samedi 30 décembre 2017

Mark Kozelek with Jim White and Ben Boye



La pochette est noire, un nouveau trio est là avec les visages, des tronches intensément, des piliers, et pas des moindres une nouvelle fois, Mark Kozelek, Jim White,Ben Boye.

C'est aussi une impro, un grand disque de rock gris, Jam, Word Spoken, Jazz vrillé ou ballades raides à la Reed ou Cave... Le dernier Jim White, hyper conseillé à sa juste valeur par quelque branleur ici bas, m'a renvoyé vers la folie americana de 16Horsepower, c'est une belle rencontre avec Mark Kozelek qui n’arrête pas un seule seconde, c'est sa quatrième collaboration pour cette année.

Trois, trinité, une pochette noire, un live, une chose bizarre, Kozelek va très vite, je n'ai pas le temps de suivre. Pourtant là c'est autre chose.. de blanc il n' a que Jim, du noir sans courant qui parle, des mecs qui jouent très bien, Ben Boye alias Justin Von Beefheart, le jazzman fou.

Jamais Kozelek ne m'a autant accaparé. Sans trop savoir pourquoi exactement, je n'ai pas une tendance à garder précisément ces travaux, peut-être un peu plus ses groupes. Ceci dit, celui-là va peut être me faire approfondir son œuvre, ou pas. Interloqué, ne plus glisser ?


Je suis dans le noir, sans jus, coupure et coupé du monde, bugg électrique. L'ordi avec ses 34% d'autonomie crache ses dernières énergies avec ce trio live improbable. A la bougie avec ce qui me reste de pile ou de de jus dans la carrée.. j'écoute Kozelek & Co qui rend toute sa substance.

Mark Kozelek with Jim White and Ben Boye 2017 label : caldo verde




 

jeudi 28 décembre 2017

Aidan Baker / Simon Goff / Thor Harris



Pochette blanche sans visage, quelque architecture sobre flotte, juste la présence de l'homme, sans le voir ni l'entendre. Trois visages invisibles et pas des moindres : Aidan Baker le grand constructeur et paysagiste sonore canadien à la guitare, Simon Goff musicien britannique contemporain au violon et quelques percussions, et Thor Harris le texan à la batterie, lui c'est chez Young god records qu'il bosse, Swans, Angel of Light, un pote de Gira, mais aussi Shearwater.

C'est un trio Lo-Fi expérimental qui joue en live, en impro, du kraut atmosphérique, un jazz cinétique qui se répète, un rock cérébral engourdissant et résonnant.

« No Place » est un voyage profond joué dans un hangar suspendu.

Aidan Baker/Simon Goff/Thor Harris 2017 « No Place » label : gizeh


mardi 26 décembre 2017

Moustaki / Ferré / Barbara / Ferrat / Reggiani




A l'origine de ces moments d'écoutes, Moustaki est venu blanchir les quelques rayons d'un soleil absent depuis une dizaine de jours par chez moi. Son « Fado tropical » vient à chaque fois me braiser le spleen. Un disque de Moustaki, c'est toujours un moment particulier, une écriture intime et mélodieuse, un « Droit à la paresse » que je m'autorise sur mon confident, comme le rocking chair de JJ Cale. Moustaki, comme on va rendre visite à un tonton philosophe qui répare nos âmes. 



Puis, cet ami de Georges, m'a emmené sur une pochette similaire, Léo Ferré 68... que dire, comment je vais finir cette séance.... quoi penser en dehors de ce moment particulier à écouter les deux albums, les deux portraits pâles juste devant moi, troublants.
Des visages blancs, disques d'hiver à écouter près du feu, visages blancs, et Barbara s'est invitée, Barbara et sa « Ligne droite », Moustaki à nouveau. Ce monde artistique m'étourdit, des cohérences fulgurantes qui se touchent. Visage sur fond blanc, Reggiani aussi à chanté du Moustaki, « La vieillesse » pour ce disque là, son album 81. Ferré, parmi les poètes, « Les poètes », Aragon et cet autre lien avec Ferré, un autre visage de titane et une écoute personnelle, Ferrat 69, « Au printemps de quoi rêvais-tu ? ».


A l'origine, j'ai vu le ciel se lever, le mercure un peu chuter, la paresse s'est emparée, je sais que la courbe s'est inversée, les jours rallongent, imperceptibles, il suffit juste de le savoir, le creux de l'hiver qui débute avec quelques auteurs génétiquement immuables. Après midi blanche à écouter Moustaki, Ferré, Barbara, Reggiani et Ferrat. 
Que des albums éponymes, sauf Barbara. 
Des disques blancs.

Georges Moustaki 1974 « Georges Moustaki » labl : polydor
Léo Ferré 1968 « Leo Ferré » label : barclay
Barbara 1972 « Amours Incestueuses » label : mercury
Serge Reggiani 1981 « Serge Reggiani » label : polydor
Jean Ferrat 1969 « Jean Ferrat » label : barclay






jeudi 21 décembre 2017

Paul McCartney 1997




1994 la résurrection de « Live at the BBC » des Beatles est dans les bacs, débute alors une vague de retour aux Beatles. L'année suivante ce sont les 3 volumes des doubles anthologies qui refont littéralement bouillir à nouveau l'histoire.
Pour ne pas faire de l'auto concurence, la maison de disque demande à Paul de rester en dehors de l'actualité, le temps que ces fouilles archéologiques soient digérées purement par les fans. « Rester tranquille », lui, il se fait une raison et se met à l'écart.
Du coup Macca reste peinard et voyage, mais prend le temps d'écrire beaucoup et d'enregistrer un peu, perturbé par le recul du travail des Beatles enfoui et proposé à travers ces "Anthology" dont il suit de près la mise en boite, auprès du producteur Jeff Lynne.


Il prend son temps et du plaisir à écrire, et puisque la rencontre avec Jeff Lynne s'est bien passée, c'est lui qui va cuisiner le son de « Flaming Pie », l'opus 1997 de Paul McCartney. Ce sera une superbe réussite à tous les niveaux. 

Casting resserré, Paul assure quasiment tous les instruments au côté de Jeff Lynne, puis Steve Miller est invité (qu'il a rencontré en 69 quand il errait dans les couloirs d'Abbey Road après la dispute quant à l'arrivée de Phil Spector au sein des Fab Four). Son fils James traine par ici tout comme Ringo Starr, sur le chef d'oeuvre « Beautiful night » écrit à trois, Paul Ringo et Steve. Il y a aussi évidemment Linda, mais pour la dernière fois. Peu de temps après, elle disparaît.
Intimité et nostalgie donc, sonne une marée de guitares comme les aiment si bien Lynne. Plus que de coutume les ballades pures Macca charpentent l'album, lumineux, fiévreux, aéré, plaisant, serein, doux, enlevé, songeur, épuré, nappes de cordes, franc, direct, ambitieux, étoffé, émouvant et moelleusement rock. Il faut bien dire une fois de plus que ses mélodies renversent, « Flaming Pie » est sûrement l'exemple parfait.

Une poignée de singles longeront ce Lp, il a eu le temps de créer, avec une floppée d'inédits en faceB.. et c'est ça qu'est bien chez Paulo, l'opulence et la générosité :D


C'est une nouvelle grande transition dans sa carrière, la beatlemania revient partiellement, elle explosera à nouveau en 2009, il fouille le passé alors que Linda va sortir de sa vie, une nouvelle fois rien ne sera plus comme avant.

C'est sa plus grande entrée dans les classements depuis les Beatles, en plus des awards nominés.
Bizarrement, il n'est pas ma préférence. L'album est une pure merveille, mais je n'entends pas le son Macca, comme on a pu crier à la défiguration des inédits "Free as a bird" et "Real love". Ce son là, c'est celui de Jeff Lynne que j'adore pourtant, des Travelling Wilburys, de Joe Coker « Night Call », de Tom Petty « Into the Great Wide Open », Roy Orbison "Mystery Girl".. peut être aussi qu'il est trop parfait et que je l'écoute trop souvent.

Je ne vous encourage pas avec ce tout léger nuage de ma part qui n'en est pas un, à vous lâcher sur les critiques, non, « Flaming Pie » est inébranlable, il suffit de se mettre à la hauteur de « Someday » pour mettre tout le monde d'accord. Quant à « Calico skies », elle renvoit directe à « Black bird »..... « Heaven on a sunday ».... « Little willow » (chanson hommage discret à Maureen Starkey disparue)... le jam infernal « Really love you »... oh pis si, c'est un de mes albums préférés... juste après « Chaos and Creation... ».


Appuyant plus encore son statut de légende vivante, il va juste après cet énorme succès sortir un album instrumental classique, et une nouvelle récréation expérimental sous le nom de The Fireman. La liberté d'un génie.


" "Beatles", c'est venu de la vision d'un homme sur une tarte flambée arrivant vers nous..à partir de là vous ètes les Beatles avec un "A"". Plus que jamais le retour de l'âme des quatre.




Paul McCartney 1997 « Flaming Pie »










C'est mon cadeau de Noël.. si si , j'insiste..eh un cadeau c'est un cadeau, y'a tous les bonus avec..
que j'le vois pas trainer à revendre sur le net d'occas...ça va chier ;D






mercredi 20 décembre 2017

Lucas Santtana



Il fallait bien cette onde intime de chaleur douce brésilienne pour ventiler, se soigner de cette grisaille suffocante. La fatigue plein les naseaux, la nausée est partout, transports, galeries commerciales, voûte et regards. Les âmes sont flanquées d'obsolescence programmée, c'est Noël.

Douce tranche de quotidien en partance, Lucas Santtana dépose dans nos crânes la chaleur d'un voyage incorporant aux délicates balades acoustiques des prises sonores en interludes, avion, rue, aéroport, plage, restaurant, forêt.. Même sa tempête est chaude et délicieuse.
Lucas nous extirpe, nous emmène avec lui dans ses bagages, avec sa vie dedans et ses chansons attachantes. Dehors le ciel bas sans vie incube nos microbes, rendre toutes ces commissions. Je reste cloîtré chez moi, je ferme les yeux et pars avec Lucas Santtana.

Il est brésilien, il chante depuis 12 ans, son nouveau voyage est proposé chez No Format !

Lucas Santtana 2017 « Modo Avio » label : No Format

lundi 18 décembre 2017

Adrian Crowley 2017



Adrian Crowley est un vieux pote que je n'ai jamais rencontré. Ou plutôt j'ai une telle intimité avec ses créations que j'ai l'impression d'écouter les confidences d'un proche plus ou moins éloigné, là juste à côté assis sur le même canapé. 

Matt Elliott avait aussi cette faculté particulière à venir foudroyer mon spleen, côtoyer ma grisaille.
Callahan enfoui, des brumes à n'en plus finir, pas de ciel, je tire un trait sur l'horizon.
Faire abstraction des repères.

C'est un fidèle ami musical qui vient discrètement causer au creux de l'hiver des ligneux dénudés, il chante la lumière à son plus bas.

Adrian Crowley 2017 « Dark Eyed Messenger » label : chemikal underground

vendredi 15 décembre 2017

Wilco 96



Lentement des voix nous ont familiarisées avec certaines musiques. Confortablement, celle de Jeff Tweedy installée dans ma mémoire me renvoie à Wilco. Et ça tombe bien, c'est lui qui chante dans ce groupe de Chicago.

Quand Wilco Tweedy interprète son country rock moderne et sensible, je m'installe rassuré à l'idée (comme Johnny:() qu'un bon disque, même si quelquefois légèrement tendu, va passer peinard comme une bonne journée bien grasse à rien foutre, ou presque. Sont pas très répandus les groupes qui nous répandent ainsi.


Wilco c'est une histoire de jeunes blancs-becs qui n'ont jamais cessés d'être meilleurs, des remugles de Uncle Tupelo. Décontractés du banc d'autant plus qu'il s'agit là d'un double album.. et moi les doubles albums j'aime beaucoup. Tellement de choses à dire, même si c'est quasiment le début pour eux. La voix y est pour beaucoup, on est vachement bien quand Wilco diffuse sa country alternative.


« Someone else'song » se permet une virée Cash, Tweedy et sa gratte, comme pour son dernier album solo sorti cette année, coiffé d'un stetson, strictement acoustique, dans la pure tradition.
« Misunderstood » ouvre l'album, Sparklehorses, Eels voire Nourrallah Brothers ont sûrement dû être inspirés.
« Far, far away », « Say you miss you », quand je vous disais que le banc à bascule avait des allures de racoleur.
« Monday » commence comme un « Rebel rebel » pour s'étendre en p'tit rock stonien.
« Forget the flowers » pause country classique avant le lennonien isolé « Red-eyed and blue »
« Kingpin » blues bleu sec.
« Sunken treasure »..la pièce centrale, des airs de plein de choses qui me foutent par terre..........

Jeff Tweedy et Jay Farrar font des miracles, depuis cet incontournable double album des débuts qui sort ces jours-ci en deluxe, je me suis appuyé fortement sur « Yankee Hotel Foxtrot » et « Sly Blue Sky » sans pour autant délaisser les autres disques. 20 ans passés avec Wilco, un nouvel objet important des 90's.

Wilco 1996 « Being There » label : reprise

mercredi 13 décembre 2017

Nick Cave 1994





Aux alentours de 1992 je trouvais du boulot sur Paname, du coup, un paquet de disquaires s'ouvraient à moi. La différence avec la musique de ma campagne reculée fut l'opulence, la diversité, l'offre étendue et la découverte entre autre des labels indépendants.
Pour zoomer un peu, 1994 d'une pierre deux coups et je tombe sur mon premier album de Nick Cave qui m'ouvre les portes de l'auberge Mute records, surement le plus excitant alors tout en restant formidablement "populaire".

Chez Mute, les pièces du catalogue sont estampillées STUMM, et cette envie d'écouter à nouveau ce disque poignant, m'est venue grâce à la parution du beau bouquin "MUTE le label indépendant" qui retrace le parcours de 1978 à demain, sans trop de textes, mais avec l'intégrale de tous les objets musicaux développés chez eux, photos à l'appui. Un grand vertige que de compulser ces pages, puis plein de trucs qui ressurgissent... Anita Lane, Einsturzende Neubauten, Depeche Mode la loco, Fadgadget, les plus récents Goldfrapp, Josh T Pearson, Liars, ADD N TO (X), Wire et une autre loco Moby .... avec le recul tellement de belles choses.

"Let Love In" donc, un tournant dans le parcours de Nick Cave, la deuxième partie, mais à l'époque je ne le savais pas puisque j'ai suivi sa discographie à partir de ce disque là. Bien longtemps après je suis parti à reculons. C'est un album homogène avec une production subtile, un son extraordinairement étoffé.. pour l'époque. Du blues oppressant, de la rage contrôlée, des sujets glauques et une interprétation à tout casser (rien à voir avec Johnny). C'est aussi l'arrivée dans le groupe de Warren Hellis, le son ne sera jamais plus le même. Album possédé, moite, sanguin sans hémorragie, totalement habité, mais absolument bien maitrisé. Une vague atmosphère de meurtre plane, des idées mortifères qui déboucheront sur "Murder Ballads"."Nobody's baby now" était prévu pour Johnny Cash, et là je me souviens de "Mercy Seat" qui a fait valdinguer mon quinté des plus belles chansons....mais je m'égare, et la cloche de "Lover man" me tape sur le crane. Pourquoi à l'époque je passais "Jangling Jack" pour tomber sur le blues Tom Waits "Red Right Hand" et puis danser follement sur "I Let Love In" jusqu'à chuter.... que dire de "Ain't gonna rain anymore", le crooner dramatique que j'aime.

Une nouvelle fois 1994, coïncidence temporelle pourtant à l'époque je ne connaissais pas Bark Psychosis. Cette année là, je me procure "Let Love In" le vampire. Nick Cave fait son apparition dans ma programmation cérébrale, et le monde riche de Mute déboule. Ma vie musicale prend un sacré coup de frais dans l'échine, un tournant radical pour moi aussi.


Nick Cave 1994 "Let Love In" label : Mute
http://www.nickcave.com/

MUTE "Le label indépendant depuis 1978 à demain" 2017







jeudi 7 décembre 2017

10 ans



A l'heure où je fouille du côté de mes 10 ans, l'année où j'ai acheté mon premier vinyle, un certain concert 1979 Porte de Pantin au Pavillon en costume du king, les pages de ce blog ont aujourd'hui exactement 10 ans.

Je me souviens très bien du premier billet sur Domnique A, 8 décembre 2007, bordel 10 ans, environ 1600 chroniques, des mois (même des années) avant de récolter quelques commentaires, et surtout énormément de très belles rencontres. Pleins de nouveaux amis, virtuels mais pas moins importants que la chair et l'os, le mystère des personnalités en plus.. ceux qui m'ont encouragés dès le début, Sylvie, Maryline, Armel..puis la rencontre d'un 1er groupe Benoît, Blake ( que deviens-tu?), Markab (où es-tu?), Papa Vincent, Franky, Sb.. puis l'autre groupe de cinglés Jimmy, Dev, Yom, Zorno, Rooster, Till, Evrett, Sorg, Chris, Kif, Fracas, Ranx, Audrey, Sad & Torch, Christophe dubouquin, Carl, ma peintre préférée Mylène .. des nouveaux Alex & Etienne, Tonton, ElNo, Twist.... et puis mon Pap's virtuel Echiré.. et Pax. D'autres de passages... putain 10 ans...

Je me suis intéressé aux stats sur le tard, des pics en juin 2013, puis un record mars dernier (41000 pour 1mois) pourquoi ?? et la chute libre depuis, sûrement que j'ai fait le tour, que je végète, qu'il faudrait que je change des trucs, brasse et braque. Et puis surtout que finalement je m'en fous des chiffres, toutes ces rencontres sont d'une telle richesse, de superbes découvertes, même des trucs chelous 1984 & co, des coïncidences artistiques, des remises en questions musicales avec quelques guides précieux (Pax pour ne citer que toi), mes insistances avec lesquelles je ne démords pas, des écoutes appuyées pour en extraire le bon jus, et pleins de petites merveilles ressorties parce qu'il fallait absolument que je vous en parle.


Moi aujourd'hui, j'ai 10 ans, je sais que c'est pas vrai, c'est Charlu qu'a 10 ans.
Bien caché dans ma cabane à chroniques le plaisir de parler disque est devenu une addiction. C'était en tout cas le but initial, ne pas garder tous les skeuds sans partager ou transmettre, voire donner envie, un but élargi à mes étagères compulsives.

Ehhhh les p'tits gars, j'ai 10 ans ;D

Alain Souchon 1977 « J'ai dix ans » label : RCA Victor


Je ne mets pas les liens, tout le monde se reconnaîtra, j'vous aime tous et si j'en ai oublié gare ma gueule à la récré.


mercredi 6 décembre 2017



"....Et voilà, je suis toujours là
Vous et moi n'en resterons pas là ...."



lundi 4 décembre 2017

Bark Psychosis



Quel joli nom de groupe, Bark Psychosis. Impossible pour moi de dissocier cette musique à celle de Crescent ou de Bed, un jazz embué de silence, avec en plus des onces de post-rock à peine suggérées et une production « chantilly ».

C'est un trajet urbain engourdissant à travers des panneaux de citée où tout s'allume mollement avec le noir total d'une nuit à observer les notes délicates.

J'ai beau expliquer maintes fois mon malaise quant à la musique des années 80's, je m'aperçois que rares ici sont les albums des 90's, surtout dans sa première moitié. Sûrement celui-ci, avec le recul qu'il m'a fallu pour voir sa lumière, est une pièce maîtresse décennale. Deux albums seulement pour ces anglais de l'Essex, ce premier précieux comme un disque solo de Mark Hollis, et je profite d'une réédition chez Fire pour m'offrir à nouveau et à neuf le son et l'écriture extraordinaires de « Hex ».

Bark Psychosis 1994 « Hex » label : circa circa / 2017 fire records





vendredi 1 décembre 2017

A.Savage



Quand je l'ai vu se désaper, j'ai tout de suite su que le sud était passé en hiver. Quelques frissons m'attendaient, un froid dans le dos à l'idée d'arpenter la steppe rasée avec comme seul repère son écluse à péniche. Couper, ébouter et raser, ça m'a toujours posé problème, je prends des cours de jardinage pour me soigner et je suis révulsé à la moindre idée de déforestation.. comment respirer à plein naseau sans bois ni forêt, comment humer l'humus sans feuilles mortes à venir pour régénérer la tourbe ?
L'hiver m'emmerde, moi c'est le sud que je veux, du tiède, du moite, de l'étuve à cramer de l'intérieur, des souffles chauds, mais qu'est ce qu'elle a fait à faire péter la toundra ainsi, faire table rase des arbrisseaux et des conifères, je vais me perdre dans la plaine dénudée, je vais me vautrer et faire chauffer la débâcle, attendre le printemps, déjà demain ça aura repoussé pourvu qu'il pleuve. « Winter in the South ».

La chambre est froide, tamisée, j'avais misé sur un peu de chaleur, il faut dire qu'A.Savage passe en boucle et c'est pas qu'on se les gèle dans la carrée, son parfum à elle a tout du jasmin, une once sensuelle de sucré qui susurre sa peau nacrée, « Thawing Dawn » est en train que me ronger les glandes. Tellement besoin de canicule que je vais me laisser brûler les veines par cet album pervertisseur. Les chansons vandales défilent et je commence à entrapercevoir énormément de chaleurs de son hiver tondu, et peut être je vais finir nu dans la crevasse à en baver comme on saigne un cochon.


Tiens, sont amerloques les Parquet Courts, le A.Savage sonne tellement british, encore un décalage, chaud et froid, ce disque m'a vrillé la tète, c'est un objet attachant et toxique, poignant et foudroyant. Une petite œuvre salope qui me prend par tous les sens, et racole à mort mon spleen de cheval.

Non seulement elle a ratiboisé grave, mais en plus elle a coupé la musique sous prétexte qu'il passe pour la troisième fois, on était justement sur « Winter in the South ». La cavalcade infernale du wild wild wild horse, ça attendra demain, je vais juste m'avachir sur le désert à chercher l'oasis avec encore dans la tète les airs Velvet-Callahan de Andrew Savage solo.

« Untitled » .. vais chialer, dès qu'elle s'endormira ma lisse, je remettrai cette chanson en permanence. Je veux bien avoir la foi, devenir croyant..mais à quoi ??? aux taïgas brûlantes ?? aux étendues désertes habitées par un rock soft et fou de vieux branleur ?? « Thawing Dawn » tout près de Nev Cottee et Simon Joyner pour le quinté de cette année, pas loin du premier.


A.Savage 2017 « Thawing Dawn » label : dull tools


mercredi 29 novembre 2017

Morrissey 17



Malgré l'affection générale que je porte aux expressions de Morrissey, je me suis à nouveau figé sur une chanson d'un album, son dernier. Tout comme « Signs » des The Magnetic North par exemple, je passe en boucle depuis quelques jours « Spent the Day in Bed ».

Pourtant l'album est un ravageur produit hyper produit avec tout ce qu'il faut dedans pour que cette production appuyée n’entache en rien l'art du Smith.
Il y a sa patine, sa voix, qui me rappelle celle de Beautiful South que j'ai découvert il y a longtemps perso bien avant celle de Morrissey.
Dès l'intro « My love, I'd do anything for you » m'a plaqué par sa fureur, guitares sévères et orchestre grave.. tout s'est alors enchaîné logiquement. Mais voilà, j'ai stoppé net comme le coyote sur cette chanson là. 
Il faut voir comment on nous parle, la force forceptienne qu'il faut le matin pour s'extraire et se jeter dans l'absurde gourbi qui nous traîne par les tibias....Abstentionniste du quotidien, recul, hauteur, no boss, no bus, no rain..no train.... bref, je fais une fixette sur cette 5ème plage du nouveau Morrissey peut être inégal, mais très bon jusqu'à la moitié..pour le reste, l'autre moitié, je vais attendre de m'extraire du cageot, du hamac, du padoc, du canap voire de la british balancelle pour apprécier la suite. Pillows like pillars.

Et puis le clavier Supertramp à l'intro de cette chanson là me fait fondre.

Morrissey 2017 « Low in high School » label : BMG

lundi 27 novembre 2017

Murat 17



J'ai rêvé la nuit dernière qu'un cousin jaune avait muté avec un moustique rouge. Les fines pattes du Tipula maxima venaient juste de s'acquérir d'une immense trompe à sucer le sang de tous, à son échelle, c'est-à-dire pas loin d'un ou deux centimètres de pompe à sang. Entre mes murs violacés de cobalt, je faisait don de mes globules sous le son trouble de Muragostang qui distillait dans mes veines un remède aux attaques sanguinaires des longues seringues. J'étais nu dans la crevasse à me débattre comme l'insecte vampire.
C'est pas que j'aime pas les piqûres, juste le moustique pour moi est un fléau.. hématophage, il ne sert à rien dans la chaîne bio, sauf donner à becqueter au oiseaux ce qui est déjà beaucoup finalement. Bref, la canicule d'octobre a donné de faux espoirs aux insectes volants, y'en a même qui se bandent un membre de ouf pour saigner les terriens. Hier encore, le mercure de novembre marquait un franc 14°c tout près de ma Voise du Val de Loire et de mon fitou chambré à boire.

Risque artistique, Daho 17 ou Sheller Albion, il y aura dorénavant Murat N89. Contrairement à « Blitz », il va falloir que je fasse abstraction de la pochette. Et pourtant, jaune et rouge avec du noir et du blanc, on peut le ranger tout près de la pochette « Lilith » avec en couve un de ses autoportraits. « Le dragon a cent visages » en 2003. « Travaux sur la N89 » est pour moi l'album idéal pour mettre en son ses 100 autoportraits bariolés d'alors, beaucoup plus que les 23 chansons définitivement sublimes de « Lilih ». Cohérence décalée, un monstre de liberté, un nouvel album de JL Murat atypique ou pas.La forme bouleversée, moi non plus je n'aime pas le travail.

Il est question d'une mise en danger artistique ces jours-ci, tellement rare par ici, dragon, cent visages, tipula moustique suceur, cerveau dispersé en réveil revigorant, je suis déjà bien attaqué par le désordre rassurant de la N89 en branle, je sais pas où je vais, dans quel rêve tarabiscoté. Cette artère qui traverse tous les axes principaux Nord/Sud dont parle le plus, Murat n'a jamais roulé dans le même sens que les autres.

« Morituri » est une pépite, pourtant commercialement moyen, absence de tournée imposée, on en démordra pas avec les grands artistes irréversibles de par chez nous, pas maudits mais presque, ça fait parti du jeu, on les aimes comme ça, juste nous, moi et mon envie de les voir tout le temps et le plus possible chanter et œuvrer quoiqu'il arrive. Et tout ce qui arrive d'eux est bien. L 'expérimental « Muragostang » est un double live merveilleux. C'est pas pour me persuader ou flinguer mon porte à faux, j'ai beaucoup aimer N89 de JL Murat. Le danger ultime et rassurant de quelques artistes de par chez nous, une nuit avec des mutants , la tète en friche, le cortex en travaux, sur la route avec Murat N89.


JL Murat 2017 « Travaux sur la N89 » label : pias le label







samedi 25 novembre 2017

Daho 17



Assez exceptionnel pour ne pas en parler, n'importe quel prétexte, tout sauf passer à côté. Quelque chose me disait qu'il faudrait en découdre, et que de toute façon, quoiqu'il arrive ça resterait un nouveau Daho.
Le cerveau claudicant, la première écoute fut si troublante que je me suis rué à bras le corps sur cet album, rentrant dedans physiquement, écoutant sans cesse du matin au soir pour en démordre, comprendre et déguster la moindre once d'éclair. Surtout n'en perdre aucune miette, une telle chose arrivant par chez nous est trop rare pour ne pas le brandir.


C'est un risque artistique, ou plutôt nan, une continuité logique sous d'autres azurs, ou plutôt si de l'audace sur un travail faramineux et une certaine vision assumée d'un monde au cortex musical unique.. enfin nan derrière y'a la montagne Daho, enfin si malgré l'Eden de Satori sous des ciels brûlants d'une année qui va s'achever sous les facette kaléidoscopiques des tangages indéniablement talentueux d'Etienne qui pourrait dormir tranquille sur toutes ses invitations depuis quelques décades et qui remet tout à plat ou presque. Cet album marquera.


Des scintillements, sublimement coloré, électrique et dandy, contagieux et courageux, risqué, ou plutôt nan .. enfin si.. Daho mais risqué, mais Daho...mais Daho.
Va falloir le placer un peu partout sur la planète ce brûlot pop de par chez nous, pas si visible que ça sur les stand depuis une semaine ce « Blitz » de dingue je trouve. Je m'associe avec mon Mister T pour vous dire que ce nouveau Daho bourré de références, en posologie excessive occupant toute ma semaine, est un véritable chef d’œuvre à tous les niveaux. Entre Brando et Barrett, le véritable monde sombrement lumineux d'Etienne Daho.

Impossible de laisser passer un truc comme ça.

Etienne Daho 2017 « Blitz »

mardi 21 novembre 2017

Baxter Dury 2017



Les albums de Baxter Dury au fil des ans s'installent systématiquement dans les sommets pop rock. Malgré la gravité des ondes, le contexte amoureusement dramatique de l'artiste, comme s'il fallait monter la dune du Pilat à quatre pattes, « Prince of Tears » les surclasse tous. LE disque du genre de l'année de toute la carrière du célibataire anglais.. et vive le Cokney.

La basse est géniale, la voix fidèle, l'accent..le tempo...toutes les chansons tubesques, la classe.

Baxter Dury 2017 « Prince of Tears » label : pias lelabel

vendredi 17 novembre 2017

Barclay James Harvest 70/76




 





Le hasard fait bien les choses, sans aucune autre raison, je rebondis sur les acronymes pour parler des BJH, groupe anglais né en 1967 et qui a marqué mes 15 ans .



Faudrait pas non plus sans cesse crier au génie, il est des choses artistiques nécessaires au ronronnement du quotidien, au confort des sons fidèles qui soignent, et comme disait Murat, « le cours ordinaire des choses me va comme un incendie ».
C'est pourtant un grand bouleversement dans ma discographie lorsque la même année les Dü balançaient leur grabuge Zen, moi je prenais religieusement le « Live Tapes » des Barclay James Harvest exposé comme ça, dans les rayons reculés d'un hypermarché révolu le plus proche de mon bled d'enfance, Rallye. J'avais d'autres disques à écouter, je ne m'attendais pas à cette brèche, c'est celui-là à la pochette fantastique.

Planant, un son de guitare, deux voix et deux écriures complémentaires comme Supertramp, et une colossale discographie s'ouvrait à moi. Il aura fallu des années avant de tout me procurer, bibli, achats, et le premier Lp juste après ce live, trouvé à la « Pie qui chante », le disquaire pointu de Chartres à l'époque : « Octoberon ».
Rock romantique, psyché prog de baladin anglais errant à travers les collines vertes des îles britanniques. Le clavier sur « Rock'n'roll star » et les accords qui embrayent, les premiers accords de « The world goes on », le barré lyrique du clavier fou Wolstenholme, le final poignant « Suicide »....



Bien longtemps plus tard en approfondissant leurs opus (avec juste une mobylette pour remplacer internet), je suis tombé sur une K7 audio de chez Fame, le premier Lp des BJH 1970. Méconnaissables, un peu comme le blues trempé « This Was » des Jethro Tull, et les deux premiers albums rocks psychés des Supertramp. Je défi quiconque sur la jig folklo rock « Talking sometime on » de trouver direct BJH. « Mother dear » à pleurer, complètement de pas d'ici, d'une autre ère , un truc qui n'a pas exister des lustres. Au début, comme les Beatles, impossible de savoir qui chante, Lees, John voire Wolly. « When the wold as spoken » avec son intro cathédrale et son décollage jazz pop psyché à l'orchestre de fond « Medle » ou Sgt Pepper, à la limite du juste pour la voix.
« The iron maiden » comme parler d'un tel morceau sans se perdre, sans avouer n'importe quelle faiblesse irréversible.
« Dark now my sky ».. épopée prog de la même puissance folle que « Atom Heart Mother », ou « Try Again ».
Le mellotron à la Crimson est un peu partout. Contrairement à Supertramp , la formation initiale du groupe n'a pas changé (départ de Wolly en 77).




Le premier album de Supertramp est pour moi le coin poétique rock le plus reculé de ma discographie, un mythe très perso. Juste après, il y a le premier album de Barclay James Harvest. Improbable, méconnaissable, la substance et la genèse, une folie pure, unique.

Un papillon par pochette, celui d' "Octoberon" occupe toute la couverture, des ailes de nacre, une dentelle fabriquée avec les pièces de la monnaie du pape, la graine lunaire.. celui de « Their First Album» est découpé en vitrail.

Juste avant quelques 45T superbes « Early morning », juste après les classiques arrivent, « Mocking bird » « She said » « Medicine man »... « Child of the universe ». Pour les mélomanes je conseille (une nouvelle fois) ce coffret définitif 5CD « Taking Some Time On » the parlophone harvest years (1968-73), et "Octoberon" qui sort ces jours-ci en double réedition.


Barclay James Harvest 1970 « their first album »
Barclay James Harvest 1976 « Octoberon » label:harvest









mardi 14 novembre 2017

FKJ CFM JFDR PVT DBFC BNQT OMNI ........ 2017





J'aime ..j'aime pas.. moi un truc qui me débecquete c'est les acronymes. Dans tous les discours officiels, les réunions, les bavardages professionnels y'a des raccourcis d'initiales. Incompréhensible, codé, un langage de secte administrative, histoire d'aller plus vite ou de se la péter.. ou plutôt de s'enfermer dans un groupuscule élitiste de qq employés du même monde qui ont l'impression d'avoir inventé un langage. BDM.. euhh bordel de merde on ne comprend rien à ces cerveaux automatisés en bugg permanents.

Bon, vu comme ça, ça reste pour moi une participation difficile à une énième réunion pour rien, une matinée entière, mais les initiales strictes débordent sur la musique. 2017 le record et un paquet de nom de groupe qu'il va falloir se sortir grave les doigts pour s'en souvenir. Ou alors c'est pour brouiller les moteurs de recherches  histoire de décourager les élans illicites et curieux.

Dans l'histoire ça reste anecdotique et quasiment ponctuel, AC/DC ou REM ( rapid eye movement), FFF pour faire plus sport... tant que c'est pas une tendance.
Moi même il m'est arrivé de participer par fainéantise, BJH pour Barclay James Harvest mais c'est plus de l'intimité ;D, tout comme les Chris Robinson Brotherhood qui se font maintenant appeler CRB, Anthony est devenu ANOHNI, le management est par chez nous MGMT, HK vient de sortir un album et LDC du Soundsystem ça veut dire Liquid Crystal Display.. bref, jusque là, on s'en sortait sans trop de maux de crâne. Il paraît même que AIR serait en fait l'acronyme de Amour Imagination Rêve !! Même le grand chauve des Smashing vient de se coller un WPC (William Patrick Corgan … quelle horreur ce disque, cette voix).
2017, c'est la cascade, l’hémorragie, ça défile comme une mode, ça schlingue et je m'y pers...2017, que des LPs...c'est parti :


FKJ 2017 « French Kiwi Juice » label : roche music
CFM 2017 « Dichotomy Desaturated » label : in the red recording
JFDR 2017 « Brazil » label : white sun recherches
PVT 2017 « New Spirit » label : felte
DBFC 2017 « Jenks » label : difference
BNQT 2017 « Volume 1 » label : dualtone
OMNI 2017 « Multi-Task » label : trouble in mind
EMA 2017 « Exil in the Matter Ring » label : city slang
PNL 2017 « Dans la Légende » label : QLF
MHD 2017 « mhd » label : artside/capitol
BNRS 2017 « Sugar High » label : yokanta

et pour les plus connu en 2017 :
Alt-J
NLF3
IAM
LCD Soundsystem
ANOHNI
MGMT
The XX ….

Quant à savoir ce qu'il y a dans ces disques … ah si, j'aime beaucoup les errances Lo-Fi psyché de CFM « Dichotomy ». Sinon je suis tombé sur quelques prise de tète JFDR, guidé par la belle pochette, et des trucs franchement très moyens. C'est comme ça, une pluie d'acronymes et je bloque, comme un briefing sur la musique. Y'a surement des trucs bien, mais je mélange tout, de la soupe de lettres.. y'a t'il quelqu'un pour me guider ??









dimanche 12 novembre 2017

R.E.M. 92



C'est un peu la fête à la musique ce week end, le groupe portant le plus bel acronyme de l'histoire musicale nous ramène 25 ans en arrière en célébrant la pièce artistique majeur « Automatic for the People ».

« Green » en 1979 donne une nouvelle teinte au groupe d'Athens, le ukulélé apparaît et va exploser planétairement sur « Losing my religion » deux ans plus tard, 1991, « Out of Time ». C'est la transition, dorénavant REM passe à la postérité permanente.
Ils refusent la tournée du succès, ils entrent de suite en studio, et juste un an après l'incroyable succès, « Automatic for the People » est dans les bacs, permanent, constant, magnifique encore plus que son précédent un poil hétérogène. Aucunement ébranlé par un succès tardif (en Europe surtout.. ils jouent quand même depuis 1980), le groupe emmené par le génial Michael Stipe, propose ce qui sera le sommet d'une carrière qui mettra fin en 2011.

Au studio Scott Lies est à la prod, et John Paul Jones arrange les cordes. D'un sérieux époustouflant les chansons défilent plongeant la sensibilité dans une suffocation lacrymale, un contentement des sens, un sentiment de perfection incarné par le charisme magnétique de Stipe, un autre génie de la chanson, sans oublier Bill Berry, Peter Buck et Mike Mills. 1992, R.E.M. décide de reprendre la route, la tournée pour les deux albums, la musique aura dès lors une couleur de plus. Le bonus du coffret disponible depuis avant-hier offre un concert inédit, la captation du retour sur scène de R.E.M. au 50 watt club.... quel son, quelle prestation, quel objet.

La tète tourne quand on étale toute la discographie du groupe devant soi, tout est indispensable, le monstre « Monster » avec cette hymne grunge « Let me in » ; le monument « Up » ; le plus écouté chez moi « Around the Sun » ; le « Reveal » que j'ai négligé à sa sortie et qui me colle à la platine de plus en plus; la transition « Green », l'explosion « Out of Time » ; la constance folle de « Murmur » à « Documents » et la fulgurance efficace des deux derniers « Collaspe into now », et « Accelerate ».
Là il s'agit de Automatic célébré avec un son sublime, un rajeunissement dans ses plus beaux habits...photos, poster, démos, concert, et un inédits en duo avec Natalie Merchant.

Rare sont les artistes qui font coïncider la qualité de ce niveau là avec le commercial de cette envergure ci. R.E.M. c'est de la pop aux allures faussement rock, des racines de country modernes engloutie par du celtique et beaucoup de mélancolie. Tellement de chansons en accords mineurs.

Je persiste et signe R.E.M. est le plus grand groupe pop rock outre-Atlantique. Ma chaîne est en pâmoison.

R.E.M. 1992/2017 « Automatic for the People » label : warner


jeudi 9 novembre 2017

Simon Joyner 2017



Simon Joyner au physique Townes Van Zandt et à la fragilité récurrente vient de se fendre d'un massif en bois brut, rêveur et Dylanien. Mais pas que.

Après presque une heure de ballades folk rock comme si Damien Jurado voire Jason Molina, était incarné par Daniel Johnston, juste comme ça, pour nous amollir la crânerie, voire nous écorcher la moelle, Simon nous dévoile son rêve habité. Avec les mots de Woodie Guthrie sous des prétextes Velvetiens, Lou Reed est venu hanter ses songes, juste après la légèreté de « I'll fly away ».Comme si on y était.

80 minutes, un double album, 12 promenades et un rêve de 20 minutes sur une seule face, vu comme ça, on pense à un bilan administratif, une cote pour une mission accomplie, un graphique..
« Step into the Earthquake », c'est juste une montagne en bois massif, un malaise amer, un mal de terre contemporain, de la sciure à perte de vue, l'érosion qui dégouline dans la mer.

« Daylight » m'a tué.

Simon Joyner 2017 « Step into the Earthquake » label : shrimper / ba da bing