samedi 5 septembre 2026

Syd Matters 2026

 


Je me souviens de tout. Du choc et de l'embarquement .. Whisper and Sigh. Un tel truc par chez nous !! Aussi de mon éloignement léger Brotherocean tellement le décollage fut intense. C'était en 2010 le début du silence.

"A Gospel of some Sort". C'est long 16 ans. Et puis non. Tout est revenu comme une très lointaine marée reculée de 23 ans. Un autre départ, le recommencement, il fut tellement important. La grève remouillée avec dans son écume du Yorke romantique ("Choking on anger") et du Grandaddy vaporeux ( "In the darkness").

J'ai cru hier soir à une disposition lapidaire que le tanin caressait. Ce matin caféine, c'est un petit miracle et ma nuit plombée n'a rien ébréché. Je parle du petit matin lumineux, pas le merdeux pâle et gris qui vous fait loucher sur le canapé. C'est le jardin qui s'ouvre aux notes. L'herbe qui repousse doucement, l'asticot qui remonte. On referait bien péter un nid.

"Choking on anger" a fait mine de transcender. C'était sans compter "The devil". En boucle depuis hier soir. Ai-je dormi ?

La plus belle chose cette année.

Syd Matters 2026 "A Gospel of some Sort". 

 

 

 

jeudi 3 septembre 2026

Bonnie "Prince" Billy 2026

 

Mal attifé le ciel ce matin, j'ai tendu l'oreille sur les rafales pour chaparder quelques parfums d'une terre souffreteuse. Défunts houppiers calcinés sans flamme aucune, j'ai respiré la démission. Premiers petits matins à me lever dans le noir, le soleil yo-yo fait son job. Des trombes aussi, la basse dépression soudaine a un goût d'orgasme, aube fontaine. J'ai bu l'abus d'eau, sourcil défroissé, la libellule invitée et le chevreuil audacieux.

La nuit s'est arrêtée brusquement, comme une éclaircie en plein typhon. La cambrure molestée, l’invraisemblable horloge a tuméfié ma docilité. J'ai rêvé de relief juste au moment où j'ai traversé l'abri de mon auvent, et si les nuages étaient des montagnes ? Rien ne m'attendait dehors, que les obligations. J'ai traversé la court grise, piétiné quelques miroirs, le ciel avalait tout. J'ai mis du temps à écouter ce Prince-là. Peut-être était-il passé dans la routine des écoutes négligées, quelques unes comme ça brouillent la sente, histoire de se faire vouloir ou pas, choper le truc au bon moment, comme il faut, avec peut-être l'humeur et la météo qu'il faut pour le garder précieusement. Tellement bouleversé par "The Letting go" et aussi par "Ease Down the Road" que je pensais qu'ils allaient me suffire. " We are Together Again" dorénavant.



Bonnie Prince Billy 2026 "We are Together Again"


 

samedi 29 août 2026

Thalia Zedek - Carla Bozulich - Elizabeth Anka Vjagic




 


L'effet Wagner a opéré. Les longues barbes sont restées au pied de la cascade pour chanter à l'unisson de la gorge et du poitrail. Les frangines elles sont venues à moi. C'est un long épisode qui se dessine, ligneuse épopée pleine d'ardeur. Je me suis laissé faire au creux de ce monde irréaliste.

Au gré du vent Elizabeth a larmoyé son amour printanier juste à une caresse de mon visage, les charmilles ont frissonné, j'étais le charbonnier sous le dégèle. L'écorce était noire comme ses yeux, le drageon tumescent, j'ai failli défaillir sous l'orage de "With hopes lost", juste avant de danser sur les accords électriques de "Where you wander". Carpinus a pris la foudre, le charme s'est répandu.

Carla sur mon épaule soufflait son évangile ténébreux, des arilles plein les cheveux. Elle a tout taxé, moi adossé au tronc d'un If, je laissais l'écorce rousse me griffer le ventricule. La gorge creuse et le bourgeon en rut, sa folie m’envoûtait. Sous emprise du vert profond de ses folioles, funicule en vrac, j'ai vu tous ses enfançons s'esbigner comme des folles billes sur du marbre. Toutes les larmes du vallon ont noyé ma terreur sur le "Pissing" dégoulinant.

C'est Thalia qui avait ma main dans la sienne. Tout s'est constellé quand elle a entonné "Been Here and Gone" pour panser les déchirements. La voix noueuse comme un tronc d’olivier, ses douces pupilles de bronze clair laissaient couler lentement quelques perles d'huile sur ses joues sillées. Ses paupières argentées me bouleversaient, son haleine chaleureuse à bruir ma peau, je croulais sous les inconsolables caresses, moi l'invité éphémère, j'ai tout pris avant de les voir s'endormir, "Temporary guest" à se tordre.



Elles sont reparties comme elles ont déboulé les belles frangines d'entre les arbres, rauques et folles. Plus de chant, plus personnes, sucé jusqu'à la moelle, vide et apaisé, la trinité du spongieux hors saison, brûlant et engourdi, les couleurs sont revenues. Où sont mes fringues ?




 

Thalia Zedek 2001 "Been Here and Gone"

Carla Bozulich 2006 "Evangelista"

Elizabeth Anka Vjagic 2004 "Stand with the Stillness of this Day"






jeudi 27 août 2026

Lambchop 2026

 


Ah bah voilà. C'est quand même pas compliqué, enfin si, ça doit l'être, mais enfin bon depuis le temps que j'avais perdu le droit chemin.

Désorienté même, partagé entre le méditatif et la pâmoison, le recueillement apaisé ou la baveuse contemplation.

Une subite envie de voir des être humains dans le paysage, pas trop hein, mais de longues barbes à l'unisson et quelques frangines insatiables. Des gestes et quelques sourires aux pieds des montagnes. Contrefort de colline et des petits banjos qui gazouillent. Onctueuse cascade et toutes ces jambes qui foulent une opaline prairie, c'est quand même pas compliqué.

Rabiboché, même oublié tous ces écarts égarés. Complètement conquis.



Lambchop 2026 "Punching the Clown


 

jeudi 20 août 2026

Jacques Higelin 1998

 


Oh la belle vie sous la pente quand gamin je suis monté sous les toits pour dormir avec devant moi les grandes plaines qui s'offraient. Dans la maison familiale pendant des années, avant de partir définitivement mon bac en poche, j'ai passé les plus beaux moments à l'étage. Puis Caen au creux d'une chambre de bonne, j'ai bâti mon corps de métier sous le toit de la rue Bayeux. Partout, ici, ailleurs, chez moi ou chez un ami, je dors bien sous le plafond oblique.

Ma chambre normande, face aux clochers de la cathédrale, pas loin de l'Abbaye aux hommes et du disquaire, seul à tout maçonner, dans ce grenier aménagé. J'ai vu le temps passer, une extrême longueur à étudier. Quelques musiques accoudé aux tuiles mouillées, en bas, un accordéon désaccordé pour chanter les soirs d'octobre.

Quelques années après dans ma maison, des grasses matinées à l'écoute du crépitement des gouttes sur le velux, je me suis molletonné la tronche.

La lumière oblique de cet abri triangulaire, l’alcôve dorénavant fait chanter le saphir et calfeutre la musique. Les tuiles, mon ancrage dans toute son intimité, le son, l'auberge pointue, loi carrez et dos courbé. C'est une chose très particulière la chambre sous le toit, un panorama où l'on caresse tous les plus beaux songes et quelques imprudences, les orages anthropophages. Toujours cette chanson me renvoie.



Jacques Higelin 1998 "Paradis Païen"




dimanche 16 août 2026

Dakota Suite & Quentin Sirjacq 2024

 

Nils Peter a ouvert le passage, vers cette musique ambiante que j'écoutais plus souvent avant. Avant et je me suis souvenu de ce groupe Dakota Suite. Ce néoclassique a toujours été associé à une esthétique de pochette. Fidèles clichés de Johanna, Chris lui est toujours aux manettes du groupe. Tellement cohérent, des arts épousés, une seule longueur d'onde.

Il s'est mis à chanter, je me suis éloigné. Ce n'est pas trop le rejet de son slowcore ambiant interprété, c'est juste que j'aime tellement leur composition déshumanisée, je ne m'y suis plus retrouvé.

L'instrumental est revenu, Quentin Sirjacq pianiste de par ici aussi, et je plane à nouveau dans le contemplatif ondulé. Calmer les murs chauds, déguster la délicatesse des cordes bâtie sur du silence. Le mercure chute sur mon ressenti. Je suis retourné vers ce classique folk moderne et je ne bouge plus. Un délice.



Dakota Suite & Quentin Sirjacq 2024 "Forever Breathes the Lonely Word"



 

jeudi 13 août 2026

Nils Peter Molvaer 2026

 


Inconsciemment l'eau qui manque assèche mes humeurs. J'ai beau vouloir le soleil le plus possible, le ciel sans voile et le vent qui assèche, je n'imaginais pas l'eau loin d'ici tarir à ce point l'espoir et l’insouciance des aurores. Je me lève pour aller combattre.

La petite tiédeur du matin frissonne sous la menace des premières lueurs plombée. Les plumes sous la pervenche rassie, le bec grand ouvert, le calme est pesant et la poussière crépite. L'appel de l'ombre, le goût des pénombres, se calfeutrer et laisser couler la fraîche quiétude de "Be Quiet". La pochette devant les yeux, les pensées ondulent sur une étendue de mer noctambule. L'argent plombée des surfaces à remouds se paye une plongée surréaliste dans un frimât imaginaire. On se balade dans des villes du nord comme pour calmer l’ardeur, tenter le crachin. Il y a bien la douceur de Rome, la moiteur de Bangkok, peut-être là-bas une fraîcheur Eno plane dans un stratosphère pédestre. Clim ECM.



Nils Peter Molvaer 2026 "Be Quiet" 


 

dimanche 9 août 2026

Opus Kink 2026

 


Tant que ça, ça sent qu'ils sont british ? Pas besoin d'aller vérifier l'identité de cette jouissive découverte, il y a cette petite touche classieuse même si la substance anthracite est rêche et les bas-fond teintés de poésie dépravée. Je me suis senti comme dans un vieux cabaret fantomatique qui passait du Poni Hoax, Jack the Ripper, Pogues, Cake et Space. Le cuivre en bouée, la folie maîtrisée dans le jeu tonique et visqueux. Légèrement décadent, ça sent la poudre multicolore. Remugles d'alcools mélangés, saveurs de suie et de graillon avec quant même la petite fenêtre du fond qui laisse passer l'air iodé et lourdement humide d'une nuit épaisse et diabolique.

Opus Kink 2026 "The Sweet Goodbye



 

jeudi 6 août 2026

John Frusciante 2009 ... 2005, 2004...

 


Tout d'abord, il n'y a rien au dessus du sommet « Shadows Collide with People » avec cette collection tubesque de morceaux d'envergure (« Carvel » ; « Omission » ; « Regret » ; « Every person » frissons à chaque écoute ; « Wednesday's song » « Song to sing when i'm lonely » ; « Cut-out »). Voilà, ça c'est dit.

Maintenant le chemin qui m’amène à « The Empyrean ».

Le dernier Coxon et l'extraordinaire carrière solo d'un guitariste abîmé, accroché à un monstre. Le génie en retrait, la respiration réparatrice. Son sublime dernier album oublié m'a envoyé directement vers l'opulent Frusciante. J'en ai pour quelques albums à chaque séjour chez lui, juste après m'être emmanché « Shadows Collide.. » donc. Et quand l'effet du sang ne me suffit pas, je vais me finir chez Ataxia (même graphisme de pochette d'époque) jusqu'à perdre l'équilibre.J'avance et m'enlise toujours dans cette chronologie-là... « A Sphere.. » ; « The Will.. » après « Shadows.. ». Puis le sublime « Inside of.. » et enfin l'apaisement intime de « Curtains » avec plus de larmes encore (« Anne »).

Alors pourquoi « Empyrean » ? C'est comme un aboutissement, j'ai pourtant un peu négliger ce concept fantastique, cette sombre plongée dans un abyssale paradis mouvant. Jeu trouble et planant posé sur une grosse intro instru Young et floydienne. « Song the the siren » et sa voix résonne à nouveau, toujours au fond de la pièce, troublante, douloureuse, écorchée intime et puissante.Après plusieurs jours émouvants dans mon avancée récurrente, je reste amarré sur ce beau disque comme si je le découvrais. Août au frais.C'est aussi parce qu'il est pour moi la fin du trajet, je ne m'aventure jamais dans sa période électro, 2012 à peine survolé.

Quelle beau finish cet « Empyrean », j'ai la tète ankylosée et toute chargée de belles choses chagrines. « Stuff » dans le lointain comme une blessure, des cendres, la douleur de « Walls » résonne encore, chanter à en abattre des murs, puis « Unreachable » me rassure, « Heaven » m'enchante... quant au prog « Central » et la voix à la Bruce (Jack)...

John Frusciante une nouvelle fois, solo, la trique dans les doigts, sa grande liberté, ses mélodies brutes qu'il incarne dans les plus suffocantes émotions, « Control » et le très Stevie Wonder « Hope » bouleversant, et je me dis qu'un jour « Curtains » va détrôner « Shadows.. », il ne restera alors que celui-là. Et tiens en conclusion, il faut voir comment il a stratosphérifié les Red Hot avec les deux derniers doubles. 



 

John Frusciante 2009 « Empyrean » 

 







dimanche 2 août 2026

Kiss the Anus of a Black Cat 2010

 


Une vieille connaissance que personne ne connait, j'ai replongé dans les bacs du label K-RAA-K-net et une vieille chronique. En rangeant, j'ai rangé et suis monté d'un étage sur mes étagères vers le paquet de l'auberge qui héberge ce groupe-ci, comme si on avait perdu 13-0 au blind-test des groupes enfouis dans la grande marge des années 2000. Bref, j'ai pris des nouvelles de Kiss the Anus of a Black Cat abandonné pour moi en 2007.

2010 c'est un peu tard, cette incantation à la poussière sort envoyant direct manger le sable des grands déserts à cranes sans bidoche ni nerf aucun. La pochette, une fois de plus, l'ambiance, cet appel au ciel quand sur terre il n'y a plus que 2 couleurs, le bleu sec et l'ocre mouvant.

Immédiatement David Eugene est convoqué, et les 16H Power (« Argonaut and Magneto », « Harrow »).

Je ne souviens pas que le Kiss Cat ait proposé de tel beau disque habité et totalement habité.

Vague corne entoilée, le vent sec et chaud à ôter tout espoir sur l'os. Le vent est tellement sec et chaud. Des carcasses sous les bromes figés Pompeï. Le son de la désolation, ça doit cuire sec dehors pour que Kiss embrasse une telle incantation au souffle moribond. Pourtant la voix est claire, les parfums épicés de curry craquant. L'orgue monte comme une prière, les fantômes sont à quelques clochers d'ici.

Août sort des bois et le désert est déjà là, à fondre le coussinet des complotistes. Pas collants, lourdes semelles sous des citernes de sueur sans odeur, la seule eau qui coule à flot. Le crane en gargouille et le sourcil en gouttière. La raie du cul est un marécage.

Plus aucune nouvelle depuis 10 ans, j'ai repris le fil du Black Cat en reculant vers les années où l'on prévenait urgemment du délire. Il faut voir la gueule en sueur des trou-de-balle éberlués. Bisous.

Kiss the Anus of a Black Cat 2010 « Hewer of Wood and Drawers of Water » 


 

jeudi 30 juillet 2026

Fantastic Negrito 2018

 


"Tiens, écoute ça nom d'un chien ça urge".. J'y suis allé. A en devenir zinzin je me suis précipité, en boucle, habité à ne plus savoir où l'on crèche. Ensorceleur d'hémoglobine, bâtisseur soul, terrassier funk avec dans les veines du vieux sang blues qui fait battre les cordes raides.

Fantastic Negrito, conseil live de l'ami aiguilleur Sorg a rendu quelques trajets ferroviaires infernaux. J'ai fouillé, j'ai dévoré, j'ai trouvé, mon sang est resté en ébullition sur son 2018 "Please Don't be Dead" avec la brûlure absolue "The Duffler". Comment dire, près à toutes les dégueulasseries tellement dedans il y a tout. Audaces et cascades "Bad guy necessity". J'ai beaucoup pensé à Keziah Jones et son tectonique "African Space Craft" avec du Prince et du James Browm dedans, en plus.

Me souviens aussi des suffocations Black Merda, Black Joe Lewis etc.."A boy named Andrew", "A cold novembre street"... comme un air « hier encore j'avais deux amis » (« St James infirmary »). Bizarre, à deux doigts d'en perdre deux cette année.

J'ai vu les jours baisser ces derniers temps, va falloir passer l'hiver, une nouvelle fois. Pikouze de ce mec. Merci à toi Doc Sorg.

Fantastic Negrito 2018 "Please don't be Dead"




mardi 28 juillet 2026

Chassol 2026


 

Je retombe sur un chef d’œuvre de Gary Clark (2015), son sommet et la bande son de son histoire sous le sobriquet que sa mère lui donnait. Il faut dire qu'en ce moment je fouille un peu dans le blues rock d'obédience soul, voire funk. Il faut dire aussi que je trifouille du côté de Fantastic Negrito, mais ça c'est une autre affaire, j'attends quelques jours pour en causer.

Et me voici sur les chemins de Tricatel, même si Chassol n'est plus sous ces tuiles-là. J'ai survolé et négligé à cette époque, pochette de « Big Sun » ? azimut de tout ? bouderie quelconque sur un ensemble que je n'ai pas su capter ? Météo ?

« Funny How ? » m’expose la jubilation.

Architecte musical, il dirige aussi, véritable chef d'orchestre, auteur-compositeur.. J'accroche ici où tout semble calibré sur son génie, sans lâcher le fil. Le rap-là est taillé pour moi, le jazz plane transcendé par les autres couleurs, la soul bien calée au fond de son originalité, le gospel s'amuse. Cosmique « A first lady », ou « A raunchy comedian » sous une sublime montée de pleine lune, comédie musicale de ciel envoûté, des voix partout qui résonnent au fond du cœur, une onde Chicago sur mes plaines brûlées. Basse-batterie à frissonner juste ce qu'il faut pour ne pas faire fuir les loups et les renards qui se baladent sous ma peau. Grave et scintillant. Merde, je ne touche plus le sol. Époustouflant.

Chassol 2026 « Funny How ? » 



 

mercredi 22 juillet 2026

The Coral 2026

 


Peut-être le plus génial des groupes de par là-bas. Il y a foule pourtant, ça se bouscule à Liverpool et alentours. S'en étonner devient presque une routine à chaque sortie d'opus. "Let the music play" comme ils disent, et dès les premières secondes ont y est. Quel son pur, quelle spontanéité et toujours ces mélodies qui embarquent. La protection d'une île, la parure d'un lagon comme du corail, les années défilent et The Coral me prend sous son bras une nouvelle fois, par l'épaule pour me raconter ses petites comptines pop courtes, familières et amicales. Je ne m'en lasserai jamais.

Fidéles compagnons d'un quart de siècle, un petit soleil qui chauffe juste ce qu'il faut, "388" beau et réconfortant.

The Coral 2026 "388"


 

 

mardi 21 juillet 2026

Fruit Bats 2026

 


Hold-up. Il y a bien ce petit vert du maïs au beau milieu de cet ocre désert. Même le petit bois au fond est bleu lointain, comme une ombre en berne. Plus un rumex, l’armoise est éreintée et les chénopodes gris flétris. Toute la chlorophylle s'est volatilisée, le chalumeau est passé et la herse déjà mord sur un vieux quignon qui sent la poussière chaude. Mes plateaux Euréliens ressemblent à la Castilla y Leon.

Plus de vert alentour, plus rien qui jute, tout suffoque, le succulent dans d'autres contrées, la chaume à perte de vue a mangé tous les chemins. Et je rêve de collines où le tendre dégoulinerait sur les valons verts. Un chemin moelleux qui gicle, des herbes grasses qui caressent, l'odeur des graminées gorgées de chlorophylle sous de jolis bois qui chantent des airs frais de pop un peu désuète. "That goddamn sun".

Fruit Bats 2026 "The Landfill"


 

samedi 18 juillet 2026

Jon Spenser 2026

 


J'ai laissé mon cerveau et mon vélo au bercail avant de partir. Juste ma soif et quelques bouquins pour mon exil. Passé les régions pour le retour, la musique est revenue à la charge, comme un manque. J'ai bourriné, fait le tri, surfé sur les nouveautés pour trouver, pas des masses. Normal, on est fin août début juillet. Stones Purple sur la crête un poil en dessous du Paulo sur le sommet (oui j'ai remis ça en rentrant après Rubber), l'affaire est conclue. Bec au vent, truffe dans l'humus comme un sanglier, chibre à l’affût, en restant sur la nouveauté des anciens, je tombe sur une fidèle connaissance : Jon Spencer sans l'explosion. Branleur time.

L'explosion, la mienne fut l'ACME comme tant d'autres. Puis j'ai batifolé par intermittence chez Jon. Tu m'étonnes. Ici, pochette, son, chansons, "Songs of Personal Loss and Protest" vient gaver mon cartable de ma rentrée perso désorientée. Comment dire .. les précédents... mais celui-là. Est-ce le reste de mes cellules avides ou la faim de bouffer les chaumes calcinées sous des herses brûlantes ? Peu importe, rose et orange fluo sont venues sucer ma sueur houblonnée "Wet & wild". Demi-heure tonitruante, vite un Canadair. Ah nan, y'en a plus. Restriction d'eau ici, pauvre jet, trois gouttes sur le cranes suffisent, fontaine sur l'échine et les arcades, dedans on ne voit pas ce qui coule, et ça sourcille chez les écolo-woko-bobo. Un petit coup de Jon dans le Spencer, gros disque, gros bouillon, joint de culasse qui suffoque, il est temps de passer au moteur électrique, tant que l'on a Jon dans le poste, longeant les collines d'ajoncs sur les côtes de granit ou quelque part d'autre ailleurs.



Jon Spenser 2026 "Songs of Personnal Loss and Protest


".

jeudi 16 juillet 2026

Beatles 1965

Pensées acrimonieuses, je me terre dans l'humeur maussade. Je suis allé me poser quelques semaines au creux des landes plissées du Ribatejo. La fraîcheur des nuits battues par le grand vent Atlantique caressant les brûlures du jour.

Le gris des plaines beauceronnes s'abat à nouveau sur mes tempes, ciel voilé, fumées de chaumes, horizon troublé par le plomb du mercure, grosse fatigue de l'entre-temps, ce pivot menaçant, je suis happé. Repères en fuite, je suis débauché.

Là-bas la cigale, ici le bourdon. Quelle différence entre le cafard et le scarabée ? Le moral en berne, j'écoute un Beatles.



The Beatles 1965 "Rubber Soul"

dimanche 21 juin 2026

Graham Coxon 2026


Il a surfé sur la Waeve, amoureux comme par deux, il revient tout seul. J'ai eu l'impact Coxon, comme celui de Frusciante, des escapades solo à la limite du merveilleux. "Castle Park", la pureté, l'élégance que d'autres n'ont pas. L'élégance psychédélique hyper classe de "Isn't it funny".

Résurection ou pas, Coxon fait le tri. Des pépites dans le tamis. Beau comme du Pete Doherty en Normandie. On sifflote sur "Alright" en gambadant dans la campagne grillée par le lourd crachin solaire. De l'oubli des hautes écritures, c'est une dégustation sans pour autant que ce soit une surprise de sa part, "Happiness in Magazines"; "The Kiss of Morning"; "Crow Sit on Blood Tree"; "Love Travel at Illegal Speeds".... autant de voyage qui ne laisse aucun doute sur la pertinence fantastique du deuxième hémisphère céréblur.

Grahm Coxon 2026 "Castle Park


 

mardi 16 juin 2026

Jethro Tull 1984

 


Par le biais d’une bouderie d’époque, il faut que je vous cause une fois de plus d’un de mes chouchous permanents. 1984, ma tronche en biais de bougre bougon rejète tout en bloc, même ceux qui me tiennent à cœur et qui font de la "cague" à l’orée de cette décennie qui me pèse l’humeur, à l’époque. Sabordage général ?

Le seul 33T que je ne possède pas des Tull est ce « Under Wraps », même si j’y décèle quelques morceaux potentiels qui auraient eu une autre tronche 15 ans plus tôt. Ou plus tard. Un an avant, Ian Anderson sort son album solo, grosse chose de routine pour tous les groupes à l’époque, Waters, Hodsgson, Buckingham, Barry et Robin.. même si chaque album respectif m’enchantait comme enfant de divorcé avec deux fois plus de cadeaux. Pourquoi tant de rage ? Le son, toujours, même si une flûte ça ne se branche pas. Elle était bien la seule petite pauvre perdue à résister dans ce synthétisme organiqué.

Cet album, je l’avais loué en me promettant de ne jamais l’acheter, et là, à l’instant où je gratte ce billet, j’ai des frissons sur « European legagy ». Il faut dire que le mois dernier est sorti « Under Wraps (the Unwrapped Edition)", un walk into the light mixé par un Bruce Soord. Le son donc est totalement revisité, tout est plus clair et limpide, percutant avec voix réhaussée. « Later, that same evening » devient une tuerie urbaine et je danse avec les yeux qui piquent, comme si je venais de revoir une vieille copine que je trouvais bien moche à l’époque. IA, chirurgie, travaille sur la bande, penderie refaite à neuf ou autre tricherie, je me pencherai sur l’aspect technique une autre fois. Là, à l’heure où je gratte ce billet d'humeur, je redécouvre et me rabiboche.

Il y a quelques mois, comme j’ai le Tull dans le sang, je me suis refait « Stormwatch », « A », « The Broadsword and the Beats », les 3 albums 80’s qui viennent buter sur « Under Wraps ». Je ne les boudais pas autant, même s’ils ne sont pas dans mes écoutes récurentes. Et bien, quelques tics sonores écartés, je me suis replongé avec plaisir dans des vieux morceaux sublimes. « Claps » par exemple, et surtout la chialade des pores sur le sommet « Flying colours » (malgré le synthé quand même), mais ça n’engage que moi. Pas encore défiguré le son comme under je me suis dis… à l’époque. Bon, il subsiste quelques morceaux douteux, avec la flûte laissée de côté, mais l’écluse a lâché et je suis dispo à tout réécouter (« Paparazzi »..mon dieu..). Ça tombe bien, une nouvelle fois un coffret complet avec tout le travail réalisé avec live (assez dégueulasse du drum comme il se doit)…. D’époque. « Her love is strange », un vrai bonus, écarté !, quelle idée. L’album original est proposé avec le son authentique de la batterie, ainsi que l’album solo d’Anderson remixé par le même Soord.

Je n’aurai pas parié un copec sur la réédition de cet opus 84 dans le catalogue. Je pense n’être pas le seul à avoir boudé, les critiques acharnées, Terry Ellis le boss de Chrysalis le conchie, même des musiciens sauf le fidèle Barre. Il fallait usiner pour ne rien perdre. C’est fait. Désormais, ce groupe est total.

Jethro Tull 1984 "Under Wraps"




Syd Matters 2026

  Je me souviens de tout. Du choc et de l'embarquement .. Whisper and Sigh . Un tel truc par chez nous !! Aussi de mon éloignement lége...