mardi 16 août 2011

Jesse Sparhawk & Eric Carbonara






Je pédale comme un âne sur les bords de ma rivière comme une thérapie. Une rémission par ma sueur toxique de nos vies cancérigènes qui nous cerne ; la fermentation mentale, la décomposition du corps. La terre chaude et humide branle la chair fumante et je pédale comme un âne. Mes yeux dévorent tout ce vert et je crache mes toxines par les pores comme une bête furieuse. Animal, on est mal.


Et pourtant, au retour, je m’écroule sur une musique lustrale, comme un remède au combat. Je dégouline encore des pentes ardues aux silex pièges, et je pars, je m’enfonce dans le tapis comme dans cet humus imbibé. Décélération cardiaque, engourdissement du cerveau. Phagocyté par la boue tiède, je reprends vie par les cordes divines, par cette transe figer-picking tribale.


C’est à ce moment là que la carcasse décolle, immobile, ne touche plus le sol. La réalité est plus belle ainsi, habillées d’arpèges élégiaques épousant des ondulations solaires. Les mêmes ondulations que connaît Ben Chasny.
Ce léger menuet de nymphes en ballerine de chlorophylle requinque dans un exotisme celtique, hindoustanique et médiéval.


60 cordes, une harpe à 38, une chaturangui à 22, un label VHF dans lequel se cachent une pléthore d’albums weird folk, Eric Carbonara et Jesse Sparhawk aussi membre de Fern Knight. Deux morceaux de 18min, un voyage immobile réparateur.

Jesse Sparhawk & Eric Carbonara 2011 « Sixty strings » label : vhf
http://www.vhfrecords.com/
http://ericcarbonara.bandcamp.com/releases (tout l'album en écoute ici)

http://jessesparhawk.bandcamp.com/album/sixty-strings
Échelle de richter : 8
Support cd
Après 2 écoutes

Quand on aime : ben chasny, jack rose






5 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour

Je suis en admiration devant tant de beauté.Les toiles rouges m'émerveillent les sens.
Continuez
Bien à vous
Renate Sisley

charlu a dit…

merci merci... ça me touche beaucoup Renat'...

et bienvenue dans ses pages.
à très bientot

Anonyme a dit…

je ne connais pas ce cd,mais inspiration à l'écoute.la pochette pourrait être une offrande à Larouge

Anonyme a dit…

Hello.

Magnifique découverte que cette musique de Jesse Sparhawk & Eric Carbonara.
J'aime bien l'idée de "voyage immobile" que l'on peut faire avec certaines oeuvre (disques, B.D, films, livres, peintures...).
Moi, mes meilleurs "voyages immobiles", je les fais avec les musiques africaines surtout.
Ex : "In the Heart of the Moon" (2005) du duo Ali Farka Touré & Toumani Diabaté / "Niafunké" (1999) de Ali Farka Touré.
Mais aussi avec pleins d'albums expérimentaux/drones/hypnagogic machin chose...
Dernièrement : "Hex" (1994) de Bark Psychosis qu'un lecteur de mon blog m'a fait découvrir / des oeuvres d'Emeralds / de Barn Owl et SURTOUT "Saat" (1972) de Emtidi (groupe méconnu de krautrock/folk'n'rock psychédélique que je te recommande chaudement, chronique ici : http://muziksetcultures.over-blog.fr/article-saat-de-emtidi-77035642.html) !!!

A + et désolé de m'étaler en commentaire (quel bavard tu dois penser).
Francky 01

charlu a dit…

Génial tes références Francky... j'aime tout, surtout bark, emeralds et barn.... Côté Afrique, Salif Keita m'embarque loin aussi, Ismael Lo....
Je ne connaispas Emtidi..merci du tuyau... y'a aucun problmé pour la bavasse, moi aussi je m'étale souvent, quand tu veux.
Ryan..ça pourrait effectivement, mais le texte est très calé sur la façon avec laquelle j'ai pris ce disque .. une grosse séance de thérapie pour une carcasse bousillée, vidée, c'est mieux pour voyager immobile.

A++++++