mardi 21 juillet 2026

Fruit Bats 2026

 


Hold-up. Il y a bien ce petit vert du maïs au beau milieu de cet ocre désert. Même le petit bois au fond est bleu lointain, comme une ombre en berne. Plus un rumex, l’armoise est éreintée et les chénopodes gris flétris. Toute la chlorophylle s'est volatilisée, le chalumeau est passé et la herse déjà mord sur un vieux quignon qui sent la poussière chaude. Mes plateaux Euréliens ressemblent à la Castilla y Leon.

Plus de vert alentour, plus rien qui jute, tout suffoque, le succulent dans d'autres contrées, la chaume à perte de vue a mangé tous les chemins. Et je rêve de collines où le tendre dégoulinerait sur les valons verts. Un chemin moelleux qui gicle, des herbes grasses qui caressent, l'odeur des graminées gorgées de chlorophylle sous de jolis bois qui chantent des airs frais de pop un peu désuète. "That goddamn sun".

Fruit Bats 2026 "The Landfill"


 

samedi 18 juillet 2026

Jon Spenser 2026

 


J'ai laissé mon cerveau et mon vélo au bercail avant de partir. Juste ma soif et quelques bouquins pour mon exil. Passé les régions pour le retour, la musique est revenue à la charge, comme un manque. J'ai bourriné, fait le tri, surfé sur les nouveautés pour trouver, pas des masses. Normal, on est fin août début juillet. Stones Purple sur la crête un poil en dessous du Paulo sur le sommet (oui j'ai remis ça en rentrant après Rubber), l'affaire est conclue. Bec au vent, truffe dans l'humus comme un sanglier, chibre à l’affût, en restant sur la nouveauté des anciens, je tombe sur une fidèle connaissance : Jon Spencer sans l'explosion. Branleur time.

L'explosion, la mienne fut l'ACME comme tant d'autres. Puis j'ai batifolé par intermittence chez Jon. Tu m'étonnes. Ici, pochette, son, chansons, "Songs of Personal Loss and Protest" vient gaver mon cartable de ma rentrée perso désorientée. Comment dire .. les précédents... mais celui-là. Est-ce le reste de mes cellules avides ou la faim de bouffer les chaumes calcinées sous des herses brûlantes ? Peu importe, rose et orange fluo sont venues sucer ma sueur houblonnée "Wet & wild". Demi-heure tonitruante, vite un Canadair. Ah nan, y'en a plus. Restriction d'eau ici, pauvre jet, trois gouttes sur le cranes suffisent, fontaine sur l'échine et les arcades, dedans on ne voit pas ce qui coule, et ça sourcille chez les écolo-woko-bobo. Un petit coup de Jon dans le Spencer, gros disque, gros bouillon, joint de culasse qui suffoque, il est temps de passer au moteur électrique, tant que l'on a Jon dans le poste, longeant les collines d'ajoncs sur les côtes de granit ou quelque part d'autre ailleurs.



Jon Spenser 2026 "Songs of Personnal Loss and Protest


".

jeudi 16 juillet 2026

Beatles 1965

Pensées acrimonieuses, je me terre dans l'humeur maussade. Je suis allé me poser quelques semaines au creux des landes plissées du Ribatejo. La fraîcheur des nuits battues par le grand vent Atlantique caressant les brûlures du jour.

Le gris des plaines beauceronnes s'abat à nouveau sur mes tempes, ciel voilé, fumées de chaumes, horizon troublé par le plomb du mercure, grosse fatigue de l'entre-temps, ce pivot menaçant, je suis happé. Repères en fuite, je suis débauché.

Là-bas la cigale, ici le bourdon. Quelle différence entre le cafard et le scarabée ? Le moral en berne, j'écoute un Beatles.



The Beatles 1965 "Rubber Soul"

dimanche 21 juin 2026

Graham Coxon 2026


Il a surfé sur la Waeve, amoureux comme par deux, il revient tout seul. J'ai eu l'impact Coxon, comme celui de Frusciante, des escapades solo à la limite du merveilleux. "Castle Park", la pureté, l'élégance que d'autres n'ont pas. L'élégance psychédélique hyper classe de "Isn't it funny".

Résurection ou pas, Coxon fait le tri. Des pépites dans le tamis. Beau comme du Pete Doherty en Normandie. On sifflote sur "Alright" en gambadant dans la campagne grillée par le lourd crachin solaire. De l'oubli des hautes écritures, c'est une dégustation sans pour autant que ce soit une surprise de sa part, "Happiness in Magazines"; "The Kiss of Morning"; "Crow Sit on Blood Tree"; "Love Travel at Illegal Speeds".... autant de voyage qui ne laisse aucun doute sur la pertinence fantastique du deuxième hémisphère céréblur.

Grahm Coxon 2026 "Castle Park


 

mardi 16 juin 2026

Jethro Tull 1984

 


Par le biais d’une bouderie d’époque, il faut que je vous cause une fois de plus d’un de mes chouchous permanents. 1984, ma tronche en biais de bougre bougon rejète tout en bloc, même ceux qui me tiennent à cœur et qui font de la "cague" à l’orée de cette décennie qui me pèse l’humeur, à l’époque. Sabordage général ?

Le seul 33T que je ne possède pas des Tull est ce « Under Wraps », même si j’y décèle quelques morceaux potentiels qui auraient eu une autre tronche 15 ans plus tôt. Ou plus tard. Un an avant, Ian Anderson sort son album solo, grosse chose de routine pour tous les groupes à l’époque, Waters, Hodsgson, Buckingham, Barry et Robin.. même si chaque album respectif m’enchantait comme enfant de divorcé avec deux fois plus de cadeaux. Pourquoi tant de rage ? Le son, toujours, même si une flûte ça ne se branche pas. Elle était bien la seule petite pauvre perdue à résister dans ce synthétisme organiqué.

Cet album, je l’avais loué en me promettant de ne jamais l’acheter, et là, à l’instant où je gratte ce billet, j’ai des frissons sur « European legagy ». Il faut dire que le mois dernier est sorti « Under Wraps (the Unwrapped Edition)", un walk into the light mixé par un Bruce Soord. Le son donc est totalement revisité, tout est plus clair et limpide, percutant avec voix réhaussée. « Later, that same evening » devient une tuerie urbaine et je danse avec les yeux qui piquent, comme si je venais de revoir une vieille copine que je trouvais bien moche à l’époque. IA, chirurgie, travaille sur la bande, penderie refaite à neuf ou autre tricherie, je me pencherai sur l’aspect technique une autre fois. Là, à l’heure où je gratte ce billet d'humeur, je redécouvre et me rabiboche.

Il y a quelques mois, comme j’ai le Tull dans le sang, je me suis refait « Stormwatch », « A », « The Broadsword and the Beats », les 3 albums 80’s qui viennent buter sur « Under Wraps ». Je ne les boudais pas autant, même s’ils ne sont pas dans mes écoutes récurentes. Et bien, quelques tics sonores écartés, je me suis replongé avec plaisir dans des vieux morceaux sublimes. « Claps » par exemple, et surtout la chialade des pores sur le sommet « Flying colours » (malgré le synthé quand même), mais ça n’engage que moi. Pas encore défiguré le son comme under je me suis dis… à l’époque. Bon, il subsiste quelques morceaux douteux, avec la flûte laissée de côté, mais l’écluse a lâché et je suis dispo à tout réécouter (« Paparazzi »..mon dieu..). Ça tombe bien, une nouvelle fois un coffret complet avec tout le travail réalisé avec live (assez dégueulasse du drum comme il se doit)…. D’époque. « Her love is strange », un vrai bonus, écarté !, quelle idée. L’album original est proposé avec le son authentique de la batterie, ainsi que l’album solo d’Anderson remixé par le même Soord.

Je n’aurai pas parié un copec sur la réédition de cet opus 84 dans le catalogue. Je pense n’être pas le seul à avoir boudé, les critiques acharnées, Terry Ellis le boss de Chrysalis le conchie, même des musiciens sauf le fidèle Barre. Il fallait usiner pour ne rien perdre. C’est fait. Désormais, ce groupe est total.

Jethro Tull 1984 "Under Wraps"




jeudi 11 juin 2026

Liz Lawrence 2026


Liz s’est débarrassée de toute tension sonore, elle a déposé un peu d’énergie à ses pieds pour laisser ses chansons épouser le ligneux. « Three legged dog » à nos pieds, dénudé de tout. J’ai laissé Aldous sur le côté, mon regard s’est éloigné du bruit général. J’ai vu Liz au loin entre les arbres et son petit refuge dans l’ombre épaisse des grands hêtres. La gravité de « Mt. Nephin », le métronome boisé de « Where did you go », la sublime envolée pop de « Black Ulysse », « Vespers » comme une oraison folk. J’ai quitté la foule, je suis allé reprendre haleine vers ces troncs lisses et grisés par des petits airs nylons.

Liz Lawrence 2026 « Vespers »


 

mardi 9 juin 2026

Thomas Dollbaume 2026


 

Si Jurado lasse, qu'on lui trouve un léger déficit dans les envergures, dans la hauteur de certaines couleurs sans pour autant l'oublier dans un coin, il y a "Birds of Paradise" qui vient de sortir.

Si Jason Molina manque, avec son électricité fleurie sur de beaux élans rock secs à peine crasseux, il y a Thomas Dollbaume qui vient de sortir "Birds of Paradise". Immédiatement cet album a confortablement clôturé mes impressions posées sur de solides fondations. Immédiatement tout a défilé dans une évidence brute tout en rattrapant en plein vol quelques petites maladresses authentiques qui ajoutent au charme. J'ai oscillé comme un Tremble en plein vent, musique argentée, soleil aveuglant. Le trait d'horizon porte de grosses masses cotonneuses de vert profond, juste au dessus, les nuages imitent dans des gris bleutés et la campagne défile sous le son américain de Thomas. Je n'irai pas jusqu'au village voisin, je vais juste faire le tour du grand bois et revenir écouter ça dans ma hutte. Pas trop de soucis à me faire s'il me vient l'envie de trouver un bon disque pour la soirée. C'est du tout cuit, bouclé d'avance, tellement de soirées bredouilles à patauger dans les opus pour dénicher une pépite. "Birds of Paradise", immanquablement.

Thomas Dollbaume 2026 "Birds of Paradise".


 

 

Fruit Bats 2026

  Hold-up. Il y a bien ce petit vert du maïs au beau milieu de cet ocre désert. Même le petit bois au fond est bleu lointain, comme une om...