vendredi 28 février 2014

Mondkopf



Si 2013 fut frenchy et spyché, 2014 commence sous les feu électronique dans sa phase la plus Herculéenne. Après Swan, celle de The Notwist plus apaisée, celle de Mondkopf me tombe sur le crane comme un missile. Projeté en pleine guerre, je suis collé au sol avec une protéine virale qui me traverse les bronches. Une guerre de tranchée, de la boue, du feu avec de la ferraille qui rentre dans chaque pore.
Allongé par terre, je sens mes veines taper, mon pouls gronder et ma respiration brûlante semble cracher ce magma comme un exorcisme viral.

Cet album est fiévreux, il bat les tempes et accélère le rythme cardiaque. C'est une vaste danse macabre qui surgit d'un paysage industriel rouge sang, une stromboscopie techno avec des airs gothiques.

Une armée d'anticorps est en guerre et ma croûte terrestre ravagé par les courbatures est en combustion sous les fracas des trompettes apocalyptiques. Comme un délire fiévreux, je suis étendu, j'écoute le nouvel album « technoisy » du Toulousain Mondkopf.

Mondkopf 2014 « Hadès » label : in paradisum




jeudi 27 février 2014

Angel Olsen



Je ne sais pas pourquoi mon regard s’est posé sur elle, et que ma fiole a chaviré. Ses fringues avaient l’air rafistolées, dépareillées, juste mariées par son style à elle, à ce moment précis. De toutes les façons, je hais les uniformes. Sa coiffure de buisson était à peine réajustée et son parfum de giroflée sanguinolent m’a brûlé le cerveau. L’envie de délacer ses bottes et de manger ses pieds n’a fait qu’un tour. Je me suis laissé embarquer par ses textures, ses amplitudes, sa voix et sa colère sourde. Elle a peint son album.
Surtout ses yeux, son regard et son dessin racé ont laissé son intimité brinquebalante mijoter tout au long du trajet. Ses arcades ont planté une poutre dans ma gorge et sa silhouette ravagée mes glandes. Elle était là, devant mon casque et mon envie de peindre, sa lippe de fierté libre insinuait quelque fureur qu'il ne fallait pas attiser.
Tellement belle et féline dans ses gestes que sa façon de se lever m’a rendu le sol indolore. Quelle douance dans la mouvance. J’étais alors au sommet de mes étanchéités, et ce n’est pas parce qu’elle m’a embrassée la joue avant de disparaître, me laissant l’emprunte d’une bouche parfaite, que je vais écouter en boucle son album.

 
« Burn your fire for no witness » est un disque extraordinaire et sublime. « White fire » est un bijou, véritable chef-d'œuvre. Elle invite pas mal d'artistes sous sa guitare électrique, pas mal qui doivent rester médusés devant autant d'habilitée et de beauté. Bien longtemps que je n'avais pas succombé à une pièce du mythique Jagjaguwar.
Cat Power, la relève.



Angel Olsen 2014 «  Burn your fire for no witness » label : jagjaguwar.

mardi 25 février 2014

Tom Brosseau




Tom Brosseau était un élément important du label Fat-Cat, jusqu'en 2009 où il disparut de l'auberge, mais aussi des bacs. Invisible jusqu'à l'oublier, comme quoi je devrais pas me laisser embarquer comme ça dans l'inattention, il aurait fallu que je le note dans mes tablettes pour suivre sa discrétion.

 
Je me suis donc rué sur « Grass Punks » et ce label inconnu CrossBill. Ils appellent ça un Ep, surement parce qu'il dure 28 min. Pourtant, ils sont juste deux aux cordes sèches, lui et Sean Watkins, et nous égrainent neuf pépites intimes, d'une beauté ravageuse, comme un album plein à craquer. Recueillement folk, isolation artistique, du Devendra Banhart, une pièce rare, une matinée blanche et grisouillarde, beau comme un jour qui se lève.
C'est enregistré à la maison, en Californie, y'a du bleu ciel-océan aussi, tout au fond, tout proche de l'horizon.

Tom Brosseau 2014 « Grass Punks » label : cross bill


lundi 24 février 2014

The Notwist / Beck ... 2014




2008, c'est la date de leurs derniers albums, 6 ans, mais peut-on parler de retour dans une erre où les « réguliers » sortent un disque tous les 5 ans ?
Peu importe, aujourd'hui, The Notwist et Beck réapparaissent avec deux belles réalisations, deux albums qui vont surement compter cette année.
Un autre point commun, mes albums préférés d'eux, sont sortis en 2002 : « Neon golden », « Sea change », à tel point qu'ils sont entré direct dans mon panthéon. (J'ai été un poil frileux sur « Odelay »).

« Close to the glass » des The Notwist est une bouffée de fraîcheur en plein milieu de ma tendance poussiéreuse à bouffer du rétro. Frais, mais aussi affublée d'une large palette pop moderne des plus intelligentes. Les représentants du genre, c'est maintenant une certitude. Pertinence, efficacité, et perfection dans la vision presque moderne de la mélancolie, celle qui me lie depuis des décennies à cette formation établie.

 
« Morning phase » de Beck la joue plus classique, plus soft pop sucrée, lumineuse et pastel.. une fraîche matinée avec de l'acoustique sur des nappes éthérées. Sa voix, comme pour The Notwist est reconnaissable entre toutes, sa production aussi et s'il varie les styles au fil des albums, « Morning phase » à des tendances « Sea Change » avec en plus une touche country folk qui patine sa pop sous des vocalises généreuses. « Wave » embarque, « Turn away » plaque comme un Crosby Stills Nash.. « Country down »..le disque monte en puissance.
 

Deux idées sonores, deux valeurs sûres, deux styles, deux belles pochettes, c'est une belle journée pour les bacs. Des fois, ça vaut le coup d'attendre...et impossible pour moi de dissocier les deux chroniques.
 

The Notwist 2014 « Close to the glass » label : city slang
Beck 2014 « Morning phase » label : capitol
 
 

samedi 22 février 2014

Fleetwood Mac original





Peter Green sort tout juste des Bluesbreakers, la fameuse école de blues british 60's, entrainant avec lui le bassiste John McVie. Certes, il y a l’influence de l'erre Mayall qui allait projeter le guitariste fou sur deux ans torrides gavés de prises live à Boston, Chicago…. mais il y a aussi le cerveau épique d’un grand bluesman progressif qui a incorporé du rock dans ses riffs. Il y a aussi Spencer recruté sur cette période faste, puis Kirwan vers 69, histoire de dessiner la suite des évènements.

Spencer dans une secte religieuse, Green chez sa mère avec les ongles qui poussent pour arrêter la gratte, deux ans de guitare magmatique, de dégâts considérables qui fera du Fleetwood un autre groupe dès 1970.
Fondé en 67, il y aura d'innombrables documents accumulés pour assouvir des décennies de rééditions. Sans cesse, les lives et les compilations qui surgissent depuis , sont des pièces rares et live tournant autour de trois albums ci. « Fleetwood Mac » 67, « Mr Wondeful » 68, « English rose » 69. Cette courte période dense aboutira sur le chef d’œuvre blues british absolu « Then play on ». En attendant, le monde hippie en effervescence est bouche bée devant les prestations scéniques du Mac.

Autant de standards blues pourraient faire croire qu’il s’agit là de reprises.. d'incontournables de Muddy Waters, John Lee Hooker.... Ils sont d'authentiques compositions de Green/Spencer/Adams.., à quelques exceptions près, et seront reprises tout azimut. Peut être, mon hommage préféré à Peter Green reste le « Blues for Greeny » de Gary Moore.


En attendant, la quintessence.




Fleetwood Mac 67/69 « Fleetwood Mac 67 »; « Mr Wonderful 68 »; « English rose 69 ».
label : columbia







vendredi 21 février 2014

Black Swan



La première excursion électronique de l’année est une plongée extraordinaire à travers une cathédrale sonore synthétique qui brûle le cerveau. Des nappes infinies intergalactiques totalement noires, un orgue perdu dans l’immensité ténébreuse d’un ordinateur.


Des remugles de Claus Shultze s’engouffre dans un aveuglant chao magnétique et nous attire vers un trou noir, l’anti-matière d’un son hypnothique. La pochette est un chef d’œuvre, la sirène d’un univers avec entre ses bras, nos restes de cerveau en poussière de cendre.



Black Swan 2014 « Tone poetry » label : ethereal symphony

mercredi 19 février 2014

Cass McCombs 2013



Le périple d'un môme au sein d'un monde hippie, des histoires de marginaux, « Big wheel and others » est un album qu'on pourrait écouter pendant une cavale vers le grand Ouest, un double Lp 70's à bouffer des miles à perte de vue.
Cass McCombs a baroudé son talent un peu partout, sa vie aussi. Son americana des longs trajets est une aubaine pour un cerveau en fuite. Il réconforte aussi, comme un refuge sûr de folk, blues, country, rock, une diversité comme on traverse des villes et des contrées, un paysage qu'on connait.

Depuis quelques années Cass McCombs sort des albums solo. Ce double opus comme un itinéraire ensoleillé est parmi mes plus beaux disques de route de l'année 2013.



Cass McComb 2013 « Big Wheel and others» label : domino

Fantastic Negrito 2018

  "Tiens, écoute ça nom d'un chien ça urge".. J'y suis allé. A en devenir zinzin je me suis précipité, en boucle, habité...