jeudi 15 février 2018

Rhye 2018



A force de lâcher franchement les nouveautés pop moderne, on va imaginer tout comme Dracula s'adressant à Jugnot que « je ne t'aime plus Lepope ». Il faut dire que ça foisonne pas mal de ce côté là, tout azimut et je m'y perds un peu. J'ai trébuché sur Django Django, juste avant de tombé en petite extase sur Rhye.

Une légère chair de poule comme elle sur la pochette, (la même que sur « Woman » ?) a parcouru le disque. Un thème, une musique vachement bien foutue pour le corps. La voix de Milosh, comme un doux mélange Keren Ann et Bardi (Lady & Bird), est à la hauteur du tempo sensuel et mollement endiablé. Les idées sonores sont exquises et les notes tombent comme le goutte à goutte des branches gelée qui se réchauffent. La débâcle des enceintes. Perle de neige en eau ensoleillée, ça coule merveilleusement bien.

Laissez vous envahir par « Phoenix », le contagieux, le toxique, le Daftpunkien, le sommet.

Rhye 2018 « Blood » label : hostess entertainment unlimited

mardi 13 février 2018

Curtis Harding 2017



On sert les dents, on sort les disques, un d'entre eux aura eu raison de la boue quotidienne, petit remède à la merdasse qui colle aux grôles de cette journée bien grasse.
Tout se volatilise, la neige fond à vu d'œil. Un souffle chaud vient annoncer le retour du soleil, c'est une nouveauté et pourtant ça sonne Motown. Un album soul avec la belle particularité qu'il a été produit par Danger Mouse. Et ça se sent que c'est lui, le même son de basse, de batterie et d'orchestre que pour Rome avec Lippi.

Deuxième album, des pochettes qui se suivent, c'est chez Anti- et la neige fond, ou comment finir en beauté une journée dégueulasse.


Curtis Harding 2017 "Face Your Fears" label : ANTI-



lundi 12 février 2018

Les Valentins



Edith et Jean-Louis, la transition parfaite à la fantaisie de Bashung. La sphère de Daho, Darc Fontaine, Jacno et Thiéfaine. On pourrait appeler ça « au service de.. » et pourtant à eux ils ont trois albums et des demandes alentours.
Je ressors « Juke Box » avec ce bleu blanc rouge et des mines de fâcherie qui va mettre fin au duo. Fambuena et Pierrot, regardez leurs traces un peu partout, à travers cette famille de piédestal.
« Juke Box » justement, « Entre elle et moi ».. « Nos mères »... la même production que nos nuits quand nous mentons. Et puis l'album défile dans une harmonie imparable, simple, propre. Pas la place qu'ils auraient méritée, une à eux exclusivement, pour cet album surtout. Leurs empreintes sont ailleurs, éparses, marquées sans pour autant qu'on le sache.. mais il y a aussi « Juke Box ».

Allez, bientôt le 14, pas de fleuriste, ni bijouterie, un p'tit morceaux des Valentins.

Les Valentins 2001 « Juke Box » label : barclay

vendredi 9 février 2018

Bashung 98



Comment encore me placer sur cette fantaisie ? Toujours à chaque écoute je monte sur mes grands chevaux et traverse passionnément toute la surface hexagonale, à la recherche de ce qui se fait de mieux. « Fantaisie Militaire » s'est glissé sur un piédestal.

Torse immergé, les mains en cercueil, le dormeur du val, mort ou vif. Un soldat sans joie au milieu du vert kaki des lentilles. Squelette endormi, baies de balle rouge comme des blessures visées, ensommeillées. Homme blessé, naissance des eaux troubles, pâleur et corps flottant, Ophélie, Angora, « ..onde calme et noire où dorment les étoiles ..» … nénuphars célestes.


Avec Fauque deux ans d'écriture, un débit de mots pour n'en synthétiser que quelques phrases, les mots entre eux vont tant charger le noyau, cette matière noire vers où tout va. Belleville et des après midi entières à cogiter, les Valentins, une ferme en Sologne pour la mise en boite, Lamy, Mortier, Lederman, puis le studio Antenna avec Lamoot, le Grand Nicolas et le Duc de Guise pour la technique, le son, les machines et le Pro Tools, avant le studio Nomis de Londres et Caple/Edwards/Baker. Le château de Miraval. « Oncle Al » avec Racaille pour le studio Davout, et le Pierce Entertainment à la Burger..... et je me disperse dans le dédale technique et historique, mais je veux savoir.


Un fils asthmatique, l'architecture glaiseuse d'un couple, mensonges, séduction et héroïsme dans le cercle d'un cirque, soldat perdu, Walhalla, la Belle aux bois dormant jusqu'en 2043, la liberté dans l'enfermement qu'on s'inflige, Yasmina, Monica, les femmes sont la vie, ode à la féminité, des vies privées et le grand air de « Dehors ». Un militaire qui perd son sang froid, le commun des mortels à la limite du supportable, Colin et Chloé écument les jours, soldats perdus, « Sais-tu que la musique s'est tue – sais-tu qu'un salaud a bu – l'eau du nénuphar – l'honneur tu l'as perdu – sur ce lit de bataille ».. et que dire de « Mes prisons » ?..je ne respire plus, ce disque reste toujours aussi suffoquant et beau.
C'est sûr, la nuit on ment.

« Effet de serre – ma vie sous verre -s'avère ébréchée.... me poser sur la branche au risque de me trouver à l'étroit... »

Je ne sais plus trop où me mettre, je devine mon socle, je croyais « Bleu Pétrole » au dessus, et « L'Imprudence » absolue... je reviens sans cesse sur la « Fantaisie Militaire » comme on dissèque sa carte génétique, fouille son arbre généalogique, comme on finit par se recueillir sur notre irréel définitif.
Le dormeur du val qui dort, c'est peut être juste le disque littéraire qui restera au delà de pas mal de choses, presque de tout ce que je pense. Après un long processus de création, des lieux et des rencontres, "Fantaisie Militaire" est là.

Alain Bashung 1998 « Fantaisie Militaire » label : barclay




mercredi 7 février 2018

BJ Nilsen 2017



Palier à la sécheresse des tonnes de phrases, se charger du silence et marcher. Nous faisons parti intégrante de la nature, beaucoup plus qu'un simple légo d'un monde sociétal. Nous avons perdu toute appréhension de la biologie, la conscience du cosmos, le plaisir de s’arrêter quelques instants devant un arbre. Marcher, le génie de la balade, régénérer nos esprits en le plaçant exactement dans le paysage qui nous a fait. Renouer avec l'élément, la liberté intellectuelle et morale.
Des errances de Henry D.Thoreau, aux rêveries du promeneur solitaire de Rousseau, faire d'une marche un projet de reconstruction mentale, s'enivrer des contemplations, laisser la densité du silence imprégner nos tissus, sentir le calme ravissant et chavirer aux choses ordinaires.

« … je quittai peu à peu ces menues observations pour me livrer à l'impression non moins agréable mais plus touchante que faisait sur moi l'ensemble de tout cela. »

Eau rousse, descente, montagne, une excursion pour le cerveau avec BJ Nilsen. Je pars marcher pour écouter dans le silence les bruits du paysage.

BJ Nilsen 2017 « Massif Trophies » label : editions mego

dimanche 4 février 2018

Nils Frahm 2018



Je regarde Broderick et Frahm avec la même curiosité. Comme une gémellité artistique du néo-classique, leur carrières se longent. La même évolution.
Tout comme Broderick a développé un son, Frahm n'est plus qu'un piano, cuivres, voix et ici beaucoup de machine tendrement syncopées viennent étoffer son écriture. « All Melody » est une œuvre complète, avec quand même des interludes piano bien à lui avec ce son particulier du micro dans la caisse.

Similitude de travaux, sous le même toit, après Peter Broderick, Nils Frahm revient amplement. Le mercure chute, des musiques de quoi se cloîtrer dans une chambre aux vitres embuées, déguster cette musique de huis clos vaporeux.

Nils Frahm 2018 « All Melody » label : erased tapes

samedi 3 février 2018

DBUK



On m'avait prévenu, fallait pas prendre ce bateau, l'étroit pour le large exigu, le vaste rafiot de l'oncle John. Pas tant le bois de la coque qui fait que ça tient sur l'eau, mais sur quoi il flotte la nuit ce petit hémisphère de coquille de noix. Tout sauf de l'eau, nappe pétrole de brou pour glisser avec vers le fond, l'ongle jasmin coupé qui flotte aussi au dessus de l'eau, comme lui et moi, John sur son bateau.

Capitaine de suie, à travers les huit chansons, il n'a même pas vu que j'étais à bord, je crois qu'il ne sait pas non plus où la poupe va. Peu importe, l'accordéon guide, le Ukulélé aussi. J'ai mal à la carcasse, le vertige des profondeurs fossiles, le poumon de l'accordéon pousse à perdre haleine. Doucement vers le mur noir d'un huit clos océaniques, j'avance au son des rames, je suis sur le navire petit de l'oncle John et flotte au bruit des larmes.

J'ai beau visiter toutes les contrées de Jay Munly, du Broncos Fight Song et du Slim Cessna's Auto Club, rien ne me fera accoster et descendre du bateau de John, le tonton.

Ça flotte sur quoi ?? bière, bourbon, vin... telle ou telle coque ??

DBUK 2017 « Song one through eight » label : scac

mercredi 31 janvier 2018

Ensemble Economique 2017






A défaut de contempler la lune bleue, j'ai traversé le dédale de mon cerveau en plein paradoxe. Je me suis emmanché dans les tubes sonores expérimentaux de Brian Pyle sans voir que je partais à la vitesse d'un système nerveux éperonné à travers son architecture torturée, le liquide amniotique de ma tète.
Ni grise, ni rouge, ni bleue, pas de lune, juste la chape permanente de lait cendré qui postillonne, je me suis endormi avant l'éclaircie. Y'en a t-il eu ?

J'ai surement fait un voyage immergé crâne baissé pas piqué des mousquetons dans cette silhouette folle, le grand travail musical d'Ensemble Economique. Elle fut orange la lune, sur le ciel noir outremer de Denovali.


Ensemble Economique 2017 "In Silhouette" label : denovali



mardi 30 janvier 2018

Ignatus 2017



Transition de gris idéale, un gr-E parfait cuit à point. Fauteuil, pommier, chambre, solitude, précipice, Ignatus.. Tellement nous sommes dans une époque tant attendue, tellement anticipée avant, il faut voir comment ça se passe. Nous la voici, cette E-pok. Tellement on a voulu cette ère et de voir en fait ce qu'il en est.... L'E-spoir et l'E-coeurement, toute cette aigreur en l'E-coeur.

Pas tant que c'était mieux avant, quoique, on finit par s'y sentir bien dedans avec un peu de recul, des belles images percutent nos rétines mutées, ça dépend quoi et qu-E, mais les fléaux s'E-tendent et s'épanouissent. Tellement content de retrouver E-gnatus. Je me souviens du gazon tellement vert, il y a 20 ans..et puis le gris, tellement l'époque, et pourtant « L'air est différent » ….. à quoi sert de pleurer dans l'eau, ou de bouffer les miettes de déprime dans la barbe d'un Dieu, d'avoir un cœur de nouille dans un corps de bœuf....


Ce n'est pas un hasard, je feuillette les sublimes clichés de la « France abandonnée » de Sylvain MARGAINE et aussi un recueil sur les plantes des villes « Flore des friches urbaines » de MURATET, comme un espoir. En tapant « friche urbaine » sur un moteur chercheur, on tombe sur des E-mages fantastiques d'abandons comme une gueule de bois ou de béton, de constats gris d'une époque en friche. J'adore le nouvel album d'Ignatus (j'ai piqué ces images).

Va falloir trouver son chemin malgré toutes les tempêtes, grises, grise, gris gris, gr'E.. E-pok E-pok E-pok..comme un hoquet.

Ignatus 2017 « [e.pok] » label : ignatub






samedi 27 janvier 2018

Arthur H 2017



« Une inversion mélancolique », le gris colle au bulbe comme un acharnement, et pourtant cet opulent disque à la pochette cendrée vient tout balayer. Temps de chien, « Amour Chien Fou », Arthur H n'a de cesse de s'installer dans le meilleur. Bien longtemps que son monde à lui embellit quelques matinées de mon quotidien, spleen sensuel dedans, sans pour autant que le gris ne se fasse plus gris.

Il ouvre le bal d'une année qu'il va survoler à coup sûr, va falloir le détrôner ce chef d’œuvre d'écriture et de mise en son sublime.
J'ai un faible pour les doubles albums, rares par chez nous, celui là entre un gris clair et un gris foncé, va se poser sans hésitation parmi les plus beaux. J'aime aussi les collaborations, c'est avec Léonore Mercier qu'il a créé ce paisible voyage.

C'est un grand moment de musique, je prends d'un bloc abasourdi « Amour Chien Fou ».

Arthur H 2018 « Amour Chien Fou » label :


mercredi 24 janvier 2018

Johnny Hallyday ... l' IMPACT



 Une place chez Kif, un pro de l'la compile, pour ma triple à moi, influence 65/85 presque strictement.. des vinyles et des chansons à tomber je trouve. 

Un grand merci à lui ..ça se passe ICI



 


 

lundi 22 janvier 2018

Aaron Martin & Machinefabriek 2017



Ça tangue a n'en plus finir. La pluie rejoint la nappe des champs délavés, ma plaine comme la mangrove, marmelade chocolat.
Déluge sur le cerisier d'hiver en fleur, deux ou trois mouettes crient au dessus du muséum, c'est marée haute dans le bassin.
« Wings in the grass » l'averse en drone, « Arms turn slowly » comme le prunus subhirtella fleuri, « Leaves are swimming » je prends l'eau.

Cette deuxième collaboration entre Aaron Martin et Machinefabriek est un véritable bijou sonore. Paysagiste et architecte.... des cordes sur la machine.. « Close to dark ».

Aaron Martin & Machinefabriek 2017 « Seeker » label : dronarivm

vendredi 19 janvier 2018

Stefano Guzzetti



Vacarme de becs, étourdi par le bruit des étourneaux sansonnets grégaires qui dévorent en horde les graines mures des Sophora Japonica, je reste le cou cassé pour reluquer ces passereaux intra-muros à quelques semaines des nids. C'est un concert euphorique et hystérique, on dirait le déni des saisons et pourtant tout tend au gîte et déjà à peine la première lueur saisit, les becs courageux s'égosillent à souhait au jour pas né encore.

Tout tend au printemps, des signes, des indices, des preuves, je découvre les notes néoclassiques de Stefano Guzzetti, je suis un peu perdu au beau milieu de ses travaux, tout se mélange, son œuvre est une entité perdue.... « Waiting for Spring ».

Stefano Guzzetti 2016 « Waiting for spring » / « Leaf » label : p*dis / stella recordings


mardi 16 janvier 2018

Peter Broderick 2017



Peter Broderick s'est enrichi de mille talents, plusieurs cordes à son arc, ses disques sont devenus de belles épopées néoclassiques, guitare, piano, violon. Il a aussi appris à poser sa voix et de tout napper que quelque son électronique ambiant. Du coup, « All Together Again » est une œuvre complète, longue et contemplative à souhait.

Plein de couleurs sur sa palette, quelque soit la force des vents chacune de ses notes sont portées vers les lignes balayées. Le vent sait beaucoup de choses. Les insectes ne sont pas encore là, du coup il a décidé d'emmener avec lui la poussière dorée des ligneux sans fleur. Déjà les noisetiers se répandent. Les chatons se foutent pas mal de l'hiver le Corylus ouvre le bal.

La musique de Broderick est séminale, des couleurs fauves dans le gris qui tient à nous.
Un peu d'Eno (« Atlantic », « If i were a runway model ») en plus, des ondes de Kid A par moment (« Seeing things »), et beaucoup de l'écriture biologique de Peter Broderick, artiste incontournable du genre.

Peter Broderick 2017 « All Together Again » label : erased tapes



vendredi 12 janvier 2018

Neil Young 2017 suite






C'était y'a pas longtemps le « Hitchhiker », j'y étais, toute façon j'y suis toujours. Et ça dure et ça recommence, je ne m'en lasse pas, jamais blasé ou ennuyé, aucune raison d'aigreur ou de démission, deux nouvelles parutions et toujours du bon et du très bon, inédits, live ou nouveauté, forfait illimité.


Avec les Promise of Real du neuf, avec des anciens canassons ou pas du vieux aux alentours d'un plébiscite générale « On the Beach », 74 ça revient comme ça et ça flingue. En attendant les premières tiédeurs au mi-temps d'un hiver boueux, je savoure deux nouveautés, un viel inédit et un nouveau Neil Young & friends.

Neil Young & Promise of the Real 2017 "The Visitor"
Neil Young 2017/1974 "Homegrown"











mercredi 10 janvier 2018

Psychic Temple 2017



Tout était engagé pour être brûlé, la pochette, les couleurs, le nom du groupe, je m'attendais à quelques radiations frôlant le stooner psychédélique chanté par Jethro Tull. « IV » du Psychic Temple (Chris Schlarb) est en fait un doux voyage californien à travers le country-folk, avant-jazz et folk-soul. Easy cool, presque bucolique, la pensée paisible. Des paysages légèrement psychédéliques tout de même se posent sur la côte Ouest intemporelle. Ça plane en rêve sous un soleil moelleux, l'inconscient se trouble et on se laisse embarquer vers les contrées du Fleetwood 70's et du CSN voire du Fleet Foxes.

Psychique beaucoup plus que Psyché, un temple où l'on contemple les esprits zen flottant sur les collines à peine brûlantes de la Californie.

Psychic Temple 2017 « IV » label : joyful noise

lundi 8 janvier 2018

Bob Seger 2017



Je ne vois pas pourquoi Bob Seger ferait autre chose que du Bob Seger, surtout quand il s'agit comme ici de gros son bien lourd et mélodieux avec de belles balades piano comme il sait si bien envoyer.

Et je ne sais pas si c'est moi, mais je trouve celui-là un cran au dessus de ses dernières productions, batterie lourde et sèche, guitare en furie, orchestre philharmonique, et la voix qui tient le cap, l'allure, la puissance et le feutre.

Juste, il ne faut pas se fier à la pochette trompe l’œil. Ce n'est pas une énième compilation rare de ses débuts, « I Knew You When » est le nouveau gros gros disque de Bob Seger.

Bob Seger 2017 « I Knew You When » label : capitol

dimanche 7 janvier 2018




France.. Johnny.... Michel