jeudi 20 août 2026

Jacques Higelin 1998

 


Oh la belle vie sous la pente quand gamin je suis monté sous les toits pour dormir avec devant moi les grandes plaines qui s'offraient. Dans la maison familiale pendant des années, avant de partir définitivement mon bac en poche, j'ai passé les plus beaux moments à l'étage. Puis Caen au creux d'une chambre de bonne, j'ai bâti mon corps de métier sous le toit de la rue Bayeux. Partout, ici, ailleurs, chez moi ou chez un ami, je dors bien sous le plafond oblique.

Ma chambre normande, face aux clochers de la cathédrale, pas loin de l'Abbaye aux hommes et du disquaire, seul à tout maçonner, dans ce grenier aménagé. J'ai vu le temps passer, une extrême longueur à étudier. Quelques musiques accoudé aux tuiles mouillées, en bas, un accordéon désaccordé pour chanter les soirs d'octobre.

Quelques années après dans ma maison, des grasses matinées à l'écoute du crépitement des gouttes sur le velux, je me suis molletonné la tronche.

La lumière oblique de cet abri triangulaire, l’alcôve dorénavant fait chanter le saphir et calfeutre la musique. Les tuiles, mon ancrage dans toute son intimité, le son, l'auberge pointue, loi carrez et dos courbé. C'est une chose très particulière la chambre sous le toit, un panorama où l'on caresse tous les plus beaux songes et quelques imprudences, les orages anthropophages. Toujours cette chanson me renvoie.



Jacques Higelin 1998 "Paradis Païen"




2 commentaires:

RanxZeVox a dit…

En voilà un qui disparait des radars. Ou plutôt, qui a disparu des radars, puisque c'est arrivé à l'instant même où il n'a plus été en capacité de s'incarner. Ce n'est pas un cas isolé, toute sa génération est concernée. Pas de reprise d'Higelin, Thiéfaine, Lavilliers ou Simon à la Star Academy, The Voice, pas de revendication de la part de la nouvelle chanson française. Autres temps, autres mœurs, Gainsbourg n'est plus assumé.

Charlu a dit…

Pas faux, font même plus partis des meubles. Surement géré par la "relève" qui considère que tout est jetable. Tellement de groupes à usage unique que je sais plus où donner d'l'oreille. Pour les piliers faut s'accrocher, plus des masses comme les anciens combattants. J'ai bercé les miens avec tout ça, au moins ça reste de la nostalgie pour eux, mais Thiefaine par exemple, c'est devenu plus qu'obsolète et parmi mes collègues très jeunes (y'a du 25 dans le bordel), la simple écoute d'un morceau d'Higelin leur fout la nausée. Alors crois bien que Tachan par exemple, je me le garde rien que pour moi, en cachette. Autre exemple (moindre ok, rapport à la notoriété des 4 que tu cites).. Murat, c'est déjà de la vieille histoire ancienne. Son dernier live n'a même pas été distribué.. dispo en fnac que sur commande. La fulgurance du reset.

Jacques Higelin 1998

  Oh la belle vie sous la pente quand gamin je suis monté sous les toits pour dormir avec devant moi les grandes plaines qui s'offraie...