lundi 18 février 2019

Eleni Karaindrou 2018



Parallélépipède sur la voûte, le ciel est rayé. Du matin au soir des courses folles. Dans tous les sens sur la voûte. Il y en a même qui se suivent, qui se coursent tranquillement vu d'ici. Le ciel est strié, de la symétrique sur du papier bleu. C'est que de l'eau, ça tâche pas. Exercices de géométrie en plein ciel, Thalès en plein air, Pythagore suspendus là haut. Couchers de soleil raturés. Dorénavant, on est tous des oiseaux.

Point de parallélisme, encore moins le perpendiculaire, c'est bon, c'est rien, on a rien, c'est que de l'eau. Thalès se pavane, Pythagore se désaltère. La danse mathématique des ciels anticycloniques.

Au bout d'un temps, chaque trait se dissout, s'étale, se nébulise en ordre, dissipé en ligne, une armée de rayures, tout s'étend comme des oiseaux fumants, c'est que de l'eau. La brume couvre le cobalt du jour, la nuit prochaine on ne verra plus rien. Quand il pleuvra non plus. Cache misère. Nébulosité crasse, nos cous se tordent et nos échines se bombent pour rien, c'est de la flotte suspendue. Et nous sommes tous des oiseaux.

« Tu as vu mon chat, ils dessinent tous une ligne avec au bout du fuselage un chas, une aiguille au cul des zincs, histoire d'y enfiler le fil du temps qui défile.
-C'est quoi tous ces nuages papa ?? le ciel était si bleu ce matin.
-C'est pas des nuages mon chat, c'est le cul des avions. Tiens regarde, tu te souviens hier soir, nous révisions Thalès tous les deux... tu crois qu'il est rectangle celui-là ?
-ça m'étonnerait...donc, même quand il fait beau il fait pas beau ??
-T'inquiète ma puce, c'est que de l'eau.. On est tous des oiseaux et c'est bientôt fini. »

Eleni Karaindrou 2018 « Tous des Oiseaux » label : ECM


dimanche 17 février 2019

Prince 2006



Le mec il nous endort avec « The dance » danse impeccable mièvre à la limite du dramatique fiévreux. On semble vouloir se laisser aller vers quelques tangages larmoyants, suppliques langoureuses comme un générique de fin, et on se dit l'album touche sa fin, le feu est passé, tous s'est consumé vers de belles braises nocturnes. A deux doigts de couper tranquille, juste après ce feint épilogue d'un album sublime, Prince vient nous flinguer avec le funk cuivré infernal de « Get on the boat ». Je défie quiconque de rester coi, mou, neurasthénique, amorphe, frigide, à moitié mort ou endormi à l'écoute de ce morceau ravageur.

A part ça, « 3121 » est ma chanson de Prince préférée et « 3121 » mon album préféré, même le très Michael « Black Sweat » m'emballe sec... j'avance encore à travers l'état princier, l'impression de commencer à peine, pourtant, cet opus 2006 reste difficilement détrônable. Prochaine étape, « Planet Earth ».

Prince 2006 « 3121 » 

vendredi 15 février 2019

John Mellencamp 2018








Lui je le connais bien. Jamais eu envie de le perdre de vue. Depuis le sel du Jubilee je le suis. Toujours quelque chose en plus, un air de littoral, un souffle iodé dans la poussière, l'océan malgré l'aride, une idée romantique, une odeur de houblon plus que de bourbon, une mélodie enjolivée par des harmonies, beaucoup plus que le Boss, un poil en dessous de Bob Seger, le Cougar se place ici avec un petit bijou bien à lui.


John Mellencamp 2018 "Other People's Stuff" label :

mercredi 13 février 2019

Joe Jackson 2019



Pas sûr que j'eusse imaginé après tout ce temps une quelconque envie de le revoir. On s'est très bien entendu un laps de temps, assez fort même quelques moments. Pas suffisamment ceci dit pour que je garde l'envie urgente de garder le contact, ou alors à travers quelques vieilles photos ou par hasard sur ce vieux site copains d'avant qui chantent. En fait, mon sentiment était jusqu'à hier, que lui n'avait aucune envie de renouer avec le passé et les connaissances qui vont avec.
Par hasard, bien loin des « Retrouvailles » qui remuent, loin de moi quand même de ne pas vouloir le reconnaître, je suis tombé dessus sans avoir forcément envie d'y revenir, ni même d'accepter la moindre invitation.
« Night and Day » j'ai eu ma courte période, bien appuyée certes, mais période quand même. Je crois même être resté collé pour une poignée de soirées sur « Body and Soul ». Et pis plus rien entre nous.

Le croiser à nouveau a tout ramené du court passé, sa voix surtout, et puis cette folle liberté jazz soul qu'il a pour construire son rock. Ces retrouvailles sont inespérées.. « Fool » est une tuerie pop rock prog.... un son, un chant, et des morceaux extra. Risquée, tellement l'onde progressive est resplendissante ici. On m'a dit qu'il a cherché à me revoir en 2015..... Inespérées ces retrouvailles.

Joe Jackson 2019 « Fool » label : ear music

dimanche 10 février 2019

Alejandro Escovedo 2018



Échelle Monoyer bigleux ou pas, des doutes et le regard qui descend, comme la mémoire qui flanche. J'ai un vieux pote qui peine à canaliser sa mémoire, à trouver dans l'ordre ses idées, quelques vagues claquant les tempes, des produits illicites bien trop souvent, vétéran passionné, générosité bienveillante, avec en papier peint le regard vieillissant.
Il paraît qu'on l'a vu la semaine passée surfer sur une planche à repasser, le tee shirt Beach Boys tout froissé, sur la dune du Pilat hurlant le refrain de « Teenage Luggage » d'Escovedo. Les anciens reviennent à l'enfance parait-il. Juste après avoir bouffé du sable salé dansant sur un oasis de houblon il a hurlé « fuck Pink Floyd » et s'est assis avec un jeu des septs familles.... Pete, Alejandro, Coke va t-il reconnaître, fils, père ou mère ??

Outre-Atlantique ou Outre-Manche, c'est de la bonne musique de branleur qui pète les cactus, le Texas est-il en Essex du sud, sextet Bros latin jazz de Pete III ?? J'imagine son regard se troubler.... C'est pourtant lui qui m'a emmené vers la famille Escovedo, qui m'a fait découvrir l'Alejandro, qui vient de sortir il y a peu, un sublime album en compagnie de Don Nix, Antonio ou Camillo ?? Il paraît qu'il avait un fils caché en France, immigré espagnol prénommé Leny avec pour tube immense « Pour une amourette ».
Sérieux, j'ai pas envie de le perdre, promis j’arrête les vannes pouraves sur les biquettes, espérons qu'il passera le test haut la main un zeste dans la tète.

« Cherry Blossom Rain » avec ses petits airs de Willy DeVille quand il pleut sur Mellencamp, juste avant le brûlant « Sonica USA » qui devrait quand même lui donner une indication sur le continent du truc. Un UFO sur la pochette, sboub ou paluche, zeppelin ou cactus qui se dégonfle..... quel disque.
S'échouer sur « Silver City » juste après avoir tangué sur l'ennivrant « Rio Navidad ». Moi perso, j'ai craqué sur « Something Blue » à la Boss Petty les violons en plus. Je sais pas si c'est son meilleur jusqu'ici, en tout cas c'est un super bon cru.
Allez, merci mille fois mon vieux pote pour ce grand artiste texan.... comment ça quel artiste ???


Alejandro Escovedo and Don Antonio  2018 « The Crossing » label : Yep Rec

jeudi 7 février 2019

Balthazar 2019



Et allez donc, rebelote, la porte ouverte à tous les bons disques, le virus fait rage, ça part dans tous les sens, chaque groupe est contaminé par le syndrome du meilleur album de leur carrière, Night Beats, Toy, Gaz Coombes, Deerhunter.. outre frontière, la liste va s'allonger, les urgences sont remplis de talents.
C'est du côté de la Belgique cette fois-ci, que l'infection attaque. Balthazar. J'ai souvent pédalé à travers leur discographie, je me suis perdu à travers quelques écoutes inégales, des trucs bien, pas mal, mais bon, pas de quoi se dilater le pylore.


Méconnaissable ici, d'un bout à l'autre le groupe de Courtrai (nan, Courtoi c'est le grand mou pas très bon dans les buts et mauvais perdant du même pays) envoie un album avec comme perfection totale le son, les arrangements, la production, des idées sonores géniales, tout ça sur une écriture efficace, nette et claire. Si la mélancolie traîne toujours ses nippes comme pour les groupes cités plus haut, la hanche ici se décolle pour quelques mouvements syncopés d'une danse lymphatique totalement toxique.
Des violons sur de la fièvre, une basse tapée et nerveuse, des sifflets joyeux, guitares ondulantes, des cuivres sur la grappe, roller arabisant, une voix proche de Joseph Arthur, des petits lycaons en embuscade prêts à te bouffer la viande.....je bave en écoutant pour la quatrième fois de suite cet opus top de pop ultra moderne, leur meilleur album jusqu’ici.

Balthazar 2019 « Fever » label : PIAS

mercredi 6 février 2019

Toy 2019



Une météo de qualité flotte au dessus des bacs. Un de plus. A nouveau un groupe sort son meilleur album. Alliage de plein de trucs, des tiquettes à foison (merci Tonio pour la déformation réflexe de la syntaxe)... Tout comme les Night Beats, les gamins made in England cette fois-ci, calment le jeu, déposent les armes, se concentrent sur l'écriture, la production, la profondeur et l'efficacité.
« Happy in the Hollow » des londoniens, est un dosage parfait, un équilibre précieux, modernité vintage, rock psyché, acoustique électro.. un super bon disque vachement bien foutu, avec une superbe pochette.

C'est un home studio, une indépendance, des petits synthés ondulants à la Pram, Broadcast voire Pink Floyd sur un rock soft et juteux, un poil d'expérimentation dans des échos, des cordes sèches dans une surdimension.
Les tiquettes, moi j'entends un truc proche du sommet « Blitz » de par chez nous (avec ajoutée, l'idée de teintes de pochettes dans l'air), en plus d'un jadis Beta Band total british : « The Willo ».

Une quintessence foutre dégouline des fonds noirs comme une cascade psychédélique sur le mur du rock intemporel.
Vivement les flocons de l'été dans le jardin.. juste après avoir rencontré les filles du canyon chambre 29..pour quelques baisers rouges.

Toy 2019 « Happy in the Hollow » label : tough love rec

lundi 4 février 2019

Night Beats 2019



Juste au début, façon The Coral, une chanson imparable pose l'album sur les starting-block, mais pas les chapeaux de roue. Ballade pop rock mélancolique, classique, classieuse, type sixties, retro, millimétrée et minutée.
Comme un classique du genre, le reste défile bon et tranquille. Alors si, la grande surprise du précédent les avaient propulsée, enfin, pas tant ici, mais du côté de Seattle là où les racines de Night Beats poussent. Oui et puis, et là ça change tout, Dan Auberbach est aux manettes et on finit vraiment avec le pif par reconnaître sa patine, tout comme Danger Mouse pour d'autres d'ailleurs.

Le nerveux rock est rentré au garage, le blues, la soul en ressortent vainqueurs, du coup moi, je préfère, et du coup pour moi le précédent sera anecdotique.
Ça s'écoute sans frein, juste celui de la vitesse moins folle qui lève le pied et du coup me permet mieux de regarder le paysage qui défile.

Night Beats 2019 « Myth of a Man » label : heavenly recordings

dimanche 3 février 2019

Miles Davis 69/71/74




Le ciel a laissé de côté ses talents artistiques, le vent celui de sculpteur. La voûte grise est de retour, le feu est à l'intérieur, l'art sur les pochettes. Le menton baissé sur la platine, le week end sera Davis. 1Er février c'était hier, tremplin Miles, mon séjour est noir de monde, Dejohnette, Hancock, Jarett, Mclaughlin, Corea, Henderson...... nous sommes en 1971, « Live - Evil » est démoniaque. Moitié live, moitié studio, il existe pour les affamés accrocs à l'infernal, un coffret 6CD « The Cellar Door Sessions » qui montre absolument tout.

Quatre ans plus tard, des remugles et des restes de « Bitches Brew » et « A Silent Way » reviennent sur « Big Fun ». Du 69 à fond donc, du matériel à profusion. La dream Team Evil est à peu près la même, la pochette toujours aussi fantastique.. le ciel est de plus en plus gris, le cul est entré entre mes murs. Tabla, tambura et sitar y sont invités. « Recollections », les veines me brûlent, je plane.

Juste en bonus, pour finir la journée sur un triptyque avec comme fil conducteur des morceaux très longs et des pochettes sublimes, le grand « Bithes Brew ». 



Miles Davis 1971 « Live-Evil » / 1974 « Big Fun » / 1969 « Bitches Brew ».




jeudi 31 janvier 2019

Miles Davis 1975



J'ai vu un cul dans le ciel. Dos courbé, deux fesses dessinées, fascinant, des nuages façonnés. Tout comme je peux être anéanti par le gris du jour, les ciels d'averses me renversent comme un fou. Entre deux giboulées, un cul juste au dessus se cambre, un peu plus haut que les peupliers qui se balancent.
Le vent se lève sur « Agharta », il balaye et peigne le cul, l'arrondit. Prélude et Interlude dans un élan stratosphérique. Pas le temps pour moi pour une quelconque évaporation, me fondre vers ce cul qui s'éloigne. C'est improvisé, fin d'après midi, ce soir c'est « Pangaea » qui sculptera la voûte.
Les rafales m'ont grillées, elles sont allées juste au dessus des peupliers enflammés caresser ce cul rougi dilapidé.

Le ciel dessine tout à sa guise, boomerangs, nounours, montagnes et omoplates, ce soir c'est un cul, magnifique, galbé à souhait, ce bi-cumulus d'outre-coton, fier et généreux, avec au fond le haut du crane cumulé qu'un souffle virtuel a dressé juste derrière, au dessus des peupliers. Il s'éloigne, se muscle, le soleil se couche, ciel de lave, le rose aux joues je suis sur le cul, Miles Davis comme un certains 1er février 1975 à Osaka, électrise mon casque sous un ciel torride.

Miles Davis 1975 "Agharta" - "Pangaea" label : columbia



mardi 29 janvier 2019

Jonasz 75



Tiens, une tendre petite transition, « Sous les Lilas » de Belin, sous lesquels j'y ai vu un regard. Une vague idée vers cette « Chanson pour tes yeux lilas » de Jonasz, j'y suis venu en fin de soirée, juste après avoir éclusé à outrance le « Persona », ressassé comme l’obsession. Il est aussi question de « Nuit bleue » dans cette chanson du bel album 75 de Mister Jonasz. 

Son premier album mythique était assez décousu. Celui là, le suivant est comme un concept de belles chansons toutes ravagées de tendresse et de sentiments délicats, comme on va faire des ricochets, histoire de réveiller en douceur l'huile de l'eau d'un lent ruisseau. Il y a du miel et des violettes, c'est surtout les vacances au bord de la mer, une touchante scène déposée sur une toile impressionniste.

Il y a des idées de prix Charles Cros, récompenser les plus bels albums de par ici, des sommets comme Bertrand Belin sous le lilas.. avec en dessous un regard à la terrasse d'un café qui m'a embarqué vers une nouvelle nuit blanche et bleue et quelques songes de printemps....
…...je voudrais une fête belle et nacrée. Du vert tendre et des âmes ondulées, dériver tendrement sous les coups lourds d'un mercure généreux. Des ombelles à fleurs sous quelques cerisiers roses.
Je voudrais laisser au patère mon parka, mes lourdes fripes trempées et ma fatigue du gel qui colle aux grolles.
Je voudrais faire du zèle et susurrer aux yeux lilas le blanc et le pourpre, et que la friche résiste au froid en laissant le souci se passer du soleil.
Je suis jaloux des pays sur le même globe que moi, sur lequel il fait beau., là où déjà le Syringa tient la dragée haute au cobalt du ciel. 
Le saphir comme une seringue distille des parfums mauves.


Michel Jonasz 1975 « Changez Tout » label : WEA


dimanche 27 janvier 2019

Bertrand Belin 2019



J'avais pas vu que tu avais les yeux couleurs de lilas, celui qui se balance au dessus de toi..
nan, je cherche pas à détourner....
mais oui je suis d'accord j'ai merdé.... en fait, je ne m'attendais pas à.. c'est pas impossible oui, mais là où j'étais j'ai pas géré, il faut dire que sous cet angle j'avais la façade en pleine face et la rouille avait oublié l'eau d’ici, ouais c'est sûrement l'inverse... ceci dit, l'autre là elle n'avait pas à être là, juste dans l'axe de mon angle perdu..
Tu me connais, c'est impossible de résister, qui-que ce soit à mon cou touchant le zinc.... même avec tout ce ramdam autour de nous je m'oublie souvent... et le zinc c'est à cause de toi.
Nan, je n'ai rien allumé du tout, c'est le brouillard qui prend la lumière des réverbères, et puis ce lilas au dessus de toi dans tes yeux..
Moi moqueur??? ..tu as beaucoup de chance de m'avoir tu sais, parce que je suis fou de toi et rien que pour ça... ne soupire pas, et arrête un peu, je suis pas un branleur... mais...je vois tout, j'absorbe tout, je suis là, surtout oublie mon cou nous allons nous mettre en retard sur tout, j'entends tes gestes dans mon fort intérieur.... ??? mon porc intérieur !!!?? tu exagères, oublie mon cou. Je vois tes fuites et je fugue, je te jure je glisse et tu ne suis pas, je ne suis plus.. déguerpir ?? la nuit est trop bleue pour ça.
Oui, je suis d'accord avec tout, l'angle a fui lui aussi, j'ai confondu l'ordonnée avec l'abysse...c'est à cause du lilas au dessus de toi, il a la couleur de tes yeux... il n'est pas en fleur ?? tu es sur ??

Tu verras il restera des fossiles de nous deux. Allez viens, je t'en supplie arrête tes coups de tète.. rentrons, on va écouter Bertrand Belin, il est sorti vendredi, « Persona », c'est un petit bijou, « Bronze » tu vas fondre.. viens, on l'écoutera sur notre lit mal gaulé... quoi ??? Matthieu Chédid aussi est sorti vendredi  ?? ouaih et alors ?? ah ok... nan nan, tu as raison, le lilas mauve c'est bien plus tard, genre ne te découvre pas et file, oublie mes jambes aussi.. à mon cou.



Bertrand Belin 2019 « Persona » label : cinq7




Une première partie, tout a commencé .. Dominique A période « Nanortalik », juste lui, Bertrand et Tatiana dans l'"Hypernuit". Une affligem sur les trottoirs du Casino juste après, lui parmi nous, hyper-accessible.  Lui comme lui, c'est autant les livres que les disques, la belle littérature dans les chansons, "Requin", "Littoral", "Grands Carnivores" , un tourbillon de mots, de ceux combinés même juste par deux, font des mondes dessinés dans la plus belle des postures ordinaires. Quand il y a la musique en plus, on touche à l'extase. Il faut compter sur ses doigts les artistes qu'on écoute le livret à la main.








jeudi 24 janvier 2019

Gaz Coombes 2018



Je garde le filon des vieux groupes qui perdurent. Rajouter une décennie pour eux, pour lui. « World's Strongest Man » est un super disque. Super grâce à Gaz, bien loin de son groupe.

Pour être franc, j'écoute cet album depuis quelques jours parce que j'aime répéter la chose quand plusieurs fois de suite avec un disque qui ne me quitte pas, je colmate certains moments de transitions journalières qui nécessitent du rebouchage avec de la musique pop rock. Et là, cette musique pour la troisième fois consécutive rebouche, suffisamment pour que j'aille explorer l'affaire, me plonger dans le CV du Gaz.

Sérieux, c'est lui ?? je sais, souvent mon cerveau rame à canaliser et colmater, j'ai pourtant une mémoire pour certaines choses, la musique par exemple, mais là, au blind test je perds une blinde. Sérieux..Gaz c'est lui ???
Des wagons de retard, et je dis as ça parce que je suis dans le train qui pinaille.

Sa liberté donc, un très bon disque qui se laisse écouter, une amplitude vocale entre Courtney Taylor-Taylor et Bono avec une virée Mercury Rev. Mais oui, on tortille, mais c'est pop rock.

Bon, je reprends depuis le début : Supergrass.. vous vous souvenez ??? le groupe pop rock à succès.....Ouaih mais bon là c'est chaud, on me dit rien à moi. Je retourne colmater pour une nouvelle petite transition.

Gaz Coombes 2018 « World's Strongest Man » label : hot fruit recordings

lundi 21 janvier 2019

Deerhunter 2019



Un autre groupe ancien que je traîne depuis leur début. Pas de haut, ni de bas, la route, le cap. Comme Great Lake Swimmers après quinze ans de création, le dernier album de Deerhunter monte un cran plus haut, dépasse tous les autres. Quoi de nouveau ? Les mélodies plus ciselées ? Cate Le Bon entre autre aux manettes ? Une lumière neuve qui provient plus de l’extérieur comme si le groupe avait soudainement foutu le nez dehors, en plein jour, légèrement aveuglé par un soleil radieux des quelques plaines plus vastes? Y'a même quelques moments où je les reconnais à peine.
Peut être c'est moi du coup, un moment précis où tout passe et s'ouvre, réceptif au changement léger, disponible enfin pour apprécier ce groupe pleinement, réveillé par une belle pochette..

A quelques arpents des mélodies d'une belle idée qui me laissait moyennement heureux, je suis embarqué dans ces nouveaux éléments et savoure enfin le travail du collectif de Bradford Cox.
La discographie de Deerhunter commence à être conséquente, parcourant les styles, je reste bloqué sur cette fraîche et belle nouveauté 2019.

C'est beau, moins sombre et pourtant, rien n'a encore totalement disparu.

Deerhunter 2019 « Why Hasn't Everything Already Disappeared ? » label : 4AD

jeudi 17 janvier 2019

Great Lake Swimmers 2018



Plusieurs jours déjà que les noisetiers ont commencé à ventiler la poussière de chaton. Le gris froid brouille les pistes, pourtant les jours rallongent et les corylus chantent à nouveau.
Quelle autre chanson que « The talking wind » pour fêter ces jours nouveaux, ce timide souffle pollinique d'une bouche qui s'enflamme …
Quand l'hiver commence, tout redémarre en sourdine, mine de rien l'air se charge d'un parfum frais, Great Lake Swimmers sur cette douce lueur propose son plus bel album, quinze ans après leur pastorale apparition. 
Des cuivres déjà sur "I Talk to the wind", il y a 50 ans. "The talking wind" un printemps en hiver.

Great Lake Swimmers 2018 « The Waves, the Wake » label : nettwerk


mardi 15 janvier 2019

Idaho 2000



C'est exactement celui-là, sans trop savoir dans quoi je m'engageais à l'époque, c'est ce disque là à la pochette noire et blanche avec pour réchauffer l'ambiance du bronze qui brille (rien à voir avec Summerville) qui m'a définitivement embarqué vers les californiens d'Idaho.

C'est pour l'avoir aperçu dans les pages de Magic juste après avoir parlé de Micah P Hinson, qu'il m'ait venu l'idée de parler de « Hearts of Palm », cette petite pépite oubliée qui célébra à son age l'entrée dans le nouveau millénaire. « Happy time » et à l'époque, je pensais à notre Idaho à nous , Perio et son sublime « Medium Crash » sur lithium.. j'entendais aussi des sons Lo-Fi slow core tel Logh, Chokebore, 90 Man Days, et surtout Sparklehorse. On vaporise des humeurs graves sur des amplis sans fioriture, du lancinant qui tape aux persiennes, avec dehors la mollesse d'un paysage nocturne et tropical.

Je crois bien avoir sombré sur « For granted », paysage plus ambiant et distordu de Jeff Martin sur « Levitate », album suivant. Ses envolées planantes doucement électriques sont magnifiques, tout autant que ses balades piano « On the shore ».
Puis il y a eu le relais Talitres et le plus expérimental « The Lone Gunman », et puis je retrouve ce Ep oublié « The Forbidden Ep – Alas : special edition »97/2008 aux époques Caroline Records .... Je suis dans tous les états, les dates, aussi Idaho est reconnaissable d'entre tous, ceci, celui-là , « Hearts of Palm » est sûrement l'épicentre.

Mon vieux disque est là, le boîtier fendu sur des buildings à palmiers, une carte en fond de Los Angeles City avec posé dessus un disque au onze morceaux incontournables signés Martin/Seta, ou Jeff Martin seulement. Il est des indices de rangements chez moi, Sparklehorses avec Idaho, Granddady et les autres, ceux cités chez le Micah d'hier. Un sacré petit paquet de groupes incontournables. Dans tous les états, from USA.

Talitres donc, a ressuscité ... un beau vinyle ... sans bonus... "Hearts of Palm" le pur.


Idaho 2000 « Hearts of Palm » label : idaho music



samedi 12 janvier 2019

Micah P.Hinson and The Musicians of The Apocalypse



Dans la lignée du sillon époumoné des écritures à l'arrache, posées sur des lassitudes en pâture aux souffrances et à la pénibilité des âmes, jetées aux crevards, soiffards et crèves la dalle, Micah P.Hinson grouille depuis quelques années au creux des épicentres .. Molina, Jurado, Callahan, Hawley, Crawley.... 

C'est une grande pièce que cette sublime noirceur.

Micah P.Hinson and The Musicians of The Apocalypse 2018
« When I Shoot at you with arrows, I will Shoot to destroy you » label : full time hobby.