"Good" en bleu sur la pochette de pivoines flamboyantes. Certains prétendent que ce sont des tulipes. Mon cerveau est pivoine. Bon ok, mais le choix de la couleur bleu dans ce tableau profondément botanique. Est-il au moins sur la même longueur d'onde que les verts intenses des grosses feuilles épaisses ? Et cette police décalée. Un léger petit bout de ciel détaché, décalé, désorienté. Un bout de vitrail comme un bri de verre, ouverture fauve.
J'aurai cru ce groupe anglais, malgré le jazz urbain en brouillard qui sent l'outrecuidance. Cambridge quand même. Comme un bout de ciel cobalt et dégagé au dessus d'un parc, le beau jardin proustien à Illiers avec des sublimes phrases trop longues.
Good en bleu quand même, comme pour prévenir que les guitares et les claviers sont absents.
Une certaine légèreté malgré le plombé. Tout semble piqué d'un certains décalage. Cet album m'intrigue, il est génial, une certaine accroche. L'écoute m'avait échappé il y a quelques années, je n'avais pas fait attention à la pochette. Un détail vient gâcher la fête, quelque chose brouille les pistes, un poil collé sur la savonnette, inconsciemment une guitare manque. Ce bleu good a brillé mes esgourdes. "Good" passe en boucle et le ciel s'obscurcie.
Morphine 1992 "Good"

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