samedi 17 novembre 2012

Ferré 64


La symphonique qui balance et qui sort souvent, comme la mer. La contrebasse est une houle. Dehors une nuée de corbeaux dessine une constellation en négatif sur un ciel gris brouillard, alors que le rouge-gorge sautille dans le mousse en marmelade. « C'est le printemps », on fera comme si. « La mélancolie » surtout, celle qui colle au smog, pourquoi la sienne est si belle, presque heureuse. Aguicheuse cette séduisante tristesse.. regarder dehors et écouter Ferré 64. Et puis écouter un Ferré c'est un peu être triste à la venue du printemps, ou léger à se prendre l'automne gras dans les dents..et toujours cette houle philharmonique qui me bat le cerveau et le cœur.
Sortir griller une sèche, se refaire une petite beauté aux utopies..le fil du rasoir. Et pourquoi pas tout se permettre.
La nuit dégringole, le foyer gronde et se fout de l'humidité. Le four souffle régulier pour quelques amis à venir... le vin sent bon, il prend l'air dans son ampoule de cristal, dégoulinant sa viscosité sur les hanches bien roulées de la carafe. Quelques fleurs aux allures de chrysanthème pourpres flirtent avec la rose de Noël qui attend son heure.
Merde, un Ferré c'est extra. Ça colle et rassure, ça prends au ventre d'une douceur en colère. Un album comme tant d'autres, 1964, comme une transition d'Odéon aux Barclay sombres. Léo Ferré 64, un pieds de né à l'automne qu'à pas fini de nous moisir les os.


Léo Ferré 1964 « Ferré 64 » label : barclay.



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