Alejandro se revisite. Il se la joue
Iguane sur la conquête de John et puis tout dégouline sur un blues
pluvieux. « Echo dancing » sous ses airs
cradocs a pris un bon petit coup de prod-rythm-program bien taillé
« Sacramento & polk », un peu comme quand JJ
Cale « Number 10 » est passé sur un autre
son. Sauf que Escovedo en Alejandro, c'est pas Cale en JJ.Il reprend.
Je suis passé près de la beauté des petites herbes en fleur, embourbé à vouloir rentrer chez moi pour me manger « Too many tears ». Impossible d'avancer, toutes cette lourde mélasse amoureuse collée à mes semelles, je patauge et patine dans cette marée brune. Pourtant si je ne rentre pas avant le jour je risque de finir enterrer noyé dans ce champs qui n'en finit pas de me bouffer les péronés. Si seulement il ne pleuvait pas autant. Deux ou trois buses dubitatives me scrutent, où sont les corbeaux et les lambeaux de paysans dans le limon flasque.Je suis cinglé par la pluie, et pas que, je ne suis que bouillasse miséreuse, mes pas pèsent un camion, j'avance parpaing et déjà se dessine à quelques averses de là mon clocher flou lessivé par la trombe et les tombes. Qu'est ce qui m'a pris de sortir m'embourber.
« Castanuelas » passé, tout s'est calmé, enfin arrivé, ou plutôt échoué comme un vieux poiscaille rejeté à la flotte. Et voilà qu'il fait son Nick Cave sur « Swallows of San Juan ». J'ai repris de la braise sur « Sensitive boys », les bûches ont fait le reste. Le jour et là, je m'effondre assoupi sur un épais tapis poilu sous les riff secs de « MC Overload ». Ma lourde carcasse se laisse tanguer mou par le coït virtuel de « Inside this dance ».
Quel disque !! quelle périple !! un bilan ? j'ai pris un jus de je ne sais pas quoi cul-sec, « Wave » sur le front debout revigoré, réarmé du buste, près à plonger à nouveau dans la patauge boueuse des horizons inondés. Va falloir quand même, un moment donné, que je rentre chez moi. C'est à qui ce tapis ?
Alejandro Escovedo 2024 « Echo Dancing »







