En arpentant les allées bizarres de ce petit jardin adapté, je me suis interrogé, sans n'avoir jamais vu à ce point l’anomalie naturelle d'un lopin façonné, le besoin rigoureux du bipède à vouloir s'enliser dans l'administratif. Le protocole d'une pelouse de bords tracés rasée de près, ces plessages décoratifs, ces tailles dans des arbustes choisis, If et Buxus dociles à la lame du jardinier, je réalisais l'inquiétude confirmée.
J'ai longé ce ruisseau dévié sur ce calcaire tassé et entortillé histoire de guider celui qui n'a pas d'idée. C'est pourtant beau un jardin d’acclimatation, à condition de ne pas y voir l'interventionnisme outrancier des individus se croyant indispensables. Tordre et disloquer, rendre la graminée ornementale, coiffer rectangle le houppier des tilleuls, cercler, désarticuler, le jardin administré dans l'urbanisme. La charmille esclave sans cesse ébranchée fait la joie d'une race humaine qui aime asservir. Le bistouri a raison des parcs depuis que l'homme a déposé sa vie sur des textes communs, du dessin, beaucoup de calculs, un besoin de contrôle et de régence.
Il est chouette ce petit parc façonné, je ne me lasse jamais d'en faire le tour, à quelques heures perdues, celles que je gardent pour tuer l'après midi, quand je ne peux pas me rendre plus loin en bas, au bord du grand bois sombre. Juste après lui, s'ouvre la grande forêt domaniale, tiens, encore un terme administratif. Je tourne dans ce parc, je pense à James McCartney. Il faut dire que je suis sur l'album des Dragonflies depuis quelques soirées. Dhani Harrison et Nigel Godrich. Je ne connaissais pas cette association, ce travail commun étonnant agréable et fleuri. Il faut oublier le passé ou pas (Dark Horse Records quand même) pour savourer ce travail bucolique à la belle pochette de composition botanique. Comment ne pas faire abstraction de Papa Harrison. Donc j'ai retenté James pour voir, à nouveau pitié et affliction. Julian ? Quant à Sean plus qu’intéressant, mais comment ne pas penser aux forêts ?
Dragonflies 2026 "Dragonflies"

4 commentaires:
Vraiment un bel album qui me fait penser au Radiohead des débuts, quelle qualité des arrangements, on reconnaît la patte de Godrich (comme chez Radiohead justement qui avait mis en lumière son travail), seul bémol la batterie- boîte à rythmes un peu urticante.
Je me suis laissé aller, et puis séduit de suite par cette voix qui sans effort monte dans de si beaux aigus « The Weight » « End Of World ». Nigel Godrich ? Nigel Godrich ? Ha oui, Radiohead mais je dois aussi me souvenir de Beck, je l’ai toujours regardé de travers, jamais percé ce multi talentueux. Je pensais, à propos de parc, il y a bien longtemps que je n’ai vu « Pelouse Interdire », cela pouvait présager d’une chouette évolution des mentalités ? Ou de la jalousie vis-à-vis des Anglais ?
oui, du Radiohead Nigel dedans. C'est une jolie recette..et puis je me suis d'abord concentré sur la présence de Dhani.. un léger voile de son père dans les cordes vocales et une certianes candeur dans l'écriture.. et puis très vite j'ai entendu un très bel album
Ehh on s'est refait Gazon Maudit en famille, pas pris une ride tellement les mentalités visqueuses ont du mal à se diluer... tu parles bien de ça ??? :))))) la voix du Dhani est belle est étonnante.. d'autant qu'il n'est pas tout jeune. Nigel, je ne connais pas son pedigree.. y'a du Macca ds son CV nan ??
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