mardi 19 mai 2026

The Moody Blues 1969

 
Le Poa des choses habite le vide, la marée d'herbes se pavane sous la pluie, « Lazy day » coule de partout. Grasses touffes de ravines, friches épaisses, haies touffues et folle-avoine, je suis sous la pente de mon toit et tout dégouline. Cloué dedans, il pleut la poésie sur mon mai barbouillé. Il a beau crachouiller, pleuvoir et déluger, tout est beau et léger, la symphonie pop hippie et graminées enchante la fraîche grisaille de ma voûte. Le grésillement du saphir se mélange aux gouttes rafales sur la fenêtre-toit. 1969.. je dis ça ..

On pourrait se croire du côté de la Californie avec quelques Capra ruminant le sable et la joue épaisse, les chœurs sûrement (« Lovely to see you »), même si là, l'épopée est bien trop grande et la poésie à fleur de pot pour échouer sur cette plage beaucoup trop ensoleillée. Peu importe le son du mur, c'est ma sous-pente qui a raison de moi. L'onde est confidentielle, le concept capiteux, l'objet précieux.

Il y avait bien le 45T « Nights in white satin » dans carrée familiale, comme partout ailleurs d'ailleurs. Gamin je mettais en boucle, subjugué du clavier et par le songe procuré. Je l'ai retrouvé bien plus tard avec le Barclay James Harvest et la belle pochette découpée de « Gone to Earth », je dis ça... Tiens, « Poor man's moody blues », je ne sais même pas s'il existe un lien officiel entre les deux, le son, celui de la guitare, du clavier et le romantisme.. tout y est, c'est certain. C'est en tout cas mon alibi du retour vers le groupe de Birmingham bien plus tard. « Never comes the Day » ressemble aux débuts des frères Gibb. Je dis ça...Plus précisément, la voûte penchée au dessus de ma platine chambarde tout, presque méconnaissable l'album. Ou alors c'est la pluie.

Tout se mélange à l'orée du délire mou, le rêve s’appesantit sur ma flemmardise, j'irai ramer sur les hautes herbes demain, elles sont trempées, une prairie pour un naufrage, le plus bel album des Moody pour mon tantôt abandonné. Et le chant léger de « Lazy day » qui n'en finit pas...... 

The Moody Blues 1969 « On the Threshold of a Dream » 

 


 




dimanche 17 mai 2026

Philip Selway 2023

 


 

La dernière pompeuse virée country aux deux doigts en forme de "V" du gars Ringo a éveillé en moi l'envie d'écouter un bel album d'un autre bateur en balade solo. Quelque chose de plus sérieux, travaillé, inspiré. Quelle taux d'influence de l'entité planétaire sur l'oeuvre en escapade ? Beatles sur Starr, Radiohead sur Selway. Les batteurs les moins aptes à poser sur les promontoirs des Lp de cette envergure ? La preuve que non. D'autant plus que les chansons ont été composées à la guitare ou sur un piano.

Depuis "Familial" il n'a cessé de sortir de belles choses. C'est sur son quatrième album que je m'étale depuis quelques jours. En lisant un gros bilan hors série sur le groupe, je me suis rapelé du grand plaisir à l'écoute de "Familial" en 2010. Sublime pochette, label de renom et grand étonnement quant à la capacité pour un bateur de sortir de telles chansons.

"Strange Dance" est un petit bijou de pop d'émotion, sublime et vaporeuse. Les couleurs déposées, la lumière installée, tout tend à la sensibilité à des quartiers entiers de The Smile. Organique et symphonique.. réveur.



Philip Selway 2023 "Strange Familial"


 

jeudi 30 avril 2026

The Bevis Frond 2026

 


Allez zouhh, on va pas se laisser abattre par les matins grincheux, un pavé bien trempé pour remettre les poils de la bête à l'heure. La pluie revient, va falloir des protéines aux oreilles pour pulser le sonotone. Un groupe que je n'ai pas suivi tant que ça et qui pourtant me botte la hanche à chaque écoute. « Best laid plans », tout est là. Et ça embraye, vitesse de croisière, ça défile gras, ça riffe sur la carrosserie, je suis accroché, je suis papy, je fais ce que je veux.

Y'a le chromosome rock psyché de power pop indé dans la caisse à vinyles et je frissonne à la Frank Black. On est chez les british pourtant la décapotable trace, les frissons ? C'est pas que ça, le son, le jeu, l'idée d'un vieux rock crasseux tout propre, inaltérablement inébranlable. Et pourtant ça branle dans l'air à poil.

Du pollen plein la tronche, des moustiques plein les dents, galure vissé et barbichette au vent, le poids des atrocités alentours me donne de la hauteur. La plainte des demis avant d'épouser la plinthe nous sauce, j'ai sorti mon côté animal de la boite à gants. La terre est craquelée, elle a bouffé toute la flotte tombée. La musique s'écoute par les racines et la brindille tangue. Sublime album opulent. Un peu comme d'hab .. dans mes souvenirs.

The Bevis Frond 2026 « Horrorful Heights » 

 



mardi 28 avril 2026

Barnill Brothers 2025


Un retour en Belgique, il y a toujours un petit groupe à dénicher par là-bas. Le temps est au beau fixe depuis quelques semaines, il faut bien brumiser quelques vagues à l'âme sous ce vent sec et poussiéreux. Pastorale est la pop, calfeutrées les mélodies, une blanche matinée persiste, c'est doux, on parle de Simon & Garfunkel par-ci, Everly Brother par-là, moi je me balade vers les Minor Majority.

C'est quand même bien emmitouflé de beauté, on ne se découvre pas au fil des chansons de « Shelter », leur deuxième album.Le soleil y va de son timide réveil, un peu la tronche en biais avec ce voile brumeux, et déjà une belle trouée vert d'eau fait chanter toutes les plumes. Pas loin, l'océan.

Barnill Brothers 2025 « Shelter » 


 

mercredi 22 avril 2026

La maison Tellier 2026

 


Frissons chaotiques, larmes heureuses, poils dressés et chants à l’unisson. Décidément « L’Usine à Chapeaux » bosse à me réconcilier avec le genre humain. Alexis HK, Matthieu Boogaerts et La Maison Tellier il y a quelques jours.

Le 03 avril, le jour de mes 57 est sorti le Manset 2026 donc. « La timidité des Arbres » aussi. Déjà ma place était prise. Manset, il en est question dans les paroles. La voix de Jean-Louis a résonné. Je m’évertue sans cesse à me flanquer d’une de ses chanson chaque jour. Lui qui chantait « Calexico », un groupe avec une trompette, comme les Delano. « Babel ». Tout coule de source, fait sens, tout est là. Je suis à flotter dans ce lit-là, depuis que mes émotions des belles chansons de par ici se portent sur des sincérités humaines et des paysages ordinaires à couper le souffle. Rien des émotions n’est laissé au hasard, la cohérence des cellules me travaillera jusqu’au bout. Panser les petites semaines.

« Atlas » a eu raison de moi, ce nouvel album ne déroge pas, ce groupe de faux-frères en sincère fraternité a assis définitivement son poids d’importance dans notre paysage musicale. Vital. Indispensable. Mes glandes lacrymales ont juté quand j’ai chanté. Quelques pintes plus tard, ils ont signé mon vinyle que je voulais ce jour-là, même s’il est sorti le jour de mes 57 comme le nouveau Manset. « Atlas », j’avais loupé toutes les scènes. Pas loin du grand parc, à l’Usine à Chapeaux, avec tous ces arbres qui se frôlent sans jamais s’embrancher, se gêner, juste s’appréhender, ou plutôt instinctivement se respecter simplement dans le grandiose et la dignité, je suis allé à la rencontre.

J’avais diffusé un billet en 2008, ils ne m’ont jamais quitté les frères Tellier, de la fugue en passant par l’avalanche. Ils ont une frangine dorénavant, Babeth en Tellier. Ils sont venus me cueillir juste à côté de chez moi, je suis rentré heureux, requinqué, je plane encore sous les houppiers et sur la canopée, avec eux, Jean-Louis et Manset.

La Maison Tellier 2026 « La Timidité des Arbres »


 





mardi 21 avril 2026

Penny Arcade 2026

 


Une féroce envie de balayer cette journée flanquée d'absurdité. Quitter les grandes voies et retrouver mes routes herbeuses toutes cabossées, petits îlots de graminées sur l'asphalte craquelé.

Un son chaud des temps reculés du grand Fleetwood ("Regrets"), j'ai tout laissé derrière, loin des grands disques révolutionnaires. J'ai marché un moment sur la départementale juste derrière chez moi. Il ne passe plus de voiture depuis quelques années ici. Ôtée du trafic, elle s'entortille plus haut dans la marée des colza. La douceur évidente de Penny Arcade est venue soigner. Marc Morvan habillé en Syd Barrett.

Tout a glissé mollement jusqu'à la nuit, quelques vérités se sont dessinées sur la tendresse des lumières, Penny Arcade n'a pas cessé de voltiger parmi les minuscules insectes fatigués.

Penny Arcade 2026 "Double Exposure"



jeudi 16 avril 2026

Joe Jackson 2026

 


 

Et bien, puisque nous sommes dans la pop rock joyeuse, j'embraye direct sur le dernier Joe Jackson. J'ai toujours zigzagué, dégustant son génie d'écriture sur quelques fulgurances, le son du piano, sa voix et les sursauts d'une chanson soudainement sublime. "Dave" de "Fool" 2019, exemple parfait.

Incroyable intro "Welcom to Burning-by-Sea" brûlot celte incendiaire.

Aucune précipitation pour moi ici, puis à l'écoute, toujours cette même interrogation, pourquoi je ne l'écoute pas si souvent que ça ? à force de chercher sans cesse des gris contemplatifs, j'en oublie le fauve de quelques palettes qui jutent. Je ne mettrai pas "Fabulous people" tous les matins, et c'est peut-être ce genre de refrain qui me fait souvent fuir. Et pourtant cet album respire l'épanouissement, la force facile d'une fidèle composition enlevée et relevée. "After all this time" le petit côté Santana. "Face" et ses petits pointes de jazz, le son est extraordinaire sur son énergie inébranlable. Pas de trève ici, les fans vont se régaler, moi je jubile.

Joe Jackson 2026 "Hope and Fury



 
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The Moody Blues 1969

    Le Poa des choses habite le vide, la marée d'herbes se pavane sous la pluie, «  Lazy da y » coule de partout. Grasses touffes de ra...