Il y a déjà dans les crédits un message de remerciements pour des fidélités, Didier Batard, Serge Perathoner, Patrice Marzin... avec des dates comme un calendrier des astres.
C'est une grande question de grande fidélité. Artiste de haute tenue.
Prévision vernale le 24 du mois d'avril pour toute la planète, il est sorti le 3 en physique, le jour de mes 57 branches, je l'ai appris le 2. Je l'ai pris pour moi, j'ai embrassé ce cadeau imprévu.
Le lendemain du 2 donc, j'ai respecté ma voix d’adolescent recroquevillé, âme introvertueuse de vides moments à observer les autres, dans leur vide à eux tout en dégustant le mien. J'y suis allé comme un athée ravagé par l'idée d'aller dans une église sans elle. J'ai ouvert à nouveau ce pavé abyssale « Cupidon de la nuit » pour m'immerger, et tenter de comprendre un peu plus qu'aux premières lectures. J'y suis, j'y est, immergé comme à l'époque, c'est un rituel. Il y a 40 ans, j'avais dans le dos les vinyles empruntés dans mon sac US kaki pour mes cassettes vierges. Il fallait alors les rendre. J'ai tout respecté, j'y suis allé comme revient chaque année le rouge-gorge taquin, fier et solitaire.
Il a donc laissé de côté ces épopées fantasques outre-cosmos marvélisées.
J'aurai mon mausolée, et tant qu'il se gonfle j'irai, quelque soit le contenu, le son et la voix me suffisent. Je découvrirai quelques morceaux de plus du mystère singulier, en 2870 je comprendrais. Adoration, théosophie ou juste grande affection ? Le jour de mes 57, un Manset est venu dans les bacs. Je l'ai pris pour moi, juste parce que j'en suis depuis des décennies. J'y suis allé. Ça me ferait bien chier de mourir sans eux et vice versa.
Gérard Manset « Je ne veux pas » 2026







