mardi 17 octobre 2017

Colleen Beck & St Vincent 2017







Trois nouveautés très attendues, trois albums ultra modernes et hypers synthétiques, ma trilogie boudeuse du jour, un de ceux passés à chercher un peu de réconfort. En vain, c'est raté, je suis imperméable.

Je n'avais pas non plus aimé « Midnite Vulture » après « Odelay », je vais retourner à l'éponyme 2014 « St Vincent », quant à Colleen, je suis trop pétrifié par son néo-classique et aussi par « Everyone Alive Wants Answers », son premier album, pour plonger dans cette myriade de boucles de clavier.

C'est pas ma journée, pourtant j'ai une affection particulière pour ces trois là. Pas la tète à me la prendre. C'est sûr y'a du matos sous ces beats de fausse gaîté et ces programmations, rien n'y fait.
Je boude vous dis-je. Je vais attendre la prochaine soirée festive pour voir si le vent tourne, si ponctuellement ça vient de moi.

Trois albums nouveaux, trois pochettes du même acabit, trois organismes synthétiques.

St Vincent 2017 « Masseduction » label : loma vista
Colleen 2017 « A Flame my Love, a Frequency » : thrill jockey
Beck 2017 « Colors » label : capitol




dimanche 15 octobre 2017

Jean-Pierre Ferland 70



Y'a des jours où l'on tangue, c'est un jour de chaleur moite où régentent les moisissures.
Le calendrier perd la tète, pourtant les peupliers déjà sont jaunes. Les brassicacées reprennent du soleil, le dos de la plaine colza se dore comme aux jolis mois d'avril.
Le printemps percute l'automne, un amour de mercure que les grandes saisons veulent démantibuler.


« Jaune » est le dixième album de Ferland, accompagné de Tony Levin, David Spinozza et Jim Young aux CV vertigineux, il est concept et aussi un des plus importants disques québécois. Synthé moog avec Michel Robidoux pour la première fois sur ce territoire francophone tellement riche d'artistes d'envergure.
« Le chat du café des artistes » et Charlotte sur son IRM, 2009 et la réédition en grande pompe, « Jaune » est un objet unique. Ferland c'est aussi Charles-Cros, une tète de l'art, un artiste majeur du côté de Montréal. Un des cinq, Gilles Vigneault, Robert Charlebois, Yvon Deschamps et surtout celui qui me bouleverse depuis bien des automnes Claude Léveillée. « Les fesses », « Les vieux pianos », « Les gens du pays »..... Jean-Pierre Ferland.


Le jaune prend le dessus, je danse sur « Sing sing », le son comme sur le premier album solo de McCartney, les peupliers ouvrent le bal.. « Jaune ». Les couleurs d'automne sont entrées entre mes murs, y'a des jours ou le soleil torride ne trompe plus. Tout est jaune et va jaunir. Ça sent le souffre sur la planète, le déni des ordures, des œillères de bourrin plus aucune pitié pour le cheval. Champ chromatique d'un œuf avorté, nos poumons curcumins vont suffoquer ... poussière de mimosa dans les poumons, prendre un yellow cab ou un sous-marin pour la tangente vers des bleus écarlates, des blancs sur de la chlorophylle à perte de vue, juste histoire de respirer un jour.

Pour l'instant tout est jaune.

Jean-Pierre Ferland 1970 « Jaune » label : barclay




jeudi 12 octobre 2017

Jay-Jay Johanson 2017



J'ai pourtant un faible pour les octobres, mais les novembres me ravagent la chic presque toujours. Octobre dégringole vers l’extinction et JJ Johanson a décidé de me faire changer d'avis, il est presque là à vouloir détendre ma moue. « November » est une pépite rousse et grise, la danse tiède à célébrer l'automne qui va rouiller et mûrir.

A part ça, le crooner électro pop délicat vient de faire des merveilles avec un nouvel album, un opus de plus, un petit cru cru d'une saison à vif. Le jaune s'installe pour faire chier la grisaille, jusqu'à ce que novembre mette tout le monde d'accord. A quelques heures du onzième mois de l'année, Jay Jay Johanson sous un ocre kitch et boisé, fait reluire la lumière qui dégringole.

Je me sers un petit famous grouse, le malt lagopède me retourne la lécheuse, je pense à « Whiskey » 96, je me laisse à nouveau diluer par JJ le suédois.


Jay-Jay Johanson 2017 « Bury the Hatchet » label : kuroneko 29music / art

mardi 10 octobre 2017

Mélanie De Biasio 2017



Je me suis vautré sur le calendrier. L'espace d'un tant a réduit mon élan. J'ai trébuché sur « Lilies » la gospel vêtue de blues moderne.

Le câble rouge caténaire défile sans bouger sous la voûte nuageuse d'un ciel tempéré. Hope Sandoval sous jazz. 
Si la construction sonore est parfaite, sa voix chantée subjugue et n'atténue en rien l'émotion.

Jazz Simone intime, danse ouatée infernale, tendre envoûtement d'une ambiance tribale soft et moderne. Le nouvel album de Mélanie De Biasio est romantiquement glamour.

Le ventre est là avec la gorge et la beauté cellulaire des ondes cérébrales. C'est une saveur ensorcelée et j'ai mis un genou à terre en trébuchant sur « Lilies ». Un petit vent Marilyn ambiant a soufflé sous la texture de Mélanie.


Mélanie De Biasio 2017 « Lilies » label : (pias) le label

dimanche 8 octobre 2017

Clément Cogitore / Jean-Philippe Rameau : opéra krump.



Une chose en amène une autre, trouver des déclics pour parcourir des mondes inconnus ou méconnus, me poser sur un opéra, du classique dans toute sa splendeur. Clément Cogitore draine ma curiosité.
Furiosité du hip hop, le krump et je mets un nom sur le syncopé de quelques danses vues quelque part un jour, force rythmique, comme avec ce morceau opéra de Jean-Philippe Rameau, des codes s'entrecroisent, du social intemporel, évacuer la violence, corps de ballet hyper travaillé, impro de danse d'un groupe, chorégraphie fusionnelle, « Les Indes Galantes », un univers s'ouvre moi, deux mondes artistiques se percutent. Clip ou court métrage, « Air pour les sauvages » retravaillé sur la scène de l'opéra est un pur chef d’œuvre. La danse du calumet de la paix..les Sauvages 4ème entrée. Base de percussion ajoutée, tempo puissant et chaotique.

Réagir à la percussion, ce krump là dévoile toute la splendeur des rythmiques d'un air d'opéra de 1735. Des jeunes gens dansent et dansaient au dessus d'un volcan.
Interaction des civilisations, interaction artistique libératrice.... INTERACTION.

Jean-Philippe Rameau 1735 « Les Indes Galantes » - 2017 Clément Cogitore


jeudi 5 octobre 2017

The National 2017



Brassland justement, le label des débuts de The National, avant de partir pour Beggars Banquet puis 4AD chez qui ils sont toujours.
J'ai l'impression de découvrir le groupe. Certes la voix m'est familière, mais j'ai toujours été perplexe à l'écoute de leurs albums, même l'éponyme « The National » 2001 sorti chez Brassland.


J'écoute les chansons et regarde la pochette, « Nobody else will be there » m'envoûte immédiatement. « Walk it back », je pars conquis vers les paysages gris anthracites d'Arab Strap, ça pue l'air aviné et je regarde à travers cette fenêtre qui m'intrigue, voyeurisme, le studio, un monde. Je me fais des films.
Tiens un tube potentiel « The system only dreams in total darkness », un sommet de pop moderne, sombre et dansant.....
« I still destroy you » débroussaille un désespoir mou électro-ambiant absolument nocturne.


Et pourtant tout semble apaisé. Dans la ville où je vais pour aller là où l'argent me mène, il y a sur les réverbères modernes peints en gris-nuit, une ampoule bleue cobalt intense et doux. Une touche de thérapie monochrome absorbe le stress alentours, caresse l'éblouissement de la glauque led jaune juste au dessus, alcôve, climax, je resterais bien des heures sous cet œil bleu hypnotique à écouter le dernier The National, que je redécouvre avec une lueur neuve. 6 ème album, c'est pas faute d'avoir écouté les autres avant, c'est sûrement la pochette que je fixe sans me lasser, cette petite touche de bleu intense..et douce.


The National 2017 « Sleep Well Beast » label : 4AD


mardi 3 octobre 2017

Astrïd & Rachel Grimes



Rachel's et Astrïd, deux sommets du néo-classique ici et là bas outre-Atlantique.
Rachel Grimes est là depuis 2009 avec trois albums en solo.
Cyril Secq a parlé des arbres avec Orla Wren, il est le tronc d'Astrïd.

Et puis les auberges, Arbouse pour Astrïd avec un des plus bel album du genre en 2008 «& ». Puis un passage chez Rune Grammofon et Monotype.. Rachel's c'est Quatersticks catalogue formidable dans lequel le groupe est venu installer son classique moderne comme l'a fait Clogs chez Brassland par exemple.

Bon, j'ai des doutes sur la clarté de mon exposé, pour moi c'est le contentement d'une rencontre, on pourrait même commencer par là.. Rachel Grimes piano et Astrïd quatuor se sont mélangés, juste un moment magnifique histoire de donner une autre dimension à leurs morceaux respectifs. Ils jouent ensembles devant nous, les épousailles néo-classiques de deux âmes encordées.

Petit chef d’œuvre.


Astrïd & Rachel Grimes 2017 « Through the Sparkle » label : gizeh







Nesles 2025

  Je pars à l'envers, c'est pas la première fois. La pochette en flash et tout de suite quelque chose brille. Dominique A dedans et...