vendredi 26 juin 2020

Rodolphe Burger 2020



Une classe musicale intersidérée, des choses se sont passées depuis des semaines, il n'est pas impossible ici de toucher le sommet.
Le cours ordinaire des choses semble vouloir reprendre sa vitesse de croisière, le calendrier des sorties s'ouvre à nouveau, tout s'accélère, aujourd'hui est une date cochée, certes Biolay, mais surtout Burger.
Dans l'idée et l'impatience d'aller vers les « Environs », j'ai revisité ces derniers jours quelques opus de la Dernière Bande, son auberge artistique. J'ai revu quelques Kat Onoma histoire d'appréhender l'approche et de mieux atterrir juste ici.. aussi « Far From the Pictures ». « Good », « No Sports » en plus et tellement de collaborations.

« Environs » tombe, et je suis le cul collé au sol, le crâne cloué au tronc, il pleut un peu, l'air suffoquant est à l'orage, et si la foudre tombe ce sera sur cet arbre là. Je dévisage les hauteurs de ses altitudes, l'élégance de ses attitudes, la beauté est partout en haut en bas, à l'Est et vers l'Ouest, dans tous les sens et les points cardinaux. Sa façon de voir les choses et de nous les faire entendre comme il les voit me convient à la perfection.

Il y a aussi des invités et des reprises.. « Fuzzy » de Grant Lee Buffalo, quoiqu'il arrive cette chanson me fait fondre. « La danse anglaise » avec Bertrand Belin, une évidence, une rencontre naturelle.. Sarah Murcia, Julia Dorner, Philippe Poirier .. et Christophe qui traîne par là, pour l'Onoma.

C'est un climax d'une haute fidélité. On est au sommet.. au Col du Bonhomme.


Rodolphe Burger 2020 « Environs » label : dernière bande

jeudi 25 juin 2020

Woods 2020



Avec encore ce « Love is love » qui tourne dans la tète, je m'installe aux manettes du nouvel opus des Woods sans trop d'inquiétude. Je n'attends pas de surprise non plus, je veux bouffer du Woods, croquer l'écorce de leur pop promeneuse, de ballades folk en balade. J'y suis.
Le précédent avait sonné comme un hymne pop hippie fantastique aux mélodies ravageuses, « Strange to Explain » me redépose sur terre sans pour autant quitter des pensées le paysage ondoyant et chimérique des p'tits gars de Brooklyn.

Woods 2020 « Strange to Explain » label : woodist


mardi 23 juin 2020

Perfume Genius 2020



Tous les chemins sont à prendre pour aller vers ce disque là. La moindre émotion, le plus délicat son, une once de lumière qui se pointe sous le soleil qui plombe, tout s'ouvre pour se rendre vers ce moment déconcertant là.
La voix ... Conor Oberst , Jamie Stewart, Jonathan Meiburg ... et Mark Hollis surtout. De belles ondes lointaines des Aphrodite's Child qui planent, avec en plus la sensibilité prodigieuse d'une épopée pop sans retenue pour les sensibilités. Ce conte musical fait résonance aux fragilités de convection.
Après les heures de plomb solaire, si l'air reste encore lourd de mercure et que le vent tombe, il faudra poser dans l'air «Set My Heart On Fire Immediately» et laisser vaciller le hamac.

« Moonbend », « Whole life »... « One more try ».. « Jason ».. des étoiles en plus.

Perfume Genius 2020 « Set My Heart On Fire Immediately » label : matador



vendredi 19 juin 2020

Naïm Amor 2007



J'ai commencé avec Howe Gelb, nan, avec Calexico..euh.. pour dire les choses vraies en fait, j'ai beaucoup écouté « Amor Belhom Duo » comme une petite perfection jazz pop de par chez nous qui sentait bon le chien, la pluie et la sarabande avec en plus les étendues à perte de vue de quelques part, loin ou pas. Toutes les arborescences viennent de quelque part.
De fil en aiguille, j'ai exploré et tout pris de cet arbre là, sous la dimension sonore Morriconienne.
Et vient se poser l'acoustique sanguin de Naïm Amor, une pause fantastique au beau milieu d'une trêve crépusculaire.
Le ciel est prodigieux, les guitares de grands espaces flottent avec une voix d'eau de cactus .. Je m'affale cramoisie sous les rayons agrumes, sieste en plein western contemplatif.
Des grands espaces en huis clos, j'ai bouffé ses Soundtracks, ses collaborations, son blé grillé, les étendues en pâles ondulations sous des bruits de grillons. Soleil pamplemousse échouant sur l'ocre pâle des champs presque cuits, « Sanguine » en boucle est une pause délicieuse.
Quelques regards en biais, des verres de blanc bien frais, des airs de guitares qui tanguent avec un accordéon.
Des disques précieux. Celui-là comme quelques autres de Naïm.

Naïm Amor 2007 « Sanguine » label : atmosphériques

lundi 15 juin 2020

Michael J.Sheehy



Y'avait bien Jurado qui traînait sa caisse dans mon monde à l'époque.. Jason Molina aussi, puis en 2001 je suis tombé, à force de fouiller Beggars Banquet, sur « Ill Gotten Gains » . Pas compliqué d'imaginer que je l'ai ajouté sous mon aile. Il avait la lumière folk portée par une voix Chris Isaak en plus amicale, humble.

Louchant pareil sur le label Glitterhouse, la lumière s'est un poil assombrie quand je suis tombé sur le résonnant folk à tomber « Ghost on the Motorway ». Comment imaginer à l'époque qu'il était de l'autre côté de l'Atlantique, made in England. Les autoroutes sont toutes les mêmes, aussi ce Gospel Blues Country des fantômes de bord de route a ébranlé mon rocking-chair du vieux continent. « Crawling, back to the church ».. comme l'onde de Tom Waits planant au dessus de Londres. C'est bon quand on ne sait plus où l'on est, Bonnie « Prince » Billy ou Nick Drake. La tectonique des plaques.

Le danse folle des ciels acoustiques tous chargés d'électricité devait poser Michael.J Sheehy comme un nouveau disciple, un autre partenaire de route. De mes chemins.
« Company man » restez tranquille, ça va bien se passer, je trésaille et frémis, le vent s'est arrêté. La lumière tombe, « Ghost on the motorway », la chanson, juste avant le noir vient poser le sérieux d'un lendemain incertain. Des cordes sèches, un chant flottant....

J'ai ressorti mon vieux CD de 2007 à la couleur terre de Sienne brûlée, un petit chef d’œuvre oublié, y'en a tellement. Et puis un nouvel album pour Michael J Sheehy, à pré-commander et déjà à écouter en stream, des chansons à bouffer de l'écorce, « Distance is the soul of Beauty », à ne pas manquer tout en revisitant.


Michael J.Sheehy 2001 « Ill Gotten Gains » label : beggarts banquet
2007 « Ghost on the Motorway » label : Glitterhouse
2020 "Distance is the Soul of Beauty" label : autoproduit


dimanche 14 juin 2020

Sylvain Chauveau 2000



Cheval Blanc, le livre noir du capitalisme.. transition parfaite, le tout début néo-classique noyé de silence de la carrière du pianiste Sylvain Chauveau.

Sylvain Chauveau 2000 « Le Livre Noir du Capitalisme » label : noise museum

 

vendredi 12 juin 2020

Cheval Blanc 2020



Le ciel s'assombrit, on va se prendre quoi sur la gueule ?? combien vont-ils nous faire payer ce qu'on a jamais voulu, déjà des menaces. Ils parlent de guerre, nous sommes la chair à canon, le capitalisme broie et se fait les crocs.
A la moindre promotion, la démocratie dégringole.

Danse hystérique autour de la patte à tartiner bradée, en attendant les arbres nous regardent et rient jaune, combien d'entre eux vont partir avec nous ? La lignine n'est pas un muscle, les racines des jambes..ils se laissent abattre le sourie narquois au bout des branches.
« Attention.. danger : exploitation forestière».. exploitation est le mot qu'ils emploient pour dire ravage, dévastation, Verdun sur un lopin. Soit ils nous haïssent soit ils sont illettrés.

Un goût sourd d’effondrement en bruit de fond.. comme on devine le bruit blanc des canicules, « produire sans en mourir »..
Le basalte des flans de montagne ressemble à un tas sec d'excréments des villes saturées. Du charbon pour les pauvres âmes. La terre sans l'homme a une odeur sensuelle de misanthropie.

Cheval Blanc, je découvre Jérome Suzat-Plessis, ex-bassiste de No One is Innocent. « Comment vivre ? » attaque mes pensées de plein fouet, la musique toute chargée d'émotions écorchées. Les utopies percutent le fondamental perdu sur fond gris de foule abjecte. Une jolie tranche de sombre folk minimaliste.

Cheval Blanc 2019 « Comment Vivre ? » label : La Souterraine

mardi 9 juin 2020

Sandro Perri 2019



Eh bien voilà, je cherchais l'autre jour en me répandant sur « Futur Games », un groupe ou un artiste qui avait le même son 70's doux, planant, électriquement décontracté comme ce bel opus des Fleetwood Mac II de 1971.
Sandro Perri est un canadien fidèle à l'auberge Constellation sous les tuiles de laquelle il a sorti l'an passé son quatrième album. Il était un membre de Polmo Polpo et de Great Lake Swimmers.

La pochette est comme le ciel ces dernières semaines, profitons de cet air qui flotte avant que ne reviennent les hauts avions dégueulasses.

Sandro Perri 2019 « Soft Landing » label : constellation

dimanche 7 juin 2020

Baxter Dury 2020



Un glamour cockney classieux, une nuit crade à la Gainsbarre, un son excitant avec le gris sensuel qui va avec, des petites symphonies de gourbi opulent et une basse à bouffer des afters. Des rythmiques à prendre des shots, une gueule de bois en costard.
Des caisses, des valises, le diable sur le palais, une fragrance de sueur sur le col, « je suis dégueulasse et alors »..
Le quotidien en intraveineuse, le spectacle affligeant des cupides qui déambulent, le vivant mourra dans les villes avec les chiens. 

Hyper-classe etc.

Baxter Dury 2020 « The Night Chancers » label : PIAS Heavenly

mercredi 3 juin 2020

The Inspector Cluzo




Un temps lourd et orageux dégouline sur Mont-de-Marsan. Les ligneux craquent, le vent fort camoufle le bruit des troncs, l'électricité plane déjà. Des airs westerns tout chargés de poussières dévalent les collines. The Inspector Cluzo est une aubaine à l'oreille pour contempler la danse folle des graminées. Ça sent la grosse bière, le whisky bien foncé, malt et froment, l'odeur d'une terre qui palpite de l'épiderme, condamné à boire, 1km, 100 km.. 1000, c'est pareil, ça suffit largement, tout est une question d'échelle et déjà trois traits de kérosène dans le ciel bleu.
Mon rocking-chair fait la moue, on s'était pris d'amour tous les deux, il me fait la gueule..j'ai beau lui laisser l'inspecteur Cluzo en boucle tout près de son bois avec une vieille chemise imbibée des chaleurs, il ne balance plus pareil. Faut bien replonger dans la foule il paraît.

« Brother in Ideals », voix à clouer le bec, guitare opulente, percu insolente, le bois chante et déjà le ciel se couvre. Qu'à cela ne tienne « We People of the Soil » est là, on rebranche tout. L'horizon se charge, ça gronde, plus un temps à mettre un hamac sous un arbre, ni d'errer dans les champs.. rien à foutre, que la foudre tombe sur moi, nous sentons tous l'humus, on a beau vouloir voler à tout prix, la semelle de nos godasses sentiront toujours la terre.

The Inspector Cluzo 2018 « We the People of the Soil » / 2020 « Brother in Deals »
label : fuck the bass plaer

mardi 2 juin 2020

Tindersticks 2003



« My oblivion ».. « Running wild ».. le genre de truc à vouloir rester confiné.
De toute façon ça tape dur dehors, un mercure à se réfugier derrière les persiennes, histoire d'attendre que la lune vienne nous embaumer la nuit.
« Sweet memory »..à peine une once envie de sortir...

Tindersticks 2003 « Waiting for the moon » label : beggars banquet

samedi 30 mai 2020

Michelle Gurevich 2020



Arrogante météo, il faut la voir se pavaner à nous cuire le cuir. Faudrait pas pousser trop la poussière non plus, les racines au bain-marie et déjà les feuilles font la gueule.
Ô le ciel, jamais il n'a était aussi pur le jour, les étoiles la nuit sont insolentes, la danse des insectes est aveuglante comme le chant des oiseaux qui semblent revivre. Des nuages de Syrphes dansent avec les bourres végétales des peupliers. L'insecte retourne aux couleurs, la bourre tombe et enneige les chemins. Et les avions restent au sol.

C'est chaloupé tout ça, les champs ondulent sous la chaleur, le vent est un tantinet crâneur lui aussi. Qu'à cela ne tienne, l'énergie dilatée, on va mettre un peu d'humidité larmoyante dans l'aride printanier (« Art of life »), un peu d’extase dans cet air habité (« Feel more »), un peu d'exotisme sur cette nouvelle liberté (« For old time's sake », « Here's the part »)....
De l'émotion sur cette nature temporairement revigorée... « Love from a distance » (chanson que Dominique A aurait pu composer). « Life is coming back to me » comme du Lhasa d'un autre continent... « Feel more » et se dessine les voyages musicaux de The Walkabout.
Que dire de « Kiss ».... un « Let's dance » sexuel et triste, voire un Ferry, un clavier revival et une basse salope..il faut dire que la nuit est tombée et que tous les parfums alentours deviennent aphrodisiaques.

Michelle Gurevich écrit et produit, elle joue du melodica, du synthé et des guitares, évidemment c'est elle la voix et ça.. ça compte un max... écoutez ce disque. Russo-canadienne, slow-core en Lo-Fi atmosphérique passant par toutes les émotions.. quitte à voir tomber quelques larmes sur ces croûte hyper sèche d'un printemps bien cuit.

Michelle Gurevich 2020 « Ecstasy in the Shadow of Ecstasy » label : autoproduit


jeudi 28 mai 2020

Luke Haines & Peter Buck



Peter Buck depuis le confinement de Michael Stipe multiplie les projets et les collaborations. C'est ainsi que REM vient percuter The Auteurs, puisque la voix et les textes de « Beat Poetry for Survivalists » sont tenus par Luke Haines.
On aurait pu rêver cette association si elle n'était pas arrivée par surprise.
Tous les deux s'amusent des mots et des sons pour dire l'état dégueulasse du globe et franchement, à travers mon dégoût à moi, j'imaginais bien un album dans cet acidulé psychédélisme là.

Quelle beauté cette flûte en désaccord sur cette discrète tabla indienne, transcendée par les accords électriques de Peter, sous la voix familièrement habitée de Luke.
Et puis surtout, deux mondes que j'affectionne particulièrement se rencontrent. Rem/Auteurs... Peter et Luke. Amerloque/British.. comme Fleetwood Mac III ..moi je dis rien.

Luke Haines & Peter Buck 2020 «  Beat Poetry for Survivalists » label : Omnivore

lundi 25 mai 2020

Fleetwood Mac 1974



À la demande générale, et sur demande particulière de quelques vieux branleurs, un Fleetwood Mac, le dernier avant l'arrivée du couple américain. Il ne sont plus que quatre, période creuse, Bob Welch résiste, disque noir, improbable, terriblement isolé, méconnu et pas trop dans les vitrines, un peu comme s'il avait fallu que ça change et vite.
« Heroes are hard to find » c'est pas faux, sauf depuis quelque peu. Y'en a plein les hôpitaux.

Fleetwood Mac 1974 « Heroes are hard to find » label : reprise


samedi 23 mai 2020

Fleetwood Mac 1971



Des petits jeux réveillent, montrez des albums à impacts sur les réseaux.. et des disques ressortis de ceux qui n'ont jamais vraiment été rangés. Et j'ai cherché chez moi si celui-ci n'avait pas été déjà chroniqué un jour. Et bah nan, et pourtant..

A l'écoute on pourrait se demander comment le gros impact est arrivé. Et bien moi même je me demande bien comment je vais m'y prendre pour poser cet opus sur un piédestal solide, inébranlable, d'un son que j'ai retrouvé chez pas mal de nouveautés ces dernières années, simple, Lo-Fi, pur, naturel, perdu et osmotique. 

C'est un baume, un concept, un idée merveilleuse de son qui injecte un bien être et une nostalgie d'une époque que j'affectionne particulièrement.
Des morceaux longs, des plus courts.. vous voyez je sais pas quoi dire. Pourtant à chaque écoute je fonds et me laisse emporter comme un bleu.

C'est avant la tempête Stevie/Lindsey, et juste à peine après la tornade Green.
Bob Welch pose ses cordes, Christine McVie s'impose enfin et magnifiquement, Danny Kirwan discrètement omniprésent.. et les deux piliers Mick Fleetwood et John McVie.
« Future Games » est la plus belle des transitions historiques musicales que je connaisse... et puis l'écoute de « Sands of time » .. c'est un moment aérien à part, une molle cavalcade auprès de n'importe quel étang long d'un soleil ondulant au zénith de l’insouciance.

Ce n'est que le cinquième album du méga ultra groupe Fleetwood Mac.. chaque écoute est une partance, un petit bonheur sans nom.

Fleetwood Mac 1971 « Future Games » label ; reprise






lundi 18 mai 2020

Françoiz Breut



Serge et Jane.. c'est un beau tourbillon les muses, les couples, le déclic des duos ..« derrière chaque grand homme se cache une femme » Melody Nelson resplendit …
et puis tant d'autres « Si tu disais », comment dire comment cette chanson est à pleurer. Comment j'ai aimé me perdre dans ces deux là pareil, « Les hauts quartiers de peine ». Et puis « Portsmouth » que A a proposé sur un ep 1998 d'Acuarela discos « L'attirance » ressorti l'année précédente en vinyle..un objet précieux. « Portsmouth » ici repris par Françoiz, et le son des doigts sur les cordes graves... Quelle chanson, quels accords, quelle partance..

« Je ne veux pas quitter ».. « Le verre pilé ».. Les femmes sont là superbes, « Il n'y a pas d'hommes dans les coulisses »..... « La nuit repose ».
C'est un album majestueux, totalement oublié, Sacha Toorop, Tiersen qui traînent et ce son avec les accords de A, la grande voix de Françoiz. Après « La colère » que je garde pour moi.. cet autre chef d’œuvre... ces presque ultimes miettes d'un couple fécond qui danse sur un clavier valsant. Une symphonie de poche d'ultra dimension.

Françoiz Breut 2000 « Vingt à trente mille jours » label : Labels

vendredi 15 mai 2020

Riké 2020



Les dires disent qu'il y a 8000 ans, la première épidémie est venue chambouler l'être humain en pleine révolution, ou plutôt évolution. Ils commençaient à cultiver, à domestiquer.. les bœufs parqués ont transmis la fièvre pesteuse.
Néolithique, nouvelle pierre, mutation, nomades qui se posent, nos vies intra-muros n'ont rien apportée de plus. Toujours des maladies émergentes, des âmes putrides, l'impacte colossale qui concerne les pays riches. Un énorme poil épais sur la savonnette du libéralisme.
Nous sommes des hôtes potentiels, accueillants, hospitaliers, nous les premiers prédateurs planétaires croulant sous des milliards de normes censées nous épargner, nous croulons donc sous nos erreurs permanentes. Moustiques planétaires ou salives des gens qui causent.

Le désordre dans nos ciboulots, une envie de braises, du crépitement sous les étoiles et puis du feu sous les cordes, des chants pour s'accrocher sur des portées, des hirondelles comme des notes dessus... et puis..

« Une guitare et des chansons
Sans prétention
Juste une invitation
A quelques minutes d'évasion...
AU COIN DE MON FEU
Supspendre le temps sera notre jeu .. »

Riké des Sinsé s'est fendu d'un opus acoustique à déguster au coin d'un feu, été, hiver, brasero ou feu de camp.. la chaleur des cœurs. Merci mon Yien pour cette soirée « Au gré du vent ».

Riké 2020 « Au coin du feu » label : Sony atv / patouche


mardi 12 mai 2020

JL Murat 2003



Qui aurait pu imaginer une telle pissette à la vue de ses mains sèches et fripées, elle a fait son show dans le couloir du wagon corail épaissement drapé de ces vieux rideaux vert d'eau , avant de poser son vieux cul pincé sur la molle banquette usée, juste en face de ma tablette dépliée. Pas un mot, aucune politesse, elle a cogné de son genou pintade ma rotule mal placée. Les traits tirés, le ciel asphyxié, des ordres et des cloches marquaient son visage exsangue. Elle traînait avec elle la sécheresse de ses paupières en berne. Elle était habillée de noir et de résilles cendrées que j'eus le loisir de découvrir bien après.. moi je n'étais pas habillé en marinier.

Elle n'a pas mis une demi marée pour m'asperger la tronche, me baptiser la poire à plein bouillon, à peine le temps d'apercevoir son entrefesson. Une fable, la fontaine et le septique. Je m'étais lamentablement trompé sur elle, ce n'étais pas une contrefaçon. Les tempes et la moustache détrempées j'étais un naufragé, son rescapé. Elle me tenais de ses jets, minimum quatre. J'ai lapé son mucilage, mousseux au bord des lèvres, son écume meringuée et pof. Blanc en neige palpitant, les glaciers s'écroulent dans la mer, elle fut tel mon réchauffement climatique pour un instant, artères dilatées, respiration coupée, langue invaginée prisonnière des tensions, je ne voyais plus que dalle.
L'écluse, la giboulée, l'averse vous dis-je, elle m'a karcherisé la tronche, décapée la face, gommé l'épiderme. J'ai bu la tasse, suffoqué. J'ai cru mourir, moi pauvre chalutier, je vais finir par rouiller.

Je suis dans un autre monde, trois pintes sur le cœur, nature à demi morte, cyanosé devant cette corbeille de six prunes. Jamais je n'aurais dû être si près, dans l'axe, j'avais les poumons remplis de son eau cellulaire comme ravagés par les pollens de cyprès. Depuis, à chaque ondée chaude d'un été haletant, je pense à elle.
Écroulé dans un fossé je patinais. Le peau lavée sous la mousson lustrale j'ai bu son âme. Elle est devenue ma nymphe explosive. Quand je lui ai demandé son nom, elle m'a dit Denise. Je l'imaginais plutôt en Tina, « Love Explosion ». Je l'ai pris comme telle. De toute façon je prenais l'eau, je tapais les murs et passais sous les arcades, j'étais comme un gondolier bêta dérivant sur une artère trop pleine. Si la terre est basse, les ponts sont pas si hauts. La montée des eaux, c'est bien connu. Je ne l'ai jamais revue, pour moi elle voulait qu'on l'appelle Denise.. dans son plus beau contentement.
Quelle drôle d'idée.

JL Murat 2003 « Lilith » label : Labels