vendredi 29 juin 2012

Baby Rose




Happé par la queue d'une comète, on avale d'urgence une pilule de dopamine avec un jerricane de Redbull et l'on s'injecte dans le casque un objet psychédélique incandescent.
La voix est proche d'Ozzy Osbourne et de John Frusciante, le jeu aussi. Pour le son, va falloir s'accrocher pour ne pas dérailler et être éjecté de ce manège démentiel. La bande son d'un grand huit surexposé à des néons fauves.
Convulsions de jerk endiablé, in extrémis s'accrocher à la convolvulacées, liane d'argent en son saturé, tronche de liseron à sucer la menthe rampante. Faut avoir la condition physique, faut laisser le produit agir pour sucer la rose des bois, pétale de rose sous le nœud d'un tronc opiacé. Acidité botanique, révulsion des hémisphères, érection du pylore, l'échine électrocuté, l'effet d'un Baby Woodrose est fatal, l'upercut d'une basse salope, d'un synthé cosmique et des guitares extasiées.

Baby Woodrose, c'est dix ans de carrière et neuf albums. Une urgence discographique, des idées sonores irradiées, du sexe et du jerk sidéral (façon Acid Mothers Temple)..et c'est vachement bon.




Baby Woodrose 2012 « Third eye surgery » label : bad afro

http://www.badafro.dk/
http://babywoodrose.wordpress.com/
échelle de richter : 7,9
support MP3
après 2 écoutes







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mercredi 27 juin 2012

Ty Segall & White Fence


Une pause garage rock avec un album qui a du chien, un peu comme la pochette du précédent album. Absolument hors du temps, « Hair » véhicule un plaisir généreux à jouer un album studio en live. Plaisir communicatif. C’est brut, cru, du Lo-Fi, c’est crédité par les psychédéliques Drag city.
Le rock basique de Ty avec sa brouette de défauts fait mouche, un poil barge juste ce qu’il faut. Le son balance sa sueur directement sur les 60’s, façon Lennon, Barrett, Byrds, du Beatles façon caverne un peu plus déjanté, mais avec une exactitude sonore d’époque. On peut même aller jusqu’au rockabilly des 50’s. Une belle touche de blues crade pour couronner le tout. On goutte la sauvagerie authentique à grand lampées de pintes et l’on montre les dents pour feindre une agressivité distordue.

La pochette, sublime, est une prise fish eyes couleur vieillotte et rappelle « Ragged glory »… la même rage dedans.
Solide récréation pour accueillir la canicule comme il se doit.

Ty Segall & White Fence 2012 « Hair » label : drag city
http://ty-segall.com/
http://www.dragcity.com/
échelle de richter : 5,9
support MP3
après 2 écoutes







lundi 25 juin 2012

Band of holy joy



Dans le clip « Sadness ignorance longing », il y a un être humain qui se reconstruit à partir d'un cerveau, on farfouille alors dans la boite crânienne, de la science, de la médecine. Si Band of holy joy, fameux groupe londonien formé en 1984, n'a pas fait de disque entre 92 et 2002 après six albums, c'est que Johnny Brown a traversé les couloirs de lumière. Une trépanation est venu à bout d'une tumeur au cerveau. Auteur/compositeur en convalescence, Band of holy joy devait alors revenir avec un sublime album pétrifiant d'émotion et de couleur, « Love never fails » en 2002. Un punk cabaret de folk celtique venait alors redonner une vie musicale aux Britanniques de Newcastle.

Dans la dramatique pop de « How to kill a butterfly », sorti en 2011 (depuis qq jours chez nous), je vois du Chris DeBurgh, de L'arcade of fire, du Dexy's midnight runners, du Get well soon, une voix puissante et fragile, je vois des larmes et de la rage, de la mélancolie.
L'élan des refrains, les nappes de guitares claires, le lyrisme et les émotions, la poésie rugueuse de Band of holy joy sont chantés dans une pop sépia, désuète et attachante. Un style. Le grand retour de la brit pop romantique. Une réussite totale à en pleurer de joie. Peut être l'album pop de l'année ? "These men underground" chanson pop de l'année ??

Band of holy joy 2012 « How to kill the butterfly » label : exotic pylon records
http://www.exoticpylon.com/ 
http://www.bandofholyjoy.co.uk/
échelle de richter : 8,8
support cd
après 3 écoutes.








vendredi 22 juin 2012

Rolf Julius


Je prends l'habitude de voir s'abattre des pluies d'averses sur notre dernier printemps. Caler le quotidien sur le poids de l'eau, ou la prendre comme elle vient, la sentir gorger les cellules, gifler Madame Meilland et faire exploser la burlat.
Elle berce, réveille et musèle. C'est l'autorité biologique qui pousse au refuge.

Rinçage d'oppression, lustrage des vagues à l'âme, corps délavés, la pluie est une aubaine pour les communiants.
Elle pousse la sève vers la lumière, puis quand le clapotis cesse, tous s'affaire. Alors, comme pour noyer le tumulte et revenir à mon abri, j'écoute « Raining » de Rolf Julius, 74 minutes de pluie tropicale.
Une goutte d'eau en onde circulaire de haut parleur, à la manière de Chris Watson, Rolf Julius a enregistré la pluie qui tombe avec ses textures. Insectes et caquètements pour un manège soporifique. Grosse chaleur, proche du corps humain, taux d'humidité record. « Raining » quand la pluie s'arrête.

Western vinyl essuie ce déluge sonore, folk boisé avant, expérimentations sonores ambiantes depuis quelques temps. Une belle séance de sophro.

Rolf Julius 2012 « Raining » label : western vinyl/small music
http://www.smallmusic.org/
http://www.westernvinyl.com/
échelle de richter : 6,5
support cd
après 1 écoutes

jeudi 21 juin 2012

mercredi 20 juin 2012

Piano magic 2012



Piano Magic est toujours là, fidèles à leur recette qui fait mouche. Cold wave, Rock new age, troubadour gothique, Johnson/Klima, ballades synthétique introverties, introspection chamanique, cénacle pop 80’s médiéval, son marmoréen, climat hivernal et impavide, éther et mécanique…

J’ai toujours eu une grande difficulté à parler de ce groupe né en 96, et malgré mes réactions allergisantes au son des 80’s, je suis complètement sous influence à chaque écoute d’un de leur album. Un de mes groupes fétiches.

Un parcours sinueux d’eps et de labels, de grands albums qui marquent déjà l’histoire de la musique, Piano Magic s’est trouvé un label de plus avec le « Home recordings » édité en 2010 en 200 exemplaires ; Second language music.

Ce nouvel album ne déroge pas à leur esprit cryptique et nocturne. Le titre éponyme est un pur chef d’œuvre, et l’ensemble beaucoup plus apaisé que d’habitude, tangue chaloupé comme un bon disque des Nits, ou de The Walkabouts, avec une slow touche Cohen.

Piano magic 2012 “Life has not finished with me” label : second language music
Échelle de richter : 8
Support mp3
Après 2 écoutes
http://www.secondlanguagemusic.com/SL017.html  











lundi 18 juin 2012

Mick Fleetwood's Zoo


« Sentimental journey », le meilleur album de Ringo sort en 1970 alors que le divorce est annoncé, « Giant in our own room » le premier album de Bob Siebenberg (batteur de Supertramp) 1986 apparait, alors que son groupe aussi bicéphale est révolu (Roger Hodgson a sorti son premier album solo, et Rick Davis « Cannonball »1984). Des remugles des groupes respectifs restent dans les sillons de la drummerie en cavale. La touche d'influence est incontestable. Ringo, Bob, imbibés pendant des années se révèlent.

Même topo pour Mick Fleetwood qui sort en 1983 un deuxième album solo «  I'm not me » de très bonne facture, avec dedans des bribes de Fleetwood Mac période Buckingham, alors que le groupe sombre dans le chaos. Fleetwood Mac vient de sortir un album secondaire et dispensable « Mirage », et s'apprêtent à jeter l'éponge (air Nicks/Buckingham) sur le chef d'œuvre « Tango in the night » 1987.
Lindsey Buckingham est d'ailleurs présent, mais aussi George Hawkins et Billy Burnette & Co.
Un touché Fleetwood Mac logique et flagrant, mais aussi, des grosses voix, du rock FM façon Toto, Foreigner, avec quand même l'esprit sonore 70's qui perdure. Le saxo se raccroche aux 80's.

Mick Fleetwood, présent dès le début avec John McVie et Peter Green pour l'histoire du groupe mythique, se dévoile ici, très entourré. Un batteur qui s'échappe, comme tant d'autres quand le groupe socle prend l'eau. « I'm not me », un bon disque, pas indispensable, mais important quand on est fan et collectionneur des Fleetwood Mac. Une très belle et précieuse réédition.

Mick Fleetwood's zoo 1983 « I'm not me » label : sony83/real gone 2012













dimanche 17 juin 2012

"Menace" 101x41 (16 juin 2012)







Johann Johannsonn "Englaborn"


"Brume pastel" 42x31 14 juin 2012




Johann Johannsonn "And in the Endless Pause There Came the Sound of Bees"

vendredi 15 juin 2012

Acid Mothers Temple




Grand jeu Sans Frontière Des Bloggers Mangeurs De Disques (troisème édition)
Thème #7 : "Barré grave"


Flingués, barrés, déjantés, ravagés, Kawabata Makoto est à la tète de plusieurs groupes dont l’épique Acid Mothers Temple, aussi présenté sous différentes appellations ( & the melting paraiso UFO; & the cosmic inferno; & the pink ladies blues; SWR..).
La folie barge du groupe japonais est palpable à travers leur opulente discographie studio et prend toute sa substance sur scène, aussi chaque set acide dégage des brûlures d’épilepsie synchrone totalement psychédéliques. Il faut s’accrocher à la rambarde pour ne pas être harponné et partir dans la pluie d’astéroïdes nées d’une explosion de nébuleuse fauve.

Flèches de synthé cosmiques, des larsens de claviers, nappes glutineuses flippantes, hurlements stridents en vocales improvisées, explosions de guitares irradiées, son 70’s sous acide, cataclysmes sonores, queue de comète électrique, accalmie, décantation pour une autre irruption.

Les albums officiels d’Acid Mothers Temple font toujours allusion à une pièce maîtresse de l’histoire de la musique…Floyd, Zappa, Black Sabbath dans le titre ou la pochette toujours à tendances érotiques. Le délire 2012 est basé quant à lui sur le monument « Bitches brew » 69… sorte de parodie dingotte torturée et improvisée de couleur jazz javellisé.

Rentrer dans un trip des barges barbus japonais relève d’une prouesse mentale extrême, une épreuve à l’indulgence. Insupportable mais jouissif. Il est possible de trouver l’extase, quelques jam endiablés injectent un philtre pour que la transe mûrisse. Je suis tombé accroc à quelques expériences AMT. Les plages ambiantes ou hallucinations électriques qui entrecoupent les déflagrations, permettent un certains recul sur le jeu expérimental des toquets. C’est selon, insupportable ou géniale, la musique de Kawabata peut à des moments les plus « sales » de notre cerveau atteindre le nirvana.
Ils sont apparus chez Alien8recordings.. branche de Constellation..pas étonnant, ce groupe est une richesse cérébrale sans précédent, énormissime... écoutez tous les morceaux proposés ici... Les derniers opus 2011/2012 sont dispo là...
AMT indispensable pour tout barré digne de ce nom....Bouquet final, thème idéal..vous allez me manquer bande de tarés ..... :D

Acid Mothers Temple .. du Black Sabbath à la sauce More des Floyd en Zappa infernal electricmoon Oneida d'ectasy San ku kai en sax sex trash Helter Skelter jazz celtique jerk goth .......... du crazy weird blues



Acid Mothers Temple 2012 "Son of the bitches brew"



























Les momies de Palerme



Abysses et ordonnées, loin des rails et de l’asphalte, je voyage énormément. Toujours en partance avec pour seul carburant la musique. Piètre globe trotter (en dehors de JJ Cale pour la péninsule ibérique), la particularité de mes pérégrinations est qu’ils sont immobiles.
Mon inertie a l’avantage d’allonger les distances et d’y ajouter de la hauteur. Du simple décollement de semelles aux vertiges les plus fous, mon cerveau fait la nique à cette carcasse encombrante et statique. Là, ma terre grasse me happe et laisse court à tous les fantasmes exotiques, dans une liberté sans contrainte.

A des degrés différents, les albums me transportent et jauge la qualité de mes partances. Une notation pour des agences de voyages, un test.
Les momies de Palerme  est un disque fou qui embarque très loin, dans des contrées arabisantes planantes et très haut dans les sphères hallucinées, profondément surréaliste.
« Brûlez ce cœur » invite à se propulser dans des paysages bariolés et mortifères.

Les momies de Palerme, c’est deux copines québécoises (Marie Davidson et Xarah Dion.. nan nan pas la famille) présentes au sein du groupe Land of Kush, et sur les travaux de Sam Shalabi, participant d’ailleurs à « Brûlez ce cœur ». Cet album dans les bacs que maintenant fut une des trois pièces maîtresses du premier volume « Musiques fragiles » en 2010 chez Constellation.

Transition parfaite pour les deux thèmes qui encadrent ce disque.. Appel au voyage toute dimension, absysses/ordonnées, monde parallèle, voyage immobile, pour deux filles barges.



Les momies de Palerme 2010 « Brûlez ce cœur » label : constellation
Echelle de richter : 6,5
Support cd
Après 1 écoute








mercredi 13 juin 2012

JJ Cale 89


Grand jeu Sans Frontière Des Bloggers Mangeurs De Disques (troisème édition)
Thème #6 : "invitation au voyage"


On connait tous le balancement moelleux du rocking-chair sur les riffs boisés et lents de J.J Cale. Douce canicule, incitation ombrageuse à la sieste.
Et pourtant une seule pièce de sa discographie se trouve dans la portière de mon véhicule, « Travel-log », la bande-son des petits voyages quand il s'agit de traverser la Castilla y Leon sous un soleil de plomb.
Indispensable son des trajets estivaux, cet album est une incitation au voyage, un disque pour avaler du bitume.
1989, six ans sans album, les précédents se ressemblent beaucoup, « Travel-log » en grand retour, une plaque tournante. C'est aussi, pour des raisons évidentes de liberté en partance entre autre, mon album préféré de J.J Cale.

« Tijuana », « Shangaid », « New Orleans »... un avion en fuite, invitation au voyage, comme en 74 avec la porte du wagon ouverte, « Okie ».


JJ Cale 1989 « Travel-log » label : silverstone
http://www.jjcale.com/













mardi 12 juin 2012

Swans


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Swans, un collectif qu'il est conseillé de ne visiter qu'aux heures les plus sombres de la nuit toute époque confondue, sort un double album de la dernière tournée 2011. Pas de ride pour Michael Gira. Un goth industriel ténébreux.
C'est pas le premier pavé live d'une tonne qui nous tombe sur l'échine. Celui-ci, d'une grande maîtrise, d'un son étonnant, fait blanchir toute l'émail du Gévaudan. Il est en plus, accompagné d'un design sublime, toujours assuré par son label préstigieux Young god records (ligne de conduite impeccable). Un grand moment que la sortie d'un Swans, réveillé de son tombeau depuis 2010.
Gira œuvrait plutôt seul (intime) ou avec Angel of Light (entre les deux).
Ici, les turbines à nouveau baignent dans l'huile.

« We rose from your bed with the sun in our head » est une dalle repoussée, la visite des catacombes sans guide, l'excavation de l'histoire musicale gothique, tout en gardant un visage affable.
Je suis très fan des travaux solitaires de Gira, et garde Swans pour l'obscurantisme de mes pleines lunes.

Swans 2012 «  We rose from your bed with the sun in our head » label : young god records
http://younggodrecords.com/home/swans-we-rose-from-your-bed-with-the-sun-in-our-head-2xdigipack-cd 
échelle de richter : 7,8
support cd
après 1 écoutes (en 2 fois).








lundi 11 juin 2012

Dominique Petitgand


Grand jeu Sans Frontière Des Bloggers Mangeurs De Disques (troisème édition)
Thème #5 : "nocturne"

Voilà ce que j’ai trouvé sur l’artiste nocturne en question. Je restitue le texte sans connaître son auteur. Des mots justes, définition parfaite des travaux de Dominique Petitgand :

« Dominique Petitgand réalise des pièces sonores, où la voix , les silence, les bruits et la musique construisent, par le biais du montage, des micro-univers où l'ambiguité subsiste en permanence entre un principe de réalité (l'enregistrement de la parole de gens qui évoquent leur vie quotidienne) et une projection dans une fiction onirique, décontextualisée et atemporelle. Un espace mental où la répétition, le flottement des identités, des lieux et des structures temporelles évoquent le mouvement même de la construction d'une mémoire.
L'utilisation du son le place dans un territoire artistique singulier et mouvant : il montre son travail aussi bien lors d'expositions, que de festivals de théâtre, cinéma ou musique. Il diffuse des pièces sonores sur disque, à la radio, mais aussi lors de séances qui s'apparentent à des concerts dans l'obscurité. »

Le disque en question, c’est « Le point de côté ». La nuit, un bâtiment, des fenêtres ouvertes qui donnent sur un monde urbain où seules quelques manufactures continuent de gronder au loin. Puis des voix, des intimités qui s’échappent des fenêtres. Le sommet du voyeurisme, des petites tranches de vie dérobées, des âmes qui flottent dans une musique lointaine.
Ce travail sonore, sorti chez Ici d’ailleurs, ne peut s’écouter que la nuit, dans le silence, histoire de capter le moindre bruit, comme si nous étions là, penchés à la fenêtre à écouter, à s’introduire chez ces inconnus.. Inconnu, sauf pour Dominique A qui se prête au jeu et raconte comment il s’endort en général (« Feu vert »).

Parmi la flopé de disques nocturnes qui me font peindre, j’ai choisi ces moments rares et particuliers qui hypnotisent comme dans un rève.

Dominique Petitgand 2001 « Le point de côté » label : ici d’ailleurs
http://www.icidailleurs.com/index.php?route=product/category&path=55
http://www.musicme.com/Dominique-Petitgand/albums/Le-Point-De-Cote-3596971780623.html














dimanche 10 juin 2012

"Blé poilu" 10 juin 2012 91x66




Machinefabriek & Steve Roden 2012 "Lichtung"
L'Altra 2001 "In the afternoon"


"Crépuscule anisé" 10juin 2012 41x31






Astrïd 2008 "&" label : arbouse

samedi 9 juin 2012

Jeffrey Lee Pierce



Grand jeu Sans Frontière Des Bloggers Mangeurs De Disques (troisème édition)
Thème #4 : "Tribute"

Noir Désir sur « 666.667 club » rend hommage à Jeffrey Lee Pierce qui disparaît alors pendant les sessions d’enregistrement (« song for JPL »). Puis pas grand-chose cet artiste, jusqu’à la sublime résurrection « We are only riders » en 2009. Tout le monde tombe alors d’accord, l’emprunte laissée par Pierce est indélébile.

 Les tributes sont pourtant assez souvent exposés à la médiocrité inutile. Une tonne d'exemples. Là pour le coup on capte illico la substance et l’influence de son groupe The Gun Club.
Jeffrey Lee Pierce, c’est un rocker né, bercé par Television, The Cramps, Blondie (il sera le boss du fanclub), le tout posé sur un socle blues traditionnel.
Il débute comme chroniqueur musical dans le fanzine Slash qui se transformera plus tard en label discographique. C’est là que sera hébergé le crucial « Fire of love » en 1981.

Il disparaît prématurément en 1996, en laissant derrière lui une génération, huit albums et une flopées de morceaux inachevés. Ce sont tous ces inédits de sessions qu’une pléthore d’artistes de qualité viennent faire renaître des cendres. « The journey is long » arrive comme un bonus au sublime premier volet 2009 « We are only riders ». C’est Cypress Grove, bassiste de son entourage qui est à l’origine de ce projet excitant battit autour d’une liste d’invités spectaculaire. Personne n’est là par hasard, et l’hospitalité de Glitterhouse non plus.

Du beau monde, de superbes chansons, un esprit respecté, la recette parfaite pour un tribute époustouflant, assez rare pour ne pas le brandir. Sorti il y a quelques semaines.

The Jeffrey Lee Pierce sessions project 2012 « The journey is long » label : glitterhouse
http://label.glitterhouse.com/releases.php?show=152







Dominique A 2001


Des idées flottent entre l'amour froid Gainsbourg et Barbara quand elle le tue. « Auguri » est du même acabit, des amertumes, relations adultérines, érotisme sombre.

Qu'est ce qu'on ferait pas pour la peau. Glauque, une chambre glaciale, un lit où le sang mène. Les filles sont jolies, puis après, la cogite du cerveau, j'ai déjà quelqu'un.. on se lave dans un lavabo .. les mains et le cerveau..puis après on raconte, « Les hommes entre eux »,  on ne freine pas, c'est un jeu . Des blessures indélébiles, la peau nous guide. Des mots de paille, du verre cassé. La pluie qui tombe , « Je t'ai toujours aimé » et juste à côté la faille, le commerce de l'eau, l'amour, le métier.

Imagine le soleil levant, des yeux brillent et des barques défilent. Même la pluie se monnaie. Colonialisme du cœur, défaillance mercantile pour arriver à la peau. Des chimères et des cicatrices... mais « Où conduit l'escalier » ? vers des odeurs épaisses, des temps obscurs, des raclures, elle donnait elle donnait..et on en a jamais trop, en bas en haut. Et pourtant en secret.. on aime. Et combien nous regardent ? Tout devient noir, on crache sur hier comme une séance de psy.. je t'assure ça va mieux. Ouaih, mais il faut évacuer. Un méchant petit jeu. Miteux. Des voix... tout l'amour qu'on réclame. Les lits sont creusés..des millions d'hommes y sont passés. Un parmi les autres. La haine juste après.
Le souffle est rapide, juste avant d'étouffer.

« Auguri » obscur comme « Love on the beat » balancé sur de la poésie Barbara. Le lyrisme de Dominque A sur les relations humaines est à son comble.. froides, violentes et désespérées. Même cynisme, dans un style différent. Cru.

« Oublie comme je m'introduisais, et comment tu me recevais, oublie comme on se regardait alors, comme on oubliait d'être mort... »

Disque important dans l'histoire de la musique d'ici, instant crucial dans sa carrière, « Auguri » tourne toujours avec un plaisir immense (une collections de chansons imparables).. les deux qui passent le plus avec « L'horizon ».
Puis y'a "Burano", pause à la psychanalyse amoureuse. Ma p'tite chanson à moi.
Dominique A 2001 « Auguri » label : labels
http://www.commentcertainsvivent.com/
échelle de richter : 9
support cd (bonus 4titres)
après 1000 écoutes



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Chronique usant des textes des chansons d' « Auguri ».
 

jeudi 7 juin 2012

Serge Gainsbourg 84



Grand jeu Sans Frontière Des Bloggers Mangeurs De Disques (troisème édition)
Thème #3 : "Absolutly love"

Qu'il s'agisse de l'  « Anamour », « Je t'aime moi non plus », « La décadence », ou encore « La chanson de Slogan », les sentiments de Gainsbourg n'ont jamais été platoniques. Mufle suggéré, Myso affirmé, sentimental écorché.. « Evelyne tu es injuste, Evelyne dis pas ça, Evelyne, tu vois, tu m'aimes encore... ».
« Love on the beat », un niveau au dessus, juste des mots plus fauves pour exprimer la même chose. Une photo William Klein, de la techno-électro, un son 80's répétitif et synthétique, hurlements de coït violent et lui qui slame, en retrait, comme s'il n'était pas à l'origine de ces hurlements orgasmiques, et pourtant, la légende prétend que les cris n'étaient pas simulés.
Puis, juste après, c'est moi qui t'ai suicidé, rien ne se déploie dans la tiédeur. L'extrême des sentiments et des relations.
J'avais 15 ans quand j'ai pris Gainsbourg au Casino 84, mon baptême. Concert mythique avec cette ouverture sur le passé, la partie cachée de Mister Iceberg. Puis l'aiguillage sur le 33T en promo.
J'ai embrayé sur « Love on the beat » juste après et sombré dans ce brûlot cru pour toujours et à jamais. Cru et suggéré à la fois, comme d'habitude, sauf qu'ici, c'est Gainsbarre et plus Gainsbourg. L'intelligence des mots à l'arrache.

Suffoquant, torride, beau et violent. Ambiguïté permanente qui flotte, pornographie sublime. Une puissance sexuelle jamais égalée. Il est même question qu'un dieu ait donné trois orifices. Trois, chiffre magique. Ce disque là a du doigté, du self control dans le discernement des mots, de la technique. « Love on the beat » au casino, c'est deux fois dix minutes, en intro et en prologue (que l'intro sur le CD). Deux fois dix minutes, timing chrono impeccable, pour assurer la trilogie des brèches.
Mon baptême Gainsbourg, c'est 84 donc, nous sommes au cœur de la période Gainsbarre, juste après le double reggae. Le grand Serge entame sa phase New Yorkaise, sur deux albums à nouveau. « You're under arrest » en 91, l'ultime secousse, ne sera qu'un fantasme de libidineux jetant l'éponge.

Bizarrement, le jeu des blogueurs aura pour déclic de m'attarder sur quelques opus d'altitude, Hendrix, McCartney, Gainsbourg..Frileux d'habitude, premier billet pour celui que je considère comme numéro un ici...pour moi et pour pas mal de monde, toute période confondue. (un peu ému quand même de parler de Serge ici..merci Jimmy)

« Love on the beat » et les puristes Gainsbourg font la grimace. J'ai découvert « Initial BB » et « Love on the beat » au même moment. Un choc bilatéral, une médiane. Docteur Jekyl ou Mister Hyde ?? Gainsbourg ou Gainsbarre ?? « Harley davidson » ou « Harley davidson of a bitch » ?? Les puristes pâles, la notoriété au sommet, tout à cette époque est provocation, jusque dans ses apparitions médiatiques. La balance penche de l'autre côté, histoire de ramasser ceux qui restent. Moi je prends tout. Et toujours ces airs classiques chouravés, histoire de tirer la pop vers le haut.

Réalité pornographique, fantasme sombre, désespoir, animalité, amour absolu. Ça y est, les vibrations me font de l'effet...Plus que les mots et l'image..l'atmosphère. Étouffante, juste après le caniculaire « Equateur ». érotisme, mouvement, petite mort..New wave hexagonal en son "Let's dance", traitement de choc, libre, malentendus, 500 balles qui se consument comme on va voir une vieille pute, ambivalence, maquillage, Nile Rodgers en producteur, pulsions et débauches, grosse balance, gros beat, du Bacon, hargneux et crade... « je t'aime .. moi non plus », « La décadence », recto-verso, pisseuses et petits gays, innocence et dépression (au fond du jardin), universalité et....pureté.

Gros publique. Peu importe les détracteurs, c'est un des plus grand disque d'ici... le seul érotique.

Absolutly love … on the beat.

Serge Gainsbourg 1984 « Love on the beat » label : mercury
http://www.gainsbourg.net/