dimanche 10 février 2008

Michael Gira / Dan Matz


La rencontre ponctuelle de Dan Matz et Michael Gira pour l’occasion d’un disque unique restera un évènement astronomique comme ceux qui n’ont lieu que plusieurs décennies après. A notre échelle terrestre, une éclipse pourrait résumer dans une contemplation silencieuse ce moment rare, non pas dans le fait qu’un astre en cache un autre, mais dans l’observation de leur alignement parfait.
Une union ponctuelle, deux astres artistiques se rencontrent le temps de quelques chansons. Deux institutions qui fusionnent pour un instant magique avant de se séparer à nouveau vers leurs carrières respectives. Les carrières justement, quelle autre rencontre divine pouvions nous mieux rêver que celle-ci ? Percevoir une synthèse de quatre groupes quasiment cultes pour deux cerveaux aux orientations similaires et se prendre de face la symbiose qui en découle.
La rencontre s’est amorcée lorsque le premier album de Windsor for the Derby « difference and repetition » fut hébergé par le label de Michael Gira, « young god records » en 1999. Tout naturellement, cet opportunisme devait aboutir à ce phénomène tellurique. Oeuvrant tous les deux dans un moyen d’expression basé sur la répétition, le songwriting lancinant sonne comme un compte à rebours implacable. Quelques notes jouées en boucle, manège glacial de chansons sans refrain. Comment avouer un attachement à de telles monotonies atmosphériques portées par des voix et des guitares ténébreuses sans passer pour un lugubre, car en prenant un peu de recul, ce disque est d’une désinvolture ensoleillée. Le même entêtement habite les deux hommes, comme des boucles entrelacées dans une osmose presque parfaite. Les voix s’entremêlent et se succèdent presque sans aucune distinction. Les visages de la pochette ont la même posture et peints sans ménagement. Une telle communion artistique avec autant d’harmonie et de perfection alignée s’écoute comme on regarde une éclipse totale. Quand les deux astres se confondent dans des nimbes de surdités, toutes les tensions tombent, le tumulte animalier cesse le temps d’une douce pénombre, d’un tamisage lumineux proche de l’intimité universelle. Tout devient contemplation, pause, accalmie éphémère.
Leur rupture respective semble se neutraliser, eux qui séparément offrent des tensions froides proches de la cassure. Débarrassée de toute oppression, cette pause régénératrice est un instant unique qu’il faut capter et observer avec les protections rétiniennes recommandées sans lesquelles le cerveau subirait des brûlures irréversibles. Il faut auparavant avoir pris de face et digéré la discographie des Windsor for the Derby ; Swans ; Birdwatcher ; et d’Angel of Light afin de comprendre de quelle manière la mise à nue conduit à l’essentiel et relativise toute émotion définitive. Comme après l’éclipse, la puissance phénoménale diffusée dans une atmosphère acouphène et inhibée n’est plus qu’une rumeur d’un fait miraculeux que nous ne revivrons peut être pas.
Les chansons défilent ainsi avec un effet de poison qui se diffuse, on se sent partir, happé par la mélancolie anesthésiante terriblement contagieuse.
Il est des osmoses qui se justifient par l’accumulation de talents et on se demande pourquoi finalement des groupes comme Architecture in Helsinki ou I’am from Barcelona ont besoin d’autant de superpositions d’artistes mono-tache pour accoucher de musique aussi inaudibles malgré la réputation de chacun. Elaguer, faire le tri, ne garder que l’essentiel, balayer le brouhaha qui alourdit gratuitement pour ne laisser que la fusion ponctuelle de deux évidences artistiques, deux longueurs d’onde similaires. Ne pas noyer l’émotion dans de bruyantes tromperies dans le simple but d’amuser, ne pas cacher la réalité dans de ludique chorale à la gaîté déguisée. Ne pas superposer trop de couleur qui tendent inévitablement à des gris, seul deux d’entre elles suffisent à faire des nuances. Deux cerveaux artistiques associés peuvent mettre en branle un univers musical.
Sans jamais hausser la voix, les deux hommes s’affirment dans un minimalisme austère. Chacun doit apporter sa nuance, il est inutile de décortiquer ces légères influences tellement on semble n’entendre qu’un seul homme. En dehors de deux participations éclaires (James Plotkin et Anna Neighbor), Dan Matz et Michael Gira assument la totalité des instruments, voix et écritures. L’intimité est telle qu’on semble voir la chair écarlate de chacun au travers d’une plaie ouverte sur les deux carrières respectives. Un moment rare et unique, une opportunité divine dans les souterrains musicaux de l’indépendance.






M.GIRA / D.MATZ 2001 "What we did " label: young god records

jeudi 7 février 2008

Cat Power / Stina Nordenstam







Les avis partagés qui couvrent la sortie d’un album « cover » peuvent s’échiner à argumenter leurs positions dans tous les sens, il n’en reste pas moins que cet exercice de style est une récréation dans une discographie. Entre hommage et curriculum artistique avec lequel on essaye de justifier ses influences, l’épreuve qui semble être incontournable pour s’affranchir d’une notoriété, n’a que très peu d’intérêt. Il est très facile de passer outre ces apartés musicaux.
Cette sensation n’a pas failli avec "Jukebox" de CAT POWER sorti ces derniers jours et accueilli comme un évènement médiatique de début d’année. Cette deuxième « compilation – hommage » de Chan Marshall ne déroge donc pas à la règle malgré tout ce que l’on peut écrire sur la façon d’interpréter ou sur la trempe de l’artiste. Certes le disque est assez bon, même très agréable comme l’ont été « cover magazine » de Giant Sand ou encore « Sorry i made you cry » des Czars, mais l’enthousiasme n’y est pas.
La découverte d’un nouvel album de reprises quelque soit sa qualité déclenche chez moi inévitablement le même réflexe depuis qu’est sorti vingt ans auparavant « people are strange » de Stina Nordenstam. Les pièces revisitées de cet album resteront les plus fascinantes du genre. Des reprises méconnaissables, une cohérence époustouflante avec comme fil conducteur à cette succession de bijoux l’émotion à fleur de peau d’une relecture vierge de toute influence, comme si l’interprète n’avait jamais entendu les standards originaux. Quel intérêt de ressasser dans le lisse et l’insipide, de vouloir affirmer une posture déjà acquise parmi les grands, de se laisser aller à une récréation inutile, de combler ainsi un manque d’inspiration… c’est dit, je retourne à l’épure, au décortiqué, à l’émotion, à "Sailing", "bird on a wire" et "purple rain" de "people are strange".
CAT POWER : 2008 "jukebox " label: matador
STINA NORDENSTAM : 1998 "people are strange" label: eastwest





samedi 26 janvier 2008

Fonal : Elenoora Rosenholm / Ville Leinonen




Une nouvelle fois je voudrais m’attarder sur deux des dernières productions (53 et 54 ième) d’un label bouillant des pays nordiques. « Fonal records » est une richesse artistique locale très peu distribuée en France. Pourtant de multiples couleurs très à la mode jaillissent de ce bouillon culturel, des teintes chaudes comme le psyché expérimental, l’électronica, la pop naïve, le rock dans ses versions les plus country et surtout une liberté de composition d’un collectif qui comme chez Constellation échange les artistes et les invités pour de multiples collaborations. Cette osmose est telle que l’arborescence qui croît de ce cœur musical va jusqu’à toucher des racines les nimbes acid-folk américaine au travers de groupes comme Pharaoh Overload (last visible dog), ou Avarus (secret eye records). Le tout est emmené par un homme polyvalent autant dans la musique (auteur compositeur) que dans le graphisme des pochettes. Il est aussi ingénieur du son et fondateur du label qui a dorénavant son nom dans les incontournables indépendants. C’est en 1995 que Sami Sänpäkkilä lance Fonal, aidé par le distributeur belge Kraak, label tout aussi indispensable.
La plupart des albums sont chantés en finnois, et donne une idée sur l’identité revendiquée par ce courant musical scandinave. Chaque disque obéit à une ligne graphique digne des plus beaux objets à collectionner relarguant aux tristesses le Mp3 insipide. L’hébergement d’un artiste offre un design somptueux, des pochettes différentes mais une présentation unique. La bague entourant harmonieusement la couverture cartonnée est une signature exclusive. Oui, je persiste et j’insiste, l’objet du disque en tant que tel a une importance vitale.
Elenoora Rosenholm et Ville Leinonen donc sont les deux dernières productions finlandaises disponibles dans les bacs. Deux disques au style différent, mais à la fraîcheur égale. C’est l’automne quand sort "Suudelmitar" de Leinonen, une localité dont il est amoureux et qu’il revendique au travers une collection de chansons très poétiques et printanières . Le disque est impressionniste, descriptif (les paroles sont traduites dans le livret), fleuri et amoureux. Les meilleurs musiciens finlandais sont là, pour un disque qui devait à la l’origine être chanté seul avec une guitare…. C’est très frais, et même chaud comme des balades lusitaniennes. D’ailleurs certaines chansons sont très hispanisantes, tant au travers de la langue que dans les guitares sèches. Le folk se promène dans les nimbes fantomatiques des premiers albums de Supertramp et la réalité pop espagnole d’un confrère européen Nacho Vegas.
Beaucoup plus tourmenté, Elenoora s’exprime dans un fun-pop post 80’s sérieusement basé sur des programmations synthé. Les chansons dynamiques entament un disque court entrecoupé de deux plages instrumentales ambiantes et inquiétantes. A la manière d’un générique de dessin animé japonais, « vainajan muotokhva » lâche deux morceaux très ludiques avant de calmer le jeu avec « Ovet ja huoneet » dans un cold wave sombre comme le design général de la pochette. En guise de présentation d’album Elenoora affiche une réflexion complexe pleine d’excuses et de remords sur les sentiments et des comportements, contrairement à Ville qui exprime fidèlement un élan poétique très en adéquation à son disque chlorophyllien.
Deux artistes d’actualité aux expressions différentes pour un label référence dans ce coin d’Europe vers lequel tous les regards curieux d’un folk au sommet de son art doivent se tourner.
Elenoora Rosenholm 2007 "vainajan muotokhva "
Ville Leinonen 2007 "Suudelmitar"

Winter Family


Un moment de flottement dans la discographie, un disque en état de grâce qui défraye la chronique depuis quelques mois déjà. Winter Family est un duo franco/israélien. Xavier Klaine penché sur son clavier accompagne en nappes et en notes les textes que psalmodie Ruth Rosenthal.
On est pétrifié, saisi de frissons et d’entrée on ferme les yeux pour mieux voir la lueur véhiculée par les ondes d’orgues et de piano. Un romantisme rare et intemporel suinte de ce timbre grave et monocorde profondément appuyé par les récits en hébreux et un enregistrement dans une chapelle. Xavier lui place avec harmonie et dévotion ses notes de piano minimales et répétitives, bien loin de son passé électro au sein du groupe Blockhead (ninja tune). Le double album (un noir et un blanc) est publié chez Sub Rosa, auberge musicale très expérimentale qui place la plupart de ses productions dans un genre de « musique nouvelle », contemporaine, « open » à tendance électronique. Voilà pour le curriculum vitae de cette œuvre incantatoire.
Pour ce qui est des émotions qui peuvent sourdre de cette messe mystérieuse et musicale, chacun laissera son épiderme s’exprimer, être remué malgré lui. Les paroles tantôt en anglais, tantôt en hébreu parlent de guerre, de souffrance, d’amour, la consonance est biblique, mais les images incontrôlables habitent nos pensées et on se laisse dériver par quelques fantasmes délicieux et inquiétants à la fois. Comment expliquer alors que des bouffées sensuelles peuvent naître de cette messe, que chaque phrase puisse être une caresse, un chuintement humide. Les articulations vacillent, les bas sont noirs, des soubresauts amorcent la syncope, les mains tremblent, les yeux sont clairs comme la peau laiteuse d’une femme directement sortie d’une scène de Kubrick. Et l’on sort de cette communion mystique comme partagé entre un pardon amoureux et une foi sentimentale sans remord ni regret.
Une rencontre opportune qui fait coïncider deux arts dans une osmose parfaite chargée de visions théâtrales, de politique, de mélancolie cosmique, de foi, de pudeur aussi, de noir et de blanc, de mélodies, de musique et de mots.
Winter Family 2007 label : sub rosa

Huiles sur toiles, quatrième page







mercredi 23 janvier 2008

Colleen & Efterklang








La recrudescence de disques appelés par la profession « néo-classique » ne mérite-t-elle pas une étagère à elle toute seule ? L’hermétisme quasi systématique du rayon « classique » (on pourrait en dire autant du jazz) fait que les disques de cette couleur sont mélangés par ordre alphabétique dans les bacs autoproduits et indépendants. D’obédience classique certes, cette musique tend à l’expérimentation, l’ouverture à plein d’horizons différents (électronique ou pop), d’influences et de métissages diverses. Comme le sublime album de Susumu Yokota « symbol », il est plus facile d’être devant sa platine à travailler quelques effets sur tel ou tel morceau classique existant depuis des millénaires que de composer une partition digne de cet héritage ancestral. Et pourtant ce genre de création existe, les artistes composent et sortent des albums superbes dans l’ombre et l’indifférence underground. Slow Six ; Boxhead ensemble ; Rachel’s ; Astrïd ; Clogs ; Max Richter ; Fifths of Seven, Sylvain Chauveau, ou le troublant dernier album de Deaf Center……Je pense aussi au collectif Constellation qui teinte son expérimentation de classique aux travers des travaux de Silver Mont Zion et de leurs multiples collaborations (Esmerine) .Finalement, l’expérience poussée à l’extrême peut s’habiller de « classique » par le biais de labels très ouverts comme important records avec le pianiste Conrad Schnitzler, ou cold blue, ou des artistes comme Jorane ; François-Eudes Chanfrault ; Pierre Bastien.
Bref tout ça pour en arriver au label Leaf recordings et les deux dernières production « néo-classiques » des Danois Efterklang et de la parisienne Colleen (Cécile Schott). Deux magnifiques albums au fond classique mais à la forme différente sur lesquels il est urgent de s’attarder un moment. Si « les ondes silencieuses » de Colleen s’exprime dans un sentiment d’intimité, « parades » d’Efterklang lâche les fauves dans une musique torturée. Pour revenir à mes émotions maritimes (cf Annelie Monserré décembre 2007) la vision océane tumultueuse qui se dégage de « parades » peut s’apparenter chez Colleen à une vaste étendue d’eau calme, une surface d’huile laissant le silence jouer avec les murmures de la nature alentour. Pour elle, l’onde musicale qu’elle exprime peut ressembler au « sentiments que tu peux avoir en étant près d’un lac ou d’un étang ». Dans le langage scientifique, les ondes silencieuses se rapportent aux ondes sismiques que l’homme ne peut entendre mais qui se propagent avec une puissance sourde. Voilà comment pourrait être résumé l’album de Colleen, une colère souterraine qui caresse en surface, le tumulte apocalyptique, c’est du côté d’Efterklang qu’il faut aller écouter.
Tout se clarifie chez Colleen, son art est en perpétuelle évolution, aussi, la mélancolie ténébreuse du premier album « everyone alive wants answers » laisse place au fil des disques à une clarté lyrique guidée par l’amour de la mélodie. Le son est pur, brut, dénudé de tout effet qui faisait de Colleen en 2003 un artiste électro incontournable . Les boucles sont encore présentent certes, mais allégées de silences entrecoupés et d’espace. Les cordes métalliques du violoncelle sur l’album précédent, sont cette fois-ci en boyau, mais la viole reste branchée, électro-acoustique pour un rendu sonore plus fiable et pour un album intemporel sans hommage ou cliché rébarbatif.
Loin de la musique solitaire de Colleen qui laisse les instruments s’exprimer un par un, Efterklang propose un voyage orchestral puissant ; 18 mois de travail dans des endroits d’enregistrements différents et une grosse équipe de musiciens/techniciens très divers (30 au total), une chorale religieuse, des superpositions philharmoniques touchant la perfection. « Parades » pulse dans la musique volumineuse, le son est tectonique et apocalyptique, l’orchestration grandiose. Malgré cet aspect très « classique » à la limite du baroque, Efterklang reste très fermement accroché à notre époque dans la mesure où ses chœurs fous travaillent à la manière des chants vocaux délurés de Cerberus Shoal, ou Silver Mt Zion. Aussi le tout reste expérimental avec une recherche sonique originale allant du celtique dansant, « horseback tenors », au xylophone aéré et cuivré de « caravan ». De même quelques morceaux sont chantés, d’une voix douce qui contraste avec la chorale, une voix pop qui côtoie le fantôme d’un Syd Barrett narcoleptique, voire Tom Yorke.
Tout ça se passe chez Leaf, label à tendance électro-jazz pop..après l’échappée folk de Nancy Elizabeth, l’épopée classique semble prendre forme auprès de ses deux artistes confirmant leur discographie déjà conséquente.
Un véritable casse-tête donc pour les disquaires. Les majors (variété internationale), le jazz et le classique rejettent tout ce qui ne se rapporte pas à leur « caste », toute ouverture possible à un quelconque métissage ou manière de faire. Les bacs indépendants ou électro deviennent alors de véritables fourre-tout qui rangent les disques non pas en genre, en couleur, mais en production ou distribution.

Colleen:
"everyone alive wants answers" 2003
"the golden morning breaks" 2005
"mort aux vaches" 2005
"Colleen et les boîtes à musique" 2006
"les ondes silencieuses" 2007


Efterklang:
"tripper" 2004
"parades" 2007





samedi 19 janvier 2008

Radical Face




Décidement il est question de fantôme, dans la foulée convalescente d’un Syd Matters au plus haut de sa maîtrise (je parle de mon cerveau), RADICAL FACE déboule avec un album superbe intitulé « Ghosts » tout court. Certes moins mystérieux et fantomatique que « Ghost days » , Ben Cooper (alias Radical Face) propose dans le catalogue prestigieux des allemands Morr music, un opus céleste, féerique, un conte musical qui gravite autour des pérégrinations baroques de Flotation Toy Warning avec des airs vocaux et atmosphériques de Mercury Rev.
C’est bien chez Morr musique que l’histoire se passe, là où habituellement le numérique pixélise la pop, où l’électronique s'harmonise avec les mélodies.
Une petite voix nasale proche de Jonathan Wolf (Why ?) qui épouse un cocktail sonore fabuleux très bien dosé pour un conte naïf et frais. De cette poésie enfantine suinte un air revigorant, de l’eau claire et des myriades d’oiseaux. Un travail musical complexe telle une alchimie fragile se distingue dès la première écoute, avec une idée à la seconde et quelques détails délicats qui rendent le tout légèrement cinématographique.
« Winter is coming » claque tel un flamenco nordique, « Homesick » clôture l’album dans une somptueuse balade folk minimale avec la carrure de pouvoir rivaliser avec tous les plus grands songwriters. Finalement une légère pommade électro (on est quand même chez Morr) sera à peine perceptible et restera comme une teinte contrastée dans un disque plein d’insouciance. Le tout est joliment emballé dans une pochette cartonnée au design très Tom Waits.
Pour information, ce disque est sorti officiellement dans les bacs en mars 2007, totalement introuvable neuf, il aura fallu attendre ce début 2008 pour que je tombe dessus d’occas. Son CV artistique très enclin à Morr music (membre du groupe mieux distribué et de moindre qualité « electric president ») aurait dû quand même le rendre plus visible. Une injustice qu’il est bon de préciser. Il est vrai que le terme d’ « électro/pop/folk » est depuis des années un chemin très emprunté, un peu comme l’acid/folk d’aujourd’hui, il est donc de toute première urgence de trier ; d’extraire les pièces majeures de cette rubrique afin de ne pas passer à côté d’un album aussi délicieux.

Radical Face : 2007 "ghosts"

Gérard Manset 2026

Il y a déjà dans les crédits un message de remerciements pour des fidélités, Didier Batard, Serge Perathoner, Patrice Marzin... avec des dat...