Tant
que ça, ça sent qu'ils sont british ? Pas besoin d'aller vérifier
l'identité de cette jouissive découverte, il y a cette petite
touche classieuse même si la substance anthracite est rêche et les
bas-fond teintés de poésie dépravée. Je me suis senti comme dans
un vieux cabaret fantomatique qui passait du Poni Hoax, Jack the
Ripper, Pogues, Cake et Space. Le cuivre en bouée, la folie
maîtrisée dans le jeu tonique et visqueux. Légèrement décadent,
ça sent la poudre multicolore. Remugles d'alcools mélangés,
saveurs de suie et de graillon avec quant même la petite fenêtre du
fond qui laisse passer l'air iodé et lourdement humide d'une nuit
épaisse et diabolique.
Tout
d'abord, il n'y a rien au dessus du sommet « Shadows
Collide with People » avec cette collection tubesque de
morceaux d'envergure (« Carvel » ;
« Omission » ; « Regret » ;
« Every person » frissons à chaque écoute ;
« Wednesday's song » « Song to sing when
i'm lonely » ; « Cut-out »). Voilà,
ça c'est dit.
Maintenant
le chemin qui m’amène à « The Empyrean ».
Le dernier
Coxon et l'extraordinaire carrière solo d'un guitariste abîmé,
accroché à un monstre. Le génie en retrait, la respiration
réparatrice. Son sublime dernier album oublié m'a envoyé
directement vers l'opulent Frusciante. J'en ai pour quelques albums à
chaque séjour chez lui, juste après m'être emmanché « Shadows
Collide.. » donc. Et quand l'effet du sang ne me suffit
pas, je vais me finir chez Ataxia (même graphisme de pochette
d'époque) jusqu'à perdre l'équilibre.J'avance et
m'enlise toujours dans cette chronologie-là... « A
Sphere.. » ; « The Will..»
après « Shadows..».
Puis le sublime « Inside of..»
et
enfin l'apaisement intime de « Curtains»
avec plus de larmes encore (« Anne »).
Alors
pourquoi « Empyrean » ? C'est comme un
aboutissement, j'ai pourtant un peu négliger ce concept fantastique,
cette sombre plongée dans un abyssale paradis mouvant. Jeu trouble
et planant posé sur une grosse intro instru Young et floydienne.
« Song the the siren » et sa voix résonne à
nouveau, toujours au fond de la pièce, troublante, douloureuse,
écorchée intime et puissante.Après
plusieurs jours émouvants dans mon avancée récurrente, je reste
amarré sur ce beau disque comme si je le découvrais. Août au
frais.C'est aussi
parce qu'il est pour moi la fin du trajet, je ne m'aventure jamais
dans sa période électro, 2012 à peine survolé.
Quelle beau
finish cet « Empyrean », j'ai la tète
ankylosée et toute chargée de belles choses chagrines. « Stuff »
dans le lointain comme une blessure, des cendres, la douleur de
« Walls » résonne encore, chanter à en abattre
des murs, puis « Unreachable » me rassure,
« Heaven » m'enchante... quant au prog « Central »
et la voix à la Bruce (Jack)...
John
Frusciante une nouvelle fois, solo, la trique dans les doigts, sa
grande liberté, ses mélodies brutes qu'il incarne dans les plus
suffocantes émotions, « Control » et le très
Stevie Wonder « Hope » bouleversant, et je me dis
qu'un jour « Curtains » va détrôner « Shadows.. »,
il ne restera alors que celui-là. Et tiens en conclusion, il faut
voir comment il a stratosphérifié les Red Hot avec les deux
derniers doubles.
Une
vieille connaissance que personne ne connait, j'ai replongé dans les
bacs du label K-RAA-K-net et une vieille chronique. En rangeant, j'ai
rangé et suis monté d'un étage sur mes étagères vers le paquet
de l'auberge qui héberge ce groupe-ci, comme si on avait perdu 13-0
au blind-test des groupes enfouis dans la grande marge des années
2000. Bref, j'ai pris des nouvelles de Kiss the Anus of a Black Cat
abandonné pour moi en 2007.
2010
c'est un peu tard, cette incantation à la poussière sort envoyant
direct manger le sable des grands déserts à cranes sans bidoche ni
nerf aucun. La pochette, une fois de plus, l'ambiance, cet appel au
ciel quand sur terre il n'y a plus que 2 couleurs, le bleu sec et
l'ocre mouvant.
Immédiatement
David Eugene est convoqué, et les 16H Power (« Argonaut
and Magneto », « Harrow »).
Je
ne souviens pas que le Kiss Cat ait proposé de tel beau disque
habité et totalement habité.
Vague
corne entoilée, le vent sec et chaud à ôter tout espoir sur l'os.
Le vent est tellement sec et chaud. Des carcasses sous les bromes
figés Pompeï. Le son de la désolation, ça doit cuire sec dehors
pour que Kiss embrasse une telle incantation au souffle moribond.
Pourtant la voix est claire, les parfums épicés de curry craquant.
L'orgue monte comme une prière, les fantômes sont à quelques
clochers d'ici.
Août
sort des bois et le désert est déjà là, à fondre le coussinet
des complotistes. Pas collants, lourdes semelles sous des citernes de
sueur sans odeur, la seule eau qui coule à flot. Le crane en
gargouille et le sourcil en gouttière. La raie du cul est un
marécage.
Plus
aucune nouvelle depuis 10 ans, j'ai repris le fil du Black Cat en
reculant vers les années où l'on prévenait urgemment du délire.
Il faut voir la gueule en sueur des trou-de-balle éberlués. Bisous.
Kiss
the Anus of a Black Cat2010
« Hewer of Wood and
Drawers of Water »
"Tiens,
écoute ça nom d'un chien ça urge".. J'y suis allé. A en
devenir zinzin je me suis précipité, en boucle, habité à ne plus
savoir où l'on crèche. Ensorceleur d'hémoglobine, bâtisseur soul,
terrassier funk avec dans les veines du vieux sang blues qui fait
battre les cordes raides.
Fantastic
Negrito, conseil live de l'ami aiguilleur Sorg a rendu quelques
trajets ferroviaires infernaux. J'ai fouillé, j'ai dévoré, j'ai
trouvé, mon sang est resté en ébullition sur son 2018 "Please
Don't be Dead"
avec la brûlure absolue "The
Duffler".
Comment dire, près à toutes les dégueulasseries tellement dedans
il y a tout. Audaces et cascades "Bad
guy necessity".
J'ai beaucoup pensé à Keziah Jones et son tectonique "African
Space Craft"
avec du Prince et du James Browm dedans, en plus.
Me
souviens aussi des suffocations Black Merda, Black Joe Lewis etc.."A
boy named Andrew",
"A
cold novembre street"...
comme un air « hier encore j'avais deux amis » (« St
James infirmary »).
Bizarre, à deux doigts d'en perdre deux cette année.
J'ai
vu les jours baisser ces derniers temps, va falloir passer l'hiver,
une nouvelle fois. Pikouze de ce mec. Merci à toi Doc Sorg.
Je retombe
sur un chef d’œuvre de Gary Clark (2015), son sommet et la bande
son de son histoire sous le sobriquet que sa mère lui donnait. Il
faut dire qu'en ce moment je fouille un peu dans le blues rock
d'obédience soul, voire funk. Il faut dire aussi que je trifouille
du côté de Fantastic Negrito, mais ça c'est une autre affaire,
j'attends quelques jours pour en causer.
Et me voici
sur les chemins de Tricatel, même si Chassol n'est plus sous ces
tuiles-là. J'ai survolé et négligé à cette époque, pochette de
« Big Sun » ? azimut de tout ?
bouderie quelconque sur un ensemble que je n'ai pas su capter ?
Météo ?
« Funny
How ? » m’expose la jubilation.
Architecte
musical, il dirige aussi, véritable chef d'orchestre,
auteur-compositeur.. J'accroche ici où tout semble calibré sur son
génie, sans lâcher le fil. Le rap-là est taillé pour moi, le jazz
plane transcendé par les autres couleurs, la soul bien calée au
fond de son originalité, le gospel s'amuse. Cosmique « A
first lady », ou « A raunchy comedian »
sous une sublime montée de pleine lune, comédie musicale de ciel
envoûté, des voix partout qui résonnent au fond du cœur, une onde
Chicago sur mes plaines brûlées. Basse-batterie à frissonner juste
ce qu'il faut pour ne pas faire fuir les loups et les renards qui se
baladent sous ma peau. Grave et scintillant. Merde, je ne touche plus
le sol. Époustouflant.
Peut-être
le plus génial des groupes de par là-bas. Il y a foule pourtant, ça
se bouscule à Liverpool et alentours. S'en étonner devient presque
une routine à chaque sortie d'opus. "Let
the music play"
comme ils disent, et dès les premières secondes ont y est. Quel son
pur, quelle spontanéité et toujours ces mélodies qui embarquent.
La protection d'une île, la parure d'un lagon comme du corail, les
années défilent et The Coral me prend sous son bras une nouvelle
fois, par l'épaule pour me raconter ses petites comptines pop
courtes, familières et amicales. Je ne m'en lasserai jamais.
Fidéles
compagnons d'un quart de siècle, un petit soleil qui chauffe juste
ce qu'il faut, "388"
beau
et réconfortant.
Hold-up.
Il y a bien ce petit vert du maïs au beau milieu de cet ocre désert.
Même le petit bois au fond est bleu lointain, comme une ombre en
berne. Plus un rumex, l’armoise est éreintée et les chénopodes
gris flétris. Toute la chlorophylle s'est volatilisée, le chalumeau
est passé et la herse déjà mord sur un vieux quignon qui sent la
poussière chaude. Mes plateaux Euréliens ressemblent à la Castilla
y Leon.
Plus
de vert alentour, plus rien qui jute, tout suffoque, le succulent
dans d'autres contrées, la chaume à perte de vue a mangé tous les
chemins. Et je rêve de collines où le tendre dégoulinerait sur les
valons verts. Un chemin moelleux qui gicle, des herbes grasses qui
caressent, l'odeur des graminées gorgées de chlorophylle sous de
jolis bois qui chantent des airs frais de pop un peu désuète. "That
goddamn sun".