Danny Saul




Tout le temps qu'on passe à déstructurer nos vies, à déconstruire, décortiquer les mélodies pour les étirer vers la nappe infinitésimale, tendre vers un climat aride et sans retour afin d'extirper la véracité des propos, la cohérence des accords, mettre à plat la construction architecturale des sons, des principes pour apprendre l'origine des choses, l'anthropomorphisme de la musique pour mieux rebondir et aboutir au diagnostic et aux couleurs de base. Danny Saul tente cette expérimentation fibreuse dans une philharmonie sonore des plus complexe et des plus primaire à la fois. Disséquer une vision psychédélique en arpège et en nappes pour aboutir à la quintessence des textures musicales susurrant des phrases allongées. Tout est offert en pâture pour comprendre le processus de construction d'une œuvre, dépouillée et radicalement nue. Cette longue analyse est une vision disloquée de la musique.
Comme Six Organs of admittance, la dissection est puissante et sans équivoque. Comme David Sylvian (période samadhisound)les sons et la voix s'entrechoquent en douceur pour mieux faire surgir la pulpe d'un folk exacerbé au service du cerveau. Fouillage millimétré, « harsh, final » est un long voyage vers les abîmes pop planant et introspectif. La douceur des harmonies étire chaque note vers un paysage pur que seule la lenteur des saisons guide. Une cavale infernale vers des atmosphères cohérentes et originelles comme savais le faire Sigur Ros (harsh, final a aussi été enregistré en Islande) à des temps reculés. Des sons proches de la nature sauvage en osmose avec des guitares d'huile, des plaintes vocales en transes éthiques hypnotiques et quasi monocordes, des prières synthétiques et des chapes nuageuses accélérées, cette plongée authentique est un véritable voyage miraculeux vers l'hallucination révélatrice. « Cannonball » est un sommet infernal de lumière douce apocalyptique. Danny Saul place ici un effet colossale d'analyse des conditions par la musique. Ovni improbable et introuvable, sur un micro-label, dans un monde où l'authenticité des choses fuit à la vitesse de la lumière.

Danny Saul 2009 "harsh, final" label : white box recordings



quand on aime : six organs of admittance; David Sylvian (blemish)




Commentaires

Articles les plus consultés