samedi 11 février 2012

Lilacs & champagne




Une épopée fantomatique sombre et gorgée de collages tout horizon vient offrir à l'auditeur un paysage cinématographique grave et lancinant.
Du cinéma Wax Tailor ou Professeur Inlassable, comme s'il avait rencontré L.Pierre, en plus cave, plus guitare.
Pas de thème particulier pour l'exploration, les voix convoquent Elvis, les Bee Gees, les couleurs se chambardent comme des ricochets, comme un zappe infernal et maîtrisé.
La différence avec les autres collages, c'est que Lilacs & Champagne provient de Grails, dont deux membres ses ont échappés. Tel un DJ progressif, cool et psychédélique, les deux hommes échappés s'attardent sur un trip hop qui se fait de plus en plus rare, avec une petite touche post rock qui fait la crane de leur groupe officiel.
Malgré le foutraque et quelques évasions ludiques, on ne se sent pas dispersé, ni perdu, on est pris au sérieux. La preuve d'une grande maitrise, et d'une fameuse expérience des deux échappés. Reste à faire un peu de pub pour ce très bon disque dont il est fort à parier qu'il passe rapidement aux oubliettes, malgré la largeur d'esprit des inspirations.


Lilacs & Champagne 2012 « Lilacs & champagne » label : mexican summer
http://www.mexicansummer.com/
échelle de richter : 8
support cd
après 3 écoutes.










8 commentaires:

Bubble Bobble a dit…

m'a l'air excellent.
à la fois gothique, rock, et psychodélike!

marci charlu

La Rouge a dit…

Oh! Oh! J'aime ça.

Bubble Bobble a dit…

on dirait Roy Orbisson enfermé dans un film d'espionage sur la place rouge enneigée de la fin des années 60, avec le battement mécanique des roues du transsibérien de Cendrars qui traverserait des wagons de chasses d'eau ouïgoures en direction d'un embarquement relativement peu probable pour le japon de 1905 à même le dock de vladivostok, et Corto Maltèse en train de fumer des volutes dans l'air froid de l'hiver en écoutant-regardant la glace de la flaque se craqueler sous le poids de ses chaussures de baroudeur.

formidable ambiance géostratégique de film humano-cinéfibre dépecé de tout erzats maniériste pour se contenter de voguer vers des sons d'embrumes orageuses enfermées dans des cabinets de trains fantomatiques, avec des wagons restaurants peuplés d'espiones qui vous servent des homards peut-être empoisonés, ou néanmoins drogués de produits...

charlu a dit…

Géant Djip ton tableau, une chronique à part entière. Merci de venir la mettre chez moi...

BIZZ

Djip a dit…

tableau ou chronique, encore des aneries.
j'ai bien aimé leur "son", même si je n'ai aucune idée de ce qu'il "vaut".

mais du bas du trait horizontal, du sifflement constant introcranien, on peut toujours lever les yeux comme un réflexe. un message.

je me vois "en dehors" depuis longtemps. mais je ne sais toujours pas ou je suis. et quand je les écoute m'expliquer, je me dis qu'ils se trompent, soit parce qu'ils voudraient me rassurrer, soit parce que ce qu'ils me prédisent est loin de me rassurrer. et je sens que leurs références sont un gouffre de certitudes accumulées tout au long de la sédimentation des ages. mais qui continuerait à vouloir me prouver que je ne suis pas "hors du temps".

tout le monde est un étranger dans la "séparation"

Djip a dit…

et l'on renie jusqu'au message inclu dans le jet de regard exporté en réflexe. car il y a un "mensonge", ou quelque chose comme ça. peut-être le désir de vivre, ou la volonté pas encore morte qui tenterait d'adhérer à ce à quoi on n'appartient plus vraiment.

mais je ressentais déjà ça avant même d'avoir passée l'arme à gauche un première fois.

le réflexe du vivant

Djip a dit…

le "vrai" n'existe pas ?

Blake a dit…

Très jolie découverte que ce chouette disque, à peine effleuré mais vrai beau son à la fois cool et déconstruit, entre intrus expérimentaux et BO. ambient parsemée de dubstep.

Un label décidément à suivre que Mexican Summer (déjà avec Part Time, Oehnotrix Point Never, Puro Instinct).

Merci bien mon Charlu ! :)