jeudi 13 janvier 2011

The Black Heart Procession et autres canassons



Cascadeur, comme les Daft Punk, se coiffent d'un casque de moto pour faire de la musique, Oslo Telescopic quant à eux ont préféré se bander le crâne pour apparaître au grand jour. D'autres dissimulent leurs tètes dans des tronches équestres comme pour arborer d'énormes gueules de bois.
Mes deux petits chevaux de bois préférés sentent effectivement l'alcool fort, la murge et on reprendrait bien un dernier verre avec eux.


Mark Linkous s'est perdu dans l'excès à maintes reprises jusqu'à disparaître en laissant un monument posthume dans le plus grand désordre. Vivant sur la toile, c'est un fois parti très loin que la dernière galette de Sparklehorse est apparue physiquement dans les bacs. « Dark night of the soul » comme une préméditation, laisse un bouquet final extraordinaire en compagnie de l'omniprésent Danger Mouse et d'une pléthore de voix pour une gigantesque réunion artistique. Mais comme pas mal d'aficionados, « It's a wonderful life » fut indéniablement l'incontournable disque de chevet... à l'époque où il dissimulait encore sa calebasse derrière une crinière.

Sparklehorse 2009 « Dark night ofthe soul » label : internet



Encore plus profond dans les abysses ténébreux d'un rock nocturne, Black Heart Procession ont sorti en 2010 leur sixième album et leur retour fracassant chez Temporary Residence (touch and go ont désormais disparu). Je me souviens encore de cet étourdissante apparition en 99 avec « 2 », notre canasson jouait de la trompette, et les chauve-souris rouges voltigeaient sur fond noir. Une voix à faire pâlir Bill Callahan dansant avec un accordéon et une scie.
« Rats » en 2010 a avoiné mon cerveau en rock toxique pour mieux braver le tumulte misanthrope du trafic qui nous plaque, asphyxié. Quelle gueule de bois ce disque, quel retour, quel galop surréaliste. Et pourtant ça débute comme une berceuse pennsylvanienne, tendre et comateuse avec des violons ajoutés. « Wasteland » reprend le flambeau d'un Tom Waits diabolisé. « Witching Stone » calme le jeu avec un morceau pop au gimmick pianistique. « Heaven and Hell » est là à point nommé dissertant sur l'avenir et le passé du groupe. « drugs » encore une berceuse pieuse avec la lenteur d'une nuit sans bruit, ni vent où viennent se ruer quelques cœurs volants, des zèbres fantômes et des lunes anthracites. J'ai le nouveau foin des Black Heart Procession entre les mains, ce retour noctambule m'enchante et me ramène à « 2 » et « three » mes errances d'alors.
Black Heart Procession 2010 « six » label:temporary residence.




Quant au chevaux de pochettes, il y a quelques disques excellents dont lesauteurs n'ont osé se coiffer de crinière mais:
SOY UN CABALLO (excellent folk intime, ouaté, carrefour artistique : melon galia, venus, morning star, high llamas); BOB SEGER et son imparable « against the wind » (mon premier essai peinture en reproduction), Alex Delivery (plus expérimental en son) et The Besnard Lake (le shoegaze pastoral qu'on leur connais) chez Jagjaguwar; Flowers from the man who shot your cousin en 2006 (ruminant eux aussi des balades à l'état pur, proche de Roger Quigley cette fois-ci).
Tous ces disques équestres ont un espace démesuré, et sont absolument recommandés.
Bob Seger 1982 « against the wind » label : colubia.
Alex Delivery 2007 « star destroyer » label : jagjaguwar
The Besnard Lakes 2007 « the besnard lakes are the dark horse » label : jagjaguwar
Flower from the man who shot your cousin 2006 « hapless » label : waterhouse
Soy un Caballo 2006 "soy un caballo" label:matamore

1 commentaire:

Francky 01 a dit…

Sympa cette idée article thématique : "chevaux, pochettes de disques et musique".

Sparklehorse : En mars je crois, on va commémorer 1 an de vie sans Mark Linkous...Et oui, 1 an déjà ! "It's a wonderful life" (quel titre ironique, bel emprunt à Franck Cappra) est SON chef d'œuvre. Un disque de folk rock neurasthénique, un songwriting dépressif et sous valium. Tant de grâce et de beauté réunis sur ce disque....

Black Heart Procession : Je ne connais pas.

The Besnard Lakes "are the dark horse" : encore un petit bijou neurasthénique mais cette fois, pas de folk mais un rock indie trempé dans le shoegaze, le space rock et le post rock, planant et atmosphérique...Et cette pochette, quand même, la classe....

Le 07 mars 2011, un an que Mark Linkous aura disparu. Je lance un appel à tous ceux qui ont été bouleversé par cette tragique nouvelle mais avant par sa musique, notamment l'album "It's a wonderful life", disque de chevet comme tu le dis. Et si nous tous blogueurs, on faisait un petit clin d'œil à lui sur nos blog respectif ?????

A + +