mercredi 6 juin 2012

Johnny Winter


C’est pas d’la triche, juste un post rapide car j’ai pas mal hésité avec Hendrix. Et puis on voit tellement de saloperies sur lui en ce moment dans les moteurs de recherches et les critiques, qu’il fallait quand même mentionner que le grand faucon « anachromique » était toujours debout à exprimer son blues musclé.
Sa voix s’essouffle, mais ses mains semblent toujours galoper toute seules, ses doigts araignées glissant sur le manche à cordes.
« Roots », le dernier album de l’albinos est sorti en juillet 2011, un peu sous silence quand même.
Ce nerveux rauque du médiator, tatoué myope et virtuose habité à la discographie généreuse est un des plus grand guitare-hero…. Vivant.

Il y a 24 ans, je révisais mon bac avec cet album puissant, l’opus 88 du grand retour du volatile blond. C’est pas son meilleur, mais c’est juin et il tache bien.

1969/2011- premier et dernier en date:



Johnny Winter 1988 « Winter of 88’ » label : voyager records/MCA
http://www.johnnywinter.net/discography/










mardi 5 juin 2012

Hendrix 68




Grand jeu Sans Frontière Des Bloggers Mangeurs De Disques (troisème édition)
Thème #2 : "Guitare hero"

Je sais, je ratisse large, j'opte facile, mais ça fait un moment que je voulais aborder ce monument, sans savoir par quel angle l'attaquer, et en évitant de balancer des pages entières déjà connues de tous. « Guitare héro », j’avais l’embarras du choix, alors autant mettre le doigt sur la référence du référent, « Electric Ladyland ». Absolument incontournable, il est parmi les choix du carton « île déserte ». Celui à prendre dans l’urgence.
Une tonne de raisons pour ce disque, le toit du monde avec une générosité créative, abondance de titres. Et puis c’est 1968 (octobre...presque 69) , année importante dans l’histoire de la musique, un symbole, une plaque tournante. La pochette, une des plus belles, avant qu’elle soit retirée et remplacée par une autre affligeante. Jimi lui-même n’était pas emballé par les filles figées, parait-il. Il faut avoir la couverture originale pour bien s'immerger dans la musique.
Une véritable compilation pour une carrière condensée et éphémère. Un étendard incontestable, une bombe à retardement pour un pré-ado en pleine « croissance ».

Il aurait pu être "absolutly love" tellement ce double vinyle sent la poudre et la chair fiévreuse, tellement une guitare n’a jamais autant incarnée le prolongement d’un corps masculin.
Il est mon disque guitare héro ....... indétrônable.

Sexuellement et techniquement inatteignable.

Jimi Hendrix 1968 « Electric ladyland »





dimanche 3 juin 2012

Paul McCartney 71


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 Grand Jeu Sans Frontière Des Bloggers Mangeurs De Disques (Troisème édition)

Thème # 1 : Y'a de la joie

Paul McCartney est un des rares à pouvoir injecter des ondes joyeuses dans ma discothèque d’obédience sombre. Contagion inexplicable, quelques morceaux que Lennon cataloguait de « chansons pour mémères » pour décoller de cette purée visqueuse des vagues à l’âme. Un Paulo et hop.
« Ram » est l’album par excellence, une joie pop qui insuffle et allège. Une véritable jouissance se dégage de cet opus très particulier. Le plaisir de ce génie de la mélodie chasse l’asphyxie et l’oppression. Un véritable médoc contre la grisaille. Le plaisir est son vecteur de création, l’amusement, une liberté pleinement assumée, et malgré toutes les tracasseries de l’époque, Paul ne se prend pas au sérieux et envoie.
Ici particulièrement, y’a de la joie, du travail, de la fausse naïveté représentée par des collages, des dessins fauves et un fond jaune cadmium dominant. La pureté des mélodies est à son comble et l’on prétend toujours qu’il est plus difficile de composer des chansons « gaies », c'est pas pour rien que lui sait le faire. Ce disque relève d’une concentration absolue, et la légende dit que les trois mois de sessions new yorkaise ont défilé dans la rigueur, la discipline, sans drogue ni boisson.
« Ram », c’est tout d’abord le single « Another day », morceau hyper-Beatles sorti sur 45T seulement, composé pendant les sessions « Let it be ». Il sort le 19 février 1971 alors que Paul est dévasté par tous les médias, que Lennon et Harrisson récoltent tous les éloges pour leur premier album seul respectif (« Paltisc ono band », « All things must past »),(Ringo sortira un single très bien accueilli quelques jours avant « Ram »). Un énième recule dans la ferme écossaise familiale, Paul n’est jamais aussi bon lorsqu’il est en « danger ».. aussi « Another day » est un titre imparable que l’on fredonne joyeux tout le long d’une journée aussi grise soit elle. La face B, c’est « Oh woman, oh why  » teigneux, endiablé avec un riff qui fait mouche. Paul, c'est aussi ça, des morceaux secondaires gigantesques.

Sur « Mccartney I », il voulait montrer sa polyvalence et son indépendance. Ici, il commence à former un collectif et à gonfler sa musique de musiciens, d’orchestre philharmonique, le tout secondé par Linda.
Le 21 mai sort l’album, avec comme prise de danger, un autre coup de génie: placer une longue chanson multicolore de pop progressive en single, le medley disparate et loin du conventionnel « Uncle Albert/admiral halsey ».
Les morceaux carburent auprès du public qui ne s’y trompe pas contrairement aux journalistes vils et rancuniers. Cette chanson là est un pur chef d’œuvre à écouter léger en flânant dans les ruelles ou dans les campagnes. Le gimmick cuivré embarque. Sa construction folle annonce le travail d'un autre single : « Band on the run ».



« Heart of the country » d’une pureté insolente une fois encore… y’a de la joie sur cette chanson absolument McCartney.
« Dear boy », très complexe ( à tel point qu'elle ne sera jamais reprise sur scène) est noyée dans les chœurs que Linda gère à merveille et qui lui vaudra une récompense aux Awards.
« Too many people » entame et affiche la luminosité du disque…
« Eat at home » balade pop ensoleillée… jamais autant d’onde positive ne s’était dégagée d’un album de McCartney, même si le thème « Ram on » calme le jeu ponctuellement.

« Ram », c’est tous les genres représentés sous haute qualité. Puis y'a de la joie à l'époque, sur la pochette, un scarabée grimpe sur un autre scarabée !!! Anecdotique (il n'empêche, c'est la guerre et Paul lâchera les armes sur « Dear friend » en 72 sur l'album suivant).
L’album est descendu en flèche par les média, mais le public suit fidèlement et détrône « Bridge over trouble water » premier des charts anglais depuis pas mal de temps.

Y'a de la joie, « Ram » est à l'honneur ces jours-ci, il sort en rééditions multiples, histoire de reposer mon vinyle... un de mes disques « ïle déserte ».. puis j'ai déjà parié de placer un Paulo dans chaque session de jeu !!! La version coffret inclut dedans, la version instrumentale rare "Thrilligton".

Paul & Linda McCartney 1971 « Ram » label : apple

L'intégral ici :





Neil Young 2012


Me faire ça à moi, la veille du grand jeu, complètement à la bourre à fouiller dans mes étagères, avec comme ultime obstacle « Americana » de Neil Young tout fraîchement déposé dans les bacs.

Paul McCartney a revisité l'histoire de l'Amérique il y a quelques mois. C'est au tour de Neil Young, mais avec son Crazy Horse et l'Americana qui lui est cher, cette grande tradition rurale de country-blues-gospel à sa sauce cradoc tiag et chemise qui chlingue.
Neil Young, c'est pas le temps de se remettre de l'opus précédent, il faut vite se relever pour prendre dignement le suivant. Celui-là est un hyper grand cru millésimé, absolument historique, un rock sépia fidèle, une nouvelle grande liberté.... Neil Young c'est ….... c'est dire le strict minimum et se recueillir. Toute façon j'suis à la bourre...et « Americana » passe en boucle le volume au delà des normes.

Neil Young 2012 « Americana » label : reprise.
http://www.neilyoung.com/
échelle de richter : 8,999
support cd
après x écoutes





ohh pis tiens, la totale ..ou presque:


Barclay James Harvest (1968/73)


1968, c'est aussi les débuts pour BJH, même si le premier album ne sort qu'en 70. Des singles, des chansons mellotron à se tordre, du rock-prog et de la pop psyché 70's romantico-planante. EMI a sorti l'année dernière un pavé récapitulatif de toute cette période initiale avec une grosse quantité d'inédits et de versions BBC. Une autre bonne pèche des bacs d'occas.. 5 cd , 70 tracks autour de « Mocking bird ». Indispensable.


Barclay James Harvest 2011 "Take some time on : the parlophone-harvest years (1968/73)"
http://www.bjharvest.co.uk/s-tstoset.htm 

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Bee Gees 67


Au fin fond d'une caisse d'occas, une belle réédition d'un disque qui compte dans la fin des 60's, très représentatif de la carrière des Bee Gees de l'alors, les débuts et une collection de chansons sublimes, surement un point culminant avec orchestre. Il étaient cinq à l'époque, un guitariste et un batteur faisaient officiellement parti de la fratrie Gibb. Et puis toujours et encore les chansons beaucoup plus belles quand c'est Robin qui chante.


Le cd bonus propose le sublime single 45T de cette session 67 : « Sir Geoffrey saved the world ».
Bee Gees 1967 « Horizontal » label : polydor / reprise deluxe.
http://beegees.com/







vendredi 1 juin 2012

Astrïd


Rune Grammofon est une branche norvégienne du label allemand ECM. L'exigence expérimentale et la rigueur des ambiances sont des figures imposées. Les aveyronnais d'Arbouse recordings célèbre Satie dans la discrétion la plus pâle, Astrïd né de ces rodeziens œuvre aussi pour le pianiste historique barré, le temps d'une plage hommage guitare/violon complètement improbable.

Astrïd a donc posé ses bagages chez Rune grammofon, une autre expérimentation sonore post rock, jazzy et néo-classique.
« Music for » en 2003 avait interpelé comme un opus aux lueurs constellation (dorénavant icône de nuancier), « & » ce double album monumental en 2008 passé injustement sous silence. Apatride, ce quatuor zigzaguant entre un jazz improvisé et un classicisme irradié, offre une œuvre majeure aux guitares hypnotisantes, aux percussions lancinantes graves de Pompéï, au flamenco de « James » et aux doux paysages déjà murmuré par Ben Chasny...
Tout est distendu, dilué ou dilaté, le silence et la construction sont de connivence. Le soleil et le recueillement aussi. Une lointaine partance.
Satie chez nous, un peu comme Fahey là bas.. des éternelles sources d'inspirations pour des paysagistes et des poètes.

Astrïd 2012 « High blues » label : rune grammofon
http://www.runegrammofon.com/artists/astrid/rcd-2126-astrid-high-blues-cd/
échelle de richter : 8,5
support cd
après 3 écoutes




Gérard Manset 2026

Il y a déjà dans les crédits un message de remerciements pour des fidélités, Didier Batard, Serge Perathoner, Patrice Marzin... avec des dat...