lundi 8 août 2011

Otis Redding
















La soul, c’est une performance intense qui accole aux mots un feeling corporel. Le texte dit quelque chose à l’auditeur et la musique insuffle au corps la traduction groove des sentiments vitaux que l’on ne peut feindre. Otis Redding associe le blues, la pop, le jazz et le gospel à l’image de Ray Charles (sur le même label) pour un album de soul fondamental qui a marqué l’essor de cette tendance qui continu à nous faire bouger. « Otis blue », ce grand millésime 66 marque en puissance ce mariage du corps et de l’âme...et quelle pochette !!!

Otis Redding 1966 “Otis blue/Otis sings soul” label : atlantic
www.otisredding.com
www.atlanticrecords.com
Échelle de richter : 8,5
Support cd
Après qq 10ène d’écoutes.

dimanche 7 août 2011

Pochettes : style "Magritte"
























Une petite récréation « pochettes » en hommage à Mojo qui propose trois couvertures vinyls sur le thème de Magritte et plus particulièrement le reflet miroir. Hommage à Francky surtout qui fait ça mieux que moi. Voici quelques pochettes « Magritte », les trois de Mojo août, et quelques autres en plus.. il en manque sûrement un paquet, voici les albums que j'écoute, à un Brian Protheroe prés.





































































mercredi 3 août 2011

Johann Johannsson




C'est logiquement que Johann Johannsson a débuté sa carrière solo sur le label touch avec l'intime « Englaborn » 2002. Le suivant « Virdulegu forsetar » 2004 offre sur cette musique céleste aux cuivres philharmoniques sortis d'une grosse production, une vision cinématographique grandiloquente. Un ensemble pour les grands espaces, The caput ensemble, et Skuli Sverrison qui métisse le tout de basse et d'électronique.
« Fordlandia » en 2008 propose une visibilité et l'envoie se placer à l'aide du label 4AD, du côté des musiques contemporaines électro-ambiant-néoclassique.
L'intimité se creuse, le sombre s'épaissit, Type records récupère les bandes de « And in the endless pause there came the sound of bees » sorti auparavant au compte gouttes et autoproduit en 2009. Toujours une once d'électronique, du classique. Une mise en forme musicale autour d'un film, « Starmints », confirme la cinématographie de sa musique.

Autre label, autre visibilité, fat-cat records qui, il y a quelques mois s'est offert le luxe de couvrir l'apparition du plus bel album classique cette année, Dustin O'Halloran. Johann était d'ailleurs sur ce chef d'œuvre, à l'ingénierie et à l'électronique. Cette fois-ci, on sort de l'intimité de la chambre pour les grands espaces apocalyptiques, éloquents et solennels. Comme pour « Englaborn », les cuivres sévères de « The miner 's Hymns » sont baroques et philharmoniques. Une fois de plus sa musique accompagne des images, une culture régionale traditionnelle, un cinéma en grosse production. Une commande, une association et un groupe (the brass band music), un glissement d'images vers la musique, une entité historique mise partition. Une restitution fidèle.
Cet hymne aux mineurs anglais est une sorte de péplum contemporain électro-néo-classique, expérimental et ambiant. Grave, grandiose, sévère, une œuvre colossale.

Johann Johannsson 2011 « The miner's hymns » label : fat-cat
www.fat-cat.co.uk
www.johannjohannsson.com

échelle de richter : 8,5
support cd
après 5 écoutes



lundi 1 août 2011

Bruce Springsteen / Clarence Clemons



Quel point commun y a t-il entre Lady Gaga et Bruce Springsteen ?
Le père de la lady est fan du boss certes, mais ce qui rapproche les deux icônes star de la musique, c'est Clarence Clemons. Juste avant de disparaître en juin 2011, il a joué sur le dernier album de Lady Gaga quivient de sortir, lui qui soufflait auprès d'Aretha Franklin il y a plusieurs décennies.

Clarence Clemons, c'est surtout à partir de 1972, le génie cuivré du E Street Band, et la présence indispensable du groupe de Springsteen. Présence ombrageuse même, à tel point que le boss bossa à étouffer cette puissance, camoufler l'influence jusqu'à blackbouler le piston en 1982. « Nebraska » devra être enregistré totalement en acoustique, facile entourloupe pour se débarrasser du musicien et par la même occasion du son mythique des albums 75/80 du boss. Il sera encore sur « Born in the USA » en 84 sans pouvoir influencer sur le son.















J'écoute « Born to run » et je me dis que Clarence Clemons est finalement la raison pour laquelle j'écoute quelquefois du Springsteen entre « The wild, the innocent & the E street shuffle » et « The river ».

Bruce Springsteen 1975 « Born to run » label : columbia
http://www.brucespringsteen.net/





















jeudi 28 juillet 2011

Jacno




Jacno interprétait « on s'fait la gueule » sur « Tombés pour Daho », ce superbe hommage de son vivant, chose très rare. Elli Medeiros y était aussi, mais pas sur la même chanson.
Etienne Daho est sur « Jacno future », une chanson pour Lio via Jacno & Elli, « amoureux solitaires ».
Je me balade très souvent sur « les bords de Seine » et suis assez ignare en Jacno, je n'écoute que « Frensh paradoxe » et « Tant de temps ». En fait j’écoute Daho depuis « Paris ailleurs » seulement. 1991. Toujours cette tare 80’s qui me handicape.
Ceci dit, tares ou lacunes, rares sont les tributes qui m’emballent (je pense à l'incipide « Tels » ou au cauchemar intégral « tribute à Dominique A : remué ») . Mais cet été merdeux j’écoute « Jacno future » en boucle, comme « Tomber pour Daho » il y a trois ans.


Je déguste stérile donc, en candide et je compte bien prendre du recul sur cette carrière importante dans le paysage hexagonal.
Conclusion: pour aimer un hommage, mieux vaut ne rien connaître de l'auteur en question, ou alors qu'il soit encore parmi nous.

Jacno 2011 « Jacno future » label : polydor
www.jacno.fr

échelle de richter : 8
support cd
après 10 écoutes



mercredi 27 juillet 2011

Dominique A / Rouge





18h30 le mercredi 16 juin 1999, l'Elysée Montmartre rouge de nervosité. La lumière aussi saignait. « Remué » incarné, décharné, éviscéré dans une tourmente tendue..juste après les Blonde Redhead en première partie, quand ils faisaient encore du rock punk, rouge aussi la lumière. Encore fébrile des quelques semaines passées à lutter pour ne pas sombrer dans « Remué », je devais poser dans cette fosse l'autre genou à terre. Asphyxié, oppressé, complètement remué, la lumière rouge est restée gravée.
Si Manset a amputé sa discographie au fil des coffrets et des compilations, Dominique A lui n’arrête pas d’étoffer. De multiples prises et d’inédits apparaissent au grand jour sous forme d’ep, de compilations, de rééditions.

2004, aux Bouffes du nord, une autre lumière rouge sur son crâne dégoulinant. Des gestes saccadés soulignent à nouveau la tension. Il est seul.
« Tout sera comme avant » en aquaplaning, pour s’immobiliser sur cette performance colossale, avec ses samplers à pédales. Dominique est arrivé trop vite sur « L’imprudence ». L’isolement, une grande maîtrise, une extrême fermeté, pour afficher la grande qualité du matériel dans cette autre salle mythique, moins claustro, comme pour faire table rase. « le départ des ombres », « pendant que les enfants jouent », « bowling ».. sous une autre lumière s’immiscent à merveille parmi les autres, elles qui s’étaient tellement détachées… « tu vas voir ailleurs »..qu’est ce qu’on ferait pas pour « la peau ».
Rouge, comme à l’Elysée Montmartre, 5 ans auparavant.






Les inédits cette fois-ci sont proposés sur le DVD en bonus audio… « tout sera comme avant », « revenir au monde » dépouillées n’ont jamais été aussi belles.
Une chanson traîne ici, et on se demande comment elle ne figure pas sur les plages officielles.

« rouges sous la lampe » où il est question d’incendie, d’yeux cernés, de bouches qui tremblent, d’une lumière a capter. C’était donc ça le trouble.

Dominique A 2004 « solo aux bouffes du nords »
http://www.commentcertainsvivent.com/





"Rouges sous la lampe
comme dans l'incendie
Les yeux qui trempent
dans leur insomnie
Le jour appelle
il réclame son dû
d'occasions trop belles
d'occasions perdues

Rouges sous la lampe
mentons accolés
dessus la table
à se détailler
à se déchiffrer
et comment vouloir
mettre un pieds dehors
changer de regard

Pour que le jour ne commence pas
décourageons le
restons là sous la lampe
s'il nous voit il s'en ira

Qui se dissemble
joue à s'attirer
là sous une lampe
les yeux emmêlés
je ne sais plus trop
si je dois aimer
toi ou la lumière
que tu as captée

la nuit s'épanche
elle s'est enlisée
là sous la lampe
elle s'y sent choyée
que la vie déboule
après à grand pas
ça viendra quand
la lampe aura claquée

Rouge sous la lampe
comme à jamais figés
rouge où le temps
la bouche et les yeux cernés "


Shearwater 2026

  C'est une constante chez Shearwater, le grandiose. Des gros coéficients injectent dans sa pop moderne une envergure travaillée à gran...