Une chaleureuse soirée de fraternité
amicale a fait honneur à un opus de chansons d'ici, la bande son, le
point culminant de nos rires, échanges, de nos regards qui en disent
long sur la vie, de nos mains sur les épaules.
Et puis il faut bien dire, que le choix
du disque de Pascal Mathieu ne fut pas anodin, notre passion commune
pour la chanson d'ici nous a placée sur un limon favorable, ce même
limon fertile que nous aimons.
Des tranches de quotidien à la pelle,
des sentiments, de belles choses et des bouts de nous que l'on peut
croiser et rencontrer: « l'azalée de Daisy, un désir moins
le quart avec ton goût dans ma bouche, avoir au fond du gicleur un
genre de poussière, on transpire en commun, y'a Zola qui vient
danser dans un vieux café, des caleçons du dimanche qui grattent,
et puis s'aimer d'amour est un pléonasme.... si j'ai une érection,
c'est en ta direction.
...sept milliards de jumeaux pas
vraiment ressemblant, sept milliards d'animaux, avec des sentiments.
Dégager de l'étang ou de ses
méninges, en gros têtard pour aller se plaquer vers le fandango ou
le concerto et se faire ramoner le compteur.
C'est tellement bon, c'est tellement
humain qu'il ne faut pas se retourner, y'a toujours un psychiatre qui
nous suit. Yala vie en tout cas, des fatigues, on ne ressent plus
d'amour pour nos congénères. On se ballade dans les rues de Paris
ou d'ailleurs et l'on croise tant de monde... » (phrases
tirées du disque)
On se rapproche sur une même table
avec des amis, et l'on croise tant de monde à rester là, on en aime
tant, qu'on est tellement fragile de ne pouvoir en aimer autant et
plus encore. Pourtant on transpire tous ensemble à les aimer.
Hypothermie, tachycardie, bradytruc polyglotte et machin chose.
« Sans motif apparent » est
présent dans les bacs, son précédent « Routines
aventurières » date de 2008. Avant, dans des temps reculés,
c'était le punk qui accaparait Pascal Mathieu. Aujourd'hui, là,
tout de suite, c'est un grand album de chansons d'ici sans motif
apparent mais qui embarque dans une danse populaire franche, acidulée
et populaire, jusqu'au dansant titre éponyme.
Lui c'est les mots... aux notes, Claude
Mairet envoie son jeu à lui, celui qui a aussi fait les temps
troubles et beaux des années 80. Il est à la composition, ainsi que
Florent Marchet pour une chanson. Enzo Enzo est parmi les chœurs,
Claude Mairet aussi, et pour les nostalgiques ça se sent dans la
gorge et nos oreilles.
« Avec Daisy».. je sombre.
« Daisy et des idées, des azalées, des zippo, pottames, un
zoo, des accords de guitare sèche comme la Betty du Nanard, le
hasard et les herbes ». Et si j'offrais une forêt à ma
Sylvie. On est tous le tarzan de sa Jeanne.
Les accords acoustiques de Claude
happent illico, sa voix au fond, rappelle jadis. Qui aurait pu rêver
d'un tel duo sur nos platines, une telle justesse ? De telles
présences sur scène, puisqu'ils tournent ensembles... des mots, des
notes, un passé, de grands artistes, une rencontre fraternelle et
artistique. David mon frère, si on travaillait ensemble ?
Pascal Mathieu est passé au limonaire
l'année passée, il est en tournée dans toute la France avec Claude
Mairet et ses accords ingénieux. Un rendez-vous à ne manquer sous
aucun prétexte, tout comme l'album.
Et si l'un perçait et l'autre
revenait...et s'ils étaient tous les deux indispensables ?
Certes, « On se voit lundi »,
ou « Désir moins le quart » sonnent très Thiéfaine,
celui d'avant. Claude étaient aussi aux notes, à la guitare, au
chœur, derrière un nom.. l'album de Pascal Mathieu, intelligent,
sentimental et poétique, est dans les bacs et même sur les
promontoires, et c'est une grande nouvelle, puis finalement ils sont
tous de la même famille.
Pascal Mathieu 2013 « Sans motif
apparent » label : troll's production
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