dimanche 20 décembre 2015

Six rgans of Admittance 2015




 
Hexadic I ponçait la nuque, le II engourdit le bulbe, une usure intrinsèque quand la cellule s'abîme. C'est la version figer-picking du premier volume psychédélique, comme sur ces premiers albums, « Dust and Chimes ».. « Compathia ».. quand les doigts engourdis font le boulot tout seul.



Cette fois-ci la brûlure sourde, le silence apaise les souffles, celui qui s'immisce entre les notes déstructurées.

L'hypnotisme peut aussi bien venir du feu que des brumes, du bleu que du blanc, « Hexadic II » est un repos nébuleux de notes qui s'égrainent, d'une voix familière qui se dilate posée là sur le hamac spirituel Six Organs.



Six Organs of Admittance, c'est toujours le même trouble, le même esprit. Sur la verticale à nouveau, on s'envole ou s'enfonce, on se dirige vers une rose d'un vent boréal bancal, une boussole folle.



Je chasse Ben Chasny depuis 2002 avec « Darknoontide », il est devenu depuis un refuge récurent à travers l'acoustique vaporeux de mes envies vrillées, l'extrême champêtre déserteur dans sa phase fidèlement dilatée, et je préfère le II au I, le blanc au bleu.


Six Organs of Admittance 2015 « Hexadic II » ; « Hexadic I »
label : drag city
 
 

5 commentaires:

Audrey Songeval a dit…

Très joli texte qui donne envie de voyager avec cet artiste. Quand je te lis, je me demande comment tu fais pour explorer tous ces disques d'aujourd'hui. Moi, j'ai toujours peur de perdre un peu mon temps, de creuser et explorer quelque chose qui au final ne me laissera pas grand chose, si ce n'est qu'il m'aura empêché d'écouter et encore plus réecouter d'autres disques. Parce qu'écouter est une chose. Mais réecouter... Réecouter, c'est confronter l'image subjective que l'on avait du disque à quelque chose soit d'impitoyable soit de sublime... Quand il reste quelque chose, c'est délicieux... Quand il ne reste rien, si pathétique...

Bon, là, je suis un peu hors sujet. Mais ce que tu en as dit et le morceau que tu as choisi donne envie d'en connaitre un peu plus. Parce que parfois le voyage prime sur la destination. Et c'est aussi ça, le plaisir des nouveautés. Et qu'importe le résultat final.

charlu a dit…

Pour Ben Chasny, je me suis laissé aller sur mon passé avec lui. J'ai pas souvent le recul des écoutes à suivre avec les nouveautés, il est vrai que dans quelques mois, le billet serait surement différent. C'est plus facile avec les vieux albums, le retro, les trucs qu'on écoute depuis des décennies. Avant à la fin des chroniques, je mettais le nbre d'écoute, je trouvais que c'était pertinent, mais c'est vite devenu "à la première écoute". Je me pose pas la question de savoir s'il va rester, ce qu'il me procure immédiatement est un truc qu'il faut que je capte illico. Matthew Collings par exemple, j'ai dû l'écouter une dizaine de fois avant. D'où mon impression de chef d'œuvre.
Merci en tout cas ;D

Mylène Gauthier a dit…

Je trouve Audrey que tu soulèves quelque chose de riche dans ton questionnement. Comme quoi sortir du sujet ou du sentier apportes souvent beaucoup. Ce que je constate en vous lisant, c'est à quel point la réponse de Charlu me fait penser à l’abandon nécessaire en création. Ouvrir et laisser passer ce qui vient. Merci de votre échange avec mon café, c'était parfait.

charlu a dit…

mais c'est grave comment je laisse passer les ondes comme si de rien n'était et que j'écoute presque avec une idée d'érection. Je lâche les écluses et je regarde dans mon cerveau, mon bide et mon slip.. si ça le fait, je plonge, même si je sais pas trop c'que ça va donner après :D
Par contre, une fois bien ouvert, j'ai tendance un poil à fermer après et regarder les fissures laissées.

Francky 01 a dit…

Vaste et pertinent débat, surtout dans notre ère numérique 2.0 où les sorties musiques sont pléthoriques (autant avec les labels, les maison de disques ou les autoproductions). J'aime bien l'expression que tu utilises Audrey à propos de la réécoute d'un disque. C'est très juste.
Ben Chasny (sous l'alias Six Organs of Admittance) possède une disco impeccable. Il construit une musique ultra créative, entre folk, Psyché, ethnic et expérimentation. "Dark Noontide", "Shelter From The Ash", "Luminous Night" et "Asleep On The Floodplain" sont mes préférés. Le dernier que j'ai réellement écouté, et réécouté, est "Ascent" datant de...2012 quand même !! Ces 2 volumes de "Hexadic" m'ont l'air très bien. Je serais preneur Charlu, merci !!
A +