Tringlot depuis quelques décennies, j'ai usé ce laps de trajet à bouffer du son plus que n'importe quel canasson. Des quantités d'albums, jamais le même, isolé sous le casque, devant un paysage défilant, toujours le même. Le cours ordinaire des choses avec le gouffre de l'histoire de la musique disponible au creux du clic.
Je dis clic, car il n'y a pas si longtemps que ça, j'y allé avec ma pochette de CD dans le train qui faisait de moi tout sauf un déserteur. J'y allais bon train bonne oreille, affamé. Comment à l'époque tomber sur un tel opus. Il n'est d'ailleurs pas disponible sur ma plateforme. Je tente Utub et je commande derechef le vinyle chez mon nouveau disquaire Vinted. Mayall n'est plus, à quoi bon lui verser du morlingue.
Je suis raide dingue de "Moving" 1972 avec les cuivres et cette scène incandescente. Et j'aurais pu vous causer du double monstrueux "Ten Years are Gone" 1973, voire du "New Year, New Band, New Company" 1975 (je me les suis procuré aussi). Mais voilà, "Bottom Live" se fait rare et je remercie le p'tit gars qui me l'a laissé pour 7 bal sans aucun crépitement de sillon. La pochette et sa tronche imberbe, la fatale derrière, l'époque, 1979. Il fait sont Stevie Wonder le John ou c'est mes yeux ? ("Bottom line"). Il est suave, doux, moelleux, improbable. La guitare discrète, l'harmonica encore un peu là, et je pense pareil à la discographie de Clapton, quand il s'est vautré dans le JJ Cale et le "No Reason to Cry"- "Another Ticket" que j'adore. Le Crossroad pur et dur est très très loin, mais on s'en fout, ils ont fait le job et on se prends la fin des 70,s en pleine poire, détendu du manche à gratte. ("Cocaïne", "Sensitive kind".. énorme impact JJ Cale sur les deux héros quand même... je dis ça..).
Je découvre le post yarbirds, "Moving" est une transition, moins blues, plus soul, cuivres et chœurs. "Keep your country green" délicieux. J'ai tout écouté mes lacunes de Mayall ( post 73). Va t'en guerre que je suis depuis des décennies, j'écoute quelques uns de ceux-là dans le wagon. Pour l'attachant et décalé "Bottom Line", c'est sous le saphir, une fois rentré et toutes mes défroques de tringlot déposées au seuil de mon antre. "The game of love".. gros slow d'une autre époque, "Come with me" presque du disco. Faudrait pas non plus conseiller cet album à un bleu que le blues British intrigue. Quelle vie a eu ce disque à sa sortie, les retours, l'avis des puristes ? Vu l'opinion fantôme dithyrambique, j'imagine, et m'en fait un disque précieux.. "I'm gonna do it" et puis c'est tout.
John Mayall 1979 "Bottom Line"

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