Il
a surfé sur la Waeve, amoureux comme par deux, il revient tout seul.
J'ai eu l'impact Coxon, comme celui de Frusciante, des escapades solo
à la limite du merveilleux. "Castle
Park",
la pureté, l'élégance que d'autres n'ont pas. L'élégance
psychédélique hyper classe de "Isn't
it funny".
Résurection
ou pas, Coxon fait le tri. Des pépites dans le tamis. Beau comme du
Pete Doherty en Normandie. On sifflote sur "Alright"
en gambadant dans la campagne grillée par le lourd crachin solaire.
De l'oubli des hautes écritures, c'est une dégustation sans pour
autant que ce soit une surprise de sa part, "Happiness
in Magazines";
"The
Kiss of Morning";
"Crow
Sit on Blood Tree";
"Love
Travel at Illegal Speeds"....
autant de voyage qui ne laisse aucun doute sur la pertinence
fantastique du deuxième hémisphère céréblur.
Par
le biais d’une bouderie d’époque, il faut que je vous cause une
fois de plus d’un de mes chouchous permanents. 1984, ma tronche en
biais de bougre bougon rejète tout en bloc, même ceux qui me
tiennent à cœur et qui font de la "cague" à l’orée de
cette décennie qui me pèse l’humeur, à l’époque. Sabordage
général ?
Le
seul 33T que je ne possède pas des Tull est ce « Under
Wraps »,
même si j’y décèle quelques morceaux potentiels qui auraient eu
une autre tronche 15 ans plus tôt. Ou plus tard. Un an avant, Ian
Anderson sort son album solo, grosse chose de routine pour tous les
groupes à l’époque, Waters, Hodsgson, Buckingham, Barry et
Robin.. même si chaque album respectif m’enchantait comme enfant
de divorcé avec deux fois plus de cadeaux. Pourquoi tant de rage ?
Le son, toujours, même si une flûte ça ne se branche pas. Elle
était bien la seule petite pauvre perdue à résister dans ce
synthétisme organiqué.
Cet
album, je l’avais loué en me promettant de ne jamais l’acheter,
et là, à l’instant où je gratte ce billet, j’ai des frissons
sur « European
legagy ».
Il faut dire que le mois dernier est sorti « Under
Wraps (the Unwrapped Edition)", un
walk into the light mixé par un Bruce Soord. Le son donc est
totalement revisité, tout est plus clair et limpide, percutant avec
voix réhaussée. « Later,
that same evening »
devient une tuerie urbaine et je danse avec les yeux qui piquent,
comme si je venais de revoir une vieille copine que je trouvais bien
moche à l’époque. IA, chirurgie, travaille sur la bande, penderie
refaite à neuf ou autre tricherie, je me pencherai sur l’aspect
technique une autre fois. Là, à l’heure où je gratte ce billet
d'humeur, je redécouvre et me rabiboche.
Il
y a quelques mois, comme j’ai le Tull dans le sang, je me suis
refait « Stormwatch »,
« A »,
« The
Broadsword and the Beats »,
les 3 albums 80’s qui viennent buter sur « Under
Wraps ».
Je ne les boudais pas autant, même s’ils ne sont pas dans mes
écoutes récurentes. Et bien, quelques tics sonores écartés, je me
suis replongé avec plaisir dans des vieux morceaux sublimes.
« Claps »
par exemple, et surtout la chialade des pores sur le sommet « Flying
colours »
(malgré le synthé quand même), mais ça n’engage que moi. Pas
encore défiguré le son comme under je me suis dis… à l’époque.
Bon, il subsiste quelques morceaux douteux, avec la flûte laissée
de côté, mais l’écluse a lâché et je suis dispo à tout
réécouter (« Paparazzi »..mon
dieu..). Ça tombe bien, une nouvelle fois un coffret complet avec
tout le travail réalisé avec live (assez dégueulasse du drum comme
il se doit)…. D’époque. « Her
love is strange »,
un vrai bonus, écarté !, quelle idée. L’album original est
proposé avec le son authentique de la batterie, ainsi que l’album
solo d’Anderson remixé par le même Soord.
Je
n’aurai pas parié un copec sur la réédition de cet opus 84 dans
le catalogue. Je pense n’être pas le seul à avoir boudé, les
critiques acharnées, Terry Ellis le boss de Chrysalis le conchie,
même des musiciens sauf le fidèle Barre. Il fallait usiner pour ne
rien perdre. C’est fait. Désormais, ce groupe est total.
Liz
s’est débarrassée de toute tension sonore, elle a déposé un peu
d’énergie à ses pieds pour laisser ses chansons épouser le
ligneux. « Three
legged dog »
à nos pieds, dénudé de tout. J’ai laissé Aldous sur le côté,
mon regard s’est éloigné du bruit général. J’ai vu Liz au
loin entre les arbres et son petit refuge dans l’ombre épaisse des
grands hêtres. La gravité de « Mt.
Nephin »,
le métronome boisé de « Where
did you go »,
la sublime envolée pop de « Black
Ulysse »,
« Vespers »
comme une oraison folk. J’ai quitté la foule, je suis allé
reprendre haleine vers ces troncs lisses et grisés par des petits
airs nylons.
Si
Jurado lasse, qu'on lui trouve un léger déficit dans les
envergures, dans la hauteur de certaines couleurs sans pour autant
l'oublier dans un coin, il y a "Birds of Paradise"
qui vient de sortir.
Si
Jason Molina manque, avec son électricité fleurie sur de beaux
élans rock secs à peine crasseux, il y a Thomas Dollbaume qui vient
de sortir "Birds of Paradise". Immédiatement
cet album a confortablement clôturé mes impressions posées sur de
solides fondations. Immédiatement tout a défilé dans une évidence
brute tout en rattrapant en plein vol quelques petites maladresses
authentiques qui ajoutent au charme. J'ai oscillé comme un Tremble
en plein vent, musique argentée, soleil aveuglant. Le trait
d'horizon porte de grosses masses cotonneuses de vert profond, juste
au dessus, les nuages imitent dans des gris bleutés et la campagne
défile sous le son américain de Thomas. Je n'irai pas jusqu'au
village voisin, je vais juste faire le tour du grand bois et revenir
écouter ça dans ma hutte. Pas trop de soucis à me faire s'il me
vient l'envie de trouver un bon disque pour la soirée. C'est du tout
cuit, bouclé d'avance, tellement de soirées bredouilles à patauger
dans les opus pour dénicher une pépite. "Birds of
Paradise", immanquablement.
Découverte
inattendue, une fois de plus facilement guidée par mes algorithmes.
C’est pas faute de ne pas connaitre ce nom. Sans par ailleurs faire
une fixette et imaginer le siècle de sécrétions entremêlées
autour de ce mythique slow 1975. C’est peut-être ce cliché planétaire
qui m’a jusqu’à maintenant tenu éloigné de ce groupe made in
Manchester.
Une
fois de plus, malgré la découverte fructueuse, je ne vais pas
m’étendre technique sur le contexte et l’historique de 10cc,
c’est partout sur la toile. Sauf peut-être ce nom d’un des
membres qui résume un peu le côté léger, estival et aéré des
compositions, Lol Creme !! La pochette aussi, directement
identifiable à l’Hipgnosis qui n’a rien pour me déplaire.
Pourquoi cet album ? Fuir encore ce slow ravageur noyé dans une pop à
légère tendance prog qui fait tâche qui peut m’emmerder dans ma
démarche de découverte et mon appréciation générale ?
Peut-être. C’est surtout que pour palier à cette grosse lacune,
je viens de recevoir cette galette-ci après avoir fait le tri dans
la discographie streamée (d’autres sont en transit).
Complètement
séduit, je suis le cours de la discographie en appuyant fortement sur
cette période 70’s que je chéris.. hein ??
nan c‘est pas à toi que je parle … quoi ?? nan oublie le
slow, j’écris un truc là…
Ouaih, c’est vrai il est chiant ce morceau qui sent le coït. Tiens
d’ailleurs, en dehors de la limaille engendrée, comment 10cc porte t-il
« I’m
not in love » ?
Alors,
oui, le paysage n’est plus du tout printanier, l’été des
plaines devance toujours celui du calendrier, tout est installé,
posé, chlorophyllé à fond. Fleurs cuites, les herbes folles
occupent tout l’espace. C’est vrai que c’est super gai comme
musique. Je vois quelques comparaisons .. Macca.. euhhh, moi je dis plus Wings
avec Denny en dilution (pour la voix). J’entends aussi le joyeux de
Billy Joël, Chris De Burg. Je ne m’en lasse pas, je me promène
sur ma belle ignorance super emballé par leurs premiers albums donc.
« Lazy
ways »
tout de suite dans mon entrain - sublime épopée romantique à fleur
bleue en mode Queen vaporeux « Don’t
hang up »
- « Art for arts sake » un poil Steely Dan - « I’m
Mandy fly me »
pas mal du tout, c’est pas un slow ça ? Bref, quelques petits
délires pétillants pop avec ce son moelleux, extraordinairement
d’époque. « Rock’N’Roll
lullalby »
sur une estrade, sous les lampions colorés d’une belle nuit de
juin, le petit bal du coin avec … bon, encore un slow qui commence
comme « Let
me roll in »..
la bande son des vieux étés… ok ok..je remets « I’am
not in love »…
c’est quand même dingue cette histoire, déjà « Donna »
à l'époque. Chérie..viens-voir…J’ai
fini mon papelard, ça me saoule.
Assis
sur le toit du monde, il saupoudre les courbes bleues de sa poussière
féconde et dorée. Comme un génie de routine, mais toujours plus
beau sans cesse. Paul est posé là en posologie permanente, histoire que
maintenir le globe en rotation. Bien longtemps que les forces de
frottement ont baissé les bras. Huilé. Tellement haut, le coude
posé sur l'épaule de John, le plus naturellement du monde, Paul, we
two, Paul et tout le reste, nous envoie une salve lustrale de
quelques chansons religions. L'évidence coule de source.
La
source.
Intarissable.
C'est
une saison, le cycle, école sans cliché, cas d'empreinte fossile
empruntée, du bateau qui a vu les milles continents, Johnny Cash
gentleman avec l'élégance en plus et un brin de féminité naturelle. La patine burinée, le geste classe, manuscrit et
partition célestes. Paupières mélancoliques, le poids des regards,
neutres pochettes de disque, celui-là est apothéotique. La
pertinence des ondes s’octroie la quintessence. "As
you lie there".
Pendant
qu'ici, en bas, nous sommes tous à nous courber, que l'on tend à
s'étendre, croulons, glissons à succomber, luttons comme des
aliborons à lunettes, Paul élabore et arbore sur les âmes et les
houppiers, dépose tout à nos pieds en montrant la certitude dès
potron-minet.
J'ai
commencé l'album avec " As
you lie there"
en boucle, fébrile, suffoquant, emberlué
dans l'éberluance.
Je me suis dis, je vais faire pareil pour chacune des chansons. La
voix embraillée
hurle encore, c'est dans les aigus et les cris qu'il est encore le
plus facile. Tout a défilé, j'ai commencé à sangloter à la 7ème
révolution des pistes, perdu entre notre naine blanche et la cendre
lunaire. Tout en bas, le bleu ciel des mers s'arc-en-cielisait.
Quelques nuages ont rosi des joues, déserts empourprés. Sortir le
grand jeu d'un battement d'espiègles cils acrimonieux, force et
délicatesse.
Séculaire.
Il
y a le benjamin Watt et l'ancestrale puissance, une grande jeunesse
dans les joules, seules les gaines des câbles vieillissent. Le jus
jute et passe par tous les embranchements emmanchés d'outre Manche.
Sous les océans, tous semble câblé.
Il
n'est plus nécessaire depuis un bail, de s'étendre sur Macca, la
messe est dite. Je suis juste plaqué sur mon hamac à
prêcher.
La belle coïncidence, le
scalpel au sein d'un groupe, farfouiller dans les organes pour mieux
voir la matrice digérée. Proche le Selway, « Anima »
à plusieurs encablures, je me vautre pareil sur ce sublime « Blue
Morpho ». Des mimiques certes, comme sur « Earth »,
et tout s'explique. Les masques tombent. On ajoute au tableau le
cinématographique Jonny et les éléments s’emboîtent. Le poids
des ajouts, l'intensité des combinaisons, la place de chacun avec
les interjections. Rares les groupes avec que des inspirations,
autant de foyers.
Outre les explications,
libéré des analyses, ce deuxième album de Ed O'Brian est une
bouffée d'air éclatante. Méditatif autant que contemplatif, une
rêverie planante de pop acoustique et symphonique. « Sweet
spot » et je pense à ma découverte de Marc Morvan. Je
vais la revêtir, forcément elle est construite sur des principes
itinérants de mes errances, seul à travers mes étendues.
Plus j'écoute « Blue
Morpho », plus je me dirige vers un petit bijou,
l'appel du chef d’œuvre à le mettre en boucle et laisser le plomb
de l'air alourdir mon accroche.