jeudi 26 février 2026

Lucy Kruger & the Lost Boys 2026


Pas bredouille ce jour à choper la plus belle des nouveautés. Elle est avec les Lost Boys Lucy Kruger et elle envoie un brûlot rock introverti, arty, complet et profondément ravageur.

Pas levé pour rien. Tellement de jours à tomber sur des flasques. « Pale Bloom » guide ma foulée et révèle la vraie couleur des visages fantômes qui m'entourent. La beauté des paysages contraste avec la laideur des gens, tout est si naturellement mis en musique avec sa pincée de beau calme menaçant, le vrai visage des êtres que je croise. Chaque âme mystérieuse croisée, chaque inconnu dans la fibre déambule et même si la forêt est hiver, son souffle chaud de pollen plein les yeux épaissit les sangs.

Le son, la prod, l'interprétation, le brouillard a bien du mal à se lever. Il camoufle encore les rides et les crevasses, si le soleil arrive, il faudra qu'il n'y ait plus personne dehors. Façades illuminées et visages aux fenêtres, affairés. Toutes ces vaines agitations occises par le caduc. « Damp » la bande son d'un réveil solennel aux floraisons blanches de timides et pâles épine-noires.

Lucy Kruger & The Lost Boys 2026 «Pale Bloom »


 

mardi 24 février 2026

Catherine Graindorge 2024

 


Et tout se fige. L'élan des tiges, l'eau des bouches, quelques palpitations, toutes les boucles. Je m'abouche à son souffle, étouffé par le jeu des respirations, émollient du cortex sous ses cordes au gré des crues successives, je bois tout de Graindorge.

Je répète ici mon faible pour les cordes ambiantes quand elles sont amignonnées par des filles, Moss, Foon ou Hildur.

Trompe l’œil de pochette à trompette, toutes les émotions sur son violon avec plein de monde autour. Des timbres graves sur l'archet en ressac, un monde tourbillonnant et je laisse l'impatience printanière mijoter dans la tourbe et ses tourments.

Passer les écluses, se cogner au batardeau, je respire profondément. Ouvrir les vannes, naviguer dans l'air, exciter les turbines comme dans un rêve, je suis pas pressé, tant qu'il y a de l'air pour souffler dans le violon.

Catherine Graindorge 2024 « Songs for the Dead » 


 

jeudi 19 février 2026

Alejandro Escovedo 2024

 


Alejandro se revisite. Il se la joue Iguane sur la conquête de John et puis tout dégouline sur un blues pluvieux. « Echo dancing » sous ses airs cradocs a pris un bon petit coup de prod-rythm-program bien taillé « Sacramento & polk », un peu comme quand JJ Cale « Number 10 » est passé sur un autre son. Sauf que Escovedo en Alejandro, c'est pas Cale en JJ.Il reprend.

Je suis passé près de la beauté des petites herbes en fleur, embourbé à vouloir rentrer chez moi pour me manger « Too many tears ». Impossible d'avancer, toutes cette lourde mélasse amoureuse collée à mes semelles, je patauge et patine dans cette marée brune. Pourtant si je ne rentre pas avant le jour je risque de finir enterrer noyé dans ce champs qui n'en finit pas de me bouffer les péronés. Si seulement il ne pleuvait pas autant. Deux ou trois buses dubitatives me scrutent, où sont les corbeaux et les lambeaux de paysans dans le limon flasque.Je suis cinglé par la pluie, et pas que, je ne suis que bouillasse miséreuse, mes pas pèsent un camion, j'avance parpaing et déjà se dessine à quelques averses de là mon clocher flou lessivé par la trombe et les tombes. Qu'est ce qui m'a pris de sortir m'embourber.

« Castanuelas » passé, tout s'est calmé, enfin arrivé, ou plutôt échoué comme un vieux poiscaille rejeté à la flotte. Et voilà qu'il fait son Nick Cave sur « Swallows of San Juan ». J'ai repris de la braise sur « Sensitive boys », les bûches ont fait le reste. Le jour et là, je m'effondre assoupi sur un épais tapis poilu sous les riff secs de « MC Overload ». Ma lourde carcasse se laisse tanguer mou par le coït virtuel de « Inside this dance ».

Quel disque !! quelle périple !! un bilan ? j'ai pris un jus de je ne sais pas quoi cul-sec, « Wave » sur le front debout revigoré, réarmé du buste, près à plonger à nouveau dans la patauge boueuse des horizons inondés. Va falloir quand même, un moment donné, que je rentre chez moi. C'est à qui ce tapis ?

Alejandro Escovedo 2024 « Echo Dancing » 

 



Charlie Cunningham 2023/2025

 



Ça vous a plu ? Vous en voulez encore ? Du folk printanier à la Asgeir ? Il y en a pléthore, il faut trier. Et bien j'ai trié, j'aime fouiller les paluches dans la chlorophylle et l'argile fraîche. Le printemps météorologique est au seuil de mon parterre, le calendrier on s'en fout, alors la guitare chante et la voix se fait mielleuse, ou moelleuse avec cette petite mine tristounette des paysages arrosés, cuits par l'hiver.

Où est Charlie ? Du côté de Londres bien plus au sud de l'Islande. Les févriers bien tassés ne sont pas les mêmes, pourtant la recette est là.

En attendant les canicules « Permanent way » et le retour à l'hiver « Lines », le dernier délicat « In Light » est aérien, se cale sur le sentiment réconfortant du regarnissage, l'impatience des étamines, juste après son sublime « Frame ».



Charlie Cunningham 2023/2025 « Frame » - « In Light »


 

mardi 17 février 2026

Asgeir 2026


 

Des indices plus qu'il n'en faut. Duo pâquerette et perce-neige sous mon cognassier blanc, poudre de noisetier flottant sur les mares, cyprès aux nez, les aulnes fécondent. Le ciel se charge de grandes nuées bien lourdes, les océans sont encore froids. En vue la nichée, aux aguets les crocus, premiers bourdonnements, hymne printanier qui flotte.

Mes plaines sont pleines d'eau sous l'effervescence des oiseaux, tout se miroite à perte de vu et le bourlingrin se baigne. Les grenouilles traversent la nuit, les premiers petits cafés en plein jour... des indices plus qu'il n'en faut et je me laisse porter par le courant.


Asgeir 2026 « Julia » 


 

samedi 14 février 2026

Turner Cody & Soldiers of love 2026

 


Pochette traversée par le fantôme de Richard Brautigan qui s'invite dans mes pensées. J'ai décliné la sieste à tort et je bricole dans ma piteuse cabane qui prend l'eau par le haut avec au cul mon Jeans le plus vécu. Hermann Dune a dû louper un truc. Le lierre a déjà épousé la poutre bienveillante et j'emmerde la mérule. Quelques secondes à divaguer et déjà milles rêves ont grignoté mes doutes.

Tiens, je ne peux plus m’asseoir sur mes genoux, je vais devoir remonter la rumeur et me faire à l'idée. Le jour en duc décline, mon dos sur les lambourdes déguste et je savoure le tout dernier Turner Cody. Je pars pécher la truite dans les eaux froides au creux des noires forêts qui dévalent d'arides pentes betteraves, je reviens et me pose sur l'obsession « Out for Blood ».


Turner Cody 2026 « Out for blood »

jeudi 12 février 2026

Heart 1974 "Dreamboat Annie"

 


Aucunement une mission de parité, juste un autre hasard, après les deux complices suédois, les filles de Seattle. Série Fargo oblige comme on écoute une BO de Tarantino, j'ai laissé dérouler la compilation 5 volumes près pour l’hameçonnage. Et j'ai mordu sur HEART illico entre autre, sous le charge littéralement. Obligé, je pars en mission, ce disque est une fraîcheur cliché dont j'avais besoin pour me dépatouiller de cette merdasse d'agenda quotidien, aujourd'hui. « Crazy on you » et son outrageuse générosité, voix, riff et gimmick plein la chemise et les boots. Je suis allé m'ouvrir quelques glutes pour fêter la belle humeur retrouvée avant d'embarquer tout conno sur le Dreamboat avec les Wilson frangines. On sait exactement où l'on est, et s'il n'y avait que moi, je prendrais mon baluchon pour embarquer là-bas.

C'est alors qu'a resurgi un vague souvenir de 33T que j'ai dû avoir quelque temps, ou loué pour enregistrement. En cherchant plus encore, je suis évidemment tombé sur « Alone » 1987. C'est donc ça cette petite émotion nostalgique d'hyper tube planétaire FM de rock féminin amerloque. J'en étais, je l'avais et j'en avais d'autres de cet acabit-là, plein le rayonnage.

Immersion, rappel dans le rétroviseur, et toujours ces clichés d'époque devenus attachants. Sauf qu'autant le son « Bad Animals » a très mal vieilli, autant celui de « Dreamboat Annie » reste intemporel et inébranlable.

Heart 1974 « Dreamboat Annie » 


 

Lucy Kruger & the Lost Boys 2026

Pas bredouille ce jour à choper la plus belle des nouveautés. Elle est avec les Lost Boys Lucy Kruger et elle envoie un brûlot rock introve...