samedi 29 août 2026

Thalia Zedek - Carla Bozulich - Elizabeth Anka Vjagic




 


L'effet Wagner a opéré. Les longues barbes sont restées au pied de la cascade pour chanter à l'unisson de la gorge et du poitrail. Les frangines elles sont venues à moi. C'est un long épisode qui se dessine, ligneuse épopée pleine d'ardeur. Je me suis laissé faire au creux de ce monde irréaliste.

Au gré du vent Elizabeth a larmoyé son amour printanier juste à une caresse de mon visage, les charmilles ont frissonné, j'étais le charbonnier sous le dégèle. L'écorce était noire comme ses yeux, le drageon tumescent, j'ai failli défaillir sous l'orage de "With hopes lost", juste avant de danser sur les accords électriques de "Where you wander". Carpinus a pris la foudre, le charme s'est répandu.

Carla sur mon épaule soufflait son évangile ténébreux, des arilles plein les cheveux. Elle a tout taxé, moi adossé au tronc d'un If, je laissais l'écorce rousse me griffer le ventricule. La gorge creuse et le bourgeon en rut, sa folie m’envoûtait. Sous emprise du vert profond de ses folioles, funicule en vrac, j'ai vu tous ses enfançons s'esbigner comme des folles billes sur du marbre. Toutes les larmes du vallon ont noyé ma terreur sur le "Pissing" dégoulinant.

C'est Thalia qui avait ma main dans la sienne. Tout s'est constellé quand elle a entonné "Been Here and Gone" pour panser les déchirements. La voix noueuse comme un tronc d’olivier, ses douces pupilles de bronze clair laissaient couler lentement quelques perles d'huile sur ses joues sillées. Ses paupières argentées me bouleversaient, son haleine chaleureuse à bruir ma peau, je croulais sous les inconsolables caresses, moi l'invité éphémère, j'ai tout pris avant de les voir s'endormir, "Temporary guest" à se tordre.



Elles sont reparties comme elles ont déboulé les belles frangines d'entre les arbres, rauques et folles. Plus de chant, plus personnes, sucé jusqu'à la moelle, vide et apaisé, la trinité du spongieux hors saison, brûlant et engourdi, les couleurs sont revenues. Où sont mes fringues ?




 

Thalia Zedek 2001 "Been Here and Gone"

Carla Bozulich 2006 "Evangelista"

Elizabeth Anka Vjagic 2004 "Stand with the Stillness of this Day"






4 commentaires:

Sorgual a dit…

Merci de m avoir remis thalia Zedek entre les oreilles, quel grand album.
J'ai plus de mal avec Carla Bozulich, elle me fait penser à un CocoRosie en moins lisible et pas formaté pop, pas toujours facile d'accès.
Je ne connaissais pas cet album canadien de Vajavic, superbe, j'aime son emphase triste et envoûtante, très gothique, une Siouxee moderne ? Un grand merci.

Charlu a dit…

Ah ouaih, les coco.. c'est spécial Carla. Son groupe Evangelista n'est pas moins barge. Vjavic est très perturbante, comme tu dis, tristesse envoutante. En fait les 3 sont guitaristes avec un timbre grave et un grain de folie :) et qq chose en rapport avec Constellation, même Thalia un moment donné dans sa carrière.

DevantF a dit…

Entre le Sun O))) et le livre « tristesse du Samourai » de Sorg et maintenant Carla Bozulich qui m’a scotché sur ma chaise, j’oubliais presque où j’en étais. Un mélange de superbe et de montée d’angoisse. Bon, je vais sauter sur mon vélo avec un ZZ Top pour recoller mes morceaux.

Charlu a dit…

Ah, hein ? t'as vu !! je sais pas laquelle me déglingue le plus, mais j'adore quand on me parle comme ça. Méfie toi qd même du décollage vélo sur Afterburner.

Jon Mayall 1979

  Tringlot depuis quelques décennies, j'ai usé ce laps de trajet à bouffer du son plus que n'importe quel canasson. Des quantités...