lundi 27 novembre 2017

Murat 17



J'ai rêvé la nuit dernière qu'un cousin jaune avait muté avec un moustique rouge. Les fines pattes du Tipula maxima venaient juste de s'acquérir d'une immense trompe à sucer le sang de tous, à son échelle, c'est-à-dire pas loin d'un ou deux centimètres de pompe à sang. Entre mes murs violacés de cobalt, je faisait don de mes globules sous le son trouble de Muragostang qui distillait dans mes veines un remède aux attaques sanguinaires des longues seringues. J'étais nu dans la crevasse à me débattre comme l'insecte vampire.
C'est pas que j'aime pas les piqûres, juste le moustique pour moi est un fléau.. hématophage, il ne sert à rien dans la chaîne bio, sauf donner à becqueter au oiseaux ce qui est déjà beaucoup finalement. Bref, la canicule d'octobre a donné de faux espoirs aux insectes volants, y'en a même qui se bandent un membre de ouf pour saigner les terriens. Hier encore, le mercure de novembre marquait un franc 14°c tout près de ma Voise du Val de Loire et de mon fitou chambré à boire.

Risque artistique, Daho 17 ou Sheller Albion, il y aura dorénavant Murat N89. Contrairement à « Blitz », il va falloir que je fasse abstraction de la pochette. Et pourtant, jaune et rouge avec du noir et du blanc, on peut le ranger tout près de la pochette « Lilith » avec en couve un de ses autoportraits. « Le dragon a cent visages » en 2003. « Travaux sur la N89 » est pour moi l'album idéal pour mettre en son ses 100 autoportraits bariolés d'alors, beaucoup plus que les 23 chansons définitivement sublimes de « Lilih ». Cohérence décalée, un monstre de liberté, un nouvel album de JL Murat atypique ou pas.La forme bouleversée, moi non plus je n'aime pas le travail.

Il est question d'une mise en danger artistique ces jours-ci, tellement rare par ici, dragon, cent visages, tipula moustique suceur, cerveau dispersé en réveil revigorant, je suis déjà bien attaqué par le désordre rassurant de la N89 en branle, je sais pas où je vais, dans quel rêve tarabiscoté. Cette artère qui traverse tous les axes principaux Nord/Sud dont parle le plus, Murat n'a jamais roulé dans le même sens que les autres.

« Morituri » est une pépite, pourtant commercialement moyen, absence de tournée imposée, on en démordra pas avec les grands artistes irréversibles de par chez nous, pas maudits mais presque, ça fait parti du jeu, on les aimes comme ça, juste nous, moi et mon envie de les voir tout le temps et le plus possible chanter et œuvrer quoiqu'il arrive. Et tout ce qui arrive d'eux est bien. L 'expérimental « Muragostang » est un double live merveilleux. C'est pas pour me persuader ou flinguer mon porte à faux, j'ai beaucoup aimer N89 de JL Murat. Le danger ultime et rassurant de quelques artistes de par chez nous, une nuit avec des mutants , la tète en friche, le cortex en travaux, sur la route avec Murat N89.


JL Murat 2017 « Travaux sur la N89 » label : pias le label







12 commentaires:

Devant Hantoss a dit…

En tout cas la première écoute, si tu fais l'effort d'oublier Murat (pas facile, la voix) il y a ici un disque à réécouter... pour sûr

Keith Michards a dit…

Très électro comme disque !
D'abord plutôt abrupt, faut s'accrocher… mais que ne ferait-on pas pour les beaux yeux de Murat !!! :-)

charlu a dit…

100% electro, un gros délire, route cabossée avec de la mousse dessus. Au début je pensais que je lui tolérais tout, pis finalement j'ai pris l'album pour ce qu'il était.

Devant Hantoss a dit…

J'ajoute, après d'autres écoutes, croisées avec Daho (j'aime faire ça, intercaler deux disques), que cet album me fait penser à des albums de Bowie, une production surprenante mais sans trop d'effort la patte de l'auteur apparaît et même domine tellement qu'on ne comprend plus sa première impression trompeuse. Le Murat, pareil.
C'est du Murat tout plein. mais je crois être sous le charme de son chant.
Murat? A quand le bottin, dépêche la version papier va cesser d'exister!!

charlu a dit…

Je pense qu'il a bien bossé le Daho derrière ce mur du son hyper contrôlé .. qd je parle d'Arnold Layne (qu'il a déjà repris), je la sens presque pareil mais d'une autre époque avec cette production très léchée. Ceci dit, moi j'aime bien les grosse prod de temps en temps; le gros boulot studio qui rend bien. Le live permanent je vais le chercher du côté N Young par exemple.

Pour Murat j'ai entendu qqpart qu'il y avait du Wyatt.. j'ai entendu mais je me souviens plus quel morceau.. faut dire qu'il est concept et que les repères se sont barrés.. je l'écoute comme une seule pièce. Moi ça me va un peu d'électro de temps en temps chez lui.. je suis un grand fan de Dolores

Alexandre G a dit…

J'adore cette electro un peu folle, dans les textures ça me rappelle l'excellent album Babylon by car des frenchy de Bot'ox, électro et rock dans le sens Bowie période Eno comme ça a été justement évoqué ci-dessus.
Et un autre classique sous-estimé de la chanson française sur lequel je vais pas me faire que des amis : Super Welter de Raphaël. Produit par la moitié de the shoes. si y'a bien un domaine sur lequel on concurrence tout le monde c'est l'électronique mélancolique dans tout son spectre, du plus hédoniste au plus dark.
Bref, les premieres écoutes me plaisent bien !!

Devant Hantoss a dit…

@charlu C'est dans MAGIC quand le chroniqueur se demandait pourquoi COLTRANE. Ensuite il écrit que c'est beau comme du Coltrane ... Hum ... mais pour Wyatt, OK pourquoi pas

charlu a dit…

Dev je te redis l'endroit exact sur lequel j'ai posé bim le truc Wyatt. Tu me parles de Coltrane et j'ai lu en parallèle de Magic le R'n'F Daho et dedans y'a mon mentor absolu côté cinoche qui est un grand amateur de jazz et qui dit qu'il a arrêté le jazz qd est apparu Coltrane.. mais c'est Blier.

Me souviens Alex qu'on avait parlé de Bot'Ox, ce superbe disque "Sans dormir" from Nantes.. du coup je vais compléter avec ce Babylon.. alors je me souviens pas d'avoir parlé de Raphael avec toi... c'est quoi son nom de famille ?? ah oui le chouchou de Manset .. ok chiche j'essaye.

Audrey Songeval a dit…

Murat expérimente effectivement, mais bon... On dirait des expérimentations d'il y a 15 ou 20 ans. On dirait plus un artiste qui s'amuse, que de l’expérimentation. Je trouve finalement le cadre assez défini et convenu. On est pas chez Bowie quand même. Même si c'est le même prénom, on dirait plus du David Sylvian qui aurait appris à sourire...
Mais en soi, c'est bien qu'il cherche encore à se renouveler.

Tu parles de Lilith, j'avoue que j'ai du mal à plonger dedans; Je crois que c'est avec lui que j'ai un peu laché Murat. Je ne dis pas qu'il est pas bon d'ailleurs, je dis juste que je ne lui ai pas assez consécré dedans. J'voudrais juste savoir s'il le mérite... Parce que Murat, à pat Mustango que j'aime bien revisiter régulièrement, je me rends compte que ces dernières années, je me contente d'écouter "le dernier Murat" plus que du Murat... et que chacun ne tienne pas une grande place dans ma tête.

charlu a dit…

Mais oui David Sylvian.. j'y ai pensé un petit peu, le Blemish magnifique de Sylvian, son chef d'oeuvre de mon chevet. Et j'ai aussi entendu un peu de Tellier.. en plus du Wyatt.. bref un peu de qqpart à lui ponctuellement même si je suis pas sûr que c'est sa volonté à lui.
Ceci dit, pas très envie de voir Sylvian sourire.

"Tristan" "Le moujik.." "Le cours ordinaire.." "Toboggan", le live Acacia c'est d'la soupe??? je comprends ton arrêt net sur "Lilith", le chef d’œuvre double indétrônable de par ici dont on reparlera un jour, avec le recul. Je sais pas ce qu'il mérite, mais j'ai pas l'impression qu'on lui brille les boots...

Eric Meyer a dit…

Où sont les chansons ?

charlu a dit…

embrumées dans son rêve synthétique et tourmenté.