Le petit fils de Fantomas vient de se
fendre d'un bel album organique et mélancolique. Sa magique pop
moderne me renvoie vers le désespoir crooné de Get Well Soon.
L'orchestre bleu pétrole fluo ruisselle sur des lueurs urbaines,
intimes, arty et noctambules.
On pourrait flipper à croiser sa
tronche de collant à moumoutte, pourtant la beauté scintillante
de sa moue tristounette fait mollement danser sur la basse d'un hôtel
particulier et tournoyer dans une brume chagrine et synthétique.
J'avais cinq ans, je flippais ma race devant le rire grave de Fantomas... l'était peut-être sympa ce grand schtroumpf chauve.
Jonathan Bree, c'est
The Brunettes, c'est en Nouvelle-Zélande. Une précieuse découverte.
Jonathan Bree 2018 « Sleepwalking »
label : lil'chief
J'avais mis en scène, presque tout y
était, le génie des mélodies, des airs imparables, la pochette
bariolée... j'me disais, ils vont comprendre, m'accompagner dans
l’événement, ce nouveau rendez-vous astronomique.. rien,
bredouille... et j'ai morflé.
J'avais placé le truc comme une
annonce, jusqu'à même, une fois de plus faire une légère allusion
à Kokomo des BB, et puis surtout, en gros à clignoter LIVERPOOL,
les petits gars de The Coral étaient là comme la première partie
de l'éternel, l'embouchure vers l'immortel....
Personne, rien.. alors ravagé par
l'émerveillement d'une pièce époustouflante, je me suis noyé
dedans, boudant tout mon entourage, j'ai gardé mes fripes et ma
pochette en carton et je me suis couché là sur le quai de la
station Egypt.
Tant pis pour les autres, je me le
garde tout seul ce disque éblouissant. J'ai dansé comme un fou
joyeux, j'ai pleuré comme un gosse et j'ai dansé en pleurant, et
vice et versa. Tout le monde s'écartait avec des petits rictus de
honte quand on est témoin d'une danse comme ça aux heures de
pointes, quand il faut aller turbiner pour pas grand chose.
Je le savais, prévisible sa
régularité, quoiqu'il arrive mais je n'imaginais pas ce niveau là à
un temps où l'on pourrait juste entretenir le bouzin, huiler les
rotules pour pas que ça pète, tranquille. « New »,
sombre et un poil inégale ne laissait pas présager une telle beauté
à suivre, mirobolant Paulo beau comme un « Ram »,
rebondissant, excitant, ardant, enflammé, majeur, responsable,
intact, sans cesse amplifier de fraîcheur, la sienne, il n'y en a
pas d'autre (« Despite repeated warings »..quand
même... « Hunt you down/naked/C-link »..putain...).
Très sincèrement un autre palier vient d'être atteint. Le son est
extraordinaire plus que jamais, j'en ai encore la tète de poule et
la chair folle, le disque est généreux, lapalissade sur la beauté
des mélodies.. une énième compilation de McCartney....
Sur le quai de l' « Egypt
Station » les gens passaient. C'est normal aujourd’hui
les pleurs dansés, les clochards de rives ivres des grisailles que
les passant emportent, dévoilant des murs éclatés s'ouvrant sur le
reste des horizons, le passant est fait pour passer, le céleste se
pâmer. Ma déréliction n'avait de saveur que la plénitude de ma
solitude que je remplissais de jaune et de bleu ciel, d'échos et de
fraternité imaginaire. Des mains virtuelles, dans celles des autres
pas plus réelles, « Hand in hand » à tournoyer
sur ce gris quai à attendre un regard, une main qui se
tend.......j'étais au bout d'ma vie..
Et voilà....C'est bien là mon Tonio
que je connais. Le mec sur qui on peut toujours compter. Il s'est
penché sur moi, m'a tendu la main comme un soleil, quelques pièces
virtuelles pour mon casse-croûte spirituel. « Viens mon
gars, parlons de Macca, eh ma favorite, intime-moi encore de ce
cerveau big bang »..m'a t-il dit. Je me suis relevé et
nous sommes partis tous les deux à la recherche d'une prairie
ensoleillée, et quand bien même fusse t-elle plombée d'une voûte
anthracite menaçante, la chorale religieuse de « Opening
Station » aurait eut raison immédiatement de ce toit sans
espoir, « Egypt Station » et le ciel se
fend.
« I don't know » par
exemple... c'est tout Paulo, dès le début un air grave, une intro
sérieuse et grave qui débouche sur un piano solennel pour
finalement chanter magnifiquement un air à flâner, mélancolique,
heureux, avec une petite virée dans le joyeux le temps de quelques
notes furtives, comme pour dire, quoiqu'il arrive les p'tits
gars.......... y'a Paulo.
« Nothing for free »..
ce mec est définitif... la lumière pour qui veut bien stopper sa
carcasse un moment à la station Egypt.
« Ah oui au fait Tonio.. faut
quand même que je te dise à propos du truc bien là ..tu sais les
Coral avec cette virée chez les BB.... mais oui et t'as vu, personne
n'a rien vu.. bordel Liverpool quand même..ou alors c'est parce
qu'ils sont dans le groupe du psg... y'a un truc, nan je suis pas
très foot en dehors des coupes du monde:D ... et tu sais que la pochette du disque, bah y'a un élestique rouge ou vert qui tient le dépliant.. moi j'ai pris vert...bon alors..dis-moi, le
nouveau Paulo mon Tonio.... »
Allez vous balader n'importe où avec
ce disque dans les oreilles, villes ou champs peu importe, les
accords heureux et les belles notes qui se suivent ça les connaît
les The Coral, sont pas de Liverpool pour rien.
Un nouvel album ?, oui, un de
plus, oui mais nan. Rarement le tout n'a été aussi entier.
L'Atlantique d'un seul coup ne leur
pose aucun problème.. santiags ray-ban et casquettes sur couleurs
bariolées, manque que la plage californienne. Ils n'iront pas
jusqu'à se galvauder benêts à chanter la beauté des pâtés de
sables Kokomo, mais le son et les vocales en chorales sentent le CSN et la
vague. Il faut écouter le sublime « Eyes of the Moon »
pour se souvenir de leur texture originelle, l'obédience fantastique
de la patine Coral. Et là, je sombre et repars illico vers d'eux
celle que je préfère.. « Rebeca You ».
Rien à jeter sur le nouveau, tout est
entrain et attirance. Tous les coins de chemin, les lignes courbes de
n'importe quel horizon entêté de reliefs ou affublé d'une mer
violette aux postillons laineux, à l'arrêt, en chute libre ou à
pleine vitesse.. allez vous balader avec « Move Through
the Dawn » dans les oreilles...du rose à l'âme comme
un printemps à l'orée du orange à venir.
The Coral 2018 « Move Through the
Dawn » label : ignition
Les 10 chansons les meilleures qu'il a
demandé le Pax... ou plutôt nos préférées à nous. Un challenge
sérieusement ludique de Pax ça ne se refuse pas. Alors voilà tous
les albums du boss sont étalés devant mon air ahuri, quand je dis
tout, c'est 73/84, le petit coffret rouge que j'ai chipé d'occas il
y a 5 ans histoire de travailler ma moue musicale.
C'est où qu'il est ce super morceau
là, quel disque renferme cet autre morceau fantastique qui m'a fait
changer d'avis sur cet artiste pilier majeur et historique, faut tout
réécouter.... oui car je suis piètre boss, un novice pour ainsi
dire, je préfère de loin Bob Seger, voire Mellemcamp et ma
curiosité ne date pas de si longtemps, même Antoine De Caune dans
les 90's n'avait pas réussi à me décider..
Je n'avais pas prévu non plus de resté
bloqué un fois de plus sur 82, comme chaque fois que je l'aborde,
empêtré dans la grisaille du Nebraska avec tous les fantômes Young
Dylan Prince Billy dans la brume. Oui la voix de Springsteen est
unique, autre que ces trois là.
Maître Dev Tonio a des lacunes sur cet
état là, qu'à cela ne tienne, je vais en mettre du Nebraska ;D. De
toute façon elles sont là, mes chansons préférées de BS, comme
des envies d' « Into the Wild » dans
la pampa, solo, avec la botanique et le ciel lourd, le vent,
l'absence de bipède et les grands espaces.
Trois fois qu'il passe ce disque depuis
mon envie de bosser pour Pax. Ça la fout mal, pas moyen de couper
pour mettre un autre, mes 10 chansons préférées du Boss sont
ici....... à moins que......
L'idée du tricheur m'est venue
quelques heures après moult écoutes... Nebraska sera ma Face A.. et
voilà donc, la B, un horizon sans voûte plombée... Une fois de
plus, il faudra que je replonge dans sa discographie, quel plaisir
d'écouter certains trucs, et ce« Asbury Park NJ »
vers qui je ne vais pas assez souvent.. tellement de belles chansons
dont ces 10 là.
Point black
Jungleland
Adam raised a cain
New York City serenade
The E Street Shuffle
Racing the street
Lost in the flood
Drive all night
The river
For you
Et pour prolonger la gruge, un 45T en
bonus, juste histoire de penser au succès du gars qui pourrait bien
avoir quelques impacts énergétiques contagieux sur l'envie de
reprendre THE BOSS.
Lignes de fuite pour un son en
partance. L'été et ses airs entêtés, le ressac cornemuselé
expérimental de Razen est venu me chanter l'après-midi chaud d'une
fin de saison qui crâne. La chaleur des drones époustouflés
gronde, les fantômes des traditions flottent apocalyptiquement nus.
Le ciel brûle et pourtant les feuilles sont roussies déjà,
peupliers jaunes, vendanges précoces, « Endrhymes » et
tout vacille.
C'est la faute à (K-RAA-K)3 et la
86ème pièce de leur catalogue irradié. C'est un label que j'ai
longtemps suivi, un grand retour pour moi, les croyant disparus je
n'avais pas visité cette auberge depuis des années, j'ai fouillé
et j'ai trouvé, je suis tombé sur le son d'un soleil énorme qui a
l'intention de ne rien lâcher. Moi non plus, Razen me crame les
artères, danse bretonne au fin fond des désert ravagés.
« Sleeper » et une petite galette irréelle....
Petit flottement d'inspiration, comme dans les bacs pisseux du moment, gorgés de vinyles immobiles, à attendre que tout le monde rentre. Rentrée ceci, rentrée cela et tu es dans quelle classe ? c'était bien tes vacances ? t'as écouté le dernier untel qui va sortir bientôt ? t'es pas tellement bronzé, t'as eu mauvais temps ?
Qu'à cela ne tienne, de derrière mes fagots, sans pour autant me fagoter d'émotions aigri-douces impatientes, histoire de chasser la lassitude, je me suis laissé avoir une nouvelle fois par le hasard de l'étagère, pic et pic et collé grave je prends celui-là au hasard.
Peut-être un poil influencé par la pochette atypique dans son format, carton court sans débordement avec livret et concept original, j'ai pris Orange Can 2001. Il faudra la prochaine fois penser à Colin-Maillard pour la neutralité.
Orange Can, rien que le nom renvoie à plein de choses. Pourquoi à sa sortie, j'ai pensé à "Animals", le son des grattes ? le cool 70's qui s'essouffle ? l'idée progressive d'une musique qui ondule au fil d'un paysage plombé par la neige, avec un ciel orange évolutif. Tout me semblait cohérent, le nom, la texture et le son. J'ai dû rester plusieurs écoutes avachi dans la ouate tellurique ainsi à déguster ce disque rare et attachant.
Là, maintenant, avec le recul, l'écoute est un tout petit peu moins animale, mais associée fortement à cet autre groupe britannique fantastique The Beta Band, même s'il m'en reste encore l'envie de bêler ou de grouiner dans l'écho à l'écoute de "Mornin'Son".
A coup sûr, ce disque que je retrouve avec un plaisir intact, ne s'est pas éternisé dans les bacs. C'est un groupe anglais tenu par les deux frères Aslett, ils ont sorti 3 albums entre 2000 et 2007 et basta. Celui-ci est la pièce centrale. "Down where she lays" quand même, un petit chef d'œuvre du genre, ça sent pas le Floyd 77 à plein nez ?? ce prog là est très minimal, ce qui ajoute à l'originalité, rock étouffé et moelleux, ça doit être la neige en blanc menacée par l'œuf du jaune. Et cette petite "Lou" là, belle et éphémère, elle vient d'où celle-là ?? ça serait bien qu'elle soit là la Lou.
Devant la torpeur annuelle d'une effervescence unanime à venir, je suis aller chiper un peu au hasard un vieux disque souvenir, histoire de m'immerger dans un instant de belle écoute musicale d'un jour de l'année 2001. Les moteurs de recherche deviennent fou avec ce groupe, et c'est un autre atout. Pas grand chose sur eux, bredouille, j'ai vu un vinyl à 65 sur amatruc et un cd à 3 sur pricemachin..
je me remets ce petit rock prog orangé british neigeux, juste parce que j'adore ce disque.
La menace des jours qui raccourcissent.
On lutte à regarder les dernières minutes du soleil couchant sur
les arbres frappés. Le corps des branches embrasées au dessus de
nos tètes prolongent le jour.
« Townsville ; Silverwater ;
Open ; Vertigo »... morceaux uniques de modern-jazz à
ouvrir tous les espaces, « Body » pour ce soir,
Buck/Swanton/Abrahams jouent la nuit qui s'étale, la violence des
jours démissionnaires.