lundi 10 décembre 2018

Wings 71 : Wild Life



Le Platane est de la famille des grands arbres et peut vivre très longtemps, de plusieurs décennies à quelques siècles.
Son vaste houppier à cime puissante permet d'abriter la quintessence inspirée, tout comme les jeunes spartiates de l'antiquité grecque venant prendre force et puissance.
On aime à élaguer cet arbre vaillant, pourtant cette cruelle mutilation n'a jamais empêché sa grande omniprésence, l'attachement que nos yeux lui portent et surtout de garder sans cesse son admirable silhouette d'arbre libre. Qu'il longe nos départementales ou nos grands alignements urbains, qu'il soit royal dans nos parcs ou remarquable sur nos places, il est le ligneux de nos paysages permanent.

Il est l’arbre des ombres précieuses dans les pays chauds, là où l'on peut se réfugier pour composer par exemple, tenter quelques airs soutenus ou aériens portés par les ailes inspirées tranquillement à l'abri du brouhaha médiatique se réclamant des scarabées, qui n'est pas un hôte ubiquiste des platanes soit dit en passant.

Les orientaux utilisent son bois pour les charpentes et l'ébénisterie. Il est propre aux meilleurs ouvrages et les fût en sont lisses et élevés.
Son bois est rude et solide, et permet à quelques branches ancestrales de longer le sol sans craquer, pouvant jusqu'à supporter quatre individus de poids moyens, poètes ou ménestrels. Le marcottage est possible.

Son pollen, le Platanus s'adonne au vent du mois d'avril, ainsi ce beau granuleux tricoplé se dépose généreusement et féconde joyeusement à la belle saison.

Des rêveries de lycéens, moi j'avais la cour de marronniers et plus tard celle des platanes, ceux qui prennent les meurtrissures facilement, les cœurs au canif, ces troncs montagneux qui s'érigent devant nous et qui forcent au respect. Il va falloir revenir aux arbres un jour quelque soit nos opinions .. se prendre de passion pour les sauvages d'époque, ou les ornementaux d'aujourd'hui.
Pierre Lieutaghi sur cet arbre :
« ….. je garde encore une reconnaissance émue envers ces pâles compagnons d'infortune auxquels il n'était laissé que des bras tors et chétifs pour calmer, à chaque printemps, leur désir fou de frondaisons ».

Il est à peine deux ans moins le quart après les Beatles.. les humeurs s’apaisent, un autre groupe naît, un disque oublié le « Wild Life », le ciel est clair, la branche du platane supporte toujours autant d'histoire, une ancienne, une autre à venir, Yoko et Linda entrent dans la danse officiellement, il y a une idée d'arbres et de clairière. John au creux Plastic du corps de Yoko adossée à un autre arbre remarquable.. écorce rugueuse de chêne ?? « Dear friend » .. ils se sont peut être croisés en pleine forêt, entre 70 et 71 sans que les réseaux paparasitent les images, ne puissent choper la moindre once de douceur bravache, à l'ombre de ces ligneux magnifiques.

Et les Wings s'envoleront.


Wings 1971 « Wild Life » label : apple





vendredi 7 décembre 2018

Ensemble O : Elpmas/Moondog




C'est un peu le même principe, l'idée folle comme pour Fauré de faire revivre Moondog. Si Gabriel avait ses poètes, l'Ensemble O propose un livre d'art pour revisiter « Elpmas » 1992.
Vaste challenge d'idées fertiles à travers le contemporain des cordes, des marimbas, tribal et classique.. écouter observer pour imaginer créer en pensant à des mariages de textures.

C'est un opéra intime néo classique, une muse qui conjugue et développe des contrastes comme des octaves, des lumières comme des silences, de l'impressionnisme neuf comme chaque note nouvelle qui donne le ton, le dialecte, le rythme et la nuance.


En 1992, Louis Thomas Hardin découvre la possibilité de produire sa musique à l'aide d'ordinateurs. Aidé par Andi Toma des Mouse on Mars, il va utiliser ce pont artistique pour créer "Elpmas", le palindrome de Sample. Il a alors 76 ans, et découvre cet outil sans pour autant renier sa politique artistique, on le surnome aussi The Bridge. Tribal, moderne et contemporain, l'Ensemble O prend à eux ce grand travail de fanfare vocale cosmique qui avait à l'époque superposé à l'aide des boucles 144 voix.C'est sans machines cette fois-ci, avec de vrais instruments.
« Cosmic Meditation » est une voile stratosphérique intime de 25 min, recroquevillée au fin fond d'une nef à orgue, hypnotique, final en apothéose.


Chacun peut prendre Moondog à lui,  cet architecte sonore tridimensionnel, se laisser prendre par l'imagination d'un tableau sous l'influence de son travail. Ensemble O en propose une version, toiles et sons, un bel et précieux objet.



Ensemble O 2018 "Elpmas" label : ici d'ailleurs

mercredi 5 décembre 2018

Baum


Le transition est toute trouvée, un Bambi à la tète fleurissante. Cette musique là est du Baum au chœur, Mellano est un virtuose et fore au fil des années son génie musical aussi beau et haut que sa discrétion.

Ici, il prend Fauré à lui et le dépose sur quelques poètes des mots. Théophile Gauthier par exemple. Aux cordes Anne Gouverneur et Maëva Le Berre. Au piano Silmon Dalmais, le frère de Camille qui est d'ailleurs au chant, tout comme Dominique A, Katerine, Daho, Sandra N Kaké, De La Simone, JP Nataf..... autant de tètes fauves fleurissantes de ce Bambi sur fond crème qui rendent pop la poésie classique. Ainsi, de ce grouillement merveilleux sur lequel tout vient se percuter, la mélodie et le chant se déposent sur les feuilles dorées tombées au sol.
"Requiem" m'a pétrifié juste avant de me retrouver au bord de l'eau. Quant à l'"Automne", j'attends l'hiver pour pleurer plus encore. Il n'est pas idée ici je pense de vulgariser quoique ce soit, juste exprimer l'exigence des notes sur des mots, des rhizomes qui font bourgeonner n'importe quelle cellule vivant au creux de nos humus.Le spleen n'est pas une chose à prendre à la légère.

Olivier Mellano, je l'ai vu en 2007 sur scène à l'espace Soutine de Lèves, la tournée "Sur nos forces motrices". Avec Robert Le Magnifique il est Psykick Lyrikah, et Mobiil avec Gaël Desbois. Mellanoisescape disperse un peu plus le génie de cet artiste là, en attendant il est Baum et Fauré nous chante au cœur.





Baum 2018 « Ici-bas / Les mélodies de Fauré » label :




Notre amour est chose légère
Comme les parfums que le vent
Prend aux cimes de la fougère
Pour qu’on les respire en rêvant.
Notre amour est chose légère!
Notre amour est chose charmante,
Comme les chansons du matin
Où nul regret ne se lamente,
Où vibre un espoir incertain.
Notre amour est chose charmante!
Notre amour est chose sacrée
Comme les mystères des bois
Où tressaille une âme ignorée,
Où les silences ont des voix.
Notre amour est chose sacrée!
Notre amour est chose infinie,
Comme les chemins des couchants
Où la mer, aux cieux réunie,
S’endort sous les soleils penchants.
Notre amour est chose éternelle
Comme tout ce qu’un dieu vainqueur
A touché du feu de son aile,
Comme tout ce qui vient du coeur,
Notre amour est chose éternelle!

Paul-Armand Silvestre / Gabriel Fauré

samedi 1 décembre 2018

Michael Jackson 91



Inutile de vous dire que j'en ai bouffé du Bambi, bagnole, chaine, megaboom, et que j'en bouffe encore et même plus que jamais, à toutes les sauces, du small pif à la pelle et avec toutes les arborescences possibles, ce qui ouvre sur un monde sans fond, du bon son et de l'histoire. Pour moi au départ MJ c'était un Billie zombie sous les pas duquel les dalles s'allument, et une fois le jour levé devient un petit gars qui se roule dans le foin avec les McCartney. Y'avait aussi quelques clips à l'époque qui happaient autant les yeux que les oeilles. "Black or White" ou les 18 minutes de "Bad". Pourquoi "Bad" ça passe moins ?? je sais pas, peut être à cause de Chabat ;D

Il aura fallu qu'il disparaisse pour que la chambre de ma grande devienne un mausolée. La fan absolue, Jermain, LaToya, Tito et Janet font parti de la famille. Impossible à consoler fin juin 2009 j'ai dû communier avec elle avec mes glandes lacrymales. 

Du coup, en ayant maintes fois tout revisité j'ai pu me faire une opinion, cibler comme il se doit sur la musique et que la musique. "Thriller" est chose faite sur la planète comme une compilation intemporelle, moi Michael c'est"History", "Bad" ou "Dangerous". Mes chansons préférées de Micky (oui, on l'appelle comme ça dans la famille), c'est "Money", "DS" "Earth song" et "Jam". Du coup je me dis "Dangerous" est meilleur que "Bad" avant le grand "History". Et puis "Dangerous" est aussi, juste après "St Peppers", une pochette mythique. Une légende de cover et ça compte pour un disque, un monde en ébullition qui gronde dedans et je vous assure que le double vinyl est à ce titre un objet merveilleux. 
Par le biais de cette pochette digne des plus grandes de l'histoire des disques, tout comme la carrière de Michael Jackson, voici par ma grande l'histoire illustrée de cette image mythique, ce grand album.
Le monde se Michael se déroule sur ce disque, à plat sur ce recto fantastique. Moi j'aime l'importance historique d'un tel objet, rien au hasard, même si je me remettrais bien un petit "Say Say Say".

Il serait dommage de ne pas le faire partager.... moi Michael, c'est "Dangerous".

Préambule:
Mark Ryden se rattache au courant surréaliste américain. Il a un monde à lui, plongé dans l’univers déjanté de Walt Disney. Il puise son inspiration dans ses souvenirs d'enfance et crée des paysages enchantés aux couleurs pastels, peuplés d'enfants aux allures de poupées perverses, d'animaux aussi mignons que mutilés, et de monstres comiques ou terrifiants. Mark Ryden s’est d’abord fait connaître en illustrant quelques pochettes de disques stars « One hot minute des Red hot chili pepper. » ou une représentation de Katy Perry 
Créateur "baroque", il s'inspire de l'histoire américaine (notamment du personnage de LINCOLN) et de l'univers de la BD, annonçant un renouveau dans l'art populaire américain. Le monde de Ryden met en scène des personnages énigmatiques adorables, des paysages intemporels. Son travail s'oriente autour d'enfants, aux yeux grands ouverts parfois mélancoliques. Nous nous demandons parfois si ces êtres sont morts ou vivants. En effet, l'image de la mort est souvent présente. Il utilise aussi des symboles ésotériques (compréhensibles uniquement par l’initié) qui font partie intégrante de son travail. De plus, ces œuvres exposent un monde de conte de fée, mis en scène et sublimés par des encadrements personnalisés baroques pour chaque tableau. Cet artiste est aussi, très influencé par l'imagerie indienne, de la culture et des symboles de ce pays.
Grand technicien, Ryden utilise de nombreuses techniques picturales, le dessin traditionnel, la gouache, l'aérographe et la peinture à l'huile. Mélangeant les thèmes de la culture pop avec des techniques évocatrices des vieux maîtres de l'illustration enfantine du 19eme siècle, Mark Ryden a créé un style singulier  le "Surréalisme Pop".
Entre le "Néo-classique Baroque", le "Surréalisme Pop" et le "New Kitsch" un mélange homogène qui a un pouvoir attractif sur le visiteur. Pour la petite anecdote, l’écrivain Stephen KING est un fervent admirateur et collectionneur des œuvres de Mark Ryden.

La collaboration avec Michael Jackson pour sa pochette Dangerous n’est pas étonnante, tous les deux ont cette folie de l’irréel et de l’imaginaire. Ces deux artistes ont un grand intérêt pour le monde de l’enfance (chanson Childhood de Michael Jackson) et celui de Disney (Michael était fan de Walt Disney). Michael est très préoccupé par la mort, de “l'Après” et les différentes mises en scène de celle-ci par Ryden sont assez délurées et remises en cause. 
 
I- Analyse visuelle globale de l’image

Premier coup d’œil:
Au premier abord, cette image est intrigante et éveille la curiosité. Il y a un abondement d’éléments visuels, plutôt très détaillés et de très petite taille. Cette pochette me fait penser à un vrai tableau, les couleurs sont un peu ternies et le doré nous donne l’impression d’ornements.
Le premier élément le plus visible est les yeux de Michael, regard imposant, reconnaissable entre tous qui nous observe. Le blanc de ses yeux ressort de l’image et semble régner sur tous les autres éléments. Au niveau des couleurs, le fond noir fait ressortir les éléments multicolores. Les couleurs qui dominent sont le blanc/beige, le turquoise et le doré.
Cette image donne envie de s'attarder sur l’observation de chaque élément. Elle donne envie de se plonger à l’intérieur et de comprendre la signification de ces dessins. Nous découvrons alors un vrai monde imaginaire et intrigant. 
 
Interprétations:
Tout d’abord, nous avons l’impression que Michael porte un masque ou bien qu’il est derrière un décor et qu’il observe ce monde étrange. Il y a trois mondes différents: le décor coloré au premier plan, Michael au deuxième plan et le monde industriel et sombre en arrière-plan.
On pourrait interpréter cela de plusieurs manières :
Michael reste en retrait et observe le monde réel qui débloque totalement. Il n’a jamais supportait la méchanceté et la cruauté. Nous voyons l’absurdité: le globe à l’envers (le monde à l’envers), le couple royal avec des têtes d’animaux (les dirigeants du monde sont des “bêtes”) ou encore le manège qui transforme les animaux en squelettes (le train de la vie qui nous transforme).
Nous pouvons aussi dire que c’est lui qui a créé un monde de toute part et qu’il est “derrière” tout cela. Plusieurs éléments concernent la vie de Michael. Il y a la polémique de Michael qui avait un singe de compagnie (Bubbles), le squelette d'éléphant man, les manèges avec Neverland… Nous pouvons penser que c’est de l'autodérision et qu’il assume totalement le fait de manipuler les médias et de lancer les rumeurs qu’il souhaite. A plusieurs reprises, les médias l’ont surnommé “Jako le fou” (wako jako) et nous pouvons penser qu’il joue de cette image. Il est important de savoir que Michael est un vrai enfant et qu’il aime jouer en permanence.
Enfin, nous pouvons dire que tout ce décor coloré est une vision du monde assez joviale mais détraquée et qu’en réalité, nous vivons dans un monde sombre, pollué, industriel et triste. (Cœur avec les machines, l’industrie)
Nous pouvons faire des interprétations à l’infini car cette image est gorgée de secrets. 
 
II- Analyse détaillée des éléments

Nous pouvons séparer cette image en quatre blocs. Elle semble assez symétrique dans le placement des éléments. Cette pochette regorgeant de détails et de subtilités graphiques, une analyse exhaustive semble inutile et chronophage. Notamment dans la mesure où l'idée de Michael semble être celle d'intégrer des symboles forts dans un univers où tout n'est pas que symbole.

Premier bloc 1:
Le premier élément représente un trône avec un roi à tête de chien à l'allure de Napoléon. Cette représentation est typiquement une référence au tableau d’Ingres, Napoléon Ier sur le trône Impérial, de 1806. Peut-être que Michael a voulu montrer que les dirigeants, ceux qui ont le pouvoir sont des vrais “chiens”, des bêtes et qu’ils se prennent pour des dieux (GOD -> DOG)

Sous le roi, à droite, nous voyons une statue de femme qui a la même pose que le tableau de Botticelli, La Naissance de Vénus.


Michael et Mark Ryden avait un grand intérêt pour l’art et les grands classiques. Il y a de nombreuses références artistiques dans ce dessin.
De chaque côté des blocs gauche et droit, nous avons un éléphant sur un ballon géant avec un clown sur son dos. Il y a des ornements, un fond rouge étoilé qui rappelle le chapiteau du cirque. Cela représente typiquement une figure de cirque. Michael adorait particulièrement ce monde là. Il allait voir beaucoup de représentations avec sa famille. 
Tout à fait à gauche, nous apercevons un singe avec des cymbales. Le mythe dit que le claquement des cymbales provoque la mort. Cela renvoi au livre de Stephen King, Le singe, auteur que Michael adorait.
En bas de l’image, nous voyons un manège style “train fantôme”. Michael adorait les parcs d’attractions et les manèges (il a d’ailleurs son propre parc à Neverland). Michael allait beaucoup à Disneyland et il affectionnait particulièrement l’attraction “Pirates des caraïbes” d'où l’image de pirate à l’entrée.
Deuxième bloc 2:
Le deuxième élément est constitué de la même manière que le premier. Il y a la représentation du cirque avec l'éléphant au sommet puis une figure royale mais cette fois-ci féminine. En effet, nous avons une représentation d’une reine avec une tête d’oiseau. C’est Elizabeth II qui est représentée ici. Elle a la même posture que sur le portrait officiel de 1953, de la reine photographiée par Cécil Beaton.

Nous voyons sous la reine un mécanisme étrange. Cela représente deux êtres, un homme et une femme nus, enfermés dans une bulle. Nous pouvons penser à Adam et Eve privés de liberté. Cette image est un élément typique de l’œuvre de Jérôme Bosch, Le Jardin des délices. (Entre 1494 et 1505)

A gauche, nous apercevons un visage d’enfant moitié blanc, moitié noir. Michael a sans doute voulu représenter la tolérance des différences culturelles et le refus du racisme. L’enfant représente la pureté et l’absence de préjugés sur les gens et les différences. La fameuse chanson Black or White de cet album, illustre bien ce dessin.
Tout en bas de cet élément, nous apercevons la sortie du manège train fantôme. Nous voyons alors une représentation de Michael jeune mais avec un costume d’adulte. Nous pouvons penser que malgré son âge adulte, il a su garder son âme d’enfant grâce à l’attraction. Nous pouvons également comprendre que Michael n’a pas eu d’enfance et n’a pas pu profiter des manèges et de l’amusement. (Childhood)
Au-dessus de la sortie du manège, un œil est représenté. Il y a plusieurs significations à cela. En effet, nous connaissons ce symbole comme un signe de la théorie Illuminati (Théorie du complot et domination du monde). Nous pouvons penser aussi à l’œil de Dieu qui possède la connaissance ultime “qui voit tout et qui sait tout”. 
 


Troisième bloc 3:
Le troisième élément est le plus visible. Au sommet, nous voyons une tête de singe couronnée par des anges. Michael en avait un de compagnie nommé Bubbles,  qui avait beaucoup fait parler.
Ensuite, nous avons un encart blanc géant avec les inscriptions: MICHAEL JACKSON qui forme comme un masque autour de ses yeux. Le regard a une expression fixe, dure et il semble être assez sûr de lui.
En dessous, nous voyons différentes races d’animaux (représentées à l’infini) qui rapellent à l’arche de Noé. Un paon est représenté au-dessus des autres animaux. Le paon est l’animal préféré de Michael Jackson car c’est pour lui un symbole d’amour.
Le chiffre 9 est inscrit sur le front de l'éléphant. En numérologie, le chiffre 9 signifie l’accomplissement, la finalité d’une action. Ici nous pouvons parler d’un album mythique, une consécration voire l’apogée de Michael Jackson.


Quatrième bloc 4:
Le quatrième et dernier élément montre en son cœur, une route sombre qui mène à un monde effrayant, pollué et industrialisé. Nous voyons des machines, des tuyaux, des usines, des fumées toxiques et un globe à l’envers. Cela montre que pour lui le monde ne tourne pas rond et que tout est sans dessus-dessous. Nous pensons à l‘absurdité de l’Homme et à ses créations modernes et destructrices de l'environnement. En regardant de plus près, sur la route sont dessinés, des objets mortels (bombes, fusées, pistolets, têtes de mort…)
Michael a surement voulu dire que la mondialisation et l’industrialisation conduit à la mort de l’être humain.
L’inscription DANGEROUS, titre de l’’album, est suspendue au-dessus de cette route. Cette appellation est peut être une indication pour nous avertir que, entrer dans ce monde est un daner. Cette inscription semble être tenue par des colonnes ornées de masques au style inca.
Nous apercevons deux gros éléments de chaque côté de la route. Le premier est une main qui porte un enfant. La main est celle de Michael car nous voyons les trois sparadraps qu’il portait souvent aux doigts. Il y a des tâches dans sa main qui représentent les cinq continents ou bien cela rappelle aussi sa maladie de la peau : le vitiligo (dépigmentation de la peau).
Nous pouvons aussi interpréter que Michael peut contrôler le monde, qu’il a un pouvoir dans le monde de la musique par son succès planétaire. L’enfant symbolise la pureté et le squelette, la mort. Nous pouvons apercevoir le nom de RYDEN entre les dents du squelette.
Le second élément est un vieil homme du nom de PT Barnum, directeur de spectacles et de cirques américains dans le années 1800. C’est lui qui a mis en scène et popularisé un phénomène nommé Tom Thumb (Tom Pouce), un nain enfant. C’est d’ailleurs cette vedette qui est représentée en costume de Général sur sa tête. 

III- Analyse des éléments écrits et audio

L'omniprésence des éléments graphiques laisse peu de place aux éléments écrits. Toutefois, leur place minime leur donne un sens et une signification forts. Michael sait jouer et manipuler le monde en utilisant des signes afin de semer un mystère absolu.
Le texte:
Nous apercevons quatre éléments de texte dans ce dessin.
Le plus visible est l'inscription MICHAEL JACKSON dans l’espace supérieur de l’image. Cela me fait penser à une inscription d’affiche lumineuse de spectacle ou de cabaret des années 50s, 60s. L’écriture est simple et visible. Les lettres sont dorées et cela donne un effet noble. Nous pouvons penser que Michael revient en cette année 1991, avec un album imposant, comme son nom l’indique en haut de l’affiche. Nous pouvons penser qu’il annonce une tournée spectaculaire.
Ensuite, nous avons en dessous, dans la partie sombre de l’image l'inscription DANGEROUS en lettres marron/bordeaux. Cette couleur rappelle le cuivre des usines du monde industriel et pollué. Ces lettres sont comme une indication ou une mise en garde de la dangerosité de ce lieu. L’écriture est plus simple que la précédente et donne un air plus strict. Nous comprenons que Dangerous est le nom de ce nouvel opus et c’est aussi la dernière chanson des quatorze titres de l’album.
Enfin, deux autres textes en petites lettres et en latin sont inscrits de chaque côté. (Entrée et sortie du manège)
La numérologie:
Michael avait pour chiffre fétiche le 7. Dans cette pochette d’album nous avons plusieurs signes du chiffre 7. Le 7 est la perfection, le sacré. Le 7 est très souvent cité dans la Bible. (Les 7 trompettes de la Mort, les 7 jours de la Création, les 7 pêchés capitaux…)
Tout d’abord, le mot MICHAEL est composé de 7 lettres et JACKSON aussi.
Il y a un 7 sur le chapeau du nain. (en bas de l’image)
Michael portait toujours trois sparadraps à une seule main comme nous le montre le dessin en bas de l’image. Cela laissait 7 doigts de libres. De plus, il y a un 7 inscrit sur le poignet de cette main.
Tous les animaux nous font penser à l’arche de Noé qui devait emmener 7 couples d’animaux différents.

Le chiffre 9 est aussi présent. C’est le symbole de l’idéal, du savoir et de l’utopie.
Il y a un 9 sur le front de l’éléphant.
DANGEROUS possède 9 lettres.

Le nombre 1998
Sur le costume de PT Barnum il y a la date de 1998 qui accompagnait la signature de Michael depuis les années 80. qu’il avait 40 ans en 1998. 


Audio:
La première chanson de cet album commence par Jam (Rassemblement) qui parle des problèmes du monde et de la misère que personne ne veut arranger. Nous pouvons dire que Michael a voulu introduire cet album avec une chanson qui raconte l’image de la pochette. Tous ces êtres rassemblés, le monde entier présent, il veut montrer qu’ensemble on peut arranger les misères du monde.
La dernière chanson Dangerous clôture l’album et dans cette chanson on entend des bruits de machines d’usines comme si l’on se trouvait dans le monde sombre et pollué de la pochette. Michael aurait pu mettre en scène l’illustration de la pochette avec chaque chanson de l’album. Nous avons l'impression de faire un voyage magique dans le monde de Michael Jackson.

Si on allait plus loin…
Yann Moix a écrit un livre sur Michael Jackson dans lequel il donne son interprétation vis-à-vis de l’artiste. (« Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson ») Dans le chapitre 8 L’impédophilie, Yann Moix explique que les adultes regardent les pochettes d’album furtivement “mais que les enfants eux, sont capables de disséquer, d’observer pendant des heures, y revenant sans cesse, cherchant toujours de nouveaux détails”. Nous savons que Michael était un grand enfant et cette initiative de dessin enfantin n’est pas anodine.


Pour finir...

J’ai pu faire une analyse non exhaustive de cette œuvre mais j’ai réussi à livrer mes émotions.
Michael a voulu annoncer, en cette année 1991, un retour triomphant avec cet album et cette pochette marquante. Nous pouvons penser que Mark transmet par ce dessin la densité musicale de l’album.
J’ai pu faire plusieurs interprétations et observations, lors de cette analyse, que je n’avais pas eue auparavant. J’ai pu voir la densité des références artistiques classiques.
En effet, Mark et Michael ont tous deux une grande culture artistique et connaissent les grands classiques de la peinture. C’est pour cela que nous voyons beaucoup de références d’œuvres dans cette image.
Nous avons aussi l’impression que la pochette traverse le temps. Nous voyons Adam et Eve (Création du Monde), des os de dinosaures, des statuts de l’époque romaine, Napoléon 1er (1800), PT Barnum (1800), la révolution industrielle (1800), Elizabeth II (1900)... Nous avons aussi toutes sortes d’éléments architecturaux d’époques: l’art déco avec des ornements floraux, des colonnes romaines, des caryatides, des masques Incas, des vitraux, des dorures... La chanson Remember the time illustre bien ce voyage dans le temps.
Ensuite, Michael avait une grande fascination pour la religion et était lui-même témoin de Jéhovah. Cette image est truffée de signes et de connotations religieux (Adam et Eve, les anges du paradis, l’Arche de Noé... Il a toutefois renoncé à cette religion car il fut rejeté de la communauté à cause de son œuvre Thriller et du clip vidéo qui met en scène des morts vivants.
Cette illustration d’album parle de sujets graves (la mort, la pollution du monde, la puissance des dirigeants…) et de sujets plus légers (les manèges, les animaux, les enfants…). Michael était un artiste engagé et il se préoccupait beaucoup de la condition des enfants dans le monde (Heal the world), de la protection de la planète (Earth song) ou encore celle des animaux.
Enfin, Michael savait qu’il était très connu et apprécié du public, c’est pourquoi nous voyons dans cette image, plusieurs représentations ou incarnations de lui-même. 
 Charlotte

Michael Jackson 1991 "Dangerous" label : epic 

jeudi 29 novembre 2018

Feist 2007



Ce n'est pas avec ce disque là que Feist est entrée dans ma danse. C'est pourtant celui-ci qui me reste sur l'échine ces temps-ci. La réédition sûrement y est pour quelque chose, ou pas, aussi « The Reminder » revigore mes soirées.

Il y avait un collectif à l'origine, Broken Social Scene avec les tuiles Arts & Crafts canadiennes. « The Reminder » vient après un démarrage tonitruant, « Let it Die » en 2004, album parfait, la crème à se pavaner, et je m'y suis vautré volontiers.
Juste après le rose magnifique de « Pleasure » en 2017, la réédition de ce deuxième opus plus de dix ans auparavant resplendit dans son petit jazz pop et sa grande ballade luxuriante tout en gardant l'idée du groove virtuose sans pour autant ravager les plate-formes à ravager.

Il fait nuit depuis belle lurette, je me suis mis bien avec un bel album de Feist, son deuxième, un luxe resplendissant.

Feist 2007 « Reminder » label : arts & Crats



mercredi 28 novembre 2018

Marcel Kanche 2018/94



Aller chez le toubib comme on se rend à la police. C'est pas que de ma faute, j'ai sniffé du méthane oxydase en Touraine, de la nébulisation bleu fluo sur mes champs, me suis vautré dans le formaldéhyde d'Ikéa et autres colles à plinthe, le glyphosate dans ma betterave, je vais porter plainte. J'ai pris des clopes à une époque, mettez-moi les menottes doc, je vais tout dire, tout avouer, me gardez pas, j'ai rien fait, relâchez-moi. J’arrête la viande en promo si vous voulez, je mettrais un masque pour l’alliette la prochaine fois, je prends trop de bouillie bordelaise et j'aime humer les fumigatus de ma boite de pétri.. juillet 94 nous voulions notre premier enfant.
Oui, ça aussi je culpabilise, qu'ai-je fait.. pourquoi les ai-je posé ici bas, sur cette croûte terrestre en souffrance, dans cette bouillie urbaine nocive, tout comme mes plaines saturées de produits chimiques, comme les cigarettes que l'on fume..j'ai arrête je vous jure, détachez-moi.

Je prends mon ticket, je fais la queue, mon casier judiciaire à part quelques verres est rosé comme neige.

Lui en juillet 94 gravissait le Mont-De-Grange, la Cornette-De-Bise, Bruno Tocanne à la batterie et Fred Roudet au trouble souffle cuivré, cet album d'un autre temps est une perfection Kanche, le son qui le prend à la gorge, celui-là le sied à merveille. Des bandes perdues retrouvées, c'est abrasif, c'est beau et sombre, presque sans espoir. Faut que je parle de Kanche à mon toubib.


Marcel Kanche 2018 « Juillet 94 » label : 10h10 / l'autre distribution





lundi 26 novembre 2018

Bashung 2018



J'imagine « Bleu Pétrole » avec à la place de Cohen et Manset solitaire, les deux chansons viscérales de Dominique A.

« Seul le chien »... il y avait donc cette chanson là aussi, avec « Immortels ». Qu'est ce qu'elles auraient été belles là, calées, déposées, incrustées dans ce bleu fossile où tout repose.
Peureusement, confusément, je me cache derrière Dominique.

J'avale l'amont et je sombre.

Bashung 2018 « En Amont »

samedi 24 novembre 2018

Mark Knopfler 2018



Je sais ce que vous allez dire, Knopfler c'est de la petite bière, le mec il est parti comme on l'a pas venu venir, qu'on savait même pas qu'il était là, qu'un jour il a inondé MTV avec son groupe de fauch'man, que je vieillis des guibolles et qu'il me faut un truc pépère dans les oreilles pour ménager mes rotules, qu'il est même pas question que l'on parle de Swamp rock alors que le grand pape du genre vient de disparaître et que même faire allusion à JJ Cale est un poil déplacé, que c'est bateau, easy et grassouillé, patati et ….

Il s'en bat les cordes le Marko, sa discographie solo coule doucement le long de celle qui a fait son succès dans les années 80 et de ses musiques de films innombrables. Parallèles fantastiques, liberté pour lui de rouler sa bosse et du coup de sortir des petits bijoux sans que cela devienne vital. Libre à lui de venir déposer un grain de sel, une bouffée d'iode sur son jeu lent de swamp fast picking à lui qui vient frôler le littoral (« Drover's road ») comme sur chacun de ses albums.

Alors je sais ce que vous allez me dire.. moi ces temps-ci Mark Knopfler tourne inlassablement avec un plaisir sans précédent, parce que cet album là c'est l'explosion de ses talents, un cru exceptionnel, quelques styles se baladent, doux, chaloupés, c'est du 100% Knopfler dans toute sa splendeur.
J'ai une grande tendresse pour ce mec qui ne s'affiche jamais sur ses pochettes, je vous laisse avec « Nobody does that », il doit s'en foutre ce que l'on dit.

Mark Knopfler 2018 « Down the Road Wherever » label : british grove


mardi 20 novembre 2018

Gilberto Gil 2018



Janvier tombe sur ma plaine, froid trempé à lourds flocons, du gris à faire frissonner le jaune enflammé du Gingko Biloba.
Qu'à cela ne tienne, janvier tombera aussi sur ma platine, celui de Rio. On va pas se laisser miner par le calendrier déboussolé.
Gilberto Gil vient d'ajouter une pièce à sa monstrueuse discographie, une bouffée de chaleur en plus à notre novambrier.

Gilberto Gil 2018 « Ok ok ok » label ; biscoito fino

dimanche 18 novembre 2018

Anna Ternheim 2017/2018




Cancre en parité, avec un peu de recul, il faut bien avouer que je merde grave quant au partage des genres. Je n'ai pas d'explication, pas de défense, quoiqu'il en soit, je ne me force pas, la réalité de mes écoutes est telle. Peut-être à ma décharge, l'intensité d'une écoute n'est pas la même.. jamais je n'ai ressenti plus forte émotion sous les cordes graves d'Hildur Gudnadottir, Colleen ou encore Jessica Moss.
Au creux de mon hexagone, je ne trouve pas mon bonheur plus que ça, et mes étagères croulent sous la galette masculine, sur lesquelles viennent rayonner Sanson, Hardy... Carlotti, L, Keren Ann....
J'ai beau fouiller, même chez Tricatel par exemple, il n'y a qu'Helena et April.
Ni myso j'espère, macho pour rien au monde, je pense que c'est l'offre et la place proposée. Mes écoutes féminines se barrent souvent vers les States, le Portugal, le Québec, le made in England, la scandinavie....

Suis-je dévié à l'idée qu'une femme me chante ? Pourquoi ai-je dis « me » chante ? Kate Bush mon premier amour ? Artistiquement « amour » n'a pas grand chose à voir avec le féminin ou le masculin .. j'aime Michael Stipe et Bryan Ferry...autant que Anna ou Polly Jean, je suis pincé secrètement. « Show me the meaning of being lonely » et je chute lourdement, tout comme « Man of the world » de Green...par exemple.

Je l'ai joué un peu lège avec le dernier album d'Anna, j'ai boudé comme un vieux bougon. C'est pas qu'il est juste un poil en dessous, c'est moi, pourtant c'est pour le meilleur et le un peu moins meilleur les histoires d'amour artistique. J'ai merdé, il aurait fallu passer outre un léger coup de pâle dans mes yeux, les siens n'ont rien perdus de leur profondeur.
Je ne vous promets pas de régler mes lacunes en parité, il y a pourtant beaucoup de filles qui sont venues embellir mes pages. Ternheim et l''intensité est toujours là, un concert, un petit album ravageur, un Lp magnifique en plein milieu , le retour d'Anna Ternheim ou plutôt la belle continuité.  "Gifts of Chance" est un petit chef d'oeuvre.

 Elle a beau être une femme, je l'aime.

Anna Ternheim 2017 « All the way to Rio » / « Gifts of Changes » 
2018 "The Winter Tapes" label : universal


jeudi 15 novembre 2018

Salomé Leclerc 2018



Je la craignais depuis des semaines cette journée sans soleil, le court jour plombé de cendre qui tape sur le crâne. L'ennui du regard se perd dans le brouillard.
Une truc puissant d'émotion pour palier, des chansons pour s'étendre alors que tout s'éteint. Les villes s'allument avant le soir, « Des pûmes et des ombres » « à la fin de la saison les oiseaux déclinent ».

Pour des raisons différentes, comme avec son premier album, je me laisse embarquer sans résistance aucune par le nouveau Salomé Leclerc, touchant, grave et mélancolique.

Salomé Leclerc 2018 « Les Choses Extérieures » label : audiogram


mardi 13 novembre 2018

Alexis HK 2018



Le persistant tiendra tète au caduque, c'est écrit. Un son d'orgue entonne dans mon crâne.
Hier on fêtait la chair à canon centenaire, des âmes qui sont tombées, des corps qui chutent sans cesse, même sous les belles lumières d'une douce journée d'automne.

La branche de laurier aux feuilles cirées a chopé de justesse celle détachée du figuier. Depuis le temps que leurs racines à ces deux là se causent et s’entrelacent. Comme pour la soutenir, pour ne pas qu'elle tombe même si c'est cause perdue, la palme ficus tangue au creux des doigts du prunus qui persistera. Le vert bouteille n'a que faire du carotène.
Les hortensias pâlissent à peine, les cerisiers sont déjà à terre, de tout feu, tant de belles journées d'automne et la tranchée grondait comme la fosse des concerts, rien n’empêche les jours amers.

J'imagine mon fils partir à la guerre, ou une de mes filles se rendre à un concert. Je pense intensément à Georges Salines que je croise presque tous les jours à mon travail, le papa de Lola. J'ai beau contempler les couleurs du hêtre pleureur pourpre juste en face de son bureau et de notre cour, son grand regard est une vaste émotion dans la plus profonde des discrétions.
Pas une époque de répit, les premières exterminations remontent à l'homo sapiens. La leçon traîne la savate, le correctif est sans espoir. Comment les hommes deviennent-ils fous ?

C'est tellement doux une journée d'automne, la lumière hémoglobine ensoleille les arbres, embarque tout. « Le monde entier est en déroute », c'est pas demain la veille qu'il épousera la beauté. Pourtant tout est là, déposé à nos pieds de nos belles journées mordorées. Il suffit de cueillir, de prendre délicatement sous nos pas ce qui est là, de respirer ce qui est sous notre nez, caresser la mousse des monolithes, le lichen des troncs, et les arbres rougissent du sang des innocents. Peut être devant tout le monde nous sommes en face de nous même.

Les langues encore engourdies doucement se délient. Lavilliers « Vendredi 13 », Murat « Interroge la jument », et puis Alexis qui s'isole meurtri, recroquevillé chez lui pour discuter avec « Marianne » endolorie. Qui est cette femme triste ? Quelle douceur cette chanson, comme cette nouvelle belle journée d'automne. Quelle « douleur..... que rien n’efface ».

Alexis parle aussi de la vie sans lui sur terre, du cerisier dans le jardin de son père, des chasseurs c'est la saison, des haines quotidiennes, de la mal-bouffe et de l'endormissement des pensées, du chien qu'il aimerait avoir comme la fille à Pierrot même si on dit « de Pierrot », des trucs qu'on aimerait dire à son fiston et surtout de la solitude des gens... mais là, « loin des superstitions des vendredi 13 », nous sommes mardi et plein de grands yeux se voilent de larmes salines.

Alexis HK 2018 « Comme un Ours » label : la familia/ autre direction



C'était une belle journée pour un automne
La lumière avait la douceur de la madone
Attablé à l'autre café Marianne doute
Elle me dit que le monde entier est en déroute
J'aurais voulu te consoler
Te dire de ne pas te laisser aller
Quand tes grands yeux se sont voilés
De charbon et de larmes salés
Trouver les illusions et les intonations qui apaisent
Loin des superstitions qui reviennent chaque vendredi 13
Et puis nous nous sommes quittés dans un soupir
D'amitié qui depuis toujours nous fait sourire
L’après midi a déroulé des heures douces
Devant les terrasses bondées de bières rousses
Alors paris s'est enflammé attaqué par les loups égarés
Quand le chaos s'est invité et que la foule s'est mise à crier
Toutes nos illusions perdues en quelques secondes a peine
Consumé par le feu et les larmes des hommes qui saignent
Une douleur que rien n'efface qui nous mutile
Le sang des innocents les traces indélébiles
C'était une belle journée pour un automne
Oh Marianne s'est mise a pleuré comme madone

Paroliers : Alexis Djoshkounian