jeudi 31 janvier 2019

Miles Davis 1975



J'ai vu un cul dans le ciel. Dos courbé, deux fesses dessinées, fascinant, des nuages façonnés. Tout comme je peux être anéanti par le gris du jour, les ciels d'averses me renversent comme un fou. Entre deux giboulées, un cul juste au dessus se cambre, un peu plus haut que les peupliers qui se balancent.
Le vent se lève sur « Agharta », il balaye et peigne le cul, l'arrondit. Prélude et Interlude dans un élan stratosphérique. Pas le temps pour moi pour une quelconque évaporation, me fondre vers ce cul qui s'éloigne. C'est improvisé, fin d'après midi, ce soir c'est « Pangaea » qui sculptera la voûte.
Les rafales m'ont grillées, elles sont allées juste au dessus des peupliers enflammés caresser ce cul rougi dilapidé.

Le ciel dessine tout à sa guise, boomerangs, nounours, montagnes et omoplates, ce soir c'est un cul, magnifique, galbé à souhait, ce bi-cumulus d'outre-coton, fier et généreux, avec au fond le haut du crane cumulé qu'un souffle virtuel a dressé juste derrière, au dessus des peupliers. Il s'éloigne, se muscle, le soleil se couche, ciel de lave, le rose aux joues je suis sur le cul, Miles Davis comme un certains 1er février 1975 à Osaka, électrise mon casque sous un ciel torride.

Miles Davis 1975 "Agharta" - "Pangaea" label : columbia



mardi 29 janvier 2019

Jonasz 75



Tiens, une tendre petite transition, « Sous les Lilas » de Belin, sous lesquels j'y ai vu un regard. Une vague idée vers cette « Chanson pour tes yeux lilas » de Jonasz, j'y suis venu en fin de soirée, juste après avoir éclusé à outrance le « Persona », ressassé comme l’obsession. Il est aussi question de « Nuit bleue » dans cette chanson du bel album 75 de Mister Jonasz. 

Son premier album mythique était assez décousu. Celui là, le suivant est comme un concept de belles chansons toutes ravagées de tendresse et de sentiments délicats, comme on va faire des ricochets, histoire de réveiller en douceur l'huile de l'eau d'un lent ruisseau. Il y a du miel et des violettes, c'est surtout les vacances au bord de la mer, une touchante scène déposée sur une toile impressionniste.

Il y a des idées de prix Charles Cros, récompenser les plus bels albums de par ici, des sommets comme Bertrand Belin sous le lilas.. avec en dessous un regard à la terrasse d'un café qui m'a embarqué vers une nouvelle nuit blanche et bleue et quelques songes de printemps....
…...je voudrais une fête belle et nacrée. Du vert tendre et des âmes ondulées, dériver tendrement sous les coups lourds d'un mercure généreux. Des ombelles à fleurs sous quelques cerisiers roses.
Je voudrais laisser au patère mon parka, mes lourdes fripes trempées et ma fatigue du gel qui colle aux grolles.
Je voudrais faire du zèle et susurrer aux yeux lilas le blanc et le pourpre, et que la friche résiste au froid en laissant le souci se passer du soleil.
Je suis jaloux des pays sur le même globe que moi, sur lequel il fait beau., là où déjà le Syringa tient la dragée haute au cobalt du ciel. 
Le saphir comme une seringue distille des parfums mauves.


Michel Jonasz 1975 « Changez Tout » label : WEA


dimanche 27 janvier 2019

Bertrand Belin 2019



J'avais pas vu que tu avais les yeux couleurs de lilas, celui qui se balance au dessus de toi..
nan, je cherche pas à détourner....
mais oui je suis d'accord j'ai merdé.... en fait, je ne m'attendais pas à.. c'est pas impossible oui, mais là où j'étais j'ai pas géré, il faut dire que sous cet angle j'avais la façade en pleine face et la rouille avait oublié l'eau d’ici, ouais c'est sûrement l'inverse... ceci dit, l'autre là elle n'avait pas à être là, juste dans l'axe de mon angle perdu..
Tu me connais, c'est impossible de résister, qui-que ce soit à mon cou touchant le zinc.... même avec tout ce ramdam autour de nous je m'oublie souvent... et le zinc c'est à cause de toi.
Nan, je n'ai rien allumé du tout, c'est le brouillard qui prend la lumière des réverbères, et puis ce lilas au dessus de toi dans tes yeux..
Moi moqueur??? ..tu as beaucoup de chance de m'avoir tu sais, parce que je suis fou de toi et rien que pour ça... ne soupire pas, et arrête un peu, je suis pas un branleur... mais...je vois tout, j'absorbe tout, je suis là, surtout oublie mon cou nous allons nous mettre en retard sur tout, j'entends tes gestes dans mon fort intérieur.... ??? mon porc intérieur !!!?? tu exagères, oublie mon cou. Je vois tes fuites et je fugue, je te jure je glisse et tu ne suis pas, je ne suis plus.. déguerpir ?? la nuit est trop bleue pour ça.
Oui, je suis d'accord avec tout, l'angle a fui lui aussi, j'ai confondu l'ordonnée avec l'abysse...c'est à cause du lilas au dessus de toi, il a la couleur de tes yeux... il n'est pas en fleur ?? tu es sur ??

Tu verras il restera des fossiles de nous deux. Allez viens, je t'en supplie arrête tes coups de tète.. rentrons, on va écouter Bertrand Belin, il est sorti vendredi, « Persona », c'est un petit bijou, « Bronze » tu vas fondre.. viens, on l'écoutera sur notre lit mal gaulé... quoi ??? Matthieu Chédid aussi est sorti vendredi  ?? ouaih et alors ?? ah ok... nan nan, tu as raison, le lilas mauve c'est bien plus tard, genre ne te découvre pas et file, oublie mes jambes aussi.. à mon cou.



Bertrand Belin 2019 « Persona » label : cinq7




Une première partie, tout a commencé .. Dominique A période « Nanortalik », juste lui, Bertrand et Tatiana dans l'"Hypernuit". Une affligem sur les trottoirs du Casino juste après, lui parmi nous, hyper-accessible.  Lui comme lui, c'est autant les livres que les disques, la belle littérature dans les chansons, "Requin", "Littoral", "Grands Carnivores" , un tourbillon de mots, de ceux combinés même juste par deux, font des mondes dessinés dans la plus belle des postures ordinaires. Quand il y a la musique en plus, on touche à l'extase. Il faut compter sur ses doigts les artistes qu'on écoute le livret à la main.








jeudi 24 janvier 2019

Gaz Coombes 2018



Je garde le filon des vieux groupes qui perdurent. Rajouter une décennie pour eux, pour lui. « World's Strongest Man » est un super disque. Super grâce à Gaz, bien loin de son groupe.

Pour être franc, j'écoute cet album depuis quelques jours parce que j'aime répéter la chose quand plusieurs fois de suite avec un disque qui ne me quitte pas, je colmate certains moments de transitions journalières qui nécessitent du rebouchage avec de la musique pop rock. Et là, cette musique pour la troisième fois consécutive rebouche, suffisamment pour que j'aille explorer l'affaire, me plonger dans le CV du Gaz.

Sérieux, c'est lui ?? je sais, souvent mon cerveau rame à canaliser et colmater, j'ai pourtant une mémoire pour certaines choses, la musique par exemple, mais là, au blind test je perds une blinde. Sérieux..Gaz c'est lui ???
Des wagons de retard, et je dis as ça parce que je suis dans le train qui pinaille.

Sa liberté donc, un très bon disque qui se laisse écouter, une amplitude vocale entre Courtney Taylor-Taylor et Bono avec une virée Mercury Rev. Mais oui, on tortille, mais c'est pop rock.

Bon, je reprends depuis le début : Supergrass.. vous vous souvenez ??? le groupe pop rock à succès.....Ouaih mais bon là c'est chaud, on me dit rien à moi. Je retourne colmater pour une nouvelle petite transition.

Gaz Coombes 2018 « World's Strongest Man » label : hot fruit recordings

lundi 21 janvier 2019

Deerhunter 2019



Un autre groupe ancien que je traîne depuis leur début. Pas de haut, ni de bas, la route, le cap. Comme Great Lake Swimmers après quinze ans de création, le dernier album de Deerhunter monte un cran plus haut, dépasse tous les autres. Quoi de nouveau ? Les mélodies plus ciselées ? Cate Le Bon entre autre aux manettes ? Une lumière neuve qui provient plus de l’extérieur comme si le groupe avait soudainement foutu le nez dehors, en plein jour, légèrement aveuglé par un soleil radieux des quelques plaines plus vastes? Y'a même quelques moments où je les reconnais à peine.
Peut être c'est moi du coup, un moment précis où tout passe et s'ouvre, réceptif au changement léger, disponible enfin pour apprécier ce groupe pleinement, réveillé par une belle pochette..

A quelques arpents des mélodies d'une belle idée qui me laissait moyennement heureux, je suis embarqué dans ces nouveaux éléments et savoure enfin le travail du collectif de Bradford Cox.
La discographie de Deerhunter commence à être conséquente, parcourant les styles, je reste bloqué sur cette fraîche et belle nouveauté 2019.

C'est beau, moins sombre et pourtant, rien n'a encore totalement disparu.

Deerhunter 2019 « Why Hasn't Everything Already Disappeared ? » label : 4AD

jeudi 17 janvier 2019

Great Lake Swimmers 2018



Plusieurs jours déjà que les noisetiers ont commencé à ventiler la poussière de chaton. Le gris froid brouille les pistes, pourtant les jours rallongent et les corylus chantent à nouveau.
Quelle autre chanson que « The talking wind » pour fêter ces jours nouveaux, ce timide souffle pollinique d'une bouche qui s'enflamme …
Quand l'hiver commence, tout redémarre en sourdine, mine de rien l'air se charge d'un parfum frais, Great Lake Swimmers sur cette douce lueur propose son plus bel album, quinze ans après leur pastorale apparition. 
Des cuivres déjà sur "I Talk to the wind", il y a 50 ans. "The talking wind" un printemps en hiver.

Great Lake Swimmers 2018 « The Waves, the Wake » label : nettwerk


mardi 15 janvier 2019

Idaho 2000



C'est exactement celui-là, sans trop savoir dans quoi je m'engageais à l'époque, c'est ce disque là à la pochette noire et blanche avec pour réchauffer l'ambiance du bronze qui brille (rien à voir avec Summerville) qui m'a définitivement embarqué vers les californiens d'Idaho.

C'est pour l'avoir aperçu dans les pages de Magic juste après avoir parlé de Micah P Hinson, qu'il m'ait venu l'idée de parler de « Hearts of Palm », cette petite pépite oubliée qui célébra à son age l'entrée dans le nouveau millénaire. « Happy time » et à l'époque, je pensais à notre Idaho à nous , Perio et son sublime « Medium Crash » sur lithium.. j'entendais aussi des sons Lo-Fi slow core tel Logh, Chokebore, 90 Man Days, et surtout Sparklehorse. On vaporise des humeurs graves sur des amplis sans fioriture, du lancinant qui tape aux persiennes, avec dehors la mollesse d'un paysage nocturne et tropical.

Je crois bien avoir sombré sur « For granted », paysage plus ambiant et distordu de Jeff Martin sur « Levitate », album suivant. Ses envolées planantes doucement électriques sont magnifiques, tout autant que ses balades piano « On the shore ».
Puis il y a eu le relais Talitres et le plus expérimental « The Lone Gunman », et puis je retrouve ce Ep oublié « The Forbidden Ep – Alas : special edition »97/2008 aux époques Caroline Records .... Je suis dans tous les états, les dates, aussi Idaho est reconnaissable d'entre tous, ceci, celui-là , « Hearts of Palm » est sûrement l'épicentre.

Mon vieux disque est là, le boîtier fendu sur des buildings à palmiers, une carte en fond de Los Angeles City avec posé dessus un disque au onze morceaux incontournables signés Martin/Seta, ou Jeff Martin seulement. Il est des indices de rangements chez moi, Sparklehorses avec Idaho, Granddady et les autres, ceux cités chez le Micah d'hier. Un sacré petit paquet de groupes incontournables. Dans tous les états, from USA.

Talitres donc, a ressuscité ... un beau vinyle ... sans bonus... "Hearts of Palm" le pur.


Idaho 2000 « Hearts of Palm » label : idaho music



samedi 12 janvier 2019

Micah P.Hinson and The Musicians of The Apocalypse



Dans la lignée du sillon époumoné des écritures à l'arrache, posées sur des lassitudes en pâture aux souffrances et à la pénibilité des âmes, jetées aux crevards, soiffards et crèves la dalle, Micah P.Hinson grouille depuis quelques années au creux des épicentres .. Molina, Jurado, Callahan, Hawley, Crawley.... 

C'est une grande pièce que cette sublime noirceur.

Micah P.Hinson and The Musicians of The Apocalypse 2018
« When I Shoot at you with arrows, I will Shoot to destroy you » label : full time hobby.

mercredi 9 janvier 2019

Penelope Trappes



Me recentrer, le gris donc. Je me suis laissé happer par le souvenir nacré d'un automne lumineux alors que les aulnes commencent à saupoudrer. On est peu de chose.
Là, il y a à peine une heure, une douce percée de soleil a branlé ma torpeur, le retour au pastel a effacer d'un vent léger tout ce gris depuis. C'est pourtant lui qui se pose sur ma soudaine lucidité. Je contemple ce morceau de bleu ciel lâché en pâture avec les ondes planantes de Penelope Trappes.

Je l'ai pris d'un seul coup, au casque, juste avant de voir son gris sur papier, ou plutôt son monde noir et blanc. Grisé je me suis laissé engourdir par ses plages argentées. Quel gris, le souffle caniculaire d'une dune ravagée par la lumière astrale, ou celui froid que je vis depuis des jours entiers au creux de mes plaines ? C'est peut être musicalement la même chose. 

Tout son art prend sens à travers ses images, celles qui se percutent aux nôtres, ses gris contagieux qui embellissent le son. Écouter et feuilleter, visionner. La vie d'encre, lavis à chiner des sons travaillés, flotter sur la grisaille. Je découvre Penelope Trappes.

Penelope Trappes 2018 "Penelope two" label : houndstooth



lundi 7 janvier 2019

Hatfield / Oldfield





Tiens, en passant, puisqu'on y est, une petite transition du thème à pochette, de celles qui se ressemblent et qui appellent à plein d'autres choses que la musique contenue dedans.
J’adore les trilogies, il n'y en aura que deux cette fois-ci, via Canterbury, via Virgin, via ciel et terre.

Tellement d'âmes habitent nos horizons, en haut ou en bas, ou nulle part. Le ciel est noir de monde, la terre regorge de nos carcasses, Oldfield, Hatfield, pas mal non ??
Transitions... le rosé tend vers le beige, Canterbury est encore ici, Oldfield lui-même a traîné ses cordes pas loin de cette école là. Lui a beaucoup changé et a fait chanter, c'est pas pour autant que j'ai délaissé. Je me souviens juste qu'à l'époque ce disque est passé pas mal de fois. Toujours ce long morceau en face A, Hegerland remplace Reilly, mais pas que, Bonnie Tyler vient tenter le coup. C'est à écouter ou non, curiosité ou pas.

Quant à Hatfield de la belle école, c'est du pur jus du genre, le terreau, on s'enfonce un peu plus dans le prog foutrement délicat, y'a du beau monde et j'espère que la guest vocal de Robert sur une chanson ne vous aura pas échappée.

Hatfield and the North 1973 « Hatfield and the North » label : virgin
Mike Oldfield 1987 "Islands" label : virgin


 

samedi 5 janvier 2019

Caravan / Jefferson Airplane / Love





En panne sèche de trucs à écouter, sûrement le gris qui tape, le clair plomb du ciel qui mine, je matte la brillance des troncs et je pense aux jours précédents quand le nacre nous arrosait encore la tronche. Un dimanche d'octobre il aura fallu que la lumière de dehors viennent me tirer de mon silence dominical pour que j'aille choisir ces trois albums là. Ils n'ont jamais été rangés, ils faisaient coïncider les couleurs, je les cherche aujourd'hui ces couleurs, j'y repense et j'écoute à nouveau ces trois albums pas rangés.

La fin d'après midi calme avait éteint les arbres, tout était devenu pastel, rose, doux, une tendresse qui pourtant me susurrait la fin du silence, ces airs 70's pop rock doucement psychédélique qui allait traîner ma soirée au fil du rose qui se pâlissait.. j'ai glissé doucement sur l'incontournable à la pochette nacrée, je glisse encore et les remets en espérant une trouée, qu'un rayon pâle passe à travers. Il n'y a plus que le brun marcescent, quelques gousses cramoisies.. messe incantation je passe du vieux en pensant au passé.

Canterbury dans ses œuvres, Love 69, doux psychédélisme from Frisco..... la nuit tombe, pas l'ombre d'une rose lueur...

Jefferson Airplane 1967 « Surealistic Pillow » label : RCA
Caravan 1971 « In the Land of Gipsy and Pink » label : deram
Love 1969 « Four Sail » label : elektra