jeudi 29 mars 2018

The Vaughan Brothers



Nile Rodgers a enregistré cet album, ce « Family Style » aux allures dramatiques. On connaît la carrière de Stevie Ray, un peu moins celle de Jimmie, pourtant c'est lui l’aîné qui a donné envie au cadet de prendre la gratte. Fender de frère, une histoire autour du blues dans toutes ces racines, même si lui, SRV, le mettra à sa sauce, blues rock façon Jimi, Rory ou Johnny.

Ici, il est question d'une récréation fraternelle, une pause gavée de plaisir au beau milieu final de la carrière de Stevie, pas que du blues-rock, un peu de tout avec, du funk, et même de la pop et des tubes potentiels « Tick tock » que les puristes ignoreront...
« Telephone song » se barre vers le cadet des soucis, et la jouissance troublante de « Baboom/Mama said » me laisse sans voix, avec son petit solo guitare Ronny Jordan made in « So what ». Une collaboration de racine qui ouvre un poil le jeu du mec à chapeau.

Le disque se termine sur « Brothers », la pochette est une merveille, les puristes râlerons, pas longtemps. Le prochain opus de Stevie Ray Vaughan sera une compilation superbe mais posthume..

« Family Style » n'avait pas pour douleur de rendre hommage, il était la véritable et naturelle rencontre des frérots, il ne restais qu'une seule place dans l'hélico.
Il n’empêche ce disque reste un moment très particulier dans la carrière du guitare hero qui a failli toucher des cordes l'absolu, comme un autre Jimi.
De ce virage discographique à la Stevie, il ne faut pas oublier celle de Jimmie, l’aîné des Vaughan qui un jour a donné envie à son petit frère de jouer de la gratte... « White Boots ».


The Vaughan Brothers 1990 « Family Style » label : CBS

mercredi 28 mars 2018

Freddie King 71



Pourquoi ce disque plus qu'un autre ? Juste pour la pochette qui vient exploser la ligne d'arrivée juste devant « Texas Cannonball » et « Woman across the river », la grande période Shelter records de Leon Russel qui héberge et participe à cette puissante trilogie du grand bluesman bâti à battre des grattes dans toute la splendeur, Freddie King.
Une compo de lui, du Russell et Don Nix sur quatre pistes, puis quelques standards en bonne et due forme pour faire honneur à sa place indispensable, influences derrière, influences devant, rien ne va plus, un noyau.

Il y a là un épicentre de légendes qui s'entrecroisent, la liste est longue, avant, après, il est juste question ici de déguster « Getting Ready » de Freddie King. Relectures, morceaux originaux, collaborations, une montagne, des principes, album indispensable à ranger tout près de « Hard again ».

Dimanche, c'était y'a pas longtemps, j'ai encore au palais le goût d'un album de blues dominical, pourquoi plus celui-là, la pochette vous dis-je.

Freddie King 1971 « Geting Ready » label : shelter

lundi 26 mars 2018

Mocke



Poésie déglinguée, jazz tarabiscoté, le voyage instrumental de Mocke est bien étrange. Lui, on le connaît bien, c'était la moitié de Holden ; l'ancien guitariste de Sylvain Vannot ; Arlt ; il est une autre moitié, celle de Midget ! Cette fois-ci. Avec « St-Homard », il a approfondi ses rêveries musicales, à la limite du petit cauchemar agréable. On avance en crabe sur une plage bleue, le zénith jaune orange retourne l'oeil.
15 saynètes bricolées délicieusement particulières, le psychédélisme rincé des rochers qui ont des yeux. D'ailleurs la pochette a freiné mon écoute, comme les murs ont des oreilles, « trois regards sur le malandrin », et pourtant ce disque est un voyage excitant et inquiétant.

Mocke 2016 « St-Homard » label : objet disque

mercredi 21 mars 2018

S.Carey 2018



Découvrir le nouvel album de S.Carey juste après celui de Jonathan Wilson est un parcours idéal, celui d'aller vers l'essentiel inconsciemment, tout comme nous aurions envie, d'une métropole propre en ébullition, d'aller vers la périphérie verte, histoire de se poser au pied d'un arbre remarquable, voire de fouiller dans une friche urbaine. « Hundred Acres » c'est « Rare Birds » sans la boite à rythme, une délicieuse pause folk fraîche et planante.

Le même quotidien, la même météo, la même humeur, mais pas le même moment de la journée, pas la même heure.

Je lis quelque part qu'il a été un jour éclairé par l'écoute de Bruce Hornby, James Taylor.. et.. Beach Boys.. découvrir S.Carey juste après Jonathan Wilson est une logique.


Ah j'oubliais, « Hundred Acres » sort chez Jagjaguwar... un endroit où j'aime aller, tout comme Bella Union.

Il fait glacial encore, même les merles au levé du jour ont le gosier congelé.. un bon hiver, et un bon S.Carey pour la peine:D

S.Carey 2048 « Hundred Acres » label : Jagjaguwar

lundi 19 mars 2018

Jonathan Wilson 2018



Ça plane sec cette pop moderne au son succulent. Dans l'esprit de War on Drugs (« Over the midnight ») un poil moins rock, ou Father John Misty un peu plus prog, Fleet Foxes en moins country, « Rare Birds » tient là une solide virée musicale digne de la pochette.
« Trafalgar square » introduit l'album et l'on se retrouve accroché sur le dos du cochon du Floyd animal sous les voix fantomatique du CSN.

Une famille artistique mollement psychédélique pleine de références, ce grand objet au très bel habit est une nouvelle fois la réussite d'une discographie exponentielle.
Dans la famille Wilson, je demande Jonathan le "californien", vaguement flottant entre Brian et Steven. Pourtant malgré l 'idée du mélange, comme Steven, il est de la coté Est.

J'allais oublier la signature imparable, Bella Union.

Jonathan Wilson 2018 « Rare Birds » label : bella Union

mercredi 14 mars 2018

Eric Clapton 86




On a dit pas les fringues…. 
..Bon, je sens là venir quelques regards sanguins, lance-pierres, sulfateuse ou batte à rotules, je sais, moi aussi il m’a posé de gros soucis ce disque 80’s d'un bluesman, bon me disais-je, de toute façon y’a pire, « Behind the Sun ». Le gars, God, il sortait d’une décennie que les puristes lui reprochaient « molle », de « 461 Ocean Boulevard » à « Money and Cigarettes » en gros.
C’est sûr, j’imagine le gamin qui découvre Clapton avec cet album, la meuf qui pose cette voix et ce son pour la première fois sur la platine, le curieux qui s’ouvre sur ce monde avec « August » et qui découvre le reste après.

Nous sommes en 1986, et l’avantage des piliers du rock, c’est qu’ils ont essuyé pas mal de périodes et qu’ils peuvent se permettre quelques incartades. D’autant plus que cette tendance ravageuse au changement d’univers est chose courante dans les 80’s et a défigurée tout ce qui existait déjà.
Je me suis réconcilié avec Phil Collins, étape obligatoire pour digérer cet album, c'est surement le fait de m’être immergé à travers son autobiographie, fascinante, étouffante, passionnante. 
Sa carrière solo ne quitte pas les sommets, au contraire, c’est sa période « No Jacket Required » et c'est le top commercial pour Genesis avec « Invisible Touch ». Retour à Clapton, après l’échec  cuisant de « Behind the Sun » et la méchante moue de la major, l’accusé est tout trouvé, c’est le producteur/batteur. Pourtant c’est à lui que Clapton fait appel pour « August », tout y est, les synthés à tout va, les cuivres Earth Wind and Fire, et la batterie tellement marqué du petit gars de l’Ouest de Londres, qu’on a du mal à l'extraire du studio d'enregistrement.  Il faut dire qu’il a inventé un son, il est palpable et bien taillé ici pour cette envergure pop-rock.  « Bad influence ».. tout est dit ? L’influence certes, mais le bad pas tant que ça, du moins pour la carrière de Slowhand qui se réveille d’un seul coup. 
Cet opus deviendra une de ses meilleures ventes. 
 
Pour les fans, les puristes, c’est autre chose. Combien de fois ai-je pesté jusqu'à maintenant. « August » est d’époque, énergique, positif, ensoleillé, la légende vivante tire un trait sur les solos  guitares endiablés, sauf sur le sommet « Miss you ».  Clapton écrit pas mal sur ce disque, « Hold on » de Collins himself, Tina Turner en invitée, des compos crâneuses et efficaces…  et même si j’imagine ce matériel réenregistré en acoustique ou avec un son 70’s, voire d’aujourd’hui, j’écoute « August » avec de la tolérance, « whoahh merde, il est bon quand même.. fait chier.. jle remets». 
Lire de belles choses et quelques vérités sur la musique de Collins me fait revenir sur des préjugés, réconciliation, lui et les autres, avec « August » en tout cas.. on verra plus tard pour « Behind the Sun ».
« August »..grand disque ?? Oui, et  non ..on a dit pas les fringues.
Eric Clapton 1986 « August » label : duck









mardi 13 mars 2018

La Goutte 2018



Qu'est ce qu'il s'est passé autour de nous pour qu'on en arrive à tout ça.. « c'est pas ça qu'on rêvé, il est toujours tant d'y aller.. » si c'est pas Orelsan c'est Vianney.

Advienne que pourra, j'aime de plus en plus le petit bonheur la chance... on ne s'accepte plus comme on est, l'autre comme il est, malaxe, malaxe. Je crois bien que je ne pense pas assez à moi, j'aimerai bien me prendre soin. « Je crois bien que je ne viendrai pas », que ça je ne vais pas le faire, n'y m'en arranger, je vais sûrement rester là, je reste là, je ne bouge pas, je vais laisser de côté et ne pas venir. Je vais me poser près de moi, ne rien faire, refuser tout ce que je n'ai pas envie d'accepter. Je vais me figer dans mes souterrains magnifiques des beaux disques de par ici quitte à me morfondre dans cette délicieuse nostalgie d'une envie d'ailleurs, là où je n'irai pas.

Dix ans déjà La Goutte, tremplin internaute et une vitrine qui s’agrandit. Troisième album qui a du chien, du Brel (« Par dessus bord »), du Feu! Chatterton (« Funambuliste »), un peu de Jesenska, Higelin (« Kaput ») ou Fugain, une danse folle de chansons très addictives, des morceaux de quotidiens tout à nous.

La Goutte 2018 « Advienne que pourra » label : l'autre distribution

samedi 10 mars 2018

Dominique A 2018



C'est la fête à la chanson française ce week end, celle que l'on prends et qu'on s'invente, pas celle qu'on nous impose. C'est une fin de semaine frenchie noyé dans les nouveautés. D'un bloque je prends tout ce qui me parle et je me noie, je sélectionne et m'immerge, untel là, ici, eux, d'autres, un tourbillon de mots sur de belles mélodies, deux jours trop courts pour tout boire à m'en faire tourner la tète, répondre tour à tour à cette folle danse de par ici...

….la douce promenade sur La Meuse de L, la grande promesse des Feu ! Chatterton, le confort bluesy de Bill Deraime tout comme la douce proximité blues de Jacques-Emile Deschamps (merci mon Pap's) , la pop tendre efficace et colorée de Barbagallo, un Ange passe, la belle petite intimité de Frédéric Bobin, un petit retour sur l'immense « Amour Chien Fou » du H, et la grande découverte de l'excellent album de La Goutte, tellement de talent chez ces Lillois.

La Goutte, « Advienne que Pourra », album du week end, s'il n'y avait pas eu cette latitude inébranlable qui tue tout, embarque sur son passage tout ce qu'on a besoin de laisser embarquer.
Il faudra que je revienne sur La Goutte, ce magnifique cadeau (remerci Pap's), ce week end, Dominique A domine biologiquement, contrôle, loin de moi l'idée d'une concurrence, de remettre un prix virtuel, il faut bien une locomotive pour que ces deux jours de musique de par ici batte la campagne, fuse et traverse tous ces beaux paysages de par chez moi.
Je ne sais plus où donner de la tète, tellement de belles choses, une chose est sûre, « Toute Latitude » en point de fuite.

Dominque A 2018 « Toute Latitude » label : cinq7
L « Chansons »
La Goutte « Advienne que Pourra »
Bill Deraime « Nouvel Horizon »
Feu ! Chatterton « L'oiseleur »
Frédéric Bobin « Les Larmes d'or »
Jacques Emile Deshamps & Tharma Spirit 2016 « Prophéties Ordinaires »
Barbagallo « Danse dans les Ailleurs »
Ange « Heureux »












mercredi 7 mars 2018

Shame






Mince, l’histoire ne sert à rien, aucune leçon du passé tirée des catastrophes, pas d’action corrective des anciennes douleurs. Sans cesse comme le cycle et le ressac la bêtise humaine revient. Quasiment 50 ans s’est écoulé, et des anglais joufflus pareils parodient, rendent hommage, ou moquent alors leurs grand parents californiens. Ils n’ont pas la plage, ils n’auront pas les biquettes.

Clin d’œil ovin, ils s’exposent eux aussi au ridicule primesautier avec dans les bras la descendance des sus scrofa, porcins suidés en berceuse rock suicidé, l'amour est dans le prépuce, on s’attend au pire.
J’aimais pourtant bien Dead Ocean.. mais là, un label et des labours pour surfeur…
Et le pire est dedans, un  autre pet sonore, une autre saturation, ils sont 5 eux aussi,  pas de plage, pas de soleil, Dü coup y’a du punk sur la vague grise et ça hurle comme des cochons, ça glisse, ça entrelarde … Shame , ça ne s’arrêtera jamais… Help…... ;D


Shame 2018 «  Songs of Praise » label : dead ocean

mardi 6 mars 2018

Belle & Sebastian 2018




Une belle boite de petites friandises de pop romantique made in England réunissant trois nouveaux Eps, comme à leur en 1997, c’est le nouvel objet des fidèles Belle & Sebastian.
Réunir des courts métrages est un exercice qu’ils affectionnent à merveille et si la pochette du Lp n’est plus monochrome comme c’est le cas depuis 20 ans, la musique elle est toujours aussi légère et printanière. Mélodies et poésie renforcées, ce douzième album gracieux est suspendu au ciel tempéré, du gris certes, mais beaucoup d'éclaircies.  

Belle & Sébastian 2018 « How to Slove our Human Problems » label : beggars/matador


vendredi 2 mars 2018

The Limiñanas 2018



On braque total et vire toute, si la promesse du printemps cingle le jour nouveau, le Velvet peut traverser la Manche. Pourtant cette musique là, par ici, on en disait d'elle une autre paire.
J'avais crié à l'Ultra Orange il y a quelques temps et ça tombe bien, Emmanuelle Seigner est ici aussi et plein d'autres invités, Peter Hook, Anton Newcombe ou l'improbable Bertrand Belin...

The Limiñanas, j'ai fondu sur le premier, je crame sur ce dernier.


jeudi 1 mars 2018

Danish String Quartet 2017



Allez un petit dernier, là pour le coup, on se rapproche un peu plus du classique, mais avec du celtique. Les trois violons et le violoncelle sont iodés à souhait. Sauf que voilà, il est possible ici de se retrouver à quelques landes du littoral, plaines dénudées, Brière et bras de mer, marécages. De toute façon, la mer n'est pas loin. Aucune frontière, jamais.

Cet album des Danish String Quartet est absolument matinal.

10°c à la hausse en quelques heures, « Last Leaf » chante la douce et belle lutte du printemps contre l'hiver qui traîne la savate.

Danish String Quartet 2017 « Last Leaf » label : ECM