jeudi 16 juin 2011

Shane Murphy / Robbie Robertson / Warren Haynes / Seasick Steve




Remontons à la surface pour une petite pause americana, comme j'ai déjà eu l'occasion de présenter ici, ou encore . Trois albums blues à papa retiennent mon attention ces derniers jours.

Le meilleur de tous, Shane Murphy avec le chaud bouillant « Street money miracle ». Son blues astral et vaporeux est noyé dans une modernité sonore, un arrangement époustouflant, le tout outrageusement chaloupé de soul, reaggae, funk sensuels. Si Lenny Kravitz énerve et Ben Harper déçoit (pléonasme ??), Shane Murphy prend ce qu'il y a de mieux chez les deux « stars » et balance un modeste chef d'œuvre voluptueux, épicurien, chic avec des musiciens de haut niveau, et une voix superbe.
Irlandais exilé à Montreal depuis 1996, Shane Murphy apparaît dans les bacs ces jours-ci, il faut se ruer dessus et l'écouter à n'importe quel moment de la journée, sans modération.

Shane Murphy 2011 « Street money miracle » label : pop law under
www.shanemurphy.com

échelle de richter : 8,5
support cd
après 3 écoutes

quand on aime : stevie ray vaughan, ben harper, lenny kravitz






Robbie Robertson est un montrealais pour une autre raison, c'est d'y être né en 1943. Énorme guitariste aux multiples collaborations, il a surtout écrit un paquet de BO, puis s'est essayé acteur par la même occasion. Avec uniquement cinq albums perso au compteur, ce dinosaure a sorti cette année « How to become clairvoyant » avec son vieux compagnon complice de la six cordes Eric Clapton.
Le tout donne un album fidèle aux convictions des protagonistes, du blues, plus académique que Shane Murphy. Une légère touche soul vient trainer ses hanches sur les pistes qui sont agrémentées pour l'occasion d'un cd bonus avec qq démo. Le son aussi est assez proche du parfait (Trent Reznor), et la guitare de Slowhand comme à son habitude, faussement douce et délicate en arrière plan. Ça urge pas, mais c'est à écouter comme un bon petit cru, de ceux qui ne déçoivent jamais.

Robbie Robertson 2011 « How to become clairvoyant » label : fontana
www.robbie-robertson.com

échelle de richter : 7,5
support streaming
après 1 écoute





Autre grand guitariste aux multiples collaborations et à la discographie légère (deux albums studio), Warren Haynes. Sa plus grande bosse est d'avoir user les planches et les enceintes avec les Allman brothers. Un album un poil hardos FM pourrave sorti en 1993, il entame son grand retour avec un album de blues cuivré, assez classe dans l'ensemble, propre et bon comme un Santana, ou un Dave Matthews band. Faut aimer les gros clichés décapotables, soleil de plomb, orgue hammond, route 66-queue de cheval-tiag-avecdeschœursfémininsderrière. « sick of my shadow » mention bien, même si j'ai cru voir un moment « suck my shadow »..désolé.
Bon, ça paraît pas sympa vu comme ça, mais ça coule tranquille, les morceaux sont tous longs, à écouter sans se prendre la tète quand on aime …. voir plus bas....

Warren Haynes 2011 « Man in motion » label : provogue

www.warrenhaynes.com
échelle de richter : 5,5
support streaming
après 1 écoutes

quand on aime : santana, joe coker, bob seger, dave matthew band, eric clapton.....





Allez, un petit dernier pour la route, une mention particulière au vieux Seasick Steve (lui a dépassé les 70 ans) qui balance un blues pur cru, sans rien d'autre autour. De l'authentique, du terreux, du ténébreux, et là ça rigole plus. Je l'écoute en streaming (grâce ou à cause de lui j'ai un compte deezer) pour être resté bredouille quant à son acquisition en bacs !!! Collé à mon clavier j'écoute jaloux et frustré, même si je me dis que j'ai déjà plongé sur Greg Brown avant qu'il ne disparaisse. Ouaih, mais là il y a un banjo et un violon, puis quelquefois on est sur le secteur et on quitte Kalvin Russell pour aller loucher du côté de zz top. Du pur jus crossroad à bouffer les racines, ce disque cabot est indispensable pour s'aiguiser les canines.

Seasick Steve 2011 « You can't teach an old dog new tricks »
www.seasicksteve.com


échelle de richter : 7,6
support streaming
après 1 écoute

quand on aime : john lee hooker, kevin russell, johnny winter, ZZ top (débuts)


5 commentaires:

Benoit a dit…

très bel album, peut-être le meilleur dans le genre cette année. J'y ai apporté ma contribution aussi. (à effacer : le commentaire publié par erreur sur l’article précédent)

Benoit a dit…

non en fait j'avais bon, le commentaire était bien destiné à Dustin O'Halloran. Désolé pour le dérangement.

charlu a dit…

No problémo Benoit..sauf que j'ai le post sur les deux chroniques.. j'avais capté car j'avais lu ton billet sur Halloran. En fait je l'écoute depuis qq semaines, mais je suis resté muet et envouté, c'est le genre de disc que je garde en égoiste, c'est pas bon commeprincipe, alors, le blog me soigne et je balance.
Merde j'avais espérer voir 2 commentaires sur Shane Murphy, ou Robertson... allez vas-y quoi, j'essuie des bides avec mes vieilles musiques à papa !!!!

J'ai pensé à toi avec Cat'sEyes..cinématographique à souhait, mais je saispas l'exprimer..super disc.
Bye

Blake a dit…

Mais si Charlu on peut venir ici pour dire par exemple : moi j'ai un p'tit faible pour Robbie Robertson. Quand même, ex-guitariste du Band avec Dylan...
Je connais mal son oeuvre perso d'ailleurs, mais le peu que j'ai entendu, y a de fort bonnes ondes :-)

charlu a dit…

Ouiii mon Blake, Robertson a fait parti du Band et de cette ultime valse extraordinaire... et d'ailleurs, c'est là le hic avec Clapton qui croyait y voir son remplaçant.. Nenni, les deux sont tjrs potes et grattent ensemble. La preuve un bon petit disc 2011... eh tu sais que notre ami commun "la musique à papa" est un titre de blog que j'ai jalousé illico. Quelle belle affiche.

Merci d'être là les p'tits gars.
BIZ