mercredi 22 juillet 2026

The Coral 2026

 


Peut-être le plus génial des groupes de par là-bas. Il y a foule pourtant, ça se bouscule à Liverpool et alentours. S'en étonner devient presque une routine à chaque sortie d'opus. "Let the music play" comme ils disent, et dès les premières secondes ont y est. Quel son pur, quelle spontanéité et toujours ces mélodies qui embarquent. La protection d'une île, la parure d'un lagon comme du corail, les années défilent et The Coral me prend sous son bras une nouvelle fois, par l'épaule pour me raconter ses petites comptines pop courtes, familières et amicales. Je ne m'en lasserai jamais.

Fidéles compagnons d'un quart de siècle, un petit soleil qui chauffe juste ce qu'il faut, "388" beau et réconfortant.

The Coral 2026 "388"


 

 

mardi 21 juillet 2026

Fruit Bats 2026

 


Hold-up. Il y a bien ce petit vert du maïs au beau milieu de cet ocre désert. Même le petit bois au fond est bleu lointain, comme une ombre en berne. Plus un rumex, l’armoise est éreintée et les chénopodes gris flétris. Toute la chlorophylle s'est volatilisée, le chalumeau est passé et la herse déjà mord sur un vieux quignon qui sent la poussière chaude. Mes plateaux Euréliens ressemblent à la Castilla y Leon.

Plus de vert alentour, plus rien qui jute, tout suffoque, le succulent dans d'autres contrées, la chaume à perte de vue a mangé tous les chemins. Et je rêve de collines où le tendre dégoulinerait sur les valons verts. Un chemin moelleux qui gicle, des herbes grasses qui caressent, l'odeur des graminées gorgées de chlorophylle sous de jolis bois qui chantent des airs frais de pop un peu désuète. "That goddamn sun".

Fruit Bats 2026 "The Landfill"


 

samedi 18 juillet 2026

Jon Spenser 2026

 


J'ai laissé mon cerveau et mon vélo au bercail avant de partir. Juste ma soif et quelques bouquins pour mon exil. Passé les régions pour le retour, la musique est revenue à la charge, comme un manque. J'ai bourriné, fait le tri, surfé sur les nouveautés pour trouver, pas des masses. Normal, on est fin août début juillet. Stones Purple sur la crête un poil en dessous du Paulo sur le sommet (oui j'ai remis ça en rentrant après Rubber), l'affaire est conclue. Bec au vent, truffe dans l'humus comme un sanglier, chibre à l’affût, en restant sur la nouveauté des anciens, je tombe sur une fidèle connaissance : Jon Spencer sans l'explosion. Branleur time.

L'explosion, la mienne fut l'ACME comme tant d'autres. Puis j'ai batifolé par intermittence chez Jon. Tu m'étonnes. Ici, pochette, son, chansons, "Songs of Personal Loss and Protest" vient gaver mon cartable de ma rentrée perso désorientée. Comment dire .. les précédents... mais celui-là. Est-ce le reste de mes cellules avides ou la faim de bouffer les chaumes calcinées sous des herses brûlantes ? Peu importe, rose et orange fluo sont venues sucer ma sueur houblonnée "Wet & wild". Demi-heure tonitruante, vite un Canadair. Ah nan, y'en a plus. Restriction d'eau ici, pauvre jet, trois gouttes sur le cranes suffisent, fontaine sur l'échine et les arcades, dedans on ne voit pas ce qui coule, et ça sourcille chez les écolo-woko-bobo. Un petit coup de Jon dans le Spencer, gros disque, gros bouillon, joint de culasse qui suffoque, il est temps de passer au moteur électrique, tant que l'on a Jon dans le poste, longeant les collines d'ajoncs sur les côtes de granit ou quelque part d'autre ailleurs.



Jon Spenser 2026 "Songs of Personnal Loss and Protest


".

jeudi 16 juillet 2026

Beatles 1965

Pensées acrimonieuses, je me terre dans l'humeur maussade. Je suis allé me poser quelques semaines au creux des landes plissées du Ribatejo. La fraîcheur des nuits battues par le grand vent Atlantique caressant les brûlures du jour.

Le gris des plaines beauceronnes s'abat à nouveau sur mes tempes, ciel voilé, fumées de chaumes, horizon troublé par le plomb du mercure, grosse fatigue de l'entre-temps, ce pivot menaçant, je suis happé. Repères en fuite, je suis débauché.

Là-bas la cigale, ici le bourdon. Quelle différence entre le cafard et le scarabée ? Le moral en berne, j'écoute un Beatles.



The Beatles 1965 "Rubber Soul"

dimanche 21 juin 2026

Graham Coxon 2026


Il a surfé sur la Waeve, amoureux comme par deux, il revient tout seul. J'ai eu l'impact Coxon, comme celui de Frusciante, des escapades solo à la limite du merveilleux. "Castle Park", la pureté, l'élégance que d'autres n'ont pas. L'élégance psychédélique hyper classe de "Isn't it funny".

Résurection ou pas, Coxon fait le tri. Des pépites dans le tamis. Beau comme du Pete Doherty en Normandie. On sifflote sur "Alright" en gambadant dans la campagne grillée par le lourd crachin solaire. De l'oubli des hautes écritures, c'est une dégustation sans pour autant que ce soit une surprise de sa part, "Happiness in Magazines"; "The Kiss of Morning"; "Crow Sit on Blood Tree"; "Love Travel at Illegal Speeds".... autant de voyage qui ne laisse aucun doute sur la pertinence fantastique du deuxième hémisphère céréblur.

Grahm Coxon 2026 "Castle Park


 

mardi 16 juin 2026

Jethro Tull 1984

 


Par le biais d’une bouderie d’époque, il faut que je vous cause une fois de plus d’un de mes chouchous permanents. 1984, ma tronche en biais de bougre bougon rejète tout en bloc, même ceux qui me tiennent à cœur et qui font de la "cague" à l’orée de cette décennie qui me pèse l’humeur, à l’époque. Sabordage général ?

Le seul 33T que je ne possède pas des Tull est ce « Under Wraps », même si j’y décèle quelques morceaux potentiels qui auraient eu une autre tronche 15 ans plus tôt. Ou plus tard. Un an avant, Ian Anderson sort son album solo, grosse chose de routine pour tous les groupes à l’époque, Waters, Hodsgson, Buckingham, Barry et Robin.. même si chaque album respectif m’enchantait comme enfant de divorcé avec deux fois plus de cadeaux. Pourquoi tant de rage ? Le son, toujours, même si une flûte ça ne se branche pas. Elle était bien la seule petite pauvre perdue à résister dans ce synthétisme organiqué.

Cet album, je l’avais loué en me promettant de ne jamais l’acheter, et là, à l’instant où je gratte ce billet, j’ai des frissons sur « European legagy ». Il faut dire que le mois dernier est sorti « Under Wraps (the Unwrapped Edition)", un walk into the light mixé par un Bruce Soord. Le son donc est totalement revisité, tout est plus clair et limpide, percutant avec voix réhaussée. « Later, that same evening » devient une tuerie urbaine et je danse avec les yeux qui piquent, comme si je venais de revoir une vieille copine que je trouvais bien moche à l’époque. IA, chirurgie, travaille sur la bande, penderie refaite à neuf ou autre tricherie, je me pencherai sur l’aspect technique une autre fois. Là, à l’heure où je gratte ce billet d'humeur, je redécouvre et me rabiboche.

Il y a quelques mois, comme j’ai le Tull dans le sang, je me suis refait « Stormwatch », « A », « The Broadsword and the Beats », les 3 albums 80’s qui viennent buter sur « Under Wraps ». Je ne les boudais pas autant, même s’ils ne sont pas dans mes écoutes récurentes. Et bien, quelques tics sonores écartés, je me suis replongé avec plaisir dans des vieux morceaux sublimes. « Claps » par exemple, et surtout la chialade des pores sur le sommet « Flying colours » (malgré le synthé quand même), mais ça n’engage que moi. Pas encore défiguré le son comme under je me suis dis… à l’époque. Bon, il subsiste quelques morceaux douteux, avec la flûte laissée de côté, mais l’écluse a lâché et je suis dispo à tout réécouter (« Paparazzi »..mon dieu..). Ça tombe bien, une nouvelle fois un coffret complet avec tout le travail réalisé avec live (assez dégueulasse du drum comme il se doit)…. D’époque. « Her love is strange », un vrai bonus, écarté !, quelle idée. L’album original est proposé avec le son authentique de la batterie, ainsi que l’album solo d’Anderson remixé par le même Soord.

Je n’aurai pas parié un copec sur la réédition de cet opus 84 dans le catalogue. Je pense n’être pas le seul à avoir boudé, les critiques acharnées, Terry Ellis le boss de Chrysalis le conchie, même des musiciens sauf le fidèle Barre. Il fallait usiner pour ne rien perdre. C’est fait. Désormais, ce groupe est total.

Jethro Tull 1984 "Under Wraps"




jeudi 11 juin 2026

Liz Lawrence 2026


Liz s’est débarrassée de toute tension sonore, elle a déposé un peu d’énergie à ses pieds pour laisser ses chansons épouser le ligneux. « Three legged dog » à nos pieds, dénudé de tout. J’ai laissé Aldous sur le côté, mon regard s’est éloigné du bruit général. J’ai vu Liz au loin entre les arbres et son petit refuge dans l’ombre épaisse des grands hêtres. La gravité de « Mt. Nephin », le métronome boisé de « Where did you go », la sublime envolée pop de « Black Ulysse », « Vespers » comme une oraison folk. J’ai quitté la foule, je suis allé reprendre haleine vers ces troncs lisses et grisés par des petits airs nylons.

Liz Lawrence 2026 « Vespers »


 

mardi 9 juin 2026

Thomas Dollbaume 2026


 

Si Jurado lasse, qu'on lui trouve un léger déficit dans les envergures, dans la hauteur de certaines couleurs sans pour autant l'oublier dans un coin, il y a "Birds of Paradise" qui vient de sortir.

Si Jason Molina manque, avec son électricité fleurie sur de beaux élans rock secs à peine crasseux, il y a Thomas Dollbaume qui vient de sortir "Birds of Paradise". Immédiatement cet album a confortablement clôturé mes impressions posées sur de solides fondations. Immédiatement tout a défilé dans une évidence brute tout en rattrapant en plein vol quelques petites maladresses authentiques qui ajoutent au charme. J'ai oscillé comme un Tremble en plein vent, musique argentée, soleil aveuglant. Le trait d'horizon porte de grosses masses cotonneuses de vert profond, juste au dessus, les nuages imitent dans des gris bleutés et la campagne défile sous le son américain de Thomas. Je n'irai pas jusqu'au village voisin, je vais juste faire le tour du grand bois et revenir écouter ça dans ma hutte. Pas trop de soucis à me faire s'il me vient l'envie de trouver un bon disque pour la soirée. C'est du tout cuit, bouclé d'avance, tellement de soirées bredouilles à patauger dans les opus pour dénicher une pépite. "Birds of Paradise", immanquablement.

Thomas Dollbaume 2026 "Birds of Paradise".


 

 

jeudi 4 juin 2026

10 cc 1976

 


Découverte inattendue, une fois de plus facilement guidée par mes algorithmes. C’est pas faute de ne pas connaitre ce nom. Sans par ailleurs faire une fixette et imaginer le siècle de sécrétions entremêlées autour de ce mythique slow 1975. C’est peut-être ce cliché planétaire qui m’a jusqu’à maintenant tenu éloigné de ce groupe made in Manchester.

Une fois de plus, malgré la découverte fructueuse, je ne vais pas m’étendre technique sur le contexte et l’historique de 10cc, c’est partout sur la toile. Sauf peut-être ce nom d’un des membres qui résume un peu le côté léger, estival et aéré des compositions, Lol Creme !! La pochette aussi, directement identifiable à l’Hipgnosis qui n’a rien pour me déplaire. Pourquoi cet album ? Fuir encore ce slow ravageur noyé dans une pop à légère tendance prog qui fait tâche qui peut m’emmerder dans ma démarche de découverte et mon appréciation générale ? Peut-être. C’est surtout que pour palier à cette grosse lacune, je viens de recevoir cette galette-ci après avoir fait le tri dans la discographie streamée (d’autres sont en transit).

Complètement séduit, je suis le cours de la discographie en appuyant fortement sur cette période 70’s que je chéris.. hein ?? nan c‘est pas à toi que je parle … quoi ?? nan oublie le slow, j’écris un truc là… Ouaih, c’est vrai il est chiant ce morceau qui sent le coït. Tiens d’ailleurs, en dehors de la limaille engendrée, comment 10cc porte t-il « I’m not in love » ?

Alors, oui, le paysage n’est plus du tout printanier, l’été des plaines devance toujours celui du calendrier, tout est installé, posé, chlorophyllé à fond. Fleurs cuites, les herbes folles occupent tout l’espace. C’est vrai que c’est super gai comme musique. Je vois quelques comparaisons .. Macca.. euhhh, moi je dis plus Wings avec Denny en dilution (pour la voix). J’entends aussi le joyeux de Billy Joël, Chris De Burg. Je ne m’en lasse pas, je me promène sur ma belle ignorance super emballé par leurs premiers albums donc.

« Lazy ways » tout de suite dans mon entrain - sublime épopée romantique à fleur bleue en mode Queen vaporeux « Don’t hang up » - « Art for arts sake » un poil Steely Dan - « I’m Mandy fly me » pas mal du tout, c’est pas un slow ça ? Bref, quelques petits délires pétillants pop avec ce son moelleux, extraordinairement d’époque. « Rock’N’Roll lullalby » sur une estrade, sous les lampions colorés d’une belle nuit de juin, le petit bal du coin avec … bon, encore un slow qui commence comme « Let me roll in ».. la bande son des vieux étés… ok ok..je remets « I’am not in love »… c’est quand même dingue cette histoire, déjà « Donna » à l'époque. Chérie..viens-voirJ’ai fini mon papelard, ça me saoule.

10 cc 1976 « How Are You »


 

dimanche 31 mai 2026

Paul McCartney 2026

 


Assis sur le toit du monde, il saupoudre les courbes bleues de sa poussière féconde et dorée. Comme un génie de routine, mais toujours plus beau sans cesse. Paul est posé là en posologie permanente, histoire que maintenir le globe en rotation. Bien longtemps que les forces de frottement ont baissé les bras. Huilé. Tellement haut, le coude posé sur l'épaule de John, le plus naturellement du monde, Paul, we two, Paul et tout le reste, nous envoie une salve lustrale de quelques chansons religions. L'évidence coule de source.

La source.

Intarissable.

C'est une saison, le cycle, école sans cliché, cas d'empreinte fossile empruntée, du bateau qui a vu les milles continents, Johnny Cash gentleman avec l'élégance en plus et un brin de féminité naturelle. La patine burinée, le geste classe, manuscrit et partition célestes. Paupières mélancoliques, le poids des regards, neutres pochettes de disque, celui-là est apothéotique. La pertinence des ondes s’octroie la quintessence. "As you lie there".

Pendant qu'ici, en bas, nous sommes tous à nous courber, que l'on tend à s'étendre, croulons, glissons à succomber, luttons comme des aliborons à lunettes, Paul élabore et arbore sur les âmes et les houppiers, dépose tout à nos pieds en montrant la certitude dès potron-minet.

J'ai commencé l'album avec " As you lie there" en boucle, fébrile, suffoquant, emberlué dans l'éberluance. Je me suis dis, je vais faire pareil pour chacune des chansons. La voix embraillée hurle encore, c'est dans les aigus et les cris qu'il est encore le plus facile. Tout a défilé, j'ai commencé à sangloter à la 7ème révolution des pistes, perdu entre notre naine blanche et la cendre lunaire. Tout en bas, le bleu ciel des mers s'arc-en-cielisait. Quelques nuages ont rosi des joues, déserts empourprés. Sortir le grand jeu d'un battement d'espiègles cils acrimonieux, force et délicatesse.

Séculaire.

Il y a le benjamin Watt et l'ancestrale puissance, une grande jeunesse dans les joules, seules les gaines des câbles vieillissent. Le jus jute et passe par tous les embranchements emmanchés d'outre Manche. Sous les océans, tous semble câblé.

Il n'est plus nécessaire depuis un bail, de s'étendre sur Macca, la messe est dite. Je suis juste plaqué sur mon hamac à prêcher.

Paul McCartney 2026 "The Boys of Dungeon Lane"


jeudi 28 mai 2026

Ed O'Brian 2026

 

La belle coïncidence, le scalpel au sein d'un groupe, farfouiller dans les organes pour mieux voir la matrice digérée. Proche le Selway, « Anima » à plusieurs encablures, je me vautre pareil sur ce sublime « Blue Morpho ». Des mimiques certes, comme sur « Earth », et tout s'explique. Les masques tombent. On ajoute au tableau le cinématographique Jonny et les éléments s’emboîtent. Le poids des ajouts, l'intensité des combinaisons, la place de chacun avec les interjections. Rares les groupes avec que des inspirations, autant de foyers.

Outre les explications, libéré des analyses, ce deuxième album de Ed O'Brian est une bouffée d'air éclatante. Méditatif autant que contemplatif, une rêverie planante de pop acoustique et symphonique. « Sweet spot » et je pense à ma découverte de Marc Morvan. Je vais la revêtir, forcément elle est construite sur des principes itinérants de mes errances, seul à travers mes étendues.

Plus j'écoute « Blue Morpho », plus je me dirige vers un petit bijou, l'appel du chef d’œuvre à le mettre en boucle et laisser le plomb de l'air alourdir mon accroche.

Ed O'Brian 2026 « Blue Morpho » 


 

samedi 23 mai 2026

Leila Bordreuil 2026


 

J'ai vu une belle âme sous la feuille du laurier, on dirait que l'époque est belle. C'est pas ce grand soleil qui va me contredire, hier encore il faisait si froid. Elle est partie comme une balle vers la vallée des saules. Au creux, à la croisée des cuivres toutes les bestioles se trémoussent. La lumière ambrée a trituré la boue sculptée, les cloches au loin annoncent la canicule.

Je connais bien cette petite vallée où règnent ces cinq grands saules depuis quelques siècles. Ils prennent toute l'attention depuis le haut des plaines, j'y vais déposer toutes mes préoccupations dès que le trop plein s’empare de ma respiration. Toute la grasse sagesse salicylée y broie mes saletés. De l'écorce jusqu’au pointu de la feuille, tout tend à l'apaisement. Ils sont bien cachés des petites routes de campagne ces cinq boules argentées comme des zeppelins arrimés. Il faut prendre ce vallon du village par le sud pour à peine sorti des premiers murs, voir ces beaux arbres marsault veiller sur le gâté et les pauvres diables.

Il fait toujours humide au creux de la vallée des grands saules. Le vent peut s’engouffrer, rien ne bouge. L'humilité restera une sagesse végétale. La seule loi valide est celle du mycélium et de la lumière. Nous n'avons plus de disposition pour les vertus, le déclin progressif de l'espoir.

Au creux du vallon des grands saules, Leila Bordreuil, cordes en drone, accompagnée de Kali Malone, a soufflé l'importance des choses.

Leila Bordreuil 2026 « Music for Intersecting Planes » 


 

mardi 19 mai 2026

The Moody Blues 1969

 
Le Poa des choses habite le vide, la marée d'herbes se pavane sous la pluie, « Lazy day » coule de partout. Grasses touffes de ravines, friches épaisses, haies touffues et folle-avoine, je suis sous la pente de mon toit et tout dégouline. Cloué dedans, il pleut la poésie sur mon mai barbouillé. Il a beau crachouiller, pleuvoir et déluger, tout est beau et léger, la symphonie pop hippie et graminées enchante la fraîche grisaille de ma voûte. Le grésillement du saphir se mélange aux gouttes rafales sur la fenêtre-toit. 1969.. je dis ça ..

On pourrait se croire du côté de la Californie avec quelques Capra ruminant le sable et la joue épaisse, les chœurs sûrement (« Lovely to see you »), même si là, l'épopée est bien trop grande et la poésie à fleur de pot pour échouer sur cette plage beaucoup trop ensoleillée. Peu importe le son du mur, c'est ma sous-pente qui a raison de moi. L'onde est confidentielle, le concept capiteux, l'objet précieux.

Il y avait bien le 45T « Nights in white satin » dans carrée familiale, comme partout ailleurs d'ailleurs. Gamin je mettais en boucle, subjugué du clavier et par le songe procuré. Je l'ai retrouvé bien plus tard avec le Barclay James Harvest et la belle pochette découpée de « Gone to Earth », je dis ça... Tiens, « Poor man's moody blues », je ne sais même pas s'il existe un lien officiel entre les deux, le son, celui de la guitare, du clavier et le romantisme.. tout y est, c'est certain. C'est en tout cas mon alibi du retour vers le groupe de Birmingham bien plus tard. « Never comes the Day » ressemble aux débuts des frères Gibb. Je dis ça...Plus précisément, la voûte penchée au dessus de ma platine chambarde tout, presque méconnaissable l'album. Ou alors c'est la pluie.

Tout se mélange à l'orée du délire mou, le rêve s’appesantit sur ma flemmardise, j'irai ramer sur les hautes herbes demain, elles sont trempées, une prairie pour un naufrage, le plus bel album des Moody pour mon tantôt abandonné. Et le chant léger de « Lazy day » qui n'en finit pas...... 

The Moody Blues 1969 « On the Threshold of a Dream » 

 


 




dimanche 17 mai 2026

Philip Selway 2023

 


 

La dernière pompeuse virée country aux deux doigts en forme de "V" du gars Ringo a éveillé en moi l'envie d'écouter un bel album d'un autre bateur en balade solo. Quelque chose de plus sérieux, travaillé, inspiré. Quelle taux d'influence de l'entité planétaire sur l'oeuvre en escapade ? Beatles sur Starr, Radiohead sur Selway. Les batteurs les moins aptes à poser sur les promontoirs des Lp de cette envergure ? La preuve que non. D'autant plus que les chansons ont été composées à la guitare ou sur un piano.

Depuis "Familial" il n'a cessé de sortir de belles choses. C'est sur son quatrième album que je m'étale depuis quelques jours. En lisant un gros bilan hors série sur le groupe, je me suis rapelé du grand plaisir à l'écoute de "Familial" en 2010. Sublime pochette, label de renom et grand étonnement quant à la capacité pour un bateur de sortir de telles chansons.

"Strange Dance" est un petit bijou de pop d'émotion, sublime et vaporeuse. Les couleurs déposées, la lumière installée, tout tend à la sensibilité à des quartiers entiers de The Smile. Organique et symphonique.. réveur.



Philip Selway 2023 "Strange Familial"


 

jeudi 30 avril 2026

The Bevis Frond 2026

 


Allez zouhh, on va pas se laisser abattre par les matins grincheux, un pavé bien trempé pour remettre les poils de la bête à l'heure. La pluie revient, va falloir des protéines aux oreilles pour pulser le sonotone. Un groupe que je n'ai pas suivi tant que ça et qui pourtant me botte la hanche à chaque écoute. « Best laid plans », tout est là. Et ça embraye, vitesse de croisière, ça défile gras, ça riffe sur la carrosserie, je suis accroché, je suis papy, je fais ce que je veux.

Y'a le chromosome rock psyché de power pop indé dans la caisse à vinyles et je frissonne à la Frank Black. On est chez les british pourtant la décapotable trace, les frissons ? C'est pas que ça, le son, le jeu, l'idée d'un vieux rock crasseux tout propre, inaltérablement inébranlable. Et pourtant ça branle dans l'air à poil.

Du pollen plein la tronche, des moustiques plein les dents, galure vissé et barbichette au vent, le poids des atrocités alentours me donne de la hauteur. La plainte des demis avant d'épouser la plinthe nous sauce, j'ai sorti mon côté animal de la boite à gants. La terre est craquelée, elle a bouffé toute la flotte tombée. La musique s'écoute par les racines et la brindille tangue. Sublime album opulent. Un peu comme d'hab .. dans mes souvenirs.

The Bevis Frond 2026 « Horrorful Heights » 

 



mardi 28 avril 2026

Barnill Brothers 2025


Un retour en Belgique, il y a toujours un petit groupe à dénicher par là-bas. Le temps est au beau fixe depuis quelques semaines, il faut bien brumiser quelques vagues à l'âme sous ce vent sec et poussiéreux. Pastorale est la pop, calfeutrées les mélodies, une blanche matinée persiste, c'est doux, on parle de Simon & Garfunkel par-ci, Everly Brother par-là, moi je me balade vers les Minor Majority.

C'est quand même bien emmitouflé de beauté, on ne se découvre pas au fil des chansons de « Shelter », leur deuxième album.Le soleil y va de son timide réveil, un peu la tronche en biais avec ce voile brumeux, et déjà une belle trouée vert d'eau fait chanter toutes les plumes. Pas loin, l'océan.

Barnill Brothers 2025 « Shelter » 


 

mercredi 22 avril 2026

La maison Tellier 2026

 


Frissons chaotiques, larmes heureuses, poils dressés et chants à l’unisson. Décidément « L’Usine à Chapeaux » bosse à me réconcilier avec le genre humain. Alexis HK, Matthieu Boogaerts et La Maison Tellier il y a quelques jours.

Le 03 avril, le jour de mes 57 est sorti le Manset 2026 donc. « La timidité des Arbres » aussi. Déjà ma place était prise. Manset, il en est question dans les paroles. La voix de Jean-Louis a résonné. Je m’évertue sans cesse à me flanquer d’une de ses chanson chaque jour. Lui qui chantait « Calexico », un groupe avec une trompette, comme les Delano. « Babel ». Tout coule de source, fait sens, tout est là. Je suis à flotter dans ce lit-là, depuis que mes émotions des belles chansons de par ici se portent sur des sincérités humaines et des paysages ordinaires à couper le souffle. Rien des émotions n’est laissé au hasard, la cohérence des cellules me travaillera jusqu’au bout. Panser les petites semaines.

« Atlas » a eu raison de moi, ce nouvel album ne déroge pas, ce groupe de faux-frères en sincère fraternité a assis définitivement son poids d’importance dans notre paysage musicale. Vital. Indispensable. Mes glandes lacrymales ont juté quand j’ai chanté. Quelques pintes plus tard, ils ont signé mon vinyle que je voulais ce jour-là, même s’il est sorti le jour de mes 57 comme le nouveau Manset. « Atlas », j’avais loupé toutes les scènes. Pas loin du grand parc, à l’Usine à Chapeaux, avec tous ces arbres qui se frôlent sans jamais s’embrancher, se gêner, juste s’appréhender, ou plutôt instinctivement se respecter simplement dans le grandiose et la dignité, je suis allé à la rencontre.

J’avais diffusé un billet en 2008, ils ne m’ont jamais quitté les frères Tellier, de la fugue en passant par l’avalanche. Ils ont une frangine dorénavant, Babeth en Tellier. Ils sont venus me cueillir juste à côté de chez moi, je suis rentré heureux, requinqué, je plane encore sous les houppiers et sur la canopée, avec eux, Jean-Louis et Manset.

La Maison Tellier 2026 « La Timidité des Arbres »


 





mardi 21 avril 2026

Penny Arcade 2026

 


Une féroce envie de balayer cette journée flanquée d'absurdité. Quitter les grandes voies et retrouver mes routes herbeuses toutes cabossées, petits îlots de graminées sur l'asphalte craquelé.

Un son chaud des temps reculés du grand Fleetwood ("Regrets"), j'ai tout laissé derrière, loin des grands disques révolutionnaires. J'ai marché un moment sur la départementale juste derrière chez moi. Il ne passe plus de voiture depuis quelques années ici. Ôtée du trafic, elle s'entortille plus haut dans la marée des colza. La douceur évidente de Penny Arcade est venue soigner. Marc Morvan habillé en Syd Barrett.

Tout a glissé mollement jusqu'à la nuit, quelques vérités se sont dessinées sur la tendresse des lumières, Penny Arcade n'a pas cessé de voltiger parmi les minuscules insectes fatigués.

Penny Arcade 2026 "Double Exposure"



jeudi 16 avril 2026

Joe Jackson 2026

 


 

Et bien, puisque nous sommes dans la pop rock joyeuse, j'embraye direct sur le dernier Joe Jackson. J'ai toujours zigzagué, dégustant son génie d'écriture sur quelques fulgurances, le son du piano, sa voix et les sursauts d'une chanson soudainement sublime. "Dave" de "Fool" 2019, exemple parfait.

Incroyable intro "Welcom to Burning-by-Sea" brûlot celte incendiaire.

Aucune précipitation pour moi ici, puis à l'écoute, toujours cette même interrogation, pourquoi je ne l'écoute pas si souvent que ça ? à force de chercher sans cesse des gris contemplatifs, j'en oublie le fauve de quelques palettes qui jutent. Je ne mettrai pas "Fabulous people" tous les matins, et c'est peut-être ce genre de refrain qui me fait souvent fuir. Et pourtant cet album respire l'épanouissement, la force facile d'une fidèle composition enlevée et relevée. "After all this time" le petit côté Santana. "Face" et ses petits pointes de jazz, le son est extraordinaire sur son énergie inébranlable. Pas de trève ici, les fans vont se régaler, moi je jubile.

Joe Jackson 2026 "Hope and Fury



 
"

mardi 14 avril 2026

Salim Nourallah 2026

 


Une vieille connaissance, le Salim des frères Nourallah et de plus en plus des airs de Tom Petty, j'en veux pour preuve le tout premier morceau "Here for the tears". Pas mal d'albums au compteur et plein de petits bijous pop à tendance ensoleillée. Des pochettes de plus en plus travaillées. Joseph Arthur en plus mélodieux, Salim tente à peine quelques escrusions dans la douceur mélancolique "Buddha blind" avant de repartir aussi sec vers la grande lumière de petits pas dansants "Born with a broken heart". Quand même, sublime "Damage".

Les volets débordent de soleil, une grande journée se prépare, pas un poil de vent, derrière non plus. Café anecdotique, des idées de foulées joyeuses flanquées de belles chansons oxygénées.

Je croyais vous avoir parlé de Nourallah Brothers 2004, voire même de "Polaroid" son premier opus solo de la même année. Je ne trouve rien chez moi, bientôt 20 ans de billets, et de plus en plus le besoin d'aller fouiller pour trouver. Un jour je tomberai sur une de mes choniques d'un album que je ne connais pas. Très très bel album tout frais.

Salim Nourallah 2026 "NOURALLAH"


 

samedi 11 avril 2026

Gérard Manset 2026


Il y a déjà dans les crédits un message de remerciements pour des fidélités, Didier Batard, Serge Perathoner, Patrice Marzin... avec des dates comme un calendrier des astres.

C'est une grande question de grande fidélité. Artiste de haute tenue.

Prévision vernale le 24 du mois d'avril pour toute la planète, il est sorti le 3 en physique, le jour de mes 57 branches, je l'ai appris le 2. Je l'ai pris pour moi, j'ai embrassé ce cadeau imprévu.

Le lendemain du 2 donc, j'ai respecté ma voix d’adolescent recroquevillé, âme introvertueuse de vides moments à observer les autres, dans leur vide à eux tout en dégustant le mien. J'y suis allé comme un athée ravagé par l'idée d'aller dans une église sans elle. J'ai ouvert à nouveau ce pavé abyssale « Cupidon de la nuit » pour m'immerger, et tenter de comprendre un peu plus qu'aux premières lectures. J'y suis, j'y est, immergé comme à l'époque, c'est un rituel. Il y a 40 ans, j'avais dans le dos les vinyles empruntés dans mon sac US kaki pour mes cassettes vierges. Il fallait alors les rendre. J'ai tout respecté, j'y suis allé comme revient chaque année le rouge-gorge taquin, fier et solitaire.

J'aurai mon mausolée, et tant qu'il se gonfle j'irai, quelque soit le contenu, le son et la voix me suffisent. Je découvrirai quelques morceaux de plus du mystère singulier, en 2870 je comprendrais. Adoration, théosophie ou juste grande affection ? Le jour de mes 57, un Manset est venu dans les bacs. Je l'ai pris pour moi, juste parce que j'en suis depuis des décennies. J'y suis allé. Ça me ferait bien chier de mourir sans eux et vice versa.

Gérard Manset « Je ne veux pas » 2026


 

The Coral 2026

  Peut-être le plus génial des groupes de par là-bas. Il y a foule pourtant, ça se bouscule à Liverpool et alentours. S'en étonner devi...