vendredi 4 septembre 2020

Max Richter 2020 - Voices

 

Pas de sourire, nette et sans pliure, oubliez les soucis et les bavures, cadre mesuré 35x45, tronche plastronnée 32x46, aucune fioriture ni chiure inutile, bas de menton, sommet du blase, occiput en cime à ne pas dépasser même si on a plein de cheveux, gros pifs s'abstenir, fond uni vers que dalle, le blanc est interdit même les ombres sur le visage, cambrer le cou, serrez les fesses, pas de reflet si vous avez le front gras, ôter des clavicules toute présence de pellicules, pas de ride ni de trace superflue, tâchez de vous détacher, tète nue droite au regard inerte, colmatez les fossettes, blanchissez-nous ces pommettes, droit sans étourderie aucune, fixer un objectif, et si seulement il y en avait un, expression neutre, suffit juste de sortir dans la rue, montures épaisses et gros sourcils sont à proscrire, strabisme obliquez la tète de 10 à 12 degrés pas plus, ne pas fixer votre portable, éviter le regard triste, ne froncez pas ni ne doutez, ni mou ni fermeté, peignez la moustache, démaquillez la paupière imaginez la réussite bordel, ayez l'air léger limite gai mais pas trop, les rides du front doivent être tendues dans la mesure du possible, pas de mélancolie ostentatoire même en pendentif, dans ce sens tenter une idée jolie, une vague, une banane, un nuage .. nan ne tentez pas de les imaginer, videz vos data, fixer le point rouge, oubliez les points G, ayez l'air léger, raffermissez votre rondelle, bloquez votre périnée, déglutissez, n'avalez plus, pensez la cime de votre menton et le bas de votre crane, maquillez les cernes, videz les valises, ne clignez pas bordel, seuls vos yeux et votre neutre mine approuverons, tenez votre respiration quelques minutes en fixant le point rouge, en apnée attendez le bip sonore avant de respirer, pas de clope ni d'haleine nicotinisée, aucun verre d'alcool 48h avant, ni de prozac, si vous avez subit une coloscopie appuyez sur la touche jaune, les fragiles du cœur tirerons le manette rouge, oubliez vos membres vous n’êtes même pas un tronc, pensez à une chanson joyeuse en imaginant la mort d'un proche, les oreilles ne doivent pas être décollées de plus de 2,78 cm du début du crane à condition de ne pas avoir plus de 30µm de gras sous la peau, munissez vous d'un scotch double face pour corriger l'anomalie, détendez-vous ça va bien se passer..n'oubliez pas le bip en fixant la minuscule ampoule rouge.. ayez l'air un minimum vivant, faites le mort pour de faux .. près ???

ah oui, putain.... j'oubliais...enlevez votre masque.

Souriez .. attendez la lumière verte.....

photo homologuée valide et validée.


Max Richter 2020 « Voices » label : DECCA

https://www.maxrichtermusic.com/

https://leschroniquesdecharlu.blogspot.com/2012/09/max-richter.html

mardi 1 septembre 2020

Matt Elliott – 2020

 


Les mésanges picorent les graines de mon Cercis. Un petit bruit crépitant, l’arbre flambe. Fabaceae est picoré, c'est un festin de vifs gourmands, la rentrée des passereaux. D'ailleurs le soleil n'est plus dans les branches, juste en dessous, oblique sur mon front, sa hauteur est automnale.

Les involucres de châtaignes sont pleines. Les arbres ont morflés, combien de perte ? Branches courbaturées, vert essoufflé, air meurtri. Le ciel de mon réveil est devenu absurdement noir. Ou alors je me lève trop tôt. Orion s'installe.


L'arbre de Judée continue sa combustion bruyante, et je me souviens de ce feu de camp amical au bord du Loir. Un instant, je me suis posé près d'un gars isolé aux airs pincés. Au bout de quelques minutes j'ai compris qu'il fuyait cette braise lumineuse. Il en avait contre cet insecticide éphémère. « Interdire les feux de camps tueur d'insectes» il m'a dit. J'aurai bien voulu le consoler, tout ce que j'ai trouvé à dire c'est que peut-être les insectes pouvaient aussi être suicidaires.

Je suis retourné près des amis et du cubi, près du Loir qui nous a offert une discrète grillée de sandres et de lamproies, fraîchement tirées du fleuve.

Au fond d'une tente coulait en débit mou et majestueux la volupté du son nébuleux de Matt Elliott, exactement comme la brume tombante d'un été vieillissant. Plus beau encore que ses précédents, « Farewell to all we Know », celui que je remets, sous mon Cercis à mésanges.


Matt Elliott 2020 « Farewell To All We Know » label : Ici d'Ailleurs

https://www.icidailleurs.com/index.php?route=product/category&path=48

jeudi 20 août 2020

Bob Dylan 2020

 

 

Réconciliation ?

Ce disque est une obsession depuis quelques semaines, la même qu'il y a 30 ans, quasi, avec « Oh Mercy ».

Ou alors c'est moi, engagement frileux, doutes, fatigue, failles grandes ouvertes, rétroviseur en biais, une idée de huis-clos sous les étoiles.  


Bob Dylan 2020 « Rough And Rowdy Ways » label : columbia

samedi 15 août 2020

Neil Young 2020

 

Grillades de fougères sous les pins, tout est cramoisie, les arbres démissionnent et déjà un tapis ocre dégringole sur les sentes, l'automne en août. À travers lui le rose-violacé des fougères garde le cap.

Des souffrances dans nos bois, la sève caramélise et le raisin crie au vin. Paysages blessés, becs en V, va falloir se ronger l'épi ou pas.

En attendant, en huis-clos à travers les champs, je respire la poussière de chaume.

Album fantôme, comme Jason Molina.C'est tellement bon.


Neil Young 2020 « Homegound » label : reprise.

https://www.youtube.com/watch?v=rNKlOfT0Z1c

mardi 11 août 2020

Jason Molina 2020

 

La foudre est tombée sur mon hamac, ma carcasse liquide a fait masse, orage électrique longeant la sueur de mon dos. Il doit tomber quelques gouttes plus loin, la chaume grillée exhale ses essences, des fragrances sexuelles d'une terre à peine mouillée, violemment évaporée. La planète est une femme gigantesque et majestueuse qu'on maltraite. Dessus des enfants en ballottage.

Le plus grand prédateur sera toujours un mufle.


Les gouttes de mon front tombent lourdement sur la poussière, météorites salées dessinant des petits cratères éphémères.. tout est une question d'échelle et le tissu éponge. Le tangage a pris de la confiance, le vent s'est levé, la foudre est passée à travers ma démission. Je suis cuit, passé au gril, les rameaux s'excitent et je reste là à me balancer mollement sur Molina. Une fois de plus.. et plus encore.


Les pôles magnétiques vont s'inverser, quoiqu'il arrive le mal par-ci gardera son bien par-là, l'humanité est un cul-de-sac, les gens des tètes-à-cul.

L'orage passe, je suis désolé, mes pores seulement ont arrosé. Je vacille, Jason danse pour la pluie, dans mon casque c'est le déluge.

Jason Molina 2020 « Eight Gates » label : secretly canadian.

https://jasonmolina.com/discography 

https://www.youtube.com/watch?v=08fCySCKFmQ


mardi 4 août 2020

Mathieu Boogaerts 2005



Une carte postale.. un album pour toi pour moi ..pour nous, un moment particulier.

Lui est « Super » dès le mi-temps des année 90.. j'ai suivi sa route sans rien lâcher, puis j'ai vautré mon affection sur « Michel » sans crier gare. C'est comme ça. Depuis des années c'est celui-là.

Ce disque je le sais, est dans mes préférences à moi. Un turc plus que ses autres à prendre pour rester au coin du quotidien qui crépite particulièrement quand on ne s'y attend pas, onduler plus encore, direct, comme un remède, on se met hyper bien, juste avant d'attaquer de front le crépuscule qui arrivera quand même sur «  Qui va là ? » quoi qu'il arrive, pour le cas où il n'y aurait pas assez de monde à cet endroit là dans quelques temps.

Ce disque est « Une bonne nouvelle », un petit peu de crème sur le jour qui commence à traîner de la savate parce que les merles ne le chantent plus.

On ne sait plus très bien ce qui se passe... c'est douloureux de s' immiscer, c'est presque l'automne, oublions l'été.

Pourtant on pourrait .. ah c'que c'est dommage. Petit reggae cellulaire, grandeur intime des ballades absolument pas anodines.

Les étoiles unes à unes allument la mini canopée et tâchent de me faire scintiller la pause. Le hamac qui tangue amorce la petite molle danse des rameaux au dessus de ma carcasse et les astres vont et viennent entre les feuilles assoiffées.

Mathieu Boogaerts 2005 « Michel » label : tôt ou tard

https://mathieuboogaerts.com/



Thalia Zedek - Carla Bozulich - Elizabeth Anka Vjagic

  L'effet Wagner a opéré. Les longues barbes sont restées au pied de la cascade pour chanter à l'unisson de la gorge et du poitrail...