Tout d'abord, il n'y a rien au dessus du sommet « Shadows Collide with People » avec cette collection tubesque de morceaux d'envergure (« Carvel » ; « Omission » ; « Regret » ; « Every person » frissons à chaque écoute ; « Wednesday's song » « Song to sing when i'm lonely » ; « Cut-out »). Voilà, ça c'est dit.
Maintenant le chemin qui m’amène à « The Empyrean ».
Le dernier Coxon et l'extraordinaire carrière solo d'un guitariste abîmé, accroché à un monstre. Le génie en retrait, la respiration réparatrice. Son sublime dernier album oublié m'a envoyé directement vers l'opulent Frusciante. J'en ai pour quelques albums à chaque séjour chez lui, juste après m'être emmanché « Shadows Collide.. » donc. Et quand l'effet du sang ne me suffit pas, je vais me finir chez Ataxia (même graphisme de pochette d'époque) jusqu'à perdre l'équilibre.J'avance et m'enlise toujours dans cette chronologie-là... « A Sphere.. » ; « The Will.. » après « Shadows.. ». Puis le sublime « Inside of.. » et enfin l'apaisement intime de « Curtains » avec plus de larmes encore (« Anne »).
Alors pourquoi « Empyrean » ? C'est comme un aboutissement, j'ai pourtant un peu négliger ce concept fantastique, cette sombre plongée dans un abyssale paradis mouvant. Jeu trouble et planant posé sur une grosse intro instru Young et floydienne. « Song the the siren » et sa voix résonne à nouveau, toujours au fond de la pièce, troublante, douloureuse, écorchée intime et puissante.Après plusieurs jours émouvants dans mon avancée récurrente, je reste amarré sur ce beau disque comme si je le découvrais. Août au frais.C'est aussi parce qu'il est pour moi la fin du trajet, je ne m'aventure jamais dans sa période électro, 2012 à peine survolé.
Quelle beau finish cet « Empyrean », j'ai la tète ankylosée et toute chargée de belles choses chagrines. « Stuff » dans le lointain comme une blessure, des cendres, la douleur de « Walls » résonne encore, chanter à en abattre des murs, puis « Unreachable » me rassure, « Heaven » m'enchante... quant au prog « Central » et la voix à la Bruce (Jack)...
John Frusciante une nouvelle fois, solo, la trique dans les doigts, sa grande liberté, ses mélodies brutes qu'il incarne dans les plus suffocantes émotions, « Control » et le très Stevie Wonder « Hope » bouleversant, et je me dis qu'un jour « Curtains » va détrôner « Shadows.. », il ne restera alors que celui-là. Et tiens en conclusion, il faut voir comment il a stratosphérifié les Red Hot avec les deux derniers doubles.
John Frusciante 2009 « Empyrean »



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