samedi 29 avril 2017

Volin



Tout le pollen de ma pivoine s'est cassé la gueule sur ce gros pétale inférieur déjà à moitié flétri. Quel gâchis. Pas trop une fleur qu'on butine la pivoine, trop voyante peut-être, racoleuse maquillée d'un rose 80's, 90's..ou même de maintenant. C'est bien la peine de rameuter toute la parure ainsi, juste pour que la poudre jaune proposée au creux d'un pétale rose se perde à la vue de tous.
Pourtant ça voltige alentours, mais les dards et les petites pattes velues préfèrent mon lilas aux milles fleurs et mon cerisier blanc qui fait la roue. Ma pivoine elle, fait la moue.
Faudrait juste pas oublier que Paeon a guérit Adès avec de l'extrait de pivoine, c'est Homère qui le dit. Mais peu importe les mythes, nos abeilles font la gueule à ma pivoine.. vent d'Est, frisquet en arrière fond, du grand soleil pourtant, mal placée ma pivoine peut-être. L'unique fleur somptueuse est là comme une conne au saupoudrer ses pétales roses, avec son étalage de marché déserté par une arrière saison sans conviction, une vitrine qu'il va bien falloir lécher sous peine de perdre le plus délicieux des miels.
J'ai bien goûté moi, à ce pollen très jaune, je me suis frotté les gencives avec mon auriculaire ocre et jaunâtre, qu'est ce que je vais bien pouvoir leur dire à nos abeilles d'ici qui boudent ma préférée, cette belle Hellebore grande ouverte, pas demain la veille un miel de Pivoine.



Tiens on se croirait chez le disquaire à errer autour des étalages sans conviction, étaler pour attirer l'insecte, hauteur, entrée, à la caisse et empilés... et les volages Volin à un seul endroit, la position exacte qui vrombit à condition d'avoir de l’ouïe. 


Le Volcan de Volin gronde en silence comme une fleur unique, un rêve fécond qui ne demande qu'à exploser. Il y a dans ses sillons artistiques Dominique A, Bertrand Betsch, Arman Melies, Feu ! Chatterton.... C'est à butiner sans modération sans se fier à la rareté, la discrétion, la posture arrière comme tant d'autres à dénicher à condition que l'on ait l'odorat, la goût, et qu'il y ait la lumière, le vent et la tiédeur des belles choses à fleurir.
Volin est trois, Volcan leur album, chaque année une découverte d'envergure, Rover, Feu ! Chatterton, Clementine … c'est Volin cette année qui vole la une de ma belle nouveauté de par ici.

Volin 2017 « Volcan » label : antipodes music / l'autre distribution

vendredi 28 avril 2017

Aine O'Dwyer



Des tonnes de bonshommes en chute comme la pluie des corps, Aine chante la messe des gens qui tombent à la pelle, de toute façon, on va finir par être trop nombreux. Mâchons la terre en nids sous nos cache-moineaux, peut-être le ciel va pleuvoir les hommes.

Aine harpiste irlandaise nous livre un tableau liturgique ambiant, un doux rêve apocalyptique.

Aine O'Dwyer 2017 « Locusts » label : fort evil fruit

mercredi 26 avril 2017

Rodolphe Burger 2017




Un blues hexagonal ambiant résonne dans l’air du temps, grave comme le timbre de Burger, un gris pétrole sur des regards fuyants, du venin alentours et des envies en miettes, des lubies en lambeaux, on tourne en rond et ne respire plus. La légèreté dans les godasses.

La planète endolorie flotte dans le noir limpide, on se fane et s’assèche. Toutes les forces s’amenuisent.

Jamais je n’ai trouvé un album de Rodolphe Burger aussi beau.


Rodolphe Burger 2017 « Good » label : dernière bande



lundi 24 avril 2017

Jarvis Cocker & Chilly Gonzales


Deutsche Grammophon semble vouloir se rapprocher du populaire, le grand classique se fraye une voix vers le néo-classique. Max Richter, Simon Ghaichy... Jarvis Cocker & Chilly Gonzales les nouveaux invités. 

Les paysages modernes s'installent dans l'académique tout en préservant une certaine teinte de solennelle. Improbable collaboration, voix de crooner d'une brit pop pulpeuse avec les notes mariées d'un pianiste en poupe à travers un doux tableau cinématographique. Le piano se fond si bien au timbre qu'on se demande bien pourquoi ces épousailles semblent plausibles. Une évidence.
A la vue d'une telle affiche, imaginant le tempérament des loustics, j'écoute ce rêve acoustique prendre matière, ce conte néoclassique populaire hébergé chez Deutsche Grammophon.

Jarvis Cocker & Chilly Gonzales 2017 « Room 29 »
label : Deutsche Grammophon






samedi 22 avril 2017

Deep Purple 2017



Deep Purple sur un iPod de récupe dans un TER grande ligne, ça craint un max, c'est pourtant hype et vachement swag, pourtant les yeux se dirigent sur moi, dubitatifs, comme si ma bite avait un goût, heureusement que j'ai pas sorti ma galette blanche « 100 seconds magic esp » qui lit les CD mais aussi les CD MP3 s'il vous plaît. Mon casque fonctionne encore avec des fils qui rentre dans ma besace, branché sur quoi ? Un jour ils vont me taper ou me foutre en zonzon à la peine pour les ringards, c'est bientôt demain la veille. Dedans, quitte à en rajouter, il y a le nouveau Deep Purple.

Quelle est jolie cette journée de silence politique. Profitons jusqu'à plus soif, du silence des porcheries.

Le cockpit en caveau, j'ai l'éphémère impression que « Infinite » me jette une pelletée de charbon pour que cette loquasse loco ne s’arrête un jour, dans quelques instants. Trajet quotidien, cette routine musicale, l'espace d'une heure a délayé l'espace temps, oh, juste à l'entre de deux gares. En boucle « Johnny's Band » revient comme ça à l'unisson et je suis sur le quai comme un con, empourpré à me demander ce que je fous déjà ici à la perpendiculaire d'un bleu cobalt en transe, et à la verticale d'un ciel outremer sans fond alors que tout le monde s'affaire. Ça va passer, je prends quelques poignées de minutes pour me purger la chaudière avec ce heavy prog et je reviens, repars, j'arrive.

Deep Purple 2017 « Infinite » label : ear music




lundi 17 avril 2017

Fink 2017





La puissance de feu de Fink n'est pas dans les watts, pas dans la force des volumes. Fink, je le connais déjà pour quelques disques soul plus tonitruant, avec des productions moins silencieuses sous les tuiles de Ninja Tune. Depuis 2000 ce groove british attire mon attention.
« Fink's Sunday Night Blues Club » dégage une énergie intrinsèque qu'il faut aller puiser à travers un gospel soul sourd de blues introverti. Des braises qui ne demandent qu'à brûler.


Crépuscule urbain flamboyant et le feu déjà est passé, grillant presque tout sur son sillage. Juste à travers les fumées rouillées, la silhouette imposante de l'artiste se détache, comme l'unique survivant. Grave et cuivré, l'envergure en cinémascope, blues apocalyptique, slide coupant, chamanique et chaud, c'est une heure dorée fantomatique.

Fink 2017 «  Fink's Sunday Night Blues Club » label : ninja tune

vendredi 14 avril 2017

Karen Elson 2017



Ni photo, ni people, ni age, c'est de l’honnêteté à l'état pur si mon affect est grisé par cet opus, sans imposture aucune, je ne sais même pas à quoi elle ressemble, j'écoute le nouveau Karen Elson avec beaucoup de plaisir. Une nouvelle fois elle a mouché mes valves et ouvert grand mes esgourdes affamées. 

Je sais juste que ça vient de sortir, je ne connais pas son visage et pourtant sa voix de Maggie Reilly moins physique enchante ma rétine dans un petit instant de douceur. Dès la première chanson tout s'éclaire et devient limpide, « Wonderblind » me souffle un air frais comme savent le faire Isobel Campbell ou encore Joanna Newsom, la harpe iodée, la flûte romantique, l'orgue Manzarek..et ce chant, je suis foudroyé par l’honnêteté. « The End » au seuil de la porte, « Raven » à s'en étrangler.. le doux disque de Karen Elson a tout pour sincèrement me déstabiliser . Amoureusement anodin.

Karen Elson 2017 «Double Roses » label : play it again sam

Lambchop 2026

  Ah bah voilà. C'est quand même pas compliqué, enfin si, ça doit l'être, mais enfin bon depuis le temps que j'avais perdu le ...