mercredi 30 mars 2022

Eels 2022


 

Il s’agit de savoir si on peut encore être un branleur la 60ène collée aux hanches !! La preuve que oui ici donc. Du jaune qui pète et le rose stabilo font suite au clown à l’huile chiadée et cramoisie que j’ai écouté en boucle des semaines entières. Aucune perte de charge, aucun pâlissement ici, bien au contraire, toutes les forces de frottement se sont répandues, ça glisse easy, c’est même devenu prévisible avec ce vieux lascar indécrottable. Le cap est maintenu, l’altitude tenue, John Parish est revenu souffler du chaud dans le E-Zeppelin, histoire de garder le niveau bien haut et monter plus encore.

Quelques opus me piquent à vouloir causer sur ces pages perdues, comme on revient depuis un bail dans sa cabane hors saison d’un littoral perdu où le sable est plus fidèle que la verve. Le vert tendre à nouveau sous les dents affame et le bourgeon poisseux titille l’hibernation.

Difficile de trouver les mots sous ce jaune énorme ensoleillé du 14ème album du E. La pêche l'habite, ce Mark Oliver..quel beau branleur.

Eels 2022 « Extreme Witchcraft » sur E Woks records.

https://www.eelstheband.com/

samedi 2 octobre 2021

Julos Beaucarne 1974


 

Une semée de gouttes parfume la terre, saupoudre la flaque mourante. Des airs de poussières passent comme une tempête de sable de nos vieux chaumes grillés. Julos Beaucarne chante chez moi et le vent qui se lève de l’autre côté de la vitre n’impressionne plus personne. Le gris monte en altitude, le ragréage du ciel pour les mois à venir. Il peut faire tous les gris inimaginables, Julos chantera tant que les arbres fruitiers se pommeront.

Les transats sont rangés, le brave rouge-gorge est revenu, la bruyère fleurit, il n’y a pas de pause pour les jardiniers.

Julos Beaucarne 1974 « (Front De Libération Des Arbres Fruitiers)

vendredi 18 juin 2021

Dustin O'Halloran 2021


 

Lessivées par l’orage, les graminées dansent lourdement, abasourdies par le déluge, les grandes pluies d’été. Elles dansent quand même, mollement, le jeune merle sautille, le Pinson des arbres observe et les moineaux picorent. Doux festin partagé. Puis l’étonnement des petits volatiles provient d’un quartier de pomme jeté entre les trèfles et les pâquerettes. Quelques coups de becs dans cette pulpe sucrée puis retour vers le pain mouillé balancé lui aussi. Le ciel se couvre un peu.

Tout semble respirer l’ordre des choses, c’est un bel instant matinal pourtant déjà bien éloigné de l’aube. Plus encore du crépuscule. Dustin O’Halloran s’installe parmi ce cours ordinaire, son piano distille l’apaisement, il n’est pas impossible qu’il ait lui aussi bu à plein poumon ces grands parfums de foin à venir, l’haleine de cette marée d’herbes sauvages.

« Silfur » chef d’orchestre du jour.


Dustin O’Halloran 2021 « Silfur » label : Deutsche Grammophon

mardi 15 juin 2021

Bertrand BURGALAT 2021

 


Hyper rayonnant de classe, et ça devient un petit peu une habitude chez lui. Absolument estival et ça tombe bien, quelle autre bande son pour ces jours radieux, caniculaires, « Rêve capital » longe le mercure, épouse le ciel, danse avec le vent chaud. Le hamac tangue de plaisir, je respire le son, solaire.

Adéquat, idéal, superbement déposé sur le calendrier, l'échine en sueur, les épaules cuites, le pas léger, cette petite crème délicieuse rend beau nos cerveaux ankylosés, on flamme en se trouvant presque parfaits, des petites allures d'homme idéal, on finirait bien par y croire.

60 ème pièces du catalogue Tricatel, moi je dis que Katerine, Sébastien Tellier, Bon Entendeur et même Julien Doré devraient y être hébergés.

Bertrand BURGALAT 2021 « Rêve Capital » label : Tricatel



samedi 12 juin 2021

Noé Preszow


 

Permettez ma frilosité, mon recul, on ne sort pas indemne d'un tel gadin. Tard ou tôt on paye nos abus de confiance.

Suivant aveuglement les toits artistiques, mes phares à moi, je suis tombé un jour à boire tout Tôt-ou-Tard, sur un jeune nouveau, le premier album de Vianney. C'est pas que j'ai un truc contre lui, tant mieux pour le label, mais il me semble avoir été trahi.

J'aime toujours voir la lune sur la tranche d'un album, on se refait pas, et puis il faut bien dire que le streaming n'était pas très très répandu en 2014. Là pour le coup, j'écoute Noé Preszow et je tombe sous le charme. En longeant les bacs un midi par hasard, je tombe sur son support physique avec sur la tranche donc, la lune emblématique. Il aura fallu un chemin de croix, oublier ses douleurs, les préjugés, n'en faire qu'à sa tète, faire le lien en oubliant les ondes, les réseaux, les réactions, les tendances, oublier Saez, Gauvin qui sonnent chez Noé, suivre cette route-là pour une petite heure, quitte à la renouveler .

Noé Preszow tombe dans mes enceintes, l'expérience tôt ou tard m'aura rendu dubitatif et prudent, pourtant je l'ai acheté pour conjurer le sort, c'est toujours plus beau dans les enceintes quand c'est beau. La plus belle nouveauté de par ici que j'ai écouté depuis pas mal de temps.


Noé PRESZOW 2021 « A nous » label : tôt ou tard

https://www.totoutard.com/artiste/noe-preszow

mardi 1 juin 2021

Maxwell Farrington & Le SuperHomard


 

Configuration inédite légèrement complexe, il s'agit derrière ce nom digne d'un groupe de rock progressif, d'une rencontre entre Christophe Vaillant, cerveau du Superhomard hospitalier, et un chanteur Australien, Maxwell Farrington donc. … Improbable ? Pas tant que ça, une aubain pour sûr.


Lee Hazlewood à coup sûr, Married Monk parfois, Richard Hawley, Divine Comedy ou Adam Green et peut-être aussi John Grant.. sur nos courtes collines, posés sur nos sobres horizons, un autre climat. Les harmonies caressent le crooner chaleureuses comme le pôle nord (« North pole »).

Évidemment tant de références pourraient alourdir « Once », mais les écoutes à répétitions enchantent la soudaine éclaboussure solaire venue effacer comme on essuie d'un revers de la manche la buée des vitres, le triste mois de Mai passé.

En juin fais ce qu'il te plaît, mais s'il te plaît, Maxwell Farrington & le Superhomard est à écouter incontournablement. Symphoniquement country pop intemporelle. Les monts roses comme la chair du sol mis à nu, bleu-ciel sur la voûte, marée de chlorophylle enivrante .. des airs à se balader à travers les ondulations de graminées.


Il fallait bien un tel disque pour venir un peu titiller ces pages en dormance.


Maxwell Farrington & Le Superhomard 2021 « Once » label : talitres

dimanche 4 avril 2021

Bertrand Betsch 2021

 



Une myriade de petites paraboles blanches et jaunes suivent de leurs capitules le tracé du soleil. Les tètes se penchent comme une molle chorégraphie solaire. Elles le fixent comme un gourou, l'une le cou plus haut, gourmande, fayotte qui toise ses voisines avachies, celles qui veulent rester aux ras. Quelques cardamines hirsutes droites et fermes viennent tenir tète à toutes ces folles hypnotisées. Mais déjà, à quelques pas de là, l'ombre d'avril avance et une à une, les collerettes de fleurs blanches disciplinées se ferment sur un cœur jaune mimosa. Le couvre-feu solaire des Astéracées. Quelques unes se sont discrètement empourprées, le phare aux fleurs, des pâquerettes s'encanaillent. Des touffes de Véroniques sont là aussi, minuscules bout de ciel sur cet océan vert, discrètes avec les quatre petits lobes célestes.

Je marche sur la pointe des pieds sur mon lopin de pelouse, pointillisme blanc jaune et bleu sur tapis vert coloré, faites vos jeux.

Sur la pointe des jambes, me faire léger tant mal que mal.

De ma léthargie biologique, je garde l'essence du vivant, de la poussière qui revit, comme du orange sur un bleu de globe aigre-doux. Je me lève pour changer de disque, de couleur. Pointillisme aussi en coulée, pareil à marcher sur la pointe des pieds comme sur des œufs de fine surface oculaire, avant d'en avoir derrière de la neige.

Double album en faux jumeaux tel « La Fragilité » et « Toute Latitude », de belles choses identiques à peine séparées. Bertrand, c'est définitivement devenu récurent, cyclique, permanent et indispensable.


Bertrand BETSCH 2021 « Demande à la poussière » «  Orange Bleue Amère »

Gérard Manset 2026

Il y a déjà dans les crédits un message de remerciements pour des fidélités, Didier Batard, Serge Perathoner, Patrice Marzin... avec des dat...