mercredi 12 septembre 2018

Jonathan Bree




Le petit fils de Fantomas vient de se fendre d'un bel album organique et mélancolique. Sa magique pop moderne me renvoie vers le désespoir crooné de Get Well Soon. L'orchestre bleu pétrole fluo ruisselle sur des lueurs urbaines, intimes, arty et noctambules.
On pourrait flipper à croiser sa tronche de collant à moumoutte, pourtant la beauté scintillante de sa moue tristounette fait mollement danser sur la basse d'un hôtel particulier et tournoyer dans une brume chagrine et synthétique.
J'avais cinq ans, je flippais ma race devant le rire grave de Fantomas... l'était peut-être sympa ce grand schtroumpf chauve.


Jonathan Bree, c'est The Brunettes, c'est en Nouvelle-Zélande. Une précieuse découverte.

Jonathan Bree 2018 « Sleepwalking » label : lil'chief



dimanche 9 septembre 2018

Paul McCartney 2018



J'avais mis en scène, presque tout y était, le génie des mélodies, des airs imparables, la pochette bariolée... j'me disais, ils vont comprendre, m'accompagner dans l’événement, ce nouveau rendez-vous astronomique.. rien, bredouille... et j'ai morflé.
J'avais placé le truc comme une annonce, jusqu'à même, une fois de plus faire une légère allusion à Kokomo des BB, et puis surtout, en gros à clignoter LIVERPOOL, les petits gars de The Coral étaient là comme la première partie de l'éternel, l'embouchure vers l'immortel....

Personne, rien.. alors ravagé par l'émerveillement d'une pièce époustouflante, je me suis noyé dedans, boudant tout mon entourage, j'ai gardé mes fripes et ma pochette en carton et je me suis couché là sur le quai de la station Egypt.
Tant pis pour les autres, je me le garde tout seul ce disque éblouissant. J'ai dansé comme un fou joyeux, j'ai pleuré comme un gosse et j'ai dansé en pleurant, et vice et versa. Tout le monde s'écartait avec des petits rictus de honte quand on est témoin d'une danse comme ça aux heures de pointes, quand il faut aller turbiner pour pas grand chose.

Je le savais, prévisible sa régularité, quoiqu'il arrive mais je n'imaginais pas ce niveau là à un temps où l'on pourrait juste entretenir le bouzin, huiler les rotules pour pas que ça pète, tranquille. « New », sombre et un poil inégale ne laissait pas présager une telle beauté à suivre, mirobolant Paulo beau comme un « Ram », rebondissant, excitant, ardant, enflammé, majeur, responsable, intact, sans cesse amplifier de fraîcheur, la sienne, il n'y en a pas d'autre (« Despite repeated warings »..quand même... « Hunt you down/naked/C-link »..putain...). Très sincèrement un autre palier vient d'être atteint. Le son est extraordinaire plus que jamais, j'en ai encore la tète de poule et la chair folle, le disque est généreux, lapalissade sur la beauté des mélodies.. une énième compilation de McCartney....


Sur le quai de l' « Egypt Station » les gens passaient. C'est normal aujourd’hui les pleurs dansés, les clochards de rives ivres des grisailles que les passant emportent, dévoilant des murs éclatés s'ouvrant sur le reste des horizons, le passant est fait pour passer, le céleste se pâmer. Ma déréliction n'avait de saveur que la plénitude de ma solitude que je remplissais de jaune et de bleu ciel, d'échos et de fraternité imaginaire. Des mains virtuelles, dans celles des autres pas plus réelles, « Hand in hand » à tournoyer sur ce gris quai à attendre un regard, une main qui se tend.......j'étais au bout d'ma vie..

Et voilà....C'est bien là mon Tonio que je connais. Le mec sur qui on peut toujours compter. Il s'est penché sur moi, m'a tendu la main comme un soleil, quelques pièces virtuelles pour mon casse-croûte spirituel. « Viens mon gars, parlons de Macca, eh ma favorite, intime-moi encore de ce cerveau big bang »..m'a t-il dit. Je me suis relevé et nous sommes partis tous les deux à la recherche d'une prairie ensoleillée, et quand bien même fusse t-elle plombée d'une voûte anthracite menaçante, la chorale religieuse de « Opening Station » aurait eut raison immédiatement de ce toit sans espoir, « Egypt Station » et le ciel se fend.


« I don't know » par exemple... c'est tout Paulo, dès le début un air grave, une intro sérieuse et grave qui débouche sur un piano solennel pour finalement chanter magnifiquement un air à flâner, mélancolique, heureux, avec une petite virée dans le joyeux le temps de quelques notes furtives, comme pour dire, quoiqu'il arrive les p'tits gars.......... y'a Paulo.
« Nothing for free ».. ce mec est définitif... la lumière pour qui veut bien stopper sa carcasse un moment à la station Egypt.

« Ah oui au fait Tonio.. faut quand même que je te dise à propos du truc bien là ..tu sais les Coral avec cette virée chez les BB.... mais oui et t'as vu, personne n'a rien vu.. bordel Liverpool quand même..ou alors c'est parce qu'ils sont dans le groupe du psg... y'a un truc, nan je suis pas très foot en dehors des coupes du monde:D ... et tu sais que la pochette du disque, bah y'a un élestique rouge ou vert qui tient le dépliant.. moi j'ai pris vert...bon alors..dis-moi, le nouveau Paulo mon Tonio.... »
Paul McCartney 2018 « Egypt Station » label : mpl/capitol


jeudi 6 septembre 2018

The Coral 2018



Allez vous balader n'importe où avec ce disque dans les oreilles, villes ou champs peu importe, les accords heureux et les belles notes qui se suivent ça les connaît les The Coral, sont pas de Liverpool pour rien.
Un nouvel album ?, oui, un de plus, oui mais nan. Rarement le tout n'a été aussi entier.

L'Atlantique d'un seul coup ne leur pose aucun problème.. santiags ray-ban et casquettes sur couleurs bariolées, manque que la plage californienne. Ils n'iront pas jusqu'à se galvauder benêts à chanter la beauté des pâtés de sables Kokomo, mais le son et les vocales en chorales sentent le CSN et la vague. Il faut écouter le sublime « Eyes of the Moon » pour se souvenir de leur texture originelle, l'obédience fantastique de la patine Coral. Et là, je sombre et repars illico vers d'eux celle que je préfère.. « Rebeca You ».
Rien à jeter sur le nouveau, tout est entrain et attirance. Tous les coins de chemin, les lignes courbes de n'importe quel horizon entêté de reliefs ou affublé d'une mer violette aux postillons laineux, à l'arrêt, en chute libre ou à pleine vitesse.. allez vous balader avec « Move Through the Dawn » dans les oreilles...du rose à l'âme comme un printemps à l'orée du orange à venir.

The Coral 2018 « Move Through the Dawn » label : ignition

mardi 4 septembre 2018

Bruce Springsteen 1982



Eh bin voilà, c'est pas malin, merci les potes :D
Les 10 chansons les meilleures qu'il a demandé le Pax... ou plutôt nos préférées à nous. Un challenge sérieusement ludique de Pax ça ne se refuse pas. Alors voilà tous les albums du boss sont étalés devant mon air ahuri, quand je dis tout, c'est 73/84, le petit coffret rouge que j'ai chipé d'occas il y a 5 ans histoire de travailler ma moue musicale.
C'est où qu'il est ce super morceau là, quel disque renferme cet autre morceau fantastique qui m'a fait changer d'avis sur cet artiste pilier majeur et historique, faut tout réécouter.... oui car je suis piètre boss, un novice pour ainsi dire, je préfère de loin Bob Seger, voire Mellemcamp et ma curiosité ne date pas de si longtemps, même Antoine De Caune dans les 90's n'avait pas réussi à me décider..
Je n'avais pas prévu non plus de resté bloqué un fois de plus sur 82, comme chaque fois que je l'aborde, empêtré dans la grisaille du Nebraska avec tous les fantômes Young Dylan Prince Billy dans la brume. Oui la voix de Springsteen est unique, autre que ces trois là.

Maître Dev Tonio a des lacunes sur cet état là, qu'à cela ne tienne, je vais en mettre du Nebraska ;D. De toute façon elles sont là, mes chansons préférées de BS, comme des envies d' « Into the Wild » dans la pampa, solo, avec la botanique et le ciel lourd, le vent, l'absence de bipède et les grands espaces.
Trois fois qu'il passe ce disque depuis mon envie de bosser pour Pax. Ça la fout mal, pas moyen de couper pour mettre un autre, mes 10 chansons préférées du Boss sont ici....... à moins que......

L'idée du tricheur m'est venue quelques heures après moult écoutes... Nebraska sera ma Face A.. et voilà donc, la B, un horizon sans voûte plombée... Une fois de plus, il faudra que je replonge dans sa discographie, quel plaisir d'écouter certains trucs, et ce« Asbury Park NJ » vers qui je ne vais pas assez souvent.. tellement de belles chansons dont ces 10 là.


  1. Point black
  2. Jungleland
  3. Adam raised a cain
  4. New York City serenade
  5. The E Street Shuffle
  6. Racing the street
  7. Lost in the flood
  8. Drive all night
  9. The river
  10. For you

Et pour prolonger la gruge, un 45T en bonus, juste histoire de penser au succès du gars qui pourrait bien avoir quelques impacts énergétiques contagieux sur l'envie de reprendre THE BOSS.

1.Glory day
2.Hungry Heart

Bruce Springsteen 1982 « Nebraska »




dimanche 2 septembre 2018

Razen



Lignes de fuite pour un son en partance. L'été et ses airs entêtés, le ressac cornemuselé expérimental de Razen est venu me chanter l'après-midi chaud d'une fin de saison qui crâne. La chaleur des drones époustouflés gronde, les fantômes des traditions flottent apocalyptiquement nus. Le ciel brûle et pourtant les feuilles sont roussies déjà, peupliers jaunes, vendanges précoces, « Endrhymes » et tout vacille.
C'est la faute à (K-RAA-K)3 et la 86ème pièce de leur catalogue irradié. C'est un label que j'ai longtemps suivi, un grand retour pour moi, les croyant disparus je n'avais pas visité cette auberge depuis des années, j'ai fouillé et j'ai trouvé, je suis tombé sur le son d'un soleil énorme qui a l'intention de ne rien lâcher. Moi non plus, Razen me crame les artères, danse bretonne au fin fond des désert ravagés. « Sleeper » et une petite galette irréelle....

Razen 2016 « End rhymes » label : K-RAA-K

mercredi 29 août 2018

Orange Can






Petit flottement d'inspiration, comme dans les bacs pisseux du moment, gorgés de vinyles immobiles, à attendre que tout le monde rentre. Rentrée ceci, rentrée cela et tu es dans quelle classe ? c'était bien tes vacances ? t'as écouté le dernier untel qui va sortir bientôt ? t'es pas tellement bronzé, t'as eu mauvais temps ? 
Qu'à cela ne tienne, de derrière mes fagots, sans pour autant me fagoter d'émotions aigri-douces impatientes, histoire de chasser la lassitude, je me suis laissé avoir une nouvelle fois par le hasard de l'étagère, pic et pic et collé grave je prends celui-là au hasard.


Peut-être un poil influencé par la pochette atypique dans son format, carton court sans débordement avec livret et concept original, j'ai pris Orange Can 2001. Il faudra la prochaine fois penser à Colin-Maillard pour la neutralité.



Orange Can, rien que le nom renvoie à plein de choses. Pourquoi à sa sortie, j'ai pensé à "Animals", le son des grattes ? le cool 70's qui s'essouffle ? l'idée progressive d'une musique qui ondule au fil d'un paysage plombé par la neige, avec un ciel orange évolutif. Tout me semblait cohérent, le nom, la texture et le son. J'ai dû rester plusieurs écoutes avachi dans la ouate tellurique ainsi à déguster ce disque rare et attachant.
Là, maintenant, avec le recul, l'écoute est un tout petit peu moins animale, mais associée fortement à cet autre groupe britannique fantastique The Beta Band, même s'il m'en reste encore l'envie de bêler ou de grouiner dans l'écho à l'écoute de "Mornin'Son".

A coup sûr, ce disque que je retrouve avec un plaisir intact, ne s'est pas éternisé dans les bacs. C'est un groupe anglais tenu par les deux frères Aslett, ils ont sorti 3 albums entre 2000 et 2007 et basta. Celui-ci est la pièce centrale. "Down where she lays" quand même, un petit chef d'œuvre du genre, ça sent pas le Floyd 77 à plein nez ?? ce prog là est très minimal, ce qui ajoute à l'originalité, rock étouffé et moelleux, ça doit être la neige en blanc menacée par l'œuf du jaune. Et cette petite "Lou" là, belle et éphémère, elle vient d'où celle-là ?? ça serait bien qu'elle soit là la Lou.


Devant la torpeur annuelle d'une effervescence unanime à venir, je suis aller chiper un peu au hasard un vieux disque souvenir, histoire de m'immerger dans un instant de belle écoute musicale d'un jour de l'année 2001. Les moteurs de recherche deviennent fou avec ce groupe, et c'est un autre atout. Pas grand chose sur eux, bredouille, j'ai vu un vinyl à 65 sur amatruc et un cd à 3 sur pricemachin..

je me remets ce petit rock prog orangé british neigeux, juste parce que j'adore ce disque.





Orange Can 2003 "Home burns" label : regal






lundi 27 août 2018

The Necks 2018



La menace des jours qui raccourcissent. On lutte à regarder les dernières minutes du soleil couchant sur les arbres frappés. Le corps des branches embrasées au dessus de nos tètes prolongent le jour.

« Townsville ; Silverwater ; Open ; Vertigo »... morceaux uniques de modern-jazz à ouvrir tous les espaces, « Body » pour ce soir, Buck/Swanton/Abrahams jouent la nuit qui s'étale, la violence des jours démissionnaires.

The Necks 2018 « Body » label : fish of milk



Agnes Obel 2026

  Taquin le Superbe, un alias du Baron de Charlus, des noms coquets que j'aime lire à voix haute quand je me replonge dans le temps pe...