je passe cette incantation rock en boucle, sans cesse, comme une ellipse planétaire incessante. En plus d'un instrumental de 10 min, « Love is Love » est repris à la fin sous un visage de Jerk endiablé comme pour insister sur la danse planétaire à partagée urgemment. La basse devient ensorceleuse, le solo guitare psychédélique, Let the sunshine pas loin, vous allez voir on va tous finir à poil dans les herbes folles.

Texas, le M à Mali avec Malouf, le soleil de Trower, Mac Demarco.. et Love is Love.. du jaune solaire, la couleur cette année ? La mèche outre-Atlantique a fait des ravages, va falloir la passer au cirage.

Faites passer, transmettez, donnez cette musique tant que possible.. ouaih, mais rhabillez vous un peu quand même avant, on va encore dire que c'est de ma faute.

Woods 2017 « Love is Love » label : woodist

mardi 16 mai 2017

Jane Weaver 2017



Oh le bel album, je la connaissais la Jane, adorable sur « Like an Aspen Leaf » en 2002, troublante sur « Cherlokalaté » en 2007 ou encore faramineuse sur l'épique « The Fallen by Watch Bird » en 2010, et j'ai dû manquer son virage electro « The Amber Light » en 2014 tellement il me reste parmi les herbes folles ses virées premières. 

Un décollage synthétique a dû mordre le cosmos mordorée, je découvre ces nouveaux papillons. Jane a quitté la houlque laineuse et, sans trop s'éloigner des étendues graminées, elle a cultivée ses convections flottant entre brume et cumulus. Quelle voix, quelle ambiance, j'ai lu quelque part Stereolab ou Broadcast et je comprends pourquoi à ramper sur les touffes d’épillets du pâturin je la regarde se répandre sur le cobalt. Naufragé dans le plantain j'ai vu la Jane planer , je me suis enivré de sa cosmologie moderne.

Je reprends le fil des albums de Jane Weaver avec un plaisir enivrant. C'est un petit chef d’œuvre.


Jane Weaver 2017 « Modern Kosmology » label : fire records

dimanche 14 mai 2017

Tajmo



Nous y voici à ce blues dominical la veille de replonger dans la mouscaille. C'est dimanche donc, le moment d'écumer légèrement ses étagères pour injecter dans ce vide réparateur la substance crâneuse d'une musique charpentée, le mortier vital pour nos statures.

Après le feu de Trower, la crème de Taj Mahal.

Si la discographie de Robin est faramineuse, celle du bluesman de Harlem né en 1942 est intersidérale.

Ancestral avec un feeling de dingue, Taj s'est associé à Keb'Mo pour un album religieusement blues.


Taj Mahal & Keb'Mo 2017 « Tajmo » label : concord records

samedi 13 mai 2017

Robin Trower 2017



Le samedi soir, c'est pas très blues dominical, pourtant on n'en est pas loin du Taj Mahal rugueux à cordes à sonner les tours à cloches ou des clochers. Peu importe, on est samedi, et le Robin monumental hurle à la lune quasi ronde. Trower est à nouveau parmi nos plaines pleines de lumière et de longs lambris lustrés au dessus de nos lassitudes . Peu importe aussi si la latte nous tombe sur la gueule, Trower crame tout sur son passage.
Blues rock infernal, aucun répit, tout l'album est ainsi, lourd, pesant, terriblement forgé, détonnant, jouissif et dire que Procol Harum viennent de sortir une horreur.

Dimanche c'est bientôt, je suis à attendre juste isolé à écouter le plus bel album blues de tout ce jour-ci et plus encore. En répétition illimitée jusqu'à demain.



merci Pap's Echiré pour ce cadeau diabolique ;D

Robin Trower 2017 « Time and Emotion » label : V-12
 

jeudi 11 mai 2017

Texas 2017



C'est quoi cette pochette, on dirait une pub pour le ricard, ils se croient en été ou bien.. Colza, genet, forsythia, renoncule jaune est-ce que j'aime le beurre ou je pisse au lit..un truc à attirer toutes les guêpes de la région.


Bon, il paraît que la mode cet année c'est le jaune, le problème c'est que moi je suis pas très pastaga, mais bon....
Eh, c'est vachement bon ce truc, ce son et ce breuvage anisé, c'est très jaune, mais ça passe.
Easy cool pop très enveloppée à s'en mouiller le Tee-Shirt de Nice. Si The New Year ne sera pas l’album de l'été 2017, ce « Jump on Board » risque bien de faire danser les dunes chaudes et les ajoncs craquants.

En fait je trouve ça assez sympa le retour de Spiteri et sa bande. Voix, mélodies, son.. C'est pas tant le truc que je vais devenir addict au pastis, une ou deux fois et c'est bon, d'ailleurs s'en boivent pas des masses à Glasgow du pernod, mais là, un jaune tranquille, à l'ombre d'une naissante tiédeur, je dis pas. Puis l'avantage de l'anisette, c'est qu'au bout d'un moment i don't need a lover, i just need a friend... voire plusieurs.

Texas 2017 « Jump on Board » label : BMG

mardi 9 mai 2017

The New Year 2017



Deux frangins dans un Lo-Fi minimal expriment depuis longtemps une pure vérité rock, une musique slowcore authentique et sincère. Une pochette noir-intense 2001, cuivre-orangé 2008, une bleu-ciel 2004, un label touch&go maintenant disparu, un groupe Bedhead pour démarrer (93/98) dont l'intégral est sorti l'année dernière sur le label Numéro Group, The New Year me travaille le bulbe depuis bien des années.
Pourtant ce groupe se fait rare, quasiment 10 ans depuis le cuivre rouillé de l'opus éponyme 2008, pas très bavard dans les crédits, jamais de révolution dans leurs musique, juste un retour fidèle, une communion totale. Ça roule tout seul, c'est dans la fibre, « Mayday » comme un lent manège électrique qui vous projette délicatement dans la poudreuse cristalline de « Snow »..

Le quatrième et gris des américains The New Year débarque à travers un printemps venteux, froid et cendré. Je vous parie que ça va pas être l'album de l'été, aussi en 2017, il faudra compter avec The New Year parmi les meilleurs albums rock de l'année. Une de plus pour les frères Kadane, ce groupe est un mythe.

The New Year 2017 « Snow » label : undertow





dimanche 7 mai 2017

Fleetwood Mac 1987



Philips et Sony réfléchissent à un nouveau projet de support physique audio. 12 cm de diamètre sur lequel la musique sera encodée numériquement et lisible grâce à un faisceau laser. Terminés les grésillements et autres bruits parasitant la musique, le diamant n'est plus à la côte, nous sommes en 1979 le CD nait. Autre avantage, 74 min sera désormais la durée possible pour un album, la neuvième symphonie de Beethoven peut tenir sur un seul support.
Les valses de Chopin, Billy Joël pour le premier disque pop à être numérisé. « Brother in Arms » est le premier CD à se vendre à plus d'un million d'exemplaires, 1985. En plus de cette révolution, c'est l'erre des clips qui explose, MTV diffuse non stop .. et se propulse grâce à « Money for Nothing », le premier clip en animation par ordinateur. CD, clips, les 80's fulminent.


C'est dans ce contexte qu'arrive le grand disque des Fleetwood Mac, « Tango in the Night » qui va sonner la fin de l'erre Buckingham. MTV et cinq grands clip diffusés en boucle, « Big love », « Seven wonders », « Little lies », « Family man », « Everywhere ». Un album qui cartonne avec sa nouvelle dimension numérique, les bilboards, les charts, le très répandu avec des chansons joyeuses même si développées sur des hyper-productions synthétiques tubesques d'époque. Tout semble reluire pour ce groupe americano-british. Oui mais voilà, en réalité rien ne va plus.

Après « Mirage », les albums solo pleuvent, chacun fait sa vie, des dettes, des addictions, des histoires sentimentales, rien n'est à l'indicateur d'un nouveau projet. C'est Christine McVie qui à la suite d'une demande de chanson pour un film, demande à Lindsey de produire. Il s'est passé bien des froissements entre les 5 depuis quelques années, l'entente ici est pourtant très cordiale, des idées d'un nouveau disque mijotent, les avocats et les managers sont convoqués, ainsi que Stevie Nicks moins disponible avec ses soucis de cloison nasale grignotée par la poudre. Seize mois après ces « retrouvailles », « Tango in the Night » déboule dans les bacs avec le succès qu'on lui connaît, au plus grand désarroi des fans de la première heure.
Si la décision première provient de Christine, le travail de Lindsey tout au long de cette session sera colossale et indispensable. « Big Love », « Family Man » et « Caroline » étaient des chanson réservées pour son troisième album solo. Son ancienne compagne Stevie Nicks en pleine convalescence de cure peine à pondre deux chansons très moyennes (« Seven wonders » n'était, elle non plus, pas prévue pour ce disque là). Christine fait le job.
Les états de chacun passent d'excusables à catastrophiques, le groupe sombre.
« Mirage » avait récolté des sentiments mitigés, pour ce Tango là Lindsey parlera de la pire session de toute sa carrière.


Tel un double blanc chef d’œuvre parmi la discorde des icônes sous acides, « Tango in the Night » est une grande réussite inspirée. Triple disque de platine, six singles sous les grimaces des puristes. Fleetwood Mac fait carton plein, un bouquet final. Un redémarrage ? Nenni, la tournée va mettre un terme à cette phase du Fleetwood Mac, Lindsey toujours en préparation de son album solo lâche prise et balance les dysfonctionnements irréversibles qui grondent depuis plusieurs années. Lui, reprochant aux membres leur manque d'ambition artistique, le travailleur dénigré tel un Paul ou un Brian à bosser comme un âne se barre sous les reproches assassins de Christine.
Quelques confrontations, le manque d’intérêt des quatre autres pour ces sessions studio, le manque de liberté artistique depuis l'échec commerciale de « Tusk », Lindsey quitte le groupe contraint de recruter une guitare et une voix pour la tournée de Tango. Une énième phase du Mac débute.


C'est un grand disque 80's, il vient de paraître à nouveau rempli de très bons bonus, et de plusieurs extended versions longues de 8min, comme était la tendance au beau milieu des 80's, quand les CD et les clips jonchaient la planète. Un son madeleine diffuse à travers ce remaster de haute qualité.

Fleetwood Mac 1987 « Tango in the Night » label : warner







mercredi 3 mai 2017

Juniore




Une petite tendance à reluquer du côté des filles hexagonales m’envoie direct vers les Juniore. Moins fleur bleue les petites rockeuses, plus saignantes, plus Seigner, plus retro avec du 60’s dans les 80’s. « Ouh là là » c’est guitare basse batterie avec du synthé vintage cosmique façon Burgalat, touchant, rayonnant comme un Holden ou un style Little Rabbits « En retard » avec Françoise Hardy en lead vocal. Facile et efficace, ce trio un peu yéyé des temps nouveaux nous balance un brulot rock'n'boogie pop des plus excitant.


Bon j’avoue, Samy Osta est à la production, et j’ai beau être hermétique à La Femme, il a quand même bossé pour Rover et Feu!Chatterton. Juliette Armanet à son « Alexandre », elles ont leur « Antoine », et leur seul point comme c’est « L’accident ». 

Sont vachement bien les filles de par ici. 

Juniore 2017 « Ouh là là » label : sony




mardi 2 mai 2017

Juliette Armanet



On se refait pas, il faut bien l'avouer. Au début, dès la première chanson j'ai zappé, puis écouté la deuxième à moitié. C'est au 2/3 de la troisième que je me suis installé naturellement sur la quatrième. Et puis « A la guerre comme à l'amour » que j'ai passé deux fois ce coup-ci.. « Star triste », « Carte postale ». J'éteins tout et je remets le disque à l'envers, attachant, étonnant.. et on se refait pas, cette fille est venue cueillir mon automnale et mon hortensia piqué d'ardoise, comme à l'époque où j'ai découvert « La Déclaration » 1975, et surtout « Amoureuse » 1972.

Sur cet ancien age je me suis laissé poser comme un bleu. Amoureuse, Juliette l'est aussi, de belle façon, la comparaison vaut ce qu'elle vaut, mais elle a du Véronique et du France des débuts. Les paroles valent ce qu'elles valent, c'est pas plus neu neu qu'un Doré sur la plage, et je me suis laissé embarqué par elle, sur un album qu'il était pas évident que j'aille écouter, sans aller chercher vers ces temps anciens où j'ai fondu sur France Gall 75 et Véronique Sanson 72. On se refait pas.
Voix, production, mélodies, piano, « Petite Amie » repasse pour la deuxième fois, à l'envers.

Juliette Armanet 2017 « Petite Amie » label : barclay





samedi 29 avril 2017

Volin



Tout le pollen de ma pivoine s'est cassé la gueule sur ce gros pétale inférieur déjà à moitié flétri. Quel gâchis. Pas trop une fleur qu'on butine la pivoine, trop voyante peut-être, racoleuse maquillée d'un rose 80's, 90's..ou même de maintenant. C'est bien la peine de rameuter toute la parure ainsi, juste pour que la poudre jaune proposée au creux d'un pétale rose se perde à la vue de tous.
Pourtant ça voltige alentours, mais les dards et les petites pattes velues préfèrent mon lilas aux milles fleurs et mon cerisier blanc qui fait la roue. Ma pivoine elle, fait la moue.
Faudrait juste pas oublier que Paeon a guérit Adès avec de l'extrait de pivoine, c'est Homère qui le dit. Mais peu importe les mythes, nos abeilles font la gueule à ma pivoine.. vent d'Est, frisquet en arrière fond, du grand soleil pourtant, mal placée ma pivoine peut-être. L'unique fleur somptueuse est là comme une conne au saupoudrer ses pétales roses, avec son étalage de marché déserté par une arrière saison sans conviction, une vitrine qu'il va bien falloir lécher sous peine de perdre le plus délicieux des miels.
J'ai bien goûté moi, à ce pollen très jaune, je me suis frotté les gencives avec mon auriculaire ocre et jaunâtre, qu'est ce que je vais bien pouvoir leur dire à nos abeilles d'ici qui boudent ma préférée, cette belle Hellebore grande ouverte, pas demain la veille un miel de Pivoine.



Tiens on se croirait chez le disquaire à errer autour des étalages sans conviction, étaler pour attirer l'insecte, hauteur, entrée, à la caisse et empilés... et les volages Volin à un seul endroit, la position exacte qui vrombit à condition d'avoir de l’ouïe. 


Le Volcan de Volin gronde en silence comme une fleur unique, un rêve fécond qui ne demande qu'à exploser. Il y a dans ses sillons artistiques Dominique A, Bertrand Betsch, Arman Melies, Feu ! Chatterton.... C'est à butiner sans modération sans se fier à la rareté, la discrétion, la posture arrière comme tant d'autres à dénicher à condition que l'on ait l'odorat, la goût, et qu'il y ait la lumière, le vent et la tiédeur des belles choses à fleurir.
Volin est trois, Volcan leur album, chaque année une découverte d'envergure, Rover, Feu ! Chatterton, Clementine … c'est Volin cette année qui vole la une de ma belle nouveauté de par ici.

Volin 2017 « Volcan » label : antipodes music / l'autre distribution

vendredi 28 avril 2017

Aine O'Dwyer



Des tonnes de bonshommes en chute comme la pluie des corps, Aine chante la messe des gens qui tombent à la pelle, de toute façon, on va finir par être trop nombreux. Mâchons la terre en nids sous nos cache-moineaux, peut-être le ciel va pleuvoir les hommes.

Aine harpiste irlandaise nous livre un tableau liturgique ambiant, un doux rêve apocalyptique.

Aine O'Dwyer 2017 « Locusts » label : fort evil fruit

mercredi 26 avril 2017

Rodolphe Burger 2017




Un blues hexagonal ambiant résonne dans l’air du temps, grave comme le timbre de Burger, un gris pétrole sur des regards fuyants, du venin alentours et des envies en miettes, des lubies en lambeaux, on tourne en rond et ne respire plus. La légèreté dans les godasses.

La planète endolorie flotte dans le noir limpide, on se fane et s’assèche. Toutes les forces s’amenuisent.

Jamais je n’ai trouvé un album de Rodolphe Burger aussi beau.


Rodolphe Burger 2017 « Good » label : dernière bande



lundi 24 avril 2017

Jarvis Cocker & Chilly Gonzales


Deutsche Grammophon semble vouloir se rapprocher du populaire, le grand classique se fraye une voix vers le néo-classique. Max Richter, Simon Ghaichy... Jarvis Cocker & Chilly Gonzales les nouveaux invités. 

Les paysages modernes s'installent dans l'académique tout en préservant une certaine teinte de solennelle. Improbable collaboration, voix de crooner d'une brit pop pulpeuse avec les notes mariées d'un pianiste en poupe à travers un doux tableau cinématographique. Le piano se fond si bien au timbre qu'on se demande bien pourquoi ces épousailles semblent plausibles. Une évidence.
A la vue d'une telle affiche, imaginant le tempérament des loustics, j'écoute ce rêve acoustique prendre matière, ce conte néoclassique populaire hébergé chez Deutsche Grammophon.

Jarvis Cocker & Chilly Gonzales 2017 « Room 29 »
label : Deutsche Grammophon