dimanche 14 octobre 2018

Python "Lee" Jackson



Au bord des branches le orange prépare sa chute, cet arbre mort aura l'air moins con au milieu de tous ces de bras cassés désarticulés. Incognito, qui est mort, qui dort ?
Les feuilles commencent à tomber et dedans les rayons des magasins supposés culturels, les coffrets sortent des sous-sols comme dans un clip de mort-vivants. Y'a plus de saison, le rouge va torcher le orange, christmas versus halloween, coca contre citrouille et coloquinte, en attendant la création passe en berne.
C'est le moment de dénicher un petit truc dominicale pas dégueux, bien fagoté. Le label Big pink est venu à la rescousse, introuvable sans lui. Python "Lee" Jackson et l'unique album du groupe « In a Broken Dream ».

Cet album rafistolé provient éparse des sessions d'enregistrement 1969 avec Rod Stewart invité à la Lead vocal, celle de Dave Bentley (leader et clavier) était assez « moyenne ». Stewart est en plein virage Small Faces et carrière solo, l'album figure dans sa discographie, il ne chante pourtant, sur la version officielle sortie en 1972, que trois chansons. Il la reprendra en 1992 avec Gilmour et John Paul Jones, sans la magie 70's je trouve.

Ce disque a un quand même un gros inconvénient, quand c'est pas Rod Stewart qui chante, c'est pas du tout la même chose, la glande lacrymale n'est pas aussi bavarde. Et puis cette chanson quand même, témoin d'une époque culminante dans l'histoire de la musique nan ?
Rod sur un morceau Blues, un autre funky, et sur cette pépite slow-prog au solo aigu d'une strato à la Buchanan qui chiale.
« In a broken dream » et l'on se dit que les feuilles peuvent tomber, elles repousseront, que les coffrets peuvent surgir des sols stériles, il y aura toujours des petits trésors cachés comme cet unique Lp de Python "Lee" Jackson, et le rêve cassé n'en finit pas de tournoyer.

Il fallait à tout prix aujourd’hui que je trouve un morceau qui chante un automne d'étuve, des feuilles qui commencent à tomber et planent hésitantes sur cet air chaud et humide, c'est chose faite avec cette pochette ocre et la voix caniculaire de Rod Stewart. L'unique Python.

Python "Lee" Jackson 1972 « In a Broken Dream » label : GNP crescendo / big pink

mercredi 10 octobre 2018

Vic Chesnutt 2003



Bizarre de commencer ce billet avec Arthur H, peut être pas, « Amour Chien Fou » est un chef d’œuvre qui se révèle un peu plus à chaque écoute. Double album excellent de haut calibre, une facilité et une maîtrise inlassable... et dedans la chanson Lhasa, toujours aussi troublante à chaque écoute.. « Princesse mexicaine au sourire de Mona Lisa.... ». « Sous les étoiles à Montréal », à L 'Hotel2Tango, et le bel enregistrement de son dernier album.
Sous les mêmes étoiles, les deux derniers de Vic Chesnutt, parti lui aussi sous une autre noirceur.
« La boxeuse amoureuse » me soulève à chaque fois, j'arrive à « Sous les étoiles » et je fonds, je pars sous ce ciel là, j'arrive et va vers « North Star Deserter » et « At the Cut » aux dimensions démentes et tragiques, je me pose et me finis au chant de Vic pour déboucher envoûté sur une autre chanson.

Souvent la valse saoule « Sultan, so mighty » vient me tirer les yeux et me troubler la respiration. À chaque fois je me dis qu'il faudrait que j’arrête de l'écouter, douloureux comme des matins cabossés, le paradis de la rouille dans les os et on se réveille claquemuré en allant chercher heureux en guerrier ravagé ce café à des années lumière du sommier qui ne danse plus. Il ne viendra pas tout seul le robusta, il n'est pas si loin, faut juste réapprendre à se diriger au beau milieu des vacarmes silencieux. On prend une petite bouffée d'air par la voûte plantaire sur le carrelage glacé. Les yeux tombent et l'on cherche son pote Vic à la rescousse.. cette basse clarinette qui embarque et enlumine le bad trip..lui debout à dévaler les doigts en roue libre, à embellir les aubes harassées qui schlinguent sur l'horizon écrasé.. moi déambulant dégingandé à essayer de passer entre les portes à la recherche de mon café. Pedal Steel pompe à neutron, des cordes lentes en citrate de bétaïne.

C'est pas le disque que l'on brandit dans sa carrière « Silver Lake », mais quand j'écoute Arthur H qui chante Lhasa, je pars à l'Hote2Tango et croise Vic Chesnutt, et la valse qu'il me faut, pour que ça tourne et tourne encore un peu...

Vic Chesnutt 2003 « Silver Lake » label : new west
 





samedi 6 octobre 2018

Dominique A 2018



Revoilà la splendeur. Cohen s'en va et c'est Suzanne que l'on va embrasser sur les tempes.
Je suis resté assis sur le doigt de sable de la mer tellement longtemps, sur une plage de Burano, à attendre le prochain passage.
La fragilité passe et j’ouvre les yeux. C'est pas tant que je boudais, bien au contraire, Eléor et la lueur m'ont bercés sur d'autres horizons. Mais le cul posé sur le sable de Burano, je me suis soudainement levé pour aller m'asseoir sur celui d'un petit banc ocre des bords de Loire.

Limpidité des sons, clarté des guitares, chant lustral tout chargé de délicatesse. Comme s'il eut fallu que je ne perdre pas la sensibilité, garder le regard vers le ciel, il est revenu là, au creux de mon automne ensoleillé, touchant du doigt la perfection des larmes des accords mineurs sur de grandes émotions étendues. La respiration s'est soulevée avec quelques haut-le-cœurs blafards, la plèvre chagrinée, les idées nettoyées, il est repassé par chez moi.

Je me suis perdu sous toutes les latitudes, demandez-leur à ceux qui m'ont vu fondre à l'écoute de « Comme l'encre », me ramasser fébrile au chant de « Comme au jour premier », ce qu'il en est de la fidélité cellulaire. J'avais oublié que je l'aimais autant ce poète à la nuque épaisse, au crâne terrassé. C'est même assez dégueulasse sans crier gare ainsi de faucher d'un clin d’œil familier et rassurant la fragilité de ceux, à l'aube de leur cinquantaine, qui ne demandaient que ça. Quoi ? cette fragilité.

24 chansons cette année. Orange en face A, la B sera bleue poussant dans le rose violacé. Il y a quelques jours, j'ai réécouté « L'ennui » et « Vouloir » des Eps rares de l'époque « Auguri », le disque où Burano chantait. Puis je suis parti sur « Enfin démissionnaire » le bel inédit de « Le Détour », tout revient donc, toutes les plaques en fonte pètent et l'eau déferle, le commerce des liquides. Les bonus ne seront pas inédits, ils sont là cette année, « Ursa Minor » qui a révélé pour moi toute la couleur orangée, puis « Une Voix File à Travers Ciel » paradisiaque pourpre.
C'est un fleuve qui gronde en parallèle de tout. Ils vont se mélanger ces oranges flamboyants et ces bleus violacés, peut-être dans quelques années ils ne feront qu'un. Un seul bloc pour une vie en morceaux.

Manset, chanté sur un autre Ep rare et rouge par l'enfant de Provins, vient de sortir un disque et un livre. Dominique A est coutumier de cette affaire là, de la musique littéraire, « Tout sera comme avant » avec ces auteurs qui ont écrits sur ses titres à lui... avec Milena Jesenska, ou quand il dévoile François Vergne sur l'unique « Fantaisie Littéraire »2008. « Fantaisie Militaire » à un de ces moments où l'on dévoile avec un trouble sans égal l' « Immoretls » à paraître bientôt à défaut d'être sur « Bleu Pétrole », rejeté à l'époque pour les mêmes raisons de doute quant à notre durée ici bas. Alain, Gérard, Dominique, un livre un disque... son plus beau à mes cellules vient de paraître, « La Fragilité », mais aussi un livre pour dire comment on se souvient de pas mal de ses chansons.
Je vais donc apprendre quelques intimités sur « Le ruban », « La poésie » et « Le temps qui passe sans moi », les nouvelles chansons entre-autres du dernier sublime album de Dominique A.

Dominique A 2018 « La Fragilité » label : cinq7
  
 


jeudi 4 octobre 2018

Marissa Nadler 2018







Je reste sans voix, Marissa est retournée dans ses bois. La même pureté, le même trouble, les ligneux d'automne chantent à nouveau.
Mes petits textes d'avant en vrac, je ne trouverai pas mieux. Je suis ankylosé pareil, hypnotisé, mes doigts engourdis et mon cerveau abasourdi. Je n'ai plus mal nulle part.


Des pochettes partout et le label de ses débuts, Eclipse-records comme on fredonnerait "il était une fois..."
Le nouvel album tout en haut, une pochette qui domine et qui sent bon l'Arc Volcanique... et des chansons retrouvées, Marissa comme dans ses "Ballads of Living and Dying". Je brouillonne, je laisse le passé parler sur le bouleversant "For my Crimes".




Marissa Nadler 2018 "For my Crimes" label : bella union / sacred bones




Au commencement, septembre 2010 :
Si quelques filles ont été suggérées ici, une seule, s'il fallait n'en choisir qu'une, pourrait glaner tous les suffrages-frissons. Des larmes indélébiles jaillissent, blessé par un « Stallions » blême. Nous savons , accueillis pas toutes ces nymphes, et pourtant nous n'avons jamais entendu de telles chansons, cueillis sur des sentiers de feuilles mortes au beau milieu d'une forêt d'hiver. Le frimât saisit, mais l'accord réchauffe, une certaine idée du nirvana, en attendant, un refuge abrite, le dernier peut être. « Mayflower may » achève et entrouvre: chaque montée vocale est une menace sylvienne. « Silvia », dans d'autre temps, sur un autre label chantait l'antre de ma mie, des forêts entières noyées de branchages et de brindilles en sommier sur lequel je me suis allongé pour gouter le sucre des arpèges, la caresse des mélodies, le venin des murmures, puis le sel des baisers, l'amertume des jalousies, le piment aux joues, le cœur diamant.


L'année d'après juin 2011 :
Un jour Marissa a quitté sa colline pour aller faire un tour du côté des lumières artificielles. Elle a traversé les vallées de chlorophylle, foulé pieds nus les sentes de feuilles mortes pour voir si les néons maquilleraient ses chansons de paillettes et de visibilité, laissant les nymphes et les lucioles orphelines des mélodies cristallines qui en faisait la douce maîtresse grège des futaies inconnues. Loin des fleurs de mai, des cœurs diamants, quittant Virginia, Annabelle, Silvia et Rachel, elle a enfilé son fameux imperméable bleu pour danser avec les rats des villes.
Les
petits enfers des villes devait lui allouer les éloges, quelques promesses et des moyens dignes de son art. Marissa s'emballa d'artifice, un orchestre pop, de l'électricité, un troc à sa fragilité qui faisait la beauté de ses mélodies... avant.
Marissa est revenu.. toute seule, avec ses étoffes d'antan et son tulle de lichen. Des mélodies à pleurer « in your lair, bear »; « Mr John Lee revisited » ou encore le superbe « little king ». Les étoiles son revenus et les chrysalides brillent à nouveau.
Elle est revenu, sur les mêmes sentes, avec des souliers cette fois-ci et un peu d'électricité, histoire de décrire, de présenter ce qu'il y a derrière la colline. « baby i will leave you in the morning » sonne comme un hymne pop jamais vu dans les forêts.. et c'est beau ..aussi, les lucioles émues dansent à nouveau. « the sun always reminds me of you », « puppet master », mêmes hauteurs, et malgré les souliers neufs, on sent encore les feuilles craquer, les mélodies retrouvées sont saisissantes, comme avant, partie pour mieux revenir.
Le nouvel album de Marissa Nadler sort cette fois-ci dans la discrétion la plus auto-produite qu'il soit. Sous son propre toit, l'épique psyché-folkeuse amie de toujours Orion Rigel Dommissee à ses côtés, Marissa, via
Kemado va attirer une foule de personnes dans son antre vierge où la constellation d'hiver Orion brille de tout feu. Orion.. c'est Rigel, Betelgeuse, les trois rois .. et Marissa. C'est un peu l'hiver, mais le frimât n'a jamais été aussi doux.

Encore ici octobre 2014 :
Une autre promo, deux albums pour une seule chronique… finalement, je trouve les associations opportunes et pertinent avec Sharon Van Ettenes, comme cette passion que je voue aux binômes artistiques des grands groupes...la liste est longue.
Deux pochettes grises, deux ciels noirs pour deux femmes superbes du continent américain. Ces deux filles artistiques underground ont débuté discrètement au fil des années en perçant langoureusement dans le brouhaha des bacs.
Leurs balades à la féminité blême sont appuyées par de superbes voix, comme des chants de plaines à racoler le perdu. Je ne sais plus où je suis.
J’ai déjà parlé de Marissa depuis qu’elle est apparue chez Eclipse records en 2004, et j’écoute en parallèle le nouvel album de Sharon Van Etten qui côtoie la même couleur de cendre paradisiaque depuis 2009. Sharon est habillée d’une fripe d’écorce escarbille, avec en plus la modernité sonore de quelques arrangements programmés.
Marissa, c’est toujours cet appel des lisières, la même onde forestière quand les fantômes osent poindre leur âmes brumeuses en plein jour.
Je suis au bras des deux filles, je reste accroché à leurs cordes de belles écritures et de voix envoûtantes. Je garde toujours cette petite préférence pour cette lingerie boisée que porte Marissa. Un lichen échevelé et mystique, cette Mazzy Star des bois profonds. Mais que fais t'elle en plein milieu de la nuit dans cette forêt ?
Deux filles, deux disques délicieux.. deux labels magiques.. deux beaux disques gris à respirer.








mardi 2 octobre 2018

Aznavour




Le bois des cinq croix pour moi, je l'avais dévoilé en souvenir de Branduardi. Gamin il y avait aussi Aznavour qui passait beaucoup chez le paternel. Il y avait cette chanson qui me faisait rêver, mes virées d'entre les troncs au cas où, sur un malentendu avec violons, j'ai même attendu des heures avec ma bicyclette dans ce bois là avec une seule bouteille de muscadet très fraîche dans le porte-bidon et la chaude idée d'un éventuel détroussage innocent. Des chemisiers, un corsage, des arbres comme sur l'île de Ré. 

Je traine un peu avec Aznavour, je choisis beaucoup, comme pour Trenet..Les deux Charles, c'est pareil pour mes étagères, l'un admirait l'autre, moi je prends et picore chez les deux, chez Aznavour y'en a plein, où ça ? précisément dans le bois de Trousse Chemise.
C'est pas la pochette qui va avec la chanson, seulement, c'est la seule qui me vient, que j'ai dans mon esprit depuis bien des lustres, et à laquelle je pense depuis hier.

Ma pochette préférée donc qui rappelle étrangement celle de "Stylus" de Sheller, grise et embuée, avec ma chanson d'Aznavour, sur un autre disque.
Il existe ce coin de ligneux détaché du continent, et comme c'est la foire aux vins, deux vrais blancs du pays de Vallet et je pars en pèlerinage pour voir si au cas où, un chemisier blanc impressionniste voudra bien s’effleurer là-bas.

bizou à mon paternel.

lundi 1 octobre 2018

JL Murat 2018





Il m'aura fallu une bonne préparation physique pour chevaucher le monticule de Chris allégée de sa reine et arriver péniblement à bord du Blossom, ce vendredi 21 septembre. Tout comme il a fallu que je gravisse la montagne Farmer & Roussel pour aller chiper épuisé le "Il Francese" timidement proposé sur les flans gris des mornes disquaires défleuris.

Une certaine condition dopée de combattant est nécessaire pour à bras le corps s'affranchir des parcours racoleurs et arriver haletant sur la cible musicale.

"Benito", "Oncle Vania", "Le train bleu", "Brûle-moi", un vague sentiment de retrouver Dolores et son groove organique d'alors, qu'est ce que j'avais adoré sa peau.

Les vendredi se suivent et se ressemblent, je suis en pleine préparation physique pour le prochain "Hold up" des fins de semaine, avec encore les courbatures de la précédente, je me concentre JL Murat il Francese dans les oreilles et me demande sur qui il va falloir grimper cette fois-ci, quoi escalader pour arriver à "La Fragilité".


JL Murat 2018 "Il Francese" label : Pias le label
Il faut aussi que je vous parle du blog de Pierrot, un grand oubli de ma part depuis bien des années : http://www.surjeanlouismurat.com/ 








jeudi 27 septembre 2018

Andy Jenkins



Sans le fil conducteur des maisons de disques que je file affamé pour ne rien laisser au hasard, je ne serais jamais tombé sur « Sweet Bunch ».
Certaines plus que d'autres, c'est la belle auberge Spacebomb de Matthew E.White qui m'a conduit vers Andy Jenkins. De qualité ici il y a beaucoup de choses dont la belle production qui habille impeccablement ses chansons pop, quelques part entre Adam Green, Father John Misty et Peter Von Poelh. « Curve of love », « Song for me », « Hazel woods ».. autant de balades de crooner folk qui chante un automne pop troublant de chaleur.
Après Nathalie Prass, Bedouine et Matthew E.White lui-même, un petit gars vachement sympa avec un bon disque qui tient la route abrité par Spacebomb, collectif outre-Atlantique au fidèle design de pochette.



Andy Jenkins 2018 « Sweet Bunch » label : spacebomb



mardi 25 septembre 2018

Tunng 2018



Je n'ai pas été très assidu aux parutions de Tunng. Ce dont je me souviens avec le riche label Static Caravan, c'est que « Mother's Daughter and Other Songs » en 2005, m'a collé à la peau bien des années, au point ne pas vouloir écraser ce premier petit bijou du groupe. Garder cette virginité de folktronica le plus longtemps possible.
« Songs you Make at Night » vient de faire le grand écart, je vais pouvoir regarder le reste de plus près. Délicates touches d'électronica sur du folk, c'est un vieux style déjà depuis la fin des 90's avec des pointures comme The Beta Band, Caribou, Fourtet, ou quelques artistes du label morr music par exemple. Tunng tient le cap et garde le flambeau. Pas une ride. Ils sortent à coup sûr le plus bel album du genre de ces dernières années.

Tunng 2018 « Songs you Make at Night » label : full time hobby

samedi 22 septembre 2018

Gérard Manset 2018



Je flânais au parc Montsouris, la foule transparente dans le désert de Mandchouri, et je me suis dit qu'il fallait que j'aille chercher le dernier Gérard Manset.
Depuis quelques semaines, le « Cupidon de la nuit » tient en haleine ma liseuse led et je me perds dans l'intensité littéraire progressive du dédale de sa plume. Un nouvel album arrive comme une aubaine.

J'ai la phobie des avions, l'espace et le ciel sont tellement beaux de la croûte. Aphrodite m'a laissé sur le tarmac. Pourtant je me souviens des longues minutes à jeter mon petit planeur en balsa, j'imaginais léger mes partances qui n'auront jamais d’existence. C'est pratique le basla, on peut y déposer nos pensés légères, oublier l'acier et tout poser sur un radeau qui plane.
Je vogue donc, cupide en permanence anéanti par le vertige Manset, son exotisme, mon immobilité accroché à mon zinc de balsa. Cupidon à l'horizontal, Blossom à la vertical, la coïncidence des choses qui vont bien certains jours, comme une éclipse le soir d'une grande marée.

C'est une transition fortuite, Yves Simon, écrivain/auteur-composteur, Manset en plus est peintre et photographe. Tout chez lui tend vers les mots, l'image et la musique. C'est un grand week-end Manset.

Gérard Manset 2018 « A Bord du Blossom » label : parlophone
« Cupidon de la Nuit » éditeur : Albin Michel







vendredi 21 septembre 2018

Yves Simon 88



On sent poindre un peu d'Yves Simon ces derniers temps. Il me manque. J'ai beau lire au hasard quelques unes de ses pages, réécouter sans cesse quelques vieux albums et prendre le peu qu'on nous propose, il me manque. Il n'est pourtant pas loin.

De jeunes artistes d'une génération éperdue ont dû réaliser qu'un grand poète de chez nous dormait injustement sur son œuvre, rarement un album de reprises aura ainsi autant retenu mon attention.
Ce sursaut et ce succès a mis la puce à l'oreille d'une frileuse maison de disque qui lâche timidement et au hasard de sa discographie deux uniques rééditions ("Demain je t'aime" 79 et sa Juliet "Yves Simon"73) , histoire de voir avant de proposer le reste si ça vaut le coup d'oublier sa timidité artistique et de proposer à nouveau Yves Simon dans les bacs.


Albums cotés, rares 45T introuvables, ses débuts comme un secret, son intégrale ne semble pas vouloir voir le jour contrairement à presque tous les autres.  Ils ont le leur, les poètes contemporains, c'est quand sa boîte à lui ?

Alors je prends des disques au hasard, je mets et remets des vinyles d'Yves Simon en attendant qu'une passion intégrale éclabousse enfin notre quotidien. Au hasard du bonhomme, je craque sur "Liaisons". Très oublié, un peu plus que le reste, ces chansons là me nourrissent.
Certes il y a dedans le son 80's et je préfère sa barbe et sa guitare sèche, j'imagine ce disque réenregistré en acoustique, boisé, avec un son sans programmation, là aujourd'hui, en bonus dans un intégral à venir. 
Ceci dit, dans mes années 80 ce disque tient le coup, et m'embarque par l'écriture et les harmonies, les mots et la sensibilité. C'est en 88, il arrive chez Barclay, "Deux ou trois chose pour elle" passe sur les ondes avec ses jolis habits asiatiques, tout l'album est de grande qualité, sa discographie à partir de ces liaisons, va se raréfier, il restera "Intempestives" et "Rumeurs" le grand retour, un de ses plus bel album.

J'ai ouïe dire  quelques saloperies à droite à gauche dans la bouche des gens, l'écho du média, des débats patati patata, des cerveaux bien ailleurs de ce qu'on aimerait tous.. c'est pas le but du truc, mais bon, j'aime bien ce bel hasard des disques qui parlent plus que n'importe quel âne : "Nés en France".

Yves Simon revient timidement chez les disquaires, "Liaisons" au hasard, impatient je garde pour lui un immense respect artistique.... à suivre....


Yves Simon 1988 "Liaisons" label : barclay




mercredi 19 septembre 2018

Jonathan Jeremiah



Bon, j'abdique, je laisse le soleil entrer, j'arrête les disques mélancoliques, Terry Callier dans le ciel, Jeremiah dans les oreilles, on va onduler au tempo de ce british soul qui chante les années 70 outre Atlantique.
Violons, timbre chaud, chœurs anciens, basse Vannier, mélodies matinales, une certaine idée des légèretés chaleureuses nous projettent à travers cette joliesse moite. J'ai l'impression de déguster un "Chamonix", nonnette orangée d'orange amer hyper sucrée. C'est un biscuit vintage qui existe encore, j'en ai avalé des tonnes gamin, je les ai gardé parcimonieusement comme des madeleines, comme ce son 70's qui ne me lâche jamais. Au dessus l'alu qu'on ôte, comme la cellophane d'un disque de Scott Walker, et ce goût d'orange glacée comme le début d'une belle journée.
Le corps, le soleil, "Good Day" est une lumineuse ballade des étés indiens, même si les feuilles commencent à craquer sous nos pas, nos épaules et nos cranes sont choyés par cette chaleureuse moiteur.


Jonathan Jeremiah 2018 "Good Day" label :





mardi 18 septembre 2018

Nicholas Merz



Eh, il a plu, j'vous jure, tout à l'heure, j’étais là debout dans la poussière Eurélienne à humer tous les pollens déposés lourdement depuis des mois, ceux que j'ai remis en suspension dans l'air à ratisser mes coupes de conifères impassibles. 

Une nouvelle douce mélancolie, une autre découverte, celle d'un country rock façon Callahan, accords sombres et timbre grave avec en arrière fond la soif tranquille des grands espaces intimes.
Une recette qui me convient tout à fait, avec en plus quelques petites idées sonores et instrumentales sympathiques.
Des jolies plages de claviers viennent taquiner les arpèges électriques ou boisés, comme pour ajouter des touches de verdure dans cet ocre vallon.
« Domestic Dispute » et Ennio Calexico se pointe. Jolie découverte.

Nicholas Merz 2018 « The Limits of Men » label : Aagoo

samedi 15 septembre 2018

The Innocence Mission 2018



C'était prévu, le soleil fut au rendez-vous. Radieux, timide au saut du lit, grand généreux et même un peu allumeur juste au moment où il nous faisait signe avant le déclin.
C'est peut être l'envie qu'il pleuve. Aujourd'hui, je n'ai fait que papoter avec mes arbustes. Manucure, coiffure, rafraîchissement, un seau d'eau à trinquer avec ma viorne.

Nous avons parlé de la pluie comme d'un souvenir, au fond Karen Peris et sa voix d'ondée fine nous observait. Les feuilles ont frémi, la poussière gospel a tournoyé autour de nos peaux. La pop automnale, comme une abstinence d'eau pour le végétal est restée accrochée à mes membranes.

Ils chantaient « Umbrealla » en 91, je les ai adopté avec « Befriended » en 2003, ils sont toujours là, fragiles comme une canicule écorchée.

The Inncence Mission 2018 « Sun on the Square » label : badman recording


jeudi 13 septembre 2018

Steady Holiday





Une seule journée de soleil vous manque et tout l'été est dépeuplé. Voilà, je vais garder la main sur la pop automnale. C'est la faute à ce jeudi gris à peine mouillé.
Une découverte, son sirupeux, voix angélique comme Isobell Campbell, et là pour le coup, le ciel est bien crasseux, ça m'étonnerait qu'on voit le soleil avant que la nuit ne lui barre la voûte. Pourtant ce disque est chaloupé, presque sensuel. Bon, ça va pas faire tourner le globe dans l'autre sens, mais là, tranquille, la tète dans l'eau, « Nobody's Watching » se laisser déguster. On glisse vers des matins ensoleillés, mais pour l'instant le ciel est cendré, crachin, hyper tempéré avec même une ondée de funky. 

Émoustillé par cette doctoresse Dre, je déguste « Nobody's Watching » même si je sais bien au fond, qu'ils ne vont réussir à lui remettre la tète.

On est pas bien là, à attendre émoustillé la prochaine journée d'été ?

Steady Holiday 2018 « Nobody's Watching » label : barsuk

mercredi 12 septembre 2018

Jonathan Bree




Le petit fils de Fantomas vient de se fendre d'un bel album organique et mélancolique. Sa magique pop moderne me renvoie vers le désespoir crooné de Get Well Soon. L'orchestre bleu pétrole fluo ruisselle sur des lueurs urbaines, intimes, arty et noctambules.
On pourrait flipper à croiser sa tronche de collant à moumoutte, pourtant la beauté scintillante de sa moue tristounette fait mollement danser sur la basse d'un hôtel particulier et tournoyer dans une brume chagrine et synthétique.
J'avais cinq ans, je flippais ma race devant le rire grave de Fantomas... l'était peut-être sympa ce grand schtroumpf chauve.


Jonathan Bree, c'est The Brunettes, c'est en Nouvelle-Zélande. Une précieuse découverte.

Jonathan Bree 2018 « Sleepwalking » label : lil'chief



dimanche 9 septembre 2018

Paul McCartney 2018



J'avais mis en scène, presque tout y était, le génie des mélodies, des airs imparables, la pochette bariolée... j'me disais, ils vont comprendre, m'accompagner dans l’événement, ce nouveau rendez-vous astronomique.. rien, bredouille... et j'ai morflé.
J'avais placé le truc comme une annonce, jusqu'à même, une fois de plus faire une légère allusion à Kokomo des BB, et puis surtout, en gros à clignoter LIVERPOOL, les petits gars de The Coral étaient là comme la première partie de l'éternel, l'embouchure vers l'immortel....

Personne, rien.. alors ravagé par l'émerveillement d'une pièce époustouflante, je me suis noyé dedans, boudant tout mon entourage, j'ai gardé mes fripes et ma pochette en carton et je me suis couché là sur le quai de la station Egypt.
Tant pis pour les autres, je me le garde tout seul ce disque éblouissant. J'ai dansé comme un fou joyeux, j'ai pleuré comme un gosse et j'ai dansé en pleurant, et vice et versa. Tout le monde s'écartait avec des petits rictus de honte quand on est témoin d'une danse comme ça aux heures de pointes, quand il faut aller turbiner pour pas grand chose.

Je le savais, prévisible sa régularité, quoiqu'il arrive mais je n'imaginais pas ce niveau là à un temps où l'on pourrait juste entretenir le bouzin, huiler les rotules pour pas que ça pète, tranquille. « New », sombre et un poil inégale ne laissait pas présager une telle beauté à suivre, mirobolant Paulo beau comme un « Ram », rebondissant, excitant, ardant, enflammé, majeur, responsable, intact, sans cesse amplifier de fraîcheur, la sienne, il n'y en a pas d'autre (« Despite repeated warings »..quand même... « Hunt you down/naked/C-link »..putain...). Très sincèrement un autre palier vient d'être atteint. Le son est extraordinaire plus que jamais, j'en ai encore la tète de poule et la chair folle, le disque est généreux, lapalissade sur la beauté des mélodies.. une énième compilation de McCartney....


Sur le quai de l' « Egypt Station » les gens passaient. C'est normal aujourd’hui les pleurs dansés, les clochards de rives ivres des grisailles que les passant emportent, dévoilant des murs éclatés s'ouvrant sur le reste des horizons, le passant est fait pour passer, le céleste se pâmer. Ma déréliction n'avait de saveur que la plénitude de ma solitude que je remplissais de jaune et de bleu ciel, d'échos et de fraternité imaginaire. Des mains virtuelles, dans celles des autres pas plus réelles, « Hand in hand » à tournoyer sur ce gris quai à attendre un regard, une main qui se tend.......j'étais au bout d'ma vie..

Et voilà....C'est bien là mon Tonio que je connais. Le mec sur qui on peut toujours compter. Il s'est penché sur moi, m'a tendu la main comme un soleil, quelques pièces virtuelles pour mon casse-croûte spirituel. « Viens mon gars, parlons de Macca, eh ma favorite, intime-moi encore de ce cerveau big bang »..m'a t-il dit. Je me suis relevé et nous sommes partis tous les deux à la recherche d'une prairie ensoleillée, et quand bien même fusse t-elle plombée d'une voûte anthracite menaçante, la chorale religieuse de « Opening Station » aurait eut raison immédiatement de ce toit sans espoir, « Egypt Station » et le ciel se fend.


« I don't know » par exemple... c'est tout Paulo, dès le début un air grave, une intro sérieuse et grave qui débouche sur un piano solennel pour finalement chanter magnifiquement un air à flâner, mélancolique, heureux, avec une petite virée dans le joyeux le temps de quelques notes furtives, comme pour dire, quoiqu'il arrive les p'tits gars.......... y'a Paulo.
« Nothing for free ».. ce mec est définitif... la lumière pour qui veut bien stopper sa carcasse un moment à la station Egypt.

« Ah oui au fait Tonio.. faut quand même que je te dise à propos du truc bien là ..tu sais les Coral avec cette virée chez les BB.... mais oui et t'as vu, personne n'a rien vu.. bordel Liverpool quand même..ou alors c'est parce qu'ils sont dans le groupe du psg... y'a un truc, nan je suis pas très foot en dehors des coupes du monde:D ... et tu sais que la pochette du disque, bah y'a un élestique rouge ou vert qui tient le dépliant.. moi j'ai pris vert...bon alors..dis-moi, le nouveau Paulo mon Tonio.... »
Paul McCartney 2018 « Egypt Station » label : mpl/capitol


jeudi 6 septembre 2018

The Coral 2018



Allez vous balader n'importe où avec ce disque dans les oreilles, villes ou champs peu importe, les accords heureux et les belles notes qui se suivent ça les connaît les The Coral, sont pas de Liverpool pour rien.
Un nouvel album ?, oui, un de plus, oui mais nan. Rarement le tout n'a été aussi entier.

L'Atlantique d'un seul coup ne leur pose aucun problème.. santiags ray-ban et casquettes sur couleurs bariolées, manque que la plage californienne. Ils n'iront pas jusqu'à se galvauder benêts à chanter la beauté des pâtés de sables Kokomo, mais le son et les vocales en chorales sentent le CSN et la vague. Il faut écouter le sublime « Eyes of the Moon » pour se souvenir de leur texture originelle, l'obédience fantastique de la patine Coral. Et là, je sombre et repars illico vers d'eux celle que je préfère.. « Rebeca You ».
Rien à jeter sur le nouveau, tout est entrain et attirance. Tous les coins de chemin, les lignes courbes de n'importe quel horizon entêté de reliefs ou affublé d'une mer violette aux postillons laineux, à l'arrêt, en chute libre ou à pleine vitesse.. allez vous balader avec « Move Through the Dawn » dans les oreilles...du rose à l'âme comme un printemps à l'orée du orange à venir.

The Coral 2018 « Move Through the Dawn » label : ignition

mardi 4 septembre 2018

Bruce Springsteen 1982



Eh bin voilà, c'est pas malin, merci les potes :D
Les 10 chansons les meilleures qu'il a demandé le Pax... ou plutôt nos préférées à nous. Un challenge sérieusement ludique de Pax ça ne se refuse pas. Alors voilà tous les albums du boss sont étalés devant mon air ahuri, quand je dis tout, c'est 73/84, le petit coffret rouge que j'ai chipé d'occas il y a 5 ans histoire de travailler ma moue musicale.
C'est où qu'il est ce super morceau là, quel disque renferme cet autre morceau fantastique qui m'a fait changer d'avis sur cet artiste pilier majeur et historique, faut tout réécouter.... oui car je suis piètre boss, un novice pour ainsi dire, je préfère de loin Bob Seger, voire Mellemcamp et ma curiosité ne date pas de si longtemps, même Antoine De Caune dans les 90's n'avait pas réussi à me décider..
Je n'avais pas prévu non plus de resté bloqué un fois de plus sur 82, comme chaque fois que je l'aborde, empêtré dans la grisaille du Nebraska avec tous les fantômes Young Dylan Prince Billy dans la brume. Oui la voix de Springsteen est unique, autre que ces trois là.

Maître Dev Tonio a des lacunes sur cet état là, qu'à cela ne tienne, je vais en mettre du Nebraska ;D. De toute façon elles sont là, mes chansons préférées de BS, comme des envies d' « Into the Wild » dans la pampa, solo, avec la botanique et le ciel lourd, le vent, l'absence de bipède et les grands espaces.
Trois fois qu'il passe ce disque depuis mon envie de bosser pour Pax. Ça la fout mal, pas moyen de couper pour mettre un autre, mes 10 chansons préférées du Boss sont ici....... à moins que......

L'idée du tricheur m'est venue quelques heures après moult écoutes... Nebraska sera ma Face A.. et voilà donc, la B, un horizon sans voûte plombée... Une fois de plus, il faudra que je replonge dans sa discographie, quel plaisir d'écouter certains trucs, et ce« Asbury Park NJ » vers qui je ne vais pas assez souvent.. tellement de belles chansons dont ces 10 là.


  1. Point black
  2. Jungleland
  3. Adam raised a cain
  4. New York City serenade
  5. The E Street Shuffle
  6. Racing the street
  7. Lost in the flood
  8. Drive all night
  9. The river
  10. For you

Et pour prolonger la gruge, un 45T en bonus, juste histoire de penser au succès du gars qui pourrait bien avoir quelques impacts énergétiques contagieux sur l'envie de reprendre THE BOSS.

1.Glory day
2.Hungry Heart

Bruce Springsteen 1982 « Nebraska »