dimanche 16 août 2026

Dakota Suite & Quentin Sirjacq 2024

 

Nils Peter a ouvert le passage, vers cette musique ambiante que j'écoutais plus souvent avant. Avant et je me suis souvenu de ce groupe Dakota Suite. Ce néoclassique a toujours été associé à une esthétique de pochette. Fidèles clichés de Johanna, Chris lui est toujours aux manettes du groupe. Tellement cohérent, des arts épousés, une seule longueur d'onde.

Il s'est mis à chanter, je me suis éloigné. Ce n'est pas trop le rejet de son slowcore ambiant interprété, c'est juste que j'aime tellement leur composition déshumanisée, je ne m'y suis plus retrouvé.

L'instrumental est revenu, Quentin Sirjacq pianiste de par ici aussi, et je plane à nouveau dans le contemplatif ondulé. Calmer les murs chauds, déguster la délicatesse des cordes bâtie sur du silence. Le mercure chute sur mon ressenti. Je suis retourné vers ce classique folk moderne et je ne bouge plus. Un délice.



Dakota Suite & Quentin Sirjacq 2024 "Forever Breathes the Lonely Word"



 

jeudi 13 août 2026

Nils Peter Molvaer 2026

 


Inconsciemment l'eau qui manque assèche mes humeurs. J'ai beau vouloir le soleil le plus possible, le ciel sans voile et le vent qui assèche, je n'imaginais pas l'eau loin d'ici tarir à ce point l'espoir et l’insouciance des aurores. Je me lève pour aller combattre.

La petite tiédeur du matin frissonne sous la menace des premières lueurs plombée. Les plumes sous la pervenche rassie, le bec grand ouvert, le calme est pesant et la poussière crépite. L'appel de l'ombre, le goût des pénombres, se calfeutrer et laisser couler la fraîche quiétude de "Be Quiet". La pochette devant les yeux, les pensées ondulent sur une étendue de mer noctambule. L'argent plombée des surfaces à remouds se paye une plongée surréaliste dans un frimât imaginaire. On se balade dans des villes du nord comme pour calmer l’ardeur, tenter le crachin. Il y a bien la douceur de Rome, la moiteur de Bangkok, peut-être là-bas une fraîcheur Eno plane dans un stratosphère pédestre. Clim ECM.



Nils Peter Molvaer 2026 "Be Quiet" 


 

dimanche 9 août 2026

Opus Kink 2026

 


Tant que ça, ça sent qu'ils sont british ? Pas besoin d'aller vérifier l'identité de cette jouissive découverte, il y a cette petite touche classieuse même si la substance anthracite est rêche et les bas-fond teintés de poésie dépravée. Je me suis senti comme dans un vieux cabaret fantomatique qui passait du Poni Hoax, Jack the Ripper, Pogues, Cake et Space. Le cuivre en bouée, la folie maîtrisée dans le jeu tonique et visqueux. Légèrement décadent, ça sent la poudre multicolore. Remugles d'alcools mélangés, saveurs de suie et de graillon avec quant même la petite fenêtre du fond qui laisse passer l'air iodé et lourdement humide d'une nuit épaisse et diabolique.

Opus Kink 2026 "The Sweet Goodbye



 

jeudi 6 août 2026

John Frusciante 2009 ... 2005, 2004...

 


Tout d'abord, il n'y a rien au dessus du sommet « Shadows Collide with People » avec cette collection tubesque de morceaux d'envergure (« Carvel » ; « Omission » ; « Regret » ; « Every person » frissons à chaque écoute ; « Wednesday's song » « Song to sing when i'm lonely » ; « Cut-out »). Voilà, ça c'est dit.

Maintenant le chemin qui m’amène à « The Empyrean ».

Le dernier Coxon et l'extraordinaire carrière solo d'un guitariste abîmé, accroché à un monstre. Le génie en retrait, la respiration réparatrice. Son sublime dernier album oublié m'a envoyé directement vers l'opulent Frusciante. J'en ai pour quelques albums à chaque séjour chez lui, juste après m'être emmanché « Shadows Collide.. » donc. Et quand l'effet du sang ne me suffit pas, je vais me finir chez Ataxia (même graphisme de pochette d'époque) jusqu'à perdre l'équilibre.J'avance et m'enlise toujours dans cette chronologie-là... « A Sphere.. » ; « The Will.. » après « Shadows.. ». Puis le sublime « Inside of.. » et enfin l'apaisement intime de « Curtains » avec plus de larmes encore (« Anne »).

Alors pourquoi « Empyrean » ? C'est comme un aboutissement, j'ai pourtant un peu négliger ce concept fantastique, cette sombre plongée dans un abyssale paradis mouvant. Jeu trouble et planant posé sur une grosse intro instru Young et floydienne. « Song the the siren » et sa voix résonne à nouveau, toujours au fond de la pièce, troublante, douloureuse, écorchée intime et puissante.Après plusieurs jours émouvants dans mon avancée récurrente, je reste amarré sur ce beau disque comme si je le découvrais. Août au frais.C'est aussi parce qu'il est pour moi la fin du trajet, je ne m'aventure jamais dans sa période électro, 2012 à peine survolé.

Quelle beau finish cet « Empyrean », j'ai la tète ankylosée et toute chargée de belles choses chagrines. « Stuff » dans le lointain comme une blessure, des cendres, la douleur de « Walls » résonne encore, chanter à en abattre des murs, puis « Unreachable » me rassure, « Heaven » m'enchante... quant au prog « Central » et la voix à la Bruce (Jack)...

John Frusciante une nouvelle fois, solo, la trique dans les doigts, sa grande liberté, ses mélodies brutes qu'il incarne dans les plus suffocantes émotions, « Control » et le très Stevie Wonder « Hope » bouleversant, et je me dis qu'un jour « Curtains » va détrôner « Shadows.. », il ne restera alors que celui-là. Et tiens en conclusion, il faut voir comment il a stratosphérifié les Red Hot avec les deux derniers doubles. 



 

John Frusciante 2009 « Empyrean » 

 







dimanche 2 août 2026

Kiss the Anus of a Black Cat 2010

 


Une vieille connaissance que personne ne connait, j'ai replongé dans les bacs du label K-RAA-K-net et une vieille chronique. En rangeant, j'ai rangé et suis monté d'un étage sur mes étagères vers le paquet de l'auberge qui héberge ce groupe-ci, comme si on avait perdu 13-0 au blind-test des groupes enfouis dans la grande marge des années 2000. Bref, j'ai pris des nouvelles de Kiss the Anus of a Black Cat abandonné pour moi en 2007.

2010 c'est un peu tard, cette incantation à la poussière sort envoyant direct manger le sable des grands déserts à cranes sans bidoche ni nerf aucun. La pochette, une fois de plus, l'ambiance, cet appel au ciel quand sur terre il n'y a plus que 2 couleurs, le bleu sec et l'ocre mouvant.

Immédiatement David Eugene est convoqué, et les 16H Power (« Argonaut and Magneto », « Harrow »).

Je ne souviens pas que le Kiss Cat ait proposé de tel beau disque habité et totalement habité.

Vague corne entoilée, le vent sec et chaud à ôter tout espoir sur l'os. Le vent est tellement sec et chaud. Des carcasses sous les bromes figés Pompeï. Le son de la désolation, ça doit cuire sec dehors pour que Kiss embrasse une telle incantation au souffle moribond. Pourtant la voix est claire, les parfums épicés de curry craquant. L'orgue monte comme une prière, les fantômes sont à quelques clochers d'ici.

Août sort des bois et le désert est déjà là, à fondre le coussinet des complotistes. Pas collants, lourdes semelles sous des citernes de sueur sans odeur, la seule eau qui coule à flot. Le crane en gargouille et le sourcil en gouttière. La raie du cul est un marécage.

Plus aucune nouvelle depuis 10 ans, j'ai repris le fil du Black Cat en reculant vers les années où l'on prévenait urgemment du délire. Il faut voir la gueule en sueur des trou-de-balle éberlués. Bisous.

Kiss the Anus of a Black Cat 2010 « Hewer of Wood and Drawers of Water » 


 

jeudi 30 juillet 2026

Fantastic Negrito 2018

 


"Tiens, écoute ça nom d'un chien ça urge".. J'y suis allé. A en devenir zinzin je me suis précipité, en boucle, habité à ne plus savoir où l'on crèche. Ensorceleur d'hémoglobine, bâtisseur soul, terrassier funk avec dans les veines du vieux sang blues qui fait battre les cordes raides.

Fantastic Negrito, conseil live de l'ami aiguilleur Sorg a rendu quelques trajets ferroviaires infernaux. J'ai fouillé, j'ai dévoré, j'ai trouvé, mon sang est resté en ébullition sur son 2018 "Please Don't be Dead" avec la brûlure absolue "The Duffler". Comment dire, près à toutes les dégueulasseries tellement dedans il y a tout. Audaces et cascades "Bad guy necessity". J'ai beaucoup pensé à Keziah Jones et son tectonique "African Space Craft" avec du Prince et du James Browm dedans, en plus.

Me souviens aussi des suffocations Black Merda, Black Joe Lewis etc.."A boy named Andrew", "A cold novembre street"... comme un air « hier encore j'avais deux amis » (« St James infirmary »). Bizarre, à deux doigts d'en perdre deux cette année.

J'ai vu les jours baisser ces derniers temps, va falloir passer l'hiver, une nouvelle fois. Pikouze de ce mec. Merci à toi Doc Sorg.

Fantastic Negrito 2018 "Please don't be Dead"




mardi 28 juillet 2026

Chassol 2026


 

Je retombe sur un chef d’œuvre de Gary Clark (2015), son sommet et la bande son de son histoire sous le sobriquet que sa mère lui donnait. Il faut dire qu'en ce moment je fouille un peu dans le blues rock d'obédience soul, voire funk. Il faut dire aussi que je trifouille du côté de Fantastic Negrito, mais ça c'est une autre affaire, j'attends quelques jours pour en causer.

Et me voici sur les chemins de Tricatel, même si Chassol n'est plus sous ces tuiles-là. J'ai survolé et négligé à cette époque, pochette de « Big Sun » ? azimut de tout ? bouderie quelconque sur un ensemble que je n'ai pas su capter ? Météo ?

« Funny How ? » m’expose la jubilation.

Architecte musical, il dirige aussi, véritable chef d'orchestre, auteur-compositeur.. J'accroche ici où tout semble calibré sur son génie, sans lâcher le fil. Le rap-là est taillé pour moi, le jazz plane transcendé par les autres couleurs, la soul bien calée au fond de son originalité, le gospel s'amuse. Cosmique « A first lady », ou « A raunchy comedian » sous une sublime montée de pleine lune, comédie musicale de ciel envoûté, des voix partout qui résonnent au fond du cœur, une onde Chicago sur mes plaines brûlées. Basse-batterie à frissonner juste ce qu'il faut pour ne pas faire fuir les loups et les renards qui se baladent sous ma peau. Grave et scintillant. Merde, je ne touche plus le sol. Époustouflant.

Chassol 2026 « Funny How ? » 



 

mercredi 22 juillet 2026

The Coral 2026

 


Peut-être le plus génial des groupes de par là-bas. Il y a foule pourtant, ça se bouscule à Liverpool et alentours. S'en étonner devient presque une routine à chaque sortie d'opus. "Let the music play" comme ils disent, et dès les premières secondes ont y est. Quel son pur, quelle spontanéité et toujours ces mélodies qui embarquent. La protection d'une île, la parure d'un lagon comme du corail, les années défilent et The Coral me prend sous son bras une nouvelle fois, par l'épaule pour me raconter ses petites comptines pop courtes, familières et amicales. Je ne m'en lasserai jamais.

Fidéles compagnons d'un quart de siècle, un petit soleil qui chauffe juste ce qu'il faut, "388" beau et réconfortant.

The Coral 2026 "388"


 

 

mardi 21 juillet 2026

Fruit Bats 2026

 


Hold-up. Il y a bien ce petit vert du maïs au beau milieu de cet ocre désert. Même le petit bois au fond est bleu lointain, comme une ombre en berne. Plus un rumex, l’armoise est éreintée et les chénopodes gris flétris. Toute la chlorophylle s'est volatilisée, le chalumeau est passé et la herse déjà mord sur un vieux quignon qui sent la poussière chaude. Mes plateaux Euréliens ressemblent à la Castilla y Leon.

Plus de vert alentour, plus rien qui jute, tout suffoque, le succulent dans d'autres contrées, la chaume à perte de vue a mangé tous les chemins. Et je rêve de collines où le tendre dégoulinerait sur les valons verts. Un chemin moelleux qui gicle, des herbes grasses qui caressent, l'odeur des graminées gorgées de chlorophylle sous de jolis bois qui chantent des airs frais de pop un peu désuète. "That goddamn sun".

Fruit Bats 2026 "The Landfill"


 

samedi 18 juillet 2026

Jon Spenser 2026

 


J'ai laissé mon cerveau et mon vélo au bercail avant de partir. Juste ma soif et quelques bouquins pour mon exil. Passé les régions pour le retour, la musique est revenue à la charge, comme un manque. J'ai bourriné, fait le tri, surfé sur les nouveautés pour trouver, pas des masses. Normal, on est fin août début juillet. Stones Purple sur la crête un poil en dessous du Paulo sur le sommet (oui j'ai remis ça en rentrant après Rubber), l'affaire est conclue. Bec au vent, truffe dans l'humus comme un sanglier, chibre à l’affût, en restant sur la nouveauté des anciens, je tombe sur une fidèle connaissance : Jon Spencer sans l'explosion. Branleur time.

L'explosion, la mienne fut l'ACME comme tant d'autres. Puis j'ai batifolé par intermittence chez Jon. Tu m'étonnes. Ici, pochette, son, chansons, "Songs of Personal Loss and Protest" vient gaver mon cartable de ma rentrée perso désorientée. Comment dire .. les précédents... mais celui-là. Est-ce le reste de mes cellules avides ou la faim de bouffer les chaumes calcinées sous des herses brûlantes ? Peu importe, rose et orange fluo sont venues sucer ma sueur houblonnée "Wet & wild". Demi-heure tonitruante, vite un Canadair. Ah nan, y'en a plus. Restriction d'eau ici, pauvre jet, trois gouttes sur le cranes suffisent, fontaine sur l'échine et les arcades, dedans on ne voit pas ce qui coule, et ça sourcille chez les écolo-woko-bobo. Un petit coup de Jon dans le Spencer, gros disque, gros bouillon, joint de culasse qui suffoque, il est temps de passer au moteur électrique, tant que l'on a Jon dans le poste, longeant les collines d'ajoncs sur les côtes de granit ou quelque part d'autre ailleurs.



Jon Spenser 2026 "Songs of Personnal Loss and Protest


".

jeudi 16 juillet 2026

Beatles 1965

Pensées acrimonieuses, je me terre dans l'humeur maussade. Je suis allé me poser quelques semaines au creux des landes plissées du Ribatejo. La fraîcheur des nuits battues par le grand vent Atlantique caressant les brûlures du jour.

Le gris des plaines beauceronnes s'abat à nouveau sur mes tempes, ciel voilé, fumées de chaumes, horizon troublé par le plomb du mercure, grosse fatigue de l'entre-temps, ce pivot menaçant, je suis happé. Repères en fuite, je suis débauché.

Là-bas la cigale, ici le bourdon. Quelle différence entre le cafard et le scarabée ? Le moral en berne, j'écoute un Beatles.



The Beatles 1965 "Rubber Soul"

dimanche 21 juin 2026

Graham Coxon 2026


Il a surfé sur la Waeve, amoureux comme par deux, il revient tout seul. J'ai eu l'impact Coxon, comme celui de Frusciante, des escapades solo à la limite du merveilleux. "Castle Park", la pureté, l'élégance que d'autres n'ont pas. L'élégance psychédélique hyper classe de "Isn't it funny".

Résurection ou pas, Coxon fait le tri. Des pépites dans le tamis. Beau comme du Pete Doherty en Normandie. On sifflote sur "Alright" en gambadant dans la campagne grillée par le lourd crachin solaire. De l'oubli des hautes écritures, c'est une dégustation sans pour autant que ce soit une surprise de sa part, "Happiness in Magazines"; "The Kiss of Morning"; "Crow Sit on Blood Tree"; "Love Travel at Illegal Speeds".... autant de voyage qui ne laisse aucun doute sur la pertinence fantastique du deuxième hémisphère céréblur.

Grahm Coxon 2026 "Castle Park


 

mardi 16 juin 2026

Jethro Tull 1984

 


Par le biais d’une bouderie d’époque, il faut que je vous cause une fois de plus d’un de mes chouchous permanents. 1984, ma tronche en biais de bougre bougon rejète tout en bloc, même ceux qui me tiennent à cœur et qui font de la "cague" à l’orée de cette décennie qui me pèse l’humeur, à l’époque. Sabordage général ?

Le seul 33T que je ne possède pas des Tull est ce « Under Wraps », même si j’y décèle quelques morceaux potentiels qui auraient eu une autre tronche 15 ans plus tôt. Ou plus tard. Un an avant, Ian Anderson sort son album solo, grosse chose de routine pour tous les groupes à l’époque, Waters, Hodsgson, Buckingham, Barry et Robin.. même si chaque album respectif m’enchantait comme enfant de divorcé avec deux fois plus de cadeaux. Pourquoi tant de rage ? Le son, toujours, même si une flûte ça ne se branche pas. Elle était bien la seule petite pauvre perdue à résister dans ce synthétisme organiqué.

Cet album, je l’avais loué en me promettant de ne jamais l’acheter, et là, à l’instant où je gratte ce billet, j’ai des frissons sur « European legagy ». Il faut dire que le mois dernier est sorti « Under Wraps (the Unwrapped Edition)", un walk into the light mixé par un Bruce Soord. Le son donc est totalement revisité, tout est plus clair et limpide, percutant avec voix réhaussée. « Later, that same evening » devient une tuerie urbaine et je danse avec les yeux qui piquent, comme si je venais de revoir une vieille copine que je trouvais bien moche à l’époque. IA, chirurgie, travaille sur la bande, penderie refaite à neuf ou autre tricherie, je me pencherai sur l’aspect technique une autre fois. Là, à l’heure où je gratte ce billet d'humeur, je redécouvre et me rabiboche.

Il y a quelques mois, comme j’ai le Tull dans le sang, je me suis refait « Stormwatch », « A », « The Broadsword and the Beats », les 3 albums 80’s qui viennent buter sur « Under Wraps ». Je ne les boudais pas autant, même s’ils ne sont pas dans mes écoutes récurentes. Et bien, quelques tics sonores écartés, je me suis replongé avec plaisir dans des vieux morceaux sublimes. « Claps » par exemple, et surtout la chialade des pores sur le sommet « Flying colours » (malgré le synthé quand même), mais ça n’engage que moi. Pas encore défiguré le son comme under je me suis dis… à l’époque. Bon, il subsiste quelques morceaux douteux, avec la flûte laissée de côté, mais l’écluse a lâché et je suis dispo à tout réécouter (« Paparazzi »..mon dieu..). Ça tombe bien, une nouvelle fois un coffret complet avec tout le travail réalisé avec live (assez dégueulasse du drum comme il se doit)…. D’époque. « Her love is strange », un vrai bonus, écarté !, quelle idée. L’album original est proposé avec le son authentique de la batterie, ainsi que l’album solo d’Anderson remixé par le même Soord.

Je n’aurai pas parié un copec sur la réédition de cet opus 84 dans le catalogue. Je pense n’être pas le seul à avoir boudé, les critiques acharnées, Terry Ellis le boss de Chrysalis le conchie, même des musiciens sauf le fidèle Barre. Il fallait usiner pour ne rien perdre. C’est fait. Désormais, ce groupe est total.

Jethro Tull 1984 "Under Wraps"




jeudi 11 juin 2026

Liz Lawrence 2026


Liz s’est débarrassée de toute tension sonore, elle a déposé un peu d’énergie à ses pieds pour laisser ses chansons épouser le ligneux. « Three legged dog » à nos pieds, dénudé de tout. J’ai laissé Aldous sur le côté, mon regard s’est éloigné du bruit général. J’ai vu Liz au loin entre les arbres et son petit refuge dans l’ombre épaisse des grands hêtres. La gravité de « Mt. Nephin », le métronome boisé de « Where did you go », la sublime envolée pop de « Black Ulysse », « Vespers » comme une oraison folk. J’ai quitté la foule, je suis allé reprendre haleine vers ces troncs lisses et grisés par des petits airs nylons.

Liz Lawrence 2026 « Vespers »


 

mardi 9 juin 2026

Thomas Dollbaume 2026


 

Si Jurado lasse, qu'on lui trouve un léger déficit dans les envergures, dans la hauteur de certaines couleurs sans pour autant l'oublier dans un coin, il y a "Birds of Paradise" qui vient de sortir.

Si Jason Molina manque, avec son électricité fleurie sur de beaux élans rock secs à peine crasseux, il y a Thomas Dollbaume qui vient de sortir "Birds of Paradise". Immédiatement cet album a confortablement clôturé mes impressions posées sur de solides fondations. Immédiatement tout a défilé dans une évidence brute tout en rattrapant en plein vol quelques petites maladresses authentiques qui ajoutent au charme. J'ai oscillé comme un Tremble en plein vent, musique argentée, soleil aveuglant. Le trait d'horizon porte de grosses masses cotonneuses de vert profond, juste au dessus, les nuages imitent dans des gris bleutés et la campagne défile sous le son américain de Thomas. Je n'irai pas jusqu'au village voisin, je vais juste faire le tour du grand bois et revenir écouter ça dans ma hutte. Pas trop de soucis à me faire s'il me vient l'envie de trouver un bon disque pour la soirée. C'est du tout cuit, bouclé d'avance, tellement de soirées bredouilles à patauger dans les opus pour dénicher une pépite. "Birds of Paradise", immanquablement.

Thomas Dollbaume 2026 "Birds of Paradise".


 

 

jeudi 4 juin 2026

10 cc 1976

 


Découverte inattendue, une fois de plus facilement guidée par mes algorithmes. C’est pas faute de ne pas connaitre ce nom. Sans par ailleurs faire une fixette et imaginer le siècle de sécrétions entremêlées autour de ce mythique slow 1975. C’est peut-être ce cliché planétaire qui m’a jusqu’à maintenant tenu éloigné de ce groupe made in Manchester.

Une fois de plus, malgré la découverte fructueuse, je ne vais pas m’étendre technique sur le contexte et l’historique de 10cc, c’est partout sur la toile. Sauf peut-être ce nom d’un des membres qui résume un peu le côté léger, estival et aéré des compositions, Lol Creme !! La pochette aussi, directement identifiable à l’Hipgnosis qui n’a rien pour me déplaire. Pourquoi cet album ? Fuir encore ce slow ravageur noyé dans une pop à légère tendance prog qui fait tâche qui peut m’emmerder dans ma démarche de découverte et mon appréciation générale ? Peut-être. C’est surtout que pour palier à cette grosse lacune, je viens de recevoir cette galette-ci après avoir fait le tri dans la discographie streamée (d’autres sont en transit).

Complètement séduit, je suis le cours de la discographie en appuyant fortement sur cette période 70’s que je chéris.. hein ?? nan c‘est pas à toi que je parle … quoi ?? nan oublie le slow, j’écris un truc là… Ouaih, c’est vrai il est chiant ce morceau qui sent le coït. Tiens d’ailleurs, en dehors de la limaille engendrée, comment 10cc porte t-il « I’m not in love » ?

Alors, oui, le paysage n’est plus du tout printanier, l’été des plaines devance toujours celui du calendrier, tout est installé, posé, chlorophyllé à fond. Fleurs cuites, les herbes folles occupent tout l’espace. C’est vrai que c’est super gai comme musique. Je vois quelques comparaisons .. Macca.. euhhh, moi je dis plus Wings avec Denny en dilution (pour la voix). J’entends aussi le joyeux de Billy Joël, Chris De Burg. Je ne m’en lasse pas, je me promène sur ma belle ignorance super emballé par leurs premiers albums donc.

« Lazy ways » tout de suite dans mon entrain - sublime épopée romantique à fleur bleue en mode Queen vaporeux « Don’t hang up » - « Art for arts sake » un poil Steely Dan - « I’m Mandy fly me » pas mal du tout, c’est pas un slow ça ? Bref, quelques petits délires pétillants pop avec ce son moelleux, extraordinairement d’époque. « Rock’N’Roll lullalby » sur une estrade, sous les lampions colorés d’une belle nuit de juin, le petit bal du coin avec … bon, encore un slow qui commence comme « Let me roll in ».. la bande son des vieux étés… ok ok..je remets « I’am not in love »… c’est quand même dingue cette histoire, déjà « Donna » à l'époque. Chérie..viens-voirJ’ai fini mon papelard, ça me saoule.

10 cc 1976 « How Are You »


 

dimanche 31 mai 2026

Paul McCartney 2026

 


Assis sur le toit du monde, il saupoudre les courbes bleues de sa poussière féconde et dorée. Comme un génie de routine, mais toujours plus beau sans cesse. Paul est posé là en posologie permanente, histoire que maintenir le globe en rotation. Bien longtemps que les forces de frottement ont baissé les bras. Huilé. Tellement haut, le coude posé sur l'épaule de John, le plus naturellement du monde, Paul, we two, Paul et tout le reste, nous envoie une salve lustrale de quelques chansons religions. L'évidence coule de source.

La source.

Intarissable.

C'est une saison, le cycle, école sans cliché, cas d'empreinte fossile empruntée, du bateau qui a vu les milles continents, Johnny Cash gentleman avec l'élégance en plus et un brin de féminité naturelle. La patine burinée, le geste classe, manuscrit et partition célestes. Paupières mélancoliques, le poids des regards, neutres pochettes de disque, celui-là est apothéotique. La pertinence des ondes s’octroie la quintessence. "As you lie there".

Pendant qu'ici, en bas, nous sommes tous à nous courber, que l'on tend à s'étendre, croulons, glissons à succomber, luttons comme des aliborons à lunettes, Paul élabore et arbore sur les âmes et les houppiers, dépose tout à nos pieds en montrant la certitude dès potron-minet.

J'ai commencé l'album avec " As you lie there" en boucle, fébrile, suffoquant, emberlué dans l'éberluance. Je me suis dis, je vais faire pareil pour chacune des chansons. La voix embraillée hurle encore, c'est dans les aigus et les cris qu'il est encore le plus facile. Tout a défilé, j'ai commencé à sangloter à la 7ème révolution des pistes, perdu entre notre naine blanche et la cendre lunaire. Tout en bas, le bleu ciel des mers s'arc-en-cielisait. Quelques nuages ont rosi des joues, déserts empourprés. Sortir le grand jeu d'un battement d'espiègles cils acrimonieux, force et délicatesse.

Séculaire.

Il y a le benjamin Watt et l'ancestrale puissance, une grande jeunesse dans les joules, seules les gaines des câbles vieillissent. Le jus jute et passe par tous les embranchements emmanchés d'outre Manche. Sous les océans, tous semble câblé.

Il n'est plus nécessaire depuis un bail, de s'étendre sur Macca, la messe est dite. Je suis juste plaqué sur mon hamac à prêcher.

Paul McCartney 2026 "The Boys of Dungeon Lane"


jeudi 28 mai 2026

Ed O'Brian 2026

 

La belle coïncidence, le scalpel au sein d'un groupe, farfouiller dans les organes pour mieux voir la matrice digérée. Proche le Selway, « Anima » à plusieurs encablures, je me vautre pareil sur ce sublime « Blue Morpho ». Des mimiques certes, comme sur « Earth », et tout s'explique. Les masques tombent. On ajoute au tableau le cinématographique Jonny et les éléments s’emboîtent. Le poids des ajouts, l'intensité des combinaisons, la place de chacun avec les interjections. Rares les groupes avec que des inspirations, autant de foyers.

Outre les explications, libéré des analyses, ce deuxième album de Ed O'Brian est une bouffée d'air éclatante. Méditatif autant que contemplatif, une rêverie planante de pop acoustique et symphonique. « Sweet spot » et je pense à ma découverte de Marc Morvan. Je vais la revêtir, forcément elle est construite sur des principes itinérants de mes errances, seul à travers mes étendues.

Plus j'écoute « Blue Morpho », plus je me dirige vers un petit bijou, l'appel du chef d’œuvre à le mettre en boucle et laisser le plomb de l'air alourdir mon accroche.

Ed O'Brian 2026 « Blue Morpho » 


 

samedi 23 mai 2026

Leila Bordreuil 2026


 

J'ai vu une belle âme sous la feuille du laurier, on dirait que l'époque est belle. C'est pas ce grand soleil qui va me contredire, hier encore il faisait si froid. Elle est partie comme une balle vers la vallée des saules. Au creux, à la croisée des cuivres toutes les bestioles se trémoussent. La lumière ambrée a trituré la boue sculptée, les cloches au loin annoncent la canicule.

Je connais bien cette petite vallée où règnent ces cinq grands saules depuis quelques siècles. Ils prennent toute l'attention depuis le haut des plaines, j'y vais déposer toutes mes préoccupations dès que le trop plein s’empare de ma respiration. Toute la grasse sagesse salicylée y broie mes saletés. De l'écorce jusqu’au pointu de la feuille, tout tend à l'apaisement. Ils sont bien cachés des petites routes de campagne ces cinq boules argentées comme des zeppelins arrimés. Il faut prendre ce vallon du village par le sud pour à peine sorti des premiers murs, voir ces beaux arbres marsault veiller sur le gâté et les pauvres diables.

Il fait toujours humide au creux de la vallée des grands saules. Le vent peut s’engouffrer, rien ne bouge. L'humilité restera une sagesse végétale. La seule loi valide est celle du mycélium et de la lumière. Nous n'avons plus de disposition pour les vertus, le déclin progressif de l'espoir.

Au creux du vallon des grands saules, Leila Bordreuil, cordes en drone, accompagnée de Kali Malone, a soufflé l'importance des choses.

Leila Bordreuil 2026 « Music for Intersecting Planes » 


 

mardi 19 mai 2026

The Moody Blues 1969

 
Le Poa des choses habite le vide, la marée d'herbes se pavane sous la pluie, « Lazy day » coule de partout. Grasses touffes de ravines, friches épaisses, haies touffues et folle-avoine, je suis sous la pente de mon toit et tout dégouline. Cloué dedans, il pleut la poésie sur mon mai barbouillé. Il a beau crachouiller, pleuvoir et déluger, tout est beau et léger, la symphonie pop hippie et graminées enchante la fraîche grisaille de ma voûte. Le grésillement du saphir se mélange aux gouttes rafales sur la fenêtre-toit. 1969.. je dis ça ..

On pourrait se croire du côté de la Californie avec quelques Capra ruminant le sable et la joue épaisse, les chœurs sûrement (« Lovely to see you »), même si là, l'épopée est bien trop grande et la poésie à fleur de pot pour échouer sur cette plage beaucoup trop ensoleillée. Peu importe le son du mur, c'est ma sous-pente qui a raison de moi. L'onde est confidentielle, le concept capiteux, l'objet précieux.

Il y avait bien le 45T « Nights in white satin » dans carrée familiale, comme partout ailleurs d'ailleurs. Gamin je mettais en boucle, subjugué du clavier et par le songe procuré. Je l'ai retrouvé bien plus tard avec le Barclay James Harvest et la belle pochette découpée de « Gone to Earth », je dis ça... Tiens, « Poor man's moody blues », je ne sais même pas s'il existe un lien officiel entre les deux, le son, celui de la guitare, du clavier et le romantisme.. tout y est, c'est certain. C'est en tout cas mon alibi du retour vers le groupe de Birmingham bien plus tard. « Never comes the Day » ressemble aux débuts des frères Gibb. Je dis ça...Plus précisément, la voûte penchée au dessus de ma platine chambarde tout, presque méconnaissable l'album. Ou alors c'est la pluie.

Tout se mélange à l'orée du délire mou, le rêve s’appesantit sur ma flemmardise, j'irai ramer sur les hautes herbes demain, elles sont trempées, une prairie pour un naufrage, le plus bel album des Moody pour mon tantôt abandonné. Et le chant léger de « Lazy day » qui n'en finit pas...... 

The Moody Blues 1969 « On the Threshold of a Dream » 

 


 




Dakota Suite & Quentin Sirjacq 2024

  Nils Peter a ouvert le passage, vers cette musique ambiante que j'écoutais plus souvent avant. Avant et je me suis souvenu de ce gro...