mardi 23 juillet 2019

Servat / Charlebois / Lavilliers





« Je dors en Bretagne ce soir » a chanté Gilles Servat. Cette chanson m'a toujours laissé rêveur, l'idée d'y être en permanence et jouir de cette merveilleuse ancre quotidienne. Peut-être est-ce l'impatience d'y revenir, comme pour Charlebois, « Je reviendrai à Montréal ».
Je m'applique chaque jour à me croire chanceux de dormir dans mon pays, je parle du coin légèrement vallonné où coule la rivière qui m'a vu naître. Il suffit juste que je m'en éloigne pour qu' au bout de quelques jours je me languisse de ses paysages, ses odeurs et sa lumière.
Des nouvelles de chaque recoin, des arbres et des plaines, où en sont les moissons des plaines beauceronnes grillées, la sente du moulin de Richenoux est-elle fraiche à cette heure plombée de la journée …. ma flèche brûle-t-elle.. une nuit sur mon Épaule....

Je dors dans une forêt ce soir, Ormes, Chênes, Châtaigniers, le soleil peine à percer, il n'est plus trop notre ami quand le mercure à ce point collabore. C'est une chance ces alignements de troncs tout autour de moi pour dormir, la canopée comme unique parasol. Il n’empêche, bercé par le plissage doux de la forêt de Grésigne, je pense mollement à mon bercail. « On n'est pas d'un pays mais on est d'une ville » a célébré Lavilliers.

Gilles Servat 1974 « L'Hirondelle » label : kalondour
Robert Charlebois 1976 « Longue Distance » label : solution (3)
Bernard Lavilliers 1975 « Le Stéphanois » label : les disques motors


samedi 20 juillet 2019

Nougaro / Trenet / Brassens



On me suit à la trace. Pas difficile de lire l'itinéraire. J'aurais pu m 'étaler sur le Gaillac, Fronton, Corbières et Frontignan. Mais dans ma caisse, je choisis ma BO comme on programme un GPS. Des disques pour suivre la route, la longer en harmonie avec tout ce qui sourd de la terre, son jus culturel.
Une journée à arpenter quelques contrées, contempler les paysages en écoutant l'air des convections nourricières. Des vents, de l'alizée à la tramontane, du Quercy aux Causses, de l'entre-deux-mer en direction de la méditerranée en longeant le canal du midi... des fiers petits vins à faire pleurer la chatte à pépette... des chansons à la pelle, se raccrocher à eux, les artistes pour débouler vers la mer, venant des terres chaudes et plissées du cœur de l'Occitanie.

Une belle journée bien remplie, voici mon itinéraire.

Claude Nougaro 1967 « Petit Taureau »
Charles Trenet 1971 « Fidèle »
George Brassens 1966 « IX »





mercredi 17 juillet 2019

Bill Callahan 2019



Pas de violence c'est les vacances.. je suis avec Bill dans la besace, au chaud, au soleil au fond du terroir. Cet album est une aubaine, un petit trésor de circonstance. Callahan est ma came, tout en haut parmi quelques autres. Un refuge.J'y suis et je pense à vous.

Bill Calahan 2019 « Shepherd in a Sheepskin Vest » label : drag city

vendredi 5 juillet 2019

Karen O & Danger Mouse



Je ne sais plus de quel fluide je me suis vidé le plus quand j'ai vu les rêveries de Karen O. Combien d'eau j'ai perdu. Avant de comprendre et de réécouter, il aura fallu que toutes mes cellules se remplissent à nouveau. Nous sommes constitué à 65% de flotte, combien de temps il ne m’est resté que de la matière sèche, je ne peux pas dire.
Une fois l'eau du dedans revenue, tissus spongieux revigorés, les noyaux de cellules à nouveau immergés, j'ai pu reprendre l'album en entier, croyant le dégât des eaux terminé. C'était sans compter sur « Ministry ».
Karen O & Danger Mouse, c'est un mariage heureux. Elle a dû fondre sur « Rome » et Noriah. Lui colorise le son fidèlement, luxuriant et paradisiaque.
A eux deux, ils auraient pu signer un nom de groupe en « The Black Danger O » ou « Black Karen Mouse ». Il ne reste de noir que la pochette sur une sombre pop édénique.
Gonflé et humecté à bloc, je retourne à « Reveries ».

Karen O & Danger Mouse 2019 « Lux Prima » label : lux prima LLC

mercredi 3 juillet 2019

The Black Keys 2019





Dupe embarqué, j'ai dû me faire avoir. 
Groupe en "Black", les Pumas m'ont bien attaqués les muscles et du psyché des Black Moutain je passe au clés.
J'ai dû être happé bêtement tellement à la première écoute j'ai passé une petite heure très sympa presque emballée avec du gros son comme j'aime. Et puis j'adore les belles mélodies pop qui enveloppe quelques sensations. "Shine a little light" et je pars direct.
Un peu trop misé sur le gros son me suis dis-je à la deuxième écoute ?? ZZ Top quelque fois, blues rock pour bobo avec du rosé pamplemousse, voire pire le Spritz.. me suis laissé prendre et c'est passé sans voir le temps passer. Avec quelques lourdeurs mais bon, c'est moi qui dis ça...


Autant comme le son de Danger Mouse, j'adore celui de Auerbach, je pars au quart de tour. Disque Blues Rock orageux et ravageur de l'été ?? on verra à l'automne. En tout cas là, avec ce troisième groupe en "Black", je me suis laissé aller à...


The Black Keys 2019 "Let's Rock" label : nonesuch





mardi 2 juillet 2019

Black Mountain 2019



Aucune raison que ça s’arrête, le mercure fait grise mine, le son tonnerre baisse d'un cran, un autre « Black » pour fondre mon casque enlisé.
Le soleil baisse la garde, qu'à cela ne tienne, mes esgourdes jusqu'à la garde vont brûler encore, les glandes sudoripares au maximum, ventilé ou pas, ça fuse, tantôt Bowie « FD'72 », tantôt Barett Floyd « Pretty little lazzies », heavy prog et stooner, les membranes des enceintes sorties des eaux ont flagellé mon buffet, la corniche rocheuse est en danger... bien loin du tranquille sable blanc et du palmier qui tangue, les restes d'une cathédrale calcinée débarque sur nos côtes.

J'adore beaucoup ce groupe, j'écoute souvent leur album éponyme de 2004, j'aime ce label aussi, et « Jerk with a Bomb ».. c'est pas moi qui le dit.

Black Mountain 2019 "Destroyer" label : jagjaguwar

samedi 29 juin 2019

The Black Pumas



J'ai des frissons plante à tète, de la rotule à la clavicule, le mercure est infernal, la température un fake ou pas, les journalistes des ânes hystériques, j'ai des frissons partout, d'où c'est la canicule ?? Demandez à mes clavicules, mes rotules.. le vent chaud se lève, les couguars sont en mini-jupe, l'eau cristalline en pâture est partout proposée, les terrasses sont nébulisées en attendant Paris-Sur-Mer et sous le sable le bitume, les rivières sont prises d'assaut, les vagues chapardées à grandes foules, les glaciers suent à grosses gouttes et les glaciers aussi. Ça chauffe grave, sur la peau et sur toutes les lèvres, les écrans dans leur totalité, écran total, fallait s'y attendre, c'est l'été et à quelques jours des moissons on récolte toujours ce que l'on sème, on paye et ils payeront cash nos aberrations, goutte que goutte...

Slip en surfusion, dégâts des eaux des reins, aisselles liquides, la raie en cascade, l'entre-cuisse à marée haute, même pas chaud, j'ai le casque bien vissé sur le crâne, j'écoute un disque nouveau, dès la première note j'ai des frissons partout, je suis ventilé, la respiration profonde j'ai l'âme climatisée.... et pourtant, c'est volcanique, incandescent, comme le mercure. Et bien non, pas moi, l'épiderme échinulé, le calbard frissonnant, la chair de poule m'envahit. Poils hérissés sur l'avant-bras, le cagnard n'a qu'à bien se tenir, le chaud fabrique du froid, mon cuir recouvert d'émotion par le volume sonore augmenté se gausse bien des thermomètres en rut.

« Black Pumas » dans les oreilles, "Fire" en boucle, il peut bien faire 55°C.

The Black Pumas 2019 « Black Puma » label : ATO music


jeudi 27 juin 2019

Mike McGear 74



Moi je voulais pas à la base, j'étais peinard dans mes pénates et j'écoutais quelques nouveautés revivals jusqu'à tomber sur ce brûlot rock psyché fraîchement sorti avec dedans le rejeton de John Lennon, celui qu'il a eu avec Yoko.
Jusque là, nickel, je la jouais tranquille et même easy, je l'ai pourtant annoncé dès le début ..et vlan, déferlement de trucs cheloux, Baby Face, Beatles, Llamas, du rosé à plein bouillon, Beach Boys, Ringo, Mike Love, transmissions, et McCartney comme s'il y était pour quelques chose. Le monde est cruel, de la vanne à foison. J'ai même reçu des menaces d'un pélican sous prétexte que ma caisse sans clim avec une cassette à fond à moitié fondue était mal garée.

Je voulais pas à la base, j'étais rilax à écouter des vieux disques et des nouveaux aussi, des trucs que j'aime bien, mon sang n'a fait qu'un tour. Claypool Lennon, c'est ma came certes, on a beau faire des efforts pour le bon sens des poils des potes alentours et voilà, ça dégringole en rafale.

Paul un fils, une descendance géniale à la Sean ?? Linda, Yoko ?? nenni, qu'à cela ne tienne, à l'insu de mon plein gré.. faut pas me chercher moi. Le fils de Paul chante, oui, mais il a aussi un frérot qui a chanté et pas que. « Chaos and Creation in the Backyard » vous vous souvenez de la pochette ?? le mec assis au fond de la cour en noir et blanc, histoire de mettre en image un de ses plus bel album sorti en 2005, bah le photographe, c'était Mike McGear, le petit frère. Et toc en 1974, il enregistre son deuxième album, avec comme producteur le frangin, Paul et comme musicos, les Wings. Éponyme l'album est totalement troublant. Mike restera par la suite dans la photographie. À l'écoute, ça sonne très très...... un peu comme la voix de Sean face à celle de son père... Très Wings, très Linda, très Paulo coincé entre « Band on the Run » et « Venus and Mars », une pause familiale... à croire que la touche géniale à travers les chansons proviennent …. nan j'ai rien dit. « McGear » vient d'être réédité avec bonus etc etc. Un petit bijou.

J'vous avez prévenu … merde... le truc flippant.. c'est le frangin en question, Michael McCartney, là maintenant comme avant, il a un peu la tronche d'un BB nan ???

Mike McGear 1974 « McGear » label : warner bros




mercredi 26 juin 2019

The Claypool Lennon Delirium 2019



Vais la jouer un peu easy, mais bon, ça pète aux yeux violemment et je prends mon pied ardemment, on dirait du Scarabée en pleine crise prog à la Crimsom Vroom.

Je suis toujours autant attiré par la folie musicale du duo sur ce deuxième album tonitruant, la voix madeleine, la basse phénoménale, le psychédélisme propre et fabuleux. Ils s'en battent des tendances et des tiquettes, ils s'éclatent, ils sont libres et continuent de conter leurs fantastiques fables pop rock Magical Mystery South of Reality.

The Claypool Lennon Delirium 2019 « South of Reality » label : ATO records


mardi 25 juin 2019

Jamie Cullum 2019



Chanter le mercure qui se dilate, dehors les mêmes Celsius qu'à l'intérieur de nos organismes, à moins que Jamie ne pousse un peu plus haut le curseur de l'étuve tout en maîtrisant la clim.
Nos cellules vont fondre, se fondre dans l'espace, s'éparpiller, le soleil au plus haut exactement avant de redescendre à son rythme, hurle et souffle à son rythme.

Jamie Cullum 2019 « Taller » label ; islands

mercredi 19 juin 2019

Jontavious Willis



Je boulotte flemmard des olives sous mon cerisier aux lourdes branches. Les guignes me tombent sur la gueule, du coup je lutte et crache mes noyaux. L'ingratitude du merle qu'on bichonne des années, il est là, juste au dessus du hamac et entaille le bigarreau. Le matin son petit déj c'est pas d'effort, déchiqueter la cerise tombée au sol, et là, à l'heure de l'apéro, il nargue et dévalise juste au dessus de moi.

Un sacré paquet de noyaux au sol. Pas sur que l’Olivier fasse le fier devant le Cerisier, pas le bon climat.... pourtant une petite tapenade à la place du clafoutis qui m'emmerde grave depuis quelques jours, ce s'rait pas un luxe. Cette manie de laisser les noyaux dedans le flan.. est-ce que je laisse ceux de l'olive noire moi dans ma tapenade qui sent bon l'ail, le câpre et l'anchois …. rien à battre, je vais semer comme un dingue, il y aura un olivier ici dans quelques décennies. Le merle a bien compris, c'est la guerre. Je me retranche au fond de mon filet tendu, je vais sulfater.

Jontavious pas loin, bien fort au fond de la casbah se demande si le blues existe encore. Je tangue sous la pluie de noyaux à cracher les miens, Willis ébranle en douceur ma houle, Olea versus Prunus, je crois bien que le blues vit encore. Rafales de bastos qui fusent comme ses accords, c'est western chez moi.
Impossible de faire fuir mes merles, ils se gaussent et se gavent, de toute façon je m'en bats la pulpe, Jontavious est trop bon et les guignes écarlates ça se partage avec les bons becs orangés assoiffés de guignolet. De toute façon les branches sont bien trop hautes pour moi et il me reste une forêt d'oliviers à semer.
J'abdique, je suis sous mon cerisier et je grignote quelques olives noires en éjectant mollement le noyau sur ma pelouse qui ne ressemble pas trop à une pelouse, pâquerettes, trèfles et tendres mousses... mais bon, me lèverai pas tant que l'olivier ne prendra pas... ah si, faut que j'aille remettre le disque.

Jontavious Willis 2019 « Spetacular Class » label : king of blue music

lundi 17 juin 2019

Nick Waterhouse 2019



Benny pour faire danser le soleil, quelle efficacité, il est là et danse, mais pour bétonner ce retour fracassant, histoire d'assurer la chauffe, Nick arrive sur la platine avec son travail suranné lui aussi. Si Benny se dandine sur ses terres néerlandaises, Benny lui rend hommage au R'n'B soul jazz blues là où tout a pris racine jadis. Ce chanteur producteur et musicien américain aux lunettes Buddy propose son quatrième album qui porte tout simplement son nom.

Si Benny semble vouloir s’inspirer d'une époque, Nick lui s'y est téléporté littéralement, comme à son habitude.
Cette cuvée 2019 est contagieuse, démoniaque, jouissive, torride à faire dégouliner la brillantine. Le soleil n'est pas près de se faire la malle.

Nick Waterhouse 2019 « Nick Waterhouse » label : innovative leisure

En bonus, un petit rappel gomina du même acabit, même principe et vieilles chroniques.

 

vendredi 14 juin 2019

Benny Sings





Quelques chose me dit que le cobalt est revenu nous toiser enfin. Ma main au feu dehors il fait beau... de toute façon, c'est pas bien difficile, Benny Sings.


Benny Sings 2018 "City Pop" label : stones throw

mercredi 12 juin 2019

Coldplay 1999



Tout ça pour ça.. quelle prémonition, le globe s'emballe, l'histoire du groupe à toute vitesse, « we live in beautiful world », ah ouaih et qu'en est-il aujourd'hui... Juste avant le nouveau siècle, à côté de Doves, Elbow et quelques autres british en herbe, le « Parachutes » annonçait la couleur. Ça va aller très vite vous allez voir et « Don't panic » m'a enchanté, l'album m'avait bien plu, je le réécoute de temps en temps, tout ça pour ça. Quatre garçons dans le vent qui va souffler bien plus fort, changement climatique... l'a un joli timbre quand même le saligot.

Doves terminé, pas de stade pour Elbow, comment tenir debout sur une planète qui tourne à toute vitesse ??
C'est bourré de hits, brit pop ?? en tout cas, quelque soit la suite, « Parachutes » n'a pas pris une ride.
Le printemps se coiffe d'une tète de chien, le temps est chagrin, je plonge dans mes vieux disques quand il fait pas beau. La planète ne tourne pas bien rond, tout s'accélère, « Trouble » « Sparks » c'était vachement bien... « Spies » plus encore. 

Coldplay 1999 "Parachutes" label : parlophone





lundi 10 juin 2019

Richard Youngs 2019



Richard, ça va ???

Depuis 30 ans, Richard Youngs possède une discographie faramineuse sur une multitude de labels, dont Jagjaguwar ou VHF par exemple. Impossible la synthèse sur ce fou musicien expérimental qui joue quelquefois avec sa voix. Sans cesse les voix sont brouillées, les directions libres, ce nouvel opus du britannique embrasse la même sensibilité que son "Sapphie" 98.

Aussi émouvant qu'une chanson trouble de Daniel Johnston, aussi mystique qu'une ballade de David Tibet, triste comme un Jason Molina ravagé par la schizophrénie, nu comme Lazarus, bancal comme U.N.P.O.C, claudiquant comme Supreme VagabondCraftsman... Fragile.
C'est une complainte vocale qui résonne, réfléchit et rebondit, l'écho du vide des murs en lambeaux. Que des murs en dehors, plus rien d'autre. Décrépitude. Si seulement il y avait des plafonds.

Inexactitude de la perfection, « Dissident » est tellement beau au réveil.

Richard Youngs 2019 « Dissident » label : Glass Modern

jeudi 6 juin 2019

Richard Hawley 2019


Bon sang, là tout au fond, le sombre s'en va avec le soleil. Il ne reste que les pommettes cumulées qui se pâment sous le charme et l'énergie déposée.
Il faut bien avouer qu'avec toutes ces graminées qui vacillent presque partout, et même dans les villes, les odeurs s'étuvent et ensorcellent. Les bords de route sont à se vautrer, les friches bandent à foison et les herbes se fichent de nos mauvaises habitudes.

Lui, Richard déambule sur les graminées. Sûr le pas sur le Poa. Il avance comme si tout lui appartenait, Dactyle, Agrostis ou Vulpin, tout ou rien, il avance, comme un vieil ami marchant sur les talus, c'est de plus en plus beau Richard comme la nuit qui n'en finit pas de s'allonger sans sombrer. Je reste avec toi mon compagnon à fouler les herbes folles, avant que l'herbe-à-chien s'arrête de danser.


Les gens, il conviendrait de ne les connaître que disponibles
A certaines heures pâles de la nuit
Près d´une machine à sous, avec des problèmes d´hommes simplement
Des problèmes de mélancolie
Alors, on boit un verre, en regardant loin derrière la glace du comptoir
Et l´on se dit qu´il est bien tard...
Richard, ça va?

Nous avons eu nos nuits comme ça moi et moi
Accoudés à ce bar devant la bière allemande
Quand je nous y revois des fois je me demande
Si les copains de ces temps-là vivaient parfois
  
Richard, ça va?

Si les copains cassaient leur âme à tant presser
Le citron de la nuit dans les brumes pernod
Si les filles prenaient le temps de dire un mot
A cette nuit qui les tenait qui les berçait
Richard, ça va?

A cette nuit comme une sœur de charité
Longue robe traînant sur leurs pas de bravade
Caressant de l´ourlet les pâles camarades
Qui venaient pour causer de rien ou d´amitié
Nous avons eu nos nuits...

Richard eh! Richard!
  

Richard Hawley 2019 "Further" label : BMG



dimanche 2 juin 2019

Eric Clapton 83







Puisque nous sommes aux environs de l'année 82 avec un disque mitigé d'artiste à l'histoire multiple et qui en impose depuis des années, décrié par les critiques, défoncé par l'opinion, voici l'opus 83 de Clapton "Money and Cigarettes" que j'ai aussi en cassette audio et en remastérisé. Oui je sais c'est un truc pas indispensable, juste charmant pour quelques nostalgiques, mais voilà, j'ai que ça sous la main, il fait très chaud et j'ai pas envie de bouger pour aller chercher un autre disque sous les combles.
Quelle drôle de période, la loose pour les piliers, il faut dire qu'ici Clapton vient d’arrêter la bibine et que du coup il a la gratte qui s'dilate sur la table à repasser, les cheveux boursoufflés, le p'tit costard...le ton est donné, l'album sera mou. Il ne lui reste plus que les clopes, et le morlingue amassé. Le précédent fut un flop, le prochain sera la rencontre avec Phil Collins, dure période pour le guitare héro. 

Oui mais voilà, je le trouve attendrissant moi ce disque, puis j'ai pas envie d'aller en chercher un autre. Trop chaud pour des gros solos, "Pretty Girl" me convient tout à fait. Et puis j'aime bien les disques bredouilles, les pièces discographiques paumées dont personne ne parle. Après "Mirage", "Money and Cigarettes".. pour les nostalgiques des disques particuliers noyés dans les 80's ravageurs pour ces artistes là.


Eric Clapton 1983 "Money and Cigarettes" label : warner bros



mardi 28 mai 2019

Fleetwood Mac 1982



Jamais une pochette n'aura autant parlé. Au verso y'a Mick et John le regard dubitatif un peu débités, comme pour dire « eh Tusk ouaih d'accord un chef d’œuvre total sous toutes les formes, un truc de dingue que même nous on a aimé.. mais les ventes c'est pas ça, pas de place en haut des charts pour le disque de l'histoire qui a bouffé une quantité record de morlingue.. et la coke, les hôtels de luxe, c'est qui qui va les payer ?? »

Mike est accusé de dilapider, c'est lui qui gère la vie du groupe. Les très fortes personnalités sont affublées chacune d'un avocat, en 1981, tout le monde part dans son coin. Presque un an de silence radio pour tout le monde. « The Visitor » Mick, « Law and Order » Lindsey et « Bella Donna » Stevie, les trois projets soli sortent la même année. Stevie Nicks « the reigning queen of rock n roll » monte et dépasse la notoriété du groupe fatigué qui devient très hétérogène... pourtant, « Mirage » qui sort en 1982 paraît d'une cohérence totale. Tout le monde se retrouve au château d'Hérouville, comme si de rien n'était. Vous avez tort de ne pas aimer cet album... il est au beau mitan de deux monstres historiques et opposés de la discographie du groupe "Tusk" et "Tango..", comme pour reprendre un souffle, une respiration.

N’empêche les gars derrière, les deux british fondateurs font la gueule, bien sapés, à attendre que les problèmes se tassent, que Lindsey arrête de mater Christine qui lui tient le paquet (en couple et en rupture avec Dennis Wilson..ça va John??) tout en dansant avec son plus bel amour Stevie, qui s'accroche, comme pour le garder en lâchant une petite merveille qui date des sessions 1973 Lindsey/Stevie, « That 's Alright ». Moi cette chanson que je viens d'écouter 83 fois pour ce billet là, me rend heureux, joyeux de trouver tout le monde beau. La version alternative en bonus est à pleurer.
Lindsey se dépatouille et danse avec les Fleetwoodesses. Pourtant on lui demande de se recadrer, de la faire collectif, après l’exubérance de Tusk, le budget est illimité, les jeux recentrés, la pop conventionnelle, le château grand ouvert. Pourtant les mecs derrière ils font la gueule et je sais pas pourquoi vous n'aimez pas ce disque. Stevie se détache doucement de la danse, c'est elle sur « Mirage » qui tire son épingle du jeu.

Je finis à la longue, depuis 2016 par préférer les outlakes et toutes les early versions. « Empire sate » décortiqué, le génie de Lindsey qui fera son Orbison sur « Oh Diane ».. et puis les inédits fantastiques « If you were my love », « Put a candle in the window », « Cool water » « Goodbye angel »le ravageur « Smile at you » de Stevie, sans compter le troublant « Make me a mask » de Lindsey présent sur la quadruple compile « 25 years The Chain »....

Jamais une pochette n'aura autant parlé, moi à sa sortie, et bien longtemps après, je me suis payé la cassette, avec dedans la petite jacket sans les deux derrière qui font la gueule. J'adore ce disque.

Fleetwood Mac 1982 « Mirage »