samedi 11 mai 2019

Jay-Jay Johanson



Rudoyé par une météo de cendre aveuglante, lessivé par des heures de saucée au grain permanent, je vais vite me réfugier chez Jay-Jay Johanson avec qui j'aime bien vivre cette météo. Gimmick, electro pop, crooner, mélodies, bossa triste et ballade dandy. C'est bien lui une nouvelle fois. Et quand la pluie tiède revient sans répit, Jay-Jay n'est pas loin.

C'est même bien pire que ça, juste à l’abri du rideau d'eau, je déguste ses nouvelles chansons magnifiques, et comme pour parler au ciel gris qui n'en finit plus de descendre, il me vient une mélancolique envie de fumer. Que sorte de ma bouche les mêmes nuages infligés. Bien sûr c'est pas bien, me faites pas dire ce que jamais je n'avais l'intention d'avouer, c'est pas bien. Mais là, avouez, juste à attendre l'éclaircie sous l'appentis et le bruit des clapotis, quelques taffes n'auraient pas été un luxe ni une quelconque angoisse hypocondriaque. J'ai dépassé l'année sans fumée, oh je n'étais pourtant qu'un piètre fumaillon... et là, l'envie d'aspirer à plein poumon les nuages qui plombent, avec « Kings Cross » dans le crane.... Sont souvent grises ses pochettes, ça lui va tellement bien, c'est tellement beau l'intimité mélancolique qu'il chante à chaque opus. Une tige qui crépite comme les doux scratch de son électro discret, l'hyperhygiénisme qui nous envahit m'emmerde d'une force.

C'est une aubaine ce temps, quand JJ Johanson sort un autre album superbe, feutré et envoûté.

Jay Jay Johanson 2019 « Kings Cross » label : kuroneko media / art29music

6 commentaires:

DevantF a dit…

Ha ha une cigarette après... j'imagine bien ce que tu ressens, c'est comme pas mal de chose où il y a pléthores d'explications, de livres, de témoignages pour nous expliquer comme c'est mauvais pour la santé.
Addiction, le besoin de nicotine etc... Le corps qui nous trahit.
Mais quand même, parlons un peu des plaisirs associés qui laissent de bons souvenirs, un si bon souvenir qu'avoir cessé - par exemple - de fumer nous prive aussi de moments chéris, que l'on fantasme à force peut-être?
J'ai arrêté depuis an 2000, 7eme tentative réussi il semble ... houla... je dérive alors que surtout...
... je voulais enchaîner sur Jay-Jay et la couleur, mes premières rencontres en médiathèques, 1996 "Whiskey", il fait maintenant de ces rares albums que je ne possède pas en vinyle mais qui rejoint tout de même la musique imprimée pour longtemps en moi.
Ce mélange RélectroMania. Je connais pas le dernier, mais en fait je n'ai jamais réussi à me pencher sur d'autres de ses albums, pas de bonnes raisons. Je reviens systématiquement sur la mélancolie de "It Hurts Me So", "So Tell The Girls That I Am Back in Town", "The Girl I Love Is Gone", "I'm Older Now" (<= des textes sur une musique superbe de Michael Nyman)
Regarde! Le soleil est de retour
(Je vais & j'ai pas mal commenté car ce week-end pas de post perso ;-) j'ai du temps)

TonTonMusik a dit…

J'avais croisé cet artiste avec la chanson "Suffering" qui m'avait beaucoup plu en son temps et après j'avais quitté son univers, on va réessayer un tour par chez lui.

elnorton a dit…

Il est juste magnifique cet album. Peut-être mon préféré de l'année pour l'instant. En parlant de corps qui lâche, il repart pas en cacahuète avec le sien, le Jay-Jay ? Je le trouve à nouveau squelettique alors que j'avais l'impression que ça allait mieux à ce niveau il y a 10 ans (à l'époque où il me fascinait un poil moins musicalement). Comme si la forme artistique était chez lui associée à l'auto-destruction physique... J'arrête la psycho de comptoir. Et je me réfugie dans ce disque divin.
Meilleur encore qu'Opium, qui était mon préféré depuis la trilogie dorée Whiskey, Tattoo, Poison...

Chris a dit…

C'est le 1er Jay Jay Johanson que j'écoute et c'est pas mal, à voir si ça m'incite à écouter les autres...

charlu a dit…

J'y pense et puis j'oublie.. en règle générale ça me dégoutte maintenant..mais tu vois, un petit coup de flotte et hop, tite envie ;D
"Whiskey" et un chef d’œuvre.

Tonton et Chris, il est assez fidèle dans son art, on peut taper un peu partout sauf... celui qui me laisse froid, sa tentative Anthema... p'tit truc bien pourri :D

J'ai vu chez toi ElNo, Poison, y'a des chansons à se torde dedans.. c'était ma période trip hop avec Portishead et Notwist aussi. Mais oui dis donc, qu'est ce que'il a le JJ ?? les pochettes se ressemblent et j'avoue ne pas connaitre grand chose de sa vie privée. J'entends as trop le son d'un défonce man ;D

elnorton a dit…

Clairement, Whiskey est un chef-d'oeuvre, mais y en a d'autres. Pas accroché à Antenna non plus, une faute de goût musical et esthétique (sérieux, ce look sur la pochette, même Bowie n'aurait pas osé). Y a Rush aussi, qui est raté.
Et sinon, rien à jeter.
3 chefs-d'oeuvre d'entrée, ces deux ratés (Antenna/Rush) ensuite, pour enchaîner dans l'ordre avec 2 vrais bons disques, 2 plus dispensables, 2 excellents, et un nouveau chef-d'oeuvre.

Je pense pas que ce soit un défonce man non plus, je pense juste qu'il est anorexique. Et torturé, ça va souvent de pair. Et cette pathologie à base de vie ascète a sans doute un impact sur ses compositions.