mardi 17 avril 2018

Laura Veirs 2018






Il y a quelques mois, je découvrais légèrement déçu, le nouvel album court d'Anna Ternheim, qui du coup m'envoyait directement sur son Ep précédent totalement sublime et envoûtant. J'avais alors mon album à moi, hétérogène, rafistolé pour le coup, mais le son magnifique de ma chouchoute.

C'est avec un petit pincement boudeur d'infidélité donc que je me suis posé sur le dernier album de Laura Veirs, autre blonde délicate d'un autre continent que j'écoute depuis ses débuts.

Son noir glacier n'a pas fondu, les albums ont défilé, puis se sont raréfiés, ce blanc là est donc un grand retour puisqu'il a tout pour épanouir le grand soleil blanc de retour lui aussi.
Elles sont assez proches ces deux folkeuses, dans la voix et le chant, dans la façon belle et très féminine d'aborder la ballade.
Un petit duo avec Sufjan Stevens en plus ? c'est ici sur le retour estival de Laura Veirs.


Laura Veirs 2018 "The Lookout" label : bella union


dimanche 15 avril 2018

Thiefaine 2005




Je gambille dans ma carrée en attendant que la flotte nous foute la paix. Pas moyen de choper un bout de soleil d'avril. Les pucerons sont déjà là et ma Capucine qui traîne la savate, je sais pas pourquoi je parle de ça, ah si, j'adore la premier album de Matthieu Chédid, « Le Baptême » du -M-... « Capucine la fleur.. » Après ses disques c'est une autre histoire. Là j'ai plutôt envie d'écouter un « Stylus » de Sheller, histoire d'attendre l'Arc-en-ciel derrière les hublots délavés.


Mon Viburnum exhale comme une bombasse, tout se passe là bas en ce moment, tout petit truc qui vole y vont direct, du coup ça grouille et le forsythia fait la gueule.

Des tas d'Higelin sont sur la table, « Encre une journée de foutue », ma préférée. C'est moi où l'on a presque pas causé de Jaco dans les médias ?? Peut-être les lendemains Johnny .. Quel manque de classe. Mais j'ai déjà chroniqué cet album.


Le orange de « Toute Lattitude » me gène, dingue cette lubie que j'ai qu'une pochette peut faire un disque, sûrement pour ça que tout le monde télécharge. Tiens, une éclaircie, le cerisier se met à chanter du coup les marguerites s'ouvrent à nouveau. Ouaih, ça remet ça, cette garce de viorne qui rediffuse, et allez donc, ça voltige, ça tournoie.. qu'est ce que vous voulez que je vous dise.


C'est sûrement le moment pour moi d'aller voir Murat.. mais les albums sont à l'étage et j'ai pour mission de scruter la voûte et d’alerter tous les bébés qu'il faut se sortir la couenne dehors à la moindre lueur. Faudrait pas que j'échoue et que je rate mes objectifs, c'est pas de la rigolade le télétravail.


Ça se couvre à nouveau, je vais quand même pas faire péter le Reggiani.. pas le cœur à la pop, pas la niaque au rock, nan je vais trouver, j'attends que le Fronton gravisse mes artères, on verra bien si le spongieux gambillera.....


Oh oui, « Scandale Mélancolique » de Thiéfaine. Putain, on pleure pas parce que les train ne partent pas... ouaih, on reste là sur le quai, on attend comme un con, on poirote comme des navets avant de plonger comme une averse dans la moiteur glaciale des bipèdes fatigués, qu'un dieu nous métamorphose en diable heureux et que ça sente la sueur transit comme pour mériter toutes ces belles odeurs, là dehors beaucoup plus loin qu'ici du quai duquel toutes les espérance disparaissent.

Tiens, un album du Thief que je mets souvent, certes il y a Cali, mais aussi JP Nataf et J.Lo, mais il y a surtout un bel et grand album à écouter d'un trait, se mettre sur la frontière de qq part sans savoir si le gazon d'un lopin de terre est une nappe de friche urbaine juste derrière un quai perdu, ou la tendre pelouse grasse qui jute sous un cerisier en fleur.
J'ai gambillé, je me suis posé sur un disque que je ne lâche plus, il est beau. Has been ou never been m'en fout, mes glandes chagrinent et j'ai trouvé cet artiste de ce moment là qui vient juste de chiper pour une heure..mon âme.


Tiens en parlant marguerittes, c'est fou comment elles prennent leur aise, tranquille elles colonisent ma pelouse, comment je vais faire pour tondre. Au bout de qq jours chacune pète leur blanc et jaune se foutant bien des treffles poussifs. Lentement elles dessinent sur la voute verte tendre une constellation empirique au fil des jours. Pas impossible qu'un midi je trace tente une lecture astrologique dans ce borel végétal, et mater ces étrangers dans la glace.








Hubert Félix Thiefaine 2005 « Scandale mélancolique » label : RCA



jeudi 12 avril 2018

Gilles Vigneault 1963



La forêt part en succion, tout s'inverse et le débourrement a soif. La terre gorgée va s'assécher. Il suffit de s'immobiliser au beau milieu silencieux d'un bois pour entendre le ligneux pomper, un bruit sourd de capillaires assoiffés.

L'Asteraceae volage nargue le ray-grass, l'heure est grave, l'orchis bouc déploie ses ailes, et déjà la Véronique bavasse avec la Pervenche teintant les parterres de bleu tendre.
Tout éteindre pour écouter la symphonie des Aves. Le changement de saison marque son territoire. Ça bande sévère dehors. L'hiver semble très loin, il a pourtant marqué par ici l'épiderme de sa lame. J'ai perdu le coriace de mon échine, les hivers deviennent des calvaires, pourtant il est apparu du jour au lendemain comme un souvenir glorieux, celui de l'avoir essuyé et d'entendre à nouveau le bavardage hystérique des violettes et des potentilles. Je suis plaqué d'une belle nostalgie moite à me dire qu'il faut que le mercure tue la vermine et que le gèle calme les ardeurs.. je pense à des beaux pays où l'hiver est un royaume, comme l'espace qui lui est offert, à l'image des esprits artistiques qui embellissent sans cesse la chanson francophone. L'hiver là-bas a ses baladins, des chansons qui vous feraient épouser les frimas sans écharpe.. puis en attendant que la neige fonde, on peut se faire jongleur, ou mime...

C'est le printemps ici, je zyeute outre atlantique là où l'hiver se chante comme un beau poème printanier. Danser, patiner ou virevolter sur un miroir glacé sans pour autant se laisser mordre par le vent fouet du nord qui s'affale. Le cœur des gens de ce pays là m'attendrit, tout comme celui de Claude Léveillée me bouleverse.
C'est le grand Vigneault dans ses débuts qui nous tire une larme d'un hiver pas à nous, qu'ici le notre déjà, le printemps trempé a balayé.
Pendant que le printemps nous revigore d'un hiver assez dur, moi, Gilles Vigneault je t'aime.

L'hiver un temps perdu? pas sûr, l'endroit parfait où l'espoir de la chlorophylle se fait le plus tendre.
Nous sommes au printemps, sur le même album il chante la « Ballade de l'été ». Quatre saisons,  Gilles Vigneault.


Gilles Vigneault 1963 « Tam Ti Delam » label : CBS

mardi 10 avril 2018

Eels 2018



Tellement sous le charme de cette petite créature aux grands yeux que je suis resté à zigzaguer autour de sa blancheur pendant des années, trouvant un peu partout le désespoir de l'avoir perdue. Un autre monde résilié s'est ouvert à moi tournoyant autour d'un gros collier velu, les grands yeux sous d'épaisses lunettes noires. « Wonderful, Glorious, Hombre Loco, End Times, Shootnanny ! » toujours à penser à cette beautiful freak, à quatre pattes, pleine d’amour abattu.

Tellement de chemin longeant l'Everett vers une déconstruction récurrente, je dégringole sur ce vieux tuyau rouillé comme une artère. Le sang coule encore dedans « Rusty pipes », oxydation des peaux, cœur de buse tiède et lancinant, reconstruire en permanence flanquer de spleen.

J'ai entrevu à nouveau les grands yeux tristes de la jolie créature qui a grandi, plus belle encore, sage, adulte, encore plus belle, impassible, fidèle et importante.
Mark Oliver s'est fendu d'un de ses plus bel album, Eels fracasse 2018 avec « The Deconstruction ». Quelques interludes, une production merveilleuse..des chansons évidentes, « Rusty pipes » à tomber.

Eels 2018 « The Deconstruction » label : E Work

dimanche 8 avril 2018

The Decemberists 2018



Quelquefois, quand je plonge dans mes frustrations fantasmagoriques musicales, je m'imagine sur scène à des années lumières de ce que je suis au quotidien, je me projette, je feins. Je connais dans mon matériel artistique affectif ce que j'aime le plus entendre sans trop comprendre pourquoi, les harmonies qui déclenchent. Un morceau claque soudainement et j'y suis.

Je monte sur scène, oups, je suis en backstage coulisse à tuer mon trac au redbull 15 ans d'age j'arrive par derrière.. nan, je suis déjà devant le micro dans les fumigènes, entouré de mon groupe, mon grand à la gratte et au clavier, de quelques potes motivés et d'une recrue petite annonce pour qu'un bassiste vienne ruiner les plèvres de la fausse. Les guibolles tendues et le regard grave, je prends mon air sévère alors que je suis juste totalement désespéré et rageur. Le set commence, le synthé syncopé lance le feu, la foule est médusée.


Pourquoi plus une musique comme celle-là qu'une autre, j'en sais rien.. gravité rock, sévérité pop, tempo plombé.. ah si, peut être les accords mineurs, imparables.
Mon fantasme à moi, une chanson qui me fout le feu, une envie de faire mon branleur sous les sunlights.. « Severed » de The Decemberists.

En dehors de ce brûlot moderne en troisième piste, ce 9ème album du quintet de Portland est parfait du début à la fin. Je les suis depuis 2002, ils sont passés chez Capitol en 2006, depuis ça cartonne pour eux, un de leur meilleur album ?? pour moi oui, avec en plus ce formidable fantasme de balancer « Severed » sur scène..dans mes rêves.

The Decemberists 2018 « I'll Be Your Girl » label : capitol

vendredi 6 avril 2018

Higelin, 75, et plus rien




On va finir par être pas bien avec toutes ces âmes qui nous lâchent. Je commençais à m'y faire, à le prendre, à le vouloir .. « 75 » ma foudre, son apothéose, mon lucide recul définitif.
Habla quoi ?? habla Higelin, je me répète, j'ai pas de mot... juste mes quelques anciens pour dire que j'y étais enfin..et donc, j'y suis.





  
Me suis toujours cherché chez Jaco, après Saravah j'ai zigzagué. Le disque que j'écoute le plus vient juste après, son virage rock pour autre chose à suivre, "Bbh75". 1975.
Il y a bien « Irradié », l' « Illicite », mais pas en entier, je fouille, j'aime mais je trie, je prends pas tout. Impossible pour moi de boire une coupette à bulles, ni de sauter en parachute, encore moins de tenter une cuillère de caviar, ou alors pour l'occas, morcelés sur mon transat à tenter pour voir. Je trie, écarte, garde, morceaux choisis. Je picore et prends en laissant aussi, ici et là, « Amor Doloroso », « Aux héros de la voltige » avec son « Electrocardogramme plat », une que j'aime beaucoup. A peine le « coup de foudre », « Beau Repaire » que l'on prétend son meilleur depuis des lustres, insupportable..à peine.
 

Mes lustres à moi tombent ici, mais aussi en tant que je ne suis pas tant Jaco que ça, sauf quand Jacques me klaxonne le plexus en versus et verso tout en boucle comme ici. Et là le « 75 » me ramène à tout, l'intra-muros de son crâne, son age paname et ses renvois à l'année, à l'age, au décompte, et jamais je n'ai écouté en entier un album d'Higelin..sans trier depuis ce « Bbh75 ». Et pourquoi je fouine ainsi ?... Là en entier ça s'arrose, je bois le verbe et vois la berge enfin, quitte à reculer et réécouter ce que je n'ai pas voulu entendre depuis que je trie.
 
Le phrasé, j'habla Jaco et prends son visage en pleine poire, brut ébouriffé sans esbroufe . Habla Habla comme je peux, et je tousse d'avoir arrêté de fumer depuis quelques milliers de secondes, ou millions... Malgré Bbh75 j'arrête moi piètre fumeur de pacotille..ce qui ne veut rien dire, et je caillasse ma vapeur et reprends du poil de la bête, je replonge Higelin comme on le redécouvre, comme on respire à nouveau.. ce qui ne veut rien dire non plus, mais je reprends du poids de la bête tant que peut se faire.
 

Je me suis laissé berner, comme un retour en arrière, loin derrière, comme Jacques aurait du faire depuis longtemps, mais c'est pas mon problème...pas comme le radis païen en refrain oblongue 82, je révise tout pour comprendre cet écart 75....apothéose ?

 
Combien de temps je suis tiré par la loco ..que je côtoie les fous, fous comme moi. Mes doutes , mes préjugés, mon cul malade, et mes défauts sur Jaco juste ici se volatilisent et c'est pas parce que j'ai arrêté de fumer, mais juste parce qu'on parle tous la même langue, ..la musique, l'habla son, la portée transcendantale, la note instinctive, le cerveau posé sur la tablature blanche, mon cul est ici à l'écoute, Habla Jaco enfin... « .. je te vole dans les plumes, ou que je te viole dans l'écume ?? »
Pas Jacques, pas Victor, pas Joseph.....juste HIGELIN....oiseau.................. « ça va swinguer chez les péquenauds »... me suis décalotté le glacier, pour voir si mon champs magnétique bande encore. Et puis c'est pas malin de nous laisser les étoiles briller comme ça, juste au dessus de nos milliards de microsecondes.. Lumière... basse, tempo, temps, mots, psycho, résistance, lutte, acharnement, il faudrait qu'on soit moins compliqués que nous, triste tout, nos culs sont malades. Mals léchés, peau de pèche en vache salope, la cale qui prend l'eau, on est tous des bargeots.
Je suis un bouffon avec une envie fulgurante de me faire bouffer les roustons.. il me plait le Jaco75, absolument, j'écoute je trique et je le plaque. Ou pas.
Jacques m'a coupé la chique.


mardi 3 avril 2018

Nathaniel Rateliff 2018



C'est avant tout une histoire de chant, sa voix nasale posée sur des mélodies folks m'avait saisie et embarquée vers la carrière discographique de Nathaniel Rateliff. « In Memory of Loss » en 2010 m'a tellement emballé que je devais alors bouder, pour m'avoir ôter cette intimité moelleuse, le virage The Night Sweats.

C'est ici, sur « Tearing at the Seams » que je renoue avec ses cordes vocales qui se marient parfaitement à cette musique soul de rock légèrement blues. La pochette avait tout pour me faire espérer un retour aux sources.
Résilié, et convaincu, j'aime ce opus jouissif et radieux, comme un grand disque de soul d'époque, 60's, 70's, la preuve, il sort chez Stax. Richard Swift est aux commandes (la juteuse époque du label secretly canadian), bref un très bon disque.

Nathaniel Rateliff & the Night Sweat 2018 « Tearing at he Seams » 
label : stax

dimanche 1 avril 2018

Gary Moore 92



Petite dédicace pour Tonio, « faut aussi que tu écoutes celui-là ».
Classique du genre, propre, évident, tellement puissant dans la quête d'une suite à donner au blues rock post SRV.
SRV est désormais devenu un sigle, un estampillé, une marque, un sceau. Sa disparition prématurée a rendu fou les maisons de disques.. qui pour la relève ? Walter Trout, Bonamassa, Gary Moore ?voire le grand Rory ?

Peut-être sur ce disque là, avec surtout le très Vaughannien « Only fool in town ». Disparition aussi brutale de Gary (grande malédiction des bluesman), sa discographie est un large éventail blues allant des Cream (BBM monumental) à Peter Green, puis un virage rocks modernes electro à partir de « Dark days in paradises » en 97. Gary Moore excelle dans le slow blues aux soli aiguës, hauts comme Roy Buchanan, il y en a ici, il y en aura plein d'autres après.. mais moi, c'est « Cold day in hell » en boucle.

BB King et Albert Collins sont là .. John Mayall ou Sonny Boy William en reprises... Duster Bennett et Gary retransmet totalement l'esprit Fleetwood du début (« Jumpin' at shadows »)... les Memphis horns omniprésents.
Un autre blues dominical, je pense à Stevie, je discute avec Hugo et Tonio, je plonge dans Lou Ann Barton, puis plein d'autre, j'arrive sur Gary Moore et ce grand classique bourré d'énergie, un son sublime, un jeu juteux, « After Hours » très Vaughan.

Gary Moore et sa pièce centrale ?

Gary Moore 1992 « After Hours » label : virgin


jeudi 29 mars 2018

The Vaughan Brothers



Nile Rodgers a enregistré cet album, ce « Family Style » aux allures dramatiques. On connaît la carrière de Stevie Ray, un peu moins celle de Jimmie, pourtant c'est lui l’aîné qui a donné envie au cadet de prendre la gratte. Fender de frère, une histoire autour du blues dans toutes ces racines, même si lui, SRV, le mettra à sa sauce, blues rock façon Jimi, Rory ou Johnny.

Ici, il est question d'une récréation fraternelle, une pause gavée de plaisir au beau milieu final de la carrière de Stevie, pas que du blues-rock, un peu de tout avec, du funk, et même de la pop et des tubes potentiels « Tick tock » que les puristes ignoreront...
« Telephone song » se barre vers le cadet des soucis, et la jouissance troublante de « Baboom/Mama said » me laisse sans voix, avec son petit solo guitare Ronny Jordan made in « So what ». Une collaboration de racine qui ouvre un poil le jeu du mec à chapeau.

Le disque se termine sur « Brothers », la pochette est une merveille, les puristes râlerons, pas longtemps. Le prochain opus de Stevie Ray Vaughan sera une compilation superbe mais posthume..

« Family Style » n'avait pas pour douleur de rendre hommage, il était la véritable et naturelle rencontre des frérots, il ne restais qu'une seule place dans l'hélico.
Il n’empêche ce disque reste un moment très particulier dans la carrière du guitare hero qui a failli toucher des cordes l'absolu, comme un autre Jimi.
De ce virage discographique à la Stevie, il ne faut pas oublier celle de Jimmie, l’aîné des Vaughan qui un jour a donné envie à son petit frère de jouer de la gratte... « White Boots ».


The Vaughan Brothers 1990 « Family Style » label : CBS

mercredi 28 mars 2018

Freddie King 71



Pourquoi ce disque plus qu'un autre ? Juste pour la pochette qui vient exploser la ligne d'arrivée juste devant « Texas Cannonball » et « Woman across the river », la grande période Shelter records de Leon Russel qui héberge et participe à cette puissante trilogie du grand bluesman bâti à battre des grattes dans toute la splendeur, Freddie King.
Une compo de lui, du Russell et Don Nix sur quatre pistes, puis quelques standards en bonne et due forme pour faire honneur à sa place indispensable, influences derrière, influences devant, rien ne va plus, un noyau.

Il y a là un épicentre de légendes qui s'entrecroisent, la liste est longue, avant, après, il est juste question ici de déguster « Getting Ready » de Freddie King. Relectures, morceaux originaux, collaborations, une montagne, des principes, album indispensable à ranger tout près de « Hard again ».

Dimanche, c'était y'a pas longtemps, j'ai encore au palais le goût d'un album de blues dominical, pourquoi plus celui-là, la pochette vous dis-je.

Freddie King 1971 « Geting Ready » label : shelter

lundi 26 mars 2018

Mocke



Poésie déglinguée, jazz tarabiscoté, le voyage instrumental de Mocke est bien étrange. Lui, on le connaît bien, c'était la moitié de Holden ; l'ancien guitariste de Sylvain Vannot ; Arlt ; il est une autre moitié, celle de Midget ! Cette fois-ci. Avec « St-Homard », il a approfondi ses rêveries musicales, à la limite du petit cauchemar agréable. On avance en crabe sur une plage bleue, le zénith jaune orange retourne l'oeil.
15 saynètes bricolées délicieusement particulières, le psychédélisme rincé des rochers qui ont des yeux. D'ailleurs la pochette a freiné mon écoute, comme les murs ont des oreilles, « trois regards sur le malandrin », et pourtant ce disque est un voyage excitant et inquiétant.

Mocke 2016 « St-Homard » label : objet disque

mercredi 21 mars 2018

S.Carey 2018



Découvrir le nouvel album de S.Carey juste après celui de Jonathan Wilson est un parcours idéal, celui d'aller vers l'essentiel inconsciemment, tout comme nous aurions envie, d'une métropole propre en ébullition, d'aller vers la périphérie verte, histoire de se poser au pied d'un arbre remarquable, voire de fouiller dans une friche urbaine. « Hundred Acres » c'est « Rare Birds » sans la boite à rythme, une délicieuse pause folk fraîche et planante.

Le même quotidien, la même météo, la même humeur, mais pas le même moment de la journée, pas la même heure.

Je lis quelque part qu'il a été un jour éclairé par l'écoute de Bruce Hornby, James Taylor.. et.. Beach Boys.. découvrir S.Carey juste après Jonathan Wilson est une logique.


Ah j'oubliais, « Hundred Acres » sort chez Jagjaguwar... un endroit où j'aime aller, tout comme Bella Union.

Il fait glacial encore, même les merles au levé du jour ont le gosier congelé.. un bon hiver, et un bon S.Carey pour la peine:D

S.Carey 2048 « Hundred Acres » label : Jagjaguwar

lundi 19 mars 2018

Jonathan Wilson 2018



Ça plane sec cette pop moderne au son succulent. Dans l'esprit de War on Drugs (« Over the midnight ») un poil moins rock, ou Father John Misty un peu plus prog, Fleet Foxes en moins country, « Rare Birds » tient là une solide virée musicale digne de la pochette.
« Trafalgar square » introduit l'album et l'on se retrouve accroché sur le dos du cochon du Floyd animal sous les voix fantomatique du CSN.

Une famille artistique mollement psychédélique pleine de références, ce grand objet au très bel habit est une nouvelle fois la réussite d'une discographie exponentielle.
Dans la famille Wilson, je demande Jonathan le "californien", vaguement flottant entre Brian et Steven. Pourtant malgré l 'idée du mélange, comme Steven, il est de la coté Est.

J'allais oublier la signature imparable, Bella Union.

Jonathan Wilson 2018 « Rare Birds » label : bella Union

mercredi 14 mars 2018

Eric Clapton 86




On a dit pas les fringues…. 
..Bon, je sens là venir quelques regards sanguins, lance-pierres, sulfateuse ou batte à rotules, je sais, moi aussi il m’a posé de gros soucis ce disque 80’s d'un bluesman, bon me disais-je, de toute façon y’a pire, « Behind the Sun ». Le gars, God, il sortait d’une décennie que les puristes lui reprochaient « molle », de « 461 Ocean Boulevard » à « Money and Cigarettes » en gros.
C’est sûr, j’imagine le gamin qui découvre Clapton avec cet album, la meuf qui pose cette voix et ce son pour la première fois sur la platine, le curieux qui s’ouvre sur ce monde avec « August » et qui découvre le reste après.

Nous sommes en 1986, et l’avantage des piliers du rock, c’est qu’ils ont essuyé pas mal de périodes et qu’ils peuvent se permettre quelques incartades. D’autant plus que cette tendance ravageuse au changement d’univers est chose courante dans les 80’s et a défigurée tout ce qui existait déjà.
Je me suis réconcilié avec Phil Collins, étape obligatoire pour digérer cet album, c'est surement le fait de m’être immergé à travers son autobiographie, fascinante, étouffante, passionnante. 
Sa carrière solo ne quitte pas les sommets, au contraire, c’est sa période « No Jacket Required » et c'est le top commercial pour Genesis avec « Invisible Touch ». Retour à Clapton, après l’échec  cuisant de « Behind the Sun » et la méchante moue de la major, l’accusé est tout trouvé, c’est le producteur/batteur. Pourtant c’est à lui que Clapton fait appel pour « August », tout y est, les synthés à tout va, les cuivres Earth Wind and Fire, et la batterie tellement marqué du petit gars de l’Ouest de Londres, qu’on a du mal à l'extraire du studio d'enregistrement.  Il faut dire qu’il a inventé un son, il est palpable et bien taillé ici pour cette envergure pop-rock.  « Bad influence ».. tout est dit ? L’influence certes, mais le bad pas tant que ça, du moins pour la carrière de Slowhand qui se réveille d’un seul coup. 
Cet opus deviendra une de ses meilleures ventes. 
 
Pour les fans, les puristes, c’est autre chose. Combien de fois ai-je pesté jusqu'à maintenant. « August » est d’époque, énergique, positif, ensoleillé, la légende vivante tire un trait sur les solos  guitares endiablés, sauf sur le sommet « Miss you ».  Clapton écrit pas mal sur ce disque, « Hold on » de Collins himself, Tina Turner en invitée, des compos crâneuses et efficaces…  et même si j’imagine ce matériel réenregistré en acoustique ou avec un son 70’s, voire d’aujourd’hui, j’écoute « August » avec de la tolérance, « whoahh merde, il est bon quand même.. fait chier.. jle remets». 
Lire de belles choses et quelques vérités sur la musique de Collins me fait revenir sur des préjugés, réconciliation, lui et les autres, avec « August » en tout cas.. on verra plus tard pour « Behind the Sun ».
« August »..grand disque ?? Oui, et  non ..on a dit pas les fringues.
Eric Clapton 1986 « August » label : duck









mardi 13 mars 2018

La Goutte 2018



Qu'est ce qu'il s'est passé autour de nous pour qu'on en arrive à tout ça.. « c'est pas ça qu'on rêvé, il est toujours tant d'y aller.. » si c'est pas Orelsan c'est Vianney.

Advienne que pourra, j'aime de plus en plus le petit bonheur la chance... on ne s'accepte plus comme on est, l'autre comme il est, malaxe, malaxe. Je crois bien que je ne pense pas assez à moi, j'aimerai bien me prendre soin. « Je crois bien que je ne viendrai pas », que ça je ne vais pas le faire, n'y m'en arranger, je vais sûrement rester là, je reste là, je ne bouge pas, je vais laisser de côté et ne pas venir. Je vais me poser près de moi, ne rien faire, refuser tout ce que je n'ai pas envie d'accepter. Je vais me figer dans mes souterrains magnifiques des beaux disques de par ici quitte à me morfondre dans cette délicieuse nostalgie d'une envie d'ailleurs, là où je n'irai pas.

Dix ans déjà La Goutte, tremplin internaute et une vitrine qui s’agrandit. Troisième album qui a du chien, du Brel (« Par dessus bord »), du Feu! Chatterton (« Funambuliste »), un peu de Jesenska, Higelin (« Kaput ») ou Fugain, une danse folle de chansons très addictives, des morceaux de quotidiens tout à nous.

La Goutte 2018 « Advienne que pourra » label : l'autre distribution

samedi 10 mars 2018

Dominique A 2018



C'est la fête à la chanson française ce week end, celle que l'on prends et qu'on s'invente, pas celle qu'on nous impose. C'est une fin de semaine frenchie noyé dans les nouveautés. D'un bloque je prends tout ce qui me parle et je me noie, je sélectionne et m'immerge, untel là, ici, eux, d'autres, un tourbillon de mots sur de belles mélodies, deux jours trop courts pour tout boire à m'en faire tourner la tète, répondre tour à tour à cette folle danse de par ici...

….la douce promenade sur La Meuse de L, la grande promesse des Feu ! Chatterton, le confort bluesy de Bill Deraime tout comme la douce proximité blues de Jacques-Emile Deschamps (merci mon Pap's) , la pop tendre efficace et colorée de Barbagallo, un Ange passe, la belle petite intimité de Frédéric Bobin, un petit retour sur l'immense « Amour Chien Fou » du H, et la grande découverte de l'excellent album de La Goutte, tellement de talent chez ces Lillois.

La Goutte, « Advienne que Pourra », album du week end, s'il n'y avait pas eu cette latitude inébranlable qui tue tout, embarque sur son passage tout ce qu'on a besoin de laisser embarquer.
Il faudra que je revienne sur La Goutte, ce magnifique cadeau (remerci Pap's), ce week end, Dominique A domine biologiquement, contrôle, loin de moi l'idée d'une concurrence, de remettre un prix virtuel, il faut bien une locomotive pour que ces deux jours de musique de par ici batte la campagne, fuse et traverse tous ces beaux paysages de par chez moi.
Je ne sais plus où donner de la tète, tellement de belles choses, une chose est sûre, « Toute Latitude » en point de fuite.

Dominque A 2018 « Toute Latitude » label : cinq7
L « Chansons »
La Goutte « Advienne que Pourra »
Bill Deraime « Nouvel Horizon »
Feu ! Chatterton « L'oiseleur »
Frédéric Bobin « Les Larmes d'or »
Jacques Emile Deshamps & Tharma Spirit 2016 « Prophéties Ordinaires »
Barbagallo « Danse dans les Ailleurs »
Ange « Heureux »












mercredi 7 mars 2018

Shame






Mince, l’histoire ne sert à rien, aucune leçon du passé tirée des catastrophes, pas d’action corrective des anciennes douleurs. Sans cesse comme le cycle et le ressac la bêtise humaine revient. Quasiment 50 ans s’est écoulé, et des anglais joufflus pareils parodient, rendent hommage, ou moquent alors leurs grand parents californiens. Ils n’ont pas la plage, ils n’auront pas les biquettes.

Clin d’œil ovin, ils s’exposent eux aussi au ridicule primesautier avec dans les bras la descendance des sus scrofa, porcins suidés en berceuse rock suicidé, l'amour est dans le prépuce, on s’attend au pire.
J’aimais pourtant bien Dead Ocean.. mais là, un label et des labours pour surfeur…
Et le pire est dedans, un  autre pet sonore, une autre saturation, ils sont 5 eux aussi,  pas de plage, pas de soleil, Dü coup y’a du punk sur la vague grise et ça hurle comme des cochons, ça glisse, ça entrelarde … Shame , ça ne s’arrêtera jamais… Help…... ;D


Shame 2018 «  Songs of Praise » label : dead ocean

mardi 6 mars 2018

Belle & Sebastian 2018




Une belle boite de petites friandises de pop romantique made in England réunissant trois nouveaux Eps, comme à leur en 1997, c’est le nouvel objet des fidèles Belle & Sebastian.
Réunir des courts métrages est un exercice qu’ils affectionnent à merveille et si la pochette du Lp n’est plus monochrome comme c’est le cas depuis 20 ans, la musique elle est toujours aussi légère et printanière. Mélodies et poésie renforcées, ce douzième album gracieux est suspendu au ciel tempéré, du gris certes, mais beaucoup d'éclaircies.  

Belle & Sébastian 2018 « How to Slove our Human Problems » label : beggars/matador