mardi 7 avril 2020

Takeleave 2020



Un peu d'ambiant, du lumineux malgré un léger voile d'humidité qui s'envole vers le ciel bleu pâle. Douce chaleur moite cette musique, vent léger, jazz électro pop de fond, étourdir vaguement les idées et laisser le jeu léger du DJ berlinois.
Je pense à Fourtet en plus jazz, ou à quelques opus du label Thrill Jockey coutumiers de ce papier peint là. Cinématographique, downtempo, Troublemakers, Tortoise.. on se laisse glisser.

Takeleave 2020 « Belonging » label : project : mooncircle

dimanche 5 avril 2020

Cocorosie 2020



Un hymne au printanier envahit tout mon crâne dilaté par la chaleur comme une soudaine rafale de vent frais. Le nouveau Cocorosie est un petit chef d’œuvre et « Restless » fait danser mon transat qui ne touche plus terre. Elles infusent à travers ma carcasse qui bout au soleil. Le casque vissé, les yeux s'ouvrent au chant du duo, il neige à gros flocons.. mon cerisier tombe sur moi et toutes les branches dansent sous le ciel bleu vif.

La fibre est revenue, je me reconnecte aux nouveautés, j'ai pris mon panier tout chargé d'opus 2020, cette drôle d'année qui restera dans l'histoire. Les bacs sont plongés dans le noir, les sorties voltigent dans l'air, comme les pétales blanches du cerisier qui neige sur moi.

Cocorosie 2020 « Put the Shine on » label : marathon artists

samedi 4 avril 2020

Nathaniel Rateliff 2020



Les arbres rendent heureux, c'est chose certaine. Y'a qu'à voir le sourire radieux de Nathaniel. La chlorophylle se laisse transpercer par les rayons. Un kilomètre à la ronde, le compas sur la carte 1/ 25 000 ème, aller trouver les ligneux les plus proches avec dans le crâne des airs acoustiques, les chansons cellulaires de Rateliff. Country lumineux, Leon Redbone dans l'air, chez Stax s'il vous plait.
On est jamais seul dans une forêt, de haut en bas, de part et d'autre, des racines à la canopée, on est habité de par en par. Rencontrer des solitudes passé l’orée du bois. Rateliff au milieu des troncs.

Nathaniel Rateliff 2020 « And it's Still Alright » label : stax


jeudi 2 avril 2020

Hallyday 80



Les galettes défilent, Johnny en pleine période de confinement, Wock'n'Woll c'est fini mon pote. La Harley sur la béquille, les tiagues in the garage, la clôture pour seule liberté.
Des studios pour enregistrer, un moment de solitude pour les amplis les enceintes et les consoles.. 1980, « A partir de maintenant »..
Certes, Balavoine et Polnareff... une grande nouveauté pour lui (bof).. mais aussi et toujours Bob Seger.. et puis Mallory « Un diable entouré d'ange ».. hyper chanson, « A double tour ».....

Un album très à part, pochette de beau gosse romantique improbable de jean à la chlorophylle... qui s'écoute bien malgré tout. Période sombre pour lui, le divorce approche, anniversaire solo, Johnny confiné ?? célibataire ?? ça va pas durer longtemps. Perso, je vais bientôt lâcher prise avec lui, encore quelques disques encore et puis..... Des albums comme celui-là découvert à sa sortie, rappellent de forts souvenirs de contexte d'alors. Des idées nostalgiques apparaissent, je sais que c'était le printemps, une écoute avec un temps très clair, et qu'on était libre:D
On ne le voit pas partout cet opus là, secondaire ou pas, un Jojo ça reste un Jojo.

Johnny Hallyday 1980 « A Partir de Maintenant » label : Phillips

mardi 31 mars 2020

Francis Cabrel 1991



A tous les casaniers, les collés du canap, les geeks et les sédentaires qui n'ont rien vu venir... vous êtes à la fête. Par le velux, je reluque les chemins devenus secs. Des labyrinthes de sentes que je connais par cœur, ils sont j'en suis sûr devenus absolument praticables. Vent sec du nord Est, succion des végétaux en branle.. et ma bécane à pédale qui me fait la gueule dans mon garage. Je trépigne.

L'air est pur, nettoyé de notre chimie, seuls les pollens s'éclatent en solo, je les imagine danser comme des libérés de toute agression diesel, virevolter et montrer leurs colpes propres au monde entier. Plus aucune trace de pneu dans le ciel, pas persuadé du pareil pour l'être humain...et il est où et il est où le kérosène lal lalala.. Nous sommes en face de notre tristesse, alors que la beauté se dessine enfin.

Des sangliers dans la ville, le bois des cerfs à l’orée des villages, le soir vide comme dessert, le matin le silence enfin. Tellement d'alertes de menaces et du jour au lendemain la ruée vers ….. le pq et le paracétamol. Les congelos sont nos amis.

Comme un chagrin d'amour, et la chanson de Cabrel... je réapprends à vivre... toi qui voyages, si tu la croises un jour... elle n'aimait pas mon deux pièces séjour... encore une victime de l'isolement imposé.

J'ai eu des périodes Cabrel, y'a peut-être un bel objet pour les récalcitrants, « Fragile » les deux premières chansons m'ennuient à mourir.. y'a mieux..... ce triple live de toute beauté, celui sûrement qu'il faut garder, écouter encore et encore. On a du temps, y'a du talent, comme un premier bilan. Un Cabrel en live...et cette chanson.

Francis Cabrel 1991 « D'une Ombre à l'Autre » label : columbia

samedi 28 mars 2020

François Morel



Tous les marins sont des chanteurs.. sur le quai les bittes au repos, l'horizon sans ses coques, le marin au port et les huîtres se pavanent, l’amarrage sans marée . Le rhum fait tout oublier.
Ce soir j'ai cueilli quelques tiges de menthe nouvelle et fraîche.. faut pas oublier que c'est le printemps.
Ça chante et ça tangue, du zinc et le jus de canne tire un trait sur les mauvaises idées.

L'iode dans le pif, le varech dans les naseaux, ça gigue ça tourne plus que d'ordinaire. Morel et Lavilliers ont explosé mes murs ce soir. J'ai envie d'une pinte, d'un blanc frais sur la côte, que mes semelles croustillent sous les carcasses des coquillages.
Chalutiers collés au quai, coques bleues agglutinées, des trolls vocifèrent et déambulent..les administration se débattent et les institutions se noient, pourvu que la palourde opulente nous rende plus léger.

Le mal de mer à la maison, un air celtique et le cerveau se vautre dans les sabots. Nanard confiné comment c'est possible, Morel aussi, des chansons pour les âmes qui tremblent de partances, pour prendre le large. Des beaux mots, des airs marins pour faire la nique à l'isolement.

François Morel 2020 « Chante Yves-Marie Guilvinec »

jeudi 26 mars 2020

Rainbow 1981



Le temps se dilate. Quelques journées plus longues que d'autres. Se changer les idées à tout prix, fuir les infos, divaguer, penser à autre chose. Chercher l'arc-en-ciel pour aller se balader sur sa dorsale. Se perdre dans les livres, regarder un joli film sur les sentiments humains flottant sur de grands paysages. Fouiller le bac à vinyles et ressortir des vieilles galettes, changer les pensées, s'évader, fuir un peu la réalité. Allez, un petit Rainbow pour oublier l'actualité.

Ps : Kif...petit hard soft 80's à passer à fond par le velux.. ce soir ;D

Rainbow 1981 « Difficult to Cure » label : polydor

mercredi 25 mars 2020

Nicoletta 73



Passons nos journées à la maison, le soleil éclabousse la fenêtre, allez viens, on envoie tout valdinguer, on ferme tout et on reste chez nous.. dehors c'est triste et gris.. les patrons on s'en fout.. hein ..y vont faire quoi....
quoi les gosses.. y sont tous là aussi ?? tainnnnn, je m'en fout, je reste ici, je vais écouter des belles chansons d'une autre époque. Celle où l'on pouvait choisir par nous même de rester couchés les volets clos.

Nicoletta 1973 « Nicoletta 73 »

Fermons la fenêtre et laissons les volets clos
A quoi bon se lever
Ce matin n'ouvrons pas les rideaux
Et restons couchés bien enlacés
Fermons la fenêtre et laissons les volets clos
Tant pis pour le patron
Mes yeux dans tes yeux si bleus si beaux
Passons la journée à la maison
Pourquoi donc faut-il s'éveiller ?
A quoi bon aller travailler
Avec toi je veux oublier
Dans la rue il fait jour
Une nuit c'est trop court
Fermons la fenêtre et laissons les volets clos
Je ne veux qu'un soleil
D'un soleil qui peut vivre dans l'eau
Dans l'eau de tes yeux quand tu t'éveilles
Fermons la fenêtre et laissons les volets clos
Moi je veux t'enlacer
Et sentir ta peau contre ma peau
Et ne plus penser qu'à t'embrasser
Dans les rues tout est triste et gris
Dans mon lit toi tu me souris
Je dis non à la foule, aux cris
Je ne veux mon amour
Ne rien faire d'autre que l'amour
Fermons la fenêtre et laissons les volets clos
Et sur ton oreiller,
Blotti contre toi si doux si chaud
Mon amour je veux tout oublier

mardi 24 mars 2020

Sigur Ros 1999



Je lis des choses de premier ordre, vitales et importantes, de pures coïncidences. Des chroniques d'hier, pas si loin, comme j'aimerai avoir les mots de cet écrivain, dire les choses justes et comme il faut.

Gamin, je me souviens d'avoir vu dans la bibliothèque parentale « Quand la Chine s'éveillera » de Peyrefitte. Jamais lu, je sais pas ce qu'il y a dedans, le monde tremble.. à cette époque, comme à une autre le volcan islandais qui bouleversa nos dispositifs, ou Tchernobyl et l'homme qui se mordit la queue, on glissait sur des failles et des aberrations comme aujourd'hui.. tout est question d'échelle, de temps et d'espace.

Désolé pour cette approche de fil conducteur, mais du coup j'ai ressorti l'album culte des Sigur Ros qui précédait un nouveau siècle. Je continue à me vautrer dans mes livres et mes disques. Album atypique à l'époque, neuf même si la voix tend vers Tom Yorke, grosse réédition l'an passé pour les 20 ans, son un poil nouveau, dimensions élargies, j'écoute ce bijou post-rock éthéré en lisant du Tesson à outrance. Lisez Tesson, écoutez du bon son, plus que jamais c'est l'occasion.

Sigur Ros 1999 «  Agaetis Byrjun » label : smekkleysa


Sylvain Tesson, 2010 : « Lectures islandaises »

« Bien. Le volcan islandais s'est calmé. Pendant quelques jours, le système mondial s'est trouvé ébranlé par un nuage de cendres craché par l'Eyjafjöll. Les commentateurs ont fait semblant de s'étonner que la Nature soit encore aux commandes des destinées humaines. A présent que les scories sont diluées dans l'atmosphère, tentons de tirer le conclusions de l'éruption.

Quantique : les microparticules ont cloué au sol les masses d'acier.

Paranoïaque : l'Islande fâchée des critiques mondiales sur son système bancaire s'est revanchée avec panache.

Ecolo-sceptique : on ne pourra plus accuser l'homme d'empuantir l'atmosphère quand on voit comment se comportent les volcans.

Symbolisme : l'amour est comme un volvan. D'abord, une éruption suivie de nombreux nuages de fumée avant que les cendres ne recouvrent tout.

Philosophie : voilà que fut donnée aux humains pressés l'occasion de s'exercer, assis sur leurs valises, à l'amor fati nietzschéen, à l'indifférence taoïste, à l'hésychia des pères de l'église et à l'acceptation stoïcienne.

Relativiste : penser aux dinosaures qui ne survécurent pas aux éruptions d'il y a 65 millions d'années aide à se consoler du retard des avions.

Mythologique : les hommes aidés des Titans de la technique polluaient Ouranos (le ciel) au point que Gaïa (la terre) demanda à Vulcain d'obscurcir le ciel pour que les avions ne le malmènent plus.

Physique : les fluides (magatiques) plus forts que les flux « 'aériens)

Mécanique : la poussée (naturelle) plus forte que la pression (économique).

Prophétique : un jour, lorsque les puits de pétrole cracheront leur dernière goutte, la vie ressemblera un peu à ce que nous avons vécu pendant la semaine volcanique.

Politique:les édiles qui prennent d’habitude la précaution de n'avoir aucun principe ont prouvé par le « principe de précaution » qu'il suffit de tout interdire pour résoudre n'importe quel problème.

Nostalgique : les vents d'ouest qui ont poussé les cendres du volcan jusqu'aux franges de l'ancien bloc soviétique répondaient étrangement à ces vents d'est qui poussèrent en avril 1986 les nuées radioactives de Tchernobyl vers l'Union européenne.

Ecologique : Fukuyama qui présidait la fin de l'Histoire a été contredit par le 11 septembre. Le volcan, lui, a contredit mes adorateurs de la technique qui avaient un peu vite annoncé la fin de la géographie.

Sémantique : les scories islandaises auront eu la mérite de prouver que le terme « mondialisation » ne renvoie pas uniquement à la globalisation des communications, à la libéralisation des flux financiers, ou à l'uniformisation des systèmes politiques mais bien aux échanges aériens. »


samedi 21 mars 2020

Paul McCartney -covers- 88 / 91 / 99





Allez les p'tits gars. Le temps maussade est revenu, on garde le cap, on tient la barre.. je pense à des périodes de jeu blogueurs à thèmes, à une époque de grande liberté. Vous écouteriez quoi en période de grand confinement ? Histoire de donner de l'énergie positive, du courage et de la solidarité... ??
Pas un, pas deux, mais trois McCartney. Jchu un fou moi. Alors, je vous vois venir, ouaih ceci cela.. ce ne sont pas n'importes quels Paulo, un triptyque de reprises, de standards, dans des contextes bien différents.

« Press to Play » 86 très particulier va faire basculer sa carrière. « All the Best » en 87, la réédition de tous les Beatles par EMI en 88 dont les deux « Past Mastes ». La même année « CHOBA B CCCP » et ses reprises brut de décoffrage en live pour le peuple.. traduction : « Back in the USSR ». Aucune fioriture, pas de scorie, ça fuse et brûle. Dedans, du Cocheran, Little Richard, Presley ou Fat Domino. Du bateau, du solide, une coque en béton. Lennon en 75 s'était lui aussi affranchi de ce principe de reprises avec « Rock'n'Roll ». Ici la formation est restreinte, épurée, urgente et principale.

« Flowers in the Dirt » en 1989, un seul album pour une tournée colossale « Tripping the Live Fantastic » et à nouveau un album de reprises sur un même thème de pochette. C'est la mode des Unplugged. Paulo l'a fait.. standards avec son groupe d'alors, mais pas que.. des morceaux des Beatles aussi, un sublime final instru « Junk » pour sa carrière solo à lui en plus d' « Every night ». Deux heures, 22 titres, 11 seulement pour le disque. Il est récréatif, les prises et le son superbes, l'ensemble chaleureux et décontracté, même si en toile de fond la grande assurance artistique est là. En 1956, Paul a composé une petite tuerie toute fraîche. Elle est dévoilée ici pour la première fois, « I lost my little girl ».

« Off the Ground », grosse tournée à nouveau, Fireman, Beatles live at BBC, une flopée d'inédits, les trois « Anthology »... « Flaming pie » en 97, il monte en puissance... mais Linda disparaît. Après une année de lourd silence, il revient avec un nouvel album de reprises standards, plus discrètes, plus « rares », Carl Perkins, Gene Vincent, Buddy Holly, Larry Williams... pour se remettre sur les rails. Studio Abbey Road.. thérapeutique. Son énorme, prises brûlantes, Gilmour à la gratte, Ian Paice, Mick Green.... « Run Devil Run ». Il n’apparaît pas sur la pochette.

Perso, je ne suis pas fan du Rock'n'Roll, « Choba... » est sur mes étagères parce qu'il le faut, je préfère mille fois « Run... ». Je regrette aussi que l'Unplugged ne soit pas l'intégrale en version double album.. c'est malgré tout mon préféré des trois. Un petit bijou acoustique avec un solide collectif.

Quand on est pas un grand fan de Paulo, des chansons des autres par lui... eh.. c'est pas un joli cadeau ça ?? trois albums pour les fans et pour ceux qui vont du coup le devenir. Ouh la la... calmez vous..pas le droit aux bisous... la biz quand même.
Toujours des gros soucis de connexion.. promis, dès le retour de ma ligne.. dans..... je vous envoie tout ça... si si..j'insiste. Pas la peine d'insister....jvous dis que ce sera fait. 
Pas impossible que je foute ça à donfe la fenêtre ouverte ce soir... y'en a bien qui foutent du métal ;D

Paul McCartney 1988 « CHOBA B CCCP » 1991 « Unplugged » 1999 « Run Devil Run »



jeudi 19 mars 2020

Neil Young 1977



Les bars sont fermés, les étoiles s'ouvrent. La tronche plaquée sur un plancher en plexiglas de hautes montagnes et de crachoir sous le zinc, j'observe le ciel américain. Talon dans l’œil et dedans le saloon ma grande chanson préférée du Neil. « Like a Hurricane ». Dans la fosse mes souvenirs de guibolles qui flageolent. D'un moment tellurique, d'un volcan canabacé que « Weld » a su restituer comme il se doit.
Du vert, du country, du Young dans l'âme.. du terreux. Et puis c'est un peu la faute au Toine avec son truc country à la stetson Harper. Comme Chris je fait péter le Young american. Molina, Talbot et Sampedro sont là... tiens donc.

Des vieux disques improbables. Pour user de l'isolement, je me vautre au milieu de mes vieilles galettes, je prends, je fouille, je tombe sur Maïté avec sa bouteille de whisky canadien dans les mains. L'à l'air bien torchée la gamine. Moi pas mieux, le talon n'est pas passé loin de l'arcade..il n’empêche Maïté je t'ai vu la culotte...
L'album est bon, tranquille, sans plus ...mais dedans y'a « Like a Hurriane »...et ça, ça mérite largement un album. Je l'ai vu tuer une gratte sur ce morceau, au bout d'une demi heure de larsens infernaux. Eh.. finalement il est pas mal ce disque.. peut-être l'ouragan m'a aveuglé. Emmylou Harris sur « Star of Bethlehem »... bon c'est sûr je n'ai jamais pris le temps de bien l'écouter, ce Young 77.

Puisque les bars sont fermés, ils nous restent les étoiles. Hurricane..première note, larmes et frissons. Décollage immédiat.

Neil Young 1977 « American Stars'n Bars » label : reprise

mercredi 18 mars 2020

Jean-Baptiste Soulard



Les jardins alentours sont tous habités des rires des enfants. Les rues sont désertes et le prunus termine de ventiler ses gamètes.
Le temps clément compatit, il semble venir nous consoler. L'alerte Bouleaux est tombée.. les chatons de Betula à l’orée de l'explosion.
Les chemins s'assèchent, la succion a commencé. Les lits sont encore bien remplis, même la pluie s'est en allée.

Le son a changé. On entend plein de choses nouvelles. De celles qu'on ne voulait plus entendre. Le silence pèse, l'eau s’exprime, et le concert des oiseaux resplendit.
Le sentiment d'une autre vie, nouvelle ?? ancienne ?? va falloir combien d'alertes ??

Le ruisseau en bas n'a rien changé de son débit, les rainettes peuvent traverser les routes, tout s'entend, les esprits se reposent. Jean-Baptiste Soulard avec un collectif chante haut et fort le silence et l'eau. Après Roseaux, Cabane, voici un nouveau miracle musical collectif.
Le bruit du dehors a changé. Les être humains se scrutent, le silence et l'eau est là.

Je suis cloîtré chez moi, je dévore tous les Sylvain TESSON, « Dans les forêts de Sibérie », « S'abandonner à vivre », « Une vie à coucher dehors », et surtout « Géographie de l'instant »... bande son idéale, inspiration évidente pour cet album. Les peuples nomades confinés ?? .. restez chez vous les sdf. ??. .. y aura t-il un après ?? va t-on entendre et écouter ??? un jour.

Les enfants jouent dans tous les jardins.

Jean-Baptiste Soulard 2020 « Le Silence et l'Eau » label :



lundi 16 mars 2020

Cabane 2020



Direct au vert, il faut tous qu'on s'y mette. Moi, j'en ai rêvé, mais pas comme ça.
Un remède aux ondes anxiogènes. Les bourgeons débourrent, l'herbe s'épaissit dans une fraîcheur absolue. L'idée de s'y vautrer sous le chant acoustique d'un miracle chanté me tord les boyaux, comme une idée romantique, le vague souvenir d'un monde encore debout à fouler la rosée du matin pieds nus.
Thomas-Jean Henri dans sa Cabane... Kate Stables, Will Oldham à la rescousse. « Grande est la maison » comme un petit paradis de chlorophylle.

Confinement total.. couvre feu .. nos huis clos vont se verdir.. chambre forêt, nos murs et nos draps sous les chansons belles de Cabane vont se teinter de vert à outrance, anglais, olive, tendre..peu importe. Taie d'oreiller en tapis de mousse ouatée, Green is the color of the sky.... 

Un disque en boucle pour la respiration des recroquevillés. 

Prenez soin de vous.

Cabane 2020 « Grande est la maison » label : cabane records


samedi 14 mars 2020

JL MURAT 2020


Oublier le orange, passer direct dans le pourpre, salive fuchsia, chair vivante,  résilié, résigné.. du baume aux veines vibrantes. Y’a des choses belles dans l’air en ce moment je trouve. 
Rester dans le monde. Se rattacher à la terre et aux effluves, des fragrances, un disque à placer pour se consoler. La moue, le boudin des mous, chafouin au quotidien.. "Rester dans le monde" dans le casque et je revis. Murat pur cru, chaloupé, crooné, en trainant et entêtant. C'est la chanson de l'année.
Voix géographique, son météorologique, l’humus des mots « Rester dans le monde ». Le rose à temps, amour partout flingué d’intensités et se rendre au "Montboudif".
Nationale en travaux, il Francese.. ultra confirmation violette dans sa plus grande maitrise.
Retour de la guitare, JL Murat inébranlablement.. ça c’est fait. Chant..album de consolation. Nostalgie ? la mélancolie, c’est un muscle de la culture.
 JL Murat 2020 "Baby Love" label : pias


jeudi 12 mars 2020

Michel Jonasz 1974



Haut débit qui gonfle nos lits, c'est la fonte des glaciers. Réchauffement climatique, blanc en crasse laiteux, orange en dégoulinade merdeux. Écrasement de ligne, plate-formes exotiques, open-space déshumanisé, processus et normes à outrance pour des marées de dysfonctionnements tout azimut.
Traçabilité, audits pour se donner bonne conscience et sourde l'incompétence, branler la médiocrité.
« L'homme orange » comme un cauchemar .. tout redire sans cesse, n'entendre jamais la même chose en retour.. pourquoi les pubs sont si merveilleuses ?? On connaît tous la réalité. On fait c'qu'on peut on n'est pas des nœuds. On en parle ??

Opérateurs, justice, banques, assurances, pour rester en bonne santé faut pas tomber malade.
Le cash se débine, les artères se chargent, les yeux rougissent l'envie de chialer sous la honte de nos dirigeants. On nous taxe un max pour des services déplorables. Y'a pire ailleurs me dit-on. J'm'en branle, ou alors on arrête tout. Stoppons, ralentissons, il ne reste pas grand chose à vivre, tout est une question d'échelle. Nous sommes des éphémères.

Plus aucune connexion pour moi depuis quatre semaines, ricochets sur l'hermétique, brasse coulée sous les cerveaux orangés... une armée de sourdingues et de veaux qui broutent avec toujours sur l'échine la brûlure France telecom...tout comme le rpr, l'ump.. suffit juste de changer de nom, et hop, ça redémarre..et ben pas chez moi.

Ma platine vinyle marche, les enceintes fonctionnent elles.. l'imminente mise en quarantaine va être totale. Quand le spleen me colle aux bask, j'écoute des vieux disques, je regarde un Blier, je lis un herbier ou avec le fond d'une bouteille,  je m'empale sur du Tesson, Sylvain. Je me permets ici d'ajouter un texte de lui :
"Le capitalisme
J'ai inventé l'obsolescence. Je vide des les eaux de leurs poissons. Et je vendrai des bouées quand le niveau de la mer montera. Je vends l'air du ciel, le sable du désert, l'idée du bonheur, Dieu même s'il le faut. Je flambe la forêt vierge. Je cote en bourse le cul des filles et ferai bientôt payer leurs armes aux inconsolables. Je prends les paris, rafle toujours la mise car je n'ai rien à perdre qui ne vienne de vous. Je suce les dividendes d'un sang qui n'est pas mien. Et je remets ça, s'il me plait " (Sylvain Tesson / Jacques Perry-Salkow).
Ou encore Michel Onfray sur le capitalisme ; "Il n'est pire excès que celui du milieu. Tous les projets sont insipides, toutes les existences semblables, l'unidimensionnel est la rançon de la gloire médiocre... Son objectif est la rentabilité, l'efficacité est son dessein. Et, en la matière, il n'y a aucune place pour des vertus, telle la granduer ou l'excellence."

Le blog ne suis pas le rythme, la bouse est contagieuse, je traine la patte, démissionnaire. C'est une longue et épuisante fatigue au quotidien le dysfonctionnement de nos paperasses inutiles et nos serveurs flasques, hyper-corporated, operator, super orange héro. Zéro orangé. Le ciel crépusculaire de carte postale me fait horreur.

Michel Jonasz 1974 « Michel Jonasz » label : atlantic

Cet homme étrange, dans un déshabillé orange
Qui arrête les passants, pour les vider de leur sang
Cet homme étrange, avec sa beauté qui dérange
Qui vous conduit vers un ailleurs, un monde pas forcement meilleur
Vous le suivez, vous le suivez,
La nuit vous en rêvez
Quittant les pavés maladroits, les routes qui ne vont pas tout droit
Il vous conduit dans un endroit, où ne règne que l'angle droit
Cet homme étrange, dans un déshabillé orange
Qui vous parle en "tant pour cent", sa banque c'est la banque du sang
Cet homme étrange, avec sa beauté qui dérange
Chaque fois qu'on voudrait lui parler, on n'sait pas où il faut aller
Vous le suivez, vous le suivez,
La nuit vous en rêvez
Quittant les pavés maladroits, les routes qui ne vont pas tout droit
Il vous conduit dans un endroit, où ne règne que l'angle droit
Quittant les pavés maladroits, les routes qui ne vont pas tout droit
Il vous conduit dans un endroit, où ne règne que l'angle droit
C'est l'homme orange...


lundi 9 mars 2020

François Puyalto



Le trajet de François Puyalto est noir de monde, tout chargé de rencontres artistiques séminales et fécondes. C'est pas étonnant de le voir stratifier son album solo d'Higelin, de Ferré, Leprest, Brel et de Barbara.
Une foule dans son sillon, pourtant, il est debout devant son monde à lui, avec sa basse et Katel aux chœurs, sa vision des chansons, à tel point que le disque ne fait qu'un.. et pourtant, « La mémoire et la mer »... « Dis quand reviendras-tu ? »....

Des averses folles arrosent les fleurs toutes neuves. L'intimité est à son comble. Léger jazz en liberté, les cordes graves jouent avec les siennes. Palper tous les sens en côtoyant la rigueur se jouant de la fragilité qui plane. Timbre Lavilliers, Rodolphe Burger, intensité sourde, écouter « 44 » est une richesse . Il surfe avec une lumière à lui sur son art traînant derrière lui tout un monde sérieusement bouleversant. Il est en plein jour, une découverte pour moi. Un petit bijou que je bichonne.

François Puyalto 2020 « 44 » label : le furieux

samedi 29 février 2020

Thomas Howard Memorial



Sables émouvants. L'humus mou me happe dans une splendide mélancolie. C'est avec Get Well Soon la dernière fois que j'ai fait un voyage aussi poignant. Le sombre se travaille, on ne se gausse pas des réalités. « Revolution » dans une danse collective spacieuse, les paupières à ras le sol. Basse en rez de jardin aspirant tous les étages au dessus. « Let it grow », j'embrasse ma tristesse avec la langue.
« Bonaventura » est une épopée intra-muros, un fulgurant voyage immobile. Sans cesse des menaces nous longent, nos flans brûlent sous le souffle froid du quotidien. Le printemps anticipe ses sécrétions, il appelle à l'aide, se fait matinal pour qu'on le regarde. La tiédeur de l'hiver à force d'indifférence tente une diversion. En vain.

Dedans le wagon qui fouette les buissons, des crânes éteints se penchent sur la connexion. Du selfist à foison, des masques en attente, océan de confusions, noirceur à l'unisson. Les mêmes manteaux de la même couleur. Des réseaux qui jouissent, les zombies abandonnent leurs cervicales.
J'ai vu un sourcil lutter, se cambrer, le panoramique outre vitre défile, rien n'y fait les gens du wagon n'ont de souplesse que pour leurs écras.
J'ai Thomas Howard dans les oreilles, l'homme s'éteint lentement malgré lui, tous yeux vers le même point de chute. Un angle, une fuite, un point final.

C'est un quatuor sur un concept album, le groupe made in Bretagne nous promène à travers des émotions graves, des instrumentaux, de longs morceaux, une vie entière à jouer nos envies, puisque les utopies et les chimères sont devenues obsolètes.
Trois clips, trois volets, Thomas Howard Memorial dévoile sa beauté mélancolique.

Thomas Howard Memorial 2020 " Bonaventura" label : upton park


mercredi 26 février 2020

Andy Shauf 2020


Méconnaissable lui aussi. Né presque la même année qu'Impala. La bonne surprise cette fois-ci.

De l'Australie au Canada, Andy Shauf est venu ravir ma fin d'après midi. Une journée mal commencée, pléonasme. Giboulées, entre éclaircies radieuses et déluges à s'abriter, l'heure cobalt tiède a déboulé avec sa lumière « Neon Skyline » pour une heure d'accalmie. Une pause. Tout est clair, de l'acoustique pop flirtant avec des mélodies hospitalières. Les cervicales bougent encore, vers le tangage ce coup-ci, la houle cuivrée toute attaquée d'un gimmick imparable sur une voix sincère et langoureuse.
Je me suis laisser happer par ce disque romantique, intime, une saison à lui seul, une impression musicale à trépigner le bleu puissant d'un horizon à suivre.
Les nuages épais menacent, mais on s'en branle. C'est peut-être une nuit lumineuse qui déboule, rouge-néon ou bleu-horizon, gorge cramoisie et rêves outremers.. une transition tout accompagnée de la lune qui se fiche bien elle, de la nuit et du jour.
Et puis à nouveau une très belle pochette.

Andy Shauf 2020 « The Neon Skyline » label : ANTI-

mardi 25 février 2020

Tame Impala 2020



Le soucis avec un album dithyrambique à peine officiellement sorti et omniprésent sur tous les papiers, c'est de l'écouter avec une oreille neutre, vierge, neuve.
J'ai lu un peu partout des papiers annonciateurs, je suis allé voir, j'ai lu en temps réel fanzines et magasines, j'ai entendu jusqu'à l'écoute... et surtout je me souviens « Innerspeaker »..etc etc.

Bouillabaisse de tout ça, il va falloir que le disque en question, en dehors de l'image qu'il faudrait qu'on se fasse, soit à la hauteur. Il faudra faire abstraction à défaut de s'être rué dessus en temps voulu et d'être monter dans le wagon bondé à grande vitesse.

Pas mal, génial dans l'éphémère. Bordel j'ai les cervicales qui bougent sur « Bordeline », le son est excellent. Du coup à l'écoute, je ne me souviens plus d'eux. Pour sûr y'a du bon, j'entends Les Holroyd des BJH avec un gros groove vocodé en duo avec Bary Gibb, y'a même des lointains remugles Supertramp en mode dance floor (« It might be time »). Mais bon à la longue, il prend légèrement la tète comme un Flamming Lips annoncé.

Grosse campagne autour, Il aura fulguré, à peine. Je vais l'archiver, l'écoute est faite, on verra avec le temps et les synthèses. Ah, la pochette est sublime, tel un album prog, tel Hipgnosis dans sa plus belle lumière.

Tame Impala 2020 « The Slow Rush » label : island


mardi 18 février 2020

Bertrand Betsch 2001



Pâquerettes et Perce-neiges sont déjà à revigorer nos âmes. Narcisses, Pervenches et Mahonias.. le lopin prends des couleurs inattendues. Oblique la lumière du soleil tout de même.... ça veut dire quoi....« La folie des hommes ».
La peau tendue lancinante du djembé « Je ne me souviens plus ». J'ai passé un après-midi avec Bertrand Betsch, une fois de plus. Les tubes d'huiles dansent symptomatiquement. La lumière dehors est suffocante. Certes il s'agit là de quelques reprises mais pas que. Dominique A, Léonard Cohen, Lou Barlow.. mais c'est tellement Betsch, sa soupe à la grimace servie pour les invités, on oublie la fossette. « Reprendre une chanson la tirer à soi de toutes ses forces jusqu'à ce qu'elle craque et qu'elle avoue.... »...« Le monde n'est rien juste un château de sable que le vent à tout moment d'un seul souffle peut emporter. Le vide n'est pas autour, il est à l'intérieur ». Dedans le livret, Bertrand s'explique.

J'oublie toutes les références, il n'est que lui. Il est lui seul, habité. Des instruments, des sons gorgés de lueurs, des idées de Robert Wyatt dans nos mélancolies de proches contrées. 
C'était Lithium.

Le Callicarpa se réveillera bientôt avec une écharpe de chèvrefeuille. Derrière la vitre une graine de moutarde est venue se perde. Une demi jambe dressée dans son vert, cette crucifère est en fleur, jaune colza sur une tige ferme et décidée. Elle tangue à peine et « Nancy » illumine mon spleen.
La terre penche, le sol se dérobe, le tronc n'est pas loin, la tète tourne, « B.B Sides » est un grand disque enfoui de vertiges sentimentaux.

Bertrand Betsch est prolifique, jamais nominé, rarement nommé, parmi sa discographie, cet album atypique est son deuxième. Il est dans mes cellules, assimilé et incrusté depuis presque 20 ans.
Mercure hivernal caniculaire, chatons d'Aulnes hystériques, une demi-jambe de colza me parle ce tantôt, elle danse avec le vent tiède.. c'est quoi cette folie des hommes ??

Bertrand Betsch 2001 « BB Sides » label : Lithum

lundi 17 février 2020

The Standard 2002



Tout est une question d'échelle.... microscope ou téléscope.....

Des sons, des saisons, menace orageuse au dessus des abysses.. au milieu, à l'échelle de quelques pieds, une bande de lumière juste pour nous, encadrer nos songes, éclairer à peine l'histoire des millénaires à toujours tout refaire.
Un goéland surfe sur l'invisible, des coques en bois tanguent face aux tempes errantes. Des sons et des temps.
Un label obsolète, un vieil album qui se colle au temps qu'il fait. J'ai ressorti quelques disques numériques histoire d'occuper l’hiver tiède entre deux huiles tempérées. The Standard chez Touch & Go, 2002.. slow rock météorologique, guitares qui surfent et donnent la lueur, une voix de tète morose et des accélérations comme des rafales.

En attendant la nébulosité anthracite des nuages défile, vite et lourde, à peine au dessus de quelques houles callipyges.

The Standard 2002 « August » label : touch & go

dimanche 16 février 2020

Elbow 2019



Je voyage au bout de mon optique. Loupe binoculaire au dessus d'une canopée d'Aspergillus Niger, comme le drone au dessus d'une forêt terre de sienne brûlée. A quelques microns de lui l'Ochraceus mimosa éclabousse.
Tout est une question d'échelle, microscope ou télescope, électrons de poussière saupoudrant nos fronts en extase devant la voûte étoilée.
200 milliards d'étoiles pour une galaxie, marée de manchots agglutinés sur un rocher blanc d'écume, soupe épaisse saturée de vermicelles, enfer de bouées humaines ondulant sur une houle mécanique.... « Giants of all Sizes ».

Elbow 2019 « Giants of All Sizes » label : polydor

mardi 11 février 2020

Algiers 2020



Crachats d'échappements, feuilles laminées en chutney de pisse urbaine, pavés hydrocarburés, huillulose, museaux muselés et coronaires virulées, tout est gras et glisseux, tout est urée en hyper-humidité, transpiration fossile, semelles charbons, sinus grisoutés.
On voit que le jour se lève, une lueur bleue livide naît des buildings, un rectangle s'éclaircit, l'horizon est vertical. Les poumons inflammés je piétonne, je suis pas fou, je sais bien que c'est le jour qui se lève à travers cette géométrie.
Mon crâne dégarni est surveillé. Sur ce platane-ci, une corneille le cou cassé, les griffes plantées dans un chancre doré, suis du bec ma démarche rythmée par la pointeuse. Ma tète se tord aussi, œil pour œil, dent pour bec, je ne la lâche du col. Je n'ai qu'une hâte, monter au 7ème étage pour voir l'horizon horizontal, un trait franc enflammé par l'astre en quartier rose orangé, découpé, puis entier, trouble avec la gueule de bois des airs polluées. En bas, le noir volatile bec en l'air  me fixe toujours. Les étoiles agonisent, il est temps d'y retourner, de redescendre dans la géométrie étriquée, dans la termitière.. Je retire mon casque, « Wait for the sound » résonne encore, un sommet tout en dévalant mollement les étages.

Algiers est une inébranlable avancée.

Algiers 2020 « There is no Year » label : matador

jeudi 6 février 2020

Louis Ville 2019



« Combien de forêts calcinées.. ? ».. tiens donc, de but en blanc. Un carré jaune pareil à Swans, transpercé d'un autre rauque, des cordes burinées avec un trou noir à pomper toute la matière au milieu.
Des accords cassés, des lueurs Tue-Loup, des haleines Arno, des désespoirs Kanches.
Louis Ville irradie les marges, le creux des ravines flambées d'hiver comme une piscine de luxe.

Blues crépusculaire, épaisse tranche populaire d'un socle récurent imbibé d'averses. Une plaine incendiée de flaques, un auguste soleil se barre dedans. Jaune et des couleurs tranchées dans le cœur à vif. Louis Ville mon cinéma récurent.

Louis Ville 2019 « Eponyme » label : balandras

mercredi 5 février 2020

Swans 2019



Le merle n'est pas fou. Peu importe le mercure, il vient nous chanter nos fins de nuits fatiguées. Le brouhaha lointain des villes n’empêchera jamais le rossignol, le pinson ou la grive de chanter.
Beaucoup plus loin le bipède continue son concours de bite, construire la tour la plus haute, étourneaux étourdis, la terre crache son aménorrhée .. et déjà les tracteurs épandent, ça pue la mort dans les champs. Il faut dire que le noisetier, l'aulne et le cyprès pollinisent comme jamais depuis des jours.. on fait des progrès.
Entre Santeuil et Auneau, je suis allé errer coincé entre une éolienne et le train à grande vitesse. Tellement vite que les vaches n'ont même plus le temps de les regarder passer. Cerné entre deux mouvements mécaniques différents, l'un longitudinal et l'autre rotationnel j'ai tracé mon chemin poussé par la nuisance sonore, perdu au beau milieu du plat de nulle part.
Beaucoup plus loin, des Paris d'arbres entiers disparaissent, la jungle humaine se débarrasse des houppiers et des canopées. Bientôt 9 milliards de bouches à nourrir. Suffocation, asphyxie, agoraphobie, claustrophobie... misanthropie.
A Monvillier, on entend le TGV qui au loin pourrit la vie du clocher de Saint-Léger-des-Aubées. Dedans une foule pressée passe et repasse. En haut les avions n’arrêtent plus de quadriller.. En attendant, les arbres des petits bois se disent que finalement le manche des cognées sont des leurs, ou des leurres. 

J'entends le grondement d'un son, la rage moribonde d'un vieux rauque. 

L'intrigue des bacs. Saez et Swans y sont. Je n'en pense rien du tout finalement, tout est agonie. In extremis choper la marge, pour le cas où.
Carré jaune automnal, le temps passe vite, déjà ici il fait un temps d'avril fin janvier. Swans est toujours là, plus acoustique, plus fort encore, toujours la majestueuse menace. Dans ce bruit infernal, écouter Swans, plus fort encore.

Swans 2019 « Leaving Meaning » label : young gods records


samedi 1 février 2020

Mount Eerie & Julie Doiron




Un autre duo frontalier, couple à la chanson. J'ai manqué leur première rencontre, je comble mes lacunes avec ce retour. Retour aux sources, folk à l'état pur, jeu sensible de cordes, vocales ou guitares. Julie Doiron et Mount Eerie dans toute leur fragilité

Mount Eerie & Julie Doiron 2019 « Lost Wisdom pt2 »


samedi 25 janvier 2020

Lina_ Raül Refree



Le vert des oliviers ne change jamais. Aux pied de ces troncs noueux celui tendre de janvier nous parle du ciel bleu. Le trèfle pied de chèvre tend ses pétales jaunes sous les orangers. Oxalis nappé pour parler aux persistants ; oliviers, orangers, eucalyptus, chênes lièges, et les pays caduques sont à poil. Quelques abeilles défient un papillon, les rayons de la Saint Sylvestre attendrissent. Au fond, le dôme de la Serra del Aire se dessine à peine.
Si l'été le figuier se la ramène en crâneux, il baisse du museau en ces jours de Capricorne, ses doigts crochus en branches arthrosées rappellent à la saison.

« Le vin réjouit le cœur des hommes ».. le parfum caramel de terre puissante dans ce raisin fait dire de belles choses, embrasse la glande lacrymale.. on s'en va errer nos cerveaux avinés au creux de Cabeço de Soudo, puis Carvalhal do Pombo, Rendufas do Meïo, Charneca da Rexaldia... le soleil tombe est l'on rentre entre amis dans les murs blancs sous les moulins da Pena. Soudain à travers le silence, une voix provient des collines, celle de Lina. A quelques vallées d'ici, Amalia remonte le Tage vers l'Espagne en passant sous Fundao. Toutes les rivières partent d'Espagne, grignotent les terres plissées vers la beauté pour finir en apothéose dans l'Atlantique et revenir gifler en ressac les côtes sous l’œil malin de la Gaivota.

Acuarela discos d'antan, le spectre vocal de la Lusitanie, duo poignant, Refree met en son Lina qui chante Amalia Rodrigues. Clavier, voix, piano, ambiance qui prend à la gorge.
Le Fado, la Saudade, c'est la mélancolie de ce qui pourrait arriver, et ce qui arriva. C'est un arbre qui pourrait perdre ses feuilles mais qui les garde. Lina n'appréhende plus rien, elle est plongée par le trouble noir et fier de Raül Refree le barcelonnais. Sans la guitarra Portuguese, les chansons défilent et nous arrachent les yeux, la poitrine a chaviré. Sombre et moderne, décalé et respectueux, tous les fantômes debout d'un puissant pays sont en suspens.

Cet album est une merveille. Bouleversant. Impossible de l'écouter en entier sans sangloter. Le Fado, c'est le silence total avant l'explosion de cris, de joie et de larmes... Je vais tenter après un verre de Cabeça de Toiro, de l'écouter en entier.

Lina_ Raül Refree 2019 « Lina_ Raül Refree » label : Glitterbeat




mercredi 22 janvier 2020

Big Thief 2019




Lo-Fi brinquebalant avec un air de bœuf glissant sur les pentes meubles. Les gars autour d'elle sont à la merci des fragilités vocales, du chant impliqué. Et puis à découper une tranche de quelque part pour qui que ce soit, "Two Hands"  se dresse sur un moment posé à des brassées des intra-muros. 

L'esgourde nous remet à notre place, celle que l'on veut pour jauger la respiration, déjeuner avec des canotiers de berges aménagées. Outre la pochette, ce troisième album des New-yorkais pétri de sensibilité authentique fait un bien fou. 
« The toy », je vais attendre un peu avant de me relever pour y retourner, vers les frondaisons qui voilent la grande ville.
C'est une chose belle cette grande dérobade. 

Big Thief 2019 « Two Hands » label : 4AD