lundi 6 octobre 2014

Marianne et Robert




Tu préfères ton père ou ta mère ?? je suis aux pieds de monuments, devant maman et papa, comment rester crédible dans la « critique » ?
Le dubitatif se répand sur l'échelle des chairs de poule, tantôt oui, tantôt non, la désobéissance, puis le moment où il faut bien avouer, débattre ou pas.

 
Je suis venu voir Robert sous des cieux d'humeur maussade, une précipitation aigrie sans envie, un jour où il n'aurait pas fallu que j'aille écouter ces palabres. L'impatience, le décalage d'écoute, une hormone mal placée, ma gueule pas bien calée sous la voute, une de ces visites qui nous fait regretter d'être venu. Même le maquillage du violon celtique de « Little Maggie » n'a rien arrangé, comme quand on retourne dans son village natal, deant la maison familiale et que quelque chose n'est pas en adéquation, et qui vient surement de soi.
Le père a beau me parler, me raisonner, me prendre par les sentiments.. aujourd'hui, j'ai envie que ma mère me regarde, envie d'aller fumer un clope avec elle au sous-sol. Des fois c'est l'inverse. Mais le cigare n'a pas de goût aujourd'hui, juste envie d'une mentholée avec ma reum dans les bas fonds diamantés. Il faut dire que Marianne vieillit bien, je la trouve de plus en plus belle. Cette pochette est une aubaine.
 

Pourtant « Give my love to London », la chanson, avait les mêmes discours que certaines de Robert sur « Lullaby... ».. les voix proches, la mélodie, la production, elle a même essayé de parler comme lui avec « Mother wolf »... Et même si le paternel a tenté de détourner l'affection avec « Embrace another fall »  ou le sublime «  Up on the hollow hill », l'ensemble reste insipide, inadapté, je ne suis pas dessus, ni en dessous, je glisse et boude.

 
Au début, j'avais besoin d'eux, je me disais, je vais aller voir les p'tits vieux de la vieille, aller fouiner chez moi pour glaner du réconfort.. et puis j'aime pas quand Marianne s'énerve on dirait Robert un poil contrarié. Si Marianne m'embarque, Robert me plante avec un son artificiellement acoustique, un poil glacé, on dirai qu'il n'y croit pas, son flot mélodieux est insipide. Et pourtant les voix sont proches, comme on a vécu avec ses parents, et que l'on écoute les cordes se sensibiliser au fil des plaisirs des années défilées.
Et puis ma mère a accueilli mes larmes quand elle m'a parlé de sad Lisa avec son « Deep water » infernal. C'est pas donné à tout le monde de savoir parler au bon moment.
Ah j'oubliais, il y a des hymnes aussi, quand l'émotion d'un souvenir nous tire l'épiderme, nous étrangle à ne plus pouvoir parler, ou quand une femme qu'on aime chante comme Marianne.
Ah oui, j'oubliais aussi, « Going home ».. c'est là que j'ai franchi le pas du seuil où j'ai vécu, là où la majorité m'a chassé comme une force centrifuge, là où j'aime revenir.
 

J'ai essayé et tenté, trois quatre fois, rien n'y fait.. aujourd'hui, Robert radote.

« True lies », je sais déjà que les mots vont suinter des yeux, que l'accolade frissonnera. La gravité des talents n'a rien à voir ce soir avec ma sensibilité, j'ai besoin d'une matrice, d'un tanin qui tatoue au héné sur l'épiderme échinocoque.
J'ai la chair de poule, Marianne.

Papa, c'est pas pour ce soir, ta fripe me froisse, ton arc-en-ciel est gris, tes manières sont feintes, t'as trop bu, tu prends des airs..je reviens, t'inquiètes, je vais fumer une cigarette avec maman.

Marianne Faithfull 2014 « Give my love to London » label : naïve
 
Robert Plant «  Lullaby and .. the ceaseless roar » label : nonesuch
 
 








6 commentaires:

Mylène Gauthier a dit…

Marianne mon cœur. Cette fille n'est jamais morte et ne mourra jamais.

charlu a dit…

Toute sa substance est blottie au creux des chansons les plus douces. L'intimité chez elle est une chose troublante.

Jimmy Jimi a dit…

Jeune, Marianne était le genre de beauté qui me donne envie de me fracasser la tête entre les murs; moins jeune, on adorait, en effet, en faire sa maman! Sa discographie devient vraiment exceptionnelle...

Mylène Gauthier a dit…

L'intimité c'est quand on va au-delà du corps. C'est la substance qui flotte au-dessus du voir, sinon on reste dans l'image. De façon général, c'est à cet endroit que le commun se trouve dans les miroirs. C'est ce qui rend ce monde si ennuyant et fade.

charlu a dit…

Le monde a beau être d'une fadeur accablante..je m'en fout..me suis jamais ennuyé une seule seconde avec toi.

Mylène Gauthier a dit…

C'est gentil, merci.