dimanche 19 juin 2011

Sinfield / McDonald / Giles /Fripp... King Crimson & co





King Crimson avait plutôt une vision mathématique de la musique progressive, Robert Fripp ayant une approche assez technique des architectures guitaristiques.
Peter Sinfield, présent sur les quatre premiers albums du plus célèbre groupe rock-prog aux pochettes fauves et parnassiennes, remercié juste après « Islands », est venu contribuer à la fraîcheur poétique de la formation.
Cette douce osmose entre la poésie à fleur de peau et la construction rigoureuse des morceaux, ont fait de « In the court of Crimson King », « Lizard », « In the wake of Poseidon » et d' »Islands » des chef d'œuvre 70's d'une musique en pleine mutation dont ils furent les protagonistes.





Peter Sinfield écrit des poèmes, il était présenté dans le livret comme l'artiste des mots et des illuminations. Collé à la production, il a injecté au collectif, cette douce vision imagée et lyrique. La poésie.
Son disque solo, après avoir quitté le groupe en 73 est un phénoménal mélange de Current 93, Chris DeBurgh et surtout des vastes ondes synthétiques de Barclay James Harvest de la même époque. La poésie est ici, la sensibilité qui pleure sur les mellotrons...avec quand même il faut l'avouer, du Crimson dans le sang.
C'est Esoteric qui en 2009 a ressorti ce bijou rare avec une flopée de bonus, un double album.
Producteur la majeur partie du temps, il s'est aussi occupé un moment des albums de Roxy Music.

Peter Sinfield 1973 « Still » label : esoteric édition cd 2009
http://www.songsouponsea.com/
échelle de richter : 7,8
support cd
après 5écoutes











Autre poésie en partance, la flute de King Crimson dès le premier album, tenue par Ian McDonald. L'album McDonald and Giles en 1970 sont des chutes du Crimson réutilisées, le matériel en suspend est interprété ici par le flutiste Ian McDonald donc, en compagnie du batteur Michael Giles toujours au sein du groupe quant à lui. Peter Giles le frangin est là aussi, à la basse, et enfin Steve Winwood vient tenir les claviers.
Ce disque très progressif, mathématique reste pour le moins un objet très rare, très prisé, il est la face B de « In the court of Crimson King », une unique escapade des membres d'un des groupes le plus malléable de l'histoire. Entre parenthèse, les deux hommes s'affichent avec leur partenaire respectif de l'époque, sous une pochette que j'aime particulièrement, reflet fidèle d'une époque riche que je chéris sans limite.
Beaucoup moins mythique que son ainé « In the court of Crimson King », ce disque n'en reste pas moins important, puissant, de très haute qualité qu'il ne faut pas considérer comme un rebuts.






McDonald and Giles 1970 « McDonald and Giles » label : virgin édition cd 2002
échelle de richter : 8,5
support cd
après 3 écoutes


Les frères Giles avant l'explosion Crimson, se sont associés à Robert Fripp pour deux albums comme des préliminaires au grondement révolutionnaire. Giles, Giles & Fripp formé en 67 attendaient leur heure et s'affutaient avec se fantastique premier album « The cheerful insanity of », complètement Fripp, technique, guitare, avec une touche Syd Barrett. Les voix superposées à la Beach Boy, rappelle un petit groupe récent à la même folie prog, U.N.P.O.C. Un poil jazzy, très pop, beaucoup moins poétique que la suite des évènements, les frangins et le guitariste légendaire s'aiguisent, s'amusent, à l'image de la pochette, encore profondément encrée 60's. Et déjà, le King Crimson se dessine.







Giles, Giles and Fripp 1968 « The cheerful insanity of » label : esoteric réédition cd 2008
échelle de richter : 6,9
support cd
après 2 écoutes.

www.cherryred.co.uk/esoteric /
http://www.king-crimson.com/












2 commentaires:

Francky 01 a dit…

Bravo pour ce superbe et pertinent post sur King Crimson et les aventures soniques en solo de ses membres. J'y ai appris beaucoup car je ne mettais jamais pencher sur ce qu'avaient fait les musiciens de ce groupe révolutionnaire.
Pour moi, King Crimson reste associé à son first LP, " In the court of the Crimson king" de 1969. J'adore la reprise par feu Noir Desir du premier titre de ce disque, "21st Century Schizoid Man". De plus, la pochette est excellente, très beau clin d'œil à Munsch.............J'aime à dire, à propos de cet album :
TOUT le rock progressif est sortie de cette gueule terrifiante ! C'est un peu LA Matrice du rock prog'.
"Lizard" et "In the wake of Poseidon" sont aussi des chef d'œuvres lyriques et épiques. C'est le mélange parfait du rock prog', du rock psychédélique, de l'acid folk avec des arrangements d'orfèvres et des orchestrations monumentales et baroques dignes de la musique classique. Les constructions tout en montées sont de véritables charges des Walkyries modernes.......

A +

charlu a dit…

Merci beaucoup Francky.. je suis très fier d'apprendre qqchose à qqun via ma compulsion à fouiner. Aussi, tes posts sont rééllement des retouches, des compléments, des collaborations ..j'espère qu'on les lis. Elles méritent une chronique à elles seules. Surtout ta phrase synthèse sur "In the court.."....superbe .. t'as pensé aux pochettes de gueles ouvertes avec les Stones en fer de lance ???
Francky !!! pour les barbus .. sur les 26 t'as du Bob Seger ??? J'avais pensé à Sealsick Steve, mais y met jamais sa tronche dessus.
Ceci dit .. bien à toi et vive le Crimson.....