Pochette traversée par
le fantôme de Richard Brautigan qui s'invite dans mes pensées. J'ai
décliné la sieste à tort et je bricole dans ma piteuse cabane qui
prend l'eau par le haut avec au cul mon Jeans le plus vécu. Hermann
Dune a dû louper un truc. Le lierre a déjà épousé la poutre
bienveillante et j'emmerde la mérule. Quelques secondes à divaguer
et déjà milles rêves ont grignoté mes doutes.
Tiens, je ne peux plus
m’asseoir sur mes genoux, je vais devoir remonter la rumeur et me
faire à l'idée. Le jour en duc décline, mon dos sur les lambourdes
déguste et je savoure le tout dernier Turner Cody. Je pars pécher
la truite dans les eaux froides au creux des noires forêts qui
dévalent d'arides pentes betteraves, je reviens et me pose sur
l'obsession « Out for Blood ».
Aucunement une mission de
parité, juste un autre hasard, après les deux complices suédois,
les filles de Seattle. Série Fargo oblige comme on écoute une BO de
Tarantino, j'ai laissé dérouler la compilation 5 volumes près pour
l’hameçonnage. Et j'ai mordu sur HEART illico entre autre, sous
le charge littéralement. Obligé, je pars en mission, ce disque est
une fraîcheur cliché dont j'avais besoin pour me dépatouiller de
cette merdasse d'agenda quotidien, aujourd'hui. « Crazy on
you » et son outrageuse générosité, voix, riff et
gimmick plein la chemise et les boots. Je suis allé m'ouvrir
quelques glutes pour fêter la belle humeur retrouvée avant
d'embarquer tout conno sur le Dreamboat avec les Wilson frangines. On sait exactement où l'on
est, et s'il n'y avait que moi, je prendrais mon baluchon pour
embarquer là-bas.
C'est alors qu'a resurgi
un vague souvenir de 33T que j'ai dû avoir quelque temps, ou loué
pour enregistrement. En cherchant plus encore, je suis évidemment
tombé sur « Alone » 1987. C'est donc ça cette
petite émotion nostalgique d'hyper tube planétaire FM de rock
féminin amerloque. J'en étais, je l'avais et j'en avais d'autres de
cet acabit-là, plein le rayonnage.
Immersion, rappel dans le
rétroviseur, et toujours ces clichés d'époque devenus attachants.
Sauf qu'autant le son « Bad Animals » a
très mal vieilli, autant celui de « Dreamboat Annie »
reste intemporel et inébranlable.
Le charme de la langue.
De toute façon, même l'anglais m'est étranger. C'est une
découverte assez belle et inattendue : Je farfouille du côté
Deutsche Grammophon pour trouver quelques néo-classiques qu'ils
hébergent depuis quelques années pour tenter un renouveau et je
tombe par hasard sur Benny Anderson et son double « Piano »2017.
Peu importe ces reprises, mais sa tète me dit quelque chose. De
retour aux pieds de mon arbre musical intérieur, je cherche et
trouve. Non seulement je vois de qui il s'agit, mais j'arrive
intrigué sur cette ocre pochette 1970.
Autant le groupe me fout
les miquettes, pareil aux biquettes des BB (sans les 2 A), autant ce
« Lycka » m'intrigue.
Totalement de la pop folk
début 70's comme les premiers Bee Gees (d'ailleurs aujourd'hui Benny
ressemble beaucoup à Barry). « Kära gamla sol »
me renverse et flirte presque avec un très jeune Bowie, voire Belle
& Sebastian. La belle époque. De la balade traditionnel d'époque
en duo avec Björn Ulvaeus avant le gros plan à quatre.
Je découvre donc un peu
l'histoire, j'écoute ce super opus avec cette pochette singulière à
la guitare peinte qui détourne et guide et je ne peux pas
m’empêcher, connaissant la suite, d'imaginer la pensée des deux
gars.. « On est pas bien là, décontractés du
chant...qu'est ce qu'ils sont allés s'emmerder après !!! »,
juste avant l'emménagement et la colloque pop. Une autre histoire.
Je vais fouiller plus
encore, en attendant « Lycka » est mon
petit bijou du jour.
Une blondeur de paille
telle « Livet gar sin gang » ; « Lilla
du, Lilla vän » comme un 45T des tous premiers BJH. Un
conseil, écouter cet opus sans le « Expanded Version »,
c'est un focal touchant sur le 33T d'époque, une curiosité, la
vision innocente des deux pures écritures avant les paillettes.
Tout en silence les
berges de Constância ne respirent plus, le Tage fait des siennes, si
malingre sur tant d'étés. Toute la péninsule se déverse au seuil
de l'Atlantique. De Burgos, le Douro gonfle sont débit, Porto se
noie.
La pochette du taulier en
dit long. Prémonition. C'est la Saudade, mâchouiller la mélancolie
avant que le pire n'arrive et le ciel s'alourdit jusqu'à plus soif.
Tout se déverse sur le carré ibérique et la poésie de Camões a
les pieds dans l'eau. Almourol, Leiria, Ourem tous ont posé leurs
châteaux sur de hautes bosses, c'est le vent qui les a giflé. L'eau
encercle. Chaque petit coteau plissé ruisselle à grosse larmes.
Pedro dans sa cage
thoracique et son timbre souverain a vu venir. Le verbe haut, l'hiver
sous les eaux et les médias d'en haut s'en fichent.Le rapport dimension
n'est pas le même partout, la solidarité pour désensabler Nazaré
n'existe pas ici. La douleur s'exprime comme ça dans ce coin, des
mains sur des épaules et un fado tristeza se dessine à l'unisson.
Abrunhosa offre en ce
début d'année, son plus bel album, le plus pop avec des élans Post
rock et ses belles balades à lui, le plus international, fort,
puissant comme un fils d'une terre qui luttera jusqu'au bout, en
silence, dans la force et la tendresse. « Devias vir
salvar-me » comme un planant Sigur Ros des terres chaudes.
Il sera mon hymne à ces déluges qui se succèdent, chaque petit
creux de vallon, chaque pleine longeant les grands fleuves, chaque
seuil immergé et tous les faussés remplis de sanglots. Força
Portugal.
Il y a quelques années,
sous la belle découverte de Nicolas Contant alias Casagrande,
j'allongeais l’impressionnante liste des Nico de par ici,
coupables d'albums attachants, précieux et familiers. Du côté de
Lyon, Nicolas Beige vient ajouter son nom au déroulé.
Je suis toujours à
l’affût de cette simple proximité de tranches sentimentales qui
chaleureusent, Bondu, Baer.. Comme Casagrande, il s'agit là
de son premier album. Un pote qui passe rendre un café.
S'isoler dans un coin
esseulé qui veut bien de nous, peindre et caresser quelques pensées,
laisser la mélancolie prendre les choses en main. S'embrunir la
peau, les idées couleur de pierre, l'âme tuffeau, mon petit coin
assis délavé par la mousson des petites campagnes d'hiver m'isole
plus encore. Rien, juste l'air de bois tendre avec que moi dedans et
des baux de belles chansons du quotidien. Des contemporains en
étiquettes avec des plus anciens et cette fraîcheur Michel Berger
dans l'interprétation.
Générosité du coffre
sur sa petit pop luxuriante. Du velours aussi à la Elvis Orbison,
slow couché de soleil noyant de petites poussées rock, j'aime
beaucoup ses balades fleuries sur de graves légèretés. Que devient
Rover ?
Je ne m'attendais pas à
cette invitation de soirée rétro, mais pas tant qu'il n'en paraît.
Il déroule son chant d'amplitudes sur un son simple comme du Ron
Sexsmith.
Il y a eu de timides
apparition Ep avec ce bel album et « Sarah »
pourrait manquer sur cette nouvelle première fois.
Une nouvelle lumineuse
nouveauté du premier mois passé pour cette année neuve, romantique
comme un idéal, une promesse au pire, fleur bleue un petit peu,
c'est touchant, Tyler croit en l'amour et il chante ses sentiments
tel qu'il les ressent.
Pas du tout la même
météo que sur mes plaines grises imbibées, j'accroche cette carte
postale ensoleillée from LA comme un trompe l’œil, ou plutôt un
cache misère. Étonnante fraîcheur.
Oh la la, ce petit timbre
Bush dans les graves. Tessa Rose, ma deuxième artiste 2026
découverte, enchante du côté Néerlandais et « The man
who wasn't there » n'est pas loin d'avoir un enfant dans ses
yeux.
Je ne vais pas avoir
grand chose à dire, ma plume est figée par la diffusion dorée et ma
respiration décline. La pochette est bien discrète pour un tel
petit chef d’œuvre, où est l'écrin ? Muet, intimidé,
je déguste en boucle « The Lighthouse ». Écouter
Terra Rose, absolument dominical.