mardi 13 octobre 2015

Bertrand Belin 2015



Cette manie de Devant d'aller fouiller derrière la pile de magasines entassés depuis des années.. que dis-je, des décennies. Chiche ! N°78 mars 2004 pris au hasard dans la pile magique de la revue pop moderne. Magic à l'époque avec une virgule.
Quel numéro ce Tonio, quelle idée est-il allé me souffler, comme un tic que je vais surement garder. Quel numéro ce 78 de printemps musical.. en vrac des sorties d'alors: le « Weather System » d'Andrew Bird, The Coral, Polar, Octet, Explosion in the sky, Stereolab, Alias, Girls in Hawaï, Zero 7, Refree, Blonde Redhead, Liars, Oneida, Matt Harding, The Experimental Pop Band, Dominique A « Tout sera comme avant », Scissor Sisters, Miossec en « 1964 », Hymnie s Basement, Feist, Daniel Darc et son « Crève coeur », Autour de Lucie, Franz Ferdinand tout neuf, l'apparition de Encre...

 
Et puis ce formidable album du mois de Pierre Bondu, « Quelqu'un quelque part », un grand disque de part ici à ranger parmi mes meilleurs, tout près de Julien Baer 1997 par exemple, ou « Le dernier présent » d'Alexis HK, ou encore « Parcs » de Bertrand Belin, histoire de rester dans la même famille. Tiens, justement, Bertrand Belin, l'imparable auteur compositeur guitariste écrivain qui embellit nos bacs et nos platines depuis 2004.
 
 
« Hyper nuit » est un chef d'œuvre, « Parcs » est un hyper chef d'œuvre, « Cap Waller » sa nouvelle production que je découvre en feuilletant quelques pages de magasine ou Pierre Bondu s'est affiché album du mois en mars 2004 s'installe solidement.

 

 

« Cap Waller » est plus pop, groove, enlevé, burlesque, éclairé et balancé. Une nuance se dessine, une couleur un déhanchement plus fauve que d'ordinaire.
 

Encore une idée de noyade qui flotte, comme du temps de « Peggy » sur « Parcs » et qui ramène vers son livre « Requin » .. quelle écriture! chaque mot une tonne d'images entêtantes, comme dans ses chansons, quel verbe fantastique! un livre savoureux.
Bertrand Belin, c'est un tout, jeu de voix, guitare rassurante, mots ciblés, ambiances malignes, vidéos folles.
 
Depuis que je griffonne ce billet, « Cap Waller » passe pour la troisième fois, une contagion me monte le long de l'échine, remonte encore et me raidit le cou pour tendre l'oreille, mieux écouter à nouveau et venir rejoindre les Hyper-Parcs. Ce disque est fou fou fou, juste ce qu'il faut, une folie littéraire et musical, un style, une façon de chanter, les morceaux défilent et je suis pris de soubresauts, de tics syncopés, il va falloir que l'on songe à parler le folle. Mais je bavasse et me répands au fil des vers appuyés et du son cyclique, faut nager et se laisser appâter quitte à se noyer.
Chez Belin, la finesse est telle qu'il faut absolument se laisser engluer dans ses écritures pour savourer sans bêcher les embuches, toute la subtilité des saynètes et du mot juste.

 
Oui, comme le dis si bien Pax, il n'y a pas de hasard, et de par Devant je suis allé vers l'arrière pour fouiller et tomber sur un certain album superbe en écoutant le dernier opus de Bertrand Belin qui pointe assurément le bout de son cap sur l'idéal que je me fais de l'hyperbelle chanson de par ici.

Bertrand Belin 2015 « Cap Waller » label : cinq7



8 commentaires:

Devant Hantoss a dit…

haaaa mon charlu, j'ai moins de folie fantaisie que toi. Mon métier déteint sur moi et quand je fouille le passé je suis un fil, je suis peu capable de plonger au hasard. Mon fil c'est MAGIC - 2ans. Pour le Jazz je suis lentement les pages d'un bouquin. Assayas et son dico sont un autre fil etc... Comme tu le vois j'aime être entravé.
mais ta chronique, et d'autres aussi, est aussi pour moi un espace de découverte, et je compte bien m'arrêter un peu sur le dernier Belin ou un de ceux que tu cites, mais un seul. Le Baer que tu racontes un peu aussi a achevé de me convaincre, j'était tombé sous le charme... à cause du frangin, rien à voir avec de la musique mais encore une connexion. C'est ça j'ai besoin de rester connecté.
Un de ces quatre je vais quand même raconter mon premier MAGIC, ma tentative de remonter le temps des publications grâce aux médiathèques et le plaisir de retrouver une lecture équivalent aux Inrock mensuel... Avec hélas toujours cette façon de se prendre au sérieux, le seul bémol que je reproche à MAGIC.

charlu a dit…

Mais arrête avec tes challenges :D Me souviens plus de mon premier Magic!, devait surement avoir une cove Dominique A. Z'avaient la qualité d'un fanzine à l'époque. Je suis d'accord ils se prennent au sérieux, et même ils tournent en rond, tjrs les mêmes cibles, des groupes récurrents, de l'ennui et des aprioris. Je ne feuillète que les chroniques, les reportages je m'en bats un peu. Et un truc qui m'énerve terrible, c'est les billets sur des albums qui vont sortir plusieurs semaines après, comme pour nous montrer.. eh nous on les a bien avant vous les disques. Sauf qu'une fois lu, une fois l'album pas dispo, j'oublie, et quand il sort, le mensuel est déjà rangé dans la pile. Un décalage d'un moi en gros, comme pour surenchérir la rapidité de l'acquisition. Donc, ce qui pourrait avoir de l'intérêt (lire et écouter) est obsolete en sens inverse.. anticipation qui n'accroche pas. Enfin, je pense encore comme un vieux qui feuillète.. les chroniques sont archivées sur le web nan ??
Eh.. Belin, c'est vraiment un truc béton ;D

Pascal Georges a dit…

hello les gars !
je vais aller de ce pas vers ces contrées déclinées ici avec tant de passion.
on revient au débat sur la critique et les écrits - mais ici mon charlu, tu critiques pas pour vendre... juste par passion et 'tain ça, c'est sacrément lisible.
décalage, rapidité d'acquisition ?
rien à battre... juste prendre quand ça vient et écouter, prendre plaisir, trouver sinon le point perso qui accroche et qui sait la phrase, l'idée du pote qui fera déclic...
z'avez tout juste ici les amis - laissez parler vos sentiments !...
(en forme dis donc ce matin..; fait re-beau alors...)
allez continuez donc ainsi en dico, fanzine, hasard, retours sur le passé ou news en découvertes, de tout' j'y (on) trouve le bonheur !

Audrey Songeval a dit…

Moi aussi, il m'arrive de faire du rétrpodélage temporelle sur des magazines. Généralement quand la pile non rangée déborde... Et je feuillète pour savoir si ça vaut le coup de garder. Pour ma part, j'ai gardé tous les inrocks du n°1 à la fin de mensuel. Avec l'hebdo, j'ai continué, mais j'en ai basardé un paquet. Et je les lus plus depui... un vrai bail. *
J'ai acheté un magic dernièrement. J'ai retrouvé un peu d'enthousiasme. Ca me change de Rock'n Folk que je lis depuis une dizaine d'années un peu par défaut et qui me donne jamais envie de découvrir une vraie nouveauté. Sinon j'avais vraiment accorché sur Rock First et sutout j'aurais tant aimé que l'édition Mojo française survive car eux mélaient érudition, passion et analyse fouillée.

Pour revenir sur Belin (c'est quand même le sujet), j'aime bien l'artiste, mais pour l'instant sans passion. J'ai l'impression d'être toujours restée un peu à l'extérieur de son univers. Je ne me sens pas happée comme je l'étais avec Bashung. Oui, parce que, pour ma part, j'en suis toujours à chercher à combler le vide immense qu'il a laissé. Musicalement, Belin est un peu trop sage pour moi. Quand il chante, j'ai l'impression qu'il me parle en me vouvoyant...

Chris a dit…

Quel beau billet... et je partage ton avis sur Pierre Bondu Charlu, quel album superbe que j'ai réécouté il y a peu, d'ailleurs j'ai trouvé son premier qu'est pas mal non plus...
Pour Belin je n'ai pas encore écouté le dernier mais j'avais bien aimé les précédents..peut-être ce côté "nouvelle" chanson française issue des 90s...;)
Et concernant Magic, je dois à Devant de m'y être remise cette année après l'avoir longtemps délaissé et j'ai apprécié en fait de les relire et pour le côté trop sérieux dont tu parles, je n'y fais pas attention, je trouve d'ailleurs qu'il y a de quoi en rire parfois...:)

charlu a dit…

Yo Pax.. c'est cui qui dit kiyé ;D John McLaughin c'est de la pure passion avec du gros vécu dedans.. mais je vais te dire ça chez toi.
Oui Chris, le premier Bondu est pas mal aussi, mais pas aussi définitif que "Quelqu'un..."
Audrey..je lis aussi R'n'F depuis des lustres.. même si eux aussi restent calibrés sur un style, ils sont tjrs là et s'amusent encore comme des gamins. Puis j'ai essayé plein de trucs, Tsugi, Traxx, Eldorado, Noise... puis Serges que j'ai adoré, mais ils n'ont pas fait long feu.. dommage, ils sont arrivés après la disparition de Chorus que je lisais beaucoup aussi. Bref, un mélange de tout ça, c'était pas mal. Sinon j'ai bien peur que le vide restera, pas demain la veille.. Belin, c'est une autre famille.. et j'aime beaucoup sa couleur précieux et littéraire.

Audrey Songeval a dit…

Précieux et littéraire, c'est effectivement ce côté que j'aime.Mais j'ai l'impression qu'il n'a pas encore fait ce dont il était capable s'il osait sa révolution copernicienne. Disons, que j'ai peur que je finisse par enfermer sa musique dans une boite, ce qui voudrait dire que je sais exactement ce à quoi m'attendre. Et ça, en fait, c'est un peu le début de la fin pour moi.

charlu a dit…

Et bien celui là est différent, une autre teinte, plus funk.. Moi je le trouve très libre dans son art à lui..me souviens d'un concert Dominique A avec Belin en 1ere partie.. après le concert, il est sorti prendre une petite bière sur le trottoir avec nous et sa guitare dans le dos. Bon, ça veut pas dire que.. mais... "Parcs" est pour moi un sommet, il est au top dans ce qu'il sait faire.. J'ai trop le cas de Fersen dans les oreilles pour espérer que Belin se barre qqpart ;D (je parle de l'horreur Fersen & the Ginger accident").