jeudi 3 février 2011

Badly Drawn Boy






Les pochettes des disques de Badly Drawn Boy sont toutes des patchworks colorés, avec sa tronche tricotée incrustée en collage. On pourrait ainsi croire à une jovialité musicale maladive émanent des compositions du barbu joufflu. Elle fut réelle sur son deuxième album de 2002 :
Comme pas mal de monde, j'ai participé à l'explosion festive d' « Have you fed the fish? » dans un enthousiasme absolu, passant en boucle cet hymne anglais de pop symphonique presque progressive. Alors proche d'un style Elliott Smith, je partais léger sur les chemins ensoleillés me balader, sifflotant le gimmick cuivré d' « all possibilities ». Les semelles ne touchaient plus terre sur « you were right ». A peine croyable ce disque, moi qui habituellement traine ma moue cabot sur l'envie d'être heureux, je me surprenais à respirer. J'adhérais illico à cette jouvence énergique et british pop, partageant du coup la feinte avec mon Paulo.
C'est sur la minute de « I was wrong » qu'un indice secret était subrepticement divulgué. Je le pris sous mon aile certains d'avoir trouver une brèche intéressante, exploitable.

C'est sur « One plus one is one » que mes suspicions se confirmèrent, le bonhomme à la bonhomie bonnet est en fait un mélancolique, comme peut l'être McCartney donc, profondément, juste avant de rebondir sur une envolée pop entraînante et fantastique. Ceci dit, ce troisième album 2004 très Jethro Tull (présence de la flute et des rebondissements progressifs), marque une cassure avec l'enthousiasme du disque précédent.




Je ne me suis pas retrouvé sur l'opéra pop un poil bruyante « Born in the uk » en 2006. Et j'ai aussi participé à un effacement du devant de la scène internationale.
Quant à « Is there nothing we could do? » j'avoue ne plus me souvenir de l'unique écoute qui ne m'a pas happé plus que cela.

Tout en restant fidèle à sa conception de la pop qui fait sa renommée et à la conception de la pochette, cet opus sorti il y a quelques semaines (2010) est une sorte de retour lumineusement embrumé. Le son est grandiose et toujours symphonique, le bonnet bien enfoncé et la mélodie lyriquement céleste.
Il y a tout un monde de poésie grandiloquente sous le bonnet de Damon Gough.

Quand on se penche un peu à travers la vitrine qui abrite des vinyles sur la pochette de « One plus one is one », on peut y voir des Beatles, des Wings, du Ron Sexsmith, du Lloyd Cold, des Morrissey (« i saw you walk away » méga tube assuré), du Travis et des Doves, du Manic street Preacher, du Beautiful South, des Dylan et des Springsteen, du George Michael (« you lied» un sommet), des Trashcan sinatra, majory fair....
Complètement Anglais, le discret retour de Damon (quasi en rupture de stock partout) est lumineux et en grande pompe puisqu'un deuxième cd en bonus propose la ré-interprétation des chansons de cet album par quelques protagonistes de la scène mancunienne. (assez méconnus pour ma part sauf Working for a nuclear free city). La programmation remplace l'orchestre symphonique. Et il y a notamment le duo Jane Weaver et Andy Votel, le créateur du label « Twisted Nerve » (maintenant disparu) qui hébergea Badly Drawn Boy la première moitié de carrière. Un complément comme une analyse expérimentale assez intrigante.


Badly drawn boy 2010 "It's what I'm thinking" label : one last fruit / e-a-r music
quand on aime : la liste plus haut.

échelle de Richter : 8

Source : CD
après 3 écoutes

version multi média ici.


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