samedi 19 février 2011

Barclay James Harvest 1979



John Lees réédité m'a amené à écouter quelques BJH. Je me suis attardé sur une pièce atypique pour un groupe, qui malgré ma passion sans borne, a manqué de charisme pour devenir incontournable.

« Eyes of the universe » en 1979 est un tournant radicale.
Extrêmement moderne, il accentue encore plus l'effet synthé. Avec « XII »en 78, les anglais se sont envolé dans le cosmos près des super nova organique. En 79 donc, ils reviennent en soucoupes volantes et un son kraftwerkiens étourdi de guitares cosmiques.
Paradoxalement, ce disque assez organique arrive au moment où le clavier Woolly Wolstenholme quitte le groupe. L'ensemble est assez rock, beaucoup moins cool que tous les précédents, comme une sorte de chaos opportun qui en fait un disque exceptionnel, avec enfin une envergure charismatique.




« love on the line » comme une ouverture symphonique exclusivement concentrée sur les claviers voit incarner la pochette à merveille. On embraye aussi sec sur « alright down get boogie » à toute vitesse. « the song » enchaine sans pause, comme un disque concept et on plonge dans le monde romantico-mélancolique de Les Holroyd qui m'embarquait adolescent. Les ovni flottent au dessus des cimes, sans bouger... et on plane avec eux. « skin flicks » comme un étonnant rock progressif hispanisant dépose John Lees dans un trip quasi expérimental extrêmement riche. Un morceau à peine croyable de qualité quand on pense au flop du disque. Non content de balancer un morceau génial en fin de face A, il envoie en intro de face B un morceau rock sombre en deux temps.. intro lacrymale et trouble au son divin, puis l'enchainement torride d'un refrain au galop. Tube pop pour Holroyd avec « rock 'n'roll lady »..ça marche, tranquille ( pas loin de rock'n'roll star »), comme « capricorn » qui suit avec quelques rebondissements rythmiques, typiquement Lees. Le final, « play to the world » typiquement Holroyd aussi, sur le lignée de « the song » termine l'album sur une symphonie synthétique avec une superbe intro, comme a saura le faire les Bee Gees en 1981 avec « who you are » sur l'album « Living eyes ». Slow, guitare, synthé, tout planen à outrance.




Après cet album, plus rien ne sera comme avant pour Barclay James Harvest. Ils vont enchainer sur quatre disques à succès, laissant celui là aux oubliettes, aux inconditionnels. « Turn of the tide » récupérant le principe de synthé, mais à but plus commercial, plus lisse. Puis, en trois ans, trois albums, « Ring of changes »; « Victims of circumstance » et « Face to face » en 1997 pour aboutir à un live « Glasnost » qui ne se placera pas au niveau mythique de « Berlin » en 1982.
De 1997 à 1990 pour aboutir à ce qui est pour moi le dernier album de BJH. Un grand disque « Welcome to the show », avec au bout, le Zenith pour moi, l'aboutissement. Le reste n'est qu'anecdotique.

Sur « Eyes of the universe », le papillon n'est plus, pour la première fois de l'histoire (et la seule). Wolly s'est envolé, un symbole à coup sûr, un rebondissement en tout cas, avec un disque puissant et atypique.
Je pense pour le coup à « Up » de REM, un disque terrible juste après la séparation d'avec le batteur original.

Barclay James Harvest 1979 « Eyes of the universe » label : polydor.
http://www.bjharvest.co.uk/

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