lundi 27 mars 2017

Brian Eno 2016/17







Des étendues, nappes à perte de vue, la lenteurs des éléments végétaux qui naissent à nouveau, Brian Eno revient dans un son biologique, comme avec "Small Craft on a Milk Sea".
"Sisters" et "Reflection" c'est l'heure du débourrement, des bourgeons fleurs ou feuilles, des veines de ligneux suçant les sols et poussent vers le haut tout ce qui va nous contenter d'ombre pour les zénith du soleil à venir.



Il est 6h30 heures au cadran de l'hiver, la nature s'égosille, le merle est en exctase. La lueur du jour après une nuit de "Reflection", avant la renaissance une fois de plus, chante et ondule "Sisters".



Deux nouveaux voyages sur deux ans, à quelques mois d'intervalle, Eno résonne toujours à l'orée du son des cellules et de la résurgence de nos pensées les plus fraîches.




Brian Eno
2016 "Reflection" label : opal limited
2017 "Sisters" label : generate music.

vendredi 24 mars 2017

Albin De La Simone 2017



Pas facile d'écrire un truc quand on trouve pas les mots, quand les siens vous clouent le museau et qu'ils disent tout à la place des vôtres.


L'humilité d'un chansonnier hors pair, la beauté des mots sur des airs plein de tendresse et de poésie.
Je crois avoir entre les oreilles, le plus bel album cette année de par ici. Son livret est un aveu  touchant, son processus créatif sur des mots simples, le studio Vogue... les destinations...le texte d'abord puis la musique... c'est un bavadrage rassurant, tout y est, y'a juste à poser l'écoute à travers ces confidences artistiques et sentimentales, des chansons parfaites d'un quotidien à fondre.

J'ai écouté trois fois le dernier album d'Albin De La Simone, puis j'ai lu quelques Lettres à Anne de François, 1964, est ce que ça existe le grand amour ? J'ai remis le dernier album d'Albin De La Simone en feuilletant le beau livre de "La nature silencieuse", des payages d'Odillon Redon, sa mine de plomb sur papier chamois.. j'ai sruté l' "Arbre" jusqu'à ce que s'éteignent la musique.




Albin De La Simone 2017 "l'un de Nous"  label : tôtoutard
http://www.albindelasimone.com 


mercredi 22 mars 2017

Expo'70 2006/2016





Elle a dû me pomper la moitié du sang, je ne peux plus bouger, la brûlure sur les tempes et la morsure sur le bulbe, je sens sa salive envahir mes cellules.
Un cataplasme à moutarde me pénètre les reins, si j'avais sû qu'elle s'appelait Astrionics, jamais je me serais étendu sur ce granit chaud, endormi par son haleine gingembre. Je vais exploser, pourtant je suis bien là à bouillir, à jaillir liquéfié.


Dix ans après la sortie du CdR, Expo'70 le trio infernal de space rock drone fuzzy experimental ressort son Exquisite en double album et cassette longue durée. Le morceau éponyme qui termine l'album est un long naufrage paradisiaque de 20 min. Je m'y suis échoué.




Expo'70 2006/2016 "Exquisite Lust" label :kill shaman




lundi 20 mars 2017

Monopsone 2017 : Orso Jesenska / Matthieu Malon / Erik Arnaud







La trinité sur le Pilat, trois volets s'ouvrent sur une même teinte, la grande lumière boit toutes les couleurs, aplanit le souffle chaud. Trois beaux auteurs de par ici ont répondu à l'invitation du label Monopsone, chacun de leur de leur côté, dessiner le paysage, et leurs créations se sont rencontrées sur la dune blanche. Un doux projet dressé par Orso Jesenska, Matthieu Malon et Erik Arnaud. 


La verve, la brûlure, la mélanolie, un soleil nucléaire a irradié les troncs de conifères. Juste passé la dune avec le large oublié, les grands arbres sombres s'ouvrent devant, l'eau, la sève, le sable, la forêt profonde...."Un monument exceptionelle et unique constitué de millions de petits grains de sable, un mastodonte en mouvement qui engloutit la forêt façonnée par l'homme : la dune du Pilat est une histoire en cours d'écriture, le fruit de la puissance destructive des éléments naturels et de l'action de l'homme. Quand Stéphane Merveille a arpenté ses pentes armé de son appareil photo, il a saisi toute la dimension poétique (voire prophétique) du lieu, en pensant aux artistes avec qui Monopsone souhaitaient écrire une nouvelle page du label en activité depuis plus de seize ans"."

C'est vachement bien par ici, ça chante de tout et d'ailleurs, c'est ouvert aux plus belles choses d'un petit endroit, pas loin de là, à quelques portées lumière de la main.


Des créations, des démos, des reprises (2 chacun), trois Eps comme un manège thématique. Des trois je connais un peu moins Erik Arnaud, et sa reprise improbable "Tous les cris les SOS" me plait beaucoup. C'est sûr Stéphane a fait des merveilles, et je me souviens du projet d'un autre label de par ici aussi Arbouse en Aveyron, avec le son collé à la pierre ancestrale.
"Les variations d'ombre" me sont venues biologiquement, comme les ballades naturelles qui allaient de soi, au creux de la dune, le large de l'autre côté, la forêt profonde devant moi.  "Sais-tu ce paysage où l'on meurt au matin "




Orso Jesenska "Les variations d'ombre"
Matthieu Malon "Peu d'Ombre près des Arbres Morts"
Erik Arnaud "Golden Homme"
label 2017 : Monopsone.

http://www.monopsone.com/   





https://leschroniquesdecharlu.blogspot.fr/2015/02/matthieu-malon-2014.html
https://leschroniquesdecharlu.blogspot.fr/2014/01/orso-jesenska.html
https://leschroniquesdecharlu.blogspot.fr/2015/05/orso-jesenska-2015.html

vendredi 17 mars 2017

In Gowan Ring 2017



 
Les griffes crayeuses sur l'ombre violette d'un bois sans âge est venue me tirer du cageot. Les yeux éblouis par la blancheur de l'écorce, je suis resté assis sur ce vieux billot mousseux à contempler la danse molle des ligneux qui vont souffler leur poussière sous la nouvelle lumière, une forêt de bouleau.

Mes tempes blanchissent comme la peau de ces arbres qui n'en finissent pas de vieillir nos troncs.
Les grilles opalescentes me tiennent serrés au beau milieu d'un breuil blanc à faire pisser les naseaux, les noyaux en feu...across the univers.

In Gowan Ring 2017 « Visions of Shadows that Shine »

mardi 14 mars 2017

Thievery Corporation 2017




Cup of tea records et ses compilations, Planet E label et sa profondeur discographique, Klein records, les groupes Alpha, Zero 7, Lovage, Telepopmusik, Cinematic Orchestra, Planet E avec le sublime « Leaving you with this »... j'ai eu une grosse période Trip Hop, avec du super son tout neuf, de l'electronica métissé soft à passer à n'importe quelle heure, sans compter les piliers de comptoir qui ont bétonnaient le mouvement, Tricky, Archive, Massive Attack, Morcheeba et Portishead.
Festif, ambiant, reposant, sensuel et chaleureux, lounge, Troublemakers, Peace Orchestra, exotique comme St Germain, Gotan Project, Zenzile, Dr Alex Paterson's, Terrestre.... cette musique langoureuse est un patchwork papier peint vieillot ou pas.

 
J'ai ressorti tout ça le temps d'un week end, grace à une nouveauté « The Temple of I & I » de Thievery Corporation. Surement ce groupe résume tout ça, bossa nova. C'est en tout cas ceux que j'écoutais le plus souvent, « The Morror Conspiracy » et sa belle « Lebanese blonde ».

 

Fidèle duo américain Rob Garza et Eric Hilton sortent leur dixième album en exactement 20 ans de carrière et un seul label Eighteen Street Lounge Music. Très fortement d'inspiration reggae, ce brûlot d'un mouvement musical qu'on croiyait disparu vient emballer mes enceintes comme si elles n'avaient pas roulé des hanches depuis bien longtemps.
« Let the chalize blaze », typiquement du bon trip hop d'époque.


Thievery Corporation 2017 « The Temple of I & I » label : eighteen street lounge music

dimanche 12 mars 2017

Elbow 2017



Les albums studios de Peter Gabriel commencent sérieusement à me manquer. Après les avoir tous passer pour la énième fois, je me mets un petit Elbow.
Le tout dernier « Little Fictions » ne déroge pas, et je me répète depuis quelques années, Elbow me fascine par sa discrétion et sa perfection. THE groupe anglais.


Elbow 2017 « Little Fictions » label : polydor

mercredi 8 mars 2017

Madrid 2000



 
Découper des petits morceaux du quotidien, une tranche de mauvais temps avec des voix qui résonnent, juste devant la frange du déluge.
C'est un morceau de quelque part, un bout de vécu d'un quidam parmi les fantômes gris, perdu dans la foule lavée par des jours de moral crachin.
Un truc s'est arrêté, polaroïd, instantanée, une capture argentique ou numérique.
Si l'on tend l'oreille des voix d'un autre monde chuchotent. Paysagistes et architectes musicaux, Guilhem Granier, Dominique Dereymez, Joël Galinski dessinent des notes accrochées sur des grilles noires de monde, un paysage brumeux, des trottoirs qui reflètent, un langoureux post rock Lo-fi grenoblois. L'équivalent par ici, de Gastr Del Sol (O'Rourke & Grubbs)
A nouveau un disque perdu retrouvé au fil d'une étagère farfouillée, une petite merveille oubliée, une sacrée belle virée sonore dans la vie de quelques uns.

Madrid 2000 « Madrid »
label : icidailleurs / les disques serpentines

lundi 6 mars 2017

Radar Bros 1999



 
On voyait d'eux un mélange de Neil Young et de Pink Floyd. à l'aube d'un nouveau siècle je me suis précipité sur Radar Bros pour ces raison là. Je les ai gardé depuis pour plein d'autres, avec le vague sentiment qu'il y a aussi dedans du Grandaddy, du Smog.
 

« Singing Hatket » me suit comme une fringue sentimentale qu'on ne lave sous aucun prétexte, comme une paire de boots véritables qu'on porte jusqu'au dernier bout de croco qui ne tient qu'à un fil. Des jours de grande chaleur, il m'arrive de ne rien faire de ma carcasse alourdie et engourdie par ces douze chansons climatiques, une journée pour rien comme je les adore. Un poil bougon, un rythme poisseux, slowcare blues Lo-fi, la gueule emplâtrée par un mauvais réveil, quelques millimètres de plus et mon hamac va frotter la terre craquelée. Faudrait que j'aille resserrer les nœuds, je vais attendre la fin du disque, « You 're been hired » m'ordonne de ne pas bouger.
Ouhh là, pas question que je m'engueule avec qui que ce soit, si mon boule gratte la poussière et que le balancement s'arrête, mon cerveau cajolé par cet americana planant fera le taff. Rien n'arrêtera le tangage mou d'un arbre qui me porte, une fois de plus.
 

Le trésor d'une étagère, un vieil album discret qui me colle à la peau depuis des décennies.. pépite de discothèque.. p'tit bijou, coup de cœur permanent...pouarrfff, on verra plus tard pour le titre. Radar Bros distille, je me rapproche du globe et mon cul embrasse la croute terrestre.


Radar Bros 1999 « Singing Hatcket » label : chemikal underground


vendredi 3 mars 2017

Love 1967



Je tangue dans mon prunus à élaguer, je prends le doux soleil de mars qui console les carences des chairs hivernales.
Une couronne de bourgeons se demande ce que je fous là, une coupe de printemps. Boutons bordeaux, fleurs roses, la chair du ligneux est rosée comme un sang bordelais d'arbre en éveil, un madiran dans les artères. Je tangue et sifflote un air de printemps qui me balade comme un métronome, un air mou et tiède, beau à rester tanguer ainsi jusqu'à perpette.
Un nuage de petits moucherons est venu écouter ce morceau sifflé comme s'il provenait des cellules de tout ce qui peut renaître autour de nous. Pas impossible que j'aille m'étendre sur l'herbe convalescente et détrempée. Chuter sur le sol capillaire pour qu'il me boive toute la fatigue.
 

Petits accords léger en intro Cmaj7 juste pour rendre un poil plus joyeux le Em, puis le remoud merveilleux d'une des plus belle chanson commence avec cette fragile voix d'Arthur Lee qui me rappelle quelques belles mélodies des Bee Gees 60's quand Robin interprétait. Plus que n'importe quel billet sur le groupe, « Andmoreagain » est parmi mes préférences des plus belles chanson de tous les temps et de l'album. Nous sommes en 1967. Un an auparavant, le Rock lâchait son Roll. Les Beatles arrêtaient la scène, Sgt Pepper arrive, le psychédélisme était la nouvelle came romantique planétaire. Flower power, Californie, je sifflote cette petite merveille totalement grisé par cet air de tiédeur narguant l'hiver qui agonise.
 

Bientôt mon prunus va fleurir, mon flower power à moi, juste histoire de fêter les petits moucherons venus écouter « Andmoreagain ».


Love 1967 « Forever Changes » label : elektra

mardi 28 février 2017

Les Marquises 2017




Je tourne en rond des lamentations plein la tète. Un jazz lent et gris vient biner mes idées. Des percussions cardiaques me battent les temps et l'orgue qui ondule me donne envie de m'assoir ici, sur ce banc urbain vernis pour la contemplation des pâles étincelles du regard des gens. Je vais en prendre plein les yeux.
C'est un ciel à alourdir les sacs poubelle municipaux d'obus 8,6 à moitié vidés. Je ne bougerai pas d'ici. Tout le monde se croit en plein jour, il est à peine midi et on entend tous les pas d'ici assis sur ce vernis. Qu'écoutent-ils ?
 

Je repense à mes plaines à quelques heures de moi. Je repense aussi aux piteuses victoires de la musique. Toucher le fond, peut-être pire que le vide. J'ai beau demandé autour de moi par curiosité, personne n'écoute Vianney, trois ans de suite...qui d'entre eux qui se croient en plein jour ?

 
C'est une richesse extraordinaire d'avoir par ici un tel groupe parmi nous. Et puis tous ces artistes qui gravitent autour, Mellano, Quermalet, Hallam, Elliott.
J'ai trainé quelques minutes progressives à arpenter les ondes effarantes et sombres des Marquises, la profondeur de ce disque, la richesse des écritures, cet œuvre d'art.


Les Marquises 2017 « A Night Full of Collapses » label : icidailleurs
 



dimanche 26 février 2017

Grandaddy 2017



Propulsé, éjecté, blackboulé, catapulté, bringuebalé et cahoté, malgré la grasse lenteur enfouie, « Evermore » m'a gonflé à bloc, la troisième chanson du nouvel album du grand retour de Grandaddy après 10 ans d'absence.

 
Pas de contrainte temporelle pour la nostalgie, plus qu'une grande nouveauté, la musique des barbus de Modesto suffit à réveiller toutes mes glandes, une mobylette qui s'envole mollement subitement accéléré au ralenti tout en planant. La musique que j'aime. Même la police du titre me fait du bien.
Merde, j'avais pas réalisé qu'ils me manquaient autant les gentils dépressifs, ces rêveurs électriques.

Tout a été dit sur Grandaddy, tout va débouler comme un rappel avec « Last Place », mélodieux, fracassant, qui monte toujours plus haut dans les stratosphères organiques. Dans les bacs dans quelques jours.


Grandaddy 2017 « Last Place » label : 30th century

jeudi 23 février 2017

Willy DeVille 1987



K7, Knopfler, Willy que j'ai toujours préféré à Mink, un miracle redéboule sur mes enceintes.
Le premier album solo de Deville en tant que Willy, et dedans Mark Knopfler en guitariste et producteur, et Guy Fletcher au clavier.
L'influence Dire Straits est palpable, l'arborescence, et cette année 1987, l'échappatoire d'un mec qui bosse comme un ouf et qui offre ses services à Willy ou Bob ou Bryan..
« Could you would you », « Heart and soul ».. ave maria et des chœurs gospel Cohen, voici Dire Straits qui se pointe, « Assassin of Love ».. comme la discrète et belle intrusion auprès sur la « Valentine » de Bryan Ferry. Quelques notes suffisent pour poser là l'air ou l'ère .. « Spanish Jack » comme une lente dérive vers les Brothers in arms … Les disques me rendent dingos, tout support confondus, « Nightfalls » respire la moitié du Dire Straits et Willy braque vers une nouvelle carrière. Rien à voir avec Mark, c'est juste Mink qui relais et donne à Deville une autre visibilité, un paquet d'opus à venir..
 
A l'époque, en dehors du fait que j'écoutais Dire Straits en boucle, j'avançais sur ses racines, ses rameaux, son arborescence pollinique qui me proposaient les incontournables, comme cet opus, ou Dylan et les hommes qui donnent tous des noms aux animaux.
« Southern Politican ».. eh eh... Dire Straits V/S Lou Reed avec la voix de Willy.
Des débats des échanges, et des albums qui resurgissent, comme par miracle..le son Mark chez Willy, ce magnifique crooner latino à la tronche taillée et déglinguée, qui commence ici une nouvelle carrière.

Willy DeVille 1987 « Miracle » label : polydor

dimanche 19 février 2017

Dire Straits 1982 : chronique croisée



 
XTC « English Settlement »; Laurie Anderson « Big Science »; Costello « Imperial Bedroom »; Roxy Music « Avalon »; The Clash « Combat Rock », Led Zep « Coda »; Cure « Pornography »; le Boss « Nebraska »; Marvin Gaye « Midnight Love »; Fagen « The Nightfly »; Lou Reed « Blue Mask »; Prince « 1999 »; Michael Jackson « Thriller »; Petty « Long After Dark »; Paulo « Tug of War »; Duran Duran « Rio »; « IV » Toto; « Mirage » Fleetwood Mac; « Hello I Must be Going » Collins; Joe Jackson « Night and Day »; Depeche Mode « A Broken Frame »..le concert du Central Park de Simon & Garfunkel, la New Wave of British Heavy Metal (Maiden, Saxon, Priest, Leppard, Van Halen, ..)...... 1982, et au beau milieu de tous ces albums historiques, « Love Over Gold ».. Comment se placer où cette année là, et avec le recul qu'est devenu cet album avec lequel le groupe sera qualifié de «  grand groupe de rock pour ceux qui n'aime pas le rock ».. Knopfler le « leader charismatoc » …Rock'n'Folk...le début du débat .. ou pas.

 

Pas sûr qu'à l'heure actuelle, avec ces blaireaux qui aiment leur banque, on puisse entendre une telle musique sur les écrans bruyant de publicité (place maintenant à Queen, Hendrix ou Led Zep bagnoles et cosmétique). Une belle onde flottait dans le tube cathodique, j'avais environ 15 ans, une pub pour le crédit agricole « Private Investigation », je suis allé illico louer le groupe responsable de cette petite merveille hispanisante et planante. Loin de moi l'idée à l'écoute, qu'il s'agissait là d'un groupe de country-blues rocking-chair à la JJ Cale. Un trompe l'œil ?


« Love Over Gold » est un instant unique dans la carrière de Knopfler, comme un essai, une prise de risque par la surproduction volontaire. Jusqu'ici tout allait bien, tout était homogène et fidèle, le Making Movies, le Communiqué, le Sutlan des succès. Puis alors que le punk s'essouffle, le disco se meurt, que le son des 80's commence à régner, « Love Over Gold » s'installe en chef d'œuvre avec sa pochette rock prog absolument pas trompeuse. Des idées de mythe social se dessinent à travers les textes, un western moderne, la migration du rien vers les grandes villes qui se battissent sans visibilité, l'ère Reagan, des bilans, Detroit, une ville maintenant en dépôt de bilan, en jachère, un instantanée sur l'industrie en évolution jusqu'à tomber, bientôt la montée des eaux, la première des plus grandes pollueuses est menacée par la montée des eaux, New York dans quelques décennies...
Il fallait bien dans cette décennie musicale que je boudais, trouver les nouveautés qui me conviennent. Cherchant dans le passé la bonne musique, j'avais ma nouveauté. A cette époque, les fauchés n'étaient pas moqués, ni dénigrés comme plus tard et maintenant. Toutes les générations aimaient Police et Dire Straits.


Complètement imprégné de « Love.. » pendant des mois, je suis retourné vers Dire Straits avec l'extraordinaire bilan « aLCHEMY ». C'est là que tout l'empire de la fender strato rouge a logiquement fait suite, avec l'idée que Knopfler calibré et rigoureux, jouait sur scène comme en studio, pas d'impro, pas d'odeur de soufre, gimmicks et soli efficaces, un pro, des airs qu'on pouvait siffler après. « Telegraph Road » identique en live sans note spontanée, mais qu'à cela ne tienne, c'est exactement ça que le publique voulait entendre.



Trois semaines, c'est depuis « Sultan of swing » le temps qu'il fallait en moyenne à Dire Straits pour enregistrer un album. Trois mois pour celui-ci. Et moi déjà bien accroc au Pink Floyd, BJH et Supertramp, mais aussi à Clapton, JJ Cale et au laidback, je plongeais à travers cette nouveauté étonnante, l'album prog de Mark Knopfler.
Il a beau tout écrire et riffer à sa façon, Dire Straits ce n'est pas qu'une guitare, c'est aussi un clavier celui d'Alan Clark, et les fidèles à ses côtés, Illsley à la basse et cofondateur du groupe et Withers à la batterie, et bientôt … le saxo.





L'épilogue « It never again » et on palpe bien ici le sa passion Dylan quand ce dernier à découvert l'électricité, avec en bonus un finish prog ondulant autour d'un solo comme une impro live de studio.

« Love over gold », guitare sèche et piano, une mélodie langoureuse et grave avec un timbre nonchalant façon Chris Rea, c'est le titre éponyme, magnifiquement calé entre les deux morceaux rock de l'album. Une chanson qui aurait pu être bouclée en 3 minutes pour passer sur les ondes. Oui mais voilà, nous sommes sur « Love Over Gold », et les cinq chansons du disque prennent le temps de distiller toute la sève d'un Knopfler qui va bientôt voir venir la gloire. La moitié de cette chanson là, est un finish en envolée romantique, orgue et xylo décrescendo.

« Industrial disease », voilà le petit hic pour moi, le clavier orgue hyper joyeux de Clark, le même que l'on retrouvera avec plus de succès encore sur « Walk of Life ». Primesautier ? Gai.. j'avais un problème à l'époque avec la gaité.
Un album sans saxophone, le saxo, mon autre grincement, le truc qui allait bientôt débouler et tout gâcher pour moi « Your Latest Trick », je crois bien avoir lâché prise. C'est là que tu interviens Pax ;D.. fameux solo en hit qui ne passait pas du tout à l'époque.

Complètement fauchés les british, absolutly dire straits.
 
Et pourtant, même si le Sultan n'a pas récolté plus que ça sur leur sol natal, il a sur le continent, à quelques brasses des îles britanniques, construit un culte de groupe né dans les années 80 sans en avoir pris le son, la tendance et la couleur. Mark Knopfler est juste un guitariste intemporel qui aurait pu poindre sa technique à n'importe quelle décennie. Sa mark de fabrique zoomée sur la pochette de la compilation « Money for Nothing ».. c'est pas de médiator, ni d'onglet, le pouce, l'index et le majeur jouent avec les cordes ou la corde, l'auriculaire et l'annulaire sont posés sur le bois du coffre rouge ou métallique de sa Normal, un finger-picking inspiré de Nasheville. "Love." c'est aussi l'apparition de cette fantastique Gibson Chet Atkins CE déjà testée pour le finish de "Romeo.." une planche sans caisse, une mince cavité avec une rosace, un son classique amplifié par un micro.
A ce doigté vient s'ajouter sur « Love.. » son envie de jazz, Mike Mainieri et Ed Walsh sont dans les crédits, clavier et vibraphone, quelques touches palpables qui font la charpente prog de cet album en plus des arrangements complexes.






Nous ne sommes pas encore sur le Brother et avec tout cet argent pour rien qui va débouler, eux les fauchés, plus rien ne sera plus comme avant, un seul album viendra beaucoup plus tard « Calling Elvis », dix ans après comme pour faire fonctionner la machine une dernière fois, avec en parallèle une grande carrière solo qui se dessine.

Après la tournée de « Love Over Gold », les premiers signes de fatigue apparaissent pour le groupe et le leader part en Écosse pour assister au tournage du film « Local Hero ». Il embraye juste après sur l'enregistrement rock'n'roll d'un ep « ExtendeDancEPlay », histoire de laver l'hyper production et les mois de studio de « Love.. ». Le fidèle Pick Withers quitte le groupe, comme son petit frère David toujours à l'ombre de son ainé... « Twisting by the pool ».. un nouveau petit grincement pour moi, du primesautier pour parer au grand sérieux de « Love.. » ? Je n'ai jamais réécouté ce morceau.









Des petits hics, rien de bien méchant, rien qui ne puisse m'empêcher d'écouter quelquefois « Love Over Gold » et d'autres albums de Dire Straits. Même « Calling Elvis » (que je trouve de plus en plus bon) revient quelquefois sur ma platine, je suis un grand consommateur de Laidback, country-blues rocking-chair, du boisé planant, même si j'ai une grande préférence pour JJ Cale. En dehors et avec le collectif labellisé, Knopfler est un guitare hero incontournable extrêmement populaire...et ses collaborations:
Chet Atkins, Sting, Emilou Harris, Tina Turner, Paul Brady, Scott Walker, Roy Bittan, du E Street Band, Willy DeVille, Randy Newman, Hank Marvin, Brendan Croker et la virée Nothing Hillibillies, Clapton, JJ Cale, Bryan Ferry (magnifique « Boys and Girls »), Dylan (« Infidels », « Slow train coming ») , une carrière solo à l'ombre d'un passé qui pollinise encore.



Et les films : « Cal », « Local Hero », « Coimfort and Joy », « The Color of Money », « The Princess Bride », « Last Exit to Booklyn ».... « Wag the Dog ».....



Quant à sa carrière solo, presqu'une douzaine d'albums à siroter pénard sous un arbre de Judée, ou un prunus en fleur, Knopfler, comme un pollen musical.




Dire Straits 1982 « Love Over Gold » label : mercury





Merci à toi Pax, je me suis replongé dans mes souvenirs 80's, j'ai révisé la carrière du guitare héro et creusé tout particulièrement ce disque là, un album médiatiquement « secondaire » et qui a beaucoup compté pour moi, mes 15 ans.
Une nouvelle coïncidence, cet album allait de soi. Il n'empêche, qu'est ce que le saxo de Brother m'a foutu les boules..à l'époque ;D
 
 

Foxygen 2017



Me faut de l'oxygène..d'où sort ce truc que pourtant j'en connais le nom. Dans mes souvenirs, ça ressemblait pas à ça .. d'autant plus que pour Foxygen 2017, je suis tombé suis la cassette audio à la pochette chiadée, épaisse et épidermiquement gonflée de pâte ancienne, tel un viel album d'Elton John raté, ou un autre opus baroque pop fauve et rebondissant … arrff nan overdose. Premier dérapage de l'année.
Bon, des fois les chœurs envoient direct vers les plages saccharosées d' « Avalon » teletubies wilson abbarantesques, mais bon.. là, non, c'est pas possible..je vais finir pas choper le diabète ou la gastro.. et puis oh allez j'y vais, le tableau de la pochette est tout claqué.. je comprends rien, c'est de la bouillie, des fois ça sonne faux, un gamin qui se prend pour Jagger est revenu jouer dans une très mauvaise comédie musicale. Pourtant « San Fransisco » partait bien... « America » et cette vague impression que ce pays est devenu nauséeux...

6 euros la cassette, quand même.


Foxygen 2017 « Hang » label : jagjaguwar

jeudi 16 février 2017

Islands of Light




Juste en face sur la colline empourprée de gris, de petits carrés de fenêtres défilent sans cligner, des yeux troglodytes me fixent.
Peu importe la vitesse, tout semble s'être arrêté sur cette chambre là. Dedans et à travers, un piano dessine un autre paysage que le mien. Les mêmes points de fuite, ce moment unique où j'écoute là ce piano joué ici à un autre moment que le mien.
Mon vernier se perd dans l'espace musical, je suis ici exactement, tout seul à écouter les notes d'à côté, à fuir au même endroit. Les notes de Dino Spiluttini.

Islands of Light 2014 « Ruebke » label : home normal

mardi 14 février 2017

Gareth Dickson 2016



En immersion totale sous les arpèges finger-picking de Gareth Dickson, j'ai croisé le fantôme de Nick Drake.
 
Je ne sais plus dans quel sens ma tète a bu ce déluge de notes encordées dans l'hyper calme. A force de flotter ainsi sur « Orwell Court », je vais finir par ne plus couler, et m'échouer sur une rive sombre accroché à du bois mort recouvert de lichen.
Atmosphérique et planant, c'est le nouvel album du guitariste écossais Gareth Dickson.


Gareth Dickson 2016 « Orwell court » label : 12k


dimanche 12 février 2017

Jenny Hval 2016



Je crois bien que je suis tombé amoureux de Jenny en 2015, je parlais de folie maîtrisée en superbes créations, fille apocalyptique laissant couler ses visions musicales et ses paysages ensorcelés.
Rune Grammofon a lancé cette artiste en 2011, et c'est chez sur Sacred Bones que « Blood Bitch » est sorti l'an passé.
La norvégienne est de plus en plus belle quand elle chante, lunaire, stellaire, une voix à faire pâlir toutes ses comparses. Il est question beaucoup de féminité, de sang, celui que l'on suce ou que l'on perd. Cette impression que l'album ne va pas être facile d'accès s'envole dès le début, avec ce troublant mélange des styles, des visions, ce parfum enivrant de couleurs, cette introspection qu'elle nous offre comme un aveu. Il y a toujours chez Jenny, cette touche expérimental qui nous happe strictement vers elle et nulle part ailleurs. Et une nouvelle fois, la pochette est un chef d'œuvre.
Cérébral, corporel, intriguant et intime, Jenny a une nouvelle fois hypnotisée toutes mes émotions.


Jenny Hval 2016 « Blood Bitch » label : sacred bones